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Posts Tagged ‘roman 18è siècle’

Jeune paysanne élevée dans l’amour des lettres, Félicité est engagée comme copiste chez Diderot. Initiée à l’esprit des Lumières, elle se passionne pour les combats de l’Encyclopédie, contre les dévots et les censeurs. Une complicité ambiguë se noue entre l’élève et le philosophe irrévérencieux. Félicité accomplira-t-elle ses rêves d’écriture et de liberté ?

Félicité est une jeune paysanne de Langres. Sa mère, Emilie, a été élevée au couvent et en garde un vilain souvenir, pas question pour elle que sa fille aille chez les religieuses mais elle tient à ce qu’elle ait un bon niveau d’instruction.

Lorsque les colporteurs reviennent chaque année, Emilie achète des romans afin que sa fille cultive le goût de la littérature au grand dam du cousin Paulin, le prêtre de la paroisse, qui préférerait que ses ouailles se contentent de la sainte bible.

Devenue orpheline, le curé la recueille et propose de la faire entrer comme copiste chez un notaire de Langres qu’il connaît bien. L’homme de loi lui propose plutôt de la placer chez le fils d’un coutelier de ses amis : Denis Diderot.

Le vicaire ne le connaît ni d’Eve ni d’Adam et le notaire, acquis aux idées des Lumières, se garde bien de lui révéler l’athéisme du philosophe, et voilà Félicité en partance pour la capitale…

Le siècle des Lumières, Diderot, l’Encyclopédie et le billet de George, il ne m’en fallait pas plus pour me donner envie de lire ce court roman, qui, une fois n’est pas coutume, n’a pas trainé dans ma PAL.

Vous connaissez mon goût pour les romans historiques et lorsqu’ils ont pour cadre le XVIIIè siècle et qu’ils me permettent de côtoyer mon philosophe préféré, Denis Diderot, comme dans La petite copiste de Diderot, impossible pour moi de résister !

Danielle Digne est passionnée d’histoire et elle connaît rudement bien Diderot, j’ai donc passé un agréable moment en compagnie de Félicité et Diderot bien sûr mais aussi tous les protagonistes secondaires du roman tels que Madame d’Epinay, le baron d’Holbach, l’abbé Galliani, l’abbé Morellet, d’Alembert…

Lorsque Félicité arrive à Paris en 1760, Diderot est en pleine tourmente car l’Encyclopédie, attaquée par ces jésuites de malheur, est frappée d’interdiction royale. Notre philosophe qui trime sur son grand œuvre, enrage de ne pouvoir en venir à bout et crie à l’injustice d’autant plus que cette Encyclopédie qui lui prend toute son énergie, lui rapporte bien peu !

Ce roman bien documenté montre très bien le combat pour les Lumières mené par Diderot et les Encyclopédistes et nous dévoile le personnage attachant et éblouissant qu’était Diderot dans le privé mais aussi le travailleur infatigable qu’il savait être.

Les rapports houleux avec sa femme Antoinette et tendres avec sa fille Angélique, la correspondance qu’il entretenait avec Sophie Volland, la grande amitié qui le liait au baron d’Holbach et à Louise d’Epinay, son attachement à sa robe de chambre (il lui a même consacré un texte !), ses rapports avec Voltaire, Rousseau et Catherine II, la vente de sa bibliothèque à la tsarine, ses soucis avec la police et la censure, le traumatisme que fut pour lui l’emprisonnement à Vincennes, etc. Danielle Digne n’oublie rien et nous propose une plongée réussie au cœur de la vie de Diderot et du mouvement encyclopédique.

La jeune Félicité se montre intelligente et attachante, pleine de vénération pour son grand homme tout en ne cachant pas les travers et défauts qu’avait aussi le philosophe, loin d’être un saint, mais doté d’un grand cœur.

Grâce à son héroïne, l’auteure peut aborder la place des femmes dans la société de l’Ancien Régime. Copiste était un métier dévolu aux hommes, héritiers des fameux moines du Moyen Age, et que la romancière ait choisi ce métier pour Félicité et un philosophe comme Diderot ne doit rien au hasard.

Le philosophe du bonheur était plutôt ouvert à l’éducation des femmes, il voulait que sa fille ait une bonne instruction même si il rêvait pour elle d’un bon mariage, comme tous les pères de cette époque et n’aurait sans doute pas permis, qu’elle exerce un métier !

L’histoire est simple mais non dénuée d’intérêt et vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé La petite copiste de Diderot et je ne peux que vous inciter à le lire à votre tour. Si vous aimez cette époque, vous serez charmé de la retrouver et si vous ne la connaissez pas, c’est l’occasion de réparer cet oubli.

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Lyon, septembre 1777. Des textes gaulois sont découverts : ils traitent des origines du peuple français. L’avocat Antoine Fabert se retrouve propulsé au centre d’une bataille dont l’enjeu est colossal. Avec ses proches – un ténor du barreau lyonnais, un historien paralytique, un rédacteur de la première gazette sur l’actualité locale, une comédienne – il se lance à corps perdu sur la trace d’une mystérieuse statuette dont le secret pourrait à lui seul ébranler la royauté à la veille de la Révolution française. Une course-poursuite au cœur d’un siècle fascinant pendant lequel le peuple de France s’est écrit un nouveau destin…

Lugdunum, octobre 64 après J.-C, Louern, un druide gaulois, entre dans le sanctuaire des Trois Gaules en catimini, afin d’y déposer le savoir druidique qu’il a retranscrit dans plusieurs codices, enfreignant ainsi la tradition gauloise, jusqu’ici orale.

Lyon, septembre 1777. L’avocat Antoine Fabert se trouve avec son beau-père Marc de Ponsaimpierre lorsque ce dernier découvre dans une galerie de sa propriété des textes gaulois.

Ponsaimpierre ne voyant aucun intérêt dans cette découverte songe à les détruire mais Antoine le convainc de les lui confier. Pour lui, cette trouvaille est extraordinaire et le divertira entre un procès et sa culture de la poire de terre.

Lorsqu’il commence à déchiffrer les textes, il se rend compte qu’ils traitent de l’origine du peuple français. Les francs, qui ont succédé aux romains, ont gommé les gaulois de l’histoire de France, les reléguant au rôle d’un peuple barbare et sans culture.

Remettre en cause cette histoire officielle c’est remettre en cause le pouvoir royal, ce que Louis XVI ne peut accepter. Il envoie un émissaire spécial afin de récupérer les textes et réduire Fabert au silence.

Aidé par Ponsaimpierre, Camille Delaunay, rédacteur au journal Les affiches de Lyon, l’éditeur Aimé La Roche, le savant Anthelme Jussieu, l’avocat François Prost de Royer et la comédienne Michèle Masson, il va tout faire pour traduire l’intégralité des textes et retrouver le trésor des trésors de Louern…

En tant que férue de romans historiques, les ouvrages de Eric Marchal suscitent mon intérêt depuis quelques années déjà. Parmi ceux qu’il a déjà publiés La part de l’aube est celui qui me tentait le plus, en dépit de son épaisseur, car sur le papier il avait tout pour me plaire.

Le siècle des Lumières, l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, Voltaire… il ne m’en fallait pas plus pour me donner envie de lire cette belle brique et cela faisait quelques mois déjà que je voulais le sortir de ma PAL. La proposition de ma copinaute Céline de m’accompagner dans cette lecture a emporté le tout et j’ai dévoré en sa compagnie les quelques 900 pages qui la composent.

Et ce que je peux vous dire c’est que cet impressionnant nombre de pages ne doit pas vous arrêter car ce roman se lit incroyablement bien et finalement assez vite puisque j’ai mis 6 jours à en venir à bout.

La part de l’aube est un très bon roman historique, bien documenté, qui nous entraine avec grande facilité dans la capitale des Gaules du 18è siècle. Eric Marchal nous livre une intrigue pleine de rebondissements et d’aventures, se basant sur des personnages fictifs mais aussi ayant réellement existé.

On peut ainsi croiser des personnalités célèbres du temps comme Messmer, le chevalier de Jaucourt, Voltaire, Parmentier et même Marie-Antoinette. Au-delà de l’intrigue principale liée aux gaulois, il est aussi beaucoup question de l’Encyclopédie et notamment son article consacré aux Gaulois mais aussi de la culture de la pomme de terre et celle de la poire de terre, du faramineux prix du pain régenté par le monopole de la boulangerie, de spiritisme, de magnétisme…

Ce roman est un digne héritier des romans feuilletons du XIXè siècle, bien écrit, bien documenté, que j’ai lu avec beaucoup de plaisir et d’intérêt. Il y a plusieurs intrigues qui se mêlent habilement, instillant un vrai suspens et à chaque fois que j’ai du interrompre ma lecture, j’ai posé mon livre à regret, pressée d’y retourner, ce qui est généralement bon signe.

Vous l’aurez compris, j’ai trouvé ce roman vraiment passionnant, tant du point de vue historique que de son intrigue, il m’a tenue en haleine jusqu’au point final et il est évident pour moi que je lirai à nouveau Eric Marchal.

Je ne peux donc que vous encourager à lire à votre tour La part de l’aube si le genre historique vous intéresse, ce roman devrait à coup sûr vous plaire.

Céline a aimé aussi et vous pouvez retrouver son avis ici.

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Une jeune novice est trouvée morte au bas d’un escalier, dans le très réputé couvent de l’Assomption qui héberge Alexandrine, la fille de madame de Pompadour. Aussitôt, le doute s’installe : une religieuse prétend avoir trouvé du sang sur le socle d’un chandelier. S’agirait-il d’un assassinat ? Manon Vérité, jeune parfumeuse de la rue Saint-Honoré, décide d’en savoir plus. Alors qu’elle tente d’enquêter sur cette affaire, éclate un scandale qui la touche de près : certains des fards de sa boutique ont été empoisonnés. La marquise de Pompadour, sa cliente la plus prestigieuse, serait-elle visée ? De la rue Saint-Honoré au sublime château de Bellevue, en passant par le sinistre hospice de la Salpêtrière, Manon, tous sens affûtés, part en quête de la vérité. heart_4auteur-editeur-pagesle-fard-et-le-poison-beatrice-egemar

Sœur Agnès est une nonnette, une jeune novice du très chic couvent de l’Assomption tenu par Mère saint Jean Chrisostome, férue de sciences. La jeune fille, peu versée dans la religion, est retrouvée morte au bas de l’escalier menant du confessionnal au rez-de-chaussée par sœur Antoine, qui a les nerfs fragiles.

Le docteur François Vernet, son frère, est appelé sur les lieux pour faire les constations d’usage et il conclut, bien aiguillé par la supérieure, à une mort naturelle. Seulement voilà, sœur Antoine découvre un chandelier et un linge ensanglantés, elle crie au meurtre et on l’envoie illico presto chez les folles de La Salpetrière, de sinistre réputation.

François demande alors de l’aide à Manon Dupré, mariée depuis peu à Joseph Vérité, sa belle-sœur, parfumeuse au Bouquet des Senteurs rue saint Honoré, la boutique familiale qu’elle partage avec son frère Claude.

Mais le sort semble s’acharner sur la famille puisque un pot de rouge ayant été vendu à la marque de Pompadour a été trafiqué et a défiguré une jeune actrice entre les mains duquel il était tombé.

Qui en veut à la marquise ? Une rivale désireuse de prendre sa place ? Ou est-ce aux Dupré qu’on s’en prend ?

J’ai retrouvé avec grand plaisir la jolie parfumeuse Manon et la plume très belle et agréable de Béatrice Egémar. L’histoire se déroule un an après Le printemps des enfants perdus et une fois encore je me suis régalée !

Vous connaissez mon intérêt pour le 18è siècle et ici je suis servie, à me plonger dans le sillage de la Pompadour et du roi Louis XV. L’auteure confirme son talent et sa grande connaissance du monde des parfumeurs de cette époque, elle s’est plongée dans les mémoires de Madame du Hausset, une lecture que j’avais beaucoup aimé en son temps, pour camper l’atmosphère de la cour qui entourait La Pompadour et le climat de l’époque et nous donne à rencontrer des personnages ayant réellement existé.

Quel plaisir en tout cas de Le fard et le poison et quelle frustration de se dire qu’il faudra que attendre un an avant de pouvoir lire la suite !

J’aime beaucoup Manon et sa famille, les personnages sont tous attachants et l’atmosphère qui se dégage du roman, à la fois historique et un brin policier, ce qui n’est pas pour me déplaire, bien au contraire !

Le style de l’auteur est fluide et nous plonge dans ce Paris des Lumières sans aucun mal, le roman se lit très vite, trop vite, je serai volontiers restée avec Manon et son neveu Jean-Baptiste, que l’on devine autiste, et dont elle trace un portrait tout en pudeur, pendant de nombreuses pages encore.

Si vous aimez cette époque ou que vous souhaitez la découvrir, je ne peux que vous recommander Le fard et le poison, un très bon moment de lecture !

Un grand merci à Marie-Jeanne et aux Editions Presses de la cité, je l’attendais avec impatience et j’ai adoré !

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1750. Parfumeuse rue Saint-Honoré à Paris, descendante d’une longue lignée d’artisans grassois, Manon Dupré se passionne pour les odeurs, les onguents et… l’aventure. A une époque influencée par les fastes de la cour de Versailles, où l’on dépense des sommes incroyables pour le parfum, où la coutume est d’en changer quotidiennement (il est alors un signe extérieur de richesse et permet d évacuer les odeurs douteuses d’une toilette à l’eau encore peu prisée…), on parfume tout : le corps, les vêtements et jusqu’aux accessoires : perruques, mouchoirs, dentelles, gants, éventail… Dans la boutique paternelle où travaille Manon gravite une clientèle fidèle d’artistes et de comédiens. Lorsque son jeune neveu Jean-Baptiste, simple d’esprit, au nez très affûté, disparaît, Manon établit rapidement le lien avec les rumeurs d’enlèvements d’enfants qui bruissent dans la capitale. On dit que les victimes seraient envoyées en Louisiane pour être égorgé afin que leur sang soigne un prince lépreux. Au fur et à mesure de son enquête, Manon rencontre d’autres parents de disparus et cherche à démasquer les coupables. Une quête et un compte à rebours effréné qui la mèneront dans le milieu alors très impopulaire et corrompu de la police…

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J’ai toujours beaucoup d’appréhension lorsque je m’apprête à lire un roman historique qui a pour cadre mon cher siècle des lumières sauf si je l’ai repéré chez une copinaute qui a des goûts proches des miens comme Ingrid. L’auteure est férue d’histoire et spécialisée dans les romans historiques pour la jeunesse, Le printemps des enfants perdus est son premier roman pour adultes.

Et pour cette entrée en matière, Béatrice Egémar s’appuie sur un fait divers  relativement méconnu qui a secoué la capitale en mai 1750. Paris bruisse alors de rumeurs au sujet de la marquise de Pompadour, qui est l’objet de poissonnades injurieuses, elle s’appelle en réalité Jeanne Poisson d’où le nom des pamphlets, et sur le roi Louis XV, dont le sobriquet, bien-aimé, n’est déjà plus usité par ses sujets. Lorsque plusieurs enfants sont enlevés, les parisiens accusent bien vite leur monarque, d’avoir fait enlever des enfants pour peupler ses colonies ou pour ses menus plaisirs, car le roi est bien connus pour son appétit libertin.

Ce sujet se révèle excellent et permet à l’auteure de signer ici un joli roman, bien troussé et bien documenté. Son héroïne Manon Dupré, parfumeuse dans l’échoppe familiale, le Bouquet de senteurs, nous fait découvrir la création des parfums, baumes et onguents qu’elle créée pour ses riches clients, mais aussi les rues de Paris, grouillantes de petites gens et de carrosses.

Particulièrement intrépide et curieuse de nature, Manon va se mettre en chasse des voleurs d’enfants lorsque Gaspard, son apprenti, disparaît sans crier gare alors qu’il était sorti remettre un billet à François Vernet, le beau-frère de la jeune fille.

Béatrice Egémar nous livre ici un récit très prenant que j’ai littéralement dévoré presque d’une traite. L’héroïne est très attachante, bien que très lisse, la faute sans doute à l’habitude de l’auteure d’écrire pour la jeunesse, et on aime se mettre dans ses pas à travers la capitale. On découvre l’organisation des artisans parisiens, de la police et de l’armée de ce milieu du 18è siècle mais aussi l’importance de la Favorite sur la nomination des ministres et du lieutenant général de police, le mal aimé Berryer, surnommé Berrier.

Le style de l’auteur est fluide et nous plonge dans ce Paris des Lumières sans aucun mal, le roman se lit très vite, trop vite, je serai volontiers restée avec Manon et son neveu Jean-Baptiste, que l’on devine autiste, et dont elle trace un portrait tout en pudeur.

Si vous aimez cette époque ou que vous souhaitez la découvrir, je ne peux que vous recommander Le printemps des enfants perdus, un bon moment de lecture !

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Les précédents succès de Nicolas Le Floch, protégé du lieutenant de police Sartine, agacent. On veut le mettre à l’écart. Mais, alors que Paris célèbre le mariage du dauphin par un feu d’artifice sur la place Louis-XV, c’est la catastrophe : des carrosses renversés, des centaines de victimes écrasées… Notre tout jeune commissaire de police au Châtelet reprend du service. Au milieu des cadavres, une jeune femme tient serrée dans sa main une perle noire. Est-elle morte étouffée… ou étranglée ?

le-fantôme-de-la-rue-royale-jf-parotauteur-éditeur-pagesNous retrouvons notre commissaire auprès du Châtelet Nicolas Le Floch en 1770, soit près de 10 ans après les deux premiers tomes :  L’énigme des Blancs-Manteaux et L’homme au ventre de plomb. Ce troisième opus s’ouvre sur un fait divers historique et tragique, par son nombre de victimes (une centaine !) : le 30 mai 1770, Jérôme Bignon, Prévôt de Paris, offre des réjouissances aux parisiens pour fêter, comme c’est la coutume, un mariage royal. Ici en l’occurrence, il s’agit de fêter comme il se doit, les épousailles de l’archiduchesse d’Autriche, Marie-Antoinette, et du Dauphin, le futur Louis XVI. Le prévôt et les échevins parisiens, équivalents du maire de Paris et du conseil municipal actuels, appuyés par le Lieutenant Criminel, Testard du Lys, ont convaincu le roi Louis XV de leur attribuer la sécurité des festivités, au grand dam de Sartine, le Lieutenant de police. La fête donnée aux parisiens bat son plein lorsqu’elle tourne malheureusement au drame lors du feu d’artifice orchestré par Ruggieri lui-même et qui est le clou de la soirée. La ville est encombrée, tortueuse, elle grouille de monde, chacun se presse pour boire et manger gratis et admirer le spectacle. Hélas, le bouquet final s’enflamme trop tôt et met le feu à l’estrade depuis laquelle il est tiré. C’est la panique et la bousculade fera de nombreuses victimes, mortes écrasées, par les carrosses notamment, ou noyées dans la Seine.

Notre Nicolas assiste au drame en compagnie du docteur Secmagus, chirurgien de marine, déjà présent dans les tomes 1 et 2. Parmi les victimes entreposées place Louis XV, le commissaire, qui a l’œil à tout, découvre une jeune femme portant des traces de strangulation. Il décide aussitôt d’enquêter sur ce meurtre, car meurtre il s’agit, puisqu’Elodie Galaine,  n’a pu périr à cause des bousculades, mais bel et bien de la main d’un homme.

On retrouve comme toujours avec plaisir tous les protagonistes de fiction des précédents tomes. Outre Nicolas Le Floch et Secmagus, il y a l’inspecteur Bourdeau, moins présent mais toujours aussi efficace, Sartine et ses célèbres perruques évidemment, Noblecourt toujours aussi gourmand, chez lequel Nicolas demeure, le Père Marie, le concierge du Châtelet, Sanson le bourreau et Catherine la cuisinière alsacienne de Noblecourt, qui nous met l’eau à la bouche. Nicolas y croisera comme toujours des personnages ayant eux existés, comme le Duc de Richelieu, toujours fringant malgré son âge canonique, Louis XV désormais escorté de la Comtesse du Barry puisque la marquise de Pompadour a rendu son dernier souffle depuis six ans déjà, Monsieur de Saint Florentin, ministre du roi, que l’on a déjà rencontré dans les deux précédents tomes, l’archevêque de Paris, Christophe de Beaumont, ennemi juré des Encyclopédistes et M. Nicolas, alias Rétif de la Bretonne, l’imprimeur-auteur que j’ai eu plaisir à retrouver ici car j’ai beaucoup étudié Les nuits de Paris à la Fac ! On croisera aussi un indien de la tribu des Micmacs, Natanga, venu de la Nouvelle-France avec la défunte.

Nicolas est confronté cette fois encore à une double enquête : retrouver l’assassin d’Elodie Galaine bien sûr mais il est aussi chargé par le roi d’enquêter sur le drame du 30 mai 1770. Sartine lui demande de s’installer chez les Galaine pour mener au mieux l’enquête sur l’assassinat de la jeune femme et il va y découvrir bien des choses intéressantes. Orpheline, promise à une grande fortune, la défunte a eu la bonne idée de décéder avant de se marier, car l’héritage tombe à pic pour cette famille désargentée, chacun d’entre eux avait donc un bon mobile pour l’assassiner. Et pour couronner le tout, la petite bonne, Miette, semble possédée par le démon ! Il s’en passe de belles chez les Galaine et notre commissaire ira de surprises en surprises.

Encore un bon cru signé Jean-François Parot qui en profite pour nous divertir et nous enrichir avec brio, avec cette langue du XVIIIè si belle et si riche, et sa bonne compréhension des mœurs de l’époque, à chaque fois je suis sous le charme. L’auteur en profite aussi pour aborder ici le thème de la religion, des anciennes croyances et de l’Église qui occupent une place si importante au siècle des Lumières. Le peuple est pétri de croyances et de peurs, peur de Satan et de l’Enfer notamment et Parot nous fait vivre une séance d’exorcisme vraiment intéressante et incroyablement bien documentée, comme toujours.

Je vous donne rendez-vous pour le tome 4 dans un mois, je ne peux résister à Nicolas ni à la plume de son auteur !

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Lu dans le cadre des challenges Nicolas Le Floch, Paris et Polars Historiques :

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Le commissaire Nicolas Le Floch est chargé par M. de Sartine et par la cour de démêler une affaire délicate et complexe : la mort mystérieuse du fils d’un courtisan proche du dauphin et du parti dévot. Pourquoi les parents défendent-ils la thèse du suicide alors que leur enfant n’avait jamais manifesté son désir d’en finir ? Pourquoi son frère a-t-il disparu ? Qui est véritablement son énigmatique fiancée ? Très rapidement Nicolas conduira ses investigations à Paris, puis à Versailles dans l’entourage de la famille royale et de la favorite Mme de Pompadour. Dans un royaume toujours en guerre et agité par des querelles reuligieuses, il peut se révéler très dangereux de s’intéresser de trop près à des imbroglios politiques protégés par des secrets de famille…

l-homme-au-ventre-de-plomb-jean-françois-parotauteur-éditeur-pagesUn an après L’énigme des Blancs-Manteaux, c’est toujours secondé efficacement par l’inspecteur Bourdeau, son adjoint, que Nicolas Le Floch, commissaire au Châtelet, va devoir résoudre, non pas une, mais plusieurs enquêtes. L’homme au ventre de plomb démarre, contrairement au premier volume, tambour battant. Nicolas est chargé par le lieutenant général de police Sartine de se rendre à l’opéra où Madame Adélaïde, l’une des filles du roi, doit assister à une représentation de Rameau en compagnie du comte et de la comtesse de Ruissec. En plein opéra, les Ruissec sont informés du décès de leur fils ainé. Ils se précipitent vers leur hôtel, avec sur leurs brisées Nicolas et Sartine. Lionel, vicomte de Ruissec, officier des gardes français, est retrouvé, un trou dans la tempe et déclaré homicidé. Cependant, le visage du défunt, défiguré mais surtout effrayant, va mettre la puce à l’oreille de notre commissaire qui croit d’emblée à un meurtre. Il décide, avec l’accord de Sartine, de faire transférer le corps à la Basse Geôle en vue d’une autopsie. Mais alors que le docteur Semacgus et Sanson font leur exposé des premières constations, le corps leur est enlevé, sur l’ordre de M. de Saint Florentin, ministre tout puissant de la Maison du Roi, qui s’oppose à l’ouverture du corps sur demande du comte de Ruissec. Les deux hommes n’ont pas eu le temps de faire leur autopsie mais ont tout de même pu découvrir que le vicomte a succombé à une mort atroce : on lui a fait avalé du plomb fondu, une peine infligée aux faux-monnayeurs par les autorités russes.

Un second meurtre va aussitôt avoir lieu, celui de la mère du vicomte alors qu’elle avait rendez-vous avec Nicolas, elle est retrouvée au fond d’un puits, victime d’une strangulation. Il ne saura jamais ce qu’elle est venue lui révéler, et quelques jours plus tard, le jour même de l’enterrement du vicomte et de la comtesse, le comte est victime d’un meurtre. S’agit-il d’une vengeance envers la famille de Ruissec, littéralement décimée, à l’exception du vidame, fils cadet de la famille, qui passe illico au rang de suspect numéro 1. Le comte, par ailleurs général, a sinistre réputation dans l’armée. En plus de cette série de meurtres, Nicolas est chargée par Madame Adélaïde d’enquête sur le vol de bijoux dont elle est victime à Versailles. Madame de Pompadour lui demande aussi de veiller sur le Roi, elle craint un complot en vue d’assassiner Louis XV, encore très marqué par la tentative de régicide dont il a été victime 4 ans auparavant. Les partisans du dauphin et du parti dévot verraient d’un bon oeil ce dernier arriver sur le trône de France. Il y encore et toujours les libelles qui pleuvent dans Paris et Versailles, contre la favorite, déjà bien diminuée par la maladie qui va l’emporter deux ans plus tard. Enfin, les jésuites, chez lesquels Nicolas a fait ses études à Vannes, sont mis à mal, attaqués de toute part, et notre breton va retrouver son vieux maitre, visiblement manipulé. Ca fait beaucoup, vous ne trouvez pas ? Moi si !

Il faudra toute la sagacité de Nicolas Le Floch et l’expérience de l’inspecteur Bourdeau pour venir à bout de cet écheveau d’enquêtes parallèles. Encore une fois, Jean-François Parot fait preuve de son intelligence et de sa fine connaissance du XVIIIè siècle pour nous trousser une reconstitution historique très précise et savante et une intrigue policière qui nous tient en haleine jusqu’à la dernière page ! Pourtant ici, l’abondance d’intrigues, m’a un peu lassée, j’ai eu du mal à m’y retrouver et perdu un peu le fil par moments. C’est vrai qu’à cette époque, chacun complote en vue de ses intérêts et que la situation de la couronne, en pleine guerre de Sept Ans n’est pas simple, mais je pense que Jean-François Parot a pêché par un excès d’intrigues dans ce second volume mais ça n’engage que moi. L’intrigue policière principale se tient formidablement bien, le reste m’a semblé trop complexe et parfois alambiqué.

Reste que je serais au rendez-vous du tome 3, je ne peux résister à Nicolas ni à la plume de son auteur !

D’autres billets chez Syl, Eliza, Adalana

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Lu dans le cadre des challenges Nicolas Le Floch, Paris et Polars Historiques :

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En 1761, le jeune Nicolas Le Floch quitte sa Bretagne natale pour entrer au service de M. de Sartine, chef des affaires secrètes de Louis XV. Devenu l’un des espions du lieutenant général de police, Nicolas va vite découvrir la cruauté des hommes et la brutalité des complots : à Paris, dans le monde du crime, tout tourne autour du jeu, de la débauche et du vol qui communiquent par d’innombrables labyrinthes. Son premier meurtre le plonge au coeur des perversités de la capitale : un commissaire corrompu, une épouse ex-pensionnaire d’une maison de plaisir, un cadavre rue des Blanc-Manteaux, un bourreau médecin légiste à la morgue de la Basse-Geôle..
Et si tout cela le conduisait trop près du roi et de Mme de Pompadour ?

l-énigme-des-blancs-manteaux-jean-françois-parotauteur-éditeur-pagesComme je vous l’annonçais samedi dernier, je me suis replongée avec délectation et gourmandises dans les aventures de Nicolas Le Floch, à l’invitation de Syl. Je n’avais pas relu L’énigme des Blancs-Manteaux depuis sa parution en 2001 et je me félicite de l’avoir fait, car quel beau moment de lecture ce fut encore !

Dans ce premier volume, c’est moins l’intrigue policière qui m’intéressait, que le plaisir de me familiariser à nouveau avec les personnages et le style exquis et très vivant de Jean-François, qui ponctue son récit de bon nombre de mots issus du vocabulaire du 18è siècle (carreau pour coussin, brisées pour pas, homicider pour tuer, etc), ce qui est un régal pour l’amoureuse que je suis de cette époque. L’auteur tisse brillamment sa toile dans le décor d’un Paris, puant et sale, grouillant des cris de Paris chantés en leur temps par Rétif de la Bretonne et Louis-Sébastien Mercier. Un Paris vivant, empli de ruelles sombres et de coupe-gorge, que va découvrir le jeune breton Nicolas Le Floch, enfant trouvé élevé par le chanoine Le Floch qui vient de mourir. Clerc de notaire à Rennes, il vient d’être embauché par le tout nouveau lieutenant général de police, Antoine de Sartine, grâce à l’entregent de son parrain, le marquis de Ranreuil. Celui-ci le confie au commissaire Lardin qui a pour charge de le loger dans la capitale et de le former au métier de policier. Lorsque ce dernier disparait, à son retour de Guérande où il vient d’enterrer son tuteur, Nicolas se voit chargé de l’enquête par Sartine. Secondé de l’expérimenté inspecteur Bourdeau, son adjoint, Nicolas va devoir démêler le vrai du faux s’il ne veut pas voir sa carrière sombrer avant même d’avoir démarré.

Le Floch se lance donc à la poursuite du commissaire Lardin dans tout Paris, de la rue des Blancs-Manteaux à Vaugirard, en passant par le Dauphin Couronné, lieu de plaisir et de jeux tenu par La Paulet, la basse-geôle, Monfaucon, la Croix-Nivert et le Châtelet. Il va pouvoir rencontrer tout une galerie de personnages hauts en couleur : une veuve joyeuse, une cuisinière très en verve, un chirurgien de marine, un tartuffe, une maquerelle… L’intérêt du récit de Jean-François Parot, au-delà de la résolution de l’énigme,  est aussi dans le fait de faire côtoyer des personnages de fiction et des personnes qui ont réellement existé comme Madame de Pompadour, le roi Louis XV, Sartine, le ministre Saint Florentin, Monsieur de Paris (le bourreau Sanson), M. de La Borde, premier valet du roi, etc, et de s’appuyer sur le contexte historique et politique de l’époque.

Dans cette première aventure, Nicolas va faire la connaissance de son supérieur, le lieutenant général de Police Sartine qui va régner sans partage sur la police de Paris jusqu’à la mort de Louis XV ; de l’inspecteur Bourdeau, son adjoint ; de Charles-Henri Sanson, chargé des autopsies (une invention de l’auteur, Sanson n’a jamais occupé cette fonction) ; d’Aimé de Noblecourt, ancien procureur, épicurien devant l’éternel, fin lettré et amateur de mets raffinés, chez qui il loge après la disparition de Lardin ; le médecin Guillaume Semacgus, chirurgien de marine ; M. de La Borde, premier valet de chambre de Louis XV ; ainsi que les servantes, cuisinières expertes, Marion et Catherine.

Cette première enquête de Nicolas Le Floch va être couronnée de succès par le Roi et il apprendra même la vérité sur ses origines mais chut pour le savoir, il faudra lire L’énigme des Blancs-Manteaux.

Le seul reproche que je peux faire à ce premier volume c’est l’abondance de détails concernant le supplice de Damiens, qui avait attenté à la vie du roi, et qui subit un véritable martyre dont l’auteur ne nous épargne aucun détail. Jean-François Parot n’avait nul besoin de recourir à ce subterfuge pour nous démontrer son excellente connaissance du XVIIIè siècle, qu’il connait sur le bout des doigts, à n’en pas douter.

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Lu dans le cadre des challenges Nicolas Le Floch, Paris et Polars Historiques :

nicolas-le-floch-2    camille-pissarro-the-louvre-and-the-seine-from-the-pont   

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