Feeds:
Articles
Commentaires

Posts Tagged ‘polar historique’

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

challenge-un-pave-par-mois

Après des études en histoire, Coline Gatel s’essaie très jeune au journalisme avant de se tourner vers la publicité et les métiers du livre, dont l’édition. Elle est lauréate du concours « À la recherche des talents de demain » pour son premier roman, Les Suppliciées du Rhône. 

Lyon, 1898. Six mois se sont écoulés depuis que le professeur Alexandre Lacassagne a demandé à Félicien Perrier,  l’un de ses étudiants, de créer une équipe de scientifiques dédiée à la résolution des affaires criminelles.

Et celle-ci est bientôt dépêchée sur les lieux d’une macabre découverte :  à qui appartiennent ces corps de femmes décomposés trouvés dans les entrailles de la Croix-Rousse ?

Pourquoi ont-ils été déposés là, comme sur un autel sacrificiel ? Est-ce l’œuvre d’un fou ou d’une secte ? Le vieux bateau-morgue reprend  du service.

Au meilleur de sa forme depuis que son ami Freud se livre sur lui à des séances d’hypnose, Félicien va réunir,  une à une, les pièces de cet étrange puzzle.

Pendant ce temps, Irina Bergovski, journaliste au Progrès, mène l’enquête à l’asile d’aliénés du Vinatier où elle a été enfermée.

Après Les suppliciées du Rhône pour lequel j’avais eu un gros coup de coeur, Coline Gatel renoue avec les codes du polar historique et nous propose avec Le labyrinthe des femmes, une nouvelle histoire fascinante sur la condition des femmes à la fin du XIXe siècle.

Vous le savez, j’adore les polars historiques et spécialement lorsqu’ils mêlent intrigue policière et scientifique, ce que fait l’autrice à merveille. Coline Gatel se documente formidablement bien et j’apprends toujours une foule de choses lors de mes lectures de ses romans et j’adore ça !

À la fois polar, roman  historique et chronique sociale qui explore la condition féminine, les prémices de la médecine judiciaire et les mœurs du XIXe siècle, j’ai adoré ce second opus même si j’avoue avoir parfois eu du mal à suivre le fil de l’enquête.

Et pourtant, quelle intrigue passionnante et pleine de suspens ! L’autrice s’attache à montrer la condition féminine de cette époque qui bruisse de revendications féminines, revendications qui font peur à la gent masculine qui craint de perdre son emprise sur le beau sexe et qui font interner leurs femmes ou soeurs qu’elles jugent trop libres ou inutiles.

L’aspect scientifique est passionnant sous la plume de Coline Gatel qui met à la portée de tous la naissance de la criminologie. L’aspect médical est fort bien traité ici et permet de se rendre compte du chemin parcouru en un peu plus d’un siècle, à une époque où l’ADN n’existe pas, pas plus que les empreintes digitales et le profilage, où les scènes de crime étaient allègrement piétinées, où les meurtres ne donnaient pas toujours lieu à des enquêtes.

Lacassagne et son équipe font office de pionniers dans la manière de traiter cette vague d’assassinats. Les thématiques sont intéressantes et vraiment très bien exploitées : que ce soit la santé mentale, l’homosexualité, l’avortement…, c’est évident que Coline Gatel s’appuie sur une très bonne base historique et qu’elle travaille bien son sujet.

J’aime beaucoup l’atmosphère, le vocabulaire d’époque, la ville de Lyon qui sert de décor et les personnages réels ou de papier qui portent le roman : le professeur Lacassagne, père de l’anthropologie criminelle.

Irina, la journaliste qui rêve de devenir la Nellie Bly française et qui se fait interner volontairement pour dénoncer la maltraitance faite aux femmes dans les asiles. Les légistes Bernard Lécuyer et Félicien Perrier, si différents et complémentaires.

Vous l’avez compris, j’ai adoré ce second opus, je serai au rendez-vous du prochain c’est certain et je ne peux que vous encourager à découvrir ces Experts du XIXè siècle !

Un grand merci aux éditions Préludes pour leur confiance et pour cette belle lecture.

Read Full Post »

Frédéric Lenormand saupoudre depuis toujours ses intrigues historiques d’un humour savoureux. Auteur des Nouvelles Enquêtes du juge Ti, il a notamment reçu le prix Arsène Lupin et le prix Historia du roman policier historique pour sa série Voltaire mène l’enquête.

Ciel ! La reine Marie-Antoinette a attrapé la rougeole. Les médecins royaux, dument rémunérés, exigent un confinement obligatoire pour sa Majesté !

L’aubaine pour la reine qui peut fuir son cher mari et la cour pour un charmant séjour à Trianon avec la bénédiction du corps médical.

Pourtant, plus que jamais, elle doit veiller aux intérêts du royaume car un traité entre la France et ses alliés sur la guerre des insurgés américains a disparu et son porteur, assassiné.

Le principal suspect, Mister Bancroft, est aussi un ami de Léonard et pour le coiffeur, pas question que celui-ci finisse sur une potence.

Rose et Léonard décident d’enquêter et surtout de retrouver le fameux document dépend le sort de la guerre d’indépendance américaine. Rien de moins ! Yes, they can !

Vous le savez si vous me suivez régulièrement, j’adore les comédies policières de Frédéric Lenormand, grand spécialiste des enquêtes en carrosses, en perruques poudrées et en robes à panier !

Je ne pouvais donc tout simplement pas résister à l’envie de découvrir La reine se confine tant j’avais apprécié les précédents opus d’Au service de Marie-Antoinette : L’enquête du BarryPas de répit pour la reine, La mariée était en Rose Bertin et La femme au pistolet d’or.

Et ce nouveau volet ne fait pas exception à la règle, j’ai adoré cette enquête truculente, délicieuse et menée tambour battant, un petit bijou d’humour et d’intelligence avec pour toile de fond cette guerre d’indépendance américaine qui a coûté bien cher à la couronne.

Pour imaginer ses personnages, l’auteur a pioché dans l’entourage même de Marie-Antoinette, et en premier lieu sa modiste et son coiffeur qui ont réellement existé. Pour la reine, ils ont rivalisé d’imagination et sont restés dans l’histoire de la coiffure et de la mode pour des tenues et des perruques extravagantes et coûteuses !

Leur duo est ici explosif car nos enquêteurs se détestent cordialement et vont sans cesse vouloir se mettre des bâtons dans les roues afin de se damer le pion : Rose est une maniaque de l’organisation, Léonard, un noceur. Rose paye ses dettes, Léonard est d’une ladrerie rare. Rose est courageuse, Léonard peureux. Et j’en passe et des meilleurs.

Ils s’insultent copieusement, se raillent, gaussent de leurs bévues respectives mais ils vont devoir s’entendre pour mener à bien leur mission et retrouver la femme au pouf orné d’un aigle, seule capable d’innocenter Mr Bancroft.

Le duo est attachant et on a plaisir à les suivre dans les rues de Paris comme dans le sillage de la reine à Versailles. L’auteur a bien travaillé la psychologie de ses personnages et certains passages sont vraiment drôles.

L’intrigue policière est bien menée, les suspects et les fausses pistes sont légion, les clins d’œil à l’Histoire de France, les saillies et les traits d’humour font mouche, les titres des chapitres en sont un bon exemple.

La toile historique est aussi très bien respectée, Frédéric Lenormand connaît très bien le règne de Louis XVI et sous sa plume, on suit les coulisses de la diplomatie, les services secrets, la politique de cette époque et la vie à Versailles.

Comme toujours avec Frédéric Lenormand, cette comédie policière est enlevée, drôle et érudite : une vraie réussite ! J’espère qu’un autre tome arrivera vite car j’ai très envie de retrouver Rose et Léonard dans une nouvelle aventure. Et si vous ne connaissez pas encore cette série, qu’attendez-vous ??

Un grand merci aux éditions La Martinière et à Babelio pour cette lecture.

Read Full Post »

Anne Mahé est professeure d’histoire-géographie, diplômée en histoire de l’université du Texas à Dallas. Aux Éditions L’Harmattan, elle a publié trois romans historiques : Le serment de Thermidor (2017), dont Le mystère de l’auberge des Cygnes est la suite, Beurre salé (2018) et L’étoile boréale (2019).

À Paris, le 3 vendémiaire an IV (25 septembre 1795), quatre hommes ont été empoisonnés à l’auberge des cygnes. Accompagné de son fidèle Bertin, le commissaire Nérac est chargé de l’enquête. Tout désigne le citoyen Pasquier, ce qui semble un peu trop facile pour Nérac.

Cependant, il voit avec angoisse ressurgir le passé de la petite orpheline, Jeanne, que son épouse et lui ont adoptée. Son véritable père, qui n’est point mort mais devenu l’adjoint de Bonaparte, la réclame…

Après les tragédies de la Terreur, de nouveaux riches apparaissent, organisant fêtes, bals et réjouissances. Des banquiers, des fournisseurs aux armées, des hommes politiques y croisent les Merveilleuses tandis que les difficultés économiques plongent une grande partie du peuple dans la pauvreté…

Vous connaissez mon penchant pour les polars historiques, Le mystère de l’auberge des cygnes avait donc tout pour me plaire sur le papier, d’autant que l’intrigue prend vie au coeur du Directoire, une époque que je connais mal mais qui me fascine à travers ses silhouettes que sont les Incroyables et les Merveilleuses.

C’est au cours de cette période tourmentée et foisonnante qu’Anne Mahé met en scène le commissaire Jean Nérac de la section de l’Homme-armé dans cette seconde enquête.

Dommage pour moi qui n’ai pas lu le premier opus car toute l’intrigue familiale repose sur des faits antérieurs dont on ne sait rien, du coup j’ai été un peu perdue et à la peine de savoir qui était qui et je ne me suis attachée à aucun des personnages !

Côté intrigue policière à proprement parler, elle est plutôt intéressante mais mince, peu d’indices, impossible de réellement mener l’enquête aux côtés de nos héros, ce que j’adore faire, et un coupable qui tombe comme un cheveu sur la soupe dans les toutes dernières pages.

La toile historique de fond, en revanche, est de grande qualité, Anne Mahé est historienne et cela se sent. Elle nous fait croiser les reines des Merveilleuses que sont Thérésa Tallien et Joséphine de Beauharnais, nous plonge au coeur de complots monarchistes et babouvistes, nous parle du problème des assignats et de la misère qui règne à la fin de la Révolution.

Cependant, le récit est tellement court, que tout s’enchaîne trop vite. L’Histoire prend trop le pas sur la petite et c’est un peu dommage.

En bref, un bon roman historique mais un polar raté de mon point de vue !

Un grand merci à Babelio et aux éditions de L’Harmattan pour leur confiance.

Read Full Post »

Lu dans le cadre du Cold Winter Challenge et du challenge 1 pavé par mois 

Thomas Rydahl et A.J. Kazinski sont deux auteurs danois à succès. La Mort d’une sirène est le fruit de leur première collaboration.

Copenhague, 1834. Le corps mutilé d’Anna, une jeune prostituée est retrouvé dans le port. La jeune femme a subi une mastectomie des deux seins et en est morte.

Molly la soeur de la victime et prostituée aussi, croit pouvoir immédiatement désigner le tueur : Hans Christian Andersen, jeune écrivain en devenir qu’elle a vu quitter la maison de passe la veille.

Ravie de tenir un coupable, la police le jette en cellule dans l’attente de son exécution programmée. Mais grâce à ses relations, Hans Christian obtient d’être libéré pour trois jours, durant lesquels il devra mener ses propres investigations et livrer le véritable meurtrier aux autorités.

Finalement convaincue de son innocence, Molly mène l’enquête avec lui. Leur quête de la vérité les conduira dans les dédales d’une ville ravagée par la pauvreté, les tensions sociales, la corruption et les crimes sordides…

Écrit à quatre mains, La mort d’une sirène est un thriller historique qui offre une version inattendue de la genèse de La Petite Sirène et de La petite fille aux alumettes, avec le célèbre Hans Christian Andersen en enquêteur malgré lui.

Le célèbre conteur danois ayant tenu son journal tout au long de sa vie d’adulte, Thomas Rydalh et A.J Kazinski ont profité d’une année au cours de laquelle Andersen n’a laissé aucune trace pour bâtir leur intrigue. Plutôt bien vu, tout comme faire d’Andersen un enquêteur !

L’intrigue policière ne manque pas d’intérêt car si on connaît d’emblée l’identité de l’assassin, son mobile est plus difficile à trouver et se révèle diablement original et tabou pour l’époque à laquelle se déroule ce récit soit la première moitié du XIXe siècle.

Parallèlement à cette enquête purement policière, les auteurs nous proposent un complot politique qui nous fait entrer à la cour du roi du Danemark.

Vous le savez, le polar historique est un genre dont je suis friande surtout si la toile historique et l’enquête sont de qualité, ce qui est le cas ici.

Mais j’ai tout de même quelques bémols qui ont un peu nuit à ma lecture.

Ce qui m’a en principalement déplu, ce sont les longueurs de ce récit, une centaine de pages de moins auraient donné plus de rythme au récit.

J’ai ressenti vraiment l’effet du roman écrit à quatre mains avec des chapitres dynamiques et passionnants et d’autres plus lents où il ne se passe pas grand chose.

Au niveau des personnages je suis mitigée aussi car si j’ai adoré Molly, jeune femme illettrée mais intelligente, courageuse et pugnace, Andersen fait figure de pleutre, de fou, d’illuminé avec des pages entières où on a l’impression qu’il a clairement fumé la moquette !

Pour résumer, un polar historique original plutôt plaisant à lire. Ma Belette qui m’a accompagnée dans cette lecture ne lui trouve aucune longueur !

Un grand merci aux éditions Robert Laffont pour cette lecture !

Read Full Post »

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois 

Wendall Utroi, ancien policier formateur, vit aujourd’hui à Romans-sur-Isère. Il diffuse son premier roman sur Internet en 2014 et rencontre un succès inespéré. Auteur de sept romans, il reçoit en 2018 le Prix des lecteurs des plumes francophones.

Jacques est cantonnier pour la mairie de Houtkerque, dans le Nord. Un jour, alors qu’il est chargé d’entretenir le cimetière du village, il découvre, enterrées avec leur auteur, des mémoires rédigées en anglais.

Ni une, ni deux, il s’en empare, poussé par la curiosité. Mais comme il ne parle pas anglais, il demande à sa fille de les traduire pour lui. Ils comprennent alors que leur auteur est un inspecteur des mœurs de Scotland Yard ayant vécu en pleine époque victorienne.

En 1889, L’inspecteur Wallace est chargé d’une enquête délicate : découvrir celui ou celle qui menace de dévoiler les petits secrets du duc de Clarence, petits-fils de la reine Victoria et fils du prince de Galles, l’héritier de la couronne.

Honnête homme, Wallace va découvrir les violences faites aux femmes et aux enfants dans les quartiers sordides de l’East Wend, ce qui est loin de plaire à tout le monde…

À la fois polar historique, roman noir et social, La loi des hommes est une petite pépite qu’il est bien difficile de lâcher une fois dans nos mains ! Wendall Utroi nous offre une plongée très réaliste au coeur des ruelles sordides de Londres, un an après l’affaire Jack l’Éventreur.

L’auteur s’est indéniablement bien documenté et mêle habilement personnages réels et de papier pour nous proposer une enquête tentaculaire où les faibles sot broyés au profit des puissants au nom de cette loi des hommes qui donne le titre au roman.

L’histoire racontée avec grand talent est sombre et sordide, le lecteur est confronté à la perversion de la bonne société londonienne de cette fin du XIXe dans une intrigue à la fois passionnante et douloureuse, mené par le sympathique et attachant Wallace.

Avec lui, on découvre la corruption, les petits arrangements entre les puissants, la prostitution, la traite des très jeunes filles voire des enfants pour ces messieurs amateurs de chair fraiche et de virginité. Et, pour les invertis, des jeunes garçons. Des jeunes gens que l’on achète à leurs familles pour une bouchée de pain.

J’avoue que j’ai rarement lu quelque chose de si noir et glauque, et pourtant j’ai été totalement captivée par cette histoire, par la plume de l’auteur et j’ai refermé le livre, certes avec le coeur au bord des lèvres, mais surtout révoltée par l’injustice faite aux victimes tant tout sonne vrai.

Wendall Utroi pointe avec brio les défaillances de la justice, les carences et les inepties d’une société qui ne veut pas ou ne sait pas protéger, ou alors très mal ses enfants. Heureusement qu’il existe des hommes en quête de justice et de vérité comme Wallace.

Pour conclure, une enquête captivante qui nous plonge dans ce monde d’un autre siècle, vivant dans un système permissif pour les puissants et où tous les coups sont permis pour ne pas ébruiter des vérités qui pourraient nuire au pouvoir.

Ma Belette est sur la même longueur d’ondes, vous pouvez retrouver son avis ici.

Read Full Post »

Frédéric Lenormand saupoudre depuis toujours ses intrigues historiques d’un humour savoureux. Auteur des Nouvelles Enquêtes du juge Ti, il a notamment reçu le prix Arsène Lupin et le prix Historia du roman policier historique pour sa série Voltaire mène l’enquête.

Depuis la disparition de son mari, Mme Cottin de Melville se sent menacée : on en veut à sa fortune… et à son pistolet d’or ! La fermière générale s’est fait des ennemis parmi ses collègues alléchés par les revenus des postes qui tombent dans son escarcelle.

Quand elle ne donne pas de bals, Marie-Antoinette commande dans le plus grand secret des enquêtes policières. Mais le devoir la rappelle à l’ordre : il lui faut donner un héritier au royaume de France.

Elle envoie alors au secours de la fermière générale ses fidèles serviteurs de l’ombre : sa modiste Rose Bertin, son coiffeur Léonard…et Axel de Fersen, son amant suédois, beau comme un dieu grec qui ne laissera pas Rose indifférente au grand dam de Léonard qui ne comprend vraiment pas pourquoi l’homme venu du froid plait autant à la gent féminine !

On leur prédit un grand danger. Mais peut-on se fier à un vieux fou qui lit l’avenir dans la poudre de menthe ? Peu importe que Rose et Léonard ne se supportent pas, ils doivent une fois de plus faire contre mauvaise fortune bon cœur pour mettre la main sur celui ou celle qui en veut à Mme Cottin de Melville et démasquer un mystérieux fantôme…

Vous le savez si vous me suivez régulièrement, j’adore les comédies policières de Frédéric Lenormand, grand spécialiste des enquêtes en carrosses, en perruques poudrées et en robes à panier !

Je ne pouvais donc tout simplement pas résister à l’envie de découvrir La femme au pistolet d’or que j’avais trouvé au pied de mon sapin, tant j’avais apprécié les précédents opus d’Au service de Marie-Antoinette : L’enquête du Barry, Pas de répit pour la reine et La mariée était en Rose Bertin.

Et ce nouveau volet ne fait pas exception à la règle, j’ai adoré cette enquête truculente, délicieuse et menée tambour battant, un petit bijou d’humour et d’intelligence.

Pour imaginer ses personnages, l’auteur a pioché dans l’entourage même de Marie-Antoinette, et en premier lieu sa modiste et son coiffeur qui ont réellement existé. Pour la reine, ils ont rivalisé d’imagination et sont restés dans l’histoire de la coiffure et de la mode pour des tenues et des perruques extravagantes et coûteuses !

Leur duo est ici explosif car nos enquêteurs se détestent cordialement et vont sans cesse vouloir se mettre des bâtons dans les roues afin de se damer le pion : Rose est une maniaque de l’organisation, Léonard, un noceur. Rose paye ses dettes, Léonard est d’une ladrerie rare. Rose est courageuse, Léonard peureux. Et j’en passe et des meilleurs.

Ils s’insultent copieusement, se raillent, gaussent de leurs bévues respectives mais ils vont devoir s’entendre pour mener à bien leur mission et retrouver la femme au pistolet d’or.

Le duo est attachant et on a plaisir à les suivre dans les rues et les tavernes de Paris comme dans le sillage de la reine à Versailles. L’auteur a bien travaillé la psychologie de ses personnages et certains passages sont vraiment drôles.

Ils sont bien accompagnés dans leur nouvelle et périlleuse aventure par un acolyte de choc, un suédois bati comme une armoire Ikea, devant lesquels toutes les femmes se pâment, la reine et Rose les premières : Axel de Fersen.

L’intrigue policière est bien menée, les suspects et les fausses pistes sont légion, les clins d’œil à l’Histoire de France, les saillies et les traits d’humour font mouche, les titres des chapitres en sont un bon exemple.

La toile historique est aussi très bien respectée, Frédéric Lenormand connaît très bien le règne de Louis XVI et sous sa plume, on suit les coulisses de la diplomatie, les services secrets, la politique de cette époque et la vie à Versailles.

Comme toujours avec Frédéric Lenormand, cette comédie policière est enlevée, drôle et érudite : une vraie réussite ! J’espère qu’un autre tome arrivera vite car j’ai très envie de retrouver Rose et Léonard dans une nouvelle aventure. Et si vous ne connaissez pas encore cette série, qu’attendez-vous ??

Read Full Post »

Lu dans le cadre du Cold Winter Challenge

Née en 1938 à Londres, Anne Perry vit aujourd’hui en Écosse. Depuis le succès international des enquêtes du couple Pitt et de celles de William Monk, elle s’est intéressée à d’autres périodes historiques telles que la Révolution française, la Première Guerre mondiale ou encore la Byzance du XIIIe siècle dans sa fresque épique Du sang sur la soie.

Dans le dédale miséreux de l’East End londonien, Noël 1883 prépare ses miracles. Gracie Philipps se prépare à fêter Noël avec sa grand-mère et ses cousins lorsqu’elle fait la connaissance de la petite Minnie Maude qui sollicite son aide.

Comment Gracie Phipps, treize ans, pourrait-elle refuser d’aider une fillette bouleversée à retrouver son âne ? D’un mystère à l’autre, les deux enfants doivent faire la vérité sur la mort d’Oncle Alf, un chiffonnier du quartier, retrouver l’âne Charlie et sa charrette, mettre la main sur un coffret précieux et sortir vivantes de ce cauchemar de Noël…

Vous le savez si vous êtes un(e) fidèle de ce blog, Anne Perry fait partie de mes autrices chouchous de polars historiques et en décembre, j’aime me plonger dans ses petits crimes de Noël.

Cette année, j’ai jeté mon dévolu sur Un Noël plein d’espoir, heureuse de retrouver Gracie Philipps, la petite bonne de Charlotte et Thomas Pitt.

Je sais que ses histoires de Noël n’arrivent pas à la cheville de ses romans mais je passe, en général, un bon moment. Malheureusement ce ne fut pas le cas cette fois car, pour moi, cette histoire s’est révélée bien trop brouillonne au point que j’ai eu du mal à la suivre alors qu’elle est très courte.

Le récit, bien qu’il respecte les codes du genre, est baclé avec un dénouement cousu de fil blanc, zéro suspens pour moi et c’est bien dommage.

Autre point négatif : Anne Perry tartine généreusement son histoire de bons sentiments, à un point tel que cela en devient indigeste.

Ce que j’ai aimé, en revanche, c’est la toile de fond historique toujours aussi bien rendue et la découverte de la rencontre entre Gracie et Maisie, deux fillettes bien attachantes, qui seront plus tard au service des Pitt, et de leur enfance.

Vous l’aurez compris, mauvaise pioche pour moi, mais je compte tout de même continuer la découverte des petits crimes de Noël d’Anne Perry, j’en ai d’ailleurs plusieurs dans ma PAL !

Read Full Post »

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois et du Pumpkin Automne Challenge :

challenge-un-pave-par-mois

Henri Lœvenbruck est né en 1972 à Paris. écrivain, musicien et parolier, il est l’auteur de plus de quinze romans traduits dans de nombreuses langues dont Le Loup des cordeliers et L’Apothicaire, son plus grand succès.

La Bastille vient de tomber. Danton, Desmoulins et Robespierre entrent dans l’Histoire. Au milieu du tumulte, le jeune et brillant journaliste Gabriel Joly a découvert l’identité du Loup des Cordeliers.

Mais ce mystérieux justicier qui hante, la nuit, les rues de Paris disparaît alors qu’il est sur le point de le confondre !

La course-poursuite s’engage, menant Gabriel sur les mers, jusque dans les maquis de l’île de Corse, sur les traces de la Manorossa, la Main rouge, étrange société secrète dont les membres tentent d’influer sur la Révolution en cours.

Accompagné du pirate Récif et de l’intrépide Théroigne de Méricourt dont la tête a été mise à prix par la confrérie, Gabriel parviendra-t-il à retrouver le Loup des Cordeliers et à découvrir ses plus noirs secrets ?

Entre complots et trahisons, il devra faire usage de sa plus grande sagacité pour résoudre l’énigme de la Main rouge…

Souvenez-vous, j’avais eu un quasi coup de coeur pour Le loup des cordeliers il y a quelques semaines seulement, dont le final m’avait vraiment surprise, et j’avais grande hâte de découvrir la suite des aventures de Gabriel, Lorette, Récif, Théroigne et tous les autres protagonistes de cette grande fresque alliant avec brio Histoire et intrigue policière.

Le mystère de la main rouge commence exactement là on avait laissé Gabriel, terrassé par un violent coup au crâne, alors qu’il venait de découvrir, et nous avec lui, l’identité du fameux loup des cordeliers qui nous avait tenu en haleine pendant près de 600 pages !

Comme dans le premier opus, Henri Loevenbruck nous fait prendre part d’entrée de jeu aux différents évènements qui ont émaillé les mois de juillet et août 1789 : l’éxécution de Foullon et de son gendre devant l’hôtel de ville alors qu’il étaient emmenés sous bonne escorte en prison, l’abolition des privilèges, en autres, aux côtés de son héros Gabriel mais aussi de personnages ayant réellement existé comme l’écrivain Louise-Sébastien Mercier, Théroigne de Méricourt, Camille Desmoulins, Georges Danton, pour ne citer qu’eux.

Et c’est aspect historique est véritablement passionnant, Henri Loevenbruck s’est remarquablement documenté et nous propose ici une fresque magistrale des premiers jours de la révolution magnifquement racontée. Il imprime beaucoup de rythme à son récit, et surtout il écrit très très bien.

Hélas, je trouve qu’ensuite il s’éloigne trop de cette matière historique au fil du récit au profit d’une intrigue autour de la Main rouge qui m’a moins intéressée. Le rythme se fait alors moins haletant, plus lent, ce qui ne m’a pas empêché de dévorer ce récit car chapitres après chapitres, de nouveaux mystères se succédent, relançant sans cesse mon envie d’aller plus loin dans ma lecture.

Si Le loup des cordeliers offrait une véritable intrigue policière, ce second opus est davantage un roman d’aventures, on voyage avec notre héros et son ami pirate à la recherche d’un trésor. Il y a de la cape et de l’épée, un combat naval, une mystérieuse société qui rend un culte à Mythra et qui tente de faire basculer la Révolution à son avantage.

J’ai apprécié qu’il y ait de nombreuses illustrations d’époque tout au long du roman, une très bonne idée ! Malgré mes petites réserves, je lirai la suite avec grand plaisir car j’aime beaucoup les protagonistes de cette saga. Le plus dur sera d’attendre un an avant de l’avoir dans les mains ! Belette a beaucoup aimé aussi, son avis ici.

Un grand merci à Babelio et aux éditions X.O pour cette lecture.

Read Full Post »

Ann Granger est une romancière britannique, auteur de nombreux romans policiers historiques. Elle vit près d’Oxford avec sa famille.

Mars 1870. Londres est recouvert de brouillard et de glace. Mais Ben Ross, inspecteur de Scotland Yard, a bien d’autres soucis que la météo lorsque le cadavre d’une jeune femme est retrouvée dans une poubelle derrière un restaurant de Piccadilly.

Ben doit dresser le portrait de la victime avant de comprendre comment et pourquoi elle s’est retrouvée là. Son enquête le conduit d’abord chez un bottier de Salisbury, puis chez un propriétaire terrien du Yorkshire.

Au même moment, Lizzie, l’épouse de Ben, secondée par Bessie, leur domestique à qui rien n’échappe, enquêtent sur une mystérieuse affaire de femme emprisonnée dans sa propre maison.

Tandis que Ben se lance dans une enquête de plus en plus complexe, Lizzie va découvrir une pièce essentielle du puzzle qui lui permettra de s’approcher au plus près de la vérité…

J’avais aimé Un intérêt particulier pour les morts et La curiosité est un péché mortel, lus respectivement en 2014 et 2015, commencé et terminé l’année 2016 avec Un assassinat de qualité et Un flair infaillible pour le crime puis repris cette série en 2017 avec Le témoignage du pendu et en 2018 Le brouillard tombe sur Deptford. Comme la série était prévue en six tomes, je m’attendais à en rester là, lorsque ô miracle L’orpheline de Salisbury est apparue dans les rayons de ma librairie !

Comme vous le savez déjà, j’affectionne tout particulièrement les polars historiques qui pour cadre la capitale anglaise au temps de la reine Victoria et dans ce genre, j’ai un gros faible pour le duo Lizzie et Ben que j’ai été ravie de retrouver et une nouvelle fois, le charme a opéré avec cette série qui me rappelle beaucoup celle consacrée aux Pitt écrite par Anne Perry, que j’adore !

Fog londonien et secrets victoriens sont au coeur de cette septième enquête de Ben Ross et de sa femme Lizzie. J’aime l’atmosphère et les personnages de cette saga même si je déplore la place de plus en plus réduite de Lizzie au fil des tomes qui devient une héroïne très secondaire, dommage !

Ann Granger met, comme toujours, son temps pour bâtir une intrigue plutôt bien ficelée mais qui n’a rien de révolutionnaire non plus car le coupable n’est pas très difficile à découvrir mais je n’ai, pour autant, pas boudé mon plaisir car ce roman d’ambiance se lit formidablment bien grâce à la plume fluide de l’autrice et à son décor historique bien documenté et bien rendu.

C’est le gros point fort d’Ann Granger, tout au long de sa lecture, on est plongé dans cette période victorienne et on y croit, on a l’impression d’arpenter les pavés londoniens, de se perdre dans le brouillard qui a une importance capitale dans le récit.

C’est une série doudou que j’aime retrouver, à chaque fois le plaisir de lecture est là même si comme je le disais, les intrigues n’ont rien d’extraordinaire, l’atmosphère, la description du quotidien des londoniens de cette époque, les personnages, ont suffisamment de charme pour que je me plonge dans chaque volume avec délice.

Si vous ne connaissez pas encore Ben et Lizzie Ross et que vous aimez les cosy mysteries ou les polars historiques, découvrez sans tarder cette série !

Read Full Post »

Historien et muséologue, auteur prolifique et maître du polar historique, Hervé Gagnon a connu un grand succès au Québec et en France avec ses séries Damné, Vengeance et Malefica. La Légende de Jack (précédemment paru sous le titre : Jack), primé au Québec, et Jeremiah, sont les deux premières enquêtes de Joseph Laflamme.

Montréal, janvier 1836. Un livre bouleverse la ville : Awful Disclosures of Maria Monk. Né sous la plume d’une ancienne nonne, il relate de sordides histoires de fornication entre les Hospitalières de l’Hôtel-Dieu et les Sulpiciens, évoquant au passage profanation, assassinats et débauche.

La bonne société montréalaise est en émoi, et l’évêque de Montréal doit défendre la réputation de son diocèse à n’importe quel prix.

Montréal, septembre 1892. Un charnier d’enfants est découvert fortuitement, rue Le Royer lorsqu’une canalisation d’eau explose. Puis, le corps mutilé d’un banquier est retrouvé à Griffintown et deux fillettes portant de terribles traces d’abus sexuels sont repêchées dans le fleuve, près de la rue de la Commune.

Les trois affaires ne semblent pas liées, jusqu’à ce qu’un vieux prêtre défroqué remette à Joseph Laflamme un exemplaire du livre de 1836, en lui laissant entendre que l’histoire se répète, que l’on tue des enfants depuis des decennies et qu’il faut que cela cesse.

Pour réussir à dénouer l’intrigue, Laflamme, l’inspecteur Marcel Arcand et le reste du groupe devront pénétrer dans un univers de corruption aux ramifications insoupçonnées et déterrer un scandale enfoui depuis un demi-siècle.

Maria est la troisième enquête mettant en scène le courageux et intrépide journaliste Joseph Laflamme après La légende de Jack et Jeremiah que j’avais beaucoup aimé et ce troisième tome ne fait pas exception à la règle, bien au contraire.

J’aime décidément beaucoup l’atmosphère de cette série policière qui a pour toile de fond Montréal à la toute fin du XIXè siècle, elle est très bien rendue ici et il ne fait aucun doute que le québécois Hervé Gagnon connait bien sa ville et son sujet.

Les personnages sont très attachants, à chaque fois j’ai plaisir à retrouver Joseph Laflamme et ses acolytes l’inspecteur Marcel Arcand, McCreary l’ex du Scotland Yard et futur beau-frère de notre héros et le constable Tremblay, le petit nouveau de l’équipe. A ceux-ci, se rajoutent les deux personnages féminins récurrents : Emma Laflamme, modiste, soeur de Joseph et amoureuse de McCreary et Mary, l’ancienne prostituée qui fait battre le coeur de notre héros.

Les histoires, bien qu’elles se passent il y a plus d’un siècle, sont toujours d’actualité : les meurtres racistes, la pédophilie dans l’église, les tueurs en série. Elles sont toujours empreintes de noirceur et de glauque, ce que je goûte peu d’habitude mais ici ça marche finalement très bien car l’auteur ne nous abreuve pas de descriptions morbides à n’en plus finir et se concentre sur l’essentiel.

Cette troisième enquête s’est révélée passionnante à suivre une fois de plus. Notre journaliste et ses compères sont plongés dans un monde de corruption, de perversions sordides où d’infâmes personnages d’une confrérie, violent et tuent des adolescentes pour le plaisir, avec un sadisme et une perversité revandiquées.

L’intrigue est captivante de bout en bout, nos héros sont une fois encore bien malmenés, le lecteur aussi, j’ai eu parfois le coeur au bord des lèvres mais heureusement l’auteur n’oublie pas de manier l’ironie et l’humour pour mieux faire passer la pilule.

Si vous ne connaissez pas encore Joseph Laflamme, je ne peux que vous inviter à réparer votre erreur et ce n’est pas ma Belette qui dira le contraire, elle est du même avis !

Read Full Post »

Older Posts »