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Posts Tagged ‘roman anglais’

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Edith Ayrton Zangwill est née au Japon en 1874, où travaillaient ses deux parents. Elle est la fille de William Edward Ayrton, ingénieur électrique, et de sa femme, Matilda Chaplin, pionnière en médecine, décédée quand Edith avait 8 ans. Deux après sa disparition, son père se remarie avec la scientifique Hertha Marks Ayrton.
Edith Ayrton est élève de l’université de Bedford (1890-1892), membre de la Women’s Social and Political Union (WSPU), et encourage notamment la création de la Jewish League for Woman Suffrage. Son engagement pour le droit de vote est tel, qu’on la considère comme l’une des leaders du mouvement United Suffragists.
En 1903, elle épouse l’écrivain Israel Zangwill, qui s’est souvent exprimé publiquement en faveur du droit de vote féminin. Il encourage par ailleurs Edith à écrire, et cette dernière publie son premier livre pour enfant en 1904, avant de composer six romans. Forte tête, paru en 1924 chez Allen & Unwin et jusqu’alors inédit en France, est son cinquième titre.

Dans le Londres de 1909, Ursula Winfield est ce qu’on appelle une « forte tête ». Elle a vingt-trois ans et vit toujours chez sa mère et son beau-père, à une époque où les jeunes femmes de son âge sont déjà mariées et mères de plusieurs enfants.

Là où toutes les autres filles de la bonne société courent les régates et les
afternoon tea, cette belle et brillante jeune femme passe ses journées à multiplier les expériences dans son laboratoire, avec l’espoir d’intégrer un jour la Société de chimie.

Elle ne rate aucune des séances publiques de l’académie et devient l’amie du professeur Smee, qui est secrètement amoureux d’elle. Sa mère, délicieuse créature avec laquelle elle entretient de charmants rapports, accepte la passion de sa drôle de fille même si elle regrette de courir les réceptions, seule.

Et rien ne peut détourner Ursula de sa mission, ni les conventions sociales ni son amour balbutiant pour le beau Tony Balestier. Jusqu’au jour où la voilà entraînée, bien malgré elle, dans le combat des suffragettes, ces terribles  » viragos  » qui mettent Londres sens dessus dessous afin d’obtenir le droit de vote…

Livre culte en Angleterre, considéré comme l’un des premiers romans de suffragettes, Forte tête d’Edith Ayrton Zangwill, paru en 1924 et encore inédit en France, est avant tout un inoubliable portrait de femme. Impossible de résister au charme drolatique d’Ursula, à son courage et à sa folle liberté !

Ce roman aborde la condition féminine en Angleterre au début du XXè siècle, une époque où les femmes de la bourgeoisie comme Ursula se cantonnent à un rôle d’épouse et de mère. A ce titre, leur éducation est limitée et les domaines scientifiques leur sont interdits.

Mais comme Miss Charity ou Calpurnia, Ursula est férue de sciences et possède son propre laboratoire, payé sur ses deniers personnels. Un domaine où elle règne en maître, elle y mène ses études et expériences sous l’œil bienveillant de sa mère et de son beau-père, qui ne la comprennent pas mais la laissent faire.

Toute entière à la science, elle ne se préoccupe pas du combat des femmes pour le droit de vote et voit même d’un mauvais œil celui que mène les suffragettes, à l’instar de son entourage, qu’elle trouve ridicules !

Jusqu’à une rencontre où elle change radicalement d’avis et délaisse alors la science pour se dévouer corps et âme à la cause, au grand dam de son beau-père et de son fiancé !

Ce qui est intéressant avec ce roman, c’est que Edith Ayrton Zanwill était elle-même féministe et membre du Women’s Social and Political fondé par Emmeline Pankhurst et Christabel Pankhurst, association pour laquelle milite son héroïne Ursula, elle sait donc particulièrement bien de quoi elle parle.

L’autrice nous dépeint la condition féminine au début du XXè siècle : des convenances étriquées aux balbutiements de la libération de la femme, l’autrice met en lumière le combat des suffragettes face aux politiques qui leur refusait ce qu’elles leur demandait, le droit de vote.

On y voit toute la répression mise en œuvre à l’encontre de ces femmes qui manifestent de façon tout à fait pacifique et qui se font charger par la police avec une violence inouïe et sévèrement condamnées par les juges.

Avec Ursula, nous sommes au plus près du combat suffragiste, on assiste aux meetings, aux manifestations, aux procès, aux séjours en prison et aux gavages de celles qui avaient recours à la grève de la faim, afin d’attirer encore plus l’attention sur leur combat.

Il y a certes quelques longueurs et le combat suffragiste apparaît tardivement mais le personnage d’Ursula est foncièrement sympathique et on a plaisir à la suivre dans ses combats même si son histoire d’amour avec Tony Balestier m’a parfois, lassée…

Si comme moi, le combat des femmes pour le droit de vote est un thème qui vous intéresse particulièrement et que vous aimez le retrouver dans vos lectures, je vous conseille ce roman mais également : L’assassin du Marais, Les heures indociles, Le récital des anges et Evelyn, May et Nell pour un monde plus juste si vous ne les avez pas encore lus.

Un grand merci à Babelio et aux éditions Belfond pour cette lecture !

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Martin Kasasian connaît un immense succès avec la série « The Gower Street Detective », mettant en scène un duo de détectives fin et drôle, dont le premier tome, « Petits meurtres à Mangle Street » (The Mangle Street Murders), est sorti en 2013. Il partage sa vie entre le Suffolk et l’île de Malte.

Sa dernière enquête a mené un homme innocent à la potence… Autant dire que le détective Sydney Grice n’est plus vraiment en odeur de sainteté à Londres. Boudé par ses clients, le « plus grand détective de tout l’empire britannique » dépérit.

March Middelton, son excentrique acolyte du « sexe faible », commence à sérieusement s’inquiéter. Jusqu’à ce qu’un individu, membre de l’effrayant « Club du dernier survivant », fasse appel aux services de Sydney… et ait l’impudence de passer de vie à trépas dans son salon !

Les deux détectives sont bien obligés d’enquêter sur cette mort soudaine et particulièrement suspecte. Quel est donc ce club de gentlemen où le jeu est de réussir à rester en vie tout en éliminant les autres ? Les indices entraînent Grice et March dans les recoins les plus sombres du Londres victorien, jusqu’à la maison maudite de la baronne Foskett…

La malédiction de la maison Foskett est le second tome de la série consacrée à Grice et Middleton, un duo de détectives de choc dans le Londres victorien, un polar so british comme je les aime !

J’avais passé un très bon moment à la lecture de Petits meurtres à Mangle Street et cette nouvelle histoire ne fait pas exception à la règle. J’ai littéralement dévoré cette petite brique de six cents pages en trois jours, emportée par le récit bien retors tricoté par M.R.C Kasasian et me régalant des saillies verbales de Sidney et March, deux héros antagonistes qui font des étincelles.

Ce polar historique a, il faut le dire, tout pour me plaire : l’ambiance so british, l’humour (remarques acerbes et misogynes de Grice et réparties cinglantes de la jeune et peu conventionnelle March), une trame policière bien bâtie et un personnage féminin fort et féministe, comme je les aime, le tout avec pour toile de fond le Londres de la fin du 19è siècle !

L’intrigue policière est comme je le disais bien ficelée, je dirai même machiavélique, avec des rebondissements, des fausses pistes à foison et un dénouement bien amené et surprenant.

Le contexte historique est bien rendu et la confrontation entre ces deux héros singuliers, vraiment réjouissante. Nos héros gagnent ici en épaisseur, on en apprend davantage sur le passé de March, et, cerise sur le gâteau, M.R.C. Kasasian multiplie les références à Sherlock Holmes et à sir Arthur Conan Doyle.

L’auteur s’est très clairement inspiré du héros créé par Conan Doyle pour bâtir ce détective personnel (il y tient !) très imbu de lui-même, mais à sa manière, sans copier/coller.

J’ai dévoré ce très bon roman policier et j’espère que les autres volumes déjà parus en anglais seront traduits car je serai au rendez-vous des prochaines aventures de ce duo atypique !

Belette a bien apprécié aussi, son avis ici !

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Lu dans le cadre des 12 pavés que j’aimerai sortir de ma pal et du challenge 1 pavé par mois  :

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Robert Goddard est un écrivain britannique né en 1954 à Fareham. Il étudie l’Histoire à l’université de Cambridge avant de se lancer dans une carrière de journaliste puis d’enseignant. Il dirige également un établissement scolaire durant quelques années avant de se consacrer pleinement à l’écriture. Plusieurs de ses titres seront nominés pour le prix Edgar Allan Poe et le prix Anthony de la meilleure parution poche. Ses romans à intrigues se démarquent par une construction précise et un style impeccable. Ils se passent majoritairement en Angleterre, mettant en scène des personnages ballottés par l’Histoire mouvementée du xxe siècle et la confusion de leurs sentiments. Robert Goddard vit actuellement à Truro dans les Cornouailles avec sa femme Vaunda.

1911. Geoffrey Staddon, un jeune et talentueux architecte, est recruté par Victor Caswell, pour imaginer sa maison. Geoffrey conçoit donc pour lui une magnifique demeure, d’une grande modernité, Clouds Frome, dans la campagne anglaise. C’est ainsi qu’il rencontre Consuela, l’épouse de son commanditaire, une magnifique brésilienne dont il va tomber amoureux fou. La jeune femme, obligée par sa famille, à épouser Victor, l’a en horreur, et rêve de s’échapper de sa cage dorée.

Bien que catholique convaincue, Consuela lui propose de quitter son mari et de fuir à l’étranger, où ils pourront vivre leur amour au grand jour. Alors que les amants projettent de vivre ensemble, Geoffrey abandonne finalement la jeune femme à son triste sort, préférant se consacrer pleinement à ses ambitions professionnelles. Il vient en effet d’être recruté pour construire un hôtel de luxe à Londres et ce nouveau projet sonnera le glas de son amour pour Consuela.

1923. Geoffrey est malheureux en ménage et inconsolable de la perte de son fils unique, mort de la grippe espagnole au sortir de la première guerre mondiale. En lisant le journal un matin, il apprend que Consuela Caswell est accusée de meurtre et risque la peine capitale.

Elle aurait tenté d’empoisonner son mari infidèle en versant du poison dans le sucrier et tué accidentellement la nièce de celui-ci venue prendre le thé.

Bouleversé par cette nouvelle qui réveille bien des fantômes et ravive son sentiment de culpabilité, et persuadé de l’innocence de la jeune femme, il décide de retourner à Clouds Frome. Il ne sait pas encore que ce qu’il va y découvrir bouleversera son existence…

Sans même un adieu est ma troisième incursion dans l’œuvre de Robert Goddard après Par un matin d’automne et Heather Mallender a disparu, il me tardait vraiment de le retrouver dans un registre historique.

L’auteur anglais nous propose, comme à son habitude, une sacrée brique fourmillant de secrets de famille, avec des rebondissements et un bon suspens à la clé, sans oublier un final OMG !

Tout ceci pour dire que si l’histoire avait été plus courte, ce roman aurait été un coup de cœur. Hélas, les longueurs sont trop abondantes à mon goût et c’est bien dommage car cette histoire de trahison est diablement intéressante et ce, de bout en bout.

Car au-delà de l’histoire d’amour avortée entre Geoffrey et Consuela et la description du quotidien de la bourgeoisie au début du XXè siècle, ce qui est intéressant ici, c’est d’explorer les arcanes judiciaires de l’époque, une époque où l’on condamnait les assassins à la pendaison.

Robert Goddard prend son temps pour tisser les fils de son intrigue et nous présenter sa galerie de personnages principaux et secondaires.

L’histoire se complexifie au fil des pages et on se demande tout au long du récit, à qui profite le crime car comme Geoffrey, je voulais croire en l’innocence de Consuela et pas franchement peinée que quelqu’un en veuille à la vie de Victor, personnage ô combien antipathique et machiavélique !

Malgré les longueurs, j’ai vraiment bien accroché à l’intrigue, Robert Goddard nous entraîne dans de nombreuses fausses pistes, il sait ménager son suspens et distiller les indices habilement, ce qui n’est pas donné à tout le monde.

Pour autant, je regrette la lenteur de ce roman et les trop nombreuses longueurs, je pense qu’on aurait gagné en efficacité avec deux cents pages de moins, je me suis surprise à passer des pages entières d’atermoiement sans le moindre remord.

Le héros, bien qu’on finisse par s’y attacher, se révèle lâche et vraiment long à la détente, il subit sa vie plus qu’il ne la vit, tout comme Consuela qui se défend mollement des accusations à son encontre, comme si tout ceci lui importait peu, ce qui est tout de même un peu agaçant.

J’ai en revanche beaucoup aimé Hermione Caswell, une personnalité bien trempée qui sait ce qu’elle veut, elle, et la jeune Jacinta Caswell qui se révèle mature et futée en dépit de son jeune âge.

Sans même un adieu est un très bon roman même si c’est celui que j’aime le moins dans sa bibliographie, et si les longueurs ne vous rebutent pas, je vous le recommande ! Belette et moi sommes sur la même longueur d’ondes, son avis ici.

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Lu dans le cadre du Cold Winter challenge et du challenge 1 pavé par mois  :

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Kate Furnivall est née au pays de Galles de parents danois et russes. Elle vit dans le Devon avec son mari et ses deux enfants. La Concubine russe, son premier roman, tiré de l’histoire de sa propre mère, est un best-seller international. Le Diamant de Saint-Pétersbourg a déjà été traduit aux Pays-Bas et en Norvège.

Saint Pétersbourg, 1910. Valentina Ivanova, fille aînée du ministre des finances du tsar Nicolas II, est la coqueluche de tout Saint Pétersbourg. Elle mène la vie insouciante d’une jeune fille de la grande bourgeoisie russe, entre pensionnat et cours de piano.

Mais son univers vole en éclat lorsque la datcha de campagne du ministre est la cible d’un attentat communiste. La bombe qui éventre le bureau d’Ivanov a fait une victime : Katia, la seconde fille du ministre, reste paralysée. Valentina, qui devait emmener sa sœur avec elle en promenade, culpabilise et décide d’entreprendre des études d’infirmière.

Elle se heurte alors à la volonté paternelle qui n’entend pas accéder à sa demande mais lui ordonne de se marier avec le capitaine Tchernov, le fils d’une des meilleures familles de Saint Pétersbourg.

La jeune fille refuse tout net mais son père lui avoue qu’ils sont au bord de la ruine et que cette union est indispensable pour les maintenir à flots. Valentina acccepte du bout des lèvres, rongeant son frein.

Mais c’est sans compter une rencontre qui va changer sa vie, celle de Jens Friis, un simple ingénieur danois, chargé de construire des égouts et amener l’eau potable dans la ville du Tsar, dont elle va tomber éperdument amoureuse.

Dans une Russie au bord de la rébellion, Valentina se battra pour son indépendance. Mais alors que le Tsar, la Douma et les bolcheviques se livrent une lutte sans merci, elle devra faire un choix qui changera sa vie à jamais…

Si vous êtes un(e) fidèle de ce blog, vous n’êtes pas sans connaître mon intérêt pour la Russie et en particulier pour le règne de son dernier tsar, Nicolas II. C’est ainsi que Le diamant de Saint Pétersbourg a atterri dans ma PAL, et pour une fois, aussitôt acheté, aussitôt lu.

Et je peux d’ores et déjà vous confesser que j’ai adoré ce roman qui est pour moi un joli coup de cœur. De 1910 à 1917, on suit donc Valentina, une jeune femme en quête d’indépendance dans une Russie ultraconservatrice.

Au-delà du souffle romanesque et de l’histoire d’amour passionnée entre Valentina et Jens qui m’a captivée au point de dévorer ce gros roman en une poignée de jours, ce qui m’a surtout intéressée c’est bien sûr l’aspect historique.

Et là, je dois dire que je suis emballée par ce que nous propose Kate Furnivall qui s’est formidablement bien documentée sur la période qui sert de décor à l’histoire de Valentina et de sa famille.

Durant cinq cents pages, pas de temps mort et aucune longueur, l’autrice nous raconte par le menu comment la révolution russe va peu à peu, après le dimanche rouge du 9 janvier 1905, gagner le peuple russe pour aboutir à l’abdication du tsar et à la confiscation du pouvoir par les bolcheviques.

C’est un roman très bien construit porté par une héroïne terriblement attachante avec une histoire d’amour passionnée et vibrante mais aussi une toile historique solidement documentée, qui décrit formidablement bien la société russe de ce début du XXè siècle avec ses différentes strates qui vont du couple impérial jusqu’aux ouvriers exploités qui vont se révolter malgré les répressions sanglantes de Nicolas II et de son armée.

Les personnages sont aussi très intéressants, bien dépeints et développés : Valentina et Jens bien sûr mais aussi Viktor Arkine, le chauffeur des Ivanov, bolchevique infiltré, Elizavetta, la mère de Valentina.

Kate Furnivall nous propose un récit tout en nuances : rien n’est ni tout blanc ni tout noir, les personnages comme l’intrigue. Il y a des rebondissements, du suspens et de la première à la dernière page, j’ai vibré avec Valentina.

Un excellent roman que je vous recommande vivement !

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Née dans le sud de l’Angleterre, titulaire d’un diplôme en histoire américaine, A. J. Pearce travaille dans le marketing. Elle cultive depuis l’enfance une passion pour la presse magazine et collectionne les revues publiées pendant la Seconde Guerre mondiale. C’est d’ailleurs en découvrant un exemplaire de Woman’s Own daté de 1939 que lui est venue l’idée de son premier roman, Chère Mrs Bird (Belfond, 2018).

Londres, 1940. Devenir correspondante de guerre, partir sur le front, braver tous les dangers, Emmy ne rêve que de ça.

Par un morne après-midi de décembre, Emmy tombe sur une petite annonce du London Evening Chronicle : le prestigieux quotidien recherche une assistante.
La jeune fille, qui depuis toujours se rêve grand reporter, postule sans attendre ni poser de questions sur la nature exacte du travail. Elle se voit déjà sauter dans le dernier avion pour un pays lointain et publier des articles brûlants sur la guerre.

La déception est grande quand elle se retrouve dans un bureau-cagibi du Woman’s Friend à rédiger des réponses convenues aux lectrices d’un magazine poussiéreux, sous la stricte férule de la revêche Mrs Bird. Mais attention, seules les demandes les plus vertueuses se verront offrir une réponse, de préférence expéditive, dans les colonnes du journal.

Problèmes amoureux, opinions politiques, questions intimes ou morales finiront impitoyablement leur course dans la corbeille de Mrs Bird. Un cas de conscience pour Emmy : alors que le pays sombre sous le Blitz, comment refuser à ses concitoyennes restées à l’arrière, le soutien amical qui leur manque ?

Mais l’heure est venue de la résistance féminine. Emmy refuse de s’avouer vaincue. Elle a un plan culotté….

Chère Mrs Bird figurait en bonne place sur ma wishs-list depuis sa parution dans l’excellente collection Le cercle Belfond en 2018. Il n’a donc pas eu le temps de croupir dans ma PAL et j’ai eu le plaisir de commencer cette nouvelle année en sa compagnie, et j’ai bien fait car j’ai beaucoup aimé cette histoire.

Dans la droite lignée du Cercle Littéraire des amateurs d’épluchures de patates et de La chorale des dames de Chilbury, Mrs Bird s’attache à nous raconter le quotidien des femmes pendant le Blitz qui a frappé Londres dès 1940. Plein de charme et d’humour, ce roman est une véritable ode à l’amitié, à la générosité, à l’entraide et au courage des femmes pendant les seconde guerre mondiale. L’écriture est fluide et plaisante à lire et les pages se tournent toutes seules.

Ce premier roman signé A.J. Pearce est très bien documenté, l’autrice est passionnée par ce conflit et la presse et cela se sent à la lecture. Avec Emmy et sa meilleure amie Bunty, on est plongé au cœur de la capitale anglaise pendant les bombardements allemands et c’est véritablement passionnant.

Avec elles, on vit le quotidien des femmes confrontées chaque jour à l’horreur : rationnement, les nuits dans les abris anti bombardements, la peur pour les hommes partis au front, les immeubles éventrés, l’effort de guerre avec les soirées de bénévolat, le travail des pompiers et des secours lors des bombardements… et on se rend compte qu’ici chacun est égal devant la mort et la mutilation : les enfants, les vieillards, les commerçants, secouristes… les horreurs de la guerre touchent tout le monde au hasard des bombes allemandes.

J’ai aussi beaucoup aimé le fait que tout soit raconté à travers le regard d’une jeune femme spontanée pas forcément très mature et spontanée, trop pour rentrer dans le moule imposé par sa patronne, et qui va oser braver les interdits pour aider les femmes qui écrivent au journal. Elle apporte beaucoup de fraicheur et d’humour au récit.

Son envie de s’accomplir dans son métier, d’être indépendante et de ne pas chercher à se marier à tout prix en font un personnage féministe que l’on a plaisir à suivre.

L’amitié entre Emmy et Bunty est aussi très touchante, elles sont attachantes tout comme la galerie de personnages inventée par A.J Pearce, à l’exception de la terrible Mrs Bird !

Si vous aimez cette période de l’histoire et que vous cherchez un roman un peu original sur cette période, je ne peux que vous conseiller Chère Mrs Bird.

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Lu dans le cadre du Cold Winter challenge

Anne Perry, née en 1938 à Londres, est aujourd’hui célébrée dans de nombreux pays comme la reine du polar victorien grâce au succès de ses deux séries, les enquêtes du couple Charlotte et Thomas Pitt, et celles de l’inspecteur amnésique William Monk. Elle s’est depuis intéressée à d’autres périodes historiques telles que le Paris de la Révolution française (A L’ombre de la guillotine), la Première Guerre mondiale (la saga des Reavley), ou encore Byzance au XIIIe siècle (Du sang sur la soie). Anne Perry partage sa vie entre Inverness (Écosse) et Los Angeles.

Lorsque le jeune Dominic Corde et sa femme Clarice, arrivent à Cottisham, un charmant village de la campagne anglaise, pour remplacer Mr. Wynter, le pasteur pendant la période de Noël, ils ont immédiatement le sentiment d’avoir découvert le lieu de leurs rêves.

La beauté du paysage, l’accueil chaleureux des habitants, le confort du presbytère, tout les incite à se réjouir de ce séjour… jusqu’à la découverte du cadavre de Mr. Wynter dans la cave de leur maison.

Le médecin conclut à une mort accidentelle mais Clarice, alertée par d’étranges indices, n’y croit pas une seconde. Qui a pu tuer un homme aimé de tous ?

Obstinée et courageuse, plus soucieuse d’écouter sa conscience que de se plier aux bonnes manières de la société victorienne, Clarice entreprend de percer les secrets les mieux cachés de ses adorables voisins…

Comme vous le savez sans doute si vous êtes un(e) fidèle de ce blog, Anne Perry est une auteure de polars historiques que j’affectionne tout particulièrement, j’adore sa série consacrée à Thomas et Charlotte Pitt et je continue mon exploration de ses petits crimes de Noël, qui bien qu’ils soient moins bons que ses romans, sont mes petits plaisirs coupables de fin d’année.

Après La disparue de Noël, Un Noël à New York et La détective de Noël, place au Secret de Noël.

Dans ce nouveau récit de Noël, j’ai eu le plaisir de retrouver Dominic Corde, le mari de la sœur aînée de Charlotte Pitt, assassinée lors du premier opus de la série consacrée aux Pitt.

Ici, c’est plus particulièrement sa nouvelle épouse, Clarice, qui est mise en lumière. Ce petit récit permet de la découvrir et de dessiner le portrait de cette jeune femme qui a quelques points communs avec Charlotte Pitt.

Eperdument amoureuse de son mari, qui va s’improviser détective lorsqu’elle découvre que le pasteur que son époux remplace n’est pas parti en vacances mais a été assassiné.

On ne va pas se mentir, les intrigues policières de ces petits crimes de Noël ne brillent pas par leur efficacité, on devine assez rapidement l’identité du coupable mais l’important est ailleurs.

Ce qui est intéressant chez Anne Perry c’est le contexte historique, la société victorienne qu’elle dépeint comme personne et les thématiques qu’elle développe et notamment la place des femmes, thème central de ses histoires.

L’autrice met bien ici l’accent sur le tabou de cette époque : le divorce. L’histoire illustre aussi fort bien le sort réservé aux femmes de la bonne société victorienne et notamment celles abandonnées par leurs époux.

Elle s’attarde également beaucoup sur la vie à la campagne et plus particulièrement celle des pasteurs et de leurs épouses et leurs rôles au sein de leurs communautés.

Contrairement à ses romans, l’intrigue policière n’est ici qu’un prétexte mais les découvertes et les révélations qui nous permettent de comprendre le mobile du crime se révèlent très intéressantes.

Une histoire plaisante que je vous recommande malgré un dénouement un peu prévisible !

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Lu dans le cadre du Cold Winter challenge

– Je refuse ! s’écria Mariah Ellison, indignée. L’idée lui était intolérable.
– Je crains qu’il n’y ait guère le choix, dit Emily.
Elle portait une ravissante robe vert d’eau, avec de grandes manches à la mode et une jupe qui frôlait le sol. Avec son teint délicat de blonde, cette tenue la faisait paraître plus jolie qu’elle ne l’était, et d’avoir épousé un homme fortuné lui donnait des airs de grande dame, bien au-delà de sa condition.
– Mais si ! rétorqua Grand-maman en levant les yeux de son fauteuil. Il existe toujours un autre choix ! Au nom du ciel, pourquoi voudrais-tu aller en France ? Nous ne sommes plus qu’à huit jours de Noël !
– Neuf, corrigea Emily. Nous avons été invités à passer Noël dans la vallée de la Loire.
– Peu importe où en France ! De toute façon, ce n’est pas l’Angleterre. Il faut traverser la Manche. La mer sera agitée, et nous serons tous malades.

Pour Mariah Ellison, la grand-mère acariâtre et austère de Charlotte Pitt, ces fêtes de Noël s’annoncent comme un véritable cauchemar ! Être exilée contre son gré chez son ancienne belle-fille et son nouveau mari, au bord de la Manche, avait déjà mis ses nerfs à rude épreuve.

La voilà maintenant obligée de supporter l’arrivée d’une invitée de dernière minute, Maude Barrington. Cette aventurière a passé sa vie à parcourir le monde et selon Mariah, l’existence même de cette personne est une insulte aux convenances victoriennes.

Mais elle ne pourra s’empêcher d’être touchée par sa joie de vivre et va finalement éprouver beaucoup d’amitié pour elle. Lorsqu’elle découvre un matin son corps sans vie, son sang ne fait qu’un tour.

Le médecin a beau avoir conclu à une mort naturelle Mariah Ellison, n’y croit pas : cela ne fait aucun doute, Maude a été empoisonnée.

Dans le plus grand secret, elle décide d’enquêter et se rend en cette veille de Noël dans la famille de la victime…

Comme vous le savez sans doute si vous êtes un(e) fidèle de ce blog, Anne Perry est une auteure de polars historiques que j’affectionne tout particulièrement, j’adore sa série consacrée à Thomas et Charlotte Pitt et j’ai découvert ses fameuses histoires de Noël l’an dernier, lors de ma lecture de La disparue de Noël et Un Noël à New York.

Dans ce nouveau récit de Noël, La détective de Noël, l’héroïne principale n’est autre que Mariah Ellison, la grand-mère acariâtre de Charlotte Pitt que l’on croise à plusieurs reprises dans les romans de cette série.

Ce petit récit permet de mieux l’appréhender et de dessiner le portrait de cette vieille femme, reine de la dissimulation. On découvre une femme âgée aigrie qui a beaucoup souffert dans sa vie conjugale et qui va se prendre d’amitié pour une femme à la trajectoire diamétralement opposée de la sienne.

On comprend sous la plume de l’auteure que Mariah aurait bien aimé s’affranchir des conventions sociales mais qu’elle en a été incapable, préférant endosser le rôle de parangon de vertu aux yeux de sa famille.

Ici, c’est elle qui mène l’enquête, persuadée que sa nouvelle amie a été assassinée par sa famille qui pourtant ne la côtoyait plus depuis plusieurs décennies.

On ne va pas se mentir, les intrigues policières de ces petits crimes de Noël ne brillent pas par leur efficacité, on devine assez rapidement l’identité du coupable mais l’important est ailleurs.

Ce qui est intéressant chez Anne Perry c’est l’atmosphère historique et so british qu’elle imprime à ses romans et les thématiques qu’elle développe et notamment la place des femmes, thème central de ses histoires.

L’autrice met bien ici l’accent sur l’importance des apparences et la fausseté des relations sociales. L’histoire illustre aussi fort bien le sort réservé aux femmes de la bonne société victorienne et malheur à celles qui sortent des sentiers battus et osent vivre une vie libre à une époque où la place de la femme était au foyer.

Contrairement à ses romans, l’intrigue policière n’est ici qu’un prétexte mais les découvertes et les révélations qui nous permettent de comprendre le mobile du crime se révèlent très intéressantes.

Une histoire plaisante que je vous recommande malgré un dénouement un peu prévisible !

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