Feeds:
Articles
Commentaires

Posts Tagged ‘première guerre mondiale’

Née en région parisienne d’un père alsacien et d’une mère béarnaise, Martine Marie Muller est docteur de l’Université. Elle enseigne en lycée dans le Val-d’Oise. Elle est mariée à un ethnologue spécialiste de l’Afrique, où elle a vécu, ainsi qu’au Mexique. Elle a notamment publié aux éditions Robert Laffont La Porte, 1999 (prix Mémoire d’Oc), Le Dernier des pénitents, 2003 (prix Maupassant), la trilogie des servantes : Mademoiselle des Palissages, 2010, La Servante de Monsieur Vincent, 2010, La Servante noire, 2011, et La vie était belle, 2013.

3 août 1914. Le premier mort français de la guerre ne fut pas le fait d’un Allemand… mais d’une femme qui repoussait les assauts de son mari ! Sous le nom de Colline La Chance, celle-ci se réfugie à Amiens.

Et elle sera la chance de la Citadelle, village abandonné que vont peupler deux cents femmes rejetées, filles mères, veuves…

Là, sous la direction du peintre Scévola, chef de la toute nouvelle section Caméléon, et de ses décorateurs de théâtre, elles vont devenir expertes dans l’art naissant du camouflage qui doit épargner la vie des soldats, en fabriquant faux arbres, fausses vaches, faux chevaux, vestes « caméléon ».

Avec Les filles de la section Caméléon, Martine Marie Muller nous fait découvrir tout un pan méconnu de la première guerre mondiale : le camouflage des engins et des hommes rendu possible grâce à des artistes et un bataillon de femmes.

Vous le savez, j’ai un intérêt certain pour la guerre 14 18 et je suis toujours à la recherche de romans ayant pour cadre le premier conflit mondial, surtout, si comme ici, il met en valeur les femmes et le travail réalisé à l’arrière pour la sauvegarde des pioupious dans les tranchées.

Ce récit permet de faire sortir de l’ombre une communauté d’ouvrières solidaires, gouailleuses, émouvantes que l’on découvre autour de Colline. Elles réapprennent à aimer, à survivre, à retrouver l’estime d’elles-mêmes au milieu des surprises de l’existence… Comme l’arrivée d’un chien, un certain Rintintin…

Ce qui est intéressant ici, outre l’accent mis sur la sororité entre toutes ces femmes veuves, mariées, célibataires, leurs enfants… c’est que l’on voit la guerre de 14 vécue à travers le quotidien d’ouvrières, la Section Caméléon, expertes dans l’art du camouflage.

Grâce à ce roman, Martine Marie Muller ouvre une page méconnue de notre Histoire et rend un hommage vivant, vibrant, puissant, à une communauté de femmes solidaires et hautes en couleur. Une histoire vraie, magnifique, qui célèbre des oubliées de l’Histoire.

J’ai beaucoup aimé les personnages fictifs et réels de cette histoire, découvrir les coulisses de la section, comment étaient réalisés les trucages, les matériaux utilisés… j’ignorais tout de cette section, des peintres et dessinateurs qui en ont pris la tête, notamment Joseph Pinchon, le créateur de Bécassine !

On voit comment Lucien-Victor Guirand de Scévola a eu l’idée de recouvrir les pièces d’artillerie de toiles peintes se fondant dans le paysage pour éviter leur repérage par l’ennemi. Homme influent à Paris, il va utiliser ses relations pour faire la promotion du camouflage, jusqu’à réussir à convaincre Joffre, pourtant très réticent au départ.

Les français se battaient alors encore en pantalon garance et capote bleue, les canons astiqués comme des sous neufs faisaient des poilus de vraies cibles ambulantes ! L’Etat Major clame haut et fort que se camoufler c’est faire preuve de lâcheté, c’est dire si Scévola n’a pas eu partie facile pour convaincre les généraux.

A travers Colline, Vovonne, Jeanne et toutes les autres, on découvre le quotidien de ces femmes qui travaillent dur du matin au soir, dans de bien mauvaises conditions au départ, pour se nourrir, se chauffer, avoir un toit…

Au-delà de l’aspect historique, c’est bien sûr la condition féminine qui est le thème central du roman : la place de la femme dans toutes les couches de la société, les violences conjugales, le divorce, l’éducation des filles, le militantisme mais aussi l’amour bien sûr….

Un roman passionnant à plus d’un titre que je vous recommande vivement ! J’en profite pour remercier les éditions Presses de la cité pour cette belle et enrichissante lecture, j’ai adoré.

Read Full Post »

Né en 1953, Patrick Pécherot est notamment l’auteur de Soleil noir et de la trilogie composée des Brouillards de la Butte (Grand Prix de littérature policière 2002), de Belleville-Barcelone et de Boulevard des Branques. Il est, dans la lignée de Didier Daeninckx ou de Jean Amila, un raconteur engagé d’histoires nécessaires.

Chemin des Dames, 1917, l’offensive du général Nivelle tourne à l’hécatombe. Dans l’enfer des combats, un conseil de guerre s’apprête à juger le soldat Antoine Jonas, accusé d’avoir assassiné son lieutenant, au motif que ce dernier aurait voulu lui faire enfiler le pantalon d’un mort.

Devant le capitaine Duparc, l’officier chargé de le défendre, défilent, comme des fantômes, les témoins harassés d’un drame qui les dépasse. Coupable ? Innocent ?

Jonas est-il un simulateur ou un esprit simple ? Le capitaine Duparc n’a que quelques jours pour établir la vérité. Et découvrir qui est réellement celui que ses camarades ont surnommé Tranchecaille. 

Vous le savez, j’ai un intérêt tout particulier pour la première guerre mondiale et lorsqu’il y a en plus une enquête policière sur le meurtre d’un lieutenant au sein même des tranchées, mon intérêt s’accroit encore.

C’est ainsi que Tranchecaille a atterri dans ma PAL malgré ma déception pour un autre roman de Patrick Pécherot. Plus qu’une enquête, l’auteur nous propose un vrai roman noir sur la première guerre mondiale, car le sort de Jonas, on le connaît dès le prologue : il est passé par les armes.

Coupable ou non, il faut faire un exemple et malgré les efforts de Duparc et de son greffier, le caporal Bohmann, notre héros ne va pas en réchapper. Pour autant, ce roman s’est révélé totalement passionnant car dès l’exécution de Jonas, l’auteur nous donne à lire l’enquête de Duparc pour faire toute la lumière sur cette affaire.

J’ai adoré l’atmosphère de ce roman où se mêlent scènes dans les zones de combat, le no man’s land, l’arrière avec les civils qui trouvent que les poilus mènent la belle vie, les interrogatoires, les dépositions, les discutions avec les officiers…

Patrick Pécherot s’est remarquablement documenté et nous restitue la brutalité de cette guerre avec une gouaille qui donne beaucoup de vivacité au récit. Non seulement la description de la vie dans les tranchées est rendue avec toute son horreur mais l’attitude des officiers supérieurs révèle bien l’incompétence de toute une époque.

L’accent est mis sur les problèmes de ravitaillement, d’uniformes, d’armes… mais aussi sur les mutineries qui font rage en cette année 1917, l’importance des marraines de guerre, du vin dont on abreuve les hommes pour qu’ils montent aux combats dans l’ivresse…

L’auteur fait la part belle aux dialogues et à l’action, avec des chapitres courts et bon nombre de rebondissements qui relancent sans cesse l’intérêt du lecteur. Il met en lumière la bêtise humaine qui tient ici du grand art et qui ne peut que révolter cent ans après les faits.

Une très bonne lecture que je vous recommande si la première guerre mondiale vous intéresse, vous le trouverez tout aussi passionnant que moi. Ma copine Belette l’a bien apprécié aussi, filez lire son avis ici !

Read Full Post »

Cadre dans une grande entreprise de services, passionnée d’histoire et de développement personnel, Carine Pitocchi a longtemps rédigé des articles pour des associations avant de se lancer dans l’écriture de romans. Elle a remporté en 2019 le  » Prix Romancière  » du concours de la collection &moi chez JC Lattès avec son roman Toi seul.

Août 1914. Aux quatre coins de l’Europe, la guerre éclate, séparant familles et amants. Lorsque leurs fiancés sont envoyés au front, Lady Julia et Lady Emily, malgré leur inquiétude grandissante, décident de s’engager elles aussi.

Julia rejoint la Croix Rouge à Genève, tandis qu’Emily se rend en Belgique pour aider la population sous occupation allemande.

En France, à quelques kilomètres des tranchées où se battent les hommes, Florine, jeune institutrice, apporte soutien et réconfort aux enfants de son école, alors qu’à Londres, la famille Murphy prospère grâce à une nouvelle activité : la fabrication d’obus.

À l’autre bout du continent, la princesse russe Elena Demidov renie sa famille et son titre pour se joindre à la révolte du peuple.

Avec Les cendres sous les coquelicots, nous retrouvons les héros des Rêves de nos mères là où nous les avions laissés. Dans ce second opus qui couvre tout le premier conflit mondial, Carine Pitocchi met en scène aristocrates et domestiques, soldats et civils, hommes et femmes pris dans la tourmente de la guerre.

De l’arrière aux tranchées, de l’Angleterre à la France en passant par la Russie, la Grande Guerre n’épargne personne et va voir s’effondrer les Empires que l’on croyait éternels.

Vous le savez j’adore les romans historiques et la première guerre mondiale est une thématique que j’aime retrouver dans mes lectures et avec ce roman choral palpitant, vibrant d’espoir et de fureur de vivre, je me suis régalée.

Carine Pittochi s’est très bien documentée et parsème son récit de personnages et de faits historiques avec habileté, tout se fond incroyablement bien et l’autrice ne tombe jamais dans la leçon d’histoire tant le souffle romanesque est présent de la première à la dernière page.

Tout au long de ce roman fleuve sans longueurs, un exploit !, on tremble pour nos héros, notamment Archie et Will, tantôt dans les tranchées sous le feu des balles, tantôt à bord de leurs aéroplanes. Avec eux, on suit le quotidien des hommes au front, leur condition de vie, les traumatismes, les blessures…

A l’arrière, on suit l’engagement des femmes, mis brillamment en lumière. Celui des ladies en tant qu’infirmières ou œuvrant pour la croix rouge mais aussi les espionnes. Celui des femmes du peuple qui font tourner le pays en l’absence des hommes.

Et bien sûr, avec Elena et Marina, on assiste à la révolution russe : les premières décisions des soviets, la fuite des aristocrates, la tuerie des Romanov…

Le récit de Carine Pitocchi est riche d’anecdotes, de faits réels. Elle nous offre un récit immersif et addictif : on est avec les personnages, on s’émeut, on rit, on vibre. Tous les personnages (assez nombreux), sont en plein coeur de cette horreur, on les voit évoluer, se battre et on s’attache à eux.

Leurs histoires s’entremêlent au fil des chapitres. Nous partageons leurs doutes, leurs joies, leurs souffrances, leurs douleurs physiques et morales. Bien sûr, certains sont davantage exploités que d’autres mais comme nous sommes dans une saga, nul doute que des personnages esquissés ici prendront plus d’importance dans les prochains volumes.

Si vous aimez les romans historiques et les saga familiales, vous devez absolument découvrir les romans de Carine Pitocchi. Quant à moi, j’attends désormais la parution du tome 3 avec impatience.

Read Full Post »

Écrivain-voyageur, romancier, pilote pendant la Grande Guerre, résistant, journaliste, JOSEPH KESSEL est l’un des plus grands reporters de l’entre-deux-guerres. Il est l’auteur de près de quatre-vingts romans. Il reçoit de nombreux prix et récompenses et entre à l’Académie française en 1962. Il meurt en 1979.

« C’était avant la guerre quatre inséparables dont le plus âgé avait 82 ans et le plus jeune 75. Toujours à la même heure, toujours dans la même direction, par tous les temps, ils faisaient leur promenade sur la fine route blanche, ombragée par les charmes, qui passe devant Arras. La guerre vint. Et toujours à la même heure, dans la même direction, sur la fine route blanche, éventrée par les obus, vérolée par la pluie des shrapnells, sous les charmes élancés qui gémissent au vent des balles, quatre silhouettes se profilent, grêles, qui vont de nouveau à pas menus, avec des gestes calmes et lents. »

Première Guerre mondiale est un recueil de chroniques, témoignages et nouvelles, écrits par le jeune Joseph Kessel. Il contient ses premiers textes journalistiques écrits en novembre 1914 alors qu’il n’est encore qu’un adolescent adolescent puis des nouvelles écrites tout au long de la guerre.

En 1914, Joseph Kessel n’a que 16 ans, trop jeune pour partir dans les tranchées, il devient bénévole dans un hôpital niçois accueillant les soldats blessés.

Puis il devient journaliste au Journal des débats où il traduira, lui qui parle le russe couramment, les câbles et messages en provenance du front Russe. Et en 1917, il s’engage dans l’aviation et rejoint la l’escadrille des As des As, l’escadrille S 39.

Vous le savez, je m’intéresse beaucoup à la grande guerre et lorsque je suis tombée sur ce recueil que je ne connaissais pas, je n’ai pas pu m’empêcher de repartir avec !

D’autant que je n’avais jamais lu Joseph Kessel auparavant et ces textes et nouvelles très bien écrits m’ont confirmé mon envie de découvrir son oeuvre romanesque et notamment L’armée des ombres et Le tour du malheur.

Ces souvenirs autobiographiques sont tantôt éminemment politiques tantôt plus humaines où Joseph Kessel s’inspire de ses expériences : il raconte ses débuts d’acteur sur les planches, son bénévolat à l’hôpital, son engagement dans l’aviation, et nous livre des témoignages de Pioupiou parfois assez bouleversants.

Ces trois nouvelles à la fois assez bouleversantes par leurs sujets mais avec des pointes d’humour m’ont beaucoup plu tout comme et elles racontent à leur manière tout ce qui fait la première guerre mondiale.

Le jeune homme est marqué par son expérience à l’hôpital de Nice où affluent les premiers blessés du front, mais aussi par les bouleversements des hommes et du monde en temps de guerre, sur lesquels il porte un regard poignant, tour à tour optimiste et révolté.

Si vous souhaitez découvrir la plume déjà aguerrie de Joseph Kessel ou que vous vous intéressez à la première guerre mondiale, je ne peux que vous conseiller ce court volume.

Read Full Post »

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

challenge-un-pave-par-mois

Kate Quinn est née en Californie du Sud. Elle est diplômée de Boston University et passionnée d’Histoire depuis toujours. Ses romans sont traduits dans le monde entier. Plébiscité par les critiques, Le Réseau Alice connaît un succès retentissant dans de nombreux pays.

Un an après le début de la Grande Guerre, Eve Gardiner brûle de prendre part à la lutte contre les Allemands et est recrutée comme espionne.

Envoyée à Lille, dans la France occupée, elle est formée par Lili pour entrer dans le réseau qu’elle dirige, le réseau Alice, un vaste réseau d’agents secrets pour lutter contre l’ennemi.

1947, hantée par la trahison qui a provoqué le démantèlement du réseau Alice, Eve, devenue alcoolique, vit recluse dans sa maison de Londres.

C’est alors que Charlie, une jeune étudiante qui souhaite retrouver sa cousine disparue en France pendant la dernière guerre, déboule chez elle en prononçant un nom qu’elle n’a pas entendu depuis des décennies : Le Léthé, un restaurant dans lequel elle a travaillé pendant la grande guerre.

Leur rencontre les entraînera de Lille à Roubaix, en passant par Limoges et Grasse, à la recherche de Rose et de son bourreau, aidée par l’homme à tout faire d’Eve, Flinn.

Le réseau Alice m’intriguait depuis sa sortie il y a un an déjà. Ecrit par Kate Quinn dont j’avais adoré Les héritières de Rome et L’impératrice des sept collines et j’ai profité des fêtes pour enfin le découvrir.

Vous le savez, j’affectionne les romans historiques et l’une de mes périodes de prédilection est la première guerre mondiale, j’étais donc sûre et certaine que ce roman allait me combler et ce fut bel et bien le cas. Cela aurait même pu être un coup de coeur si je n’avais rien su du réseau Alice.

Etant férue de cette période et de l’histoire des femmes en générale, je connaissais l’existence de ce réseau d’espions, le plus fameux de la grande guerre, et notamment celle qui l’a brillamment dirigé jusqu’à son arrestation : Louise de Bettignies.

Connaissant sa vie, les tenants et aboutissants de sa carrière d’espionne et celle d’Edith Cavell, l’espionne anglaise la plus réputée, j’ai vu venir les rebondissements historiques qui émaillent ce roman, ce qui m’a empêché de savourer l’aspect historique de ce titre à sa juste valeur.

Ce fut tout de même une lecture passionnante puisque le récit, bien que reposant sur des faits historiques, est mené par Eve et Charlie, qui sont des personnages fictifs et ce qui leur arrive tout au long du récit m’a apporté son lot de surprises, me tenant en haleine de bout en bout.

Dans ce roman, Kate Quinn met donc en lumière l’histoire oubliée du plus grand réseau d’espionnes de la Première Guerre mondiale et sa figure de proue, Louise de Bettignies.

Une femme courageuse, pugnace et téméraire qui lui a valu l’admiration du camp ennemi et donné envie à d’autres femmes de devenir agents secrets dans son sillage.

Mélange fascinant de roman historique, de mystère et de romance, cette intrigue bien construite, foisonnante et palpitante ravira les passionné.e.s d’Histoire.

Très bien documenté, fourmillant de détails, il relate avec précision les faits et s’attache au plus près de la réalité historique, permettant à chacun et chacune d’y trouver son compte.

L’autrice aborde aussi la condition féminine de l’époque à travers ses héroïnes qui prennent en main leur destin et leur vie malgré les obstacles et les préjugés de l’époque, un aspect qui m’a beaucoup plu également.

Un roman véritablement passionnant, porté par des héroïnes attachantes et courageuses, avec un certain suspens. Une lecture que j’ai adoré et que je vous invite vivement à découvrir à votre tour si la première guerre mondiale vous intéressent !

Read Full Post »

Il y a 102 ans, la guerre 14-18 prenait fin après quatre années de batailles dans les tranchées. Un conflit et une époque qui m’intéresse beaucoup, cela ressent dans mes lectures.

Aussi, si vous souhaitez commémorer l’armistice et vous souvenir des poilus et de toutes les victimes de la  « der des der », voici quelques titres lus et approuvés par mes soins qui ont pour cadre le conflit mondial totalement ou en partie.

  • Pour les enfants et adolescents :

Elles aussi ont fait la grande guerre de Pauline Raquillet & Valentine Del Moral (document)

Sylvestre s’en va-t-en guerre de Stéphane Heinrich (album)

11 novembre de Paul Dowswell (roman)

Le choix d’Adélie de Catherine Cuenca (roman)

Dans la nuit blanche et rouge de Jean-Michel Payet (roman)

Il s’appelait comme moi de Jeanne Taboni Misérazzi (roman)

Carnet de poilu de Renefer (album)

Là où tombent les anges de Charlotte Bousquet (roman)

14 – 14 de Silène Edgar et Paul Beorn (roman)

La fée de Verdun de Philippe Nessmann (roman)

La marraine de guerre de Catherine Cuenca (roman)

Celle qui voulait conduire le tram de Catherine Cuenca (roman)

Balto le dernier des valets de coeur de Jean-Michel Payet (roman)

Mémoire à vif d’un jeune poilu de quinze ans d’Arthur Ténor (roman)

La guerre des Lulus tomes 1, 2, 3, 4 et 5 de Régis Hautière & Hardoc (bd)

  • Pour les adultes :

14 de Jean Echenoz (roman)

Par un matin d’automne de Robert Goddard (roman)

Les carnets de guerre de Victorien Mars de Maxence Fermine (roman)

La chambre des officiers de Marc Dugain (roman)

Les âmes grises de Philippe Claudel (roman)

Mes sœurs et moi de Judith Lennox (roman)

Bifteck de Martin Provost (roman)

Dernier été à Mayfair de Theresa Revay (roman)

Mauvais genre de Chloé Cruchaudet (bd)

1, rue des petits-pas de Nathalie Hug (roman)

Le sang des bistanclaques d’Odile Bouhier (roman policier)

La femme aux fleurs de papier de Donato Carrisi (roman)

Je voulais te dire de Louisa Young (roman)

Le collier rouge de Jean-Christophe Ruffin (roman)

Veuve noire de Michel Quint (roman policier)

Les Crèvecoeur tome 1 Edith d’Antonia de Medeiros (roman)

La faute au midi de Jean-Yves Le Naour (bd)

L’homme qui habillait les mariées de Jean-Michel Thibaux (roman)

Facteur pour femmes de Didier Quella-Guyot (bd)

L’ambulance 13 cycle 1 de Patrick Cothias, Patrice Ordas, Alain Mounier & Sébastien Bouet (bd)

L’ambulance 13 cycle 2 de Patrick Cothias, Patrice Ordas, Alain Mounier & Sébastien Bouet (bd)

Les nuits blanches de Léna de Madeleine Mansiet-Berthaud (roman)

Quand soufflera le vent de l’aube d’Emma Fraser (roman)

Le chagrin des vivants d’Anna Hope (roman)

L’été avant la guerre d’Helen Simonson (roman)

Les yeux de Sophie de Jojo Moyes (roman)

Mademoiselle Papillon d’Alia Cardyn (roman)

Le retour du capitaine Emmett d’Elizabeth Speller (roman policier)

Le dimanche des mères de Graham Swift (roman)

Le soldat oublié de Diney Costeloe (roman)

Léon et Louise d’Alex Capus (roman)

Sans même un adieu de Robert Goddard (roman)

Rendez-vous au 10 avril de Benoit Séverac (roman policier)

Dans les bras de Verdun de Nick Dybek

Les retournants de Michel Moatti (roman policier)

Seules les femmes sont éternelles de Frédéric Lenormand (roman policier)

Les taxis de la Marne de Jean-Yves Le Naour & Claude Plumail (bd)

Au revoir là-haut de Pierre Lemaitre (roman)

J’espère que cette sélection de romans, de documents, de bandes dessinées et d’albums vous aura donné envie d’aller plus loin et si vous avez des titres à me suggérer, je serai ravie que vous me les proposiez.

Read Full Post »

Jean-Michel Payet est né un 1er mai à Paris, en 1955. Après des études d’architecture, il a illustré une trentaine de romans, d’albums et de documentaires avant de se tourner vers l’écriture en 2004. Depuis, il a publié des romans pour la jeunesse et les jeunes adultes aux éditions des Grandes Personnes, Milan, Rageot, Bayard… Enfant, il ne se voyait pas devenir « auteur », mais plutôt « héros ». En attendant, il continue à écrire. Et à dessiner.

Paris, décembre 1920. Balto, quatorze ans, vit dans la Zone près de la roulotte de madame Gambette, ancienne gloire du Moulin Rouge, tombée dans la pauvreté, qui l’a pris sous son aile depuis qu’il a été abandonné tout bébé. Elle l’a élevé avec son fils Victor, parti à la guerre en 1914. Héros en 1916 et devenu caporal avant d’être condamné à mort pour avoir giflé son supérieur.

Juste avant le peloton d’exécution, il est parvenu à s’échapper et depuis il s’est évaporé. Balthazar et madame Gambette ont parfois de ses nouvelles et un matin, caché dans un gros pain de campagne déposé devant sa roulotte, Balto découvre un billet de Victor qui l’invite à le retrouver rue des Batignolles à minuit pile.

A l’heure du rendez-vous, en lieu et place de Victor, un macchabée et une journaliste, Émilienne, qui prend Balto pour le meurtrier et lui tire le portrait. L’adolescent parvient à s’enfuir mais son visage fait la une de l’Excelsior ! Qui a tué Timoléon Escartefigue, modeste réparateur de vélos du boulevard des Batignolles à Paris ?

Que s’est-il passé sur le front, en pleine guerre de 14, dans les décombres d’une maison en ruine ? Qu’est devenu Victor, le condamné à mort qui a disparu avant son exécution ?

Quel secret cache Émilienne Robinson, jeune journaliste fraîchement engagée au journal L’Excelsior ? Et pourquoi, dans ce Paris de 1920, alors que la guerre est terminée, d’anciens poilus sont-ils assassinés les uns après les autres ? Et par qui ?

Balto, qui vit dans la Zone, cette bande de misère entourant la capitale, va devoir enquêter afin de prouver l’innocence de son frère Victor.

Pour cela, il lui faudra découvrir qui est le dernier des Valets-de-Cœur… avant qu’il ne soit trop tard.

Balto le dernier des valets de coeur signe mes retrouvailles avec Jean-Michel Payet dont j’avais beaucoup aimé Mademoiselle Scaramouche et Dans la nuit blanche et rouge. Changement de registre et d’ambiance avec ce roman historique pour adolescents qui nous entraîne dans une histoire mêlant aventures, enquête, meurtres, secrets et chasse au trésor dans le Paris de l’après première guerre mondiale.

Comme toujours, l’auteur s’est très bien documenté et nous propose un récit pour les quatorze ans et plus qui sait également séduire les adultes. Balto est le narrateur de cette histoire. Gamin de la Zone, il est resté peu de temps sur les bancs de l’école, fabrique des paniers mais se rend coupable aussi de quelques rapines pour améliorer le quotidien.

Pour coller au plus près de la réalité, Jean-Michel Payet, a fait le choix de l’argot, un très bon choix, qui rend le récit très vivant d’autant qu’il est entrecoupé de nombreux dialogues, de beaucoup de péripéties, de révélations en cascades et de suspens.

Impossible de s’ennuyer avec Balto et les valets de coeur tant l’intrigue, très bien construite, nous happe dès les premières pages. Pour ma part, j’en suis venue à bout en 24 heures tant j’avais envie d’avoir le fin mot de l’histoire.

La gouaille de Balto, le contexte historique très bien développé par l’auteur avec l’émancipation féminine, la vie des puissants qui a continué de mener grand train pendant la guerre, la dureté des combats dans les tranchées, les condamnations à mort, le dur retour à la vie civile des poilus, les gueules cassées… tout y est !

Ajoutez une bonne trame policière avec du suspens, de l’humour et de l’émotion, vous obtenez un roman historique de qualité pour les ados et pour les adultes ! Les personnages sont intéressants et bien dessinés, j’ai aimé les suivre et les découvrir au fil de ma lecture.

Un petit bémol tout de même pour la fin, un peu trop expéditive mais ceci mis à part je vous recommande ce très bon roman, vous ne vous ennuierez pas une seconde avec Balto !

Bravo à L’école des Loisirs pour le très beau travail éditorial : l’objet livre est superbe avec ses dorures et ses décors qui se poursuivent de la couverture à la quatrième en passant par le dos. Je les remercie pour l’envoi de cette lecture, j’ai adoré !

Read Full Post »

Lu dans le cadre du Mois anglais

et du challenge 1 pavé par mois :

challenge-un-pave-par-mois

Fille d’un éditeur londonien, Diney Costeloe écrit depuis toujours. Elle a publié de nombreux romans, des histoires de vies difficiles, mais pleines de promesses. Ses livres sont d’immenses succès, notamment Les biles du bout du monde et La Fille sans nom (City).

En 1921, dans le village anglais de Charlton Ambrose, huit petits arbres sont plantés en mémoire des soldats tombés lors de la Grande Guerre. Une nuit, en secret, un neuvième arbre est mystérieusement ajouté par une femme et sa fillette. Qui l’a planté ? Et à quel « soldat inconnu » ce mémorial végétal est-il dédié ?

Quatre-vingts ans plus tard, la colère gronde dans le village face à un projet immobilier qui détruirait le bosquet. Rachel Elliot, une journaliste locale travaillant pour le Belcaster Chronicle, est non seulement déterminée à préserver ce lieu de mémoire, mais aussi à faire toute la lumière sur sa signification.

La jeune femme est loin de se douter que ses recherches vont la mener sur les traces de son arrière-grand-mère, infirmière pendant la guerre.

Au-delà des grands événements de l’Histoire, c’est le passé de sa propre famille que Rachel va exhumer. Une histoire d’amour tragique et un secret qui vont bouleverser sa vie…

Sur fond de première guerre mondiale, Diney Costeloe nous trousse un roman 100% british avec moult mystères. Jouant la carte de la double temporalité, Le soldat oublié, met en scène dans le passé, Molly, femme de chambre de Sarah Hurst, fille unique de sir Georges du village de Charlston Ambrose.

Elle va s’engager comme infirmière en France sous l’impulsion de sa maîtresse et se révéler très efficace pour seconder les religieuses sous la responsabilité desquelles elle travaille.

Un jour de 1915, elle soigne Thomas Carter, blessé lors d’une bataille. Au fil de sa convalescence, les deux jeunes gens vont tomber amoureux.

De nos jours, on suit Rachel, une journaliste, qui va enquêter sur le soldat inconnu. Ses recherches vont l’amener à exhumer les secrets de sa propre famille. Bien sûr, les deux histoires vont finir par se rejoindre, comme c’est souvent le cas dans ce genre de romans.

L’histoire est habilement menée, emplie d’un certain suspens même si l’on comprend rapidement où l’autrice veut en venir et j’ai trouvé ça dommage, le suspens lié à ce soldat inconnu est rapidement éventé.

On devine aussi facilement pourquoi cet homme n’a pas le droit aux honneurs puisque ces oubliés étaient les fusillés pour l’exemple, pour leur refus de monter au feu, désertion ou désobéissance.

D’un point de vue historique, l’histoire est intéressante et bien documentée : on suit ce qui se passe à l’arrière avec Molly : les blessés et les mourants, leurs détresses, leurs souffrances et les soins qu’on leur prodigue.

Aux côtés de Thomas, on assiste aux assauts, aux pilonnages du no man’s land, on côtoie les hommes enterrés sous les cratères de terre, blessés, accrochés aux barbelés, etc, on s’y croirait. On voit les soldats se décourager, lassés par cette guerre qui n’en finit pas.

Le duo est attachant et on a plaisir à plonger dans cette partie historique, à les suivre, à voir éclore leur histoire.

Ce que je regrette vraiment c’est que Diney Costeloe a mal maitrisé son suspens, et nous propose une intrigue trop facile, trop conforme à ce qu’on pourrait en attendre et je trouve ça dommage, j’aurai aimé plus de surprises, moins de facilités.

Néanmoins, si vous aimez les romans historiques anglais, les histoires de famille et la première guerre mondiale, Le soldat oublié va vous plaire j’en suis sûre !

Pour ma part, malgré mes bémols, je ne regrette pas ma lecture.

Read Full Post »

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

challenge-un-pave-par-mois

Martha Hall Kelly vit à Atlanta, en Géorgie. Le Lilas ne refleurit qu’après un hiver rigoureux, son premier roman, est souvent comparé à Elle s’appelait Sarah de Tatiana de Rosnay. Inspiré de faits réels, il est devenu dès sa parution un best-seller international, vendu à plus d’un million d’exemplaires dans le monde et près de 50 000 en France.

A l’été 1914, l’Europe est au seuil de la guerre tandis que la monarchie russe vacille chaque jour un peu plus. En ces temps troublés où le destin de chacun est plus que jamais incertain, trois femmes verront leurs vies se mêler pour le meilleur et pour le pire.

Sofya Strechneyva, l’aristocrate russe, fille du ministre des finances de Nicolas II, perdra sa fortune et son pays mais se battra sans relâche pour ce qu’elle a de plus précieux : son fils Maxwell.

Eliza Ferriday, sa meilleure amie, est une mondaine américaine, qui va trembler tout au long de la guerre pour ses amis russes et se battra pour que les réfugiés russes aux Etats-Unis soient accueillis le mieux possible.

Quant à Varinka, la jeune paysanne russe, nounou du petit Max, ses choix la feront basculer malgré elle au cœur d’un combat perdu d’avance…

Après Le diamant de St Pétersbourg pour lequel j’avais eu un joli coup de cœur, retour à la révolution russe avec Un parfum de rose et d’oubli, le préquel du Lilas ne refleurit qu’après un hiver rigoureux, de Martha Hall Kelly.

Dans ce roman, l’autrice nous propose trois trajectoires : deux femmes au cœur de la révolution russe, les passages qui m’ont le plus intéressés, et une socialite sur le territoire américain.

Si les personnages russes sont entièrement fictifs, Eliza Ferriday, a réellement existé et est la mère de Caroline, l’une des héroïnes de son best-seller, Le Lilas ne refleurit qu’après un hiver rigoureux.

L’histoire fait la part belle aux femmes, ce sont elles qui sont les héroïnes de ce joli pavé, qui sont le mieux décrites et le plus développées. Les autres personnages, notamment masculins, font pâle figure à côté, en tout cas ils sont à peine esquissés, ce que je trouve un peu dommage.

Martha Hall Kelly donne la parole tour à tour à ces trois femmes, le découpage se fait donc comme suit : un chapitre pour Eliza, un pour Sofya, un pour Varinka, et ainsi de suite.

Les chapitres sont très courts et on fait sans cesse des sauts de puce de l’une à l’autre, nous obligeant à nous souvenir où l’on en était à chaque fois, c’est donc une lecture, certes facile à lire grâce à la plume fluide de l’autrice, mais qui demande tout de même de la concentration.

Historiquement parlant, c’est bien documenté dans les grandes lignes même si, c’est mon bémol, les marqueurs de temps sont peu prononcés, à chaque ouverture de chapitre, Martha Hall Kelly note l’année uniquement, il y a donc des imprécisions voire des approximations, un peu dommage lorsque l’on propose un roman historique.

Ce qui est très bien fait, en revanche, c’est le climat insurrectionnel de la révolution, la violence, les exactions contre les nobles et les blancs, les représailles, les réquisitions et l’appropriation des biens et valeurs des riches, les exécutions sommaires, les lynchages…

Je me suis beaucoup attachée à Sofya et à sa sœur Louba, élevées dans le luxe et l’opulence, elles vont savoir se battre pour échapper aux atrocités des bolchéviks et recommencer une nouvelle vie, loin de leur chère Russie.

Varinka est une jeune femme qui a provoqué une ambivalence en moi. Son histoire est difficile, j’ai souhaité qu’elle se sorte de sa condition. Maintenue sous le joug de Taras, elle m’a inspiré de la pitié, au début du livre. Mais ensuite, elle va être amenée à faire de biens mauvais choix.

Enfin, Eliza, est une figure altruiste mais qui n’a pas su me toucher, je suis un peu restée de marbre face aux évènements qu’il lui arrive.

Pour conclure, Un parfum de rose et d’oubli est une bonne fresque historique qui décrit la vie en Russie pendant la Première Guerre mondiale et qui dépeint la situation politique de cette période parfois âpre à appréhender. Si vous aimez cette période, je vous le conseille.

Read Full Post »

Benoît Séverac est auteur de littérature noire et policière, adulte et jeunesse. Ses enquêtes reposent sur un contexte social décortiqué. Certains de ses romans ont été traduits aux États-Unis ou adaptés au théâtre. Il collabore à divers projets mêlant littérature et arts plastiques, photographie…

Toulouse, 1920. La Grande Guerre est achevée depuis deux ans déjà et chacun reprend sa place comme il peut dans une société qui s’étourdit pour oublier. Pourtant, les douleurs et les blessures rejaillissent de façon bien étrange.

Lorsque deux meurtres perturbent l’équilibre de la ville, un seul homme, un inspecteur, traumatisé de guerre qui n’est plus apte aux sentiments, ose affronter la situation. Revenu traumatisé des tranchées, seul survivant de son unité, il survit plus qu’il ne vit depuis l’armistice.

Il ressemble davantage à un clochard qu’à un flic, passe ses nuits au bordel, s’enivrant dans l’alcool et les paradis artificiels pour oublier le jour où tous ses amis sont morts.

Mais ces deux décès vont lui donner un but car il en est persuadé : la mort à priori naturelle du notaire et le suicide du professeur de pathologie ont un point commun : l’École vétérinaire de Toulouse.

Seulement, la grande école connaît ses propres codes, ses propres règles. Parviendra-t-il à briser la chape de silence et à faire éclater la vérité ?

Vous le savez, les polars historiques sont mes péchés mignons et lorsqu’ils nous proposent une intrigue autour des rescapés des tranchées, je ne boude pas mon plaisir. C’est ainsi que Rendez-vous au 10 avril a fait son entrée dans ma PAL et en est rapidement ressorti tant j’étais curieuse de le découvrir.

Et autant vous le dire d’emblée, ce roman signé Benoit Séverac m’a beaucoup plu et ce, pour plusieurs raisons.

Tout d’abord son héros, dont on n’apprend l’identité qu’à la toute fin du roman. Rescapé de la Grande Guerre mais définitivement brisé par les combats et les actions qu’il a menée pour survivre.

Depuis la fin du conflit, il ne sait que faire de son existence, il n’a plus le goût de vivre. La guerre lui a tout pris : sa fiancée et sa vie d’avant à Alger et il est incapable de se reconstruire.

La guerre ne l’a pas tué alors il s’autodétruit en buvant du matin au soir et en s’injectant de la morphine dans les veines, le soir venu.

Un tel héros affligé du syndrome post traumatique comme on le dit depuis, est l’occasion pour l’auteur d’aborder les séquelles de la guerre et la difficulté pour les poilus de se réadapter à une vie normale après avoir passé pour certains d’entre eux, quatre ans à tuer.

Benoit Séverac met également en lumière ceux qui ont profité de la guerre pour s’enrichir et gravir les échelons de l’échelle sociale, en l’absence de rivaux potentiels, occupés à faire la guerre, certains ont amassé un bon pécule, occupant un poste qu’ils n’auraient jamais obtenu en temps de paix.

L’auteur nous montre également l’état d’esprit au lendemain de la première guerre mondiale : les vivants pleurent volontiers les morts mais n’ont que faire des rescapés inadaptés à toute vie sociale.

Le héros, détruit par le conflit, n’est à aucun moment pris en pitié par ceux qui sont restés à l’arrière pendant quatre longues années, il fait plutôt l’objet de moqueries et de mépris de la part de ses collègues et subalternes.

Benoit Séverac nous montre sans fard l’hypocrisie de la bonne société toulousaine, prête à tout pour garder ses petits secrets, surtout si ils sont inavouables.

L’intrigue policière se révèle classique et plutôt simple mais bien bâtie, j’ai eu plaisir à découvrir en même temps que l’inspecteur les tenants et les aboutissements de cette histoire. Quant au dénouement final, il m’a totalement surprise !

Si, comme moi, vous aimez les polars historiques et que vous vous intéressez à la première guerre mondiale et notamment à ses vétérans, je vous conseille ce titre.

Read Full Post »

Older Posts »