Feeds:
Articles
Commentaires

Posts Tagged ‘roman années 50’

Après des études aux universités de Sydney, Stanford et Cambridge, Madeleine St John s’installe à Londres en 1968. Son roman The Essence of the Thing, finaliste du Man Booker Prize, une première pour une Australienne, a été en traduit en français (Rupture et conséquences, Le Mercure de France, 2000). Elle a ensuite refusé que ses textes soient traduits à l’étranger. Morte en 2006, elle a été redécouverte en Australie par les éditions Text, qui lui ont redonné sa place d’auteur majeur en publiant ces Petites robes noires, devenu un best-seller et adapté au cinéma par Bruce Beresford.

1959. Au deuxième étage du grand magasin F.G. Goode’s de Sidney, des jeunes femmes vêtues de petites robes noires s’agitent avant le rush de Noël.

Parmi elles, Patty dont le mariage bat de l’aile, Fay, à la recherche du grand amour ; l’exubérante Magda, une Slovène qui règne sur les prestigieux Modèles Haute Couture ; Lisa, affectée au rayon Robes de cocktail, où elle compte bien rester en attendant ses résultats d’entrée à l’université.

Dans le secret d’une cabine d’essayage ou le temps d’un achat, les langues se délient, les vies et les rêves des vendeuses se dévoilent…

Avec finesse et humour, l’australienne Madeleine St John nous livre un instantané de l’Australie des années 1950 et une critique subtile de la place de la femme dans la société de l’époque.

Devenu un classique dans les pays anglo-saxons, Les petites robes noires, est un roman tout en élégance et en délicatesse. L’autrice nous y fait suivre tour à tour ses héroïnes au sein du grand magasin et dans leur vie privée.

Madeleine St John excelle dans le portrait de toutes ces femmes venues d’horizons différents, ce qui lui permet de dresser un tableau des moeurs de la fin des années 50.

Une époque où les femmes font peu d’études et s’empressent de quitter leur job, une fois la bague au doigt, poussée par la pression sociale et le souhait de se conformer à ce que l’on attend d’elles.

Des employées modestes ou bourgeoises soucieuses de leur rang, toutes ces femmes ont en commun de se cantonner avec plus ou moins de bonheur au rôle alors dévolu aux femmes, à savoir leur foyer.

Faire le bonheur de leur mari et de leurs enfants, être de parfaites ménagères, voilà avant tout ce que la société patriarcale leur propose.

La jeune Lisa que l’exubérante Magda prend sous son aile, fait figure d’exception. Brillante élève, elle compte bien entrer à l’université pour devenir professeure, au grand dam de son père qui ne veut pas en entendre parler.

Heureusement pour elle, les temps changent et Lisa, poussée par sa mère, n’a pas envie de laisser son père régenter sa vie.

Même si il ne brille pas par son originalité, ce roman est un joli hommage de Madeleine St John à ses contemporaines, soumises à l’autorité de leur père, puis de leur mari, et dévolues à la sphère du mariage, de la maternité et d’emplois subalternes typiquement féminins à l’instar de ces petites robes noires, héroïnes de ce récit.

Un titre peu connu que je suis ravie d’avoir découvert !

Read Full Post »

1954, Pénélope et Charlotte, de jeunes anglaises issues de familles aristocratiques mais désargentées, sont folles du chanteur Johnnie Ray, qui fait fureur des deux côtés de L’Atlantique. Harry, le cousin de Charlotte, essaie de conquérir une extravagante actrice américaine qui s’est fiancée avec un autre. Pénélope, elle, est subjuguée par l’irrésistible Rocky Dakota, un imprésario hollywoodien de vingt-cinq ans son aîné. Mais Rocky s’intéresse-t-il à elle ou à sa mère, une veuve éblouissante qui ne s’est jamais remise de la mort de son mari bien-aimé au champ d’honneur ?

l-amour-comme-par-hasard-eva-riceauteur-éditeur-pagesAujourd’hui on fait une petite pause dans les lectures de Noël pour se plonger au coeur des années 50 et du rock’n roll avec ce très chouette roman d’Eva Rice, L’amour comme par hasard. Si vous cherchez un roman distrayant, pétillant et frais comme du champagne, ne cherchez plus, celui-ci est le livre de la situation !

Angleterre, 1954. La perfide Albion panse encore ses blessures de la Seconde Guerre mondiale et les anglais doivent toujours compter avec le rationnement. Tout commence par une rencontre fortuite à un arrêt de bus entre deux jeunes filles de 18 ans, passionnées toutes les deux par le chanteur américain Johnnie Ray, qui est alors le chanteur pour midinettes par excellence, plus pour longtemps puisque les demoiselles vont bientôt lui préférer le King. La pétulante Charlotte et la sage et réservée Pénélope vont vite devenir inséparables.

Pénélope s’étiole un peu à Milton Magna Hall, un grand manoir délabré et très célèbre de la campagne anglaise, coincée entre sa mère, une très belle veuve de guerre âgée seulement de 37 ans, et son frère cadet Inigo, fou de rock et fan d’Elvis Presley. Charlotte vit à Londres et est la dactylo attitrée de sa tante qui peine à terminer ses mémoires. Les deux jeunes filles appartiennent à la bonne société mais sont aussi passablement désargentées, et bien contentes de pouvoir profiter des largesses d’amies plus fortunées qui leur permettent de faire bonne chair au restaurant.

Eva Rice nous invite ici aux jeux de l’amour et du hasard, entre thés copieux chez l’irrésistible tante Clare, soirées arrosées de la gentry, amours contrariées, émancipation de la jeunesse qui souhaite s’amuser et oublier la guerre, fossé qui sépare les adolescents de l’après-guerre et leurs parents, la rivalité entre l’Angleterre et l’Amérique qui vit alors son âge d’or, et l’évolution de la société des années 50. L’auteure parsème son récit de quelques secrets de famille, imprime une ambiance très musicale et rythmée, et met en scène une galerie de personnages savoureux et très intéressants.

J’ai beaucoup aimé ce roman so british, plein de charme, savamment dosé entre histoires d’amour, humour, folie douce amère, emprunt d’une joyeuse insouciance mais aussi de beaucoup de nostalgie. L’amour comme par hasard est une immersion réussie au coeur des années 50 qui nous entraine dans un fol tourbillon. Un roman que je vous conseille vivement et que j’ai été bien triste de quitter, j’aurais aimé rester encore avec Pénélope, Charlotte, Inigo et tous leurs amis.

heart_4

Lu dans le cadre d’une lecture commune avec Natiora et Fanny des challenges La plume au féminin édition 2013 et God save the livre édition 2013  :

   

Read Full Post »