Feeds:
Articles
Commentaires

Posts Tagged ‘paris 1900’

Jérôme Hallier est né à Caen et vit à Francfort après avoir habité plusieurs années à Kyoto. Cet amoureux du Japon a publié Les Portraits sonores du docteur Léon Azoulay, son premier roman chez Flammarion en 2018.

Kyoto, fin 1899. La jeune geisha O-miya rêve de s’échapper de la somptueuse maison de thé où elle vit confinée depuis son enfance. Grâce à un shamisen mystérieux que lui offre un fameux luthier, elle se voit confier une mission de la plus haute importance : représenter le Japon à l’Exposition Universelle de Paris.

Au même moment, Tommy, casseur de pierres dans les Appalaches, abandonne travail et amis pour partir à l’aventure avec son banjo. Sa destination : New York. Avec son patron, ils sont engagés pour faire le show lors de la traversée New-York Le Havre.

Tandis que débutent leurs voyages, un étrange docteur, Léon Azoulay, arpente les allées de la gigantesque Exposition universelle à Paris. Muni de son phonographe à roulettes, il marche sans cesse, avec une obsession en tête : enregistrer les voix et les musiques du monde.

La geisha et le joueur de banjo est un court roman qui mêle personnages historiques et de fiction. Jérôme Hallier plante son décor à Paris, tout au long de l’Exposition Universelle de Paris qui eut lieu du 15 avril au 12 novembre 1900.

Au coeur de la Belle Epoque donc, une période foisonnante que j’adore, comme vous l’avez sans doute déjà compris, d’autant que cette thématique de l’Exposition Universelle est très intéressante !

Dans l’effervescence d’un siècle qui commence, on suit la trajectoire d’O-miya, de Tommy et de Léon qui rêve de créer un musée des sons de l’humanité.

Trois univers et pays différents, la découverte du métier de geisha et d’un instrument traditionnel japonais, le shamisen, et un petit régal de lecture pour moi que ce récit plein de douceur et de musique.

Un roman totalement inconnu si j’en crois vos retours sur Instagram et quelle belle découverte pour moi que cette histoire charmante et délicate, portée par des personnages tellement attachants. Des trajectoires aux antipodes les unes des autres, qui vont finir par se rejoindre au coeur de cette exposition universelle.

J’ai été très touchée par le personnage d’O-miya, cette geisha achetée par une maison de thé et sa petite soeur de coeur au destin tragique et par la démarche de Léon qui veut coucher sur cylindre et rendre éternelles toutes les musiques du monde

Dans ce roman choral, on suit tour à tour, on suit O-miya, Tommy et Léon dans leurs aventures et le moins que l’on puisse dire c’est que leur chemin est sillonné d’embûches et de rebondissements.

Le style de Jérôme Hallier est fluide et agréable, toutes les pages consacrées à la musique sont vraiment agréables à lire et je dois dire que j’ai eu du mal à lâcher ce roman tant l’auteur a su m’embarquer de la première à la dernière page.

Une très bonne lecture et un roman méconnu que je vous encourage à découvrir, il est dépaysant, charmant, délicat, vraiment j’ai beaucoup aimé !

Read Full Post »

Paris 1900. La ville « la plus coquine du monde » appartient aux cocottes. De Maxim’s au Moulin-Rouge, des salons littéraires bourgeois aux coulisses des Folies-Bergères, ces princesses des plaisirs règnent sur une cour d’admirateurs éperdus. Prêts à tout pour obtenir leurs faveurs, ne serait-ce que l’espace d’une nuit, les hommes les plus en vue les couvrent de bijoux, leur offrent de somptueuses villas aux quatre coins de l’Europe, se ruinent, se provoquent en duel, se suicident, dilapident leurs biens, leur honneur et leur vie.

Tandis que, sur les boulevards, La Goulue, Nini-Pattes-en-l’air ou Polaire – la plus belle des étoiles – font tourner la tête des bourgeois, les grandes cocottes trainent dans leur sillage les monarques de l’Europe entière, et tout ce que Paris compte d’hommes d’esprit, d’artistes, de politiciens ou de banquiers.

les-princesses-de-paris-richard-balducci

auteur-éditeur-pages

Richard Balducci revient sur les courtisanes qui ont dominées la Belle-Epoque et tout le dernier tiers du 19è siècle. Plusieurs de ces noms sont d’ailleurs passés à la postérité et vous connaissez sans doute déjà la Belle Otéro, Liane de Pougy, Eve Lavallière, Cléo de Mérode, Yvette Guilbert, Cécile Sorel ou Emilienne d’Alençon. Des femmes qui ont voltigé de bras en bras, de lit en lit, insouciantes, impudiques et insatiables, qui ont ruiné des familles et causer les plus grands scandales. Leurs amants ? Des princes venus de toute l’Europe s’encanailler à Paris, des grandes familles, des industriels, etc.

Ces cocottes, aussi surnommées demi-castor, horizontales, dégrafées, suicideuses, Cythériennes ou ravageuses d’existence tarifaient leur compagnie à prix d’or, dans un Paris pris dans le tourbillon de la Belle Epoque. Je trouve pour ma part cette époque et ces femmes absolument fascinantes, et c’est ce qui m’a donné envie de lire ce livre.

L’auteur revient sur les débuts de Maxim’s et du Moulin-Rouge et toutes celles qui ont consumé leur existence en ce tout début de 20è siècle, car si elles ont poussé bien des hommes à la ruine voire au suicide, elles ont aussi fini à deux ou trois exceptions près, leur existence dans le dénuement le plus total, car ces dames nées dans la misère, menaient bon train sans penser aux lendemains.

Le livre est bien documenté mais un peu trop superficiel à mon goût, il aurait mieux valu que Richard Balducci s’attache à quelques-unes de ces Cocottes et en dresse un portrait, plutôt que cette succession, sans date ni chronologie, qui m’ont laissé dans le vague et donne à ce document un sentiment d’à peu près.

Je n’ai pas eu l’impression d’apprendre grand chose mais l’auteur m’a permis de croiser dans les salons ou les lieux emblématiques de l’époque des écrivains et des peintres qui me sont familiers : Verlaine, Jules Renard, Alphonse Allais, Toulouse-Lautrec, Suzanne Valadon entre autres.

Une sympathique plongée dans le Paris de 1900, facile à lire, mais qui souffre d’un manque de précisions et finalement de sérieux. Si vous recherchez une mise en bouche, il vous suffira, si vous êtes incollable sur cette époque, passez votre chemin ! Ces destins ont en tout cas inspirés bien des romanciers, en tête desquels Alexandra Dumas Fils et sa Dame aux camélias et Emile Zola et sa Nana.

heart_3

Lu dans le cadre du Challenge Paris

camille-pissarro-the-louvre-and-the-seine-from-the-pont

Read Full Post »