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Posts Tagged ‘roman belge’

« L’art a une tendance naturelle à privilégier l’extraordinaire. » heart_4riquet-a-la-houppe-amelie-nothomb

Enceinte à 48 ans pour la première fois alors qu’elle ne s’y attendait plus, Enide et son mari Honorat vivent le bonheur parfait. Tout se gâte le jour de la naissance de leur rejeton qui, au lieu d’être comme la majorité des bébés, un petit être tout mignon, se révèle être un garçon très laid, qu’ils décident de prénommer Déodat.

Sur l’autre rive de la Seine, Lierre et Rose, vivent eux aussi des jours heureux et cerise sur le gâteau, la petite Trémière, vient au monde incroyablement belle. Mais Rose est accaparée par sa galerie d’art et n’a aucun instinct maternel, elle se débarasse de sa fille en la confiant à Passerose, sa mère, qui va l’élever dans le manoir familial, quelque part en banlieue.

Déodat, malgré sa laideur, fait le bonheur de ses parents car il se révèle particulièrement intelligent. Les choses se gâtent lorsqu’il intègre l’école primaire, ses petits camarades le repoussent du fait de sa laideur mais lui ne semble intéressé que par une chose : les oiseaux.

Trémière vit pendant ce temps-là une vie contemplative pleine d’amour avec Passerose avec qui elle noue une relation fusionnelle, elle parle peu et sa mère la trouve stupide. Là aussi, le quotidien de Trémière se gâte lorsqu’elle est scolarisée, ses camarades la rejettent, la trouvant bête à manger du foin…

A chaque rentrée, Amélie Nothomb nous propose un court roman de son cru, il y a de bonnes années et d’autres nettement moins. Ma dernière lecture de cette romancière prolifique, Barbe Bleue, remontait à plus de trois ans et ne m’avait pas convaincue.

Riquet à la houppe est un célèbre conte de Charles Perrault paru en 1697, Amélie Nothomb, comme pour Barbe Bleue, nous livre sa version contemporaine de cette histoire mais si Barbe Bleue ne m’avait pas convaincue comme je vous le disais quelques lignes plus haut, ce ne fut pas le cas cette fois-ci.

Amélie Nothomb s’inspire très largement du conte originel de Perrault dont elle s’évade peu, ce qui est un peu regrettable tout de même, avec un héros est très laid mais intelligent et une héroïne très belle et qui semble stupide. Sur ce canevas, l’auteure met en parallèle les trajectoires de Déodat et de Trémière et à travers eux, nous interroge sur la place de la beauté dans notre société.

Elle analyse plutôt finalement ce sujet mais aussi d’autres comme la maternité, les rapports parents enfants, l’enfance, l’adolescence, le harcèlement scolaire, l’adaptation ou non de ses héros face à la violence verbale et physique à laquelle ils sont confrontés, etc.

Autant de thématiques très intéressantes bien servies par la plume intelligente d’Amélie Nothomb toujours aussi vive et pleine d’humour. Petit bémol toutefois, l’auteure nous abreuve de pages érudites sur les oiseaux qui m’ont semblé trop longues mais il faut dire que je ne m’intéresse pas à l’ornithologie, et son récit reste trop conforme au conte de Perrault.

Malgré ces bémols, je vous recommande Riquet à la houppe, que vous aimiez Amélie Nothomb ou pas, ce titre est un bon cru.

Un grand merci à Aurore et aux éditions Albin Michel pour cette belle lecture !

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Les tribulations de la famille Destrooper, en villégiature sur les plages de la mer du Nord. Comme chaque été, Alfonse Destrooper part en villégiature à la mer du Nord. Josette, sa femme, est bien décidée à se la couler douce, entre farniente à la plage et shopping dans la station balnéaire. Les enfants, Steven et Lourdes, emportent leur caméra pour immortaliser ces vacances. Quant à la mémé, véritable Calamity Jane, elle les accompagne dans sa vieille caravane. Mais le voyage commence mal ! Un motard pique le sac de Josette à un carrefour et s’enfuit. La famille Destrooper reprend la route après une pause-pipi. À l’arrière de la voiture, les ados visionnent tranquillement leurs vidéos. Quand, soudain, ils découvrent à l’écran le cadavre du motard gisant sur le sol des toilettes du restoroute ! Les vacances en enfer ne font que commencer…

les-vacances-d-un-serial-killer-nadine-monfilsauteur-éditeur-pagesAttention, voilà du lourd ! Les vacances d’un serial killer de Nadine Monfils n’est pas un livre à mettre entre toutes les mains, loin s’en faut ! Il faut apprécier l’humour belge, les dialogues fleuris à la Audiard, l’humour noir et cru, le second voire le troisième degré et ne pas bouder les clichés et les stéréotypes. Autant dire que ce n’était pas gagné puisque ce roman est à des années lumière de ce que je lis habituellement. Mais grâce à Belette et à son blog sanglant et très drôle (si vous ne le connaissez pas, allez vite le voir c’est un ordre), truffé de cet humour belge (normal l’animal est belge aussi) dont use Nadine Monfils tout au long du récit, j’ai pu apprécier la plume de l’auteur et la galerie de personnages caricaturaux à leur juste valeur.

La famille Destrooper quitte son pavillon de banlieue, direction les vacances en mer du Nord (faut pas aimer le soleil sinon on est forcément déçus) et loin d’être reposantes, elles vont se révéler totalement gratinées et déjantées, et c’est un doux euphémisme c’est moi qui vous le dis ! Le père Alfonse, dit Fonske, passionné de tunning, n’a d’yeux que pour sa voiture. Il s’apprête à embarquer Josette, sa délicieuse épouse au foyer, lectrice assidue de magazines people, ses enfants Lourdes et Steven, prénommés ainsi en l’honneur de Madonna et de Steven Seagal, qui rêvent d’être respectivement réalisateur et actrice. Et cerise sur le gâteau, il tracte sa belle-mère, bien au chaud dans sa caravane, pas très longtemps puisqu’il trouve le moyen de la larguer sur la route. Mais heureusement pour elle, mémé Cornemuse a de la ressource, une sexualité débridée et va user de ses dons de voyance pour se sortir des guêpiers dans lesquels elle va aller se fourrer. Cette famille prolétaire va peu à peu se fissurer tout au long des 250 pages de ce roman et partir à la dérive pour notre plus grand plaisir.

Je me suis bien amusée à la lecture de ce roman original que je verrai très bien être adapté pour le cinéma avec Benoit Poelvoorde dans le rôle d’Alphonse. Des dialogues imaginatifs aux phrases bourrées d’humour qui font mouche en passant par les séquences pleine de rebondissements et les personnages hauts en couleur, la famille Destrooper et les autres bien gratinés aussi, font de ce récit un bon divertissement. Certes Nadine Monfils n’y va pas avec le dos de cuillère et à certains moments j’ai été un peu lassée par le langage cru qu’elle emploie, bien qu’il soit nécessaire ici, sans doute parce que je comme je le disais plus haut, je n’y suis pas habituée. L’auteure use aussi de bon nombre de belgicismes, toujours expliqués en bas de page, qui donnent une couleur atypique à son récit, ce que j’ai aimé.

J’ai été séduite pendant les deux premiers tiers de l’histoire, après pour moi cela devient poussif et vraiment too much mais si vous aimez l’humour belge et que vous ne redoutez pas les histoires déjantées, je vous conseille Les vacances d’un serial killer, sinon, passez votre chemin, vous risquez d’être déçus.

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Lu dans le cadre des challenges La plume au féminin édition 2013 et Le tour du monde en 8 ans :

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