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Posts Tagged ‘pierre lemaitre’

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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Né à Paris, Pierre Lemaitre a enseigné aux adultes pendant de nombreuses années, notamment les littératures française et américaine, l’analyse littéraire et la culture générale. Aujourd’hui écrivain et scénariste, il a publié des polars avant de s’attaquer à la littérature blanche.

Février 1927. Après le décès de Marcel Péricourt, sa fille unique, Madeleine, doit prendre la tête de l’empire financier dont elle est l’héritière, mais le destin en décide autrement.

Le jour de ses obsèques qui réunit le Tout-Paris dont le président de la République, Gaston Doumergue, elle assiste, impuissante, à la chute de son fils Paul qui se défenestre et atterrit sur le cercueil de son grand-père. Cet accident laisse l’enfant âgé de sept ans, paralysé.

Unique héritière d’un immense empire, elle doit prendre la tête de la banque familiale alors qu’elle ne possède aucune compétence dans ce domaine. Divorcée du lieutenant Pradelle emprisonné pour escroquerie, elle se retrouve entourée de conseillers peu scrupuleux dont Gustave Joubert, le bras droit de son père, et Charles Péricourt, son oncle.

Face à l’adversité des hommes, à la cupidité de son époque, à la corruption de son milieu et à l’ambition de son entourage, Madeleine devra déployer des trésors d’intelligence, d’énergie mais aussi de machiavélisme pour survivre et reconstruire sa vie.

Tâche d’autant plus difficile dans une France qui observe, impuissante, les premières couleurs de l’incendie qui va ravager l’Europe.

Deux ans après ma lecture d’Au revoir là-haut, je poursuis la trilogie Les enfants du désastre avec Couleurs de l’incendie alors que le dernier volume, Miroir de nos peines, est sur le point de paraître.

Et si j’avais adoré le premier opus, j’ai encore davantage aimé cette suite admirablement écrite, bien documentée et diablement addictive. C’est bien simple, dès que j’interrompais ma lecture, je n’avais qu’une hâte : y retourner !

Après l’escroquerie aux monuments funéraires et au rapatriement des corps encore enfouis dans les tranchées, Pierre Lemaitre nous propose de retrouver Madeleine Péricourt, aux prises avec la crise de 1929 qui va faire vaciller bien des fortunes et des familles.

De 1927 au milieu des années 30, de la montée des fascismes aux premiers scandales financiers, l’auteur brosse le portrait de plusieurs personnages féminins dont en premier lieu Madeleine et de sa dame de compagnie, Léonce, qui doivent lutter pour leur émancipation dans une société patriarcale principalement dominée par la gent masculine.

Pierre Lemaitre dépeint également une Europe plongée dans la montée des totalitarismes (nazisme, fascisme, franquisme, communisme) qui voit chaque jour la paix se fissurer davantage.

Au-delà de cet aspect historique très intéressant, Couleurs de l’incendie, c’est avant tout l’histoire d’une vengeance à la Edmond Dantès. Madeleine, ruinée par des hommes en qui elle avait confiance, va mettre en place la chute que sa ruine a projeté au firmament des affaires, du journalisme ou de la politique.

Les personnages sont très travaillés et crédibles, on ressent l’esprit de corruption qui gagnait ses années et la montée du fascisme qui a lieu également en France avec ce mouvement de “Renaissance Française”

Roman passionnant, fresque d’une rare cruauté, remarquable par son architecture et sa puissance d’évocation, Couleurs de l’incendie est un grand roman historique, flamboyant et jubilatoire.

Une fois n’est pas coutume, Belette et moi sommes sur la même longueur d’ondes, elle a adoré aussi. Vous pouvez retrouver son avis ici.

Vous l’aurez compris, j’ai eu un coup de cœur pour ce roman et je vous le conseille vivement, l’une de mes meilleures lectures de l’année !

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Ils ont miraculeusement survécu au carnage de la Grande Guerre, aux horreurs des tranchées. Albert, un employé modeste qui a tout perdu, et Edouard, un artiste flamboyant devenu une « gueule cassée », comprennent vite pourtant que leur pays ne veut plus d’eux. Désarmés, condamnés à l’exclusion, mais refusant de céder au découragement et à l’amertume, les deux hommes que le destin a réunis imaginent alors une escroquerie d’une audace inouïe…

2 novembre 1918. En ce jour des morts, il ne se passe pas grand chose sur la cote 113 et les rumeurs d’armistice vont bon train. Albert Maillard, ça fait quatre ans que son quotidien c’est de vivre la peur au ventre dans les tranchées, attendant la prochaine attaque.

Sa division est sous les ordres du lieutenant d’Aulnay-Pradelle, un homme de la noblesse qu’il exècre, qui lui fait peur et avec qui, lui l’homme du peuple, n’a rien en commun. Comme il ne se passe rien, le lieutenant envoie deux hommes en reconnaissance dans le No man’s land qui ne reviendront pas vivants et serviront pour le commandement de prétexte à donner l’assaut.

Albert court la peur au ventre sous le bruit de l’artillerie, les bombes font des cratères un peu partout et Albert croise le cadavre des éclaireurs qui ont été tués par des tirs français et non allemands. Stupéfait, il est K.O debout.

Pradelle le suit afin de faire disparaître les corps et envoie Maillard d’un coup de coude dans un cratère. Le soldat est aussitôt recouvert de terre par le souffle d’une nouvelle explosion et enterré vivant.

Il croit sa dernière heure arrivée, gisant par quelques mètres de profondeur en compagnie d’une tête de cheval qui le regarde fixement. Mais c’est alors que la chance lui sourit. Un de ses camarades l’entend et se met à creuser malgré sa blessure à la jambe qui le fait atrocement souffrir et qui le laissera boiteux à vie. Edouard Péricourt parvient à dégager Albert mais reçoit un éclat d’obus.

Maillard est sain et sauf, sans une égratignure, ce qui n’est pas le cas de Péricourt qui se retrouve avec un trou béant en pleine face. Par cette ironie du sort, les deux hommes, pourtant de milieux sociaux très différents, Péricourt étant le fils d’un homme riche et puissant, le comptable et le peintre, sont liés à jamais et Maillard va se démener pour que son sauveur soit pris en charge le plus rapidement possible et dans les meilleures conditions…

Voilà un roman que j’avais envie de lire depuis sa parution en grand format en 2013 et avant son couronnement par l’académie Goncourt la même année. Je me suis donc jetée sur la version poche qui a croupi dans ma PAL deux longues années avant que Belette me propose de le lire avec moi.

Il y a des livres que l’on sait que l’on va adorer et pourtant ils restent dans nos PAL alors que d’autres en sortent très vite. Au revoir là-haut est de ceux-là. J’étais sûre de l’aimer car j’avais apprécié la plume de Pierre Lemaitre lors de ma lecture de Robe de mariée et surtout pour son contexte historique.

Vous ne le savez peut-être pas mais j’affectionne tout particulièrement cette période de notre histoire, non parce que j’adore les guerres, mais parce que je trouve les poilus, qui ont eu une vie si dure dans les tranchées, très touchants.

Et parce que je m’intéresse à un sujet en particulier : le sort des gueules cassées. Un sujet grave et émouvant que l’on retrouve ans plusieurs romans ces dernières années dont le très beau roman de Marc Dugain, La chambre des officiers et que l’on retrouve ici puisque l’un des deux héros, Edouard, se retrouve avec un trou béant en pleine face comme je le disais plus haut.

Fresque cruelle et grand roman sur l’après-guerre de 1914, voilà ce qu’est Au revoir là haut, un récit puissant et évocateur sur la vie des rescapés de celle que l’on a surnommé La der des der. Des hommes traumatisés pour bon nombre d’entre eux, on le serait à moins, et dont on s’est finalement peu souciés, une fois la victoire sur l’Allemagne remportée. Seuls comptaient alors les morts et leurs souvenirs, les vivants étaient eux bien encombrants. C’est ce qui va donner à Edouard l’idée d’une sacrée escroquerie.

Les valides sont retournés autant que possible à la vie civile bien que leurs places étaient prises par d’autres et qu’ils ont souvent connus le chômage. Quant aux fracassés, ceux qui n’avaient plus de visage, amputés d’un ou plusieurs membres ou rendus fous, peu de chance pour eux de vivre une vie normale à nouveau.

Ce roman s’intéresse plus particulièrement à trois personnages : Albert Maillard, le faible à la vie terne, écrasé par une mère toute puissante, qui tremble devant les puissants. Edouard, l’esthète qui menait une vie facile dans l’hôtel particulier de son père, qui refuse toute idée de chirurgie réparatrice et qui va trouver un moyen de se venger de la société. Et Pradelle, dernier né d’une famille noble désormais ruiné qui va profiter de l’après guerre pour faire fortune d’une manière absolument abjecte.

Pierre Lemaitre nous donne à lire l’histoire de ces trois escrocs et pendant plus de 600 pages, et oui c’est une belle brique, on va suivre leurs aventures. Ici pas de longueurs, ce qui est tout de même un exploit au vu de l’épaisseur du roman, c’est au contraire un véritable page-turner. Car ce récit est tellement foisonnant et construit à la manière d’un thriller que l’on ne s’ennuie pas une seconde. Mieux encore, l’auteur qui vient du polar, fait monter la pression sur ces personnage, instille un certain degré de suspens qui va crescendo.

Roman passionnant, fresque d’une rare cruauté, remarquable par son architecture et sa puissance d’évocation, Au revoir là-haut est un grand roman de l’après-guerre de 14 : de l’illusion de l’armistice, de l’État qui glorifie ses disparus et se débarrasse de vivants trop encombrants.

Dans l’atmosphère de ces lendemains qui déchantent, peuplée de lâches reçus en héros, Pierre Lemaitre raconte avec talent le récit de cette génération perdue. Un roman que je vous conseille absolument !

Un grand merci à Belette pour m’avoir accompagné dans cette lecture, vous pouvez retrouver son avis ici.

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Nul n’est à l’abri de la folie. Sophie, une jeune femme qui mène une existence paisible, commence à sombrer lentement dans la démence : mille petits signes inquiétants s’accumulent puis tout s’accélère. Est-elle responsable de la mort de sa belle-mère, de celle de son mari infirme ? Peu à peu, elle se retrouve impliquée dans plusieurs meurtres dont, curieusement, elle n’a aucun souvenir. Alors, désespérée mais lucide, elle organise sa fuite; elle va changer de nom, de vie, se marier, mais son douloureux passé la rattrape…

robe-de-marie-pierre-lemaitreauteur-éditeur-pagesVoilà un roman qui attendait bien sagement dans ma PAL depuis sa parution, soit 2009 et il en est enfin sorti à l’occasion d’une lecture commune avec mes copinautes Claire et Céline, que je remercie au passage, sinon je crois qu’il aurait attendu encore longtemps, mais à défaut de pouvoir lire le dernier titre de l’auteur, Au revoilà là haut, je me suis rabattu sur l’un de ses premiers romans, Robe de marié.

Découpé en quatre parties Sophie, Frantz, Frantz et Sophie, Sophie et Frantz du nom des deux protagonistes du roman, le récit démarre sur les chapeaux de roue. La première partie est très intrigante, prenante et angoissante puisque l’héroïne et narratrice, Sophie, est semble-t-il au bord de la folie et surtout une meurtrière qui ne se souvient pas de ses actes. On ne comprend pas jusqu’où cette longue dérive meurtrière va nous mener, car la jeune femme est contrainte de changer d’identité et de région pour échapper à la police sur ses trousses, et sème semble-t-il la mort sur son passage.

La seconde partie arrive alors à point nommé avec un changement de narration et donc, de point de vue. C’est au tour de Frantz de prendre la parole et de nous donner un éclairage bienvenu sur la personnalité de Sophie et sur les raisons pour lesquelles sa vie, somme toute banale au départ, celle d’une attachée de presse mariée à un cadre, vivant une vie bourgeoise sans histoire, va peu à peu basculer dans l’horreur.

La construction de l’histoire est vraiment intéressante puisque l’on navigue entre deux protagonistes, l’auteur sait bien ménager son suspens tout en semant des petits indices de ci de là car il n’y a pas d’enquête policière mais plutôt une ambiance tendue de huit-clos entre Frantz et Sophie. Pierre Lemaitre nous livre ici un roman noir, quasiment sous la forme narrative, qui se révèle très facile à lire, efficace et plutôt prenant. On rentre facilement dans l’intrigue et on a qu’une envie : que l’héroïne s’en sorte. Le puzzle se met peu à peu en place d’une façon plutôt diabolique jusqu’au dénouement final et tous les ingrédients d’un bon thriller son réunis : manipulations, usurpations d’identité, meurtres et retournements de situations qui paraissaient inextricables.

Même si ce roman m’a bien plu, je ne peux pas m’empêcher de trouver que l’auteur est tombé dans la facilité : Frantz va et vient dans l’appartement de Sophie, son travail, son ordinateur, sans que jamais il ne soit pris en flagrant délit et que jamais elle ne se doute de quoi que ce soit. Pour moi, au bout d’un moment (quand Sophie emménage dans l’Oise par exemple) ça devient trop systématique et évident pour rester vraisemblable. Enfin, la fin est à mon goût trop bâclée.

Une première rencontre avec Pierre Lemaître en demi-teinte mais il parait que sa série avec le commissaire Verhoeven est meilleure, espérons le !

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Lu dans le cadre d’une lecture commune avec Claire et Céline, du Plan Orsec 2014 pour PAL en danger et du challenge A tous prix (Prix du Polar francophone de Montigny les Cormeilles 2009) :

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