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Posts Tagged ‘polar historique’

Londres, époque victorienne. Par une froide nuit de novembre, le docker Harry Parker trébuche sur un cadavre dans une ruelle de Deptford. Que venait faire Mme Clifford, si chic, si bien vêtue, dans cette partie peu fréquentable de la ville ? Chargé de l’enquête par Scotland Yard, l’inspecteur Ben Ross ne trouve aucun témoin. De son côté, sa femme Lizzie tente d’étouffer un scandale : Edgar Wellings, un ami de la famille, souffre d’addiction au jeu. Mais le pire reste à venir : Wellings semble être le dernier à avoir vu Mme Clifford vivante… Et que penser de son excellente raison de la tuer ?

Par un soir de novembre, Harry Parker, docker de son état, fait une macabre découverte en se rendant à son logis. Sur un terrain vague de Deptford, il butte sur une femme. Pensant qu’elle est ivre, il la secoue mais se rend compte qu’elle est passée de vie à trépas.

Sous le choc, il prévient un agent de police non loin de là. Le commissaire Phipps est dépêché sur place mais il préfère s’en remettre au Yard. Le lendemain matin, l’inspecteur Ben Ross et son adjoint Morris se rendent donc à Deptford pour prendre les rênes de l’enquête.

Après les constatations d’usage, ils apprennent que la défunte, Mrs Clifford, est une prêteuse sur gages et que le dernier à lui avoir rendu visite n’est autre que le docteur Edgar Wellings qui avait recours à ses services pour éteindre ses dettes de jeu.

Wellings n’est pas un inconnu pour Ross puisqu’il est le frère de Patience, la fiancée du député Franck Carterton, un parent de son épouse Lizzie. Dunn, en apprenant cela, met en garde Ross : pas question que Lizzie vienne fourrer son nez dans l’enquête…

J’avais aimé Un intérêt particulier pour les morts et La curiosité est un péché mortel, lus respectivement en 2014 et 2015, commencé et terminé l’année 2016 avec Un assassinat de qualité et Un flair infaillible pour le crime puis repris cette série en 2017 avec Le témoignage du pendu, il ne me restait donc plus qu’à découvrir Le brouillard tombe sur Deptford qui attendait bien sagement dans ma PAL depuis un an déjà !

Comme vous le savez déjà, j’affectionne tout particulièrement les polars historiques qui pour cadre la capitale anglaise au temps de la reine Victorienne et dans ce genre, j’ai un gros faible pour le duo Lizzie et Ben que j’ai été ravie de retrouver pour leur sixième enquête et une nouvelle fois, le charme opère avec cette série qui me rappelle beaucoup celle consacrée aux Pitt écrite par Anne Perry, que j’adore !

Et une fois de plus quel plaisir de lecture que ces enquêtes classiques mais efficaces, tricotées avec talent par Ann Granger. Ce nouvel opus ne fait pas exception à la règle et de la première à la dernière page, j’ai été embarquée dans cette atmsophère so british que j’aime tant, portée par l’intrigue policière proposée par l’auteure, comme je le disais classique mais efficace, avec un suspens indéniable, des fausses pistes et des retournements de situation, ce qui ne m’a pas empêché de trouver le fin de mot de l’histoire avant le point final.

Comme dans les précédents volumes, c’est tour à tour Ben ou Lizzie qui nous narrent l’avancée de l’enquête et cette multiplicité de points de vue est toujours aussi bien maitrisée par l’auteure qui, grâce à ce subterfuge, rend le récit très vivant et nous permet de suivre Ben et Lizzie dans leurs investigations respectives.

Ann Granger sait également nous proposer un cadre historique de qualité, décrit à merveille les côtés sombres et hypocrites des mœurs de l’époque, la société bourgeoise pudibonde qui reléguait les femmes au rang de plante verte tout juste bonnes à se pâmer et à piquer des crises de nerfs, à la merci de leurs familles pour subvenir.

Sans oublier de l’autre coté de l’échelle, les plus pauvres qui doivent trimer à la tâche pour quelques pennies, à la merci des hospices dès lors qu’elles ne peuvent plus travailler ni être assez jolies pour finir sur le trottoir.

Une bonne pioche donc que ce sixième volume et une série que je compte poursuivre si toutefois l’auteure se décide à sortir un septième opus et que je vous encourage à lire à votre tour si ce n’est déjà fait.

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Sur les terres de légendes et de mystères du Limousin, lors d’une procession religieuse, un pénitent s’effondre. Le prêtre qui accompagnait sa démarche de repentance est également retrouvé poignardé et crucifié.
Archéologues et francs-maçons, Pierre Cavaignac et Marjolaine Karadec réalisent rapidement qu’il s’agit de crimes rituels aux racines ancestrales. Leur enquête les conduit sur les traces de L’Aube Dorée, une société secrète très ancienne… et particulièrement dangereuse.
De la Grèce antique aux rues de Londres hantées par Jack l’Éventreur, en passant par l’Allemagne nazie, toutes les époques troublées semblent porter la marque de L’Aube Dorée. Un ordre de plus en plus puissant qu’il faut absolument arrêter avant qu’il ne soit trop tard…
Un ordre secret et sanguinaire. Un complot pour le pouvoir absolu.

Londres, 1888. Lorsque le secrétaire d’une loge maçonnique est assassiné dans une maison close de Whitechapel, le vénérable Woodcock demande à Arthur Conan Doyle, Rudyard Kipling et Oscar Wilde d’enquêter discrètement.

Leur piste les mène jusqu’à une étrange obédience secrète, l’Aube dorée, qui rassemble des francs-maçons, des militantes féministes, et surtout, des occultistes racistes et dangereux.

Au même moment, l’horreur se déchaine à Whitechapel : un meurtrier exécute des prostituées avec une sauvagerie peu commune, signant ses crimes du pseudonyme de Jack l’Eventreur. Le quartier est au bord de l’insurrection, et si c’était justement le but des adeptes de l’Aube dorée ?

2002, près de Limoges. Les archéologues Pierre Cavaignac et Marjolaine Karadec assistent à une procession où un pénitent est assassiné ainsi qu’un prêtre, retrouvé crucifié.

Ils commencent alors à enquêter sur une série de meurtres qui touchent de près la famille de la défunte femme de Pierre et se retrouvent sur la piste de l’Aube dorée, censée être dissoute depuis 1892…

Avec Le complot de l’aube dorée Jean-Luc Aubarbier nous propose un thriller maçonnique. Romancier et historien des religions, l’auteur est membre d’une obédience maçonnique française de rite écossaise, dont il sera beaucoup question ici.

Je vous avoue que la franc-maçonnerie n’est pas ma tasse de thé mais c’est la promesse d’un récit à double temporalité qui m’intéressait ici. L’enquête policière est bien construite et foisonnante, on alterne sans cesse entre présent et passé et vous vous doutez que c’est bien évidemment les passages ayant pour cadre la capitale anglaise au temps des crimes de Jack l’Eventreur qui m’a surtout séduite, d’autant que je pouvais mettre mes pas dans ceux de Arthur Conan Doyle et d’Oscar Wilde.

Deux histoires parallèles haletantes et plutôt passionnantes donc avec dans le présent, une mise en lumière des mythes, du folklore et des légendes du sud-ouest et dans le passé un course contre la montre afin de mettre la main sur le tueur en série le plus célèbre de l’Histoire.

Au-delà de l’aspect thriller du récit, l’auteur s’est servi de deux ouvrages du XIXè siècle pour bâtir son intrigue : Dracula de Bram Stoker et La race à venir d’Edward Bulwer-Lytton. Jean-Luc Aubarbier jette un pont entre le célèbre vampire Dracula et Jack l’Éventreur. A l’en croire, le romancier irlandais connaissait la véritable identité du tueur et le roman serait truffé d’indices permettant de découvrir qui se cachait sous ce pseudonyme.

Ainsi, les personnages du Dracula ne seraient autre que Arthur Conan Doyle, Rudy Kipling ou Oscar Wilde ! N’ayant jamais lu ce grand classique de l’épouvante, je me suis sentie un peu perdue par moment mais cela a attisé mon envie de le découvrir un jour prochain.

Vous l’aurez compris, si j’ai beaucoup apprécié mon immersion en 1888, la partie contemporaine m’a nettement moins intéressée, trop plate et un peu trop tirée par les cheveux à mon goût même si elle se lit sans aucune difficulté.

Un grand merci à Elise et aux éditions City pour cette découverte !

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Londres, 1893 : une calèche explose, tuant sur le coup un notable. La police est désemparée, d’autant que le meilleur inspecteur de la ville, Henry Wilkes, a rendu son insigne. Aux prises avec ses démons intérieurs, il dépérit sous le regard inquiet de son fidèle Billy, le gamin des rues qu’il a recueilli.
Mais quand le « meurtre de la calèche » prend une autre dimension, Henry ne peut rien faire d’autre que reprendre du service. En effet, tous les indices désignent un coupable : Gareth, le propre frère d’Henry… mort des années plus tôt ! Est-ce une machination ? Ou bien son frère serait-il encore vivant ?
L’inspecteur déchu risque fort de réveiller les fantômes du passé dans cette ville où trahison et mensonges sont monnaie courante et où le danger est à chaque coin de rue…

Londres, mai 1893. Une calèche explose sur Montagu Street et tue sur le coup Scott Anderson, un notable. L’affaire devrait revenir à l’inspecteur Henry Wilkes mais il a rendu son insigne et depuis, il carbure au laudanum, au grand dam de Billy, un ancien voleur qu’il a pris sous son aile.

Pourtant, lorsque Thomson, son ancien coéquipier revient vers lui deux jours plus tard, Wilkes accepte de rempiler au sein de la police de Londres afin de lever les soupçons qui pèsent sur Gareth, son frère mort dans l’explosion d’une bombe bien des années auparavant.

Wilkes, persuadé que son frère ne peut être derrière cet attentat, aidé de Billy et d’Alice, se lance dans une enquête au risque de réveiller les fantômes du passé…

Gaëlle Perrin-Guillet est auteure de romans noirs et de nouvelles policières déjà primée et Les fantômes du passé fait partie de la série d’enquêtes menées par Henry Wilkes et Billy Bennett, inaugurée l’an dernier avec Soul of London, que je n’ai pas lu mais cela ne m’a absolument pas gênée dans ma découverte de ce second opus, puisque l’enquête n’est pas une suite du premier tome et que l’auteure nous donne les éléments nécessaires pour cerner les personnages récurrents de cette série.

Vous le savez, je raffole des polars historiques, spécialement lorsqu’ils ont pour cadre Londres à l’époque victorienne, aussi, lorsque City m’a proposé de lire ce titre, je n’ai pas hésité et j’ai passé un agréable moment en compagnie de Wilkes, Billy et Alice.

Outre l’intrigue policière bien ficelée, pleine de rebondissements, d’impasses et de mystères, qui se lit avec plaisir, je trouve que l’intérêt de ce roman réside en son atmosphère, très bien rendue, et en ses personnages, en particulier Billy, un jeune homme sorti de la misère en but à des réflexions existentielles sur sa place dans cette société conservatrice et Alice, une jeune femme peintre, d’une modernité folle.

J’ai eu plus de mal avec le personnage de Wilkes, enfoncé dans une sévère déprime, shooté au laudanum. Je trouve ce genre de personnages bien trop vu dans les romans policiers et j’avoue que ça a fini par un peu m’agacer.

L’auteure connaît bien la société de cette époque, ses coutumes, ses mœurs et nous fait sillonner Londres et ses tavernes, décrit les différentes couches de la population londonienne. Elle apporte aussi de l’humour à son récit notamment avec des clins d’œil acerbes aux nouvelles technologies de l’époque : l’électricité, le téléphone et l’automobile.

Je déplore en revanche des longueurs et une certaine lenteur qui ont un peu nui à mon plaisir de lectrice car je préfère les récits plus enlevés et dynamiques, reste que cette lecture divertissante m’a donné envie de découvrir le précédent opus et de retrouver les personnages attachants de cette histoire.

Si, comme moi, vous appréciez les polars historiques, je ne peux que vous conseiller de découvrir à votre tour Les fantômes du passé.

Un grand merci à Elise et aux éditions City pour cette découverte !

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Peu avant le voyage inaugural du Titanic, le couturier Paul Poiret donne une réception à la splendeur inégalée pour lancer sa ligne de parfums. Placée sous le signe de l’Orient, c’est « La Mille et Deuxième Nuit ». Parmi les invités, la fantasque comtesse russe Svetlana Slavskaïa, accompagnée de son secrétaire et confident Dimitri Ostrov, un jeune Juif qui a fui les Bolcheviks. La comtesse porte ses plus beaux atours, dont une extraordinaire rivière de diamants offerte par un admirateur. Mais au cours de la soirée, elle est retrouvée sans vie, probablement étranglée. Et le collier disparaît, presque sous les yeux de l’assistance…

Avril 1912. Paul Poiret, au fait de sa gloire, est sur le point de commercialiser sa ligne de parfum lovée dans de précieux flacons signés Lalique. Son lancement est prévu lors d’une des fameuses soirées qu’il sait si bien organiser : La mille et deuxième nuit.

Svetlana Slavskaïa, une fantasque comtesse russe, intime du couturier, fait bien sûr partie des invités triés sur le volet. Ce sera l’occasion pour elle de briller une fois de plus et de faire entrer dans le beau monde son cher Dimia, Dimitri Ostrov, son secrétaire et confident.

D’origine russe lui aussi, Dimia, de près de vingt ans son cadet, veille comme sur sa chère comtesse qu’il adule, ce qui n’est pas du goût d’Ivan, le fils de Svetlana. Et ce soir, il fera son entrée dans le costume de Nijinkski porté lors du ballet Shéhérazade. Poiret n’a pas fait dans la dentelle : harem, eunuques, femmes à demi nues, danseuses du ventre attendent ses convives.

Au petit matin, Dimia fait une macabre découverte, celle du corps sans vie de Svetlana, étranglée par sa rivière de diamants. Les suspects ne manquent pas et en premier lieu Dimia…

Passionnée par la Belle Epoque et les Ballets russes, Carole Geneix nous propose avec La Mille et Deuxième Nuit, son premier roman policier. Si l’histoire qu’elle nous raconte est fictive, le contexte historique est bien réel puisque Paul Poiret a bien évidemment existé et en cette année 1912, sa célébrité est à son apogée, il est la coqueluche du Tout-Paris et même des esthètes du monde entier.

Célèbre pour ses créations, Paul Poiret était surnommé « le magnifique » ou « The king of fashion » en Amérique, où ses modèles faisaient fureur, il a marqué l’histoire de la mode en la révolutionnant. Il était également fameux pour son amour des femmes et ses soirées grandioses qu’il donnait dans son hôtel particulier de l’Avenue d’Antin, et l’une des plus décadentes fut justement La mille et deuxième nuit en 1911.

Créateur de costumes pour Colette et pour les Ballets russes de Serge Diaghilev, sa maison connaîtra une fin prématurée en 1929, la crise balayant son luxe flamboyant et il décèdera à la fin des années 30 dans l’oubli et le dénuement.

Carole Geneix a la bonne idée de planter son décor en avril 1912, quelques jours avant le voyage inaugural du Titanic et pour moi qui suis fascinée par la Russie, par cette période de l’histoire, notamment pour sa mode et ses arts, cette lecture fut un réel bonheur.

J’ai adoré le contexte, les personnages et l’histoire que nous raconte l’auteure et même si la résolution de l’affaire ne m’a pas posé de problème, cela n’a en rien gâché le plaisir que j’ai pris à lire ce polar historique.

Il faut dire que sur le parpier, il avit vraiment tout pour me plaire comme je vous l’indiquais plus haut : j’aime beaucoup les créations de Paul Poiret, son goût de la démesure et de la fête, la Russie et les ballets russes, sans oublier le Titanic, qu’on croirait que Carole Geneix l’a écrit rien que pour moi !

D’un point de vue historique, c’est très réussi. L’auteure connaît la Belle Epoque sur le bout des doigts et nous rappelle le contexte dans lequel se situe son récit : une France plutôt antisémite encore marquée par l’affaire Dreyfus, aux prises avec les anarchistes de la bande à Bonnot, traqués par les brigades mobiles, dûment dotées des meilleurs véhicules et armes.

Les personnages, qui paraissent au premier abord quelque peu caricaturaux, sont en fait emblématiques de leur époque : d’un côté, les aristocrates oisifs qui s’adonnent à la vènerie et à l’antisémitisme, la police grandement corrompue et de l’autre, les artistes, forcément excentriques.

Il y a tout d’abord notre héros, Dimia, traumatisé par les pogroms de sa Russie natale, qui a grandi dans une riche propriété de la campagne. Un temps tenté par le bolchévisme qui le conduira dans une cellule du Tsar, il voue un culte à Svetlana, qui apparaît comme excessif mais qui le rend aussi très sympathique.

Svetlana, la victime, femme s’adonnant aux plaisirs artificiels, à la fois écervelée, égoïste et généreuse.

Igor, son fils, l’exact contraire de Dimia, jeune homme cruel et arriviste, détesté par sa mère et qui a bien du mal à trouver sa place au sein de la famille de sa femme, les Lansquenet.

Paul Poiret, le couturier riche et décadent, et sa moitié, Denise, qui ne veut plus de cette vie mais compte bien saigner son mari à blanc en guise de réparation.

Oriane, mannequin principal de Poiret, danseuse trop grande de l’Opéra de Paris, muse insaisissable du couturier.

Sans oublier le commissaire Champlain, aux idées empruntées à l’Action Française et l’inspecteur Bertholet qui cherche la vérité et faire avancer sa carrière.

Vous l’aurez compris, j’ai adoré La mille et deuxième nuit et je vous conseille vivement ce roman noir rétro très réussi.

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Lu dans le cadre du Mois anglais :

Enceinte de son pire ennemi, Anna Kronberg a repris espoir quand elle est parvenue, épaulée par Sherlock Holmes, à empoisonner Moriarty. Mais le redoutable professeur a tout mis en œuvre pour pouvoir continuer, même après sa mort, à torturer la mère de son enfant à naître : il a demandé au colonel Moran, son homme de main et grand chasseur de gibier, de mettre la main sur Anna et Holmes, puis d’attendre la naissance de l’enfant, d’enlever le nouveau-né et de tuer les deux acolytes. Commence alors une course-poursuite entre plusieurs continents, sur fond de menaces d’attaques bactériologiques, de réseaux d’espionnage et de prémisses de grand conflit mondial. Holmes et Kronberg sont prêts à tout pour contrer les funestes projets de Moriarty, même à mettre en scène une fausse-couche…

Epaulée par Sherlock Holmes et enceinte de son mari, feu James Moriarty, qu’elle a elle-même empoisonné, Anna Kronberg fuit les hommes de main du professeur et en particulier du colonel Moran qui a juré sa perte et qui veut respecter les dernières volontés de son patron : séquestrer Anna jusqu’aux trois ans de l’enfant à naître et ensuite la liquider.

Aidée du célèbre détective, de son frère Mycroft et du docteur Watson, Anna ne peut plus avorter et bien que l’idée de donner la vie à l’enfant de Moriarty lui fasse horreur, elle est contrainte de se cacher en attendant la délivrance.

Commence alors une course contre la montre avec le colonel de l’Angleterre à la Belgique, en passant par la France, sur fond de menaces d’attaques bactériologiques et de réseaux d’espionnage aux prémices d’un conflit mondial menaçant d’embraser l’Europe entière…

Après Le diable de la Tamise et La dernière expérience, L’héritier de Moriarty est le dernier volet des aventures d’Anna Kronberg, femme médecin et femme affranchie dans l’Angleterre puritaine de la fin du règne de Victoria.

Pas de meurtre, ni d’enquête à résoudre à proprement parler dans ce troisième volume qui clôt en beauté la trilogie Anna Kronberg et si j’avais été déçue par le second opus, celui-ci m’a beaucoup plu, notamment parce qu’on en apprend davantage sur cette héroïne bien singulière et surtout parce qu’il n’y a aucun temps mort !

J’aime toujours l’héroïne totalement atypique de ce roman, forte et indépendante, et l’aspect scientifique de cette série. Annelie Wenderberg a été microbiologiste, spécialisée dans les questions environnementales aux Etats-Unis, et se sert merveilleusement bien de ses connaissances en ce domaine pour nous familiariser avec l’épidémiologie et l’histoire du bioterrorisme, ce que j’ai trouvé à la fois intéressant et indigeste.

Intéressant car j’aime apprendre des choses grâce à mes lectures et indigeste car parfois l’auteure va trop dans les détails et me perd au passage.

Sherlock Holmes, que l’on ne faisait qu’entrapercevoir dans les deux premiers volumes est cette fois-ci bien présent et bien que non spécialiste du détective consultant, je trouve que cette histoire s’intègre bien au canon holmésien.

En effet, ce récit met en scène nos deux héros juste après la disparition de Moriarty dans les chutes de Reichenbach, et montre le travail que fait Holmes pour se débarrasser des hommes du professeur, aidé par son frère Mycroft et laissant croire au docteur Watson, qu’il a lui-même péri.

La fin, bien qu’elle clôture en beauté ce cycle comme je le disais plus haut, est suffisamment ouverte pour permettre à l’auteure de poursuivre les aventures d’Anna, sans Sherlock cette fois-ci. Je serai pour ma part ravie de la retrouver si jamais Annelie Wenderberg continue à lui donner vie.

Vous l’aurez compris, je vous conseille de découvrir à votre tour cette trilogie même si pour moi le second volume était bien en-deça des premier et troisième opus, Anna Kronberg est une héroïne qui vaut le détour.

Belette a aimé elle aussi, qu’est-ce qu’il nous arrive ? Cela fait deux lectures de suite que nous sommes du même avis, pourvu que ça dure.

Merci à Anne et aux éditions Presses de la cité pour leur confiance !

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Lu dans le cadre du Mois anglais :

La saison d’été bat son plein à Torquay, où les Hewes passent la saison estivale. Beth est très occupée par ses obligations culinaires, mais profite de ses moments de liberté pour goûter aux bains de mer, qui font fureur dans la bonne société en cette année 1900. Mais le paysage ne va pas tarder à s’obscurcir, avec la découverte sur la lande de deux cadavres qui semblent avoir fait l’objet d’une exécution en règle.
Les deux victimes, Lady Hatheirley (une amie proche de lady Hewes) et son cocher, Harry Seaton, entretenaient une liaison adultère, et l’on retrouve sur leur cadavre un message indiquant que tous ceux bafouant la morale subiront le même sort.
Quelques jours plus tard, lord Hewes échappe de peu à une agression, alors qu’il quitte un bordel notoire de Torquay. Le lendemain, Beth surprend un individu masqué en train de mettre le feu au manoir.

Bains de mer et double crème du Devon pour Lord et Lady Hewes, en ce mois d’août 1900. Brillant sous les feux du soleil, la Riviera anglaise est un bel écrin pour Beth Huntly, cuisinière en titre de la famille Hewes, qui se paie le luxe d’être à la fois aristocratique et originale.

L’été pourrait s’écouler paisiblement si il n’y avait eu un double meurtre : lady Hatheirley et son cocher sont assassinés sur la lande de Dartmoor. Pire, il semble que la jeune femme entretenait avec son cocher des relations coupables !

Entrainée sur les chemins de l’enquête par la journaliste Eleanor Rigby, libérée en diable, écartelée entre son devoir de domestique loyale et sa curiosité naturelle, Beth va tout de même prêter main forte à Elaonor, au grand dam de Rajiv…

Vous connaissez mon intérêt pour les polars historiques, spécialement ceux qui ont pour cadre l’Angleterre victorienne et qui ont pour héroïne une femme. Cet hiver j’avais découvert cette héroïne forte, qui ne s’en laisse pas compter, Beth Huntly, dans L’inconnue de Queen’s Gate et je dois dire que j’avais été séduite par ce premier tome dans la même veine que Anne Perry.

J’ai donc rempilé avec Les ombres de Torquay’s Manor, le deuxième opus de cette série et de nouveau, le charme a opéré. Anne Beddingfeld nous propose ici un polar victorien convaincant et une héroïne très attachante que j’ai hâte de retrouver dans les autres volumes de la série, même si ils semblent tous épuisés hélas !

L’action se passe donc dans la station prisée de Torquay en plein été. Dans la torpeur de ce mois d’août, cette station balnéaire ô combien tranquille d’ordinaire, va être le théâtre de plusieurs meurtres et de cambriolages, menés semble-t-il par une société secrète.

Dans ce second volume, Beth Huntley, une jeune femme passionnée de gastronomie, confirme tout le bien que je pensais d’elle. C’est une héroïne moderne, volontaire, pleine de ressources et de bon sens, qui apprend à lire et à écrire, et qui rêve d’ouvrir son propre restaurant.

Avec Rajiv, le valet de lord Hewes, qui a quitté son pays natal, l’Inde, pour entrer au service du lord, elle vit une vraie histoire d’amour mais ne veut pour autant pas sacrifier ses ambitions pour un mariage et des enfants qu’il appelle de ses voeux.

Outre ses deux personnages déjà présents dans le tome 1, on fait ici la connaissance de Eleanor Rigby, une femme affranchie des codes sociaux, une journaliste qui paie de sa personne et brave tous les dangers afin d’écrire un livre sur une bande de malfrats qu’elle a suivi à Torquay.

Anne Beddingfeld connaît bien cette époque et j’ai trouvé la trame historique vraiment passionnante. Elle montre aussi à merveille la place des femmes dans la société victorienne, les limites qu’elles ne peuvent franchir et le rôle qui leur est dévolu. L’enquête policière est originale, plutôt bien ficelée et même si j’ai découvert avant le point final, qui tirait les ficelles, je n’ai boudé mon plaisir à lire l’intrigue jusqu’au bout.

Si vous aimez, comme moi, les polars historiques façon Anne Perry et Ann Granger, je ne peux que vous recommander de découvrir les enquêtes de Beth Huntly, elles vous plairont sûrement !

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Hortense règne d’une main de maître sur le domaine de La Louvière. Cette femme indomptable et forte a connu des années difficiles. La Grande Guerre lui a volé son mari, le grand amour de sa vie, et son fils aîné est mort lors de la Seconde guerre mondiale.
En cet été 1955, elle aurait mérité que sa vie soit enfin douce et tranquille… Mais tout est compliqué par les manigances de son petit-fils qui projette de transformer le domaine familial en maison d’hôtes. Sans compter également ces meurtres qui se produisent dans le voisinage.
Est-ce un fou qui a décidé de semer la terreur dans la région ? À la Louvière, Hortense pressent qu’il s’agit d’autre chose et que certains secrets du passé risquent de remonter à la surface et de bouleverser de nombreuses existences…
Quand la vengeance attend son heure…

16 juillet 1942, Paris. Hannelore, David et Robert échappent à la rafle du Vel d’Hiv, grâce au sacrifice de Nathan Meyer. Ils doivent se cacher dans le grenier de leur immeuble en attendant des nouveaux papiers qui leur permettront de rejoindre Bordeaux et la zone libre.

Dénoncés pendant leur périple, ils doivent leur salut à Pierre Laborde, un médecin membre d’un groupe de la Résistance qui va les cacher au domaine de la Louvière.

Eté 1956, Saint-Laurent-des-Vignes, en Gironde. Juliette, 17 ans, passe les vacances chez sa grand-mère Hortense au domaine de La Louvière. Madame Beaulieu de Chayssac règne en maître mais n’a pas une vie si facile. La Grande Guerre l’a rendue veuve et son fils unique Pierre a été tué en 1942.

Alors que toute sa famille est réunie sous son toit, de mystérieux accidents interviennent chez ses voisins. La maréchaussée s’en étonne et penche plutôt pour des actes volontaires.

Un fou est-il en train de décimer les notables de la petite bourgade si paisible ? Pour quelle raison s’en prendrait-on à des hommes paisibles ? Pour leur comportement sous l’Occupation ?

Comme vous le savez sûrement, j’affectionne les secrets de famille et les romans qui nous emmènent dans des époques différentes, j’ai été donc bien servie avec Les sanglots de pierre.

Ce polar historique de bonne facture nous plonge au cœur du vignoble bordelais au milieu des années 50 mais aussi à un autre moment de notre histoire pour le moins nauséabonde, celle où les autorités françaises ont collaboré avec le régime nazi afin d’exterminer les juifs de la surface de la terre.

Dominique Faget joue à merveille sur la temporalité en nous proposant des allers et retours perpétuels entre 1956 et 1942. Le changement d’époque à chaque chapitre apporte beaucoup de rythme et comme l’auteure sait bien doser son suspens, on a sans cesse envie d’attaquer le chapitre suivant tant on est captivé à la fois par l’intrigue policière et par les secrets de famille révélés peu à peu.

Tous les ingrédients sont réunis pour faire de ce roman un excellent moment de lecture et une fois le nez dedans, j’ai eu beaucoup de mal à en sortir tant j’étais prise dans l’histoire contée avec talent par Dominique Faget.

L’histoire est crédible et très prenante, bien documentée : l’auteure revient sur la rafle du Vel d’Hiv’, la déportation et le sort réservé aux juifs. Mais aussi sur les français courageux, engagés dans la Résistance.

Quant à la partie polar proprement dite, elle est bien menée et les meurtres, particulièrement cruels, font froid dans le dos. On peut sans doute reprocher à l’auteur d’avoir esquissé ses personnages et ne pas être suffisamment rentrée dans leur psychologie mais avec un format aussi resserré, difficile de faire mieux.

Une plume agréable et fluide, une histoire menée sans temps mort avec des rebondissements et un vrai suspens mené jusqu’au bout avec un dénouement surprenant, moi je dis que c’est du bon travail !

Vous l’aurez compris, je ne peux que vous recommander Les sanglots de pierre si comme moi vous affectionnez les secrets de famille et le suspens, vous ne serez pas déçu(e).

Un grand merci à Elise et aux éditions City pour cette lecture, j’ai adoré !

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