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Posts Tagged ‘roman allemand’

Brillant fox-terrier capable de communiquer en messages codés, Sirius émigre aux Etats-Unis avec la famille Liliencron, qui fuit l’Allemagne nazie. Arrivé à Hollywood, il devient la coqueluche des studios Warner Bros. et s’acoquine avec les plus grands : Rita Hayworth, Billy Wilder, John Wayne et Cary Grant n’ont plus de secrets pour lui ! Engagé ensuite par le cirque Barnum, son ascension dans le showbiz tourne court lorsqu’un tour de magie échoue et le fait « réapparaître » à Berlin. heart_4auteur-editeur-pagessirius-jonathan-crown

La famille Liliencron, d’origine juive, habite un bel hôtel particulier de Berlin à une époque où être juif est loin d’être réjouissant puisque le Führer tient ferme les rênes de l’Allemagne.

Carl, le père, est professeur dans un institut, où il étudie les relations entre les planctons arctique et antarctique. Rahel, la mère, est une femme au foyer et accessoirement, ex-amoureuse de l’acteur Peter Lorre. Elle trompe son ennui en apprenant des tours à Lévi, le fox-terrier familial. Georg, le fils, se destine à devenir médecin mais pour l’instant, ne peut prétendre à entamer des études dans ce domaine réservé aux aryens. Else, la fille, est musicienne.

Suite à la promulgation de nouvelles lois, Carl est brusquement congédié de l’institut et après qu’une rafle ait bien failli les envoyer croupir dans un camp de concentration, ils quittent l’Allemagne pour Hollywood, grâce à l’aide de Peter Lorre.

Carl trouve, toujours grâce à Peter Lorre, un emploi de chauffeur de star dans la Mecque du cinéma, il s’accommode de cette nouvelle vie qui va prendre un nouveau tournant lorsque Lévi, rebaptisé Sirius, cabotin à souhait, tape dans l’œil de Jack Warner.

Jonathan Crown signe ici une fable drolatique sur un épisode dramatique de la seconde guerre mondiale, la Shoah. Sirius, le fox-terrier, qui donne son nom au roman, en est le véritable héros. Ce chien de race trouvé dans la rue possède des dons exceptionnels que l’on va découvrir tout au long de ses aventures totalement rocambolesques !

De Berlin aux plateaux d’Hollywood en passant par le cirque et le bunker où Adolf Hitler va finir ses jours, le destin du cabot et celui du maître de l’Allemagne nazie, se retrouvent irrémédiablement liés.

Peut-on rire de tout ? Oui, lorsque c’est fait avec talent et c’est le cas ici. L’histoire est totalement farfelue mais elle colle à l’Histoire même si Jonathan Crown prend quelques libertés pour ajouter des touches d’humour.

Le régime nazi et la moindre faiblesse humaine sont brocardées avec brio et la plume de l’auteur est agréable, le roman se lit fort bien, se dévore même. L’auteur passe de la peur à la cocasserie, de la gravité à la légèreté,  de la superficialité d’Hollywood à la barbarie du nazisme de façon toujours habile.

Que vous dire de plus que j’ai beaucoup aimé ce récit et ce héros hors du commun, dont je vous conseille la lecture à votre tour ?

Un grand merci à Anne et aux Editions Presses de la cité pour cette lecture réjouissante !

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Ça peut arriver à chacun d’entre nous. Tous les jours. Partout. Il suffit d’un malheureux hasard. Et notre vie n’est plus jamais la même. Nous passons brusquement d’un monde garant de la démocratie aux zones troubles du non-droit où seules prévalent les règles de la plus sale des guerres. À Hambourg, les préparatifs du sommet international contre l’armement et pour le climat battent leur plein. Les services secrets ont reçu les premières menaces terroristes. Au même moment, l’avocate Valérie Weymann est arrêtée à l’aéroport. Au terme d’interrogatoires interminables, elle comprend que les agents de la CIA et du BND la suspectent d’être liée à Al-Qaïda. Et puis une bombe explose dans la gare de Dammtor. Vingt-quatre heures plus tard, Valérie, sur qui pèsent de graves soupçons, est conduite dans une prison secrète d’Europe de l’Est.

zone-de-non-droit-alex-bergauteur-éditeur-pagesLorsque j’ai reçu les livres de la sélection de septembre du prix ELLE des lectrices 2014, je ne vous ai pas caché mes doutes. Sur les trois reçus, aucun ne m’inspirait vraiment, et surtout pas ce titre. Lorsque j’ai lu la 4è de couverture de Zone de non-droit d’Alex Berg et que j’y ai vu les mots « CIA », « BND », « Al-Qaïda », j’étais persuadée que ma lecture allait être une source d’ennui profond, il n’en a rien été et je dois bien avouer que ce thriller a été une très bonne surprise.

Ce n’était pourtant pas gagné car je ne goute guère les films et les romans d’espionnage, encore moins s’ils ont pour toile de fond la lutte du bien contre le mal (gentils occidentaux contre méchants musulmans en l’occurrence), la torture, les black sites de la CIA, la guerre entre services de renseignements… Et pourtant tous ces codes du roman d’espionnage sont bel et bien au cœur de l’intrigue brillamment tissée par Alex Berg. Littéralement happée par le talent de l’auteur et les multiples rebondissements qui ponctuent le récit, je n’ai pas réussi à le lâcher avant le point final, tant la tension m’a maintenue en apnée de Hambourg à la Roumanie, aux cotés de l’héroïne et de l’agent de la BND.

Valérie Weymann est une jeune avocate allemande qui vit à Hambourg où doit avoir lieu un sommet mondial sur l’environnement et le désarmement. Maman de deux fillettes, elle est mariée à Mark et s’apprête à superviser une réunion importante à Londres. Alors qu’elle est dans la file d’embarquement, elle est arrêtée manu militari et conduite sans beaucoup de ménagement au Präsidium au mépris de ses droits les plus élémentaires. Elle n’a pas le droit d’être assistée par un avocat ni de contacter quiconque à l’extérieur. Eric Mayer, agent du BND (service de renseignement allemand) est chargé de la cuisiner et de lui soutirer des informations. Et dès cet instant, la vie de Valérie basculera dans l’horreur et dans des semaines de souffrances et de terreurs intenses. Pourquoi elle ? Tout simplement parce qu’elle est la meilleure amie de Noor Al-Almawi, une jeune médecin d’origine syrienne qui lutte contre les violences faites aux femmes dans les pays musulmans et qui s’est ainsi attirée bon nombre d’ennemis en Iran notamment. Noor est soupçonnée par les services de renseignements internationaux d’être une terroriste et l’une des responsables de l’attentat de Copenhague avec Mahir Barakat, un médecin qu’elle vient d’épouser et Safwan Abidi, un poète avec qui Valérie a eu une brève liaison.

Valérie a beau protester de son innocence et de celle de ses amis, les services de renseignements américains et canadiens représentés par Robert F. Burroughs et Marion Archer, ne la croient pas. Seul Mayer semble prêter foi aux allégations de l’avocate. Ce ne sera malheureusement pas suffisant pour Valérie qui va vivre une véritable descente aux enfers. L’heure est en effet à la paranoïa et les droits des citoyens, bafoués pour la bonne cause sans le moindre remord ou regret, tant pis pour les dégâts collatéraux, seule compte la sécurité des chefs d’état attendus à Hambourg, et surtout celle du président américain fraichement élu.

L’histoire de Valérie est particulièrement crédible et d’autant plus effrayante car l’auteure nous démontre qu’elle pourrait arriver à chacun d’entre nous. Sur un simple soupçon, une confusion comme le dit l’auteure elle-même, notre vie peut plonger en enfer, et ce, pour une durée indéterminée. Plusieurs musulmans soupçonnés d’appartenir à Al-Qaïda ont été emprisonnés à Gantanamo pendant des années avant que leur innocence soit reconnue. Quel calvaire ont-il enduré avant d’avoir recouvré leur liberté ? Quelles séquelles psychologiques en ont-ils gardés ? On ne peut l’imaginer mais on en a un aperçu en lisant Zone de non-droit et ça fait vraiment froid dans le dos.

Alex Berg signe ici un thriller réussi particulièrement haletant, maitrisant son sujet du début à la fin. Elle ne tombera à aucun moment dans la facilité, le sensationnel ni le macabre, une petite prouesse lorsque l’on lit les épreuves infligées à Valérie et à Noor. Un roman que je vous recommande !

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Lu dans le cadre du prix ELLE des lectrices 2014 sélection de septembre et des challenges Le tour du monde en 8 ans et La plume au féminin édition 2013 :

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C’était un rite amoureux étrange de ce couple mal assorti. Hannah, 35 ans, aimait que Michaël, 15 ans, lui fasse la lecture à haute voix. Un jour Hannah disparaît. Quelques années plus tard, alors qu’il fait ses études de droit, Michaël retrouve Hannah au banc des accusées d’un procès contre des criminelles nazies. Elle se défend mal, comme si elle préférait une lourde condamnation à l’aveu d’un honteux secret… Pendant des années, Michaël continue d’envoyer des lectures enregistrées sur cassettes à la prison où Hannah purge une longue peine. Peut-on aimer quelqu’un dont on abhorre la conduite sans se rendre soi-même coupable ? Sous l’aspect d’une triste histoire d’amour, le roman soulève de graves questions, comme la responsabilité et les conditions de la dignité humaine.

À quinze ans, Michaël fait par hasard la connaissance, en rentrant du lycée, d’une femme de trente-cinq ans. Il a la jaunisse et fait pratiquement un malaise devant chez elle. Cette femme qu’il ne connaît pas le ramène chez lui, et lorsque quelques mois plus tard, Michaël est guéri, sa première sortie sera pour remercier cette femme qui lui a porté secours. Il lui apporte un bouquet de fleurs et tombe éperduement amoureux. Dès le lendemain, il devient son amant.

Pendant six mois, il la rejoint chez elle tous les jours, sèche le dernier cours du matin ou la rejoint en fin d’après-midi, après le lycée. Leurs après-midis obéissent à un rituel précis : il lui fait la lecture à haute voix, ils se douchent, font l’amour et restent étendus ensemble jusqu’à l’heure où il doit rentrer chez lui.

Mickaël est très amoureux et fait tout pour qu’Hanna reste avec lui mais lui, ne sait rien de ses sentiments. Hanna reste froide, mystérieuse et imprévisible. Elle ne va jamais lui dire qu’elle l’aime, ni l’appeler par son prénom, il doit se contenter de « garçon », rien de plus. Puis, elle disparaît du jour au lendemain, et cette disparition va rester une cicatrice béante pour le jeune homme.

Sept ans plus tard, Michaël assiste, dans le cadre de ses études de droit, au procès de cinq criminelles, des gardiennes du camp d’Auschwitz, accusées d’avoir laissée mourir un convoi de femmes dans des conditions particulièrement horribles. Parmi elles, il reconnaît Hanna. Accablée par ses coaccusées, elle se défend mal et est condamnée à la détention à perpétuité. Mais, sans lui parler, Michaël comprend soudain l’insoupçonnable secret qui, sans innocenter cette femme, éclaire sa destinée, et aussi cet étrange premier amour dont il ne se remettra jamais. Il se marie, a une petite fille Julia, mais ce mariage se solde vite par un divorce, car il ne peut oublier Hanna et ses émois d’adolescent. Il cherche Hanna dans chaque femme qu’il rencontre et ce souvenir, ternit toutes les relations amoureuses qu’il pourrait avoir, il compare les femmes à Hanna et Hanna gagne toujours. On dit qu’on ne se remet jamais de son premier amour, c’est le cas de Michaël.

Au bout de 8 années de détention, il décide de redevenir le lecteur d’Hanna. Il lui envoie chaque semaine ou chaque mois, selon ses disponibilités, des cassettes sur lesquelles il a enregistré ses lectures, et ce pendant 10 ans, jusqu’à ce qu’Hannah soit graciée. Et c’est à ce moment-là qu’il la revoie pour la dernière fois.

Ce roman partiellement autobiographique est l’occasion pour son auteur de comprendre son histoire, mais aussi de comprendre l’histoire. Sa génération, celle des enfants nés pendant la seconde guerre mondiale ou juste après, souffre de culpabilité collective et s’éloigne peu à peur de leurs parents coupables à leurs yeux, au pire de nazisme, au mieux, coupables d’indifférence.

Il y a de très belles pages sur cette culpabilité, sur les procès tardifs d’après-guerre, ceux qui ont lieu dans les années 60. L’auteur met le doigt où cela fait mal : ce sont les petits, les sans grades, les simples employés qui sont traduits en justice et condamnés, pendant que les commandants et les théoriciens nazis vivent un exil doré ou ne sont tout simplement pas inquiétés.

Un roman important, poignant et juste, sur l’histoire d’un premier amour, mais aussi et surtout le destin d’une génération, celle des jeunes allemands qui cherchent à comprendre leur Histoire et à se construire malgré tout…

Lu dans le cadre des challenges Le nez dans les livres, Cartable et tableau noir et ABC Babelio 2012-2013

         

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