Feeds:
Articles
Commentaires

Posts Tagged ‘roman bretagne’

Étudiante en médecine, Marie-Lou est, du jour au lendemain, affectée à Brest. Autant dire le bout du monde pour celle qui n’a jamais quitté sa Grenoble natale. Une nouvelle existence commence alors pour elle, loin des siens, de ses montagnes : il va falloir s’habituer au climat, à la région, à la collocation, aux collègues… Surtout, c’est l’insouciance et la légèreté de ses vingt-cinq ans qui vont être confrontées à la dure réalité du monde hospitalier. Une nuit, elle croisera Matthieu, interne en ORL. Ce loup solitaire, mystérieux et poétique, arrivera-t-il à lui faire une place dans sa vie ?

Marie-Lou est étudiante en médecine, attachée à sa région natale, la Savoie. Lors du concours de l’internat, elle fait une grosse erreur et se retrouve classée 1997è, autant dire qu’elle va avoir moyennement le choix d’un hôpital pour faire son internat en neurologie.

Alors qu’elle se trouve aux côtés de sa soeur, elle désigne totalement au hasard Brest pour point de chute. La voilà partie pour la Bretagne où elle n’avait jamais mis les pieds.

Dès son arrivée, elle sympathise avec sa colocataire Anna, étudiante en médecine comme elle, son cousin Matthieu en ORL et Farah, l’autre interne en neurologie et commence sa première journée d’internat, la boule au ventre…

L’an dernier j’avais reçu, sans l’avoir demandé, le dernier roman de Sophie Tal Men : De battre la chamade, troisième tome de sa trilogie consacrée à Marie-Lou, l’interne en neurologie. N’ayant jamais lu les deux premiers opus, il attend depuis lors bien sagement dans ma PAL.

Aussi lorsque mon regard a croisé Les yeux couleur de pluie dans un magasin d’occasion, je n’ai pas hésité à le prendre et aussitôt acheté aussitôt lu. Il faut dire que si je ne suis pas spécialement attirée par les romans en milieu médical, j’aime beaucoup en revanche ceux qui ont pour cadre la Bretagne où je vis moi-même.

Sophie Tal Men, neurologue dans le Morbihan, a du beaucoup s’inspirer de son vécu pour créer le personnage de Marie-Lou, elle nous immerge sans peine dans le quotidien d’une interne qui doit gérer les urgences, constater des décès, aider ses patients dans leur convalescence…

Cette partie-là m’a beaucoup plu, j’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de réalisme dans la description du monde hospitalier, et d’humanité dans le traitement des patients. J’ai suivi avec beaucoup d’intérêt la prise en charge de personnes victimes de maladies dégénératives ou d’accidents neurologiques comme l’AVC, Alzheimer, Creutzfeldt Jakob… des maladies effrayantes que l’on méconnaît en général, en tout cas moi.

On suit également le quotidien des internes, leurs gardes, les fêtes bien alcoolisées qu’ils organisent, les rapports avec leurs chefs, les recherches qu’ils mènent en vue de leur doctorat ou pour le compte de leurs supérieurs hiérarchiques, ce qui va amener Marie-Lou à participer à un colloque international à Stockholm.

Autant de thèmes très intéressants qui auraient mérité d’être creusés car ils sont ici survolés au profit d’une histoire d’amour entre Marie-Lou et Matthieu, cousue de fil blanc, qui prend trop de place à mon goût.

J’ai eu plaisir également à voir évoluer Marie-Lou en Bretagne, à la découverte de sa gastronomie, des lieux à voir, etc. Un personnage qui se révèle très attachante, soucieuse du bien-être de ses patients, on aimerait croiser ce type de médecin plus souvent en milieu hospitalier !

Malgré quelques bémols, Les yeux couleur de pluie, est un sympathique roman de détente facile à lire, idéal pour les vacances, grâce à l’écriture de Sophie Tal Men fluide et pleine d’humour. Pour ma part, je lirai le second tome avec plaisir lorsqu’il croisera ma route.

Read Full Post »

Ce fut une enfant adorable, une jeune fille charmante, une femme compatissante et dévouée. Elle a traversé la Bretagne de part en part, tuant avec détermination tous ceux qui croisèrent son chemin : les hommes, les femmes, les vieillards, les enfants et même les nourrissons. Elle s’appelait Hélène Jégado, et le bourreau qui lui trancha la tête me 26 février 1852 sur la place des Champs-de-Mars de Rennes ne sut jamais qu’il venait d’éxécuter la plus terrifiante meurtrière de tous les temps.

fleur-de-tonnerre-jean-teuleauteur-éditeur-pagesComme vous le savez sans doute, j’habite en Bretagne, dans le Morbihan, depuis quelques années déjà. J’y ai atterri totalement par hasard, sans avoir ni famille ni projet professionnel, avec seulement l’envie de jeter les amarres dans un bord de mer, à la naissance de l’Empereur il y a 8 ans déjà. De la Bretagne, je ne savais rien, à part les contes retranscrits par Anatole Le Braz, qui est d’ailleurs l’un des personnages que l’on croise à la veillée dans les premières pages de Fleur de tonnerre. Pays des fées, des légendes arthuriennes, des korrigans et des poulpiquets (entre autres je ne peux toutes les citer), la Bretagne véhicule bien des légendes et des folies, dont l’Ankou, personnage récurrent de la tradition orale et des contes bretons, personnification de la mort en Basse-Bretagne. L’Ankou n’est pas à proprement parler la mort mais plutôt son serviteur dévoué, dont son rôle consiste à collecter dans sa charrette grinçante les âmes des défunts récents. Lorsqu’un vivant entend le bruit de la charrette, c’est qu’il ne va pas tarder à passer de vie à trépas. Le Morbihan est par conséquent un terreau fertile aux terreurs nocturnes et aux superstitions en tout genre dans lequel va prendre racine Hélène Jégado, présentée par Jean Teulé, comme la plus grande tueuse en série de tous les temps. Cette morbihannaise est pourtant de nos jours totalement méconnue et avant de voir l’auteur dans La Grande Librairie, je ne soupçonnais absolument pas son existence. Aussi je me suis résolue à réparer cet oubli et à emprunter ce roman à la médiathèque, bien que Le Montespan ne m’ait pas vraiment séduite. J’ai du m’armer de patience et attendre deux bons mois pour qu’enfin ma réservation tombe et je n’ai pas tardé à le lire, pressée de faire connaissance avec la fameuse Hélène.

Jean Teulé nous retrace ici le parcours criminel de son héroïne qui en 40 ans aura éliminé une soixantaine de personnes à commencer par sa propre mère, ses tantes maternelles et sa soeur ! Fille d’un nobliau désargenté de la ria d’Etel, elle devient domestique après la mort de sa mère, chez un curé, qui sera le premier d’une longue série d’employeurs. Son plaisir : cuisiner des bons petits plats à ses maitres et à leurs domestiques qu’elle prend bien soin de farcir de belladone ou d’arsenic. Tous vont périr dans d’atroces souffrances et elle va passer ainsi de maisons en maisons, dans presque tout le Morbihan avant de finir sa carrière criminelle à Rennes chez Théodore Bidard de la Noë, futur maire de Rennes et expert en affaires criminelles. Ses deux derniers empoisonnements mettront la puce à l’oreille au docteur Pinault qui fera pincer la criminelle qui avouera seulement la veille de son exécution – pendant son procès qui dura 9 jours elle demeurera silencieuse – plusieurs de ses meurtres. Je connais assez peu Jean Teulé mais au vu de sa bibliographie, je ne m’étonne pas que ce fait-divers l’ait intéressé. Il nous brosse ici le portrait d’une très jolie femme, élevée dans les légendes bretonnes par une mère très superstitieuse. Blottie contre le granit glacé des gigantesques menhirs, elle se persuada qu’elle était l’incarnation de l’Ankou, et comme dans les contes, elle en vint à penser que sa mission était d’envoyer à la mort chaque personne qu’elle croisait.

Cette empoisonneuse, sans remords ni regrets, a pu tuer impunément pendant quatre décennies grâce à la méconnaissance des médecins bas-bretons, qui n’ont jamais soupçonné le moindre empoisonnement. Pourtant, les habitants des villages morbihannais vont très vite la soupçonner d’au mieux de porter malheur, d’au pire de semer la mort elle-même, puisque chaque maison dans laquelle elle officie, est rapidement dépouillée de tous ses habitants ! Une seule personne sera épargnée, Mathieu Verron, un veuf de Lorient, dont elle va rapidement faire mourir la femme. Eperdue d’amour pour lui mais, elle ne pourra se résoudre à prendre sa vie car pour la première fois de son existence, elle en sera aimée en retour. Ce sera la seule faiblesse d’Hélène Jégado qui tue sans état d’âmes, femmes et hommes, vieillards et enfants. C’est sans doute aussi là la clé de son destin : une petite fille incomprise par ses parents, dont elle n’a jamais reçu d’affection, et qui trouvera dans le meurtre un but à sa vie.

Fleur de tonnerre est un roman intéressant à plus d’un titre : il permet de découvrir Hélène Jégado, la Bretagne au 19è siècle, toute pétrie de ses légendes et parlant à peine le français, les légendes bretonnes justement même si je pense que Jean Teulé aurait mieux fait de les expliquer dans des notes plutôt que dans le récit, ce côté documentaire m’a gêné. Le style de l’auteur m’avait paru comme tordu et déroutant, il n’en est rien ici. Fleur de tonnerre se lit très vite, je vous conseille d’ailleurs de le lire d’une traite ou deux car cette suite de meurtres peut lasser, ce qui n’a pas été mon cas, Jean Teulé réussissant à trouver des angles différents à chaque fois. Je n’ai par contre pas du tout aimé les deux normands qui se promènent tout au long du récit et qui à mon sens n’ont aucun intérêt. J’ai lu Fleur de tonnerre sans déplaisir mais sans réel plaisir non plus et je pense que j’oublierais bien vite ce roman à l’ancrage breton pourtant réussi. A lire si le sujet vous intéresse ! Trois coeurs tout de même car les points positifs l’emportent sur les points négatifs.

heart_3

Read Full Post »