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Posts Tagged ‘roman français’

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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Paris, 1892. Alors que la capitale est en proie à une vague d’attentats et que la police recherche activement l’anarchiste Ravachol, un garçon de café, Jules Lhérot, le reconnaît parmi ses clients et rend possible son arrestation. Érigé en héros par une presse qui est en train de découvrir que la peur fait vendre, Jules devient aussitôt, pour les anarchistes épris de vengeance, l’ennemi à abattre.
De son côté, la jeune Zélie, fille d’ouvrier prompte à frayer avec les marlous et bien décidée à vendre son corps pour se faire une place dans le monde, s’enfuit de la maison de correction où elle a été enfermée. C’est alors qu’elle rencontre Jules, qui tombe éperdument amoureux d’elle…
Il deviendra policier, elle prostituée. Leurs routes croiseront celles du commissaire Raynaud l’humaniste, de Bolivar le flic aux mœurs dévoyées, de Milo l’Apache, de Lefeu le journaliste sans scrupule, ou encore de Madeleine, l’épouse d’un grand patron de presse tiraillée entre sa vie bourgeoise et ses désirs. Mais il aura beau perdre ses idéaux, jamais Jules n’oubliera Zélie…

La capitale vit une vague d’attentats anarchistes sans précédent en cette année 1892. La police recherche activement François Claudius Koënigstein dit Ravachol, un ancien ouvrier reconverti en poseur de bombes pour la cause anarchiste. Son portrait est largement diffusé et Jules Lhérot le reconnaît en l’un de ses clients.

Fidèle républicain, il file au poste de police le plus proche pour que des agents interviennet alors qu’il est encore attablé dans le restaturant de son oncle. Mais la police tarde et Ravachol quitte les lieux. Quelques jours plus tard, le voilà revenu. Cette fois-ci, il n’échappera pas à son destin et sera emmené entre deux pandores.

Jules est un héros, il est reçu par le préfet Lépine en personne, donne des interviews à la presse mais les anarchistes sont furieux et ont juré de se venger, ce qu’ils feront quelques semaines plus tard en dynamitant le restaurant, tuant son oncle.

Obligé de se cacher, Jules se terre à l’hôtel des trois couronnes où il va faire la connaissance de Zélie, une prostituée, dont il tombe amoureux. Mais la jeune fille a le cœur pris ailleurs et Jules, le sien, brisé.

Il décide d’entrer dans la police et se voit sous les ordres du commissaire Reynaud, qui taquine volontiers la muse et passe ses soirées dans les théâtres, en bon admirateur de la grande Sarah Bernhardt qu’il est !

Un soir, il en vint à aider Madeleine, l’épouse d’un grand patron de presse, tiraillée entre sa vie bourgeoise où elle s’ennuie et ses désirs de grand amour…

Un bref désir d’éternité me faisait de l’œil depuis sa parution en janvier, je n’ai donc pas hésité à l’acquérir lorsque je l’ai trouvé d’occasion et à le lire dans la foulée, une fois n’est pas coutume.

Vous le savez sans doute, j’aime beaucoup la Belle Epoque et le contexte anarchisme / apache / le rôle de la presse / police m’intriguait tout particulièrement. Pour bâtir son intrigue, Didier Le Pêcheur, par ailleurs réalisateur et scénariste pour le cinéma et la télévision, s’est solidement documenté et appuyé sur des faits réels et des personnes ayant existé.

Ravachol a été guillotiné le 11 juillet 1892 pour ses attentats anarchistes, arrêté grâce à Jules Lhérot, dont on ne sait rien de plus si ce n’est qu’il est entré dans la police. L’auteur s’est aussi inspiré de la vie d’Amélie Elie, dite Casque d’Or, pour le personnage de Zélie et il y a bien eu un commissaire Raynaud, poète et écrivain. Tout le reste n’est que fiction, une fiction assez noire, ce à quoi je ne m’attendais guère.

Dans cette fresque saisissante où les trajectoires personnelles rencontrent la grande Histoire, Didier Le Pêcheur nous entraîne au cœur d’un Paris âpre et sulfureux, des beaux quartiers aux bas-fonds où règnent les apaches, dans un monde où chacun a quelque chose à cacher, et où la survie des uns se paie de la souffrance des autres.

L’auteur marche dans les pas de Zola en nous proposant un roman naturaliste, il nous dépeint à merveille le rôle de la presse, le Paris interlope des bourgeois, celui des artistes, celui des cocottes mais surtout celui du peuple de Paris et des bas-fonds, où les catins, les apaches et les marlous règnent sans partage.

On suit alternativement Jules, Zélie, Reynaud et Madeleine, des personnages bien dessinés et aboutis. Jules, dans son travail de policier de terrain, les deux mains dans la m*, définitivement marqué par l’attentat dont a été victime son oncle et qui développera une certaine violence au fur et à mesure des évènements qui lui arrivent.

Avec Zélie, c’est le monde de la prostitution et des souteneurs, la jeune fille, qui refuse la vie d’ouvrière ou de domestique, préfère faire commerce de son corps, dans la rue d’abord puis dans une maison close. Elle estime que les femmes n’ont pas beaucoup de choix dans cette société patriarcale où les hommes sont tout puissants.

Reynaud, esthète si il en est, va être le mentor de Jules. Il mène en apparence une vie irréprochable mais a bien des secrets qui, si ils venaient à être découverts, lui feraient perdre la belle vie qui est la sienne.

Quant à Madeleine, l’épouse bourgeoise d’un grand patron de presse influent, elle s’ennuie ferme et va connaître, grâce à Reynaud, un tout autre monde que le sien, ce qui va la mener là aussi, à dissimuler un certain nombre de choses à son mari et à son milieu.

J’ai beaucoup aimé ces deux derniers personnages que j’ai trouvé intéressants et attachants tandis que Jules et Zélie m’ont peu à peu lassés. Jules parce qu’il cède de plus en plus à la violence, totalement en opposition à sa personnalité de départ et Zélie parce que sa condition la ravit !

Mais au-delà des personnages et du contexte historique de l’anarchisme et des apaches, Didier Le Pêcheur, s’attache tout au long du roman à nous décrire avec beaucoup de réalisme la condition féminine de cette fin du XIXè : bourgeoise, ouvrière, prostituée de base ou cocotte, grisette… les femmes étaient toujours à la merci d’un homme (mari, père, souteneur, patron…) et n’avaient aucun pouvoir de décision sur leurs vies.

Deux bémols toutefois : les longueurs ! Le récit met vraiment du temps à se mettre en place et se révèle trop descriptif à mon goût. Et le déferlement de violence à certains moments du récit qui m’a vraiment gênée.

Sinon Un bref désir d’éternité est un très bon roman historique, sociologiquement très intéressant, si vous êtes adeptes de ce genre et que la période vous plait, je vous le recommande !

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Réunies durant quelques jours à la campagne à l’occasion des funérailles de leur aïeule, quatre générations de femmes partagent leur intimité et leur deuil. L’héroïne, Lia, découvre un secret de famille jalousement gardé pendant soixante ans et met ainsi en péril l’union de son clan. Lettres, carnets, confidences vont redonner la parole à ces femmes qui semblent transmettre leur inaptitude au bonheur conjugal…

Mamie Alice vient de décéder et sa fille Sol, sa petite-fille Agnès et son arrière-petite-fille Lia sont réunies pour l’occasion. Dans cette famille Palin, il n’y a qu’Alice qui a connu le grand amour, veuve depuis plusieurs décennies, le cœur définitivement brisé par l’accident de voiture qui a coûté la vie à son mari Pierre, un héros de la Résistance.

Ses descendantes n’ont pas connu le même bonheur, ont multiplié les maris et les amants, et ont en commun la peur de l’engagement.

En rangeant les affaires d’Alice, Lia, découvre de vieilles lettres et un secret de famille qui va tout remettre en question. La jeune fille âgée de vingt ans va être bouleversée par cette découverte qui va la conduire à s’interroger…

Après mon quasi coup de cœur pour Le baiser, j’ai retrouvé avec plaisir Sophie Brocas à l’occasion de l’un de ses précédents romans : Le cercle des femmes. Vous connaissez mon intérêt pour les secrets de famille, il n’a donc pas fait long feu dans ma PAL.

Sophie Brocas met au cœur de son roman un secret de famille et surtout la psycho généalogie, un sujet qui n’est pas très original mais néanmoins intéressant ici par la manière dont il est traité.

L’autrice montre de la fin de la dernière guerre à nos jours, comment des secrets peuvent impacter sur les vies des générations suivantes.

A travers Marie, Sol et Agnès on suit l’évolution des modes de vie au fil du 20e siècle. De l’amour toujours aux histoires kleenex en passant par les adultères, des familles monoparentales aux recomposées, on assiste à l’évolution de la famille et de la maternité également.

Tout l’enjeu pour Lia sera de rompre le cercle de ce clan de femmes où les hommes sont particulièrement malmenés et décrits de manière trop caricaturale à mon goût, pour bâtir sa vie de femme et choisir sa maternité.

Si la plume de Sophie Brocas est toujours aussi agréable à lire et que cette lecture fut agréable, elle m’a néanmoins moins plu que Le Baiser, le ton est juste, les personnages intéressants mais il ne me marquera pas sur le long terme.

Je vous recommande toutefois Le cercle des femmes si les secrets de famille et la psycho généalogie vous intéressent.

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Étudiante en médecine, Marie-Lou est, du jour au lendemain, affectée à Brest. Autant dire le bout du monde pour celle qui n’a jamais quitté sa Grenoble natale. Une nouvelle existence commence alors pour elle, loin des siens, de ses montagnes : il va falloir s’habituer au climat, à la région, à la collocation, aux collègues… Surtout, c’est l’insouciance et la légèreté de ses vingt-cinq ans qui vont être confrontées à la dure réalité du monde hospitalier. Une nuit, elle croisera Matthieu, interne en ORL. Ce loup solitaire, mystérieux et poétique, arrivera-t-il à lui faire une place dans sa vie ?

Marie-Lou est étudiante en médecine, attachée à sa région natale, la Savoie. Lors du concours de l’internat, elle fait une grosse erreur et se retrouve classée 1997è, autant dire qu’elle va avoir moyennement le choix d’un hôpital pour faire son internat en neurologie.

Alors qu’elle se trouve aux côtés de sa soeur, elle désigne totalement au hasard Brest pour point de chute. La voilà partie pour la Bretagne où elle n’avait jamais mis les pieds.

Dès son arrivée, elle sympathise avec sa colocataire Anna, étudiante en médecine comme elle, son cousin Matthieu en ORL et Farah, l’autre interne en neurologie et commence sa première journée d’internat, la boule au ventre…

L’an dernier j’avais reçu, sans l’avoir demandé, le dernier roman de Sophie Tal Men : De battre la chamade, troisième tome de sa trilogie consacrée à Marie-Lou, l’interne en neurologie. N’ayant jamais lu les deux premiers opus, il attend depuis lors bien sagement dans ma PAL.

Aussi lorsque mon regard a croisé Les yeux couleur de pluie dans un magasin d’occasion, je n’ai pas hésité à le prendre et aussitôt acheté aussitôt lu. Il faut dire que si je ne suis pas spécialement attirée par les romans en milieu médical, j’aime beaucoup en revanche ceux qui ont pour cadre la Bretagne où je vis moi-même.

Sophie Tal Men, neurologue dans le Morbihan, a du beaucoup s’inspirer de son vécu pour créer le personnage de Marie-Lou, elle nous immerge sans peine dans le quotidien d’une interne qui doit gérer les urgences, constater des décès, aider ses patients dans leur convalescence…

Cette partie-là m’a beaucoup plu, j’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de réalisme dans la description du monde hospitalier, et d’humanité dans le traitement des patients. J’ai suivi avec beaucoup d’intérêt la prise en charge de personnes victimes de maladies dégénératives ou d’accidents neurologiques comme l’AVC, Alzheimer, Creutzfeldt Jakob… des maladies effrayantes que l’on méconnaît en général, en tout cas moi.

On suit également le quotidien des internes, leurs gardes, les fêtes bien alcoolisées qu’ils organisent, les rapports avec leurs chefs, les recherches qu’ils mènent en vue de leur doctorat ou pour le compte de leurs supérieurs hiérarchiques, ce qui va amener Marie-Lou à participer à un colloque international à Stockholm.

Autant de thèmes très intéressants qui auraient mérité d’être creusés car ils sont ici survolés au profit d’une histoire d’amour entre Marie-Lou et Matthieu, cousue de fil blanc, qui prend trop de place à mon goût.

J’ai eu plaisir également à voir évoluer Marie-Lou en Bretagne, à la découverte de sa gastronomie, des lieux à voir, etc. Un personnage qui se révèle très attachante, soucieuse du bien-être de ses patients, on aimerait croiser ce type de médecin plus souvent en milieu hospitalier !

Malgré quelques bémols, Les yeux couleur de pluie, est un sympathique roman de détente facile à lire, idéal pour les vacances, grâce à l’écriture de Sophie Tal Men fluide et pleine d’humour. Pour ma part, je lirai le second tome avec plaisir lorsqu’il croisera ma route.

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Bien que née dans une banlieue ouvrière parisienne, la petite Aurélie est issue d’une famille alsacienne ayant émigré en 1870. Abandonnée à dix ans par sa mère, elle est élevée par un père peu présent, mécanicien, très investi dans la construction des premiers aéroplanes que veut mettre au point l’entrepreneur et industriel Edouard Nieuport.
Après l’école, la petite fille retrouve son père dans l’atelier de mécanique ; un jour, Nieuport lui confie un petit travail de rangement dans les bureaux. Ces missions quotidiennes l’empêchent de ruminer le sentiment d’abandon qu’elle ressent depuis le départ de sa mère. Car la douleur est toujours là, tapie au fond d’elle-même. Aurélie peut suivre alors l’aventure des fous volants, tels Louis Blériot ou Santos-Dumont. Avec eux, elle rêve, toujours plus haut, d’exploits et d’aventures…

C’est une plaie vive dans le coeur d’Aurélie : le dernier regard de sa mère sur le pas de la porte, valise à la main. A dix ans, la voici seule avec son père, Roland Heinrich, et les souvenirs chéris de sa grand-mère issue d’une colonie d’Alsaciens installée en banlieue parisienne après 1872.

Mécanicien des premières « machines volantes » de l’industriel Nieuport, Roland a été jusqu’alors un père absent, voire indifférent. Soudés dans l’épreuve, avides de rattraper le temps perdu, père et fille s’apprivoisent et tissent un lien de plus en plus fort.

Après l’école, Aurélie rejoint les ateliers de Nieuport, qui se prend d’affection pour elle, comme toute l’équipe. L’industriel va peu à peu lui accorder sa confiance en lui faisant faire du classement, du courrier, répondre au téléphone…

Au fil des ans, elle se prend de passion pour les pilotes d’aéroplanes et rêve avec eux d’aller toujours plus haut…

Toujours plus haut signe mes retrouvailles avec Marie Kuhlmann que j’avais découvert avec Les chimères de l’exil. Cette romancière, très attachée à ses racines alsaciennes, met une fois de plus en scène une héroïne de sa région.

Dans ce roman qui a pour toile de fond Suresnes de 1906 à 1914, Marie Kuhlmann nous conte les premiers pas de l’aéronautique, les exploits des pionniers que furent Louis Blériot, Santos-Dumont, Edouard Nieuport ou Georges Legagneux, des exploits, des victoires et des défaites, vus à travers les yeux d’Aurélie.

Cette période, vous le savez certainement si vous me suivez depuis un certain temps, me passionne et cette thématique des pionniers de l’aviation me fascine totalemnet depuis que j’ai vu, enfant, Ces merveilleux fous volants dans leurs drôles de machines et Les faucheurs de marguerites.

De ce point de vue-là, ce roman est une réussite car il est incroyablement bien documenté et il nous fait assister, au fil des pages, aux balbutiements de l’aviation à bords de ces engins volants, lourds, longs au décollage, qui représentaient le défi ultime : faire voler des engins plus lourds que l’air.

Avec Aurélie, on assiste aux joies, aux espoirs, aux déceptions, aux défis à la pesanteur lancés par des hommes enthousiastes, passionnés, aujourd’hui célèbres pour leur ténacité et leurs exploits: Clément Ader, Louis Blériot, Gabriel Voisin, les frères Wright, le Comte Zeppelin, Otto Lilienthal…

Toute cette toile historique est tout simplement passionnante et très instructive au point que j’ai dévoré ce roman en un rien de temps. Le personnage d’Aurélie, jeune fille travailleuse, volontaire et particulièrement tenace, est attachante, on a plaisir à la suivre, à la voir évoluer de ses dix ans jusqu’à son adolescence qui prend fin lorsque la première guerre mondiale éclate.

La thématique alsacienne, qui ne me concerne pas, m’a moins intéressée. Je connaissais déjà la problématique pour les alsaciens de faire leur place en France, eux qui étaient accusés de prendre le travail des français, qui restaient aux yeux des français des boches dont on ne voulait pas. L’autrice insiste beaucoup sur la difficulté pour ces gens de s’intégrer, d’apprendre le français sans perdre pour autant leur langue alsacienne, leurs coutumes…

Ceci mis à part, je vous encourage à découvrir Toujours plus haut si vous êtes curieux de découvrir les balbutiements de l’aéronautique car dans ce roman devrait vivement vous intéresser.

Un grand merci à Yéléna et aux éditions Presses de la Cité pour cette lecture instructive !

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Toucher mais ne pas l’être. Par le cœur ou par les doigts. Pour Camille et Arthur, son fils de six ans, cela revient au même. Tous les deux autistes, ils vivent à l’abri du monde, de son bruit et de ses violences, dans une bulle que Camille a spécialement créée pour eux. Chaque rencontre, chaque échange physique, même le plus infime, est une épreuve : une main qui attrape, une bousculade dans le bus, des gouttes de pluie sur 
la peau. 
Un soir, en sortant du bureau, Aurélien croise leur route. Dans son quotidien désabusé, il entrevoit dans leur relation ce  » vrai  » qui lui manque tant et qui semblait hier encore inatteignable. 
Mais comment approcher ce couple mère-fils fusionnel sans briser leur fragile équilibre ?

Camille et son fils Arthur âgé de six ans sont tous deux autistes Asperger. La jeune femme a rompu tous liens avec ses parents il y a de cela de nombreuses années, quant au papa d’Arthur, il a préféré prendre la fuite.

Ils ont un quotidien bien routinier, des contacts sociaux limités et une hypersensibilité au toucher qui les tient à distance l’un de l’autre et des autres. Camille travaille dans un institut qui prend en charge les autistes et Arthur est gardé par Eloïse.

Un jour ils croisent le chemin d’Aurélien, juriste, qui est le meilleur ami de Lucile, la fille d’Eloïse, elle aussi hypersensible. Au fil des rencontres, le jeune homme va apprivoiser mère et fils et vivre avec eux l’expérience de la pluie…

Vous le savez si vous me lisez régulièrement, l’autisme est un sujet qui m’intéresse et me touche, aussi j’ai été ravie de recevoir L’expérience de la pluie, le nouvreau roman de Clélie Avit qui s’est fait connaître avec Je suis là.

Ce roman a le mérite de jeter un coup de projecteur sur le syndrome Asperger, et notamment sur l’hypersensibilité qui est très méconnue il faut bien le reconnaître, c’est vraiment le point positif de ce roman parce que je suis la première à le regretter mais il a m’a plus ennuyée que captivée, exceptées les cent dernières pages que j’ai beaucoup aimé.

Je m’explique : l’autisme étant pluriel, difficile pour moi de croire à cette histoire d’une mère et son fils atteints tous deux d’Asperger, ça je peux le concevoir, mais en plus tous deux hypersensibles ça me semble un peu gros.

Certes, l’hérédité pèse dans la balance de l’autiste mais chaque autiste, comme chaque être humain, est unique et on ne peut pas prétendre que deux personnes atteintes d’Asperger auraient exactement le même comportement, les mêmes attitudes, les mêmes souffrances, les mêmes angoisses, etc.

Les comportements de Camille et surtout d’Arthur, ne sont pas, à mon sens, assez réalistes : Camille qui travaille dans un institut pour autistes qui refuse qu’Arthur y entre ou aille à l’école ça me laisse pantoise, la façon dont s’exprime Arthur m’a également surprise. Quant à Aurélien, je ne l’ai pas compris car l’auteure ne nous donne pas toutes les clés pour l’appréhender totalement, il m’a laissé de marbre, malgré ses bonnes attentions.

Vous l’aurez compris, je n’ai malheureusement pas été touchée par les personnages de Camille et d’Aurélien, que l’on suit tour à tour, et c’est aussi pour ça que j’ai eu du mal à apprécier l’histoire.

Cela ne reste que mon ressenti personnel, je ne prétends aucunement que ce roman est mauvais car il ne l’est pas, il ne m’a tout simplement pas touchée mais m’a permis d’appréhender ce que peut être l’hypersensibilité, de prendre conscience comme doit être difficile le quotidien des personnes qui en souffrent.

J’ai aussi eu le sentiment qu’il n’y avait pas vraiment d’histoire et comme je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages, je l’ai trouvé trop long, trop lent.

Un roman sur l’autisme que je vous encourage malgré tout à lire si le sujet vous intéresse car les avis des copinautes sont nettement plus enthousiastes que le mien !

Un grand merci aux éditions Plon pour leur confiance.

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« Dans le grand salon, ce matin baigné de soleil, ils sont là tous les trois, Léonard Sèzeneau, sa femme, et elle, Livia, un peu comme trois acteurs sur une scène, encore ignorants de leurs rôles ». Qui est Livia, la gouvernante suédoise engagée par Léonard pour seconder sa jeune femme Hulda dans l’éducation de leurs enfants ? De la lumière radieuse de Stockholm aux lueurs crépusculaires de Meudon, cette famille va connaître une réussite fulgurante avant le déclin, loin des conventions de la fin du XIXème siècle.

Göteborg, 1867. Hulda est une jeune fille de bonne famille qui vient d’avoir dix-sept ans. Sa mère, francophile, souhaite que sa fille unique sache bien parler cette langue, son mari, banquier, n’y voit pas d’inconvénient.

Un de leurs voisins, Léonard Sézeneau, français, l’enseigne, c’est tout naturellement que Madame Gustavsson lui demande si il veut bien donner des cours à Hulda afin qu’elle soit la plus accomplie des maîtresses de maison.

Sézeneau, marié et âgé d’une quarantaine d’années, a toute leur confiance jusqu’au jour où son épouse repart pour son Angleterre natale et que Helda se découvre enceinte.

Quel scandale pour Monsieur Gustavsson qui est furieux à l’idée de marier sa fille à un homme d’aussi basse extraction. Mais la jeune fille ne compte pas abandonner Léonard et après la naissance Isidore, et avec l’appui de sa mère Sigrid, elle épouse son amant.

Léonard abandonne le professorat pour devenir négorciant en vin frâce aux relations de son beau-père et de son beau-frère Charles. Le couple s’installe à Stockholm et coule des jours heureux, accueillant bientôt deux autres enfants.

Mais lorsque Hulda entame sa quatrième grossesse, Léonard engage Livia, une gouvernante, pour seconder son épouse dans l’éducation des enfants et spécialement dans l’apprentissage du français que Livia parle couramment.

Ce sera un tournant dans la vie du couple…

Marie Sizun nous plonge avec La gouvernante suédoise dans la suède francophile de la seconde moitié du XIXè siècle et j’ai trouvé ce roman, entièrement narratif, tout simplement passionnant.

Et pourtant ce roman ne partait pas gagnant car je peine souvent à lire des récits où il n’y aucun dialogue, ici cela n’a jamais été une gêne car les chapitres sont très courts et la plume de l’autrice, finement ciselée, portée par un vocabulaire riche, m’a littéralement transportée.

Si vous aimez les récits où il y a des milliards d’évènements je ne suis pas sûre que ce titre vous plaise mais si en revanche vous appréciez les romans d’ambiance, les sagas familiales et les secrets, je suis sûre qu’il vous comblera.

Tout d’abord pour son cadre : la Suède du XIXè siècle dont l’autrice nous conte les us et coutumes, ce que j’ai trouvé très intéressant, pour ses personnages de Hulda et de Livia très attachantes toutes deux dans des genres totalement différents car elles ont des personnalités bien distinctes.

Hulda est une femme-enfant élevée dans du coton, très choyée par sa famille, très joyeuse et pleine de vie, passionnément amoureuse de son mari, tandis que Livia n’a pas connu l’amour de ses parents, elle est plus compassée, distante avec son employeuse qui la traite pourtant en sœur.

Entre les deux, il y a les apparitions de plus en plus furtives de Léonard, homme sévère, qui va connaître une ascension fulgurante avant d’entraîner les siens vers la France et le déclin.

Une histoire simple mais portée par la sensibilité de Marie Sizun qui se penche sur l’arbre généalogique de sa propre famille, de ses albums photos, de lettres pour retracer les vies de Hulda, Léonard et Livia dont elle la descendante directe.

Vous l’aurez compris, La gouvernante suédoise est un roman très réussi que je vous conseille vivement !

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Chez #InFutureWeBelieve, ils sont une dizaine de collaborateurs, jeunes, dynamiques et soudés autour de leur bienveillante happiness manager, Pandore. Dans le microcosme idéal de leur start-up, ils parlent franglais, font du coworking en open space, ne jurent que par l’économie du partage. Mais alors pourquoi peinent-ils tant à trouver leur place dans ce monde nouveau qu’ils prétendent bâtir ?

Un monde nouveau est un très court roman choral mettant en scène une dizaine de collaborateurs de la start-up #InFutureWeBelieve qui prône le bien-être au travail et l’économie de partage.

On pourrait croire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes dans cette entreprise parisienne mais ce n’est pas franchement le cas, l’occasion pour Anne Akrich de signer ici une satire féroce de la culture d’entreprise et une brillante parodie de notre époque, où chaque nouvelle utopie progressiste semble masquer une régression cauchemardesque.

Pandore, la happiness manager, reçoit tour à tour en entretien et évalue Gaspard, Patience, Robin, Farid, Blanche, J.C, Areski, Martin, Esther, Louise, Amira, Samuel et Colette qui se livrent ensuite, formant une série de micro fictions.

A travers cette galerie de personnages, l’autrice interroge notre société 2.0 où le digital est partout, où notre quotidien est rythmé par notre usage des applications et des réseaux sociaux : on partage notre intimité, on cherche l’âme sœur ou l’inspiration, on visite des museaux ou assistons à des cours de façon virtuelle…

Le monde est à portée de main, sommes-nous pour autant plus heureux ? Si l’on en croit les personnages de Anne Akrich, non. Ils sont finalement assez seuls et malheureux dans leur vie privée, incapables de trouver le bonheur qu’ils prônent avec force.

J’ai aimé cette satire sociale, l’humour acerbe de son autrice, pour autant je ne garderai pas longtemps en mémoire Un monde nouveau car cette galerie de personnages plurielle où l’on passe de l’un à l’autre sans transition, comme si l’on cliquait d’une page à l’autre, ne forme pas une réelle histoire.

Si j’ai apprécié la dénonciation de nos travers, je ne me suis pas sentie concernée, pas du tout proche des personnages, de leurs préoccupations. Je n’ai pas leur âge, ni la même façon de vivre et ce roman n’a pas su me toucher, trop parisien pour moi : je ne suis pas vegan, je ne rêve pas de tout plaquer pour vivre plus spirituellement, je ne cherche pas l’âme sœur sur Tinder…

Une lecture qui a néanmoins le mérite de mettre le doigt là où ça fait mal, de faire réfléchir sur la déshumination et l’individualisme de notre société.

Un grand merci à Filippa et aux éditions Julliard pour cette lecture.

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