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Posts Tagged ‘polar victorien’

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois 

Wendall Utroi, ancien policier formateur, vit aujourd’hui à Romans-sur-Isère. Il diffuse son premier roman sur Internet en 2014 et rencontre un succès inespéré. Auteur de sept romans, il reçoit en 2018 le Prix des lecteurs des plumes francophones.

Jacques est cantonnier pour la mairie de Houtkerque, dans le Nord. Un jour, alors qu’il est chargé d’entretenir le cimetière du village, il découvre, enterrées avec leur auteur, des mémoires rédigées en anglais.

Ni une, ni deux, il s’en empare, poussé par la curiosité. Mais comme il ne parle pas anglais, il demande à sa fille de les traduire pour lui. Ils comprennent alors que leur auteur est un inspecteur des mœurs de Scotland Yard ayant vécu en pleine époque victorienne.

En 1889, L’inspecteur Wallace est chargé d’une enquête délicate : découvrir celui ou celle qui menace de dévoiler les petits secrets du duc de Clarence, petits-fils de la reine Victoria et fils du prince de Galles, l’héritier de la couronne.

Honnête homme, Wallace va découvrir les violences faites aux femmes et aux enfants dans les quartiers sordides de l’East Wend, ce qui est loin de plaire à tout le monde…

À la fois polar historique, roman noir et social, La loi des hommes est une petite pépite qu’il est bien difficile de lâcher une fois dans nos mains ! Wendall Utroi nous offre une plongée très réaliste au coeur des ruelles sordides de Londres, un an après l’affaire Jack l’Éventreur.

L’auteur s’est indéniablement bien documenté et mêle habilement personnages réels et de papier pour nous proposer une enquête tentaculaire où les faibles sot broyés au profit des puissants au nom de cette loi des hommes qui donne le titre au roman.

L’histoire racontée avec grand talent est sombre et sordide, le lecteur est confronté à la perversion de la bonne société londonienne de cette fin du XIXe dans une intrigue à la fois passionnante et douloureuse, mené par le sympathique et attachant Wallace.

Avec lui, on découvre la corruption, les petits arrangements entre les puissants, la prostitution, la traite des très jeunes filles voire des enfants pour ces messieurs amateurs de chair fraiche et de virginité. Et, pour les invertis, des jeunes garçons. Des jeunes gens que l’on achète à leurs familles pour une bouchée de pain.

J’avoue que j’ai rarement lu quelque chose de si noir et glauque, et pourtant j’ai été totalement captivée par cette histoire, par la plume de l’auteur et j’ai refermé le livre, certes avec le coeur au bord des lèvres, mais surtout révoltée par l’injustice faite aux victimes tant tout sonne vrai.

Wendall Utroi pointe avec brio les défaillances de la justice, les carences et les inepties d’une société qui ne veut pas ou ne sait pas protéger, ou alors très mal ses enfants. Heureusement qu’il existe des hommes en quête de justice et de vérité comme Wallace.

Pour conclure, une enquête captivante qui nous plonge dans ce monde d’un autre siècle, vivant dans un système permissif pour les puissants et où tous les coups sont permis pour ne pas ébruiter des vérités qui pourraient nuire au pouvoir.

Ma Belette est sur la même longueur d’ondes, vous pouvez retrouver son avis ici.

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Lu dans le cadre du Cold Winter Challenge

Née en 1938 à Londres, Anne Perry vit aujourd’hui en Écosse. Depuis le succès international des enquêtes du couple Pitt et de celles de William Monk, elle s’est intéressée à d’autres périodes historiques telles que la Révolution française, la Première Guerre mondiale ou encore la Byzance du XIIIe siècle dans sa fresque épique Du sang sur la soie.

Dans le dédale miséreux de l’East End londonien, Noël 1883 prépare ses miracles. Gracie Philipps se prépare à fêter Noël avec sa grand-mère et ses cousins lorsqu’elle fait la connaissance de la petite Minnie Maude qui sollicite son aide.

Comment Gracie Phipps, treize ans, pourrait-elle refuser d’aider une fillette bouleversée à retrouver son âne ? D’un mystère à l’autre, les deux enfants doivent faire la vérité sur la mort d’Oncle Alf, un chiffonnier du quartier, retrouver l’âne Charlie et sa charrette, mettre la main sur un coffret précieux et sortir vivantes de ce cauchemar de Noël…

Vous le savez si vous êtes un(e) fidèle de ce blog, Anne Perry fait partie de mes autrices chouchous de polars historiques et en décembre, j’aime me plonger dans ses petits crimes de Noël.

Cette année, j’ai jeté mon dévolu sur Un Noël plein d’espoir, heureuse de retrouver Gracie Philipps, la petite bonne de Charlotte et Thomas Pitt.

Je sais que ses histoires de Noël n’arrivent pas à la cheville de ses romans mais je passe, en général, un bon moment. Malheureusement ce ne fut pas le cas cette fois car, pour moi, cette histoire s’est révélée bien trop brouillonne au point que j’ai eu du mal à la suivre alors qu’elle est très courte.

Le récit, bien qu’il respecte les codes du genre, est baclé avec un dénouement cousu de fil blanc, zéro suspens pour moi et c’est bien dommage.

Autre point négatif : Anne Perry tartine généreusement son histoire de bons sentiments, à un point tel que cela en devient indigeste.

Ce que j’ai aimé, en revanche, c’est la toile de fond historique toujours aussi bien rendue et la découverte de la rencontre entre Gracie et Maisie, deux fillettes bien attachantes, qui seront plus tard au service des Pitt, et de leur enfance.

Vous l’aurez compris, mauvaise pioche pour moi, mais je compte tout de même continuer la découverte des petits crimes de Noël d’Anne Perry, j’en ai d’ailleurs plusieurs dans ma PAL !

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Lu dans le cadre du Pumpkin Automne Challenge

Sous le pseudonyme d’Ambrose Parry, hommage au grand chirurgien français du XVIe siècle, se cache un couple d’Ecossais. Chris Brookmyre, auteur de polars récompensé entre autres par le Prix McIlvaney, a publié une vingtaine de romans. Son épouse, Marisa Haetzman, est médecin anesthésiste et c’est elle qui a eu l’idée de ce roman, suite à ses recherches médicales à l’hôpital d’Edimbourg.

Edimbourg, milieu du XIXè siècle. Le jeune Will Raven, issu d’un milieu modeste, est apprenti chez le Pr Simpson, dont la notoriété, le savoir-faire obstétrique et les recherches sur les anesthésiques en font une personnalité majeure de l’Ecosse victorienne.

Il règne une activité constante dans la célèbre demeure du 52 Queen Street à Edimbourg. Will y fait, entre autres, la connaissance de Sarah, femme de chambre et assistante de Simpson, dont le caractère bien trempé le déroute et le séduit tout à la fois.

Mais à peine a-t-il le temps de prendre ses nouvelles fonctions que plusieurs femmes sont retrouvées sauvagement assassinées aux quatre coins de la ville. Parmi elles, une jeune prostituée, Evie, amie intime de l’apprenti chirurgien…

Face à l’indifférence des services de police, Will décide de mener l’enquête avec l’aide précieuse de Sarah. Une enquête qui les conduira tous deux au cœur sombre des enjeux scientifiques de l’époque.

Le coeur et la chair d’Andrew Parry me tentait depuis sa parution, j’avais donc sauté sur une occasion avant, comme d’habitude, de le laisser patienter dans ma PAL, le temps qu’il paraisse en poche !

Vous connaissez mon goût pour les polars historiques, spécialement ceux qui ont pour cadre l’époque victorienne, cette histoire ne pouvait donc que m’intéresser. Ce fut le cas d’ailleurs mais moins que je m’y attendais.

J’adore lorsque le duo de d’enquêteurs est composé d’un homme et d’une femme, comme la série Thomas et Charlotte Pitt d’Anne Perry ou Lizzie et Ben Ross d’Ann Granger et j’ai plutôt bien apprécié le couple Will / Sarah.

Lui, qui cache bien des secrets, et elle qui aimerait tant devenir médecin à une époque où cela n’est pas possible. J’aurai aimé que la psychologie des personnages soit cependant un peu plus fouillée, j’ai eu du mal à les appréhender pendant cette première enquête.

J’ai apprécié la toile historique du roman : les auteurs se sont remarquablement bien documentés, la place importante de la science, les avancées en matière d’anesthésie, d’accouchement, etc, tout est là.

Mais, pour ma part, là où le bât blesse c’est au niveau de la trame policière. Très vite, on se doute de l’identité du coupable qui nous est servie sur un plateau d’argent et surtout, elle est diluée dans une histoire où il lui reste peu de place.

Ce titre est pour moi davantage un roman historique avec un soupçon d’intrigue policière que l’inverse. Je déplore aussi un certain nombre de longueurs et de redites, bien trop de descriptions, de détails sans importance qui noient le récit.

J’avoue, je me suis parfois ennuyée, déplorant que l’action stagne autant, au point de sauter des pages entières, pour s’accélerer de façon abrupte dans les derniers chapitres.

L’écriture d’Andrew Parry est loin de m’avoir emballée, je l’ai trouvé plutôt lourde et sans relief, ce qui ne m’aurait pas dérangé si le roman avait été à la hauteur de mes attentes.

L’histoire dans son ensemble est se laisse lire mais ne sort guère des sentiers battus même si un élément est un peu original, le reste sent le réchauffé.

Pas de thriller palpitant pour moi hélas mais une déception que le premier volume des aventures de Will et Sarah. Une série que je ne poursuivrai pas, vous l’aurez compris !

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

challenge-un-pave-par-mois

Martin Kasasian connaît un immense succès avec la série « The Gower Street Detective », mettant en scène un duo de détectives fin et drôle, dont le premier tome, « Petits meurtres à Mangle Street » (The Mangle Street Murders), est sorti en 2013. Il partage sa vie entre le Suffolk et l’île de Malte.

Sa dernière enquête a mené un homme innocent à la potence… Autant dire que le détective Sydney Grice n’est plus vraiment en odeur de sainteté à Londres. Boudé par ses clients, le « plus grand détective de tout l’empire britannique » dépérit.

March Middelton, son excentrique acolyte du « sexe faible », commence à sérieusement s’inquiéter. Jusqu’à ce qu’un individu, membre de l’effrayant « Club du dernier survivant », fasse appel aux services de Sydney… et ait l’impudence de passer de vie à trépas dans son salon !

Les deux détectives sont bien obligés d’enquêter sur cette mort soudaine et particulièrement suspecte. Quel est donc ce club de gentlemen où le jeu est de réussir à rester en vie tout en éliminant les autres ? Les indices entraînent Grice et March dans les recoins les plus sombres du Londres victorien, jusqu’à la maison maudite de la baronne Foskett…

La malédiction de la maison Foskett est le second tome de la série consacrée à Grice et Middleton, un duo de détectives de choc dans le Londres victorien, un polar so british comme je les aime !

J’avais passé un très bon moment à la lecture de Petits meurtres à Mangle Street et cette nouvelle histoire ne fait pas exception à la règle. J’ai littéralement dévoré cette petite brique de six cents pages en trois jours, emportée par le récit bien retors tricoté par M.R.C Kasasian et me régalant des saillies verbales de Sidney et March, deux héros antagonistes qui font des étincelles.

Ce polar historique a, il faut le dire, tout pour me plaire : l’ambiance so british, l’humour (remarques acerbes et misogynes de Grice et réparties cinglantes de la jeune et peu conventionnelle March), une trame policière bien bâtie et un personnage féminin fort et féministe, comme je les aime, le tout avec pour toile de fond le Londres de la fin du 19è siècle !

L’intrigue policière est comme je le disais bien ficelée, je dirai même machiavélique, avec des rebondissements, des fausses pistes à foison et un dénouement bien amené et surprenant.

Le contexte historique est bien rendu et la confrontation entre ces deux héros singuliers, vraiment réjouissante. Nos héros gagnent ici en épaisseur, on en apprend davantage sur le passé de March, et, cerise sur le gâteau, M.R.C. Kasasian multiplie les références à Sherlock Holmes et à sir Arthur Conan Doyle.

L’auteur s’est très clairement inspiré du héros créé par Conan Doyle pour bâtir ce détective personnel (il y tient !) très imbu de lui-même, mais à sa manière, sans copier/coller.

J’ai dévoré ce très bon roman policier et j’espère que les autres volumes déjà parus en anglais seront traduits car je serai au rendez-vous des prochaines aventures de ce duo atypique !

Belette a bien apprécié aussi, son avis ici !

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Londres, 1880. Huit ans avant que Jack l’Eventreur sévisse à Whitechapel, la peur avait un autre nom… Alors que les corps de deux prostituées ont été dé couverts dans le quartier voisin de Limehouse, la rumeur se répand qu’un Golem, figure mythique de la tradition hébraïque, erre dans les rues de la ville en quête de nouvelles victimes.
Ce qui n’empêche pas une troupe de théâtre de continuer à se produire dans les cabarets. Parmi les comédiens, Elizabeth et Dan Leno, adepte du travestissement.
Lors d’un spectacle, John Cree, bourgeois érudit et écrivain insatisfait, tombe sous le charme d’Elizabeth, qu’il épouse. Quelque temps plus tard, on retrouve le corps sans vie de John. Son journal intime révèle qu’il serait le mystérieux Golem. Mais sa femme semble, elle aussi, dissimuler bien des secrets…

Londres, 1880, quartier de Limehouse. Deux prostituées sont sauvagement assassinées et mutilées, puis, c’est au tour d’un érudit juif de connaître le même sort.

La rumeur se répand que l’auteur de ces meurtres est un golem et qu’il erre dans la ville à la recherche de nouvelles victimes, ce qui n’empêche pas les londoniens de sortir la nuit.

Le journaliste et dramaturge raté John Cree est bientôt retrouvé sans vie, vraisemblablement empoisonné. Sa femme Elizabeth, ancienne artiste de cabaret et adepte du travestissement est arrêtée pour son meurtre mais on retrouve le journal intime du défunt et à sa lecture, il semblerait qu’il soit le mystérieux Golem…

Vous savez combien j’aime les polars historiques qui ont pour cadre la capitale anglaise au temps du règne de Victoria, ce titre avait donc rejoint ma wish list dès sa parution en janvier et lorsque Belette m’a proposé de le lire avec elle, j’ai volontiers accepté et l’ai acheté à cette occasion.

Malheureusement pour moi, je suis totalement passée à côté de Golem, le tueur de Londres. L’auteur, si il connaît indéniablement bien cette époque et retransmet avec justesse cette atmosphère particulière, cela n’a pas suffi à éveillé mon intérêt.

Autant vous le dire d’emblée, avec ce roman de Peter Ackroyd, j’ai été prise dans le fog et je n’en suis jamais sortie. Je n’ai rien compris à l’intrigue, je n’ai pas aimé les personnages, et encore moins la narration pour le moins alambiquée que l’auteur a choisi.

Le récit se déroule à plusieurs voix et c’est un aspect que j’aime beaucoup en général sauf que là, ça n’a pas du tout marché avec moi : on passe du journal intime de John Cree aux interrogatoires d’Elizabeth lors de son procès, puis le récit d’Elizabeth, qui nous retrace son existence de sa prime jeunesse jusqu’à ce qu’elle devienne artiste aux côtés de Dan Leno, qui a réellement existé. Et ainsi de suite : on revient au journal, aux interrogatoires, à la narration d’Elizabeth…

Les meurtres à proprement parler tiennent en quelques pages, l’intrigue policière passe clairement au second, voire au troisième plan, quant à l’inspecteur Kildare censé mener l’enquête, il est relégué au simple rang de figurant.

L’auteur intègre son récit plusieurs personnalités ayant existé, j’ai déjà cité Dan Leno, l’un des grands artistes comiques de cette époque, mais on croise également Karl Marx, Thomas de Quincy, abondamment cité pour son célèbre De l’Assassinat considéré comme un des Beaux-Arts.

L’auteur a pioché dans différents genres pour écrire son intrigue (polar, fantastique, historique) et malgré une quatrième de couverture alléchante, je n’ai absolument pas été convaincue par ce titre, au point que je l’ai abandonné arrivée aux 2/3 du récit.

Je ne m’étendrai donc pas plus longtemps sur cette lecture ratée de mon point de vue mais je vous invite à aller lire l’avis de Belette, diamétralement opposé au mien, peut-être vous donnera-t-elle envie de lire Golem, le tueur de Londres !

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