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Posts Tagged ‘polar historique’

Lu dans le cadre du Mois anglais 2022

Mark Gatiss est l’un des principaux auteurs de Doctor Who et surtout de Sherlock, où il est mondialement connu pour son interprétation de Mycroft Holmes, le frère du célèbre détective. Mark Gatiss vit dans un laboratoire du nord de Londres et absorbe, chaque jour, une solution de thé infusé à 7 %. 

Londres, début du XXè siècle. Portraitiste de talent, dandy, bel esprit, mauvais garçon… Lucifer Box est le plus irrésistible des agents secrets de Sa Majesté.

Lorsque les meilleurs scientifiques du royaume sont mystérieusement assassinés, Lucifer se lance dans une enquête trépidante, bien aidé par son nouveau valet Charlie.

Des clubs de gentlemen londoniens aux bas-fonds volcaniques de Naples, notre héros n’a pas son pareil pour se mettre en danger et pour démasquer les membres d’une société secrète aux meurs plus que douteuses.

Le club Vesuvius est le premier tome d’une trilogie consacrée à Lucifer Box, un dandy espion aux moeurs plus que décadentes qui adore se vautrer dans les secrets les plus sulfureux.

Né sous la plume de Mark Gatiss, le talentueux scénariste de la série Sherlock que j’adore, ce personnage très imbu de lui-même m’a amusée mais pas au point de continuer la saga.

Mark Gatiss nous propose un roman d’espionnage post victorien qui nous entraîne dans une enquête trépidante, sans temps mort. Les chapitres sont courts, émaillés de rebondissements, ce que je recherche particulièrement dans ce genre.

Autres bons points : la plume de l’auteur est agréable et Lucifer Box nous enchante par son cynisme et son humour so britsh.

L’enquête est plutôt classique et bien menée même si j’ai deviné un certain nombre de choses, j’ai trouvé ce récit agréable. Il manque toutefois de profondeur et se révèle parfois un peu brouillon. Je regrette aussi les descriptions souvent longues et inutiles qui donnent un petit coup de mou au récit.

Il n’empêche que c’est un roman qui se bien, j’ai vraiment apprécié Lucifer Box, héros atypique qui m’a fait penser à la fois à Sherlock Holmes pour son intelligence et Oscar Wilde pour son côté dandy dépravé et attachant.

Une lecture, vous l’aurez compris, mi-figue mi-raisin, avec des éléments qui m’ont plu et d’autres nettement moins, cette comédie policière ne restera pas dans ma mémoire très longtemps hélas.

Bravo aux éditions Bragelonne pour le travail éditorial sur la couverture mais aussi pour les illustrations en noir et blanc qui parsèment le récit et qui plantent bien l’ambiance.

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Lu dans le cadre du Mois anglais 2022

Ann Granger est une auteure de romans policiers et historiques très prolifique, avec plus de trente romans parus en Angleterre. Elle a rencontré un grand succès en Angleterre avec sa série Lizzie Martin et poursuit sur sa lancée avec sa série Carter & Campbell.

Printemps 1871. Lizzie Martin accompagne, presque à son corps défendant, sa tante Mrs Parry dans le New Forest pour se mettre au vert.

Invitées à dîner chez Sir Henry Meager, un riche propriétaire terrien, c’est lui que l’on retrouve assassiné le lendemain. Plus personne ne se sent en sécurité. D’autant que les ennemis et potentiels meurtriers sont nombreux.

Lizzie, secondé de son époux, Ben Ross envoyé par Scotland Yard et le superintendant Dunn, se lance dans une sombre enquête destinée à révéler les secrets de Sir Henry et démasquer un tueur aussi impitoyable que vengeur.

La série à succès d’Anne Granger revient et avec elle Lizzie Martin et Ben Ross dont L’héritage de sir Henry est la huitième enquête.

Comme vous le savez déjà, j’affectionne tout particulièrement les polars historiques qui pour cadre l’époque victorienne et dans ce genre, j’ai un gros faible pour le duo Lizzie et Ben que j’ai été ravie de retrouver et une nouvelle fois, le charme a opéré avec cette série qui me rappelle beaucoup celle consacrée aux Pitt écrite par Anne Perry, que j’adore !

Exit Londres, place à la campagne et aux secrets de famille qui sont au coeur de ce nouvel opus. J’aime l’atmosphère et les personnages de cette saga et je suis contente que Lizzie, dont les apparitions se faisaient de plus en plus rares, mène la barque, elle va même damer le pion à son inspecteur de mari !

La victime est une horrible crapule et je n’ai pas été traumatisée qu’on lui ai fait sauter la cervelle même si ce n’est pas bien du tout of course ! Les coupables ne manquent pas même si le mobile apparaît de façon nette.

Pas de fog londonien pour ce tome 8 mais j’ai été totalement dans le brouillard tout au long de ma lecture, incapable d’avoir un raisonnement qui tienne la route, il faut dire qu’il fait très chaud, mes cellules grises doivent être en congés.

Ann Granger met, comme toujours, son temps pour bâtir son récit, je déplore, pour une fois, quelques longueurs et des petits moments d’ennui mais heureusement l’intrigue policière est bien ficelée autour d’une vengeance murement réfléchie. Je n’ai jamais découvert le coupable et le suspens a été mené au bout, un bon point pour l’autrice !

Même si cette nouvelle enquête est loin d’être ma préférée, je serai au rendez-vous du prochain tome lorsqu’il paraîtra, c’est une série doudou que j’aime retrouver, autant pour ses personnages que pour le contexte historique toujours très bien retranscrit.

Si vous ne connaissez pas encore Ben et Lizzie Ross et que vous aimez les cosy mysteries ou les polars historiques, découvrez sans tarder cette série ! Ce n’est pas ma Belette qui vaut dira le contraire, une fois de plus nous sommes sur la même longueur d’ondes comme vous pourrez le lire ici !

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Lu dans le cadre du Mois anglais 2022

Née en 1976, Laura Shepherd-Robinson est diplômée de sciences politiques de l’université de Bristol, spécialisée en philosophie politique au xviiie siècle. Elle a travaillé en politique pendant près de vingt ans avant de reprendre ses études, en écriture créative cette fois. Blood & Sugar, son premier roman, est lauréat du Historical Writers’ Association Debut Crown 2019. Il a paru aux éditions 10/18 en 2021.

Londres, 1782. Par une nuit d’été, Caroline Corsham tombe sur l’une de ses amies mourante, venue agoniser dans ses bras en lui murmurant un énigmatique  » Il sait « .

Caroline comprend bientôt que son amie lui avait menti : Lucy Loveless, de son vrai nom, était la prostituée favorite d’un club d’hommes puissants.

Lorsqu’il apparaît que magistrats et notables ont davantage intérêt à étouffer le crime qu’à le résoudre, Caroline engage un attrape-voleur privé, Peregrine Child, pour trouver l’assassin de Lucy. Il fouillera jusqu’aux tréfonds de la société géorgienne, au cœur d’un monde d’artifices, de tromperies et de vies secrètes.

De désillusions en hypocrisies, Caro lèvera le voile sur tout un monde : celui où les hommes peuvent emmener de belles courtisanes au théâtre et coucher leur fils adultérin sur leur testament. Un monde où les femmes, elles, paient de leur honneur tous les désirs dont elles sont l’objet… Jusqu’à y perdre la vie.

Vous connaissez mon goût pour les polars historiques et le XVIIIè siècle, Vies et mort de Lucy Loveless de Laura Shepherd-Robinson ne pouvait qu’atterrir dans ma PAL et, une fois n’est pas coutume, il n’a pas eu le temps d’y croupir.

Et en refermant le livre, je suis époustouflée par la maestria de l’autrice qui m’a bernée de bout en bout. Fausses pistes, rebondissements, faux-semblants, ce roman particulièrement dense, aux nombreux personnages, est un véritable page-turner même si il n’est pas exempt de quelques longueurs hélas !

L’histoire se révèle néanmoins addictive et passionnante, portée par un duo bien attachant, Child et Caro que j’ai adoré suivre de la première à la dernière page, j’ai même eu un coup de coeur pour Caro Corsham, une femme courageuse qui ne va pas hésiter à perdre sa réputation, ce qu’une femme a de plus cher à cette époque, pour faire la lumière sur le meurtre de Lucy Loveless et sur les disparitions de Pamela et de Teresa Agnetti.

L’intrigue policière est véritablement brillante, bien malin celui ou celle qui saura démêlé l’écheveau qu’a su habilement tisser Laura Sheperd-Robinson tout au long de son récit.

Les apparences sont en effet bien trompeuses et l’autrice saura mener son suspens et son intrigue jusqu’au bout sans que je n’arrive à aucun moment à deviner quoique ce soit.

D’un point de vue historique, là aussi c’est très réussi, il ne fait aucun doute que Laura Shepherd-Robinson connaît très bien l’époque à laquelle elle plante ses récits : les images, les sons et les odeurs du Londres géorgien jaillissent de chaque page et concourt à rendre ce roman immersif.

Au-delà de l’intrigue policière, l’autrice fait la part belle aux femmes avec ce récit : son héroïne est badass à souhait, Lucy, Pamela et Teresa sont courageuses et elle fait un portrait vivant d’un monde où les femmes sont achetées, vendues et maltraitées, mais se battent pour conserver leur vigueur et leur dignité.

Il y a une vraie sororité tout au long de son roman et j’ai aimé aussi cet aspect de l’histoire. A l’inverse, les hommes, en particulier ceux qui côtoient le club Priapus, pleutres et forniqueurs, en prennent pour leur grade.

En dépit de ses longueurs, j’ai beaucoup aimé ce polar historique que je vous recommande ! Belette qui m’a accompagné dans cette lecture est sur la même longueur d’ondes, son avis ici.

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Henri Lœvenbruck est né en 1972 à Paris. écrivain, musicien et parolier, il est l’auteur de plus de quinze romans traduits dans de nombreuses langues dont Le Loup des cordeliers et L’Apothicaire, son plus grand succès.

Août 1789. La Révolution continue d’embraser le pays. Alors qu’à Versailles, les députés rédigent la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, le jeune journaliste Gabriel Joly, endeuillé, peine à retrouver le goût de vivre. Mais une étrange affaire de meurtres va peu à peu le tirer de sa torpeur…

Dans le cercle très secret de la Comédie-Française, une série d’assassinats ébranle la troupe. Les uns après les autres, des comédiens et des employés sont tués en plein théâtre.

Alors que Danton lui-même est soupçonné, Gabriel, aidé du pirate Récif, son fidèle ami, mène une véritable enquête policière dans les coulisses de la célèbre institution.

Vrais et faux témoignages, poursuites… Dans un huis clos infernal, réussira-t-il, cette fois, à démasquer l’auteur de ces crimes odieux ?

Après les très réussis Loup des Cordeliers et Le Mystère de la Main rouge, j’avais hâte de retrouver la plume d’Henri Loevenbruck et c’est chose faite avec L’assassin de la rue Voltaire.

Vous le savez, j’adore les polars historiques et lorsqu’ils sont bien écrits et documentés, je me délecte au fil des pages et c’est ce qui s’est passé avec ce troisième opus que j’ai adoré !

Cette nouvelle enquête de Gabriel Joly en pleine Révolution française est absolument haletante et passionnante. Le journaliste se révèle comme toujours fin limier, bien accompagné par le commissaire Guyot, Théroigne de Méricourt et du pirate Récif.

L’enquête, nous éloigne un peu des évènements de la Révolution, et c’est tant mieux car ce n’est pas ma période favorite, et nous entraîne dans un huit-clos au cœur de la maison de Molière, la Comédie Française.

Et là, les meurtres de plus en plus glauques dans leurs réalisations, s’enchaînent à un rythme effréné sans que Gabriel et la police ne puissent y mettre un terme, tant l’assassin semble se volatiliser aussitôt ses crimes commis !

Ce cluedo en pleine Révolution française est un régal pour le lecteur car l’intrigue policière tient toutes ses promesses jusqu’au point final. Of course, j’ai soupçonné tout le monde et j’ai été bien attrapée car je n’ai pas trouvé la personne derrière cette série de meurtres, bien joué monsieur Loevenbruck !

La découverte des dessous de la Comédie Française est la cerise sur le gâteau. Dans les pas de Gabriel Joly, on découvre le fonctionnement de la maison de Molière entre les pensionnaires, les gagistes, les sociétaires, etc mais aussi ses coulisses car on se balade dans la Comédie française de la cave au grenier !

Les personnages sont travaillés et rendus terriblement réels, même les grands noms de l’époque qui côtoient Gabriel et ses amis. L’histoire sait nous tenir en haleine et le lecteur se sent vraiment aux cotés de Gabriel pour délier les fils de cette intrigue. 

Un troisième tome qui flirte avec le coup de coeur et que je vous recommande chaudement. Ma copinaute Belette ne va pas me contredire car elle a adoré tout autant que moi, son avis ici !

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Frédéric Lenormand saupoudre depuis toujours ses intrigues historiques d’un humour savoureux. Auteur des Nouvelles Enquêtes du juge Ti, il a notamment reçu le prix Arsène Lupin et le prix Historia du roman policier historique pour sa série Voltaire mène l’enquête.

1778, À la Cour de Versailles, Necker, le ministre des Finances est au bord du burn-out. Le royaume doit resserrer les cordons de sa bourse mais les dépenses de la reine restent faramineuses. Heureusement, la reine attend un heureux évènement et tous espèrent ainsi qu’elle s’assagira.

C’est sans compter la nouvelle amie de Marie-Antoinette, Gabrielle de Polignac, qui ne cesse de quérir des faveurs pour elle et pour ses proches.

Pour Necker, c’en est trop surtout que son riche ami banquier, M. de Champsecret, a été assassiné ! Son ami protestant aurait-il été occis par un catholique ultra ?

Sur la scène du crime, un oiseau à bec jaune insulte la terre entière. Rose et Léonard, les intrépides détectives de sa Majesté, vont lui apprendre la courtoisie et à révéler le nom du meurtrier !

Vous le savez si vous me suivez régulièrement, j’adore les comédies policières de Frédéric Lenormand, grand spécialiste des enquêtes en carrosses, en perruques poudrées et en robes à panier !

Je ne pouvais donc tout simplement pas résister à l’envie de découvrir Le facteur frise toujours deux fois tant j’avais apprécié les précédents opus d’Au service de Marie-Antoinette.

Et ce nouveau volet ne fait pas exception à la règle, j’ai adoré cette enquête truculente, délicieuse et menée tambour battant, un petit bijou d’humour et d’intelligence avec pour toile de fond l’amitié entre la reine et la comtesse de Polignac qui fera couler beaucoup d’encre.

Pour imaginer ses personnages, l’auteur a pioché dans l’entourage même de Marie-Antoinette, et en premier lieu sa modiste et son coiffeur qui ont réellement existé. Pour la reine, ils ont rivalisé d’imagination et sont restés dans l’histoire de la coiffure et de la mode pour des tenues et des perruques extravagantes et coûteuses !

Leur duo est ici explosif car nos enquêteurs se détestent cordialement et vont sans cesse vouloir se mettre des bâtons dans les roues afin de se damer le pion : Rose est une maniaque de l’organisation, Léonard, un noceur. Rose paye ses dettes, Léonard est d’une ladrerie rare. Rose est courageuse, Léonard pleutre. Et j’en passe et des meilleurs.

Ils s’insultent copieusement, se raillent, gaussent de leurs bévues respectives mais ils vont devoir s’entendre pour mener à bien leur mission et retrouver l’assassin du banquier genevois.

Le duo est attachant et on a plaisir à les suivre dans les rues de Paris comme dans le sillage de la reine à Versailles. L’auteur a bien travaillé la psychologie de ses personnages et certains passages sont vraiment drôles.

L’intrigue policière est bien menée, les suspects et les fausses pistes sont légion, les clins d’œil à l’Histoire de France, les saillies et les traits d’humour font mouche, les titres des chapitres en sont un bon exemple.

La toile historique est aussi très bien respectée, Frédéric Lenormand connaît très bien le règne de Louis XVI et sous sa plume, on suit les coulisses de la diplomatie, les services secrets, la politique de cette époque et la vie à Versailles.

Comme toujours avec Frédéric Lenormand, cette comédie policière est enlevée, drôle et érudite : une vraie réussite ! J’espère qu’un autre tome arrivera vite car j’ai très envie de retrouver Rose et Léonard dans une nouvelle aventure. Et si vous ne connaissez pas encore cette série, qu’attendez-vous ??

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Après un doctorat en pharmacie puis un autre en droit, Éric Fouassier s’est spécialisé dans l’histoire de la médecine, qu’il enseigne à l’université. Passionné d’énigmes et de codes secrets, il est l’auteur de romans historiques. Le bureau des affaires occultes est le premier opus d’une série policière au héros récurrent : Valentin Verne.

Automne 1830, dans un Paris fiévreux encore sous le choc des Journées révolutionnaires de juillet, le gouvernement de Louis-Philippe, nouveau roi des Français, tente de juguler une opposition divisée mais virulente.

Valentin Verne, jeune inspecteur du service des moeurs, est muté à la brigade de Sûreté fondée quelques années plus tôt par le fameux Vidocq. Il doit élucider une série de morts étranges susceptible de déstabiliser le régime.

Car la science qui progresse, mêlée à l’ésotérisme alors en vogue, inspire un nouveau type de criminalité. Féru de chimie et de médecine, cultivant un goût pour le mystérieux et l’irrationnel, Valentin Verne sait en décrypter les codes.

Nommé par le préfet à la tête du « bureau des affaires occultes », un service spécial chargé de traquer ces malfaiteurs modernes, il va donner la preuve de ses extraordinaires compétences.

Mais qui est vraiment ce policier solitaire, obsédé par la traque d’un criminel insaisissable connu sous le seul surnom du Vicaire ? Qui se cache derrière ce visage angélique où perce parfois une férocité déroutante ? Qui est le chasseur, qui est le gibier ?

Cela faisait plusieurs mois que je me gardais bien au chaud Le bureau des affaires occultes d’Eric Fouassier, certaine de passer un très bon moment car vous n’ignorez pas que les polars historiques sont de vrais péchés mignons pour moi. Et je ne me suis pas trompée ! J’ai tellement aimé que je me suis procuré un autre roman de l’auteur dans la foulée.

Formidablement bien documenté, ce roman nous immerge dans ce Paris bouillonnant de 1830 alors que Louis-Philippe succède à Charles X suite aux trois glorieuses. Lors de ces trois jours, la Révolution éclate et la Restauration s’efface, laissant la place à la Monarchie de Juillet et au nouveau roi, Louis-Philippe

Dans la lignée des grands détectives de l’Histoire, de Vidocq à Lecoq en passant par Nicolas le Floch, un nouveau héros est né : Valentin Verne.

Epris de chimie et de sciences, c’est un policier moderne qui met ses connaissances au service de la justice et l’époque est riche en découvertes : nouvelles substances, pouvoirs mystérieux des plantes… tout ceci est réellement passionnant !

Valentin, droit dans ses bottes et épris de justice, n’hésite pas non plus à sortir sa canne épée pour mater souteneurs et voyous. C’est un héros bien campé, avec un côté sombre et mystérieux, porteur d’un lourd secret, avec une soif de justice, de vérité et de vengeance qui va l’animer de la première page au point final.

Ce polar historique contient tout ce que j’attends de ce genre : une trame historique de qualité au service d’une intrigue bien ficelée, sans jamais tomber dans la leçon d’histoire. Tout est précis, documenté, pour nous offrir une totale immersion dans le Paris de 1830.

L’écriture d’Eric Fouassier est très agréable, très fluide. Les explications chimiques ou scientifiques sont distillées avec beaucoup de pédagogie. Des révélations, des rebondissements tout au long du récit, aucun temps mort, des raisonnements pertinents et une galerie de personnages fictifs et historiques très agréable à suivre, j’en redemande !

Et ce n’est pas Belette qui dira le contraire. Comme moi, elle a été bluffée par cette histoire qui nous a littéralement berné, on n’a rien vu venir et on a adoré ça. Son avis ici !

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Née en 1991, Noémie Adenis a grandi dans la région de Lille. Elle est diplômée en histoire de l’art et archéologie, ainsi qu’en communication digitale.

1561, Sologne. L’hiver s’abat sur le petit hameau d’Ardeloup. Nuit et jour la neige tombe, transformant implacablement le village en prison, empêchant le docteur Aymar de Noilat de continuer sa route vers Romorantin.

Il est hébergé par Guy le laboureur et sa femme Antoinette dont il va guérir la fille de la fièvre. Quelques temps plus tard, un mal mystérieux se répand parmi les habitants. Certains ont des hallucinations terrifiantes, d’autres hurlent qu’ils brûlent alors qu’ils sont glacés.

Cette maladie qui imprime sa marque noire sur le corps des mourants est-elle l’œuvre d’un démon ou celle d’un assassin ? Bientôt, la superstition embrase les esprits. Il faut un coupable avant qu’il ne reste plus personne pour enterrer les morts…

Le loup des ardents est le premier roman de Noémie Adenis, et pour un galop d’essai, c’est réussi ! J’ai beaucoup aimé ce huis-clos historique où il est question de sorcellerie, de superstition, de mal des ardents, d’où son titre, de vengeance et de malédiction.

L’écriture de l’autrice est fluide et plaisante, mais également bien étayée par de minutieuses recherches, ça se sent mais ça ne tourne jamais à la leçon d’histoire, bravo ! 

Les personnages sont bien dessinés, leur psychologie correspond bien à l’époque à laquelle se déroule l’histoire et l’ambiance, sombre et angoissante concourent à imprimer au récit une réelle tension.

L’histoire en elle-même est passionnante, pleine de suspens. J’ai beaucoup aimé les circonstances du huis-clos et que l’on soit plongé au coeur de ce petit village solognot où l’obscurantisme a encore de beaux jours devant lui. On suit une poignée de personnages auxquels on finit par s’attacher pour les uns et détester pour les autres.

Quant à l’identité du coupable, eh bien, rien ne la laissait présager, si ce ne sont ses aveux, qui surgissent subitement, au détour d’un chapitre, alors que rien, absolument rien, ne permettait de s’en douter ! 

Et même lorsque l’on sait d’où vient le mal, l’histoire ne perd nullement de son intérêt, bien au contraire, car le suspens reste entier sur le mobile et bien malin celui qui parvient à découvrir le fin mot de l’histoire avant que Noémie Adenis nous le souffle.

L’autrice nous régale de ses connaissances en matière de botanique et de médicine mais aussi en chasse aux sorcières, et on a beau savoir que les malheureuses désignées comme tel, n’étaient en aucun cas diaboliques, les circonstances qui amènent la mère de Loïse au bûcher font froid dans le dos.

Un thriller historique comme je les aime, que j’ai eu beaucoup de mal à lâcher et que je vous conseille en dépit de sa fin un peu trop expéditive, mais pour un premier roman, il est vraiment bien fichu.

Merci à La bête noire pour sa confiance !

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

challenge-un-pave-par-mois

Après des études en histoire, Coline Gatel s’essaie très jeune au journalisme avant de se tourner vers la publicité et les métiers du livre, dont l’édition. Elle est lauréate du concours « À la recherche des talents de demain » pour son premier roman, Les Suppliciées du Rhône. 

Lyon, 1898. Six mois se sont écoulés depuis que le professeur Alexandre Lacassagne a demandé à Félicien Perrier,  l’un de ses étudiants, de créer une équipe de scientifiques dédiée à la résolution des affaires criminelles.

Et celle-ci est bientôt dépêchée sur les lieux d’une macabre découverte :  à qui appartiennent ces corps de femmes décomposés trouvés dans les entrailles de la Croix-Rousse ?

Pourquoi ont-ils été déposés là, comme sur un autel sacrificiel ? Est-ce l’œuvre d’un fou ou d’une secte ? Le vieux bateau-morgue reprend  du service.

Au meilleur de sa forme depuis que son ami Freud se livre sur lui à des séances d’hypnose, Félicien va réunir,  une à une, les pièces de cet étrange puzzle.

Pendant ce temps, Irina Bergovski, journaliste au Progrès, mène l’enquête à l’asile d’aliénés du Vinatier où elle a été enfermée.

Après Les suppliciées du Rhône pour lequel j’avais eu un gros coup de coeur, Coline Gatel renoue avec les codes du polar historique et nous propose avec Le labyrinthe des femmes, une nouvelle histoire fascinante sur la condition des femmes à la fin du XIXe siècle.

Vous le savez, j’adore les polars historiques et spécialement lorsqu’ils mêlent intrigue policière et scientifique, ce que fait l’autrice à merveille. Coline Gatel se documente formidablement bien et j’apprends toujours une foule de choses lors de mes lectures de ses romans et j’adore ça !

À la fois polar, roman  historique et chronique sociale qui explore la condition féminine, les prémices de la médecine judiciaire et les mœurs du XIXe siècle, j’ai adoré ce second opus même si j’avoue avoir parfois eu du mal à suivre le fil de l’enquête.

Et pourtant, quelle intrigue passionnante et pleine de suspens ! L’autrice s’attache à montrer la condition féminine de cette époque qui bruisse de revendications féminines, revendications qui font peur à la gent masculine qui craint de perdre son emprise sur le beau sexe et qui font interner leurs femmes ou soeurs qu’elles jugent trop libres ou inutiles.

L’aspect scientifique est passionnant sous la plume de Coline Gatel qui met à la portée de tous la naissance de la criminologie. L’aspect médical est fort bien traité ici et permet de se rendre compte du chemin parcouru en un peu plus d’un siècle, à une époque où l’ADN n’existe pas, pas plus que les empreintes digitales et le profilage, où les scènes de crime étaient allègrement piétinées, où les meurtres ne donnaient pas toujours lieu à des enquêtes.

Lacassagne et son équipe font office de pionniers dans la manière de traiter cette vague d’assassinats. Les thématiques sont intéressantes et vraiment très bien exploitées : que ce soit la santé mentale, l’homosexualité, l’avortement…, c’est évident que Coline Gatel s’appuie sur une très bonne base historique et qu’elle travaille bien son sujet.

J’aime beaucoup l’atmosphère, le vocabulaire d’époque, la ville de Lyon qui sert de décor et les personnages réels ou de papier qui portent le roman : le professeur Lacassagne, père de l’anthropologie criminelle.

Irina, la journaliste qui rêve de devenir la Nellie Bly française et qui se fait interner volontairement pour dénoncer la maltraitance faite aux femmes dans les asiles. Les légistes Bernard Lécuyer et Félicien Perrier, si différents et complémentaires.

Vous l’avez compris, j’ai adoré ce second opus, je serai au rendez-vous du prochain c’est certain et je ne peux que vous encourager à découvrir ces Experts du XIXè siècle !

Un grand merci aux éditions Préludes pour leur confiance et pour cette belle lecture.

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Frédéric Lenormand saupoudre depuis toujours ses intrigues historiques d’un humour savoureux. Auteur des Nouvelles Enquêtes du juge Ti, il a notamment reçu le prix Arsène Lupin et le prix Historia du roman policier historique pour sa série Voltaire mène l’enquête.

Ciel ! La reine Marie-Antoinette a attrapé la rougeole. Les médecins royaux, dument rémunérés, exigent un confinement obligatoire pour sa Majesté !

L’aubaine pour la reine qui peut fuir son cher mari et la cour pour un charmant séjour à Trianon avec la bénédiction du corps médical.

Pourtant, plus que jamais, elle doit veiller aux intérêts du royaume car un traité entre la France et ses alliés sur la guerre des insurgés américains a disparu et son porteur, assassiné.

Le principal suspect, Mister Bancroft, est aussi un ami de Léonard et pour le coiffeur, pas question que celui-ci finisse sur une potence.

Rose et Léonard décident d’enquêter et surtout de retrouver le fameux document dépend le sort de la guerre d’indépendance américaine. Rien de moins ! Yes, they can !

Vous le savez si vous me suivez régulièrement, j’adore les comédies policières de Frédéric Lenormand, grand spécialiste des enquêtes en carrosses, en perruques poudrées et en robes à panier !

Je ne pouvais donc tout simplement pas résister à l’envie de découvrir La reine se confine tant j’avais apprécié les précédents opus d’Au service de Marie-Antoinette : L’enquête du BarryPas de répit pour la reine, La mariée était en Rose Bertin et La femme au pistolet d’or.

Et ce nouveau volet ne fait pas exception à la règle, j’ai adoré cette enquête truculente, délicieuse et menée tambour battant, un petit bijou d’humour et d’intelligence avec pour toile de fond cette guerre d’indépendance américaine qui a coûté bien cher à la couronne.

Pour imaginer ses personnages, l’auteur a pioché dans l’entourage même de Marie-Antoinette, et en premier lieu sa modiste et son coiffeur qui ont réellement existé. Pour la reine, ils ont rivalisé d’imagination et sont restés dans l’histoire de la coiffure et de la mode pour des tenues et des perruques extravagantes et coûteuses !

Leur duo est ici explosif car nos enquêteurs se détestent cordialement et vont sans cesse vouloir se mettre des bâtons dans les roues afin de se damer le pion : Rose est une maniaque de l’organisation, Léonard, un noceur. Rose paye ses dettes, Léonard est d’une ladrerie rare. Rose est courageuse, Léonard peureux. Et j’en passe et des meilleurs.

Ils s’insultent copieusement, se raillent, gaussent de leurs bévues respectives mais ils vont devoir s’entendre pour mener à bien leur mission et retrouver la femme au pouf orné d’un aigle, seule capable d’innocenter Mr Bancroft.

Le duo est attachant et on a plaisir à les suivre dans les rues de Paris comme dans le sillage de la reine à Versailles. L’auteur a bien travaillé la psychologie de ses personnages et certains passages sont vraiment drôles.

L’intrigue policière est bien menée, les suspects et les fausses pistes sont légion, les clins d’œil à l’Histoire de France, les saillies et les traits d’humour font mouche, les titres des chapitres en sont un bon exemple.

La toile historique est aussi très bien respectée, Frédéric Lenormand connaît très bien le règne de Louis XVI et sous sa plume, on suit les coulisses de la diplomatie, les services secrets, la politique de cette époque et la vie à Versailles.

Comme toujours avec Frédéric Lenormand, cette comédie policière est enlevée, drôle et érudite : une vraie réussite ! J’espère qu’un autre tome arrivera vite car j’ai très envie de retrouver Rose et Léonard dans une nouvelle aventure. Et si vous ne connaissez pas encore cette série, qu’attendez-vous ??

Un grand merci aux éditions La Martinière et à Babelio pour cette lecture.

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Anne Mahé est professeure d’histoire-géographie, diplômée en histoire de l’université du Texas à Dallas. Aux Éditions L’Harmattan, elle a publié trois romans historiques : Le serment de Thermidor (2017), dont Le mystère de l’auberge des Cygnes est la suite, Beurre salé (2018) et L’étoile boréale (2019).

À Paris, le 3 vendémiaire an IV (25 septembre 1795), quatre hommes ont été empoisonnés à l’auberge des cygnes. Accompagné de son fidèle Bertin, le commissaire Nérac est chargé de l’enquête. Tout désigne le citoyen Pasquier, ce qui semble un peu trop facile pour Nérac.

Cependant, il voit avec angoisse ressurgir le passé de la petite orpheline, Jeanne, que son épouse et lui ont adoptée. Son véritable père, qui n’est point mort mais devenu l’adjoint de Bonaparte, la réclame…

Après les tragédies de la Terreur, de nouveaux riches apparaissent, organisant fêtes, bals et réjouissances. Des banquiers, des fournisseurs aux armées, des hommes politiques y croisent les Merveilleuses tandis que les difficultés économiques plongent une grande partie du peuple dans la pauvreté…

Vous connaissez mon penchant pour les polars historiques, Le mystère de l’auberge des cygnes avait donc tout pour me plaire sur le papier, d’autant que l’intrigue prend vie au coeur du Directoire, une époque que je connais mal mais qui me fascine à travers ses silhouettes que sont les Incroyables et les Merveilleuses.

C’est au cours de cette période tourmentée et foisonnante qu’Anne Mahé met en scène le commissaire Jean Nérac de la section de l’Homme-armé dans cette seconde enquête.

Dommage pour moi qui n’ai pas lu le premier opus car toute l’intrigue familiale repose sur des faits antérieurs dont on ne sait rien, du coup j’ai été un peu perdue et à la peine de savoir qui était qui et je ne me suis attachée à aucun des personnages !

Côté intrigue policière à proprement parler, elle est plutôt intéressante mais mince, peu d’indices, impossible de réellement mener l’enquête aux côtés de nos héros, ce que j’adore faire, et un coupable qui tombe comme un cheveu sur la soupe dans les toutes dernières pages.

La toile historique de fond, en revanche, est de grande qualité, Anne Mahé est historienne et cela se sent. Elle nous fait croiser les reines des Merveilleuses que sont Thérésa Tallien et Joséphine de Beauharnais, nous plonge au coeur de complots monarchistes et babouvistes, nous parle du problème des assignats et de la misère qui règne à la fin de la Révolution.

Cependant, le récit est tellement court, que tout s’enchaîne trop vite. L’Histoire prend trop le pas sur la petite et c’est un peu dommage.

En bref, un bon roman historique mais un polar raté de mon point de vue !

Un grand merci à Babelio et aux éditions de L’Harmattan pour leur confiance.

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