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Posts Tagged ‘roman enfant’

Lu dans le cadre du Cold Winter Challenge

Après des études de philosophie, Xavier-Laurent Petit devient instituteur puis directeur d’école, mais reste avant tout un passionné de lecture. Une passion qui le conduit à franchir le pas de l’écriture avec deux romans policiers en 1994 et, à l’école des loisirs en 1996, Colorbelle-ébène qui reçoit le prix Sorcières. Suivent d’autres romans pour la jeunesse, pour la plupart ancrés dans l’actualité.

Amouksan est la doyenne de l’humanité. Elle vit en Sibérie, au bord du monde, près du domaine des esprits. À présent, il ne lui reste que ses souvenirs, et trois objets précieux qu’on lui a offerts : un talisman en cuir, une pochette de photos, et une magnifique robe qu’elle a porté une seule fois, il y a très, très, très longtemps.

Plus d’un siècle auparavant, son père trappeur qui aurait voulu un garçon, décide de faire d’elle son héritier, lui rase la tête et décide de lui apprendre à chasser le renne l’hiver, et le saumon l’été. Alors, il élèvera Amouksan comme un garçon.

Mais cette année-là, en 1900, c’est un géant revenu du fond des âges qu’ils vont découvrir ensemble, sur les rives de la rivière Berezovska : un mammouth. Il allait leur offrir la plus incroyable aventure de leur vie.

Après La Nouvelle Orléans d’Un temps de chien, la Tasmanie avec Les loups du clair de lune, Mission mammouth, le troisième volet d’Histoires Naturelles de Xavier-Laurent Petit nous entraîne jusqu’au fin fond de la Sibérie Orientale, sur les traces d’un animal disparu à la Préhistoire, le mammouth.

Comme dans les précédents opus, l’héroïne de ce récit est une enfant mais la ressemblance s’arrête là. Les deux premiers tomes pointaient du doigt le désastre écologique par la faute de l’Homme avec l’ouragan Katrina pour l’un et l’éradication des loups de Tasmanie pour l’autre.

Ici, l’histoire se conjugue dans un passé lointain, celui du tout début du XXè siècle et s’appuie sur des faits réels : la découverte d’une une carcasse de mammouth congelée sur les rives de la rivière Berezovska, en Sibérie orientale qui va amener Eugen Pfizenmayer et Otto Herz à quitter Saint-Pétersbourg en 1901 pour la récupérer.

Le récit relate la découverte de ce mastodonte et la venue des savants au coeur de la Sibérie pour ramener l’animal à St Petersbourg et le présenter au tsar Nicolas II et à son épouse la tsarine Alexandra.

Amouksan et son père seront du voyage vers la civilisation et l’académie des sciences, l’unique occasion pour la petite illettrée, de découvrir des paysages de Russie bien différents des siens, notamment les villes, ses immeubles et leur confort moderne.

Mais au-delà de cet épisode historique, l’auteur s’attache à nous raconter le quotidien d’Amouskan et de sa famille, la place des femmes dans cette partie du monde reculée, l’occasion pour les jeunes et moins jeunes lecteurs de découvrir la Sibérie, pays du froid et de la glace.

Roman d’apprentissage, Amouskan, va devoir gommer sa fémininité pour épauler son père, faute d’héritier mâle. Elle sera trappeur comme lui car nulle femme à cette époque n’ose s’opposer aux hommes, et loin de s’en plaindre ou de s’en insurger, elle va, au contraire, jouer son rôle à la perfection.

Les nombreuses illustrations d’Amandine Delaunay viennent merveilleusement bien ponctuer ce récit d’aventures et concourent à plonger les lecteurs dans le froid sibérien. Cette incursion dans ce froid polaire et dans l’existence de cette peuplade du bout du monde m’a beaucoup plu.

Le récit est enlevé, le propos intéressant et la petite Amouskan bien attachante, et, vous le savez, j’ai un vif intérêt pour la Russie, qui a été comblé, je le recommande aux 9 / 12 ans, l’histoire les dépaysera sassurément et les instruira !

Merci aux éditions L’école des loisirs pour cette lecture enrichissante, j’ai adoré.

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Lu dans le cadre du Cold Winter Challenge

Évelyne Brisou-Pellen est née en Bretagne et, hormis un petit détour par le Maroc, elle y a passé le plus clair de son existence. Elle a écrit beaucoup de contes et de romans, publiés chez divers éditeurs (Gallimard, Bayard, Hachette, Rageot, Nathan, Pocket, Milan, Casterman, Flammarion, Millefeuille, Belin…) Elle est notamment l’autrice de la série  » Le Manoir  » chez Bayard Jeunesse, dont les six tomes de la première saison se sont vendus à plus de 184 000 exemplaires à ce jour.

Téos, jeune garçon serviteur du crocodile sacré en Égypte antique, remarque un jour que celui-ci a quelque chose de coincé entre les dents : un diamant !

Ce diamant a-t-il à voir avec la disparition de son père et le vol de la statuette sacrée du temple du dieu Sobek ?

C’est accompagné de la jeune cuisinière Tiy que Téos va mettre à jour une manigance mettant en danger toute la vallée du Nil et le règne même du pharaon !

Avec Le diamant du dieu crocodile, Evelyne Brisou-Pellen plonge les jeunes lecteurs dans une enquête mêlant magie et histoire, au coeur de l’Egypte antique des pharaons.

Très bien documenté, ce court récit sans temps mort, fait la part belle au courage de ses jeunes héros : Téos et Tiy qui vont s’unir afin de sauver l’Egypte du terrible fléau qui les menace !

En effet, le dieu du désert Seth, a décidé que les règnes d’Horus et du pharaon devaient prendre fin, une catastrophe pour les égyptiens qui vénèrent le Nil, source de tous les bienfaits.

Cette courte enquête menée tambour battant permet à l’autrice de présenter les dieux égyptiens, leur bestiaire sacré et les us et coutumes qui régissent la vie des égyptiens de cette époque.

Abondamment illustré, il plaira sans conteste au public visé, les 8 / 10 ans qui apprendront une foule de choses grâce à ce récit d’aventures. Le duo est très attachant et les petits lecteurs pourront s’idenfier à eux.

Cerise sur le gâteau : à la fin de l’ouvrage, ils trouveront un cahier de jeux pour prolonger leur lecture et des pages explicatives sur les différents dieux et déesses, le Nil et les principaux monuments de la vallée des rois.

Un roman idéal pour une première immersion dans le registre historique, je vous le conseille.

Un grand merci aux éditions Scrinéo pour cette lecture toute mignonne !

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Nadine Debertolis vit à Letra (69). Elle a parfois les pieds sur terre, mais le plus souvent la tête dans les nuages. Curieuse de tout, elle adore apprendre et voyager, puis transformer ses découvertes en histoires. Si elle avait une baguette magique, elle mettrait le monde sens dessus-dessous avec des fleurs géantes, des pluies de sushis et des animaux chanteurs d’opéra.

C’est le début des vacances et Dimitri et Tessa partent à l’improviste avec leur mère dans la maison de l’oncle Eustache, décédé un an auparavant et dont elle a hérité. Son mari, anthropologue, est une fois de plus absent, en congrès au Brésil.

A peine arrivés, Dimitri et Tessa se retrouvent face à plein de portes fermées, un trousseau de 36 clés et autant de mystères à résoudre. Tandis que leur mère se plonge dans des rangements et des nettoyages insensés, et se mure dans un silence bougon, ensemble, ils décident d’ouvrir leurs premières serrures pour découvrir le secret de ce manoir démesuré.

Qui était vraiment ce grand-oncle mystérieux, mais surtout, que fabriquait-il dans sa grande maison ? De porte en porte, les enfants, bientôt rejoints par Daphné, une petite voisine, vont ouvrir les différentes pièces les unes après les autres et assembler les indices afin de reconstruire le puzzle. Grâce à leur perspicacité, la maison dévoile peu à peu son mystère si longtemps caché…

Avec La maison aux 36 clés, Nadine Debertolis nous fait pénétrer dans une maison aux alentours de Lyon, pleine de mystérieuses portes fermées que ses jeunes héros vont nous dévoiler tout au long du récit.

Un vieux manoir empli de babioles, de bibliothèques pleines de carnets, des machines et des énigmes, voilà de quoi réveiller l’enquêteur qui sommeille en nous, que l’on soit petit ou grand !

Une aubaine pour Dimitri et Tessa, mécontents d’avoir laissé leurs copains à Lyon, qui vont se lancer à l’assaut de ces portes fermées à clé et découvrir bien des secrets liés à la maison mais aussi à leur maman que l’oncle Eustache aimait beaucoup.

Cette maman, en apparence plutôt secrète et renfermée, va peu à peu se laisser déborder par ses émotions et ouvrir son coeur.

Cet escape-game plein de dynamisme et de mystères façon roman est l’occasion pour l’autrice d’aborder des thématiques comme le deuil, la fraternité, l’amitié, la maladie de façon subtile et réaliste. Des thématiques et un dénouement qui font réfléchir, un bon point.

Les chapitres sont courts, le rythme est enlevé et chaque mystère débouchant sur un autre, l’intérêt du lecteur est sans cesse renouvelé et on a hâte de découvrir le fin mot de l’histoire !

Aucun temps mort donc même si le schéma narritif se répète puisque les enfants sont sans cesse à la recherche de clés disséminées dans toute la maison, qui leur permettra d’ouvrir des portes.

Le duo de héros est sympathique et attachant. Tessa, la cadette, est fonceuse, taquine et franche, Dimitri est plutôt timoré et émotif. Ils s’aiment beaucoup, se chamaillent, se donnent des surnoms rigolos et s’entraident bien volontiers. Les enfants de dix à treize ans se reconnaitront sans peine à travers eux.

Autre atout : ce récit est abondamment illustré en en-têtes de chapitres et tout au long du récit par Antonin Faure que je découvre ici. Ses dessins sont fins et jolis, une vraie valeur ajoutée au roman.

En bref, un chouette roman d’aventures et de suspens et des thématiques intéressantes font de ce récit, une bonne lecture pour la jeunesse.

Un grand merci à Babelio et à Magnard pour cette lecture pleine d’aventures et de suspens !

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Lu dans le cadre du Mois américain

Kara LaReau est née et a grandi dans le Connecticut. Elle est titulaire d’un Master de création littéraire et d’édition de l’université Emerson de Boston, et a occupé des fonctions éditoriales chez Candlewick Press et Scholastic Press. Elle est autrice de nombreux albums, illustrés par sa soeur, Jenna LaReau, Scott Magoon, et Lorelay Bové. Kara vit à Providence, dans l’état de Rhode Island, avec son mari, leur fils et leurs deux chats.

Délaissées par leurs parents, les deux jumelles Aubépine et Clémentine vivent dans leur maison de Morneville. Elles adorent leur petite routine faite de raccomodage de chaussettes, de la lecture du Dictionnaire junior illustré du Professeur Nathaniel Snobinard et de flacons d’avoine.

Ce quotidien bien morne et insipide est brutalement interrompu le jour de leur kidnapping par Marie Mordeuil qui leur apprend qu’elle a abandonné leurs parents sur une ile déserte.

A leur grand dam, les voici embarquées en haute mer, prisonnières d’un équipage impitoyable de femmes pirates formé de Gaucheline, Brume, Princesse, Grâce, Millie Gadoue et Debois…

Hissez haut ! est le premier tome de la trilogie Les aventures involontaires des soeurs Mouais de Kara Lareau. J’ai trouvé ce premier opus très réussi tant sur le fond que sur la forme.

Une fois n’est pas coutume commençons par la forme : un livre de poche en hard back abondamment illustré avec talent par Jen Hill, une typographie aérée et bien lisible, tout est bien pensé pour le confort et la prise en mains par des enfants dès 9 ans, bravo Little Urban.

Le fond maintenant : cette histoire de piraterie est dynamique, pleine de péripéties et sort sacrément des sentiers battus car elle ne repose que sur des personnages féminins.

Les deux héroïnes Aubépine et Clémentine sont épatantes, totalement à rebours des habituels héros de ce genre de roman : elles abhorrent l’aventure sous toutes ces formes et ne sont heureuses que dans leur petite maison de Morneville à manger des flocons d’avoines tout en reprisant des chaussettes !

Les autres personnages sont des pirates femmes et reprennent les stéréotypes du genre, ce que je n’ai encore jamais vu dans les romans d’aventures alors qu’il y a eu quelques femmes versées dans la piraterie, peu nombreuses il est vrai. En toute fin de roman, Kara Lareau a glissé des notices sur ces pirates passées à la postérité ainsi que le vocabulaire inhérent à ce genre de récit.

L’histoire est drôle mais pas que ! Les pirates sont badasses et dament le pion à leurs collègues masculins et l’autrice en profite pour dénoncer la grossophobie. La plume de Kara Lareau est agréable à lire et bien adaptée au public visé avec un vocabulaire riche et plutôt soutenu.

De bons messages donc, une histoire rondement menée et une atmosphère très sympathique sont les points forts de ce premier opus des soeurs Mouais que je vous recommande vivement. Pour ma part, je lirai la suite avec grand plaisir.

Un grand merci aux éditions Little Urban pour cette pépite, j’ai adoré !

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De formation littéraire et scientifique, curieuse de nature, Sylvie Baussier se consacre à l’écriture de livres pour la jeunesse depuis vingt ans. Auparavant, elle a été bibliothécaire puis éditrice d’encyclopédies générales. Documentaires, albums, romans, ses ouvrages explorent différentes formes d’écriture et de rapport au réel, avec pour point commun l’envie de donner aux jeunes des clés pour saisir le monde, rêver, découvrir les civilisations d’hier et d’aujourd’hui, devenir des citoyens attentifs aux autres.

Je suis Astérios, Prince de Crète, fils de Minos et de Pasiphaé. Je vis dans un grand palais et mon lit est en or. Mais tout le monde me fuit et je me demande bien pourquoi !

Mon père refuse de me parler, ma mère, mes soeurs Ariane et Phèdre sont distantes. Seule ma nourrice a quelques mots gentils pour moi. Qu’ai-je bien pu faire pour vivre dans une telle solitude, à l’écart de tous ?

Ce matin, je viens enfin de découvrir ma véritable apparence : celle d’un enfant à tête de taureau ! On m’appelle désormais le Minotaure. Icare, fils de Dédale m’annonce qu’on me fait bâtir un palais. Vais-je enfin mener une vie normale ? Voici mon histoire…

Si vous êtes un.e fidèle de ce blog, vous n’êtes pas sans savoir que mes garçons et moi-même aimons beaucoup la mythologie, aussi lorsque j’ai vu dans le programme des parutions des éditions Scrinéo leur toute nouvelle collection consacrée à la mythologie grecque écrite par Sylvie Baussier, une spécialiste du genre, j’ai aussitôt demandé à recevoir les deux tomes parus le 20 août et après Moi, ligia, sirène, je vous présente aujourd’hui : Moi, le minotaure

Les couvertures sont très réussies et la ligne éditoriale est intéressante : donner la parole aux monstres car en chacun d’eux, nous dit l’autrice en préambule, il y a une part d’humanité. Et je dois dire que si toute la collection est du même acabit que les deux premiers opus, chaque titre va rejoindre notre bibliothèque familiale.

Je ne connaissais le mythe du minotaure que par l’histoire de Thésée, prince d’Athènes et du fil d’Ariane, autant dire pas grand chose et en moins de cent pages, l’autrice réussit son pari de faire (re)découvrir le mythe aux jeunes lecteurs dès 10 ans en donnant directement la parole aux « monstres ».

L’histoire d’Astérios est touchante et montre la férocité des dieux de l’Olympe envers les simples mortels. Si Astérios est affublé d’une tête de taureau, c’est parce que son père, Minos, a refusé de sacrifier à Poséidon, à qui il doit le trône de Crète, un magnifique taureau blanc. Le dieu des océans s’est vengé sur son fils, bien innocent dans cette histoire.

Minos a pris ce fils en horreur car il est la preuve vivante de sa trahison envers le dieu et refuse qu’Astérios soit reconnu comme son fils et il le relègue au rang de monstre, enjoignant à tous de faire de même.

Le récit d’Astérios est triste et on entre facilement en empathie avec lui. Dans le sillage du prince, on croise Ariane et thésée qui vient le combattre afin de faire cesser le sacrifice des sept jeunes filles et des sept jeunes garçons athéniens en offrande au Minotaure. Mais aussi Dédale et Icare. L’occasion pour Sylvie Baussier de replacer le mythe dans l’histoire d’avoir la version du « méchant ».

Cerise sur le gâteau : Sylvie Baussier propose une fiche sur chacun des protagonistes de cette histoire, nous retrace le mythe crétois du minotaure dans la littérature antique et ses représentations modernes. Il y a même un cahier de jeux pour les enfants en toute fin d’ouvrage.

Les deux prochains titres à paraître sont Moi, Polyphème, cyclope et Moi, Cerbère, gardien des enfers, nous avons d’ores et déjà hâte de les découvrir car mes garçons, ont comme moi, beaucoup apprécié Ligia et Minotaure !

Un grand merci aux éditions Scrinéo pour cette lecture !

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De formation littéraire et scientifique, curieuse de nature, Sylvie Baussier se consacre à l’écriture de livres pour la jeunesse depuis vingt ans. Auparavant, elle a été bibliothécaire puis éditrice d’encyclopédies générales. Documentaires, albums, romans, ses ouvrages explorent différentes formes d’écriture et de rapport au réel, avec pour point commun l’envie de donner aux jeunes des clés pour saisir le monde, rêver, découvrir les civilisations d’hier et d’aujourd’hui, devenir des citoyens attentifs aux autres.

Ligia est la fille du dieu fleuve Achéloos et de la muse Melpomène. Alors qu’elle joue avec sa soeur Leucosia et leur amie Coré, celle-ci est enlevée et emmenée par Hadès aux enfers, sans que les jeunes filles ne puissent s’y opposer.

La mère de Coré, la déesse des moissons Déméter, ivre de douleur, accuse Ligia et Leucasia d’être complices de la perte de sa fille et sa vengeance va être terrible.

Ligia donnerait tout pour redevenir celle qu’elle était avant que la déesse Démeter la transforme en sirène : une jeune fille insouciante. Depuis lors, Ligia et Leucosia vivent sur un rocher perdu en pleine mer et elles guettent les bateaux qui s’en approchent.

Comment cela a-t-il pu leur arriver ?

Si vous êtes un.e fidèle de ce blog, vous n’êtes pas sans savoir que mes garçons et moi-même aimons beaucoup la mythologie, aussi lorsque j’ai vu dans le programme des parutions des éditions Scrinéo leur toute nouvelle collection consacrée à la mythologie grecque écrite par Sylvie Baussier, une spécialiste du genre, j’ai aussitôt demandé à recevoir les deux tomes à paraître le 20 août et je vous présente aujourd’hui l’un d’entre eux : Moi, Ligia, sirène.

Les couvertures sont très réussies et la ligne éditoriale est intéressante : donner la parole aux monstres car en chacun d’eux, nous dit l’autrice en préambule, il y a une part d’humanité. Et je dois dire que si toute la collection est du même acabit que les deux premiers opus, chaque titre va rejoindre notre bibliothèque familiale.

Je ne connaissais du mythe des sirènes que ce que j’en avais lu dans L’Odyssée d’Homère, autant dire pas grand chose et en moins de cent pages, l’autrice réussit son pari de faire (re)découvrir le mythe aux jeunes lecteurs dès 10 ans en donnant directement la parole aux « monstres ».

L’histoire de Ligia et de sa soeur Leucasia est touchante et montre la férocité des dieux de l’Olympe envers les simples mortels. Les deux jeunes filles sont en effet totalement innocentes de ce que Déméter leur reproche et incapables de retrouver leur amie disparue. Elles se retrouvent affublées d’ailes et de serres acérées pour l’éternité pour leur plus grand désespoir.

Le récit de Ligia est poétique et triste et on entre facilement en empathie avec elle. Les deux sirènes sont inconsolables de leur vie d’avant, condamnées, elle qui se régalaient de fruits, à dévorer la chair des marins, seul moyen pour elles d’êtres rassasiées.

Dans leur sillage, elles vont croiser Orphée, Jason et Ulysse, l’occasion pour Sylvie Baussier de replacer le mythe dans l’histoire contée par Homère et d’avoir la version des « méchants ».

Cerise sur le gâteau : Sylvie Baussier propose une fiche sur chacun des protagonistes de cette histoire, nous retrace le mythe des sirènes dans la littérature antique et nous apprend pourquoi au fil du temps les sirènes sont passées de femmes oiseaux à femmes poissons. Il y a même un cahier de jeux pour les enfants en toute fin d’ouvrage.

Les deux prochains titres à paraître sont Moi, Polyphème, cyclope et Moi, Cerbère, gardien des enfers, nous avons d’ores et déjà hâte de les découvrir car mes garçons, ont comme moi, beaucoup apprécié Ligia et Minotaure !

Un grand merci aux éditions Scrinéo pour cette lecture !

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Née en Angleterre en 1970, Santa Montefiore est une écrivaine britannique qui a longtemps vécu à Buenos Aires. Elle est mariée à l’écrivain Simon Sebag Montefiore.

Simon Sebag Montefiore est un grand spécialiste de l’Histoire de la Russie, romancier et présentateur de télévision.

Kate Hindley vit et travaille à Birmingham (tout près d’une chocolaterie !). Après des études dans l’illustration, elle commence à travailler dans l’édition jeunesse et les cartes de voeux.

En se rendant chez Horatio, Timmy Poile-Fauve, le lapin le plus maigrichon de toute la garenne, fait une rencontre qui va changer sa vie. Abreuvé aux histoires extraordinaires des lapins de la couronne surprend une conversation entre trois ratzis.

Les gros rats veulent photographier la reine d’Angleterre en nuisette afin de vendre ce cliché ô combien compromettant à scelerats.com

Lorsque Timmy se confie à Horatio, ce dernier lui dit qu’il doit anéantir le complot qui plane sur Buckingham Palace !

Pour cela, il doit se rendre à Londres. Lui, qui endure au quotidien les rires moqueurs de ses frères et soeurs, sent s’en bien incapable. Mais le vieux lapin ne l’entend pas de ce cette oreille !

Timmy n’a pas le choix : il doit se rendre à Londres et trouver les Lapins de la Couronne d’Angleterre, les seuls capables de déjouer le complot qui menace la reine !

Le complot est le premier tome des Lapins de la couronne d’Angleterre, une série qui en comprendra quatre, signée Santa et Simon Montefiore, destinée aux 9 / 12 ans.

Agents secrets, carottes fraîches et humour so british rythment cette folle aventure de Timmy Poil-Fauve, petit lapin maigrichon avec un cache-oeil souffre-douleur de ses frères et soeurs et protégé d’Horatio, ancien lapin de la couronne.

J’ai adoré ce premier volume avec une histoire menée tambour battant, porté par un héros bien attachant et attendrissant, il montre aux enfants que la force ne fait pas tout, l’intelligence et la débrouillardise comptent aussi.

J’adore les lapins, j’en ai un moi-même, et un roman qui mêle ces charmants rongeurs et les légendes arthuriennes, ne pouvait que m’enthousiasmer d’autant qu’il est réussi : bien écrit et bien rythmé avec des rebondissements et zéro temps mort.

Ces lapins d’élite loyaux, intelligents et cultivés valent le détour : Clooney, Zéno, Nelson, Horatio, Belle de patte et Laser épauleront de leur mieux Timmy et j’ai hâte de tous les retrouver dans le second tome.

Le travail éditorial des éditions Little Urban est une fois de plus à souligner : l’objet livre est superbe avec ses dorures en relief, sa couverture en hardback, les en-têtes de chapitres sont illustrés et il y a de nombreuses illustrations pleine page signées Kate Hindley, toutes très jolies.

Je ne peux que vous recommander cette première aventure de Timmy Poile-Fauve et ses amis, vous ne devriez pas être déçus !

Un grand merci aux éditions Little Urban pour cette lecture lapinesque, j’ai adoré !

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Jack Heath est un célèbre auteur australien, ayant déjà publié pour la jeunesse, traduit en France, comme les séries « 30 minutes pour survivre » (Albin Michel) et « Monstreville » (Bayard) ; il publie pour la première fois aux éditions Flammarion jeunesse, avec sa saga « Les chroniques de Kelton ».

Kelton, en Australie. Jarli, un petit génie de l’informatique âgé de 14 ans, a créé une application qui détecte si quelqu’un ment en informant son utilisateur par un bip. L’adolescent a posté son code sur un forum afin qu’il soit testé avant d’éventuellement commercialiser son invention.

Très vite, l’appli vérité devient virale, échappant à son contrôle et en quelques heures, Jarli devient mondialement connu. Mais sa nouvelle célébrité vire au cauchemar : les mensonges éclatent au grand jour et tous en ont après lui. Ses amis. Ses professeurs. Sa famille.

Même de dangereux criminels l’ont pris pour cible et son père et lui sont victimes d’une tentative de meurtre. S’engage alors une course contre la montre pour sauver sa vie et celles des siens…

L’appli vérité est le premier tome des Chroniques de Kelton, la toute nouvelle série destinée aux 11 / 13 ans signée du prolifique Jack Heath, célèbre pour ses romans jeunesse traduits dans une trentaine de pays.

L’auteur australien star du genre, nous propose ici un thriller haletant et réussi qui a pour cadre un petit village rural d’Australie et pour héros, un geek particulièrement impopulaire dans son collège.

L’histoire, très prenante, se passe dans une atmosphère australienne où la nature et l’environnement sont présents mais où la technologie et l’hyper-connexion, contrebalancent la vie rude et isolée du village de Kelton.

L’intrigue est intéressante car on le sait tous : toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire et notre héros va l’apprendre à ses dépens. La moindre omission, le plus petit mensonge ou non dit, le moindre travestissement est immédiatement révélé par l’appli vérité, ce qui va attirer bien des ennuis à Jarli.

Ce qui est très intéressant également c’est le rapport à la célébrité et aux réseaux sociaux. Jarli passe de la vedette à l’être haï et menacé de mort, c’est très violent pour l’adolescent de se prendre tout ça en pleine figure et c’est bien traité. Heureusement il va pouvoir compter sur l’aide de sa meilleure amie Bess et d’une nouvelle venue de Russie pour échapper à ses ennemis.

L’action est très présente et les évènements s’enchaînent sans temps mort, en quelques heures seulement, ce roman est un véritable page-turner pour la jeunesse et a tous les atouts propres à ce genre.

Pour autant, c’est là où pour moi le bas blesse : tout va bien trop vite à mon goût, le dénouement intervient en 24 heures, ce qui rend certains éléments plus très crédibles à mes yeux d’adulte.

Ce qui n’est pas le point de vue de mon Sami-Chameau de fils, pile dans la cible visée par l’auteur et l’éditeur et qui, du haut de ses 13 ans, n’a pas vu ces manques de cohérence. Il a adoré ce premier tome et n’en a fait qu’une bouchée. Il attend la suite avec impatience, heureusement elle est déjà disponible en librairie, vous reverrez donc très vite sur ce blog la suite des aventures de Jarli !

Si vous recherchez un roman empli d’action et de suspens pour vos enfants, vous pouvez aller vers cette série les yeux fermés.

Un grand merci aux éditions Flammarion jeunesse pour cette lecture addictive !

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Anne-Marie Desplat-Duc aime les enfants, l’histoire, les animaux, rêver d’aventures et… rire ! C’est pour cela qu’elle écrit depuis très longtemps déjà des romans historiques, des romans avec des animaux, des romans d’aventures et beaucoup de romans drôles !

Théo a dix ans et habite avec ses parents, Louis son grand frère de quinze ans et Sido, sa petite sœur de six ans, dans un village de Bretagne depuis un an.

Toute la famille a quitté la capitale pour que le père de famille puisse devenir marin pêcheur comme son père avant lui.

Il arrive à Théo, 10 ans, quelque chose d’incroyable ! Après avoir été choisi par les petits animaux de son jardin pour sauver les insectes, voilà qu’une poule débarque chez lui !

Et quand le petit garçon apprend qu’elle s’est enfuie d’un élevage intensif, il décide de l’adopter et de sauver les autres poules. Mais comment s’y prendre ?

Sauvons les poules ! est le second tome de Théo super-héros de la nature, la toute nouvelle série signée Anne-marie Desplat-Duc, qui nous avait surtout habitués aux romans historiques ayant pour cadre la cour de Louis XIV.

Changement d’ambiance et d’époque avec ce court roman destiné aux 8 ans et plus qui aborde avec une grande pédagogie le thème de l’écologie, ce que l’on ne peut que saluer, car l’autrice le fait très bien.

Le premier opus sensibilisait les jeunes lecteurs et leurs parents aux dangers des insecticides pour les petites bêtes de nos jardins, Ici l’autrice s’en prend à la malbouffe des cantines et à l’élevage intensif des poules à travers Roussette, la petite poule rousse qui s’est échappée de sa prison et qui va rallier à sa cause Théo, toute sa famille et son école !

Abondamment illustrée avec beaucoup de talent par Mathilde George, l’histoire nous propose bon nombre d’astuces pour prendre soin de la planète en réduisant drastiquement nos déchets en adoptant des poules et en évitant le gâchis des cantines grâce à de meilleurs produits.

Anne-Marie Desplat-Duc, encourage les bonnes pratiques sans pour autant devenir moralisatrice et accuser les éleveurs de tous les maux. Il ne s’agit pas de jeter l’opprobre sur des personnes mais bien d’encourager les mentalités à évoluer et de revenir aux remèdes de nos ancêtres qui étaient de bien meilleurs écologistes que nous.

Le récit est bienveillant, plein d’espoir et montre que chacun peut, à son échelle, y compris les enfants, changer les choses, les mentalités et faire de bons gestes pour préserver la planète.

Le vocabulaire est accessible aux enfants, le héros est sympathique et les enfants n’auront aucun mal à s’y identifier, la typographie est bien adaptée, pour moi c’est un sans faute.

Mieux, c’este une série qui devrait être lu dans les écoles primaires qui pourraient tester les idées de Théo dans le cadre de leurs cours de sciences. Cerise sur le gâteau, en fin d’ouvrage, il y a un cahier de jeux pour prolonger la lecture et découvrir des astuces écologiques tout en s’amusant !

Un petit roman à découvrir absolument et un grand merci à Scrinéo pour cette lecture épatante !

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Paul Thiès vit aujourd’hui à Paris mais de son enfance passée dans différents continents, il a conservé le goût du voyage. Ses livres racontent des histoires de pirates, de sorcières, des aventures historiques ou des émois amoureux. Depuis 2003, il a conquis son jeune public avec la série « Plume le pirate », publiée chez Flammarion jeunesse. Il est également l’auteur de L’Aventure des trois tambours et des séries « La princesse qui… » et « Sara apprentie sorcière ». Benjamin Strickler a été formé à l’Ecole Supérieure des Arts Saint-Luc de Bruxelles. Il vit à Strasbourg et illustre pour la presse et l’édition jeunesse. Il illustre Gaspard de Paris chez Flammarion Jeunesse.

Paris, 19è siècle. Gaspard Saint Georges est un jeune orphelin d’une douzaine d’années apprenti ramoneur qui s’est lié d’amitié avec une gargouille vivante.

Un jour, le Père Socrate, le vieil antiquaire, qui l’a recueilli, dans le quartier de Montmartre, est kidnappé par une chauve-souris géante !

Pour la gargouille, il n’y a aucun doute, ce monstre n’est pas un animal mais un automate. Bientôt Gaspard et ses amis s’aperçoivent que d’autres engins mécaniques rôdent autour d’eux.

Mais qui peut bien se servir d’automates pour les espionner ? Et surtout pourquoi ? Le père Socrate est-il bien celui qu’il paraît être ? Bravant les dangers, Gaspard, la gargouille et leurs amis partent à la recherche de l’inventeur maléfique et ne tarderont pas à découvrir les secrets du père Socrate…

L’attaque des automates est le second opus de la série signée Paul Thiès : Gaspard de Paris. Ce très court roman historique propose aux enfants une intrigue policière teintée de fantastique avec pour héros un jeune orphelin et une gargouille de pierre.

Et je dois dire que je ressors charmée de cette lecture à destination des 8/10 ans. Paul Thiès propose à ses jeunes lecteurs un roman de qualité, bien documenté, bien écrit, avec un vocabulaire recherché.

L’intrigue policière est bien construite et le suspens mené jusqu’au bout, deux atouts pour les apprentis détectives qui adoreront enquêter aux côtés de Gaspard et de son ami gargouille.

Le jeune orphelin est un héros attachant, un enfant honnête, gentil et intelligent qui saura délivrer le père Socrate, bien aidé par ses amis qui lui seront d’une aide précieuse.

De belles valeurs comme l’amitié, le courage et l’honnêteté, toujours utiles à prôner auprès des enfants, sont bien mises en avant et il est sûr que ce roman fantastique fera mouche auprès des jeunes lecteurs et lectrices dont ils sont la cible.

Le travail d’édition de Flammarion jeunesse est toujours aussi soigné tout en proposant des prix attractifs, ce qui est à souligner. Les chapitres sont courts, la police de caractère ronde et large facilite grandement la lecture et le roman est abondamment illustré avec talent par Benjamin Strickler, permettant des pauses, une aération du texte et ajoutant une bonne dose de charme à l’histoire.

Autant de points positifs pour les détectives en herbe, qu’ils soient bons lecteurs ou moins bons, tous y trouveront leur compte. Et cerise sur le gâteau, cette petite histoire leur permettra de découvrir le quotidien d’un enfant du XIXè siècle avec une atmosphère vieux Paris très réussie.

Pour conclure, je recommande ce roman aux enfants dès 8 ans, je suis sûre que cette histoire pleine de surprises saura leur plaire !

Un grand merci aux éditions Flammarion jeunesse pour cette lecture fantastique.

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