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Posts Tagged ‘roman deuil’

 » – Papa ? Ca fait quoi d’être un poisson ? Mon père a sursauté, puis il a relevé la tête et s’est mis à nager vers moi. Sa petite bouche s’ouvrait et se fermait, comme s’il réfléchissait sérieusement à ma question. Finalement, il s’est décidé. – C’est mouillé. » Voilé comment tout a commencé : quelques jours après la mort de mon père, j’ai découvert qu’il était réapparu sous la forme d’un poisson clown. C’est extraordinaire ! Mais je ne pense pas que maman soit prête à l’entendre. Tant pis ! Ce sera notre petit secret pour l’instant… »

Quelque part en Angleterre. Lorsque son père meurt soudainement alors qu’il est au collège, Dak est désespéré. Après l’enterrement, alors que la maison est remplie de famille et d’amis, il se rend à l’aquarium municipal où ils aimaient tellement aller ensemble.

Là-bas, il aperçoit pour la première fois un poisson clown qui se met soudain à lui parler avec la voix de son père ! Sûr qu’il s’agit bien de lui et heureux enfin de le retrouver, Dak passe ses journées à l’aquarium, en compagnie de Violet, la nièce du directeur.

Mais des problèmes d’argent poussent la ville à fermer les lieux. Horrifié d’être séparé de son père pour toujours, il va se battre, avec l’aide de Violet, pour sauver l’aquarium !

Papa clown est un récit touchant et décalé sur le travail de deuil à destination des adolescents. Dak, le héros de l’histoire, est anéanti par la mort de son père, un homme drôle qu’il croyait invulnérable.

Sa mère est toute aussi anéantie et incapable de sortir de son lit des jours durant. Alors, refoulant ce décès qui est impossible pour lui, il va se mettre à croire que son père s’est réincarné dans le seul poisson clown de l’aquarium !

Ce subterfuge va lui permettre d’échapper à la douleur de cette disparition puisque finalement son père est bel et bien vivant. Il se rappelle de ses blagues, des bons moments passés avec lui et nous partagent moult souvenirs.

Et comme il ne veut plus être séparé de lui, il fuit le domicile, le collège, pour passer ses journées à l’aquarium. Garçon sensible, timide, passionné de poissons et d’écriture, il va y faire la connaissance de Violet, actrice née et dotée d’une sacrée personnalité.

Bien qu’assez antagonistes, ils vont former la paire pour sauver l’aquarium de la fermeture et orchestrer une véritable campagne de communication pour intéresser le public à leur combat en utilisant les outils d’aujourd’hui et notamment les réseaux sociaux.

Nos deux héros sont bien dessinés et attachants, et les adolescents pourront se reconnaître en eux très facilement, notamment sur l’aspect 2.0 du récit. La thématique du deuil est bien travaillée, et malgré le sujet sensible, on ne tombe jamais dans le pathos, il y a même bon nombre de passages cocasses.

La relation qui unit Dak à son père est très belle, on sent leur complicité, leur relation fusionnelle qui laisse notre héros bien démuni, seul face à son chagrin, après sa disparition. Heureusement, sa mère, après avoir succombé au chagrin, va remonter la pente et épauler son fils efficacement et on termine le livre avec à la fois le sourire et des larmes plein les yeux.

Un très joli roman que je vous conseille, que vous soyez concerné.e.s par le deuil ou non, vous serez touché.e.s par l’histoire de Dak, ça ne fait aucun doute.

Un grand merci aux éditions Flammarion jeunesse pour cette lecture émouvante, j’ai adoré !

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À la mort de Muriel, sa mère, Maxime se rend au Pays basque pour les funérailles. Il assiste à la crémation en état de choc et, quand on lui donne les cendres, ne sait pas quoi en faire. Il dépose donc l’urne dans le panier à commissions de sa mère pour emmener celle-ci une dernière fois faire ses courses au marché. Une initiative en forme d’hommage épicurien qui devient embarrassante lorsque, entre les étals de fruits et de poissons, apparaît Maylis, la jolie infirmière qui s’est occupée de Muriel jusqu’à son dernier souffle… Comment lui avouer que celle-ci est au fond du cabas ?

Saint Jean de Luz, Muriel, une journaliste de 60 ans vient de rendre son dernier soupir à l’hôpital, succombant à une maladie en stade terminal, contre laquelle elle luttait depuis un an.

A Paris, Maxime, son fils, chercheur, apprend la nouvelle. Sonné par le décès de sa mère, il contacte les pompes funèbres locales pour organiser les obsèques qu’il programme pour le lendemain.

Il s’y rend seul, malgré la proposition de sa maîtresse qui souhaitait l’accompagner dans ce dur moment. Sur place, il se rend au crématorium à bord du corbillard, avec pour seul compagnon, le maître de cérémonie.

Deux heures plus tard, il récupère l’urne funéraire de Muriel et ne sachant qu’en faire, la glisse dans son panier, l’emmenant pour la dernière fois, faire son marché…

La couverture résume parfaitement la teneur de ce roman. On va suivre, le temps d’une journée, Maxime, qui se rend au pays basque pour l’enterrement de sa mère. Fils unique, n’ayant jamais connu son père, il affronte seul cette situation et doit prendre toutes les décisions attenantes, lui posant un certain nombre d’interrogations sur ce que sa mère aurait voulu.

Tout au long du récit, on suit donc tous ses faits et gestes du moment où il apprend le décès de sa mère à la fin de la journée de funérailles, avec en parallèle, les interventions de Muriel depuis l’au-delà, qui nous raconte sa vie, son fils et son ressenti par rapport aux décisions de Maxime au fil de la journée.

Je m’attendais à un roman déjanté mais il n’en est rien. Il y a bien des moments cocasses avec la directrice des pompes funèbres notamment mais Laurent Bénégui nous raconte surtout une histoire toute simple encensant la vie.

Ecrire sur le deuil n’est pas chose aisée sans tomber dans le pathos. L’auteur relève le défi en nous faisant d’un côté l’éloge d’une mère trop tôt disparue et de l’autre, il nous relate une histoire d’amour naissante, à la fois légère et facétieuse.

L’amour tient en effet une place importante dans ce récit mais aussi les plaisirs de la table. Avec Maxime, on sillonne le marché de cette petite ville basque, fleurant bon le foie gras, la charcuterie, le fromage et le piment locaux, on en a plus d’une fois l’eau à la bouche.

La part des anges est un roman singulier mettant en scène un héros qui l’est tout autant, avec un rapport décomplexé par rapport aux cendres de sa mère. Une ode à la vie agréable à lire et que je vous recommande si le sujet vous intéresse.

Un grand merci à Filippa et aux éditions Julliard pour cette lecture touchante et farfelue.

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