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Posts Tagged ‘muses elles ont conquis les cœurs’

Lou Andreas-Salomé, Yvonne Printemps, Gala, Dora Maar, Marlene Dietrich, et bien d’autres… Aussi différents que leurs destins aient pu être, toutes auront eu en commun de susciter une véritable passion chez les plus grands artistes des XIXe et XXe siècles, et d’influencer les œuvres de leur Pygmalion, qu’il soit peintre, écrivain, ou photographe.

muses-elles-ont-conquis-les-coeurs-farid-abdelouahabauteur-éditeur-pagesUne fois n’est pas coutume, je vais vous présenter aujourd’hui un beau livre qui me faisait très envie depuis sa publication il y a deux ans déjà. Je trouve son sujet, les muses, tout à fait fascinant car l’artiste et sa muse forment un couple indissociable et forcément très intéressant. Farid Abdelouahab brosse ici vingt-cinq portraits de femmes des 19è et 20è siècles, qui, par leur tempérament, leur beauté, leur talent, leur magnétisme, ont subjugué des génies, et permis, favorisé, accompagné la création de très grandes œuvres picturales et photographiques notamment. L’auteur n’en oublie pas quelques muses cinématographiques et littéraires mais il fait la part belle aux muses de photographes et de peintres.

Chaque muse se voit consacrer quelques lignes ou plusieurs pages, selon leur importance, ce qui est parfois frustrant, des portraits en tout cas toujours magnifiquement illustrées de dessins, peintures ou photographies qu’elles ont inspirées. Certains portraits sont bien développés et d’autres seulement esquissés malheureusement mais dans l’ensemble, c’est un livre intéressant et riche d’enseignements. La plupart de ses femmes, très indépendantes, étaient les maitresses ou les épouses des hommes qu’elles inspiraient et se révèlent être sous la plume de l’auteur, de fortes personnalités.

Alors qui sont précisément ces muses ? Il y a tout d’abord les trois muses de Dante Gabriel Rossetti, merveilleux peintre préraphaélite ; George Sand inspiratrice de Balzac qui n’a droit qu’à quelques lignes, un peu court en somme pour mesurer l’ascendance de cette féministe sur le romancier ; Jeanne Duval, la mulâtresse dont était si amoureux Charles Baudelaire et qui lui a consacré bien des vers ; Louise Colet qui avait séduit Flaubert ; Virginia de Castiglione, muse d’elle-même, une beauté du Second Empire qui s’est photographiée chaque jour de sa vie ; Alice, la muse de Lewis Carroll pour qui il a écrit Alice au pays des merveilles ; Appollinaria Souslova, la muse nihiliste, maitresse de Dostoïeveski ; Elisabeth Greffulhe, la femme modèle de Marcel Proust ; Alma Malher, l’épouse du célèbre compositeur ; La Goulue qui a fait les beaux jours du Moulin Rouge et qui posa bien des fois pour Toulouse Lautrec ; Dagny Juel, muse d’Edvard Munch, voilà pour le 19è siècle.

Il y a aussi pour le 20è siècle : Lou-Andreas Salomé dont était fou le poète Rilke ; les muses de Guillaume Appolinaire ; Yvonne Printemps, la seconde madame Sacha Guitry ; Lili Brik, la muse-mentor de Vladimir Maïakovski ; Gala, épouse et agent de Dali ; Dora Maar, si mal aimée par Picasso ; Assia, modèle de nu dans les années 30 ; Kiki de Montparnasse, modèle, pour Soutine et Man Ray ; Marlene Dietrich façonnée par Josef Von Sternberg ; Nancy Cunard, le grand amour d’Aragon avant Elsa Triolet ; Tina Modotti, la muse d’Edward Weston ; Lee Miller, le modèle préféré de Man Ray ; Renée Perle qui charma Lartigue ; Dina Vierny, la beauté idéale de Maillol et Giulietta Masina, la femme de Federico Fellini.

Un livre magnifique qu’on ne se lasse pas de feuilleter tant l’iconographie est bien choisie et que je vous recommande si le sujet vous intéresse.

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