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Posts Tagged ‘roman australien’

Peut-on trouver une épouse sur mesure ? Le professeur de génétique Don Tillman, génie des sciences mais absolument inapte à vivre en société, en est persuadé. Pour mener à bien son « Projet Épouse », Don met au point un questionnaire extrêmement détaillé lui permettant d éliminer toutes les candidates qui ne répondraient pas à ses exigences.

Et celles-ci sont nombreuses car pour Don, la femme idéale NE DOIT PAS :
1. Fumer et boire. 2. Être végétarienne et aimer la glace à l abricot. 3. Se lever après 6 heures. Mais elle DOIT : 1. Faire du sport. 2. Être ponctuelle.
3. Accepter le Système de Repas Normalisé qui prévoit du homard au dîner le mardi.
S’il y a bien une personne qui ne remplit aucun des critères établis, c’est Rosie Jarman, étudiante le jour et barman la nuit, dont la vie aussi désordonnée que celle de Don est méthodiquement organisée.

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Don Tillman est un génie des sciences, professeur de génétique à l’université de Melbourne. S’il est très intelligent et brillant, ses compétences sociales sont très limitées car on se rend compte au fil de la lecture, qu’il est autiste, atteint du syndrome d’Asperger, ce dont il ne se doute pas une seconde.

Il se révèle totalement inapte à vivre en société et s’est composé un programme journalier dont il n’aime pas déroger. Des journées millimétrées où chaque seconde, de jour comme de nuit, doit être mise à profit et il ne peut s’y dérober sous peine de se sentir très très mal.

Et pour couronner le tout, Don n’a jamais eu de petite amie (rien d’étonnant, qui arriverait à vivre une vie aussi rigide !!) et à bientôt quarante ans, il n’a qu’une envie : mettre fin à sa solitude et trouver une épouse. Pour réussir cette équation périlleuse, il a mis au point un questionnaire extrêmement détaillé lui permettant d’éliminer toutes les candidates qui ne correspondraient pas à ses exigences pour mener à bien son « Projet épouse », le tout dans un soucis d’efficacité optimum.

Parce que tout ce qu’entreprend Don devient un projet qu’il traite de la manière la plus stricte et la plus scientifique possible. A fond dans son projet, hermétique à l’humour et totalement premier degré comme tous les Aspie, il va tomber sur Rosie, qui est l’exacte opposé de la femme idéale qu’il s’est imaginé. Le voilà embarqué avec elle dans une aventure qui va mettre à mal tous ses principes et préceptes.

C’est une fois de plus chez les copinautes que j’ai repéré Le théorème du homard, chez Syl et Claire pour ne pas les nommer, qui n’ont pas leur pareil pour alourdir ma PAL à chaque billet ou presque, un grand merci à elles pour cette belle découverte et surtout à Claire qui me l’a offert pour mon anniversaire !

Autant vous le dire d’emblée, j’ai beaucoup aimé ce roman à la fois drôle, décalé, romantique et pétillant ! L’auteur a une excellente connaissance de l’autisme et le personnage de Dan, son comportement, ses tocs et sa rigidité, tout est vraiment fidèle à ce qu’est un Aspie. Je suis particulièrement sensible au sujet de l’autisme et j’ai adoré le fait que le personnage principal soit un autiste, qu’il soit montré sous un jour positif, c’est l’un des points forts du roman.

Ses apprentissages se font par les livres, internet et les répliques des films et chaque sujet qu’il aborde est exploré à fond, jusqu’à sa maitrise complète et totale. Il est brillant mais ses relations sociales sont calamiteuses, il est incapable de s’habiller correctement ou reconnaître le second degré dans les mots de son interlocuteur. Vraiment tout sonne juste et soit l’auteur s’est remarquablement documenté sur l’autisme soit il en est atteint lui-même, de ce point de vue c’est un roman passionnant à lire.

J’ai adoré l’humour de Dan, la franchise et la décontraction de Rosie. Le Projet Épouse puis le Projet Père qu’ils mènent ensemble donnent lieu à des rebondissements, des quiproquos et à des pages pleines de drôlerie et d’humour.

Ce roman vous fera sourire, rire et vous touchera en plein cœur, il m’a beaucoup touchée et si je frôle le coup de coeur, c’est parce que la fin est un peu trop prévisible à mon goût.

Un roman à lire sans modération et de toute urgence si vous avez envie d’une lecture légère et pétillante !

heart_4Lu dans le cadre du cadre des challenges 1 pavé par mois, A tous prix  (Victorian premier’s literary award 2012) et du défi Les 10 livres à sortir de ma PAL cet automne !! (2/10) :

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Et du Plan Orsec 2014 pour PAL en danger :

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Ed Kennedy, dix-neuf ans, chauffeur de taxi, a peu de raison d’être fier de sa vie : son père est mort d’alcoolisme, il est désespérément amoureux de sa meilleure amie, Audrey, et il partage un appartement délabré avec le Portier, son chien – fidèle mais odorant. Il n’a pas grand-chose d’autre à faire que conduire son taxi, jouer aux cartes et boire avec ses amis aussi perdus que lui. Mais un jour, il découvre un mystérieux message dans sa boîte aux lettres : un as de carreau où sont inscrites trois adresses. Que signifie cette carte ? Que va-t-il trouver à ces adresses ? Pour Ed, c’est le début d’une enquête qui va le conduire de mystère en mystère à travers la ville et l’amener à aider les gens qu’ils rencontrent, avec une obsession en tête : qui lui envoie ces messages ? Ed pour y répondre se voit ainsi forcé de se dépasser et à son tour nous questionne : et si nous vivions tous en dessous de nos capacités ?

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Après La voleuse de livres, best seller mondial récemment adapté sur grand écran, Marcus Zusak était attendu au tournant et il a choisi de publier un roman radicalement différent, très contemporain et qui s’avère être le son tout premier : Le messager.

Le messager s’appelle Ed Kennedy, un chauffeur de taxi de 19 ans dont la vie est somme toute très banale et se résume à des parties de cartes hebdomadaires avec Marv, Ritchie et Audrey, dont il est secrètement amoureux. Il vit seul avec son vieux chien, le Portier, rend des services à sa mère qui n’a jamais un mot gentil pour lui.

Une routine et une vie ordinaire jusqu’à un hold up raté, scène d’ouverture hilarante, avec un braqueur qu’il arrive à arrêter. Il devient alors le héros local et peu après un message étrange arrive dans sa boîte aux lettres sous la forme d’un as de carreau. A partir de là, le quotidien d’Ed va s’en trouver bouleversé.

Pourquoi Ed reçoit-il cette carte à jouer ? Qui en est le mystérieux expéditeur ? Comment et pourquoi Ed doit-il aider les personnes désignées par ces cartes qui arriveront successivement jusqu’à lui ? Notre héros se le demande et avec lui, nous aussi.

Reste que les différentes missions que doit accomplir Ed vont permettre à l’auteur de dresser une belle galerie de personnages particulièrement cabossés par la vie (veuve inconsolable, maman solo, famille pauvre, un prêtre…). Et Ed lui-même est un loser très attachant qui va devenir au fil des chapitres un héros malgré lui.

Markus Zusak nous propose ici un page turner très efficace, pour tout vous dire je l’ai lu en 24h ce qui ne m’arrive jamais tellement j’étais happée par l’histoire pleine de rebondissements. A la fois roman d’apprentissage, polar, bourré d’amitié et de tendresse, drôle mais aussi très touchant, cette tranche de vie d’Ed Kennedy vaut le détour.

Le style fait vraiment penser à celui de La voleuse de livres : des chapitres et des phrases courts, des métaphores, des pensées, des vers, même s’il est très ancré dans le contemporain et le réel.

Certes on pourra reprocher à Markus Zusak son discours simple et naïf : on a tous une carte à jouer / à plusieurs on est plus fort que tout seul / aidons-nous les uns les autres, mais par ces temps de sinistrose généralisée, ça fait un bien fou.

Merci à Sonia et aux éditions Kero pour cette lecture captivante !

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Quand la mort vous raconte une histoire, vous avez tout intérêt à l’écouter. Une histoire étrange et émouvante où il est question : d’une fillette ; des mots ; d’un accordéoniste ; d’Allemands fanatiques ; d’un boxeur juif ; de vols.

la-voleuse-de-livres-markus-zusakauteur-éditeur-pagesVoilà un roman que j’avais envie de livre depuis sa sortie mais que je redoutais aussi. Comme vous le savez, j’aime beaucoup les romans historiques mais ceux qui ont pour cadre la seconde guerre mondiale me mettent souvent mal à l’aise. A cause sans doute du génocide et de l’épuration et certainement aussi parce que mes deux grands-pères l’ont fait et ont tutoyé la mort de près. J’ai tout de même fini par le sortir de ma PAL encouragée par les bons avis que j’ai pu lire, notamment celui de Céline.

La voleuse de livres démarre en 1939, lorsqu’une fillette de 10 ans, Liesel, se rend avec son petit frère âgé de 6 ans et leur mère, en train jusqu’à Molching, une petite ville près de Munich. Les deux enfants doivent quitter leur mère, soupçonnée d’être communiste, pour être confiés à des parents nourriciers, Hans et Rosa Hubermann, qui les attendent rue Himmel. Pendant le trajet, le petit garçon succombe à ce qui semble être une pneumonie, et cette disparition brutale va hanter Liesel qui doit aussi dire adieu à sa mère qu’elle ne reverra jamais. Bon soyons clair, ça démarre mal et je ne vous cache pas que l’histoire de Liesel et de son meilleur ami Rudy, d’Hans et de Rosa est tragique et très émouvante, et comme je suis une grande émotive, j’ai du me résoudre à avoir ma boite de mouchoirs tout de près de moi car j’ai beaucoup pleuré. Heureusement, il n’y a pas que des zones d’ombres, il y a aussi beaucoup d’amour, de solidarité et d’humour tout au long du récit.

C’est l’histoire d’une fillette qui va apprendre à lire et à écrire avec son papa qui déborde d’amour et de tendresse pour elle, qui va traverser la guerre en voyant passer les convois de juifs qu’on emmène à Dachau, connaître la pauvreté et la faim et qui va devenir une voleuse de livres, car pour elle un livre ça ne s’achète pas, ça ne se donne pas, ça se vole. C’est l’histoire d’un homme qui a survécu à la première guerre mondiale et qui décide d’aider le fils de son ami juif mort au combat en le cachant dans sa cave. C’est l’histoire d’un juif qui veut boxer Hitler et qui dessine son malheur de façon très poétique. C’est l’histoire d’un jeune garçon qui résiste au fascisme de toutes les façons, notamment en devenant Jesse Owens le temps d’une course mémorable. C’est l’histoire d’une femme qui aime maladroitement sa fille nourricière en l’abreuvant de gros mots. C’est aussi l’histoire des jeunesses hitlériennes et celle du peuple allemand, pris entre le marteau et l’enclume, les petites gens qui subissent plus qu’ils n’agissent.

Mais ne vous y trompez pas, si l’histoire peut vous sembler plutôt commune hélas, le processus narratif lui ne l’est pas déjà : les chapitres sont courts, parsemés de notes et de dessins et surtout la narratrice du roman n’est pas Liesel, mais la mort en personne. Et cette mort a des choses à dire, elle a des états d’âmes, se fâche contre la folie d’un seul homme, Hitler, et de ces guerres mondiales, deux en vingt ans, qui charrient les morts par millions et qui transforment sa petite entreprise artisanale en multinationale. Elle a le moral en berne, en a assez de ramasser des âmes à longueur de temps, sans répit, elle ne sait plus où donner de la tête la grande faucheuse. Ses états d’âme et ses fâcheries permettent à Markus Zusak de parsemer son récit de notes d’humour, humour noir certes, mais qui est le bienvenu. L’auteur ne tombe jamais dans le pathos ni le manichéisme (et cela aurait facile avec un tel sujet), il démontre que les allemands n’étaient pas tous nazis et que même ceux qui avaient adhéré, ne l’avaient pas forcément fait par idéologie mais par peur des représailles ou plus prosaïquement, pour avoir un travail. Idem pour les jeunesses hitlériennes : les enfants étaient enrôlés de force et leurs parents n’avaient pas leur mot à dire.

J’ai beaucoup aimé ce roman mais deux choses m’ont vraiment gênée : les mots en allemand, pas toujours expliqués, je me suis sentie par moment un brin exclue de certains dialogues, et surtout la Mort, qui, lors de son récit, nous fait de gros spoiler sans arrêt ! Ainsi, on sait qui va mourir et quand, on connait la fin avant même d’y être arrivée. Je ne comprends pas pourquoi l’auteur a eu recours à ce procédé et ça a vraiment gênée ma lecture, car j’étais tellement attachée aux personnages que je redoutais les passages en question. Malgré ces bémols, je pense que c’est un roman intéressant et qui vaut la peine d’être lu, je vous le recommande en tout cas.

heart_4Lu dans le cadre des challenges A tout prix (prix Millepages jeunesse 2007) et Halloween :

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Eté 1924, dans la propriété de Riverton. L’étoile montante de la poésie anglaise, lord Robert Hunter, se donne la mort au bord d’un lac, lors d’une soirée. Dès lors, les soeurs Emmeline et Hannah Hartford, seuls témoins de ce drame, ne se sont plus adressé la parole. Selon la rumeur, l’une était sa fiancée et l’autre son amante…

1999. Une jeune réalisatrice décide de faire un film autour de ce scandale et s’adresse au dernier témoin vivant, Grace Bradley, à l’époque domestique au château. Grace s’est toujours efforcée d’oublier cette nuit-là. Mais les fantômes du passé ne demandent qu’à se réveiller…

les-brumes-de-riverton-kate-mortonauteur-éditeur-pagesL’année dernière j’avais lu et beaucoup aimé Le jardin des secrets et je m’étais promis de lire les autres romans de Kate Morton. Je comptais emprunter son dernier titre à la médiathèque mais dans les rayonnages il ne restait que Les brumes de Riverton, preuve du succès de l’auteure !

L’histoire démarre en 1914 à Riverton, dans la campagne anglaise. Grace, alors âgée de 14 ans, vient d’être engagée comme domestique au service des Harford, une famille de la noblesse, qui vit dans une grande demeure à la Donwton Abbey. Sa mère y a d’ailleurs travaillé jusqu’à sa naissance. Comme dans la série anglaise que j’adore, l’auteur trousse son récit, entre le monde des domestiques et celui des maitres. L’office, comme le reste de la maison, est régi par des traditions et un rang à tenir, chaque chose et chacun doit y être à sa place.

On assiste via cette grande famille et la jeune Grace, la narratrice, aux bouleversements qui secouent la société en ce début du 20è siècle, à l’heure où l’Europe va plonger dans la boucherie que fut la première guerre mondiale. Grace, désormais âgée de 99 ans, se confie sur la vie à Riverton à l’occasion d’un film qui retrace le suicide du poète Robert Hunter, qui se donna à la mort à Riverton un soir de 1924. L’auteure alterne de façon trop maladroite et abrupte le présent et le passé, un mode narratif qu’emprunte bon nombre de romanciers sans forcément en avoir le talent ou l’inspiration nécessaire. Ce que je reprochais à Tout ce que je suis d’Anna Funder, je le reproche aussi à Kate Morton que j’ai trouvé plus inspirée dans Le jardin des secrets. Le roman était lui aussi empli d’allers et retours entre le passé et le présent mais de façon très réussie. Ici l’histoire faite de flashbacks constants se révèle parfois un peu difficile à lire et à comprendre et elle m’a vite lassée. J’ai trouvé l’histoire au final plutôt banale même si l’auteure évoque des sujets intéressants et importants au sortir de la guerre comme le traumatisme des hommes rescapés du front, l’évolution des femmes à travers le mouvement des garçonnes, l’envie de celles-ci de travailler, d’exister par elles-mêmes.

Je n’ai pas ressenti l’engouement de bien des lectrices qui ont eu un véritable coup de cœur pour ce roman. Certains passages sont prenants mais d’autres sont vraiment poussifs et ennuyeux. Sur le papier, cette atmosphère british avait tout pour me plaire, hélas pour moi, j’ai trouvé que le récit avait trop de longueurs et recelait bien peu de secrets, contrairement à ce que la 4è de couverture laissait présager. Peut-être que j’ai lu trop de romans ayant cette construction cette année et que ça a fini par me lasser ? En bref, une grosse déception pour moi, et vous, l’avez-vous aimé ?

heart_2Lu dans le cadre du challenge La plume au féminin édition 2013 :

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2001, Sydney. Ruth Wesemann reçoit un mystérieux paquet qui va la replonger dans son passé, celui de l’entre-deux-guerres et du IIIe Reich. À l’époque Ruth est une jeune photographe insouciante. En 1933, avec l’avènement d’Hitler, sa vie bascule : résistance, persécution, exil. Depuis la capitale anglaise, elle et son mari, Hans, tentent d’aider ceux qui restés en Allemagne s’opposent au Chancelier, et notamment sa cousine, Dora Fabian. Cette dernière, après avoir caché les écrits d’Ernst Toller au péril de sa vie, échappera de manière spectaculaire à la Gestapo et trouvera asile, elle aussi, à Londres.

tout-ce-que-je-suis-anna-funderauteur-éditeur-pages Tout ce que je suis est un roman historique mais son auteure Anna Funder s’est inspirée d’une histoire vraie : celle d’un petit groupe de militants socialistes allemands, qui ont risqué leurs vies en organisant une résistance acharnée à Hitler et à ses S.S pendant l’entre-deux-guerres. C’est en Australie, d’où est originaire l’auteure, qu’Anna Funder rencontre Ruth Blatt, une Allemande, qui va devenir l’un des principaux personnages de son roman. Comme vous le savez sans doute je ne suis pas une passionnée de la seconde guerre mondiale même si je lis finalement souvent des romans qui ont pour décor cette époque, ici ce qui m’intéressait, c’était d’en apprendre plus sur la résistance allemande au Fürher, sur les allemands qui ont dit non au nazisme et qui l’ont souvent payé de leur vie. En effet, si l’on met souvent la lumière sur l’holocauste, à juste titre car il ne faut jamais oublier les horreurs commises par le régime hitlérien envers les juifs, ce même régime s’est d’abord fait la main, si j’ose dire, sur ses opposants politiques (communistes et socialistes), les intellectuels, les homosexuels et les malades mentaux, qui ont connu les premiers les camps de concentration.

Aussi lorsque Les éditions Héloïse d’Ormesson me l’ont envoyé dans le cadre de la Masse Critique Babelio, j’étais ravie de pouvoir en apprendre davantage sur cette période troublée des années 30, d’autant plus que les billets que j’ai pu lire sur ce roman étaient enthousiastes, mettant en avant un suspens digne d’un thriller et une histoire d’amour, que je n’ai pour ma part pas perçus ainsi, et si j’ai appris effectivement beaucoup de choses, j’ai aussi le sentiment d’être un peu passée à côté du roman, que j’ai mis près d’une semaine à lire, ce qui n’est pas bon signe en ce qui me concerne.

Tout ce que je suis démarre à la fin de la première guerre mondiale, lors de la révolution allemande : l’empereur Guillaume II est en exil et les mouvements de gauche font leur percée : ils sont pacifistes dans l’âme et ne voudront pas faire couler le sang des allemands pour imposer leurs idées. La révolution ne durera pas mais fera émerger une élite de beaux esprits : philosophes, poètes et journalistes, ceux-là même qui seront de farouches adversaires d’Hitler. Ce roman nous raconte la résistance allemande face au nazisme à travers quatre personnages, qui ont tous existé : Ernst Toller, Dora Fabian, Ruth et Hans Wesemann. Il met aussi en lumière la montée inexorable du régime nazi, le climat délétère pour les intellectuels et les militants de gauche persécutés jusqu’aux bords de la Tamise et l’aveuglement des puissances européennes et américaines face au nazisme et à ses exactions sur son sol mais également dans les pays étrangers.

L’histoire est intéressante, le roman bien écrit, oui mais voilà, je n’ai pas réussi à rentrer dans ce roman, riche en informations, en détails et en protagonistes, au fur et à mesure de ma lecture je perdais le fil et j’avais du mal à situer les dates des évènements. Je pense que la difficulté vient de la structure même du récit : une double narration, oui je sais ça devient une habitude, et d’habitude j’apprécie, mais ici nous avons trois époques qui se croisent, et c’est nettement moins convaincant, j’aurais préféré que les évènements se déroulent de façon chronologique car là j’étais totalement perdue. D’un côté, Ruth est à l’aube de sa vie, vers l’an 2000, et se remémore les évènements de son adolescence, période à laquelle elle s’est politisée sous l’influence de sa cousine Dora, plus âgée qu’elle et féministe engagée jusqu’à l’entre-deux-guerres. Et d’un autre, Ernst Toller, dicte ses mémoires à sa secrétaire, Clara, dans sa chambre d’hôtel new-yorkaise où il est exil en 1939. Ses allers et retours présents, passé (1933) et passé (1939) se sont révélés pour moi, plutôt confus et pénibles à lire. Les deux narrateurs sont à bout de souffle, épuisés par leurs années de résistance, pressés de leur livrer leur souvenir, mais pour autant, je n’ai pas ressenti cette urgence, ce suspens qui m’étaient promis, peut-être parce que je savais déjà qu’un sort funeste attendait la plupart des personnages.

Pour autant, Anna Funder nous livre ici un éclairage très intéressant sur les évènements et circonstances dans lesquelles Hitler est parvenu au pouvoir : inflation galopante, mythe du sauveur et du chef providentiel qui aveugle les foules et surtout les femmes. Mais aussi les assassinats, autodafés, camps de concentration, incendie du Reichstag… qui vont lui permettre d’anéantir l’opposition tout en conservant l’apparence de la légalité. Un roman bien écrit, intéressant mais il m’a manqué quelque chose pour l’apprécier vraiment, pour être tenue en haleine. Une petite liste des principales dates aurait été aussi la bienvenue, là, on sait rarement en quelle année on est, et c’est perturbant, en tout cas pour moi qui ne suis pas une spécialiste de cette époque. Je pense en revanche que si ce pan de l’histoire vous passionne, ce roman est à lire car il est très bien documenté, notamment sur la difficile vie des dissidents en exil et les pauvres moyens qu’ils avaient à leur disposition pour lutter.

heart_3Lu en lecture commune avec Emmanuelle, dans le cadre de la masse critique Babelio et des challenges A tout prix (Australian Book Industry 2012) et La plume au féminin édition 2013

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Londres, 1837. Jack Maggs, déporté comme criminel en Australie pendant de longues années, est de retour. Malgré son passé mystérieux, il réussit à se faire engager comme valet chez Percy Buckle, un riche commerçant qui pratique avec quelques amis des séances de magnétisme. Parmi eux se trouve Tobias Oates, jeune écrivain à succès obsédé par la notion de criminalité. Craignant qu’ils ne divulguent son passé honteux, en particulier auprès de Mercy Larkin, la femme de chambre dont il est amoureux, Jack Maggs les menace sans pour autant réussir à se dégager de leurs pouvoirs hypnotiques. Quels sont les liens entre Maggs et le jeune dandy Henry Philips, propriétaire invisible de la maison voisine ? Qu’est-ce que le ténébreux Maggs écrit nuit après nuit, caché dans la maison inexplicablement vide de Philips ?

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Jack Maggs se veut un hommage à l’oeuvre de Dickens et plus particulièrement à l’un de ses romans les plus connus : Les Grandes Espérances. On y retrouve des thèmes chers à l’auteur comme le traitement réservé aux orphelins, proprement indigne en ce début du 19è siècle et que j’avais aussi pu constater dans les deux romans signés Romain Sardou Une seconde avant Noël et Sauver Noël, qui ont pour thème un orphelin dans le Londres victorien, là aussi deux hommages au grand Dickens et que je vous recommande. C’est aussi un bel hommage à la littérature feuilletonnesque du 19è siècle, le personnage principal Jack Maggs, est un bagnard, condamné à la relégation en Australie pour vols, et qui depuis sa grâce, a fait fortune. Il revient à Londres clandestinement, puisqu’il n’a pas le droit d’être sur le sol anglais, pour y retrouver Henry Phipps, un orphelin qu’il considère comme son fils.

La figure du bagnard, force de la nature qu’incarne Jack Maggs n’est pas sans rappeler d’autres bagnards célèbres de la littérature nés sous la plume de Victor Hugo, Alexandre Dumas et Gaston Leroux : Jean Valjean, Edmond Dantès et Chéri-Bibi. Cependant, contrairement à ces prédécesseurs, le héros de Peter Carey ne cherche pas à se venger de Tom et de Ma’ Britten, qui ont pourtant fait son malheur. Il n’est pas non plus en quête de respectabilité mais d’un fils, qui n’est pourtant pas le sien, mais auquel il se raccroche de toutes ses forces. Enfant abandonné, sauvé de la mort par Silas, un voleur, qui va le confier à une nourrice, il va grandir sans amour et sans affection. Dès l’âge de 4 ans, il doit descendre dans les conduits de cheminée afin de déverrouiller la porte qui permettra à Silas de voler l’argenterie. L’homme va lui apprendre à reconnaitre tous les poinçons et lui adjoindre sa fille, Sophina, avec laquelle il va enfin connaitre l’amour à l’adolescence. On va le voir ainsi évoluer sur plusieurs années, par le biais de souvenirs avoués par Jack Maggs à Tobias Oates lors de séances de spiritisme. Ces passages narrant le quotidien des voleurs m’ont rappelé Du bout des doigts de Sarah Waters, roman que je vous recommande chaudement si vous ne l’avez pas lu, et qui est nettement plus brillant que Jack Maggs.

Jack Maggs se fait embaucher comme valet de pied chez un ancien épicier ayant perçu un gros héritage, Percy Buckle. Celui-ci habite la maison voisine d’Henry Phipps, qu’il trouve porte close. Il rejoint donc la domesticité de Buckle afin de guetter le retour de Phipps. L’auteur met aussi en scène toute une galerie de personnages qui aident ou pas Jack Maggs dans sa quête : Mercy, la fille de cuisine, Percy Buckle, son patron, Eddie Constable, valet de pied de Buckle, Tobias Oates, un journaliste qui voit dans Jack Maggs un excellent sujet pour son prochain romain et qui lui réclame 10 séances de spiritisme avant de le conduire chez son fils, Mary Oastes, la femme de Tobias et Lizzie, sa belle-soeur.

Roman complexe et multiforme, à la fois biographie et fiction, ce récit est constitué d’une multitude d’intrigues, de mystères et de rebondissements gérés certes de main de maître, mais qui ont fini par me lasser. Il y a pour moi trop de personnages, trop d’intrigues parallèles qui m’ont perdues par moment. J’espérais à chaque nouveau chapitre que le mystère soit tout à fait résolu pour passer à autre chose. L’auteur s’appesantit trop sur les rebondissements et la peur physique qu’inspire son héros. Dommage, car il y a beaucoup d’éléments intéressants dans Jack Maggs mais la narration trop bavarde et la lenteur du récit ont eu raison de ma patience.

Une lecture mitigée pour ma part !

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Lu dans le cadre des challenges British mysteries et Au service de… :

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Mary Poppins, la nouvelle gouvernante des quatre enfants Banks, est vraiment très spéciale ! Elle monte l’escalier sur la rampe, ouvre un sac vide et en tire un lit pliant, verse de la même bouteille du sirop de citron, de la glace à la fraise, du lait et du punch au rhum. La fantaisie, le merveilleux et l’extravagance viennent soudain bouleverser la vie quotidienne de toute la famille.

mary-poppins-pamela-lyndon-traversauteur-éditeur-pagesIl n’y a pas encore si longtemps je ne savais pas que Mary Poppins était au départ un roman. C’est grâce à la bibliographie mitonnée par Claire pour son challenge Au service de, que je l’ai appris. Mary Poppins est en fait le premier roman de Pamela Lyndon Travers, publié en 1934. Mary Poppins obtint alors un immense succès et fut traduit dans plus de vingt langues. Son auteure va même poursuivre les aventures de Mary Poppins pendant 7 autres tomes dont le dernier est paru en 1988 ! Comme beaucoup d’entre vous j’imagine, j’ai vu un certain nombre de fois le film produit par Disney, sorti en 1964, émerveillée par la prestation de Julie Andrews et par toutes les scènes chantées et dansées, je n’étais pas née mais cela ne m’a pas empêché d’aimer cette histoire. C’est donc avec une curiosité certaine que j’ai entamé ma lecture, ne me doutant pas que le film a pris bien des libertés avec l’histoire originelle.

Mr et Mrs Banks viennent de perdre leur nanny, et le moins qu’on puisse dire c’est qu’ils sont bien embêtés. Papa est banquier, maman a des visites et personne n’est là pour s’occuper de leur quatre enfants : Jane et Mickaël, les ainés, John et Barbara les cadets, encore bébés. Ils songent à passer une annonce pour recruter une nouvelle gouvernante lorsque Mary Poppins sonne à leur porte, amenée par un vent d’est providentiel. La nouvelle nurse est particulièrement coquette, fière de ses habits tous neufs et de son beau parapluie à tête de perroquet, mais elle aussi et surtout très différente de la Mary Poppins campée par Julie Andrews. Dans l’adaptation cinématographique, Mary Poppins est joyeuse, pleine d’entrain, toujours prête à rire et à chanter (Supercalifragilisticexpialidocious !), celle imaginée par Pamela Lyndon Travers est toute autre : froide, revêche, acariâtre, autoritaire, hautaine, elle dit non à tout et n’est absolument pas affectueuse avec les enfants. Ce portrait très éloigné du film m’a un peu déroutée mais ne m’a au fond pas étonnée, une nurse des années 30 se devait sans doute d’avoir ce type de posture et cette rigueur, recherchée par la noblesse et la bourgeoisie anglaise. Comme toujours, Disney pose ses filtres, édulcore et donne une vision plus enchantée et plus douce aux enfants, ce qui n’est pas plus mal d’ailleurs !

Mary Poppins reste malgré tout une gouvernante peu ordinaire. Avec elle, les enfants vont découvrir le gaz-à-faire-rire qui leur permet de voler lors d’un goûter mémorable avec Mr Perruck, l’oncle de Mary Poppins, la boussole magique qui permet de faire le tour du monde en une minute, la boutique aux étoiles tenue par deux géantes et leur maman, toutes trois immortelles, la visite nocturne du zoo à l’occasion de l’anniversaire de Mary Poppins, pour ne citer qu’eux. Pour autant, les enfants l’adorent et craignent plus que tout son départ car Mary Poppins l’a promis, elle restera jusqu’à tant que le vent change, ce qui finira par arriver, et elle repartira comme elle est venue, emportée par le vent d’ouest cette fois.

Bien qu’assez peu sympathique il faut bien le dire, j’ai suivi avec plaisir les aventures extraordinaires des petits Banks et de leur nanny. Je compte d’ailleurs emprunter le tome 2 à la médiathèque et faire découvrir Mary Poppins aux garçons. Cette lecture m’a donné aussi envie de revoir le film et la merveilleuse Julie Andrews !

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Lu dans le cadre des challenges La plume au féminin édition 2013, Au service de…, Thursday Next Challenge et Le tour du monde en 8 ans :

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1913. Sur un bateau en partance pour l’Australie se trouve une petite fille de quatre ans, seule et terrorisée. Le navire lève l’ancre et elle se retrouve à Brisbane. Si le secret de son débarquement est religieusement gardé par ses parents adoptifs, ceux-ci décident, le jour de ses 21 ans, de révéler à Nell les circonstances étranges de son arrivée dans la famille. Les questions se bousculent : Qui est-elle ? D’où viennent ses souvenirs ? Que représente le livre trouvé dans sa petite valise, seule relique d’un passé perdu ? Bouleversée, ce n’est que des années plus tard qu’elle entreprend le voyage vers ses origines. Une quête difficile pour lever le voile sur près d’un siècle d’histoire familiale…

Voilà un roman épais que j’ai littéralement dévoré, un de ces romans dont on se dit allez encore un chapitre et qu’on se surprend à ne pas lâcher et à avaler les pages et les chapitres encore et encore.

Ce roman à trois voix alterne trois époques et trois lieux. Eliza, surnommée la Conteuse, que l’on suit de 1900 à 1913 dans le Londres victorien au départ puis en Écosse ; Nell, la petite fille abandonnée sur un navire reliant l’Angleterre et l’Australie qui mène l’enquête sur ses origines en 1975 alors qu’elle est déjà âgée d’une soixantaine d’années et Cassandra sa petite-fille qui vit de nos jours et qui décide de finir l’enquête commencée par sa grand-mère.

L’histoire prend place tranquillement et les fils du récit se nouent lentement, on fait connaissance des trois protagonistes mais aussi de la myriade de personnages secondaires. De temps à autres, un conte de fée écrit par Eliza se glisse dans la narration. Ces contes merveilleux, très réussis, m’ont d’ailleurs fait penser à ceux écrits au 17è siècle, notamment par Madame d’Aulnoy. Ils ont d’ailleurs une grande importante car ils permettent un éclairage sur les situations ou les personnages.

D’autres éléments ancrent aussi le roman dans le merveilleux : le jardin et son labyrinthe, une chaumière, un secret bien gardé, une famille sur laquelle pèse une malédiction, les pirates qui sévissaient sur ces côtes tout comme les paysages des Cornouailles, les personnages répondant à un caractère précis (la méchante tante, le gentil jardinier, le mari docile, la pauvre malade…) tout concoure à nous mettre dans une ambiance toute particulière, celle des contes de fées.

Tout comme Du bout des doigts, difficile de vous livrer mes impressions sans trop en dévoiler. Tout commence par une petite fille de 4 ans qui débarque seule en Australie, ne se souvenant plus de son nom, et ayant pour seul bagage une petite valise blanche renfermant une robe et un recueil de contes de fées. Elle est recueillie par Hugh et Lil, un couple qui n’arrive pas à avoir d’enfants, et qui la prennent pour fille. Toute à son amnésie, l’enfant devenue jeune femme, ne se souvient pas qu’ils ne sont pas ses parents. A sa majorité, son père lui avoue tout et plus rien ne sera comme avant. A sa mort, Nell décide de se rendre en Cornouailles et de découvrir qui sont ses parents. Elle achète le cottage de la Conteuse et retourne en Australie afin de vendre sa maison et sa boutique d’antiquités afin d’y vivre définitivement. Elle ne pourra pas exaucer ce souhait car sa fille lui abandonne au même moment Cassandra, sa fille. A la mort de Nell, Cassandra découvrira toute l’histoire et part à son tour en Cornouailles.

C’est une jolie histoire de femmes, dont l’intrigue est bien construite. Les premières pages sont un peu déroutantes car on change sans cesse d’époques et de personnages, mais on s’y fait rapidement. C’est aussi un livre sur les origines, la quête de soi et on se rend compte de l’importance de ses aïeux et de la mémoire familiale.

Un livre d’un charme fou dont la fin est malheureusement un peu trop prévisible mais que je vous conseille de lire car il vaut vraiment le détour.

Lu dans le cadre des challenges La plume au féminin et S.T.A.R

    

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