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Posts Tagged ‘roman anglais’

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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Dans les années 1950 près de Manchester, la jeune Amy vit mal la mort de sa mère, et le fait que son père vienne d’avoir un enfant avec une autre femme. Sur un coup de folie, elle embarque le bébé avec elle dans la rivière. Les deux sont sauvés à temps, mais sa belle-mère exige qu’elle soit envoyée dans un asile de fous nommé Ambergate. Elle y est prise d’affection par un médecin qui comprend tout de suite qu’elle n’est pas folle. Un soir, lors d’une balade avec lui, les choses dérapent, et peu de temps après, Amy découvre qu’elle est enceinte. Le docteur a déjà été muté, et aucune religieuse sur place ne la croit car le docteur est censé être stérile. À la naissance de son fils, on lui fait croire qu’il est mort-né.
Quarante plus tard, Sarah commence à fouiller les décombres d’Ambergate dans le but d’écrire un livre. Elle retrouve une valise abandonnée qui contient une lettre adressée à une certaine Amy lui révélant qu’on lui a menti : son fils est vivant et a été adopté. Pour Sarah, il n’y a qu’un choix : tenter de retrouver cette Amy pour lui révéler cette vérité endormie depuis des décennies.

1956. Ellen Atkins est élève infirmière et intègre Ambergate, un austère hôpital psychiatrique. A son grand désarroi, elle découvre l’inhumanité qui hante ces lieux, les conditions dans lesquelles vivent reclus les patients, les méthodes employées pour les soigner, l’encadrement sévère des sœurs, infirmières responsables de l’asile, la supériorité et la toute-puissance des médecins.

Amy Sullivan est une jeune femme désespérée. Se sentant responsable de la mort accidentelle de sa mère et de son petit frère, elle n’accepte pas que son père ait peu à peu oublié son ancienne existence pour se marier avec Carrie, une femme bien plus jeune que lui.

Pire encore, ils viennent d’avoir un bébé. Au comble de la douleur, Amy tente de se noyer et d’emporter avec elle le nouveau-né. Sauvées in extremis, son père l’envoie à Ambergate. Bien qu’elle soit loin d’être folle, elle sera prise en charge par le docteur Lambourn qui lui proposera une psychanalyse afin de venir à bout du mal-être et de la colère qu’éprouve la jeune fille.

2006. Sarah, bibliothécaire et historienne de formation, se met à fouiller les vestiges d’Ambergate dans le but d’écrire un livre. L’asile abandonné depuis plusieurs années va alors livrer ses plus sombres secrets car Sarah va retrouver les effets personnels des anciens patients.

Et si tout commençait par une simple clé ?

Kathryn Hughes a connu le succès dès son premier roman : Il était une lettre. Tout d’abord auto-édité en 2015, il a remporté un succès immédiat et s’est retrouvé catapulté numéro un des ventes en Angleterre. Désormais véritable phénomène d’édition, il a été, tout comme Il était un secret, publié dans 20 pays.

La Clé du cœur est son troisième roman et le premier que je lis mais certainement pas le dernier, tant j’ai été happée par ce récit au point de l’avoir lu en un peu plus d’une journée !

Kathryn Hughes nous propose une histoire captivante et pleine de secrets que j’ai adoré. Une fois commencé, je n’ai plus réussi à le reposer, touchée et révoltée par l’histoire d’Amy et de ses compagnes d’infortune, enfermées alors que saines d’esprit, recluses sur le souhait de parents qu’ils encombraient.

Cette lecture m’a rappelé le très bon roman de Anna Hope, La salle de bal, qui traite du même sujet : l’internement de personnes dépressives mais aussi d’autres éprises de liberté et de ce fait, indésirables pour la société ou leurs familles. Lorsque l’on découvre les conditions dans lesquelles toutes ces personnes internées étaient soignées, abruties à coups de cachets, trépanées, enfermées parfois à vie, sous la coupe d’un personnel inhumain qui prenait plaisir à les humilier et à les violenter pour les briser, c’est tout simplement révoltant.

Dès que je reposais le roman, je pensais aux patients d’Ambergate, à leurs histoires, espérant une fin heureuse pour Amy. Parallèlement à ce récit raconté par Ellen et Amy dans les années 50, on retrouve Sarah qui fait ses recherches sur Ambergate. Son père a passé plusieurs années à l’asile et il refuse que sa fille unique mette son nez dans les secrets enfouis depuis longtemps.

Sarah ne va pas l’écouter et aidée par un jeune adolescent fugueur et SDF, elle va découvrir au grenier, des dizaines de valises et l’une d’elle va lui permettre de connaître l’existence d’Amy, ce qui va avoir des répercutions dans sa propre vie.

Au-delà de la dénonciation des conditions de vie au sein de ces institutions, des pratiques plus que douteuses de la psychiatrie dans un passé assez récent, j’ai beaucoup aimé l’histoire et la personnalité d’Amy, une jeune fille censée et intelligente, marquée par la mort tragique de sa mère, qui n’a pas pu vivre son deuil et qui n’accepte pas que son père ait refait sa vie.

Certes, il est atroce qu’elle ait voulu se venger sur un bébé et il était salutaire qu’elle soit éloignée de son foyer mais elle ne méritait pourtant pas tout ce qui lui arrive par la suite et que je vous laisse le soin de découvrir.

Le dénouement final m’a beaucoup émue et je ne peux que vous recommander La clé du cœur, que vous soyez déjà lecteur ou lectrice de Kathryn Hugues ou pas, si le sujet vous intéresse, vous serez emporté(e) comme je l’ai moi-même été.

Un grand merci aux éditions Calmann-Lévy pour cette lecture, j’ai adoré !

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Lu dans le cadre du Cold Winter Challenge 2018 – PAL CWC : 14/20 et du challenge 1 pavé par mois  :

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Trente ans ont passé depuis que Greta a quitté Marchmont Hall, une magnifique demeure nichée dans les collines du Monmouthshire. Lorsqu’elle y retourne pour Noël, sur l’invitation de son vieil ami David Marchmont, elle n’a aucun souvenir de la maison le résultat de l’accident tragique qui a effacé de sa mémoire plus de vingt ans de sa vie.
Mais durant une promenade dans le parc enneigé, elle trébuche sur une tombe. L’inscription érodée lui indique qu’un petit garçon est enterré là. Cette découverte bouleversante allume une lumière dans les souvenirs de Greta, et va entraîner des réminiscences.
Avec l’aide de David, elle commence à reconstruire non seulement sa propre histoire, mais aussi celle de sa fille, Cheska…

Noël 1985 à Marchmont Hall. Toute la famille Marchmont est réunie pour fêter Noël : David, le propriétaire, Greta son amie la plus chère, Ava, sa petite-fille et Simon son mari.

Greta, amnésique depuis un accident survenu devant le Savoy il y a une vingtaine d’années, vit recluse dans son appartement londonien et revient pour la première fois à Marchmont Hall depuis le drame.

Mariée à dix-huit ans avec Owen, l’oncle de David, elle a vécu dans cette demeure jusqu’à la mort de son fils à l’âge de trois ans, emporté par une pneumonie. De sa vie avant son accident, elle ne se souvient de rien.

Mais alors qu’elle se promène dans le parc de Marchmont Hall, elle découvre totalement par hasard la tombe du petit Jonathan et les éléments enfouis dans sa mémoire refont peu à peu surface…

Si vous aimez les sagas familiales, les destins de femmes, les secrets de famille et les récits à plusieurs temporalités, je ne peux que vous conseiller L’ange de Marchmont Hall, un roman bien épais (plus de 700 pages) qui se lit formidablement bien !

L’histoire que nous propose ici Lucinda Riley est diablement prenante, on tourne vite les pages pour connaître la suite des évènements, ce qui fait que j’ai lu ce roman en très peu de temps. L’autrice alterne les personnages et les époques avec beaucoup de facilité, les retours avant / arrière sont bien amenés, sans jamais nous perdre au passage.

Les personnages féminins tout comme celui de David sont bien dessinés et se révèlent tour à tour agaçants et attachants, on a plaisir à les suivre et à découvrir leur vie et les évènements qui leur arrivent. Il y a des secrets de famille bien enfouis et un peu de suspens, juste ce qu’il faut, on ne tombe pas non plus de l’armoire lorsqu’on les découvre, nous ne sommes dans un policier !

L’écriture de Lucinda Riley est fluide et facile à lire, elle construit son histoire de façon efficace, mêlant habilement passages dramatiques et moments plus lumineux. L’histoire tourmentée de cette famille pas comme les autres est alternativement portée par Greta, Cheska et Ava dont on partage les joies et les peines tout au long d’un récit particulièrement addictif.

Les trois femmes sont très différentes par leurs aspirations et leurs caractères mais vont vivre des drames et à travers elles, on suit l’évolution des mentalités sur trois générations de 1945 à 1985.

Tout d’abord Greta qui a fui sa famille et se retrouve enceinte d’un G.I qui la quitte en apprenant quel métier elle exerce, la plongeant dans le dénuement le plus total dont elle sortira grâce à David.

Cheska, sa fille, enfant star qui a grandi devant la caméra, et qui va rompre avec sa famille pour tenter sa chance à Hollywood.

Et enfin Ava, la fille de Cheska, qui a grandi sur le domaine de Marchmont Hall avec LJ, la mère de David, qui ne jure que par la nature, à mille lieux des strass et des paillettes de sa mère qu’elle n’a jamais vu autrement que sur le petit écran.

Je ne connaissais pas Lucinda Riley avant cette lecture mais je pense me laisser tenter à nouveau dans le futur, n’hésitez pas à me suggérer des titres si vous en connaissez.

Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé cette histoire familiale et je ne peux que vous inciter à découvrir L’ange de Marchmont Hall si vous aimez les secrets de famille.

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Lu dans le cadre du Cold Winter Challenge 2018 – PAL CWC : 13/20

Noël 1930. Alors que Laura Morland, romancière à succès, n’aspirait qu’à quelques semaines de repos loin de l’agitation londonienne, la voilà plongée au coeur des intrigues de la vie de campagne. Son cher ami, le riche George Knox, est la proie d’une sournoise secrétaire, déterminée à s’élever au-dessus de son rang en se faisant épouser. Laura saura-t-elle le tirer de ce mauvais pas ? Et par la même occasion aider la jeune et innocente miss Sibyl Knox à conclure le mariage dont elle rêve depuis toujours ?

Noël 1930. Laura Morland, autrice de romans policiers à succès, assiste à la remise des prix du pensionnat de son dernier fils, grand amateur de trains. Après avoir pris le thé avec Amy, la femme du directeur et amie d’enfance, ils repartent pour leur propriété de vacances nichée à High Rising pour y passer les fêtes.

Là, les attend déjà Stocker, la domestique de la famille, qui a déjà tout prévu pour leur arrivée. Ils vont y retrouver Anne Todd, la secrétaire de Laura, le docteur Ford et leurs vieux amis, les Knox.

Georges, veuf lui aussi et auteur de biographies sur maints rois anglais adore pérorer, vit avec sa fille Sybill et a depuis peu une nouvelle secrétaire, Una Grey, qui veille sur l’écrivain comme le lait sur le feu, bien décidée à se faire épouser par ce veuf de longue date. C’est sans compter Laura qui n’a pas l’intention de la laisser faire et compte bien faire le bonheur de ses amis malgré eux…

Publié en 1931, Bienvenue à High Rising est le premier roman d’Angela Thirkell et fut un grand succès en son temps. Quelle bonne idée ont eu les éditions Charleston de le rééditer avec cette jolie couverture car cette comédie de mœurs au cœur de la gentry anglaise fut un délicieux moment de lecture que j’ai dégusté comme il se doit !

Porté par une héroïne attachante à l’humour ravageur, Laura est une veuve de 45 ans que tous ses amis verraient bien convoler à nouveau, mais elle n’est pas de cet avis, elle préfère trop le célibat et la liberté de son statut veuve pour s’encombrer d’un époux, très peu pour elle.

Ce qui ne l’empêche pas de mettre son grain de sel dans la vie de ses amis, en vue de caser l’une avec l’autre ! C’est ainsi qu’elle voudrait bien que son éditeur convole avec Sybil, ça mettrait du plomb dans la tête de ces deux écervelés et son vieil ami George avec Anne.

Ce roman ne repose pas sur une intrigue de folie mais plutôt sur son atmosphère typique de campagne anglaise et sur sa galerie de personnages assez savoureuse, tous plutôt charmants et sympathiques, que l’on a plaisir à suivre le temps de ce récit.

Je n’ai en tout cas pas boudé mon plaisir en me plongeant dans ce court roman d’atmosphère des années 30 empli de loufoquerie et de légèreté. J’ai beaucoup aimé les conversations entre les différents protagonistes, leur quotidien, les mœurs et les loisirs de cette époque foisonnante.

Angela Thirkell était elle-même une femme plutôt libre et elle se serait apparemment inspiré de sa vie et de sa famille pour écrire ses romans. On pourrait lui reprocher de nous proposer des personnages très stéréotypés et une vision des femmes un peu spéciale (les idiotes et les pauvres doivent trouver un mari tandis que les intelligentes travaillent et sont indépendantes), il n’empêche que ça fonctionne très bien dans cette histoire.

J’espère que Le parfum des fraises sauvages, son second roman déjà dans ma PAL, sera du même acabit car j’ai quitté à regret Laura et High Rising !

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Lu dans le cadre du Cold Winter Challenge 2018 – PAL CWC : 10/20

Jemina Pitt, la fille du célèbre directeur de la Special Branch, a 23 ans durant l’hiver 1904. Elle décide d’accompagner sa jeune amie Delphinia Cardew à New York, sur le point de se marier avec l’aristocrate Brent Albright. Dans la haute société new-yorkaise, ce mariage est une grande affaire qui liera deux familles prodigieusement riches. Mais Jemina détecte une ombre mystérieuse planant sur la célébration. Maria, la mère de Delphinia, est absente de la fête et les Albright refusent de mentionner son nom. Et quand le frère du marié demande à Jemina de l’aider à retrouver Maria afin de prévenir un scandale, elle n’hésite pas à se lancer dans une enquête aussi inattendue que périlleuse.

Hiver 1904, New York. Jemina Pitt, la fille de Thomas Pitt, le directeur des services secrets britanniques et de son épouse Charlotte, prend la mer pour rejoindre New York.

Avec elle, son amie Delphinia Cardew, qu’elle chaperonne jusqu’en Amérique, car la jeune femme y est attendue par l’associé de son père, dont elle doit épouser le fils cadet, Brent Albright.

La famille jouit d’une grande fortune et la jeune fille est folle amoureuse de son fiancé. Seule ombre au tableau, Maria Cardew, la mère de Delphinia, qui a quitté l’Angleterre alors que sa fille n’était qu’un bébé, et qui n’a pas bonne réputation.

Harley, le fils aîné de Rothwell Albright, craint que Maria ne fasse un esclandre à l’occasion du mariage et demande l’aide de Jemina…

Comme je vous le disais il y a peu, Anne Perry est une auteure de polars historiques que j’affectionne tout particulièrement, j’adore sa série consacrée à Thomas et Charlotte Pitt mais j’ai découvert ses fameuses histoires de Noël il y a seulement quelques jours de cela, lors de ma lecture de La disparue de Noël.

Dans ce nouveau récit de Noël, l’héroïne principale n’est autre que Jemina Pitt, que l’on a vu grandir de tome en tome et que j’ai été ravie de réellement découvrir à l’occasion de Un Noël à New York.

Ce petit récit permet de mieux l’appréhender et de dessiner le portrait de cette jeune femme indépendante qui souhaite tout comme sa mère Charlotte faire un mariage d’amour et qui a d’autres préoccupations que sa toilette ou faire tapisserie dans les salons.

Ici, c’est elle qui mène l’enquête, bien malgré elle, puisqu’elle se retrouve accusée de meurtre. Heureusement pour elle, l’inspecteur Patrick Flannery, un irlandais ayant émigré aux Etats-Unis, la croît innocente et ils ne seront pas trop de deux pour se mettre dans les pas de la défunte afin de découvrir le mobile du crime.

On ne va pas se mentir, les intrigues policières de ces petits crimes de Noël ne brillent pas par leur efficacité, on devine ici tout de suite l’identité du coupable mais l’important est ailleurs.

Ce qui est intéressant chez Anne Perry c’est l’atmosphère historique et so british qu’elle imprime à ses romans et les thématiques qu’elle développe et notamment la place des femmes, thème central de ses histoires.

L’autrice met bien ici l’accent sur l’importance des apparences et la fausseté des relations sociales et des amitiés de l’époque. L’histoire illustre aussi fort bien le sort réservé aux femmes de bonne famille qui n’ont pas trouvé chaussure à leur pied, éternelles célibataires à la merci de leur frère ou de leur neveu, obligées de remplacer la maitresse de maison défunte, rôle fragile qu’elles devront laisser ensuite à l’épouse de leur neveu.

D’autres thématiques sont également abordées comme la guerre de Sécession, le chemin de fer clandestin qui permettait aux noirs de fuir les plantations, la fin de l’esclavagisme…

Contrairement à sa série des Pitt, l’intrigue policière n’est ici qu’un prétexte mais les découvertes et les révélations qui nous permettent de comprendre le mobile du crime se révèlent très intéressantes.

Une histoire plaisante que je vous recommande malgré un dénouement prévisible !

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Lu dans le cadre du Cold Winter Challenge 2018 – PAL CWC : 5/20

Pour la famille Cavendish, Rutherford Park est bien plus qu’une propriété. C’est un mode de vie régi par des règles strictes, des réceptions somptueuses… mais aussi des désirs inexprimés et des non-dits. Octavia Cavendish, la maîtresse de maison, vit comme un oiseau dans une cage dorée. Son mari William a fait fructifier la fortune de la famille, mais il étouffe dans son rôle. Quant à Harry, leur fils, il ne rêve que de participer à l’aventure de l’aviation naissante plutôt que de suivre sagement les traces de son père. La veille de Noël 1913, le monde bien rangé de Rutherford Park se fissure. Octavia découvre que son mari dissimule un lourd secret depuis des années. Et puis, il y a Emily, une femme de chambre, qui est sur le point de faire éclater un scandale qui risque de ruiner la famille…

Veille de Noël 1913 à Rutherford Park dans la campagne anglaise. Octavia Cavendish attend la dizaine d’invités qu’elle a conviés pour Noël. Parmi eux, Hélène, la cousine de son mari William, qui mène une vie scandaleuse à Paris.

En coulisses, il y a un aréopage de domestiques. Parmi eux, Mrs Jocelyn, la gouvernante, Bradfield le majordome et Emily, l’une des femmes de chambre. Après que les maîtres aient réveillonné, Emily se glisse dans le parc et saute dans la rivière. Repêchée in extremis, elle a juste le temps, quelques heures plus tard, de mettre au monde une petite fille, fruit de ses amours avec Harry, le fils de lord Cavendish.

Après ce drame et des révélations sur le passé de son époux, lady Cavendish, qui s’ennuie ferme dans sa cage dorée, cherche à donner un sens à sa vie. C’est alors qu’elle rencontre un séduisant américain, John Gould…

Si vous aimez les romans historiques, la campagne anglaise et la série Downton Abbey, Les ombres de Rutherford Park, signé Elizabeth Cooke, considérée outre-Manche comme l’une des reines du roman historique, ne manquera pas de vous plaire même si je l’ai trouvé moins passionnant que la série mettant en scène les Crawley, j’ai passé un bon moment avec ce titre que j’ai lu très rapidement.

Car contrairement à Downton Abbey, l’autrice nous propose de suivre presque exclusivement les maîtres, au détriment des domestiques qui se contentent de brèves apparitions dans lesquelles on se croirait effectivement dans la série : joutes verbales et jalousies entre domestiques, hiérarchie dans laquelle ils évoluent… tout y est !

Les règles qui régissent les grandes demeures et la place des domestiques et des maîtres sont très bien restituées ici également, et à cet égard, on retrouve bien l’atmosphère de la série.

Le récit nous montre aussi très bien le monde finissant de l’aristocratie à la veille de la première guerre mondiale, les règles du jeu vont changer ensuite. Les jeunes gens vont en effet préférer, au lendemain de la guerre, la ville à la campagne, et le travail de bureau à la domesticité.

Ceci mis à part, ce roman historique, de bonne facture, ne sort pas des sentiers battus, ce qui ne m’a nullement dérangé. Si il ne restera pas dans mes annales, j’ai aimé suivre cette famille dans cette immense propriété, les voir évoluer au cours de la Saison, se débattre dans leurs soucis…

Lady Cavendish, véritable héroïne de ce roman, se révèle attachante. Issue de la bourgeoisie industrielle, elle mène une vie bridée depuis son mariage avec son mari, obligée de se conformer à ses attentes, celles de la société et celles de la domesticité. Les désirs d’indépendance de ce joli oiseau mis en cage sont touchants, elle rêve d’une autre vie, une vie plus simple, où elle pourrait courir pieds nus dans l’herbe, rire aux éclats… sans être constamment jugée.

Vous l’aurez compris, Les ombres de Rutherford Park, est une lecture sympathique, pas inoubliable certes, mais qui m’a fait passé un bon moment ! Je lirai sans doute la suite, Les heures noires de Rutherford Park, si je la trouve d’occasion.

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Lu dans le cadre du Cold Winter Challenge 2018 – PAL CWC : 3/20

C’est l’époque de Noël, et Vespasia, alors jeune fille pétillante de bonne famille, est invitée à passer un délicieux week-end à Applecross, en compagnie d’un petit groupe d’amis tous bien nés et habitués à mener une vie oisive et sans contrariété.
Mais un soir, pendant le dîner, une altercation éclate entre Isobel Alvie et Gwendoline Kimmuir. Lorsque les convives apprennent peu après le suicide de cette dernière, tous accusent en bloc Isobel, la jugeant coupable de cette mort.
La jeune femme n’a qu’un seul moyen d’expier sa faute : aller prévenir la mère de Gwendoline, qui vit en Écosse, du suicide de sa fille… Vespasia décide d’accompagner la jeune femme dans ce long voyage, et de découvertes en révélations sur la disparue, démêlera la vérité de cette sombre tragédie.

Hiver 1852, dans la campagne anglaise. Coupable ! Le jugement est tombé sur l’infortunée Isobel Alvie. La veille, Gwendolen Kilmuir, une jeune veuve, s’est suicidée dans la propriété où Omegus Jones recevait quelques invités.

De l’avis de tous, l’attitude cruelle d’Isobel envers la jeune femme la rend responsable de cet acte désespéré. Il ne reste guère que son amie, l’indomptable lady Vespasia, pour la soutenir.

Pour racheter sa faute aux yeux de la gentry, Isobel doit faire pénitence et accomplir un voyage expiatoire jusqu’au nord de l’Ecosse, afin de prévenir la mère de Gwendolen de son décès.

En compagnie de Lady Vespasia, elle entreprend un éprouvant pèlerinage semé d’embuches…

Vous l’ignorez peut-être mais Anne Perry est l’auteure de polars historiques que j’ai le plus lu, j’adore sa série consacrée à Thomas et Charlotte Pitt mais je ne connaissais pas ses fameuses histoires de Noël.

C’est désormais chose faite grâce à La disparue de Noël dans lequel elle nous dresse un portrait magistral d’une époque corsetée par les convenances et l’hypocrisie toute victorienne.

Dans ce court récit de Noël, l’héroïne principale n’est autre que Lady Vespasia Cumming-Gould, personnage excentrique et mémorable si il en est, rencontré au fil de la série Thomas et Charlotte Pitt, une femme belle et intelligente de l’aristocratie, toujours vêtue de violet.

C’est l’un de mes personnages préférés de cette saga, j’ai donc été ravie de la retrouver ici même si dans cette histoire, ce n’est pas une veuve au crépuscule de sa vie que l’on suit, mais une jeune femme de trente-cinq ans qui vient de dire adieu à sa plus grande histoire d’amour.

Ce petit récit permet de mieux l’appréhender et de comprendre la jeune femme qu’elle était. Ici, elle se montre particulièrement fidèle en amitié, tout comme elle le sera dans le grand âge.

L’autrice met bien ici l’accent sur l’importance des apparences et la fausseté des relations sociales et des amitiés de l’époque. L’histoire illustre fort bien les dégâts de l’exclusion sociale dans la société victorienne où tout repose sur les apparences : si Isobel refuse d’expier sa faute, elle sera mise au ban de la gentry, ce qui obligerait cette veuve de le rester car aucun homme ne voudrait unir son destin à une paria !

Contrairement à sa série des Pitt, point d’intrigue policière à proprement parler mais des découvertes et des révélations qui nous permettent de comprendre pourquoi la défunte a choisi de mettre fin à ses jours et que la responsable désignée, si elle a fait preuve de cruauté, n’est pas forcément si coupable que ça…

Une histoire grinçante et plaisante, dommage qu’Anne Perry nous abreuve de longueurs inutiles dans le périple des deux jeunes femmes, car le reste est épatant !

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Lu dans le cadre du Cold Winter Challenge 2018 – PAL CWC : 2/20

Maisons en pain d’épice, brioches aux fruits confits, feuilletés au miel… A l’approche des fêtes de fin d’année, Polly est débordée ! Accaparée par sa petite boulangerie, la jeune femme ne souhaite qu’une chose : passer un réveillon romantique avec son fiancé Huckle, bien au chaud dans leur grand phare.
Mais les bourrasques qui balaient la petite île de Mount Polbearne pourraient bien emporter les doux rêves de Polly et faire resurgir du passé des souvenirs qu’elle croyait enfouis à jamais…

Polly Waterford ne voit pas le temps passer… Sa petite boulangerie l’occupe du matin au soir, au désespoir d’Huckle, son compagnon, qui rêve de profiter d’une simple grasse matinée avec elle. À l’approche des fêtes de fin d’année, Huckle rêve aussi d’un Noël en amoureux, bien au chaud dans leur grand phare, avec leur petit macareux Neil.

Mais quand Kerensa débarque à Mount Polbearne pour dévoiler à sa meilleure amie un terrible secret, Polly voit soudain son avenir s’assombrir. D’autant que la révélation de Kerensa menace la belle histoire qu’elle a construite avec Huckle.

Son père, qui a toujours été aux abonnés absents, resurgit de son passé et Polly hésite à le rencontrer pour la première fois.

Jusqu’à présent, Polly a toujours réussi à surmonter les épreuves en cuisinant. Pourtant, cette fois-ci, préparer de bons petits pains risque de ne pas suffire à la sortir du pétrin…

Ayant beaucoup aimé La petite boulangerie du bout du monde et Une saison à la petite boulangerie, je me suis jetée sur Noël à la petite boulangerie, le dernier tome de la trilogie consacré à Polly, dès sa sortie en poche !

Pour celles qui ont lu comme moi les deux précédents volumes, quel bonheur de retrouver Polly et son amoureux Huckle, son macareux Neil, leurs amis Reuben et Kerensa, Jayden, Selina et tous les autres.

Comme les deux premiers opus, Noël à la petite boulangerie est un sympathique roman feel-good mâtiné d’une bonne dose de gourmandise car Jenny Colgan nous montre son héroïne derrière les fourneaux à de nombreuses reprises et ça met vraiment l’eau à la bouche !

Si l’histoire ne sort pas des sentiers battus, elle est même plutôt conforme aux romans feel-good, ce qui change ici c’est le décor rude mais magnifique de cette île de Cornouailles et l’aspect gourmand du récit. L’autrice n’a pas son pareil pour nous vanter les mérites des Cornouailles et des douceurs mitonnées par Polly !

Cependant, je dois bien admettre que si cette lecture fut agréable, je l’ai trouvé moins intéressante parce qu’elle est pour moi, trop centrée sur Reuben et Kerensa dont les frasques me laissent de marbre. J’aurai préféré aussi un peu plus de joie et de bonne humeur à l’approche de Noël plutôt que de nouveaux drames pour Polly et Huckle et davantage d’ambiance noëlique.

La plume de Jenny Colgan est toujours aussi efficace : on tourne les pages sans s’en rendre, ce roman reste une lecture agréable, rapide, avec une happy end à la clé.


Noël à la petite boulangerie est un roman doudou, réconfortant et savoureux qui pêche parfois par d’inutiles péripéties mais j’ai néanmoins passé un bon moment en compagnie de Polly & Co et je vous recommande ses aventures gourmandes !

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