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Posts Tagged ‘polar historique’

Néron vient tout juste de succéder à l’empereur Claude lorsqu’une série de morts vient endeuiller les meilleures familles de Rome. Toutes les victimes ont en commun d’être des pères de famille et leurs décès semblent venir de la même main. Marcus Tiberius Alexander, vigile et bras droit du préfet, soupçonne les fils aînés d’avoir voulu hériter plus tôt que prévu…

Rome, en l’an 54, sous le règne de Néron. De riches pères de famille, atteints d’un mal étrange, trouvent la mort le soir chez eux dans divers quartiers de la ville. L’homme qui se charge de l’enquête, originaire de Grèce, découvre petit à petit que ces disparitions sont l’œuvre concertée d’un mystérieux groupe de jeunes gens qui suivent toujours le même mode opératoire.

L’enquêteur, Marcus Tiberius Alexander, aidé de son ami médecin Alcibiades, est un vigile gradé des patrouilles dites «les yeux de Rome», chargées de circonscrire les incendies et la délinquance nocturne.

Il est aux prises avec Lucius Cornelius Lupus, un jeune et ambitieux fils de sénateur, dévoré par la passion du jeu. Marcus, d’origine étrangère, met tout en œuvre pour resserrer l’étau sur le second, favorisé par son rang. Mais la vérité qu’il met au jour est terrifiante…

Vous le savez, j’aime beaucoup les polars historiques, et jusqu’à présent je n’en avais jamais lu qui avaient pour cadre la Rome antique. C’est désormais chose faite grâce à Nathalie Cohen qui m’a proposé de lire le premier opus de sa trilogie Modus Operandi La secte du serpent.

L’auteure signe ici son premier roman après un essai remarqué sur la rencontre entre les juifs, les grecs et les romains. Passionnée par l’Antiquité et l’histoire des religions, Nathalie Cohen nous propose ici un polar historique réussi avec une bonne intrigue, du suspens, des fausses pistes et un héros attachant qui cache un lourd secret.

Bien entendu, Nathalie Cohen a une très bonne connaissance de la Rome antique et a su rendre vivant ce monde gréco-romain, disparu depuis des centaines d’années, avec un certain brio.

Sa plume est fluide, dynamique, les dialogues sont souvent truculents et écrits dans un français très moderne, ce qui peut rebuter les puristes qui trouveraient choquants de mettre dans la bouche des personnages ayant vécu il y a deux millénaires des expressions d’aujourd’hui mais ce qui ne m’a pas personnalement gênée.

Ce roman m’a captivée et beaucoup plu, c’est bien simple je l’ai littéralement dévoré, totalement sous le charme de cette histoire palpitante ! J’ai aimé découvrir Rome à cette époque, la vie quotidienne de ses habitants et ses mœurs.

Mais aussi le travail de prévention de cette brigade de « pompiers » avant l’heure, les explications de l’auteure sont passionnantes et j’ai appris une foule de choses lors de cette lecture, ce que je recherche particulièrement avec les romans historiques.

L’enquête sur cette série de morts suspectes nous permet en effet de mieux appréhender la vie romaine, ses habitudes, ses castes, ses classes, ses clans, ses manigances, ses trahisons, ses cultes, ses pratiques funéraires, etc.

Nathalie Cohen est érudite mais jamais sans en faire trop, j’ai appris une foule de choses tout en appréciant l’intrigue policière bien construite. Une très bonne découverte en ce qui me concerne et je ne peux que vous encourager à votre tour de découvrir Marcus et Modus Operandi.

Un grand merci à Nathalie Cohen et aux éditions Denoël pour cette lecture, j’ai adoré, vivement le tome 2 !

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1929. Adrien Savoisy, fils de Quentin, né en 1900, est enquêteur gastronomique occasionnel pour le Michelin. Il est aussi un grand amateur de voitures de luxe et c’est au volant de sa toute nouvelle Delage 28S qu’il prend la Nationale 7 direction Antibes pour aller y tester tous les nouveaux hôtels de luxe. Dès sa première étape, à Saulieu, Adrien est témoin de la mort d’un obèse au restaurant « La Côte d’or ». Puis d’un accident de voiture suspect à Nuits-Saint-Georges. A Mâcon, un cuisinier trouvera la mort dans d’horribles conditions.
Il n’est pas le seul témoin. Un petit groupe hétéroclite de voyageurs suit le même chemin que lui. Dont Curnonsky, le célèbre critique culinaire. Adrien va mener l’enquête entre gratin d’écrevisses, poularde de Bresse truffée et île flottante aux pralines roses…

Début septembre 1929, la crise économique n’a pas encore frappé et Adrien Savoisy semble être le plus heureux des hommes. Il a de l’argent à ne plus savoir qu’en faire et passe de longues heures à table pour le compte du guide Michelin pour lequel il est enquêteur occasionnel.

Après de délicieuses vacances à Deauville, il emprunte la Nationale 7 direction Antibes, afin d’y retrouver sa mère, au volant de sa superbe Delage 8 flambant neuve.

Sa mission : tester tous les restaurants gastronomiques de Saulieu à la Côte d’Azur avant de découvrir les somptueux palaces récemment ouverts sur la Riviera, lieu de villégiature privilégié des riches américains.

Cependant, des cuisines des grands chefs aux tables les plus raffinées, de mystérieuses morts se succèdent tout au long de sa route et Adrien va devoir mener l’enquête lui-même si il ne veut pas allonger son nom à la liste des défunts…

Vous connaissez mon intérêt pour les polars historiques et les romans culinaires, la série écrite par Michèle Barrière rentre tout à fait dans cette catégorie mais depuis ma lecture de Meurtres à la pomme d’or il y a cinq ans déjà, j’avais totalement oublié la saga des Savoisy. Il a fallu que j’en trouve deux en occasion pour renouer avec cette autrice et sitôt acheté L’assassin de la Nationale 7 fut sitôt lu !

Si vous recherchez une bonne intrigue policière avec un suspens fou, passez votre chemin car l’enquête est plutôt ténue et cousue de fil blanc mais le volet historique tient, lui, toutes ses promesses.

L’auteure nous embarque dans cette France de la fin des années 20 où la crise financière n’a pas encore frappé. Avec Adrien, elle nous propose un beau voyage gastronomique et nous fait croiser la route des écrivains de la génération perdue comme les Fitzgerald et les Hemingway.

Il est forcément beaucoup question de gastronomie, c’est ce qui m’a surtout séduite, tout comme le cadre historique dans lequel notre héros évolue. Michèle Barrière s’est indéniablement bien documentée et c’est une lecture réellement charmante et qui fleure bon les vacances qu’elle nous propose ici.

Michèle Barrière est bel et bien la reine du polar gastronomique, celui-ci est bien documenté, rien n’y manque, mais il pêche vraiment par son volet policier particulièrement plat et sans surprise. Je m’y attendais et comme je ne me suis pas ennuyée une seconde, je ressors amusée par cette lecture qui aborde également le féminisme, l’art, etc

Une sympathique lecture de vacances qui ne me restera pas longtemps en mémoire mais qui m’a bien divertie et ce n’est déjà pas si mal !

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Les bijoux de la Comtesse du Barry ont disparu quatre ans plus tôt. Depuis, les cadavres s’amoncèlent. La reine Marie-Antoinette missionne un improbable duo d’enquêteurs, Rose et Léonard, qui ne cessent de se chamailler, pour œuvrer  » en toute discrétion « , de Paris à Versailles !

Versailles, 1770. Les joailliers Boehmer et Bassenge, accompagnés de leur commis Tobias Kettermann, arrivent au château pour présenter à la comtesse du Barry, favorite du roi de France, leurs plus beaux diamants à l’heure même où le duc de Choiseul entre en disgrâce.

La nuit tombe alors que le Trianon s’offre à leur vue, ils sont priés d’attendre Madame du Barry et alors qu’ils sont seuls, ils s’endorment. A leur réveil, les diamants ont disparu !

Quatre ans plus tard, Louis XVI est le nouveau monarque et son épouse, Marie-Antoinette, s’ennuie ferme : les bals et les atours ne suffisent plus à la divertir, elle décide donc de retrouver les diamants qui ont mystérieusement disparus depuis le vol.

Mais impossible pour la reine de France d’enquêter en personne, elle fait donc de Rose Bertin, sa modiste, et de Léonard Antier, son coiffeur, ses espions. A charge pour eux de découvrir le fin mot de l’histoire si ils veulent rester dans ses petits papiers…

Vous le savez si vous me suivez régulièrement, j’adore les comédies policières de Frédéric Lenormand, grand spécialiste des enquêtes en carrosses et en robes à panier ! Je ne pouvais donc tout simplement pas résister à l’envie de découvrir Au service de Marie-Antoinette L’enquête du Barry.

Et j’ai bien fait car cette nouvelle série consacrée à Marie-Antoinette ne fait pas exception à la règle, j’ai adoré cette enquête tout simplement truculente et délicieuse.

Pour imaginer ses personnages, l’auteur a pioché dans l’entourage même de Marie-Antoinette, et en premier lieu sa modiste et son coiffeur qui ont réellement existé. Pour elle, ils ont rivalisé d’imagination et sont restés dans l’histoire de la coiffure et de la mode avec des tenues et des perruques extravagantes et coûteuses !

Leur duo est ici explosif car nos enquêteurs se détestent cordialement et vont sans cesse vouloir se mettre des bâtons dans les roues afin de se damer le pion : Rose est une maniaque de l’organisation, Léonard, un noceur. Ils s’insultent copieusement, se raillent, gaussent de leurs bévues respectives mais ils vont devoir s’entendre pour mener à bien leur mission et retrouver le butin convoité par la reine.

Le duo, particulièrement maladroit, est attachant et on a plaisir à les suivre dans les rues et les tavernes de Paris comme dans le sillage de la reine à Versailles.

L’intrigue policière est bien menée, les suspects et les fausses pistes sont légion, les clins d’œil à l’Histoire de France et les traits d’humour font mouche, les titres des chapitres en sont un bon exemple : cinquante nuances de gras, Crotte de bique et peaux de lapins, double assassinat dans la rue morne ou le bonheur est dans le pré (courrons-y vite), pour ne citer qu’eux.

Comme toujours avec Frédéric Lenormand, cette comédie policière est enlevée, drôle et érudite : une vraie réussite ! J’espère qu’un autre tome arrivera vite car j’ai très envie de retrouver Rose et Léonard dans une nouvelle aventure.

Un grand merci à l’agence Anne et Arnaud et aux éditions La Martinière pour cette lecture pleine de fantaisie, j’ai adoré.

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Montréal, par une étouffante une nuit d’août 1891. Une prostituée est retrouvée sur le pavé mal famé du Red light, égorgée et mutilée avec violence et précision. Joseph Laflamme, jeune journaliste dont la vie flotte quelque part entre la modestie et la misère, décide d’enquêter sur ce meurtre qui n’intéresse encore personne. Parce qu’il pense à Mary, la petite déesse des rues dont il est amoureux et qui aurait pu être la victime. Parce qu’il a désespérément besoin de vendre ses articles aussi. Ce qui ne tarde pas, le premier indice le mettant sur la piste d’un mystérieux ordre de francs-maçons. Et quand les meurtres s’enchaînent, c’est l’ombre du tristement mythique Jack l’éventreur qui surgit. Quelqu’un imite-t-il le célèbre tueur ou Jack lui-même aurait-il traversé l’Atlantique ?

Québec, 6 août 1891. Le corps atrocement mutilé d’une prostituée est découvert dans le quartier mal famé du Red Light. Joseph Laflamme, jeune journaliste qui peine à caser ses piges, a vent de l’affaire. Il craint que la victime ne soit Mary, la prostituée dont il est amoureux et qu’il rêve d’épouser.

Il se rend à l’hôpital où a été porté le corps et découvre avec soulagement que ce n’est pas Mary qui est à la morgue. Après une discussion avec le médecin légiste et face au silence et au mépris des autorités, Joseph décide d’enquêter afin de faire la lumière sur ce meurtre sordide.

Les premiers indices qu’il relève l’amènent tout droit vers la franc-maçonnerie qui n’a pas bonne presse dans cette ville catholique. Aidé par l’un de ses collègues, maçon, Il convainc son rédacteur en chef de publier le fruit de ses investigations.

Ses articles font sensation d’autant que bientôt d’autres meurtres tout aussi abominables ont lieu, faisant indéniablement penser à Jack l’éventreur, le célèbre tueur de Whitechapel. Aurait-il traversé l’Atlantique pour continuer sa sinistre besogne ?

Historien et muséologue, auteur de polars historiques, Hervé Gagnon a connu un grand succès au Québec et en France avec ses séries Damné, Vengeance et Malefica. Pour ma part je le découvre avec La légende de Jack, premier volet d’une série mettant en scène le journaliste Joseph Laflamme dans le Montréal de la fin du XIXe siècle.

Autant vous le dire d’emblée j’espère que 10/18 aura la bonne idée d’éditer les tomes suivants de la série car j’ai adoré cet opus et pourtant il ne partait pas gagnant car je ne suis pas une ripper addict ni une passionnée de franc-maçonnerie.

Ce roman promettait d’être passionnant et il le fut ! La légende de Jack est un formidable polar historique qui nous propose une reconstitution vivante de Québec en 1891, doublée d’une passionnante histoire de la franc-maçonnerie de la Belle Province.

Hervé Gagnon nous propose ici un roman policier de facture classique mais diablement efficace avec une atmosphère dans laquelle on se plonge avec délice malgré le sujet et les descriptions détaillées des sévices infligés aux victimes. La facture est classique comme je vous le disais mais le rythme est plutôt trépident, aucun temps mort dans cette histoire bien menée et qui m’a plu de bout en bout.

J’ai trouvé l’intrigue de ce roman bien construite, j’ai adoré mettre mes pas dans ceux de Joseph, découvrir des indices et enquêter dans les ruelles malfamées de Québec, plonger dans le brouillard et les vapeurs d’alcool car Joseph a tendance à taquiner le gin plus que de raison malgré les récriminations de sa soeur.

Et bien sûr la proposition originale de l’auteur sur Jack l’éventreur car l’auteur donne une version de l’affaire assez séduisante et les passages avec Jack en action sont très réussis.

Enfin, j’ai beaucoup aimé le personnage de Joseph ainsi que les personnages secondaires qui l’entourent, on s’attache à eux très facilement et j’ai très envie de les retrouver dans les autres volumes déjà parus au Québec.

Vous l’aurez compris, cette lecture a rempli totalement mes attentes et je ne peux que vous conseiller La légende de Jack si vous appréciez les polars historiques, vous ne serez pas déçus !

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Paris, 1755. Des jeunes filles sont retrouvées mortes et exsangues. Louis XV exige qu’une enquête soit menée, mais en toute discrétion.
La favorite du roi, la marquise de Pompadour, confie donc l’affaire à son valet et homme de confiance, Florimond.

Paris, 1755. Des corps sans vie de jeunes filles sont retrouvées nues, vidées de leur sang. Le peuple gronde, des bruits courent que ces assassinats sont l’œuvre du roi Louis XV en personne.

Le monarque souhaite savoir qui est le responsable de ces meurtres mais ne tient pas à ce que son lieutenant général de police, Berryer, enquête et confie à sa favorite, la marquise de Pompadour, le soin de trouver un homme de confiance, qui saura discrètement investiguer.

Florimond, le valet de la marquise, se lance donc sur les traces de l’assassin mais en vient lui aussi très vite à suspecter le roi : il y aurait une chambre secrète à Versailles dans laquelle Louis XV, souverain libertin, se ferait amener de très jeunes filles, qui ensuite disparaîtraient mystérieusement.

Pompadour, qui n’est plus la maîtresse du roi, mais qui garde toute sa confiance est en proie à d’affreux cauchemars dans lesquels le cousin du roi, le comte de Charolais, qui semble avoir bien des choses à cacher, tient une place de choix…

Voilà un polar historique qui croupissait dans ma PAL depuis un an, je suis pourtant friande de ce genre, comme vous le savez, et spécialement lorsqu’il a un cadre aussi prestigieux que le château de Versailles !

Dans Un prince de sang, Olivier Seigneur met en scène Louis XV mais surtout la favorite emblématique de son règne : la marquise de Pompadour, figure centrale du roman, mais aussi le comte de Charolais de bien triste réputation.

L’auteur, pour bâtir son intrigue s’appuie bien entendu sur des personnages fictifs mais surtout sur des figures historiques ayant réellement existé. Le contexte est également bien réel : au moment où l’intrigue démarre, Louis XV n’est plus le Bien-Aimé et il est suspecté par le peuple de Paris de faire disparaître des jeunes filles dans son lupanar de Versailles : Le parc aux cerfs.

Quant au comte de Charolais, sa réputation était mauvaise : personnage débauché, violent, colérique, sanguinaire, meurtrier occasionnel, à la limite de la psychopathie, incroyablement imbu de sa personne et de son rang, sûr de son impunité en tant que prince du sang, Charles de Bourbon, comte de Charolais, ne cessa de défrayer la chronique des faits divers de son temps et fait très vite ici figure de coupable idéal.

Plus qu’un polar historique, il s’agit surtout ici d’un roman historique avec une trame policière, dans le sens que l’Histoire prend le pas sur le policier, ce que je regrette d’où ma petite déception mais j’ai tellement aimé retrouver la marquise de Pompadour que j’ai trouvé ce roman tout de même plaisant à lire, d’autant plus qu’il est solidement documenté et que l’on croirait vivre dans le sillage de la favorite le temps de notre lecture.

Au-delà de l’enquête policière, l’auteur nous dévoile le quotidien de la marquise, tout ce qu’elle a apporté à la France en matière d’art et d’artisanat, sa vie à Versailles, les moments qui rythment sa journée et celles des courtisans.

Si vous aimez les polars historiques et plus particulièrement ceux qui se déroulent au 18e, je vous conseille Un prince de sang. Malgré ses défauts, ce fut une bonne lecture et surtout très enrichissante d’un point de vue purement historique mais ne vous attendez pas à une enquête prenante et solidement construite, vous seriez très déçus !

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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Lyon, 1897. Alors que des corps exsangues de jeunes filles sont retrouvés dans la ville, pour la première fois des scientifiques partent à la recherche du coupable, mettant en pratique sur le terrain toutes les avancées acquises en cette fin de XIXe siècle. Autopsies des victimes, profils psychologiques des criminels, voilà ce que le professeur Alexandre Lacassagne veut imposer dans l’enquête avec son équipe, mais sait-il vraiment ce qu’il fait en nommant à sa tête Félicien Perrier, un de ses étudiants aussi brillant qu’intrigant ? Entouré d’Irina, une journaliste pseudo-polonaise, et de Bernard, un carabin cent pour cent janséniste, Félicien
va dénouer, un à un, les fils enchevêtrés de cette affaire au coeur d’un Lyon de notables, d’opiomanes et de faiseuses d’anges. Jusqu’à ce que le criminel se dévoile, surprenant et inattendu, conduisant le jeune médecin au-delà
de ses limites.

Mercredi 22 décembre 1897, Lyon, le corps d’une très jeune fille est retrouvé exsangue sur un terrain vague. Alexandre Lacassagne, médecin légiste et expert auprès des tribunaux est l’un des fondateurs de l’anthropologie criminelle et à ce titre, professeur auprès des doctorants et des agrégants venus de plusieurs pays d’Europe pour assister à ses cours.

Il désigne deux de ses élèves, Félicien Perrier, un jeune homme brillant qui espère bien épouser la fille du maître, et Bernard Lecuyer, qui cumule les petits boulots en plus de la médecine, pour réaliser l’autopsie de la défunte.

L’inconnue venait de subir un avortement au moment de sa mort, le foetus avait bien été expulsé mais son placenta était resté en place. Il ne fait aucun doute : la jeune fille a été victime d’un meurtre. Est-ce l’oeuvre d’un boucher, d’un médecin, d’une sage-femme, d’une faiseuse d’ange ?

Afin de découvrir l’identité de la victime, Bernard et Félicien demandent à Irina Bergovski de faire son portrait et de le diffuser dans le quotidien pour lequel elle est journaliste. Irina accepte à condition qu’elle puisse mener l’enquête à leurs côtés.

Mais bientôt un second cadavre est retrouvé et la nouvelle victime semble avoir été tuée selon le même mode opératoire. Serait-ce l’oeuvre d’un tueur en série ? L’ombre de Joseph Vacher, surnommé le tueur de bergers, arrêté quelques mois auparavant, plane sur l’enquête…

Vous connaissez mon intérêt pour les polars historiques, surtout lorsqu’ils ont pour cadre le 19è siècle, Les suppliciées du Rhône de Coline Gatel ne pouvait que rejoindre ma PAL tant il avait, sur le papier, tout pour plaire, et autant vous le dire d’emblée, j’ai adoré ce roman !

Tout d’abord pour son contexte historique, j’affectionne tout particulièrement cette période et j’ai apprécié que l’auteure s’appuie sur Alexandre Lacassagne, qui comme je le disais plus haut, est l’un des fondateurs de l’anthropologie criminelle. Cet aspect scientifique est passionnant sous la plume de Coline Gatel qui met à la portée de tous la naissance de la criminologie.

L’aspect médical est fort bien traité ici et permet de se rendre compte du chemin parcouru en un peu plus d’un siècle, à une époque où l’ADN n’existe pas, pas plus que les empreintes digitales et le profilage, où les scènes de crime étaient allègrement piétinées, où les meurtres ne donnaient pas toujours lieu à des enquêtes…

Lacassagne et son équipe font office de pionniers dans la manière de traiter cette vague d’assassinats, contre l’avis de la police lyonnaise soit dit en passant qui ne voit pas l’intérêt de ces nouvelles méthodes scientifiques.

D’un point de vue sociétal, il est également intéressant : il interroge sur la place des femmes à cette époque, qui vit des bouleversements avec le mouvement des suffragettes, les premières étudiantes dans les facultés mais aussi l’épineuse question de l’avortement et des faiseuses d’anges, thème central du roman, bien entendu illégal à l’époque et réalisé dans des conditions d’hygiène épouvantable qui pouvaient mener à la stérilité ou à la mort de la parturiente.

Irina, qui est journaliste, fait rare à l’époque, ose en plus s’habiller en pantalon, ce qui à l’époque était tout aussi illégal, on le lui rappelle d’ailleurs et elle devra s’acquitter d’un certificat de travestissement pour retrouver ses frusques masculines, quand on y pense, c’est tellement aberrant !

À ce tableau de moeurs vient se greffer une enquête très sombre, ne lésinant pas sur les scènes très dures : autopsies, découvertes de cadavres, avortements, présentations de corps au public à la morgue située sur un bateau par manque de moyens.

L’enquête est bien menée, rythmée, et emmêlée à souhait car les fausses pistes sont légion, l’auteure mène son suspens jusqu’au bout et j’ai trouvé cette histoire prenante de la première à la dernière page, au point que j’avait hâte de retourner dedans dès que je devais m’interrompre.

Les personnages m’ont également beaucoup plu, sans qu’ils soient vraiment attachants, ils se sont révélés surprenants, intéressants à suivre, d’autant plus qu’ils cachent tous de bien encombrants secrets qui nous sont dévoilés au fur et à mesure du récit et que je n’ai jamais vus venir d’ailleurs ! Cet aspect trio mêlant deux hommes et une femme à la poursuite d’un tueur en série m’a rappelé l’excellent L’aléliniste de Caleb Carr soit dit en passant.

Un petit bémol toutefois, la fin est un peu trop expéditive et facile à mon goût mais ça ne m’a pas empêché d’adorer ma lecture.

Vous l’aurez compris, je ne peux que vous conseiller Les suppliciées du Rhône, si comme moi vous aimez les polars historiques, vous devriez beaucoup l’aimer à votre tour.

Un grand merci à Babelio et aux éditions Préludes pour cette lecture aussi intéressante qu’addictive !

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Panique à Paris, la peste est de retour ! Voltaire aussi !
Une maladie mystérieuse affole la capitale, et voilà notre philosophe assailli de toutes parts. Policiers et médecins sont à ses trousses, mais plus étrange encore, Voltaire est poursuivi par un Anglais nommé Hyde et par son frère Armand, religieux intransigeant avec qui on le confond sans cesse. Tandis qu’il s’efforce de répandre ses lumières sur les populations effrayées, la police continue hélas de penser que c’est encore la faute à Voltaire.

Voltaire s’ennuie à Cirey, alors il décide rebâtir à sa convenance le château de sa très chère Madame du Châtelet, sans que la marquise en soit le moins du monde informée, bien entendu !

Elle découvre le pot aux roses en arrivant sur ses terres et convainc son philosphe préféré de regagner la capitale pour venir en aide au lieutenant général de police Hérault, un comble !

La police est bien embarrassée par une série de morts suspectes : on craint la peste et on demande à Voltaire le pestiféré de tirer l’affaire au clair. Accompagné de son fidèle et encombrant secrétaire, l’abbé Linant, de sa chère marquise, il regagne la capitale où son chemin va croiser une anglais qui tente de le convaincre d’émigrer à Londres, le naturaliste Buffon et son frère, le janséniste Armand Arouet, contrôleur des épices…

Il y a avait bien longtemps (près de 18 mois) que je n’avais pas retrouvé mon enquêteur du siècle des Lumières favori : Voltaire ! Quel bonheur une fois encore de plonger dans un roman signé Frédéric Lenormand, qui écrit et décrit à merveille ma période historique préférée entre toutes avec sa plume enlevée, drôle et érudite et Docteur Voltaire et Mister Hyde ne déroge pas à la règle.

Impossible de s’ennuyer en compagnie de cet auteur et de son héros, le plus célèbre philosophe du XVIIIe siècle, François-Marie Arouet dit Voltaire, cette fois-ci aux prises avec la peste !

Quel bonheur disais-je donc de retrouver cette série dont j’ai déjà lus les cinq premiers opus : La baronne meurt à cinq heures, Meurtre dans le boudoir, Le diable s’habille en Voltaire, Crimes et condiments et Elémentaire mon cher Voltaire ! tant elle me plait car elle est à la fois brillante et dôle. J’adore voir Voltaire, se débattant aux quatre coins de Paris, avec à ses trousses un anglais qui essaie par tous les moyens de le faire émigrer de force.

Elle me permet aussi de replonger dans la période historique que je préfère comme je vous le disais plus haut, le 18è siècle, de cheminer avec Voltaire, l’une des figures phares de cette époque, que Frédéric Lenormand nous montre comme un farfadet sautillant, croulant sous le ridicule. Vous le savez déjà si vous me lisez régulièrement, cette série est pour moi une récréation, un petit bonbon que je déguste à chaque fois de la première à la dernière ligne.

Dans ce sixième tome tout aussi drôle et bien écrit que les précédents, l’enquête policière n’est qu’un prétexte comme toujours, ici l’important est ailleurs. Nous voici à nouveau embarqués dans une réjouissante aventure du philosophe le plus pétulant de l’histoire de France, plein d’esprit et de férocité pour ses contemporains, enquêteur égocentrique, jamais à court d’idées, mais toujours là pour faire éclater la vérité.

Frédéric Lenormand s’attaque à la médecine de l’époque, son incompétence flagrante étant mise en valeur par le possible retour de la peste à Paris. Docteur Voltaire, muni de son carnet empli de remèdes contre toutes les maladies, est sur tous les fronts pour tenter de savoir si la peste est bien de retour dans les rues de la capitale ou si les morts suspectes qui s’enchaînent sont le fait d’un tueur au mobile crapuleux !

Et l’intrigue policière dans tout ça ? Elle sert surtout de prétexte comme je le disais plus haut, mais elle est agréable à suivre et franchement j’ai beaucoup ri tout au long du récit.

C’est une série que j’adore, à la fois drôle, brillamment écrite et bien documentée, Lenormand connaît son Voltaire par cœur et c’est vraiment jubilatoire à lire. Si vous aimez les comédies policières, je ne peux que vous recommander Voltaire enquête !

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