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Posts Tagged ‘roman français’

Valentina coule des jours paisibles sur sa petite île au large de l’Italie avec son fidèle acolyte à quatre pattes, Ferdinand, et travaille dans un bar.
À Londres, Laure fait ses premiers pas en tant que journaliste, et tous les moyens sont bons pour épater le rédacteur taciturne qui la chaperonne.
Tout oppose les deux jeunes femmes jusqu’à l’apparition inopinée d’une seule et unique photographie qui va bouleverser leurs existences à jamais…

Valentina, une insulaire sarde, profite de sa vie sans surprise. Après une déception amoureuse, elle s’installe dans un deux pièces du centre en compagnie de son fidèle acolyte à poils roux : Ferdinand.

Un jour, lors d’une balade matinale avec son chien, la jeune femme va découvrir un étrange message tracé dans le sable, et sans l’ombre d’un doute possible, la phrase lui est clairement destinée. C’est le début d’un immense jeu de piste, orchestré par un inconnu, qui va la tenir en haleine des semaines durant.

Laure, une élégante britannique, fait ses premiers pas en tant que journaliste événementielle : le métier de ses rêves.

Cette dernière a tout sacrifié pour intégrer un magazine de renom national. Sa période d’essai va s’avérer palpitante : tous les moyens sont bons pour épater le rédacteur taciturne qui la chaperonne. Séduire un vieillard pour rentrer dans le plus gros théâtre de Londres ou rédiger le devoir de littérature d’un étudiant pour se faire payer en billets de spectacles… La jolie brune ne recule devant aucune situation rocambolesque pour réussir.

Tout oppose ces deux femmes jusqu’à l’apparition inopinée d’une seule et unique photographie qui va bouleverser leur existence à jamais…

C’est bien entendu la Sardaigne (que je rêve de découvrir) et la couverture qui m’ont donné envie d’ajouter Le goût du bonheur à ma PAL et, une fois n’est pas coutume, aussitôt arrivé, aussitôt lu.

Ce premier roman signé Angéline Michel est ce qu’on appelle un feel-good book, pour ma part c’est un genre que j’aime bien lire de temps en temps, surtout à la belle saison ou en vacances.

Je n’ai pourtant attendu ni l’une ni les autres, la curiosité a été la plus forte, pour dévorer ce roman qui s’est révélé suffisamment frais pour que j’en vienne à bout en deux après-midis seulement.

Alors certes, il ne révolutionne pas le genre car son atmosphère ressemble un peu à La petite boulangerie du bout du monde (même si l’autrice ne copie pas du tout) et il est parfois maladroit (succession de phrases courtes parfois mises bout à bout) mais il se laisse lire sans déplaisir de la première à la dernière page.

Si le personnage de Laure et sa vie londonienne ne m’ont pas spécialement emballée, j’ai beaucoup aimé Valentina et sa vie entourée de ses amis et de son chien dans sa petite île sarde.

Heureusement, Angéline Michel devait être du même avis que moi car la grande majorité du roman se passe en Sardaigne aux côtés de Valentina, qui peine à se remettre de sa dernière histoire d’amour et qui va se laisser prendre au jeu de cette chasse au trésor pas comme les autres.

Le style de Angéline Michel est fluide mais elle déborde d’idées, du coup parfois elle part dans une direction, puis une autre, s’éloigne de l’intrigue de base pour y revenir, ce qui est un peu déstabilisant, tout comme la mise en page qui nous fait sauter d’une héroïne à l’autre sans transition.

La fin m’est apparue aussi un peu trop abrupte, dommage que l’autrice ait un peu vite expédié son histoire car je serai restée volontiers sur cette petite île avec Valentina et les autres protagonistes de l’histoire.

Malgré ces petits bémols, j’ai passé un très bon moment avec Le goût du bonheur, c’est une histoire fraîche et pétillante, portée par des personnages sympathiques et plutôt attachants, qui vide la tête et qui détend, c’est bien ce qu’on demande d’un feel-good book, et j’espère qu’Angéline Michel s’attèlera à écrire la suite des aventures de Valentina et Laure, car si c’est le cas, je serai au rendez-vous.

Si vous aimez la romance, les romans feel-good et l’Italie, je ne peux que vous le conseiller, un titre idéal à glisser dans son sac de plage ou sa valise de vacances.

Un grand merci à l’agence Agnès Chalnot et aux éditions J’ai Lu pour cette sympathique lecture !

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Ferdinand vit seul dans sa ferme. Et ça ne le rend pas franchement joyeux. Un jour, il passe chez Marceline, sa voisine, et découvre que son toit est sur le point de s’effondrer. Très naturellement, ses petits-fils, les Lulus, lui suggèrent de l’inviter à la ferme. L’idée le fait sourire. Mais ce n’est pas si simple, certaines choses se font, d’autres pas… Il finit tout de même par aller la chercher. De fil en aiguille, la ferme va se remplir, s’agiter, recommencer à fonctionner. Un ami d’enfance devenu veuf, deux très vieilles dames affolées, des étudiants un peu paumés, un amour naissant, des animaux. Et puis, Paulette…

Ferdinand, 70 ans, est veuf depuis la mort de son épouse Henriette six ans auparavant, il ne la regrette pas du tout, elle lui a pourri la vie pendant quarante ans mais il se sent seul. Son fils aîné Lionel est parti vivre en Australie depuis de longues années déjà et son cadet, Roland et sa belle-fille Mireille, restaurateurs, et ses petits fils Ludovic et Lucien ont quitté la ferme deux mois plus tôt.

Un jour, après un violent orage, il passe chez sa voisine Marceline qui vend des fruits, des légumes et du miel, et vit avec pour seule compagnie sa chienne, son chat et son âne Cornelius. Ferdinand découvre alors que son toit est sur le point de s’effondrer, Marceline ne peut pas rester, ce n’est pas prudent.

A l’évidence, elle n’a pas l’argent pour réparer les dégâts ni d’aller vivre ailleurs et Ferdinand, de la place il en a à revendre, alors très naturellement les Lulus (6 et 8 ans) lui suggèrent de l’inviter à la ferme.

L’idée lui plait mais ce n’est pas si simple, certaines choses se font et d’autres pas. Après une nuit de réflexion, il va tout de même la chercher et Marceline, bien que gênée, accepte sa proposition.

Quelques temps plus tard, Gaby décède d’un cancer. Avant de mourir, Ferdinand lui a promis de s’occuper de son mari Guy, par ailleurs son plus vieux copain qui ne tarde pas à s’installer à la ferme.

Petit à petit, la ferme va recommencer à vivre, se remplir et devenir une véritable communauté : solidarvioc…

Depuis sa parution en 2012, j’avais très envie de lire Et puis, Paulette… car j’avais eu un joli coup de cœur pour A Mélie, sans mélo qui mettait en scène Mélie, une veuve menant une existence solitaire elle aussi.

Dans ce roman, Barbara Constantine fait la part belle aux anciens et à la colocation mise en place par Ferdinand pour lutter contre la solitude. Dans ce petit village rural, deux, puis trois, puis cinq vieilles personnes vont décider (par la force des intempéries, de la pauvreté, de la solitude, de la dépression, du veuvage) de cohabiter chez Ferdinand, qui a la maison et le jardin suffisamment grands et adaptables pour qu’une communauté naisse.


Ces personnes vont apprendre à partager l’espace, les rites, la vie quotidienne. Elles vont prendre soin les unes des autres, tout en cherchant de l’aide auprès de jeunes étudiants désargentés, ravis de ces services rendus en échange du gite et du couvert.


Les cris, les jeux des petits-enfants égayent le quotidien, qui n’est pas toujours facile, avec tous ces caractères.
Le soir, les conversations peuvent s’éterniser sur le banc devant la maison devenue collective.


Ce roman est un vrai message d’espoir pour les personnes du 3è et du 4è âge, souvent esseulées, parfois dans des situations de grande précarité mais qui sont encore suffisamment valides pour refuser la maison de retraite. Tout ce petit monde fait finalement bon ménage et la solidarité marche à fond la caisse.

Barbara Constantine met aussi l’accent sur l’intergénérationalité : il n’y a pas que des personnages âgées dans ce roman, on croise aussi des jeunes enfants, les petits Lulus, et des étudiants désargentés, Kim et Muriel, en galère de logement, qui ont coupé les ponts avec leurs familles.

C’est une histoire très simple mais jolie, jamais mièvre ou fade, Barbara Constantine tombe rarement dans la facilité. Un petit bijou d’humour, d’amour, de tendresse que j’ai dévoré en quelques heures seulement.

Une lecture réjouissante et des personnages très attachants que je vous recommande vivement.

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Née dans un village perdu du sud des États-Unis, Gloria était si jolie qu’elle est devenue Miss Floride 1952, et la maîtresse officielle du plus célèbre agent immobilier de Coral Gables, le quartier chic de Miami.
Dans les belles villas et les cocktails, on l’appelle « Ma Chérie ». Mais un matin, son amant est arrêté pour escroquerie. Le monde factice de Gloria s’écroule : rien ne lui appartient, ni la maison, ni les bijoux, ni l’amitié de ces gens qui s’amusaient avec elle hier encore.
Munie d’une valise et de quelques dollars, elle se résout à rentrer chez ses parents. Dans le car qui l’emmène, il ne reste qu’une place, à côté d’elle. Un homme lui demande la permission de s’y asseoir. Gloria accepte.
Un homme noir à côté d’une femme blanche, dans la Floride conservatrice de 1963…Sans le savoir, Gloria vient de prendre sa première vraie décision et fait ainsi un pas crucial sur le chemin chaotique qui donnera un jour un sens à sa nouvelle vie…

Miami, avril 1963. Gloria Mercy Hope Merriman, miss Floride 1952, est depuis dix ans la maitresse du magnat de l’immobilier Gerry Grayson. L’homme d’affaires, marié à une femme dépressive toujours en maison de repos, est l’heureux père de quatre enfants, ce qui l’empêche d’épouser sa maitresse, affectueusement renommée Ma Chérie.

Alors, il l’a installé dans une jolie maison avec du personnel à disposition. La jeune femme mène grand train, aborde de longues boucles platine, comme Marilyn Monroe, s’habille chez les couturiers français et mène une vie tout à fait futile.

Jusqu’au jour où G.G est arrêté et écroué pour escroquerie. Mrs Grayson l’accuse alors d’avoir mené son mari à la ruine et de l’avoir obligé à escroquer le tout Miami pour ses beaux yeux.

A trente ans, elle s’aperçoit qu’elle n’a rien fait de sa vie, pense qu’elle est enceinte de son amant et après avoir refusé de payer la caution de son G.G, elle décide de retourner chez ses parents, à Chooga Pines, dont elle est pourtant sans nouvelles depuis une décennie.

Comme la police a saisi ses bijoux, elle remplit une valise de vêtements qu’elle pourra revendre, empoche les quelques dollars qui étaient dans son sac à main et prend un car, par soucis d’économies, pour rallier Tampa.

Alors qu’elle s’assoit dans le fond du car, un grand homme noir demande s’il peut s’asseoir à côté d’elle. Dans cet état du sud des Etats-Unis, et bien que les lois ségrégationnistes ont été abolies, les blancs et les noirs ne frayent pas ensemble et encore moins une femme blanche et un homme noir, les regards furieux des rednecks le leur font bien comprendre.

Au fil du voyage pourtant, Ma Chérie et Marcus Schenker se mettent à discuter et à sympathiser…

Ma chérie signe mes retrouvailles avec la plume délicieuse de Laurence Peyrin. Cette ancienne journaliste s’est fait connaître avec La drôle de vie de Zelda Zonk, Hanna, Miss Cyclone et L’aile des vierges qui fait partie de mes coups de cœur de 2018. A chaque printemps, j’attends désormais avec plaisir son nouveau roman et il n’a pas eu le temps de croupir dans ma PAL car je tenais à vous proposer mon avis le jour de sa sortie !

Quel plaisir de lecture une fois encore avec ce récit qui nous plonge dans l’Amérique des sixties, celle des Kennedy, une période dorée et nostalgique pour les américains comme pour les français.

Comme toujours avec Laurence Peyrin, Ma Chérie, est une héroïne forte et libre, qui n’a pas peur de scandaliser. Lorsque l’on fait sa connaissance, Gloria Mercy Hope s’apparente pourtant davantage à la ravissante idiote peroxydée que son amant affiche comme un trophée mais au fil du roman, elle s’affirme, se pose des questions, arrête de regarder son nombril pour s’intéresser à ce qui se passe autour d’elle.

Elle en a fait du chemin depuis Chooga Pines, s’est mariée à un photographe qui lui a permis de devenir Miss Floride puis playmate pour le magasine de Hugh Heffner. Elle aime G.G, le confort et la vie oisive qu’il lui procure même si elle espère toujours qu’un jour, il osera quitter sa femme pour l’épouser.

Puis, avec l’arrestation de G.G, Ma chérie prend son destin en main : elle repart de zéro en renouant avec ses racines et ses parents et se révèle plus forte qu’elle n’y paraissait au départ.

Au-delà de l’émancipation féminine, Laurence Peyrin aborde par petites touches dans son roman la ségrégation raciale et les lois empêchant blancs et noirs de se marier. Jack et Rose Merriman, les parents de Gloria, ont eux aussi souffert du racisme ordinaire en raison des origines séminoles de Rose et ont trouvé refuge dans ce village où Jack est devenu bucheron.

Laurence Peyrin n’oublie pas non plus d’aborder la politique de cette époque avec le combat de Kennedy pour abroger les lois raciales, sa cote de popularité chez les afros américains, le combat de Martin Luther King, la crise de la Baie des cochons, le possible conflit contre le Vietnam et les dégâts qu’a causé la guerre de Corée aux anciens combattants qui souffrent depuis leur retour de stress post-traumatique à travers le personnage de Benjamin, ami d’enfance de Gloria et patron de Jack.

Beaucoup de thématiques très intéressantes sont donc abordées en assez peu de pages car Ma Chérie est le roman le plus court de Laurence Peyrin mais il se révèle passionnant et j’ai tourné les pages à une allure folle, triste d’arriver au point final et de laisser Gloria et Marcus.

Je ne peux que vous conseiller de vous ruer sur Ma Chérie qui sort aujourd’hui dans toutes les bonnes librairies, un très bon moment de lecture vous attend avec le nouveau roman de Laurence Peyrin et si vous n’avez jamais lu cette auteure, qu’attendez-vous ??

Un grand merci aux éditions Calmann-Lévy pour cette merveilleuse lecture, j’ai adoré !

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La boucherie de Donovan S., c’est toute une histoire. Chez lui, on ne découpe pas la viande – on la sublime, car elle a un superpouvoir : quiconque la goûte ne peut plus s’en passer. On ne choisit pas un morceau : on assiste au ballet des couteaux tranchants et caressants avec distinction. Car Donovan S. n’est pas un mortel comme les autres : en un tour de bras, ce gourou du steak envoûte clients et collaborateurs.

Elena V est une ancienne pro du marketing devenue mère au foyer depuis la naissance de ses enfants. Alors qu’elle doit réunir une poignée de ses amis pour un dîner convivial, elle se rend dans la boucherie de Donovan S., le boucher des stars et des chefs d’état.

Trois mois d’attente minimum pour que le roi des bouchers vous tranche une côtelette, une entrecôte ou vous taille un rôti comme personne. Et ce jour tant attendu est enfin arrivé : Elena va rencontrer le gourou en personne.

Lorsqu’elle arrive, elle est reçue par Karine, chargée des rendez-vous qui la confie à Antoine, l’assistant préféré de Donovan. Le jeune boucher lui remet une carte sur laquelle Elena découvre les animaux sacrifiés pour le plaisir des amateurs de viande.

Puis c’est l’apparition : Donovan S. en personne arrive et c’est le coup de foudre amical immédiat. Elena est engagée comme chargée du marketing, à charge pour elle de faire rayonner Donovan S. dans le monde entier…

Les Aventures de Donovan S., le boucher qui était à deux doigts de conquérir le monde est le premier roman de Virginie Nuyen, responsable de communication dans le secteur du luxe qui a inspiré cette histoire.

Elle nous propose ici un roman vraiment drôle autour d’un boucher, véritable gourou tout dévoué à son art, qui transforme les vegans en accros à la viande ! Avec Elena, ils entreprennent une entreprise déraisonnable, gigantesque et totalement loufoque où une vache voyage en jet privé aux côtés d’une actrice accro à l’agneau pour un tour du monde haut en couleur et proche de l’hystérie.

Avec une plume rythmée, elle nous plonge tout de suite dans le vif du sujet au point que j’ai eu du mal à lâcher le roman une fois entamé. On passe d’un diner mondain à une tractation autour d’un avion Dassault, d’un jet privé au Carnaval à Rio et j’en passe.

L’histoire est très drôle, on rit et on sourit plus d’une fois car le récit est rocambolesque mais aussi truffé d’expressions, des tournures de phrases qui font mouche et de situations farfelues à souhait.

Pour autant, Virginie Nuyen ne nous propose pas qu’un roman léger et facile à lire mais aussi une histoire où la mondialisation, le secteur du luxe et la société de consommation sont passés au crible avec un humour féroce et où la charogne n’est pas celle que l’on croit.

Le personnage de Donovan S. vaut à lui seul le détour : destiné par son père à reprendre son officine de notaire dans une petite bourgade de province, le boucher a surpris tout son entourage en se lançant dans une profession dégradante pour sa famille.

Tel un gourou, il envoûte clients et collaborateurs qui voient en lui un véritable père qu’il ne faut contrarier sous aucun prétexte et dont il faut réaliser le moindre de ses vœux ou rêves.

Si vous êtes à la recherche d’un roman drôle et féroce, je vous conseille Les aventures de Donovan S. avec lequel vous devriez passer un très bon moment.

Un grand merci à Filippa et aux éditions Nil pour cette lecture pleine d’humour !

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Vous êtes-vous déjà approché d’une harpe ? L’instrument est magnifique, mélodieux, mais n’entre pas dans les ascenseurs, ne supporte ni le froid ni le chaud, coûte plus cher qu’une voiture, a plus de cordes qu’un régiment d’archers, plus de pédales qu’un peloton de cyclistes, et si vous n’en jouez pas tous les jours, vous perdez vos doigts. En toute franchise, une harpe, c’est le bazar dans votre vie. Mon problème, c’est que je suis tombé amoureux d’une harpiste…

Comment trouver sa place dans l’existence d’une femme qui cohabite avec plusieurs instruments de musique encombrants dans un petit studio de la butte Montmartre ? ? ? ?

Heureux, Basile l’est, amoureux qui, debout devant la mer, écoute, admiratif, Charlie, la femme qu’il aime jouer de la harpe sur la terrasse.

L’interprète est merveilleuse, la musique délicieuse, l’instrument magique mais imposant. Allez ensuite trouver une voiture dans laquelle glisser un tel engin, un ascenseur aux bonnes dimensions ou un appartement susceptible d’héberger un objet si encombrant ?

Une harpe, c’est grand, cher et compliqué à caser dans un appartement et à transporter dans tout Paris, en banlieue ou en province.

Et, au-delà de ces contrariétés auxquelles on n’imagine même pas et qui empoisonnent la vie quotidienne de notre héros, le mari de la harpiste doit aussi composer avec l’attachement viscéral qui lie sa femme à son instrument, elle en possède du reste toute une collection, du plus petit modèle au plus volumineux, et se manifeste à tout moment de la manière la plus surprenante.

Après le deuil avec La part des anges, place au triangle amoureux dans Le mari de la harpiste, mais un triangle amoureux on ne peut plus singulier et inédit !

Avec un humour irrésistible et beaucoup de tendresse, Laurent Bénégui revisite en effet ici l’éternelle situation du triangle amoureux, sauf que cette fois, le rival n’est pas un homme mais possède quarante-sept cordes et sept pédales…

À travers des situations tour à tour drôles et poétiques, Basile, qui n’est autre que le double de Laurent Bénégui, raconte sa rencontre avec celle qui deviendra sa femme un 14 juillet et leur quotidien encombré d’une pléiade de harpes de toutes tailles.

Voilà un court roman qui fait du bien ! L’histoire est tour à tour drôle et tendre, les héros sont très attachants et j’ai passé un très bon moment avec les protagonistes de ce récit.

Et à lire Laurent Bénégui, cela n’a l’air effectivement pas simple de cohabiter avec toutes ces harpes et notamment la plus grande d’entre elles dont l’héroïne refuse de se séparer même pour un séjour au ski !

Le style de Laurent Bénégui est très agréable à lire, les situations auxquelles sont confrontées les héros sont très drôles et rocambolesques à souhait, ce qui fait de ce roman un feel-good réussi et une petite parenthèse enchantée à laquelle je vous invite à succomber.

Un grand merci à Filippa et aux éditions Julliard pour cette lecture touchante et farfelue.

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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Juillet 1942. Elle s’appelle Esther, elle a vingt ans, elle est juive.
Ses parents ont été arrêtés, elle erre dans les rues de Paris, perdue et terrifiée. Alors qu’elle se repose sur un banc, son regard croise celui d’une femme élégante, plus âgée qu’elle, qui fume de longues cigarettes à la terrasse d’un café.
Esther ne le sait pas encore mais sa rencontre prochaine avec Thérèse Dorval, l’épouse d’un homme cynique et violent qui collabore avec les Allemands, va bouleverser sa vie.
Naissance d’un désir irrésistible, en pleine tragédie. Amour interdit de deux femmes emportées par le feu de la passion.
À Dinard, où elles se réfugient, elles devront, sous la pluie des bombes alliées, décider de leur destin : se séparer pour tenter de survivre ou accepter de mourir par amour.

Juillet 1942. Esther a vingt ans et vit avec ses parents dans un appartement parisien lorsque le jour de son anniversaire, la police française frappe à la porte. Sa mère lui ordonne de se cacher dans l’armoire et de n’en sortir sous aucun prétexte. Ses parents sont aussitôt arrêtés et la jeune fille attend plusieurs heures dans sa cachette avant d’oser s’en extirper.

Elle a faim et décide d’aller acheter des provisions avec la carte de rationnement familial. Sur place, elle prend peur et retourne chez elle. Mais alors qu’elle arrive sur le palier, elle se rend compte que des personnes fouillent l’appartement en vue de l’occuper. Avec quelques francs en poche, elle arpente Paris et tombe sur une femme d’une beauté stupéfiante qui fume une cigarette dans un salon de thé.

Les jours qui suivent, elle se plante devant le salon de thé pour l’admirer, c’est alors que Thérèse Dorval, l’objet de toutes ses attentions, vient à sa rencontre. Elles font connaissance autour d’une tasse de thé et Mme Dorval lui propose de devenir sa bonne. Elle n’ignore pas qu’Esther est juive mais irrésistiblement attirée par sa beauté, elle l’emmène chez elle…

Libre d’aimer raconte l’histoire d’amour entre Esther et Thérèse sous l’Occupation. Un amour interdit, tabou, dans la France de Vichy où les femmes doivent enfanter pour le bien de la patrie. Tout sépare pourtant les deux femmes : leurs origines, leurs conditions sociales, leurs religions…

Esther est juive, issue d’une famille modeste, qui jusqu’à ce que les lois de Vichy l’en empêchent, menait une brillante scolarité au lycée Louis-le-Grand.

Thérèse est issue d’une vieille famille de la noblesse française qui a uni son destin à l’homme qui avait été choisi par son père. Dorval est brutal et Thérèse va vite se rendre compte que seules les femmes l’attirent. Jusqu’à sa rencontre avec Esther, elle mène une vie libre : elle fume, côtoie le milieu interlope, au grand dam de son époux auquel elle se refuse et de ses parents, scandalisés par la vie que mène leur fille d’autant plus que Thérèse va se mettre en tête de divorcer.

Au-delà de l’histoire d’amour pleine de sensualité entre Esther et Thérèse pour lesquelles on se prend très vite d’affection, Olivier Merle revient sur le contexte historique et sociologique dans lequel évoluent ses personnages, celle de la France de Vichy, une France patriarcale où les hommes décident de tout à la place de leurs femmes.

Une France qui exile les juifs vers les camps de la mort, refuse l’homosexualité, le divorce et prône avant tout la fertilité et la famille. Si Esther vit dans la peur permanente d’être reconnue comme une juive, Thérèse a aussi beaucoup à perdre : le simple fait de quitter le domicile conjugal peut l’amener tout droit en prison !

Pour autant, ce contexte historique n’est jamais au premier plan, l’auteur privilégie l’histoire d’amour passionnée et sensuelle entre ses héroïnes et le risque qu’elles encourent si leur homosexualité était révélée. Et il abuse parfois de certaines facilités : les deux jeunes femmes trouvent toujours des solutions comme par enchantement à tous leurs problèmes, ce que j’ai trouvé peu crédible, tout comme j’ai été surprise qu’Esther ne tente à aucun moment de savoir ce qu’étaient devenus ses parents.

Malgré ces petits bémols, j’ai été emportée par l’histoire, tremblant pour Esther et Thérèse, craignant un dénouement dramatique à chaque fois qu’un grain de sable se mettait sur leur route. Un très bon moment de lecture que cette histoire très touchante !

Si vous êtes à la recherche d’une romance qui sort des sentiers battus, Libre d’aimer pourrait vous plaire.

Un grand merci à Babelio et à X.O éditions pour cette lecture romanesque !

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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Le vrai d’Artagnan incarnait déjà le courage et le panache. Arrangée par le génial Dumas, sa rencontre avec le colossal Porthos, le précieux Aramis, Athos le grand seigneur, le propulse dans la légende et la jeunesse éternelle.  » Tous pour un, un pour tous !  »
Avec eux, il défie Richelieu et son espionne, la perfide Milady de Winter, il sauve l’honneur de la reine compromise dans une intrigue amoureuse avec le duc de Buckingham, il s’éprend de Constance, fille d’aubergiste et lingère royale.
Ensemble, ils se couvrent de gloire au siège de La Rochelle, se jettent sur les routes d’Angleterre, et entrent dans la légende.

Est-il encore besoin de présenter le plus célèbre roman d’Alexandre Dumas ? Pour celles et ceux qui ne l’ont pas encore lu, Les Trois Mousquetaires est initialement publié en feuilleton (comme la majorité des romans du 19è siècle) dans le journal Le Siècle de mars à juillet 1844, puis édité en volume ensuite.

Premier tome de la trilogie dite « des mousquetaires », à laquelle il donne son nom, suivi par Vingt ans après en 1845 et Le Vicomte de Bragelonne en 1847, le roman raconte les aventures d’un gascon sans le sou de 18 ans, d’Artagnan, venu à Paris en avril 1625 pour intégrer le prestigieux corps des mousquetaires dirigé par Mr de Tréville.

En route, il fait la connaissance de Milady de Winter et de Rochefort, tous deux agents du Cardinal de Richelieu. Rochefort, dérobe la lettre de recommandation écrite par son père à l’intention de M. de Tréville, capitaine des mousquetaires du roi. À Paris, d’Artagnan se présente quand même à M. de Tréville, qui ne peut lui promettre une place dans sa compagnie.

En sortant de l’hôtel, alors qu’il cherche à rattraper Rochefort, d’Artagnan provoque, bien malgré lui, Athos, Porthos et Aramis en duel. Comme les duels sont interdits, les gardes du cardial espèrent bien prendre sur le fait les mousquetaires. Ces derniers ne voulant pas leur remettre leurs épées, d’Artagnan se joint à eux pour croiser le fer contre leurs ennemis.

C’est le début d’une solide amitié entre les trois mousquetaires et d’Artagnan et celles de leurs aventures qui les mènera en Angleterre, au siège de La Rochelle et à Béthune…

Avec ses nombreux combats et ses rebondissements romanesques, Les Trois Mousquetaires est l’archétype même du roman de cape et d’épée, un genre que j’aime beaucoup même si j’en ai assez peu lu ces dernières années et que j’aime particulièrement retrouver au cinéma.

Si c’est la première fois que je m’attaquais à cette belle brique d’un peu plus de 900 pages, j’avais vu plusieurs adaptations de ce roman pour le cinéma, mon préféré étant celui où d’Artagnan est interprété par Gene Kelly dont je suis une grande admiratrice, et pour la télévision notamment celle réalisée par la BBC :

Même si ce n’est pas un coup de coeur, je lui préfère Le comte de Monte Cristo que j’avais adoré, j’ai marathoné cette épopée que j’ai lu très vite en dépit des trop nombreuses longueurs du siège de Calais. Cette partie m’a beaucoup ennuyée alors que le reste du roman est assez enlevé.

Comme je le disais plus haut, le récit ayant paru en feuilleton, procédé qui permettait de fidéliser les lecteurs, Dumas parsème son récit de révélations et de rebondissements afin de tenir son lectorat en haleine mais comme il était aussi payé à la ligne, il ajoute de nombreux développements qui n’apportent rien au récit.

Les personnages se révèlent plutôt attachants même si d’Artagnan apparaît surtout comme un écervelé et un coeur d’artichaut tellement naïf, véritable marionnette entre les mains de Milady qui est finalement un personnage certes machiavélique mais très intéressant ! Du côté des mousquetaires, Athos est le plus complexe et celui que Dumas dessine le mieux, Porthos et Aramis sont davantage des figurants à l’instar de leurs valets.

Dumas mêle ici réalité et fiction puisque certains événements qu’il raconte sont réellement arrivés (siège de Calais, assassinat de Buckingham par Fulton) et plusieurs protagonistes ont existé : Louis XIII, Anne d’Autriche, le cardinal de Richelieu, le duc de Buckingham, Mr de Tréville et d’Artagnan.

Alexandre Dumas s’est directement inspiré des Mémoires de Monsieur d’Artagnan écrits par Gatien de Courtilz de Sandras pour composer son personnage de d’Artagnan sans toutefois relater la véritable vie de son héros qui n’intégrera les mousquetaires qu’en 1644 et non en 1625 comme l’écrit Dumas.

Un roman qui m’a bien divertie malgré les longueurs même si je pense que je l’aurai davantage apprécié adolescente, Belette qui m’a accompagnée dans cette lecture est un peu moins enthousiaste. Et vous, vous avez lu ce grand classique ?

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