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Posts Tagged ‘roman américain’

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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A l’heure de la libération de la parole post #MeToo, Vox rend hommage au pouvoir des mots et du langage.

Jean McClellan est docteure en neurosciences. Elle a passé sa vie dans un laboratoire de recherches, loin des mouvements protestataires qui ont enflammé son pays. Son amie Jackie a tenté à plusieurs reprises de l’intéresser à la vie politique américaine et aux droits des femmes, en vain.

Mais, désormais, même si elle le voulait, impossible de s’exprimer : comme toutes les femmes, elle est condamnée à un silence forcé, limitée à un quota de 100 mots par jour. En effet, le nouveau gouvernement en place, constitué d’un groupe fondamentaliste, a décidé d’abattre la figure de la femme moderne.

Pourtant, quand le frère du Président fait une attaque, Jean est appelée à la rescousse. La récompense ? La possibilité de s’affranchir – et sa fille avec elle – de son quota de mots. Mais ce qu’elle va découvrir alors qu’elle recouvre la parole pourrait bien la laisser définitivement sans voix…

Vox est le premier roman de Christina Dalcher, docteure en linguistique à l’université de Georgetown. Lorsque je l’ai repéré sur le programme des éditions Nil, j’ai tout de suite eu envie de le lire car il me semblait important et je suis ravie de l’avoir choisi car même si je n’ai pas eu de coup de cœur, j’ai adoré ce roman !

Bien sûr, lorsque l’on plonge dans ce récit on ne peut que penser à La servante écarlate de Margaret Atwood. Comme son illustre aînée, Christina Delcher nous propose une dystopie glaçante pour les femmes, qui rend hommage au pouvoir des mots et du langage.

J’avoue, que mise à part des réserves sur le dénouement que j’ai trouvé bien trop expéditif, ce que j’avais déjà reproché à La servante écarlate, j’ai adoré cette lecture que j’ai trouvé passionnante et très originale.

Il y a beaucoup à dire sur ce roman anxiogène car au-delà de la place des femmes dans la société américaine, Christina Dalcher axe son récit sur la privation des droits et des libertés pour la totalité de la population féminine qui vit dans la crainte de son bracelet compteur de mots et des nouvelles lois sorties du cerveau du leader du Mouvement Pur, le révérend Carl Corbin.

L’héroïne, Jean McClellan, est très intéressante. Docteure en neurosciences, elle est comme toutes les femmes américaines presque réduite au silence et au rôle de potiche au sein de son foyer, un rôle pour lequel elle n’est visiblement pas faite. Son mari travaille pour le gouvernement et son fils aîné a totalement basculé du côté des puritains, ce qui fait bouillir cette mère de quatre enfants.

Les femmes n’ont plus le droit d’avorter, les relations sexuelles hors mariage sont proscrites tout comme les unions homosexuelles. Les homosexuels sont envoyés dans des camps chargés de les rééduquer et leurs enfants, confiés à leur plus proche parent masculin.

Tous ceux qui enfreignent les règles sont sommairement exécutés ou montrés à la télévision lors de cérémonies où ils sont voués aux gémonies avant d’être emmené dans un camp où ils sont réduits à l’état d’esclavage, sans possibilité de prononcer le moindre mot.

Les femmes ne peuvent quasiment plus parler mais elles n’ont aussi aucun accès aux moyens de communication (internet, téléphone, courrier…), ne peuvent posséder de livres, n’ont plus le droit de travailler… Dès leur naissance, les petites filles se retrouvent avec un compteur au poignet et en matière de scolarité, elles n’ont que le droit d’apprendre des choses qui pourront les servir en tant que mère de famille (cuisine, budget familial, couture, ménage…).

Mais, suite à une attaque cérébrale, le frère du Président a besoin de l’aide d’experts, et Jean va intégrer l’équipe de spécialistes affectée à sa guérison, en échange, on lui ôte, ainsi qu’à sa fille Sonia, le fameux bracelet.

Et au fil des jours passés au labo, elle va se demander si le gouvernement n’a pas d’autres projets en tête et si ce n’est pas un prétexte pour mener à bien d’autres funestes expériences.

Comme dans la société de Gilead, vous l’aurez compris, les femmes sont au premier rang les victimes de ce nouveau pouvoir, et leur bracelet chargé de compter leurs mots, est une véritable arme, leur envoyant des décharges électriques de plus en plus fortes si elles ne respectent pas le quota.

Difficile de revenir sur chaque point marquant de ce roman, il y en a beaucoup et je ne souhaite pas trop en dévoiler ici afin de ne pas gâcher la lecture de celles et ceux qui n’ont pas encore lu Vox.

En refermant ce roman, je ne peux que vous conseiller de vous y plonger à votre tour, c’est une lecture importante qui me restera longtemps en mémoire. La situation décrite par Christina Dalcher est hélas crédible, c’est bien ça le pire.

Un grand merci à Filippa et aux éditions Nil pour cette lecture passionnante !

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Lu dans le cadre du Mois Anglais :

Londres 1901 : la reine Victoria vient de s’éteindre et l’Angleterre a des impatiences de liberté. A travers le destin poignant de deux familles, Tracy Chevalier ressuscite un début de siècle turbulent. Le hasard a réuni autour de leurs tombes respectives les Waterhouse et les Coleman. Les premiers vouent un culte à la défunte souveraine et professent les valeurs traditionnelles. les seconds aspirent à une société plus moderne et plus libérale. Deux fillettes, qui se sont promis une amitié éternelle, seront les narratrices de l’intimité des deux clans. Tandis qu’elles s’éveillent à la vie, leurs parents se débattent dans un maelström de passions. Si Mrs. Waterhouse se contente du confort domestique que son mari lui procure, la très belle Mrs. Coleman suffoque dans un univers très confiné. Elle aspire à des sentiments nobles, des défis, une cause. C’est alors qu’elle croise le chemin des suffragettes londoniennes. La vie de tous les protagonistes en sera bouleversée.

Londres, janvier 1901 : la reine Victoria vient de mourir après un règne long de plus de soixante-trois ans. Comme le veut la coutume, le pays entier prend le deuil, les familles se rendent au cimetière afin d’honorer la défunte reine.

Leurs tombes étant mitoyennes, les Waterhouse et les Coleman font connaissance. Si les adultes ne sympathisent guère, leurs filles Maude et Lavinia se lient immédiatement d’amitié.

Pourtant, les familles n’ont pas grand-chose en commun. L’une incarne les valeurs traditionnelles de l’ère victorienne et l’autre aspire à plus de liberté. Dans le cimetière, Lavinia et Maude se retrouvent souvent et partagent leurs jeux et leurs secrets avec Simon, le fils du fossoyeur, au grand dam de leurs parents.

Lavinia est élevée dans le respect des principes alors que Maude est livrée à elle-même : sa mère, Kitty Coleman, vit dans ses propres chimères. Ni la lecture, ni le jardinage, ni sa fille ne suffisent à lui donner goût à la vie.

Jusqu’au jour où elle découvre la cause des suffragettes. La vie des deux familles en sera bouleversée à jamais…

Quel bonheur de retrouver la plume de Tracy Chevalier que j’avais découvert il y a fort longtemps avec La vierge en bleu, La dame à la licorne, Prodigieuses Créatures (gros coup de coeur) et La jeune fille à la perle.

J’aime me plonger dans les histoires qu’elle raconte, suivre les personnages féminins qui les portent, et pourtant Le récital des anges est une relique dans ma PAL, qui était déjà sur mes étagères avant la création du blog il y a sept ans. Pourquoi ? Je ne me l’explique pas et j’en suis d’autant plus navrée que j’ai beaucoup aimé l’atmosphère de ce roman sur le deuil et l’émancipation féminine.

Dans ce véritable roman choral, on suit les Coleman et les Waterhouse de janvier 1901 à mai 1910, de l’enfance des enfants jusqu’à leur arrivée dans l’adolescence et à travers elles, le vent de liberté qui a soufflé sur la société anglaise après le décès de la reine Victoria, engoncée dans le deuil éternel du prince Albert, et les bouleversements qui en ont découlé avec l’avènement du roi Edouard VII.

Ici ce sont surtout les enfants que sont Maude, Livy, Ivy May et Simon qui tirent leur épingle du jeu, indéniablement les personnages les plus intéressants du roman.

Les deux pères sont très effacés, Kitty et Trudy, les mères, m’ont laissé assez indifférentes : l’une à cause de sa neurasthénie et la seconde, à cause de son manque de personnalité, elles font pâle figure à côté de Maude et Livy qui savent, elles, très bien ce qu’elles veulent.

A travers ces figures féminines et celles des domestiques Jenny et Mrs Baker, Tracy Chevalier nous dépeint la condition féminine au début du XXè siècle, thème central de tous ses romans. Des convenances étriquées aux balbutiements de la libération de la femme, l’auteure donne une nouvelle fois la vedette à ses personnages féminins, ladies et roturières confondues en abordant ici la place du corps, l’avortement, la grossesse, la soumission au mari et le droit de vote.

Vous savez j’aime beaucoup la thématique des suffragettes et je regrette qu’ici, elle intervienne aussi tardivement dans le récit car ce mouvement est très bien décrit ici et surtout, c’est l’engagement de Kitty qui va faire surgir la dramaturgie et faire basculer les deux familles.

La figure centrale est, une fois n’est coutume, le cimetière, point de rencontre des deux familles et lieu de promenade, ce qui permet aussi à la romancière d’aborder la religion, le deuil, l’étiquette lié à celui-ci et aux enterrements mais aussi la question de la crémation qui émerge à cette époque.

J’ai apprécié également le procédé narratif qui consiste à raconter l’histoire à plusieurs voix. Chaque personnage du roman nous confie ses pensées, ses espoirs, ses attentes, sa façon personnelle de vivre les évènements… chacun ayant sa propre manière de s’exprimer, cet aspect-là est vraiment bien maîtrisé par Tracy Chevalier, ce qui n’est toujours le cas dans les romans choral.

Un très bon roman, bien documenté que je vous recommande si les thématiques et l’époque où se déroule ce récit vous passionne !

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M. Baxter a quatre-vingt-quatorze ans lorsqu’une chute dans son escalier le condamne à la maison de retraite. Cet homme qui a vécu mille vies s’accommode mal de la routine de Melrose Gardens. Ses vieux jours, il veut en profiter à tout prix, et troquer la télévision, le thé, et les antidouleurs contre du bon vin, de la bonne musique et des divertissements dignes de ce nom. Accompagné d’un jeune infirmier qui traverse une période sombre, Baxter se lance dans une folle équipée pour rendre hommage à son amour perdu. À mesure que le vieillard lui raconte ses souvenirs, son compagnon de route comprend que la vie n’est pas destinée à être subie ; que le monde est vaste et magnifique ; que la gentillesse est une force. Et que la meilleure façon d’honorer les morts est de vivre pleinement.

Baxter est un ancien professeur de 94 ans qui, suite à une chute dans son escalier, doit séjourner dans la maison de retraite de Melrose Gardens. Mais il n’a pas l’intention d’y croupir car avant de rendre son dernier soupir, il a quelque chose à faire.

Greg est un jeune homme brillant, promis à de grandes études, qui à la suite du suicide de son frère, a perdu pied. Il se querelle sans cesse avec son père qui n’a jamais compris Michael.

Le jeune homme de vingt ans, voit arriver Baxter lors de son premier jour à la maison de retraite comme infirmier. Ils vont se lier d’amitié et au fur et à mesure de leurs échanges, le vieil homme va se confier…

Pour son premier roman, Matthew Crow a choisi avec Le dernier voyage de monsieur Baxter de nous raconter une histoire toute simple, celle de Baxter, qui à l’âge de 94 ans, dit enfin au revoir à Thomas, porté disparu pendant la seconde guerre mondiale.

Un récit touchant mais aussi très drôle qui nous permet de voir évoluer Baxter, un vieil homme fantasque, épicurien en diable, dans son quotidien mais aussi dans son passé qui nous emmène en 1939.

L’auteur alterne en effet le présent et des flash back dans le passé de Baxter et nous raconte l’histoire d’amour entre Baxter et Thomas, unis par la musique, à une époque où l’homosexualité était considérée comme un crime, passible de prison.

Parallèlement à lui, il y a l’histoire de Greg Cullock, qui est dans une grave dépression depuis le suicide de son petit frère Michaël. Son cadet et lui étaient diamétralement opposés mais s’adoraient. L’aîné était populaire tandis que le second était harcelé à cause de son homosexualité.

J’ai beaucoup aimé ce duo, qui au premier abord, n’a rien en commun, ces deux hommes se révèlent très touchants par leurs parcours, leurs failles. Les autres personnages sont également attachants : Winnifred, la plus vieilles amie de Baxter, ainsi que le personnel de Melrose Gardens.

L’homosexualité et l’homophobie sont, vous l’aurez compris, les thèmes centraux du roman. Et bien que les mentalités et les mœurs évoluent, l’homosexualité n’est de nos jours plus pénalisée heureusement, les homosexuels restent tout de même harcelés, battus, pour ce qu’ils sont et parfois, poussés au suicide, c’est bien triste de faire ce constat au 21è siècle et on ne peut qu’espérer que ce type de romans contribue à ce que les choses changent.

Quelques bémols toutefois : le scénario est un peu cousu de fil blanc et j’ai été gênée par la mise en page de ce roman car dans un même chapitre il y a multiplicités de narrateurs et alternances d’époques sans que cela soit clairement signalé, à certains moments, l’auteur m’a perdu.

Un premier roman touchant, plein d’espoir, tendre, drôle à souhait, un feel good book facile à lire, dommage que la fin soit expéditive car je suis restée un peu sur ma faim et surtout j’aurai bien aimé savoir ce qu’il advient des personnages, une fois ce dernier voyage accompli.

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« Il aura suffi d’un coup de fil et d’un malentendu pour que Willa Drake devienne la grand-mère d’une petite fille de neuf ans qu’elle n’a jamais vu. Avec humour et tendresse, Anne Tyler nous rappelle qu’il n’est jamais trop tard pour choisir sa vie. »

A soixante et un ans ans, Willa Drake mène une existence réglée comme du papier à musique en Arizona. Jusqu’à ce qu’un coup de fil venu de l’autre bout du pays lui apprenne que Denise, la compagne de son fils aîné Sean, a pris une balle perdue devant sa maison de Baltimore.

Callie, la voisine de Denise, l’assure, Cheryl, sa petite-fille, a besoin d’elle de toute urgence ! Willa n’a pas le temps d’en placer une et surtout pas de prévenir Callie que Cheryl n’est pas sa petite-fille.

Mais comme elle n’a rien de mieux à faire et qu’elle rêve de devenir grand-mère, Willa décide de prendre en charge la fillette. Son mari, Peter, un avocat à la retraite qui a bien du mal à raccrocher, l’accompagne…

Avec La danse du temps, Anne Tyler nous propose de retracer la vie de Willa, depuis son enfance entre une mère désaxée et un père trop gentil jusqu’à ses soixante et un ans.

En quelques dates, l’auteure revient sur les évènements marquants dans la vie de son héroïne en s’arrêtant longuement sur cet épisode de Baltimore qui arrive à la moitié du roman.

Je dois dire que si cette lecture fut agréable, elle ne sera pas marquante. Il ne se passe pas grand chose dans la vie de Willa, une héroïne falote, qui laisse les autres décider de sa vie, qui s’excuse presque d’être là.

Sa mère ne s’est pas montrée très maternelle ni gentille envers elle, son premier mari Derek lui a fait arrêter ses études, le second l’appelle Fillette, quant à ses deux fils, ses relations avec eux sont quasi inexistantes.

Willa est en fait transparente, traumatisée par son enfance, coincée entre une mère instable et un père trop accommodant avec son épouse, ce qui l’a incité à choisir un homme stable et sécurisant pour l’accompagner dans sa vie de femme.

Et si Willa peut paraître insipide, je l’ai trouvé pour ma part touchante dans son amour et son intérêt pour les siens, au point de s’effacer, de ne pas écouter ses envies et de ne pas recevoir beaucoup des autres en retour.

Touchante aussi dans sa tolérance, son acceptation des autres quelqu’ils soient, dans son rôle de grand-mère d’adoption pour la petite Cheryl, une enfant particulièrement mûre pour son âge, qui va d’embler éprouver beaucoup d’affection pour elle.

Son séjour à Baltimore va lui permettre de trouver enfin sa place, de se sentir importante, indispensable même, de nouer des liens avec tous les voisins de Denise dans cette banlieue résidentielle middle class.

Dans ce roman d’ambiance, les dialogues sont ciselés, l’humour très présent, l’écriture de Anne Tyler, belle, l’histoire est toute simple mais elle nous fait passer un bon moment. Ne vous attendez toutefois pas à des rebondissements, des secrets de famille… vous seriez déçu(e)s.

Merci aux éditions Phébus et à Babelio pour cette lecture !

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Marwan, mon cher enfant, je contemple ton profil éclairé par la lune, tes cils que l’on dirait calligraphiés, tes paupières closes dans ton sommeil innocent. Et je te dis : « Donne-moi la main. Tout ira bien. »

Sur une plage éclairée par la lune, un père syrien berce son fils endormi en attendant l’aube et l’arrivée d’un bateau. Il parle à son enfant des longs étés de son enfance, de la ville de Homs animée alors avec ses ruelles bondées, sa mosquée, son église et son grand souk.

Maintenant que le ciel crache des bombes, les obligeant à fuir une cité autrefois paradis terreste, il veut que son fils imagine la beauté de cette ville dont il ne reste désormais que des ruines…

Dans ce très beau livre brillamment illustré par l’artiste londonien Dan Williams, Khaled Hosseini rend hommage aux centaines de milliers de réfugiés qui prennent la mer au péril de leur vie pour fuir la guerre et les persécutions.

L’auteur d’origine afghane, par ailleurs l’un des auteurs les plus lus au monde, est ambassadeur de bonne volonté du HCR, le Haut Commissariat des Nations Unis pour les Réfugiés, et a également créé sa propre fondation qui porte son nom.

Cette organisation à but non lucratif fournit une aide humanitaire au peuple afghan. Ce n’est donc pas une surprise si il nous propose ce texte afin de nous sensibiliser au sort tragique des réfugiés, contraints de fuir leurs terres natales, pour l’Europe, qui apparaît tel un eldorado, mais qui finit par les refouler.

Une prière à la mer a été inspiré par l’histoire d’Alan Kurdi, le petit réfugié syrien de trois ans mort noyé en Méditerranée, en tentant de gagner l’Europe en septembre 2015. Un drame qui ému le monde entier. Malheureusement, au cours de l’année suivante, 4176 autres personnes ont péri ou ont été portées disparues en tentant un voyage similaire.

Ce court texte est dédié aux milliers de réfugiés morts en mer en fuyant la guerre et les persécutions est très émouvant bien sûr, il a pour but de sensibiliser les lecteurs mais aussi apporter une aide concrète aux réfugiés car pour chaque livre vendu, Albin Michel s’est engagé à faire un don de 1€ à La Cimade, une association qui aide les migrants, réfugiés et déplacés, demandeurs d’asile et étrangers en situation irrégulière en France.

Les aquarelles de Dan Williams, tantôt douces, tantôt violentes, servent merveilleusement bien les mots simples mais poignants de Khaled Hosseini, un texte sans fioritures qui prend l’apparence au témoignage et qui nous interpelle forcément.

Une lecture que je vous recommande pour son message et pour son objet livre car le travail de Dan Williams est de toute beauté.

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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Frances Marion a tout quitté pour suivre sa vocation : écrire des histoires pour un nouvel art, qui consiste à projeter des images en mouvement sur un écran. Mary Pickord est une actrice dont les boucles blondes et la grâce juvénile lui valent déjà le surnom de « La petite fiancée de l’Amérique ». Toutes deux vont nouer une amitié hors norme et participer à cette révolution qu’est la naissance du cinéma. Mais, dans un monde dominé par les hommes, on voit d’un mauvais oeil l’ambition et l’indépendance de ces deux femmes…

Après Les Cygnes de la Cinquième Avenue qui connut un grand succès, Melanie Benjamin troque les années 50 pour les années 10 et 20 et quitte New York pour Los Angeles. La romancière restitue formidablement bien l’atmosphère des premiers studios de cinéma dans Hollywood Boulevard, l’amateurisme et l’effervescence qui y régnait.

Plongée au coeur de l’industrie naissante du septième art, ce roman retrace le destin de deux grandes figures oubliées du cinéma : Mary Pickford et Frances Marion. Mary Pickford fut la première star de cinéma, surnommée la petite fiancée de l’Amérique d’avant et d’après la première guerre mondiale, bien connue pour ses boucles blondes, son allure enfantine et sage. Frances Marion, bien qu’ayant joué dans quelques films entre 1914 et 1916, fut une scénariste de premier plan et la première femme scénariste à avoir reçu un Oscar en 1932 pour le film Le champion.

Avec talent, Melanie Benjamin nous dévoile ces deux personnalités et trajectoires très différentes, nous fait pénétrer au cœur de cette industrie naissance, nous fait assister aux tournages et montages de ces films, nous familiarise avec le début du star système et fait avant tout la part belle aux femmes.

Car si elle s’attache avant tout à nous faire connaître ses deux héroïnes, elle ne nous passe pas sous silence celles qui ont connu la gloire au temps du cinéma muet avant de sombrer dans l’oubli dès l’avènement du parlant.

Et à travers toutes ces femmes, on se rend compte de la précarité, des drames et des injustices auxquelles elles étaient confrontées, à la merci des réalisateurs et des grands manitous des studios, éléments interchangeables de leurs films.

La première à avoir révolutionné le cinéma fut Mary Pickford. Née Gladys Smith, elle travaille dès l’âge de 5 ans au sein de troupes de théâtre de troisième classe sillonnant le pays avant de se tourner vers le cinéma qui payait bien mieux. Elle avait à charge ses frères et sœurs, Lottie et Jack (qui deviendront acteurs aussi) et sa mère Charlotte avec qui elle avait une relation fusionnelle.

Sa grande beauté va faire d’elle la fille Biograph (du nom du studio) que les spectateurs réclamaient sans connaître son nom puisqu’elle n’était pas créditée, ce qui va vite changer en raison de sa popularité.

De 1909 à 1933, elle va être la star de 52 longs-métrages et va devenir l’actrice la mieux payée au monde (10 000 $ par semaine) puis la première femme productrice et distributrice, fondant United Artists avec D. W. Griffith, Charlie Chaplin et Douglas Fairbanks qui va devenir son époux.

En 1914, elle va faire la connaissance de Frances Marion qui va écrire les scénarios de ses plus grands succès en jouant aussi bien des enfants (Pauvre petite fille riche, Le Petit Lord Fauntleroy…) que des jeunes femmes (Le signal de l’amour, Pollyanna…).

L’avènement du parlant et l’arrivée d’un aréopage de jeunes actrices modernes alors qu’elle continue d’arborer une coiffure et des robes victoriennes la poussent vers la sortie mais elle continuera à produire et à distribuer des films pendant deux décennies encore.

Roman à deux voix, on suit parallèlement de 1914 au début des années 30, le parcours de ces deux femmes, leur amitié et leurs trajectoires qui vont finir par se séparer : Pickord déclinant inexorablement victime de son alcoolisme et de son image tandis que Frances va signer ses plus grands succès avec le parlant.

Au-delà de ces portraits de femmes, j’ai appris une foule de choses sur la naissance du cinéma : comment les studios refusaient de créditer leurs acteurs aux génériques de leurs films afin de les sous-payer et de les jeter après usage, comment se faisait le montage (avec une paire de ciseaux et de la colle), comment se tournaient les films…

Autour de ce duo féminin gravite très vite le gratin d’Hollywood, Chaplin, Douglas Fairbanks, Griffith et Mayer constituant, entre autres, les personnages masculins avec lesquels elle vont faire du cinéma une activité essentielle et lucrative.

Ce roman très bien documenté est féministe car il montre le machisme systématique des hommes (magnats des studios comme réalisateurs) qui ne voient pas d’un bon œil des femmes occuper des postes de responsabilité.

Il faudra beaucoup de courage et de caractère à Mary et Frances pour s’imposer dans cette industrie naissante. La romancière ne nous cache rien des promotions canapé (Wenstein n’a rien inventé), de l’homosexualité féminine et masculine des acteurs et actrices qu’on prend bien soin de garder secrets, des grossesses passées sous silence, des idylles arrangées pour promouvoir efficacement les films, etc.

Vous l’aurez compris Hollywood Boulevard a de nombreux atouts et je ne peux que vous inviter à le découvrir à votre tour.

Merci aux éditions Albin Michel pour cette lecture.

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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Zoey est la soeur de Dalton et la meilleure amie d’Adrian, à qui sa tante Vic voudrait bien la voir mariée. À trente ans à peine, elle a monté sa propre entreprise de traiteur avec son assistante, devenue amie, Sally, qui aime bien Dalton.
Elle n’écoute jamais les conseils de Fran, sa mère, ou de Nana, sa grand-mère adorée, car elle préfère se confier le soir à son chat, Sushi. Sinon, la vie de Zoey
n’est pas compliquée. Encore moins quand elle rencontre Matthew Ziegler, le critique gastronomique le plus influent de New York, un type parfaitement imbuvable qui semble bien décidé à mettre sa cuisine à l’épreuve, jusque dans les moindres détails…

Zoey est une new-yorkaise d’une trentaine d’années à qui sa grand-mère Nana a donné le virus de la cuisine. A la tête de sa petite entreprise de traiteur qui connaît un joli succès, elle est secondée très efficacement par Sally qui est devenue son amie, et qui voudrait bien que sa patronne investisse un peu plus dans la communication.

Célibataire depuis que Spencer l’a quitté pour son ennemie jurée, elle s’est plongée dans le travail même si elle toujours partante pour faire la fête avec son frère Dalton, fraîchement diplômé en droit, son meilleur ami Adrian, pianiste, et Sally.

A l’occasion de la fête en l’honneur de l’anniversaire de mariage de ses parents, Zoey qui y officie en tant que traiteur, fait la connaissance de Matthew Ziegler, le critique gastronomique le plus influent de la grosse pomme avec qui elle a une altercation. Ce qui ne rebute pas le fin gastronome qui lui propose de faire plus ample connaissance…

Voilà bien longtemps que j’avais pas lu de Chick lit et je dois dire que cette comédie cent pour cent new-yorkaise, bien enlevée et pétillante, m’a bien divertie, remplissant ainsi parfaitement son rôle.

Elie Grimes nous propose avec Les gentilles filles vont au paradis, les autres là où elles veulent un chassé-croisé amoureux très actuel, avec des dialogues vifs et souvent drôles, rythmé par de nombreux rebondissements et porté par une héroïne au caractère volcanique.

Au-delà de la romance, le récit met en lumière l’amitié que se porte entre eux les différents protagonistes de l’histoire qui gravitent autour de Zoey et notamment son meilleur ami en ec qui sa grande-tante Vic voit un potentiel mari !

Les liens familiaux jouent aussi un rôle majeur, que ce soit entre Zoey et Dalton, Zoey et sa grand-mère avec qui elle est très complice, ou avec ses parents. Zoey, qui vient d’une famille traditionnelle, se sent plus proche de Nana que de sa propre mère très conventionnelle et pour qui les apparences sont importantes, leurs relations sont tendues, chacune restant campée sur ses positions.

Comme dans toute romance, il y a des situations cocasses, des scènes torrides entre Zoey et Matthew et un dénouement attendu même si l’autrice nous ménage quelques surprises. C’est frais, agréable et rempli d’humour. Les personnages sont crédibles et on peut facilement s’identifier et s’attacher à eux.

J’ai bien aimé aussi le contexte new-yorkais : les sorties le soir, le banquet à l’Ambassade, les petites échoppes de quartier…

Alors certes, le roman ne sort pas des sentiers battus et n’est en rien exceptionnel, mais il se révèle vraiment sympathique à lire et j’ai passé un bon moment avec Zoey et tous les autres et ma fois, c’est juste ce qu’on demande à de la chick lit !

Si vous recherchez un roman léger, frais, plein d’humour avec le dépaysement américain en plus, je ne peux que vous inciter à découvrir à votre tour Les gentilles filles vont au paradis, les autres là où elles veulent !

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