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Posts Tagged ‘nicolas le floch’

Les précédents succès de Nicolas Le Floch, protégé du lieutenant de police Sartine, agacent. On veut le mettre à l’écart. Mais, alors que Paris célèbre le mariage du dauphin par un feu d’artifice sur la place Louis-XV, c’est la catastrophe : des carrosses renversés, des centaines de victimes écrasées… Notre tout jeune commissaire de police au Châtelet reprend du service. Au milieu des cadavres, une jeune femme tient serrée dans sa main une perle noire. Est-elle morte étouffée… ou étranglée ?

le-fantôme-de-la-rue-royale-jf-parotauteur-éditeur-pagesNous retrouvons notre commissaire auprès du Châtelet Nicolas Le Floch en 1770, soit près de 10 ans après les deux premiers tomes :  L’énigme des Blancs-Manteaux et L’homme au ventre de plomb. Ce troisième opus s’ouvre sur un fait divers historique et tragique, par son nombre de victimes (une centaine !) : le 30 mai 1770, Jérôme Bignon, Prévôt de Paris, offre des réjouissances aux parisiens pour fêter, comme c’est la coutume, un mariage royal. Ici en l’occurrence, il s’agit de fêter comme il se doit, les épousailles de l’archiduchesse d’Autriche, Marie-Antoinette, et du Dauphin, le futur Louis XVI. Le prévôt et les échevins parisiens, équivalents du maire de Paris et du conseil municipal actuels, appuyés par le Lieutenant Criminel, Testard du Lys, ont convaincu le roi Louis XV de leur attribuer la sécurité des festivités, au grand dam de Sartine, le Lieutenant de police. La fête donnée aux parisiens bat son plein lorsqu’elle tourne malheureusement au drame lors du feu d’artifice orchestré par Ruggieri lui-même et qui est le clou de la soirée. La ville est encombrée, tortueuse, elle grouille de monde, chacun se presse pour boire et manger gratis et admirer le spectacle. Hélas, le bouquet final s’enflamme trop tôt et met le feu à l’estrade depuis laquelle il est tiré. C’est la panique et la bousculade fera de nombreuses victimes, mortes écrasées, par les carrosses notamment, ou noyées dans la Seine.

Notre Nicolas assiste au drame en compagnie du docteur Secmagus, chirurgien de marine, déjà présent dans les tomes 1 et 2. Parmi les victimes entreposées place Louis XV, le commissaire, qui a l’œil à tout, découvre une jeune femme portant des traces de strangulation. Il décide aussitôt d’enquêter sur ce meurtre, car meurtre il s’agit, puisqu’Elodie Galaine,  n’a pu périr à cause des bousculades, mais bel et bien de la main d’un homme.

On retrouve comme toujours avec plaisir tous les protagonistes de fiction des précédents tomes. Outre Nicolas Le Floch et Secmagus, il y a l’inspecteur Bourdeau, moins présent mais toujours aussi efficace, Sartine et ses célèbres perruques évidemment, Noblecourt toujours aussi gourmand, chez lequel Nicolas demeure, le Père Marie, le concierge du Châtelet, Sanson le bourreau et Catherine la cuisinière alsacienne de Noblecourt, qui nous met l’eau à la bouche. Nicolas y croisera comme toujours des personnages ayant eux existés, comme le Duc de Richelieu, toujours fringant malgré son âge canonique, Louis XV désormais escorté de la Comtesse du Barry puisque la marquise de Pompadour a rendu son dernier souffle depuis six ans déjà, Monsieur de Saint Florentin, ministre du roi, que l’on a déjà rencontré dans les deux précédents tomes, l’archevêque de Paris, Christophe de Beaumont, ennemi juré des Encyclopédistes et M. Nicolas, alias Rétif de la Bretonne, l’imprimeur-auteur que j’ai eu plaisir à retrouver ici car j’ai beaucoup étudié Les nuits de Paris à la Fac ! On croisera aussi un indien de la tribu des Micmacs, Natanga, venu de la Nouvelle-France avec la défunte.

Nicolas est confronté cette fois encore à une double enquête : retrouver l’assassin d’Elodie Galaine bien sûr mais il est aussi chargé par le roi d’enquêter sur le drame du 30 mai 1770. Sartine lui demande de s’installer chez les Galaine pour mener au mieux l’enquête sur l’assassinat de la jeune femme et il va y découvrir bien des choses intéressantes. Orpheline, promise à une grande fortune, la défunte a eu la bonne idée de décéder avant de se marier, car l’héritage tombe à pic pour cette famille désargentée, chacun d’entre eux avait donc un bon mobile pour l’assassiner. Et pour couronner le tout, la petite bonne, Miette, semble possédée par le démon ! Il s’en passe de belles chez les Galaine et notre commissaire ira de surprises en surprises.

Encore un bon cru signé Jean-François Parot qui en profite pour nous divertir et nous enrichir avec brio, avec cette langue du XVIIIè si belle et si riche, et sa bonne compréhension des mœurs de l’époque, à chaque fois je suis sous le charme. L’auteur en profite aussi pour aborder ici le thème de la religion, des anciennes croyances et de l’Église qui occupent une place si importante au siècle des Lumières. Le peuple est pétri de croyances et de peurs, peur de Satan et de l’Enfer notamment et Parot nous fait vivre une séance d’exorcisme vraiment intéressante et incroyablement bien documentée, comme toujours.

Je vous donne rendez-vous pour le tome 4 dans un mois, je ne peux résister à Nicolas ni à la plume de son auteur !

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Lu dans le cadre des challenges Nicolas Le Floch, Paris et Polars Historiques :

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Le commissaire Nicolas Le Floch est chargé par M. de Sartine et par la cour de démêler une affaire délicate et complexe : la mort mystérieuse du fils d’un courtisan proche du dauphin et du parti dévot. Pourquoi les parents défendent-ils la thèse du suicide alors que leur enfant n’avait jamais manifesté son désir d’en finir ? Pourquoi son frère a-t-il disparu ? Qui est véritablement son énigmatique fiancée ? Très rapidement Nicolas conduira ses investigations à Paris, puis à Versailles dans l’entourage de la famille royale et de la favorite Mme de Pompadour. Dans un royaume toujours en guerre et agité par des querelles reuligieuses, il peut se révéler très dangereux de s’intéresser de trop près à des imbroglios politiques protégés par des secrets de famille…

l-homme-au-ventre-de-plomb-jean-françois-parotauteur-éditeur-pagesUn an après L’énigme des Blancs-Manteaux, c’est toujours secondé efficacement par l’inspecteur Bourdeau, son adjoint, que Nicolas Le Floch, commissaire au Châtelet, va devoir résoudre, non pas une, mais plusieurs enquêtes. L’homme au ventre de plomb démarre, contrairement au premier volume, tambour battant. Nicolas est chargé par le lieutenant général de police Sartine de se rendre à l’opéra où Madame Adélaïde, l’une des filles du roi, doit assister à une représentation de Rameau en compagnie du comte et de la comtesse de Ruissec. En plein opéra, les Ruissec sont informés du décès de leur fils ainé. Ils se précipitent vers leur hôtel, avec sur leurs brisées Nicolas et Sartine. Lionel, vicomte de Ruissec, officier des gardes français, est retrouvé, un trou dans la tempe et déclaré homicidé. Cependant, le visage du défunt, défiguré mais surtout effrayant, va mettre la puce à l’oreille de notre commissaire qui croit d’emblée à un meurtre. Il décide, avec l’accord de Sartine, de faire transférer le corps à la Basse Geôle en vue d’une autopsie. Mais alors que le docteur Semacgus et Sanson font leur exposé des premières constations, le corps leur est enlevé, sur l’ordre de M. de Saint Florentin, ministre tout puissant de la Maison du Roi, qui s’oppose à l’ouverture du corps sur demande du comte de Ruissec. Les deux hommes n’ont pas eu le temps de faire leur autopsie mais ont tout de même pu découvrir que le vicomte a succombé à une mort atroce : on lui a fait avalé du plomb fondu, une peine infligée aux faux-monnayeurs par les autorités russes.

Un second meurtre va aussitôt avoir lieu, celui de la mère du vicomte alors qu’elle avait rendez-vous avec Nicolas, elle est retrouvée au fond d’un puits, victime d’une strangulation. Il ne saura jamais ce qu’elle est venue lui révéler, et quelques jours plus tard, le jour même de l’enterrement du vicomte et de la comtesse, le comte est victime d’un meurtre. S’agit-il d’une vengeance envers la famille de Ruissec, littéralement décimée, à l’exception du vidame, fils cadet de la famille, qui passe illico au rang de suspect numéro 1. Le comte, par ailleurs général, a sinistre réputation dans l’armée. En plus de cette série de meurtres, Nicolas est chargée par Madame Adélaïde d’enquête sur le vol de bijoux dont elle est victime à Versailles. Madame de Pompadour lui demande aussi de veiller sur le Roi, elle craint un complot en vue d’assassiner Louis XV, encore très marqué par la tentative de régicide dont il a été victime 4 ans auparavant. Les partisans du dauphin et du parti dévot verraient d’un bon oeil ce dernier arriver sur le trône de France. Il y encore et toujours les libelles qui pleuvent dans Paris et Versailles, contre la favorite, déjà bien diminuée par la maladie qui va l’emporter deux ans plus tard. Enfin, les jésuites, chez lesquels Nicolas a fait ses études à Vannes, sont mis à mal, attaqués de toute part, et notre breton va retrouver son vieux maitre, visiblement manipulé. Ca fait beaucoup, vous ne trouvez pas ? Moi si !

Il faudra toute la sagacité de Nicolas Le Floch et l’expérience de l’inspecteur Bourdeau pour venir à bout de cet écheveau d’enquêtes parallèles. Encore une fois, Jean-François Parot fait preuve de son intelligence et de sa fine connaissance du XVIIIè siècle pour nous trousser une reconstitution historique très précise et savante et une intrigue policière qui nous tient en haleine jusqu’à la dernière page ! Pourtant ici, l’abondance d’intrigues, m’a un peu lassée, j’ai eu du mal à m’y retrouver et perdu un peu le fil par moments. C’est vrai qu’à cette époque, chacun complote en vue de ses intérêts et que la situation de la couronne, en pleine guerre de Sept Ans n’est pas simple, mais je pense que Jean-François Parot a pêché par un excès d’intrigues dans ce second volume mais ça n’engage que moi. L’intrigue policière principale se tient formidablement bien, le reste m’a semblé trop complexe et parfois alambiqué.

Reste que je serais au rendez-vous du tome 3, je ne peux résister à Nicolas ni à la plume de son auteur !

D’autres billets chez Syl, Eliza, Adalana

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Lu dans le cadre des challenges Nicolas Le Floch, Paris et Polars Historiques :

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En 1761, le jeune Nicolas Le Floch quitte sa Bretagne natale pour entrer au service de M. de Sartine, chef des affaires secrètes de Louis XV. Devenu l’un des espions du lieutenant général de police, Nicolas va vite découvrir la cruauté des hommes et la brutalité des complots : à Paris, dans le monde du crime, tout tourne autour du jeu, de la débauche et du vol qui communiquent par d’innombrables labyrinthes. Son premier meurtre le plonge au coeur des perversités de la capitale : un commissaire corrompu, une épouse ex-pensionnaire d’une maison de plaisir, un cadavre rue des Blanc-Manteaux, un bourreau médecin légiste à la morgue de la Basse-Geôle..
Et si tout cela le conduisait trop près du roi et de Mme de Pompadour ?

l-énigme-des-blancs-manteaux-jean-françois-parotauteur-éditeur-pagesComme je vous l’annonçais samedi dernier, je me suis replongée avec délectation et gourmandises dans les aventures de Nicolas Le Floch, à l’invitation de Syl. Je n’avais pas relu L’énigme des Blancs-Manteaux depuis sa parution en 2001 et je me félicite de l’avoir fait, car quel beau moment de lecture ce fut encore !

Dans ce premier volume, c’est moins l’intrigue policière qui m’intéressait, que le plaisir de me familiariser à nouveau avec les personnages et le style exquis et très vivant de Jean-François, qui ponctue son récit de bon nombre de mots issus du vocabulaire du 18è siècle (carreau pour coussin, brisées pour pas, homicider pour tuer, etc), ce qui est un régal pour l’amoureuse que je suis de cette époque. L’auteur tisse brillamment sa toile dans le décor d’un Paris, puant et sale, grouillant des cris de Paris chantés en leur temps par Rétif de la Bretonne et Louis-Sébastien Mercier. Un Paris vivant, empli de ruelles sombres et de coupe-gorge, que va découvrir le jeune breton Nicolas Le Floch, enfant trouvé élevé par le chanoine Le Floch qui vient de mourir. Clerc de notaire à Rennes, il vient d’être embauché par le tout nouveau lieutenant général de police, Antoine de Sartine, grâce à l’entregent de son parrain, le marquis de Ranreuil. Celui-ci le confie au commissaire Lardin qui a pour charge de le loger dans la capitale et de le former au métier de policier. Lorsque ce dernier disparait, à son retour de Guérande où il vient d’enterrer son tuteur, Nicolas se voit chargé de l’enquête par Sartine. Secondé de l’expérimenté inspecteur Bourdeau, son adjoint, Nicolas va devoir démêler le vrai du faux s’il ne veut pas voir sa carrière sombrer avant même d’avoir démarré.

Le Floch se lance donc à la poursuite du commissaire Lardin dans tout Paris, de la rue des Blancs-Manteaux à Vaugirard, en passant par le Dauphin Couronné, lieu de plaisir et de jeux tenu par La Paulet, la basse-geôle, Monfaucon, la Croix-Nivert et le Châtelet. Il va pouvoir rencontrer tout une galerie de personnages hauts en couleur : une veuve joyeuse, une cuisinière très en verve, un chirurgien de marine, un tartuffe, une maquerelle… L’intérêt du récit de Jean-François Parot, au-delà de la résolution de l’énigme,  est aussi dans le fait de faire côtoyer des personnages de fiction et des personnes qui ont réellement existé comme Madame de Pompadour, le roi Louis XV, Sartine, le ministre Saint Florentin, Monsieur de Paris (le bourreau Sanson), M. de La Borde, premier valet du roi, etc, et de s’appuyer sur le contexte historique et politique de l’époque.

Dans cette première aventure, Nicolas va faire la connaissance de son supérieur, le lieutenant général de Police Sartine qui va régner sans partage sur la police de Paris jusqu’à la mort de Louis XV ; de l’inspecteur Bourdeau, son adjoint ; de Charles-Henri Sanson, chargé des autopsies (une invention de l’auteur, Sanson n’a jamais occupé cette fonction) ; d’Aimé de Noblecourt, ancien procureur, épicurien devant l’éternel, fin lettré et amateur de mets raffinés, chez qui il loge après la disparition de Lardin ; le médecin Guillaume Semacgus, chirurgien de marine ; M. de La Borde, premier valet de chambre de Louis XV ; ainsi que les servantes, cuisinières expertes, Marion et Catherine.

Cette première enquête de Nicolas Le Floch va être couronnée de succès par le Roi et il apprendra même la vérité sur ses origines mais chut pour le savoir, il faudra lire L’énigme des Blancs-Manteaux.

Le seul reproche que je peux faire à ce premier volume c’est l’abondance de détails concernant le supplice de Damiens, qui avait attenté à la vie du roi, et qui subit un véritable martyre dont l’auteur ne nous épargne aucun détail. Jean-François Parot n’avait nul besoin de recourir à ce subterfuge pour nous démontrer son excellente connaissance du XVIIIè siècle, qu’il connait sur le bout des doigts, à n’en pas douter.

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Lu dans le cadre des challenges Nicolas Le Floch, Paris et Polars Historiques :

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