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Posts Tagged ‘roman adolescence’

Charlotte Bousquet a écrit une quarantaine d’ouvrages pour adultes et adolescents. Autrice éclectique, récompensée par de nombreux prix, elle est à l’aise dans tous les genres : anticipation (Le dernier ours), fiction contemporaine ou historique (Là où tombent les anges), fantasy ou bandes-dessinées (Mots Rumeurs, mots cutter). Ses récits, engagés, parfois âpres, laissent rarement indifférent.

1991, France. En triant les affaires de sa sœur disparue cinq ans plus tôt dans des circonstances tragiques, Luzia retrouve son vieux médaillon ainsi que son journal intime. À sa lecture, elle s’interroge : et si son suicide était lié à ce bijou et à la mort de leur tante vingt ans auparavant à Évora ?

Quand elle commence à être assaillie de cauchemars et d’hallucinations, la jeune femme se lance sur les traces de la vérité. Une quête qui la plongera dans le passé de sa famille, dans un Portugal déchiré par la dictature de Salazar…

Des oeillets pour Antigone signe mes retrouvailles avec Charlotte Bousquet que j’avais découvert avec Là où tombent les anges que j’avais adoré et trouvé très émouvant.

Et en refermant ce roman qui aborde beaucoup de thématiques, j’ai écrasé quelques larmes tant l’histoire m’a bouleversée. L’autrice nous plonge dans trois époques (1971, 1986 et 1991), à travers le destin de trois femmes (Alma, Sabine et Luz) qui ont toutes en commun la volonté d’être libres.

L’histoire est classique mais prenante, avec des flash-backs bien menés dans les différentes époques, et teintée d’une petite touche de fantastique à travers un médaillon que les trois héroïnes vont porter tour à tour. J’ai beaucoup aimé ce roman qui m’a replongé dans mon adolescence avec les nombreux clins d’oeil à la culture des années 80, notamment le groupe Queen que j’adore, et j’ai été très sensible aux thématiques, difficiles, abordées par Charlotte Bousquet.

Tout d’abord la dictature de Salazar qui a régné sans partage sur le Portugal pendant plus de quarante ans. Je ne connais pas l’histoire de ce pays et j’ai découvert un régime politique qui n’avait, hélas pour les portugais, rien à envier à Franco, Pinochet et compagnie et le combat de ses opposants qui va aboutir à la révolution des oeillets, menant le pays sur la voie démocratique.

Cette partie qui a pour cadre l’année 1971 est portée par Alma, une jeune fille très belle et charismatique, cavalière hors-pair qui va perdre la vie tragiquement, je ne vous spoile pas, on l’apprend dès le départ.

On découvre les évènements de l’année 1986, qui vont mener au suicide de Sabine, jeune lycéenne de 16 ans et soeur ainée de l’héroïne à travers son journal intime.

Puis l’année 1991, c’est au tour de Luz de se raconter, de découvrir ce qui a mené sa soeur au suicide ainsi que les circonstances exactes de la mort d’Alma. Avec ce personnage, l’autrice aborde l’homoséxualité et les années SIDA, qui ont fait un tel ravage dans la communauté gay.

Charlotte Bousquet construit habilement son récit, nous promenant d’héroïne en héroïne et d’époque en époque, de surprise en surprise aussi, de façon très fluide. J’ai été happée dès les premières pages, touchée par ces trois jeunes femmes éprises de liberté.

Les différentes thématiques (suicide, homosexualité, rapports conflictuels, liberté, vengeance, trahison…) sont bien traitées, le style de l’autrice est vraiment bon et elle met beaucoup d’émotion dans ses mots, dans son récit, son dénouement que j’en suis restée K.O debout.

Un très bon roman historique, très prenant et intéressant, avec une petite pointe de fantastique, vraiment tout m’a plu et je vous recommande vivement cette lecture.

Un grand merci à Scinéo pour cette lecture, j’ai adoré !

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Elsa Devernois a suivi des études scientifiques. Après avoir exercé différents métiers, elle a découvert le plaisir de raconter des histoires lors de vacances avec ses neveux. Elle écrit à présent pour tous les âges. Elle collabore aux magazines des éditions Milan (Wakou, Toupie, Toboggan, Diabolo).

Louis vit seul avec sa mère depuis que ses parents se sont séparés. Arrivent les vacances de printemps et père et fils vont enfin se retrouver. Au programme : une semaine en tête à tête avec son père à voyager dans une camionnette toute cabossée. Autant dire, qu’il n’attend pas beaucoup de chose de ses vacances dans le Jura.

Depuis que ses parents se sont séparés, lui et son père communiquent très peu. Quelques mails. Aucun coup de fil. Et il faut bien l’avouer, pas grand chose à se dire. Deux taiseux de père en fils, pense Louis !

Et s’il se trompait ? Leur arrestation par des douaniers et quelques jours passés dans un camping vont changer à jamais le regard que Louis portait sur son père. Et remettre en question tous les liens qui l’unissent à sa famille.

La semaine qui a changé ma vie est un très bon roman pour les adolescents qui aborde des problématiques et des thématiques très intéressantes. Elsa Duvernois aborde avec tact et pudeur la violence d’un divorce conflictuel, les parents malveillants, la crise d’adolescence, les relations père/fils, la précarité.

L’autrice met au premier plan la reconstruction des liens entre un père et fils et cette semaine de vacances va permettre à Louis d’ouvrir les yeux sur un certain nombre de choses : la possessivité d’une mère aimante mais toxique qui empêche toute communication entre l’adolescent et son père. La précarité de son père qui vit de petits boulots, habite dans son van mais est très heureux de cette existence loin du consumérisme.

Père et fils m’ont beaucoup touchée : le premier est généreux et bienveillant, très ouvert sur les autres, le second prend difficilement la parole, n’a pas d’amis et s’éloigne le plus possible des conflits.

Ils ont réussi dès la premières pages à m’embarquer à bord de leur Trafic cabossé et j’ai aimé les suivre dans leur road trip jurassien, fait de rencontres et de débrouille.

Les adolescents se reconnaîtront dans les tourments, les hauts et les bas vécus par Louis, sa difficulté à communiquer et à se faire des amis.

Les adultes n’auront aucun mal à s’identifier au père de famille, encore chamboulé par la fin de son mariage et qui souhaite se rapprocher de son fils, et surtout l’aider à traverser cette difficile période qu’est l’adolescence.

Un court roman intéressant et touchant à mettre dans toutes les mains dès 13 ans, je vous le recommande vivement, idéal pour cet été !

Un grand merci aux éditions L’école des loisirs pour cette lecture, j’ai adoré.

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Le midi, Alex mange incognito dans le parc le repas que lui a préparé sa mère. Mais depuis quelque temps, une main anonyme s’amuse à tracer sur son banc des inscriptions au Tipp-Ex qui le visent directement. Alex tronche de nem, Alex bol de riz. Alex est d’origine taïwanaise. Blessé et en colère, il efface chaque nouvelle insulte. Heureusement, son amie Sibylle a d’autres idées pour affronter ce problème délicat.

le-banc-sandrine-kaoauteur-éditeur-pagesVous me dites souvent que je suis une grande tentatrice mais les bloggeuses que je lis, le sont aussi, preuve en est une nouvelle fois avec ce roman jeunesse, Le banc de Sandrine Kao, repéré sur le blog de George.

Alex, en réalité Alexandre, est un jeune collégien français, d’origine taïwanaise. Il vit seul avec sa mère depuis que son père est retourné à Tawaïn un an plus tôt, faute de travail. La vie quotidienne de l’adolescent est difficile, sa mère et lui vivent chichement, il a peu d’amis, souffre d’être le chinetoque de service de sa classe, et pour couronner le tout, son père ne donne plus de nouvelles, ce qui laisse à penser qu’il a refait sa vie dans l’île.

Aussi, pour alléger le budget familial, il ne prend pas les transports en commun et ne va pas à la cantine. Chaque jour, il mange seul sur un banc, dans un parc non loin du collège, un plat asiatique que lui a préparé sa mère. Et ce banc, sur lequel lui seul s’assoit, se voit tagué d’insultes qui lui sont destinées, telles que « Alex bol de riz » ou « Alex tronche de nem » marquées au tipp-ex.

Blessé et en colère, il s’emploie chaque midi à enlever l’insulte du jour mais lorsque sa camarade Sybille découvre la situation et s’en mêle, révoltée par ces tags honteux, c’est parti pour une véritable enquête policière avec photos au smartphone et analyses graphologiques.

Ce court roman, de facture classique, fait mouche et se lit d’une traite ! Sandrine Kao aborde avec intelligence, pudeur et délicatesse des thèmes qui touchent plus particulièrement les enfants et les adolescents : la différence, le mensonge, le racisme, le manque du père, le divorce, les difficultés financières et affectives, etc.

Le style est très abordable, va droit au but et se révèle parfait pour les enfants à partir de 10 ans. Le langage employé est celui utilisé par le lectorat visé, là encore c’est bien vu car les enfants n’auront pas de mal à lire ce roman, ni à s’identifier au narrateur ou à ses copains.

Le jeune héros de Sandrine Kao veut juste être un enfant comme les autres, il souhaite s’intégrer et être un français à part entière et non pas un chinetoque, il ne rejette pas son appartenance mais ne parle pas la langue et ne se sent pas vraiment d’affinité avec sa communauté d’origine, sauf en ce qui concerne la cuisine !

La vie n’est pas simple ni toujours tendre, mais ce petit roman est sacrément efficace pour aborder la violence ordinaire à laquelle sont confrontés les enfants et les jeunes adolescents dans l’enceinte même des écoles, collèges et lycées. Un livre à mettre entre toutes les mains, pour apprendre la bienveillance, la tolérance et le droit à la différence, quelqu’elle soit.

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