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Posts Tagged ‘roman 14 18’

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Ils ont miraculeusement survécu au carnage de la Grande Guerre, aux horreurs des tranchées. Albert, un employé modeste qui a tout perdu, et Edouard, un artiste flamboyant devenu une « gueule cassée », comprennent vite pourtant que leur pays ne veut plus d’eux. Désarmés, condamnés à l’exclusion, mais refusant de céder au découragement et à l’amertume, les deux hommes que le destin a réunis imaginent alors une escroquerie d’une audace inouïe…

2 novembre 1918. En ce jour des morts, il ne se passe pas grand chose sur la cote 113 et les rumeurs d’armistice vont bon train. Albert Maillard, ça fait quatre ans que son quotidien c’est de vivre la peur au ventre dans les tranchées, attendant la prochaine attaque.

Sa division est sous les ordres du lieutenant d’Aulnay-Pradelle, un homme de la noblesse qu’il exècre, qui lui fait peur et avec qui, lui l’homme du peuple, n’a rien en commun. Comme il ne se passe rien, le lieutenant envoie deux hommes en reconnaissance dans le No man’s land qui ne reviendront pas vivants et serviront pour le commandement de prétexte à donner l’assaut.

Albert court la peur au ventre sous le bruit de l’artillerie, les bombes font des cratères un peu partout et Albert croise le cadavre des éclaireurs qui ont été tués par des tirs français et non allemands. Stupéfait, il est K.O debout.

Pradelle le suit afin de faire disparaître les corps et envoie Maillard d’un coup de coude dans un cratère. Le soldat est aussitôt recouvert de terre par le souffle d’une nouvelle explosion et enterré vivant.

Il croit sa dernière heure arrivée, gisant par quelques mètres de profondeur en compagnie d’une tête de cheval qui le regarde fixement. Mais c’est alors que la chance lui sourit. Un de ses camarades l’entend et se met à creuser malgré sa blessure à la jambe qui le fait atrocement souffrir et qui le laissera boiteux à vie. Edouard Péricourt parvient à dégager Albert mais reçoit un éclat d’obus.

Maillard est sain et sauf, sans une égratignure, ce qui n’est pas le cas de Péricourt qui se retrouve avec un trou béant en pleine face. Par cette ironie du sort, les deux hommes, pourtant de milieux sociaux très différents, Péricourt étant le fils d’un homme riche et puissant, le comptable et le peintre, sont liés à jamais et Maillard va se démener pour que son sauveur soit pris en charge le plus rapidement possible et dans les meilleures conditions…

Voilà un roman que j’avais envie de lire depuis sa parution en grand format en 2013 et avant son couronnement par l’académie Goncourt la même année. Je me suis donc jetée sur la version poche qui a croupi dans ma PAL deux longues années avant que Belette me propose de le lire avec moi.

Il y a des livres que l’on sait que l’on va adorer et pourtant ils restent dans nos PAL alors que d’autres en sortent très vite. Au revoir là-haut est de ceux-là. J’étais sûre de l’aimer car j’avais apprécié la plume de Pierre Lemaitre lors de ma lecture de Robe de mariée et surtout pour son contexte historique.

Vous ne le savez peut-être pas mais j’affectionne tout particulièrement cette période de notre histoire, non parce que j’adore les guerres, mais parce que je trouve les poilus, qui ont eu une vie si dure dans les tranchées, très touchants.

Et parce que je m’intéresse à un sujet en particulier : le sort des gueules cassées. Un sujet grave et émouvant que l’on retrouve ans plusieurs romans ces dernières années dont le très beau roman de Marc Dugain, La chambre des officiers et que l’on retrouve ici puisque l’un des deux héros, Edouard, se retrouve avec un trou béant en pleine face comme je le disais plus haut.

Fresque cruelle et grand roman sur l’après-guerre de 1914, voilà ce qu’est Au revoir là haut, un récit puissant et évocateur sur la vie des rescapés de celle que l’on a surnommé La der des der. Des hommes traumatisés pour bon nombre d’entre eux, on le serait à moins, et dont on s’est finalement peu souciés, une fois la victoire sur l’Allemagne remportée. Seuls comptaient alors les morts et leurs souvenirs, les vivants étaient eux bien encombrants. C’est ce qui va donner à Edouard l’idée d’une sacrée escroquerie.

Les valides sont retournés autant que possible à la vie civile bien que leurs places étaient prises par d’autres et qu’ils ont souvent connus le chômage. Quant aux fracassés, ceux qui n’avaient plus de visage, amputés d’un ou plusieurs membres ou rendus fous, peu de chance pour eux de vivre une vie normale à nouveau.

Ce roman s’intéresse plus particulièrement à trois personnages : Albert Maillard, le faible à la vie terne, écrasé par une mère toute puissante, qui tremble devant les puissants. Edouard, l’esthète qui menait une vie facile dans l’hôtel particulier de son père, qui refuse toute idée de chirurgie réparatrice et qui va trouver un moyen de se venger de la société. Et Pradelle, dernier né d’une famille noble désormais ruiné qui va profiter de l’après guerre pour faire fortune d’une manière absolument abjecte.

Pierre Lemaitre nous donne à lire l’histoire de ces trois escrocs et pendant plus de 600 pages, et oui c’est une belle brique, on va suivre leurs aventures. Ici pas de longueurs, ce qui est tout de même un exploit au vu de l’épaisseur du roman, c’est au contraire un véritable page-turner. Car ce récit est tellement foisonnant et construit à la manière d’un thriller que l’on ne s’ennuie pas une seconde. Mieux encore, l’auteur qui vient du polar, fait monter la pression sur ces personnage, instille un certain degré de suspens qui va crescendo.

Roman passionnant, fresque d’une rare cruauté, remarquable par son architecture et sa puissance d’évocation, Au revoir là-haut est un grand roman de l’après-guerre de 14 : de l’illusion de l’armistice, de l’État qui glorifie ses disparus et se débarrasse de vivants trop encombrants.

Dans l’atmosphère de ces lendemains qui déchantent, peuplée de lâches reçus en héros, Pierre Lemaitre raconte avec talent le récit de cette génération perdue. Un roman que je vous conseille absolument !

Un grand merci à Belette pour m’avoir accompagné dans cette lecture, vous pouvez retrouver son avis ici.

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Il y a 98 ans, la première guerre mondiale prenait fin après quatre années de batailles dans les tranchées. Aussi, si vous souhaitez commémorer l’armistice et vous souvenir des poilus et de toutes les victimes de la  « der des der », voici quelques idées de lecture lues et approuvées par mes soins.

livres-guerre-1914-1918

  • Pour les enfants et adolescents :

Elles aussi ont fait la grande guerre de Pauline Raquillet & Valentine Del Moral (document)

Sylvestre s’en va-t-en guerre de Stéphane Heinrich (album)

11 novembre de Paul Dowswell (roman)

Le choix d’Adélie de Catherine Cuenca (roman)

Dans la nuit blanche et rouge de Jean-Michel Payet (roman)

Il s’appelait comme moi de Jeanne Taboni Misérazzi (roman)

Carnet de poilu de Renefer (album)

Là où tombent les anges de Charlotte Bousquet (roman)

14 – 14 de Silène Edgar et Paul Beorn (roman)

La fée de Verdun de Philippe Nessmann (roman)

  • Pour les adultes :

14 de Jean Echenoz (roman)

Par un matin d’automne de Robert Goddard (roman)

Les carnets de guerre de Victorien Mars de Maxence Fermine (roman)

La chambre des officiers de Marc Dugain (roman)

Les âmes grises de Philippe Claudel (roman)

Mes sœurs et moi de Judith Lennox (roman)

Bifteck de Martin Provost (roman)

Dernier été à Mayfair de Theresa Revay (roman)

Mauvais genre de Chloé Cruchaudet (bd)

1, rue des petits-pas de Nathalie Hug (roman)

Le sang des bistanclaques d’Odile Bouhier (roman policier)

La femme aux fleurs de papier de Donato Carrisi (roman)

Je voulais te dire de Louisa Young (roman)

Le collier rouge de Jean-Christophe Ruffin (roman)

Veuve noire de Michel Quint (roman policier)

Les Crèvecoeur tome 1 Edith d’Antonia de Medeiros (roman)

La faute au midi de Jean-Yves Le Naour (bd)

L’homme qui habillait les mariées de Jean-Michel Thibaux (roman)

Facteur pour femmes de Didier Quella-Guyot (bd)

L’ambulance 13 cycle 1 de Patrick Cothias, Patrice Ordas, Alain Mounier & Sébastien Bouet (bd)

L’ambulance 13 cycle 2 de Patrick Cothias, Patrice Ordas, Alain Mounier & Sébastien Bouet (bd)

Les nuits blanches de Léna de Madeleine Mansiet-Berthaud (roman)

Quand soufflera le vent de l’aube d’Emma Fraser (roman)

Le chagrin des vivants d’Anna Hope (roman)

J’espère que cette sélection de romans, de documents, de bandes dessinées et d’albums vous aura donné envie d’aller plus loin et si vous avez des titres à me suggérer, je serai ravie que vous me les proposiez.

 

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