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Posts Tagged ‘roman français’

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Fort de l’inventivité et de l’humanité qui ont fait sa marque, Gilles Legardinier sait nous emporter au cœur de destins qui basculent. Combinant tous les talents qui font son succès, il nous offre ici une aventure captivante, dans un univers énigmatique, une histoire qui enflamme notre imagination et nos émotions.

Paris, 1889. Vincent Cavel sait mieux que personne ce qu’est un secret. Spécialiste des passages dérobés, c’est à lui que les riches et les puissants font discrètement appel pour dissimuler leurs trésors ou s’aménager des issues indétectables.

Alors que Paris célèbre l’Exposition universelle et sa phénoménale tour Eiffel, Vincent et son équipe composée de son frère Pierre, de Konrad, d’Eustasio et du jeune Henri, deviennent soudain la cible de tentatives d’assassinat. La mort rôde désormais autour d’eux et ils doivent redoubler de prudence.

Un de leurs clients cherche-t-il à effacer ce qu’ils savent de lui ? Sont-ils traqués par des pouvoirs occultes ? Quelle est cette ombre qui peut les frapper n’importe où, n’importe quand ?

Vivant dans la discrétion, voire la clandestinité, ils sont de fait les détenteurs de secrets bien dangereux, et quand il devient évident que quelqu’un s’est mis dans la tête de les éliminer, Vincent va devoir comprendre s’il veut protéger les siens.

Par chance, une rencontre va l’aider mais aussi bouleverser tout ce qu’il pensait savoir…

Pour un instant d’éternité signe mes retrouvailles avec Gilles Legardinier que j’avais découvert avec ses feel-good books Demain j’arrête !, Complètement cramé ! et Ca peut pas rater.

Changement d’ambiance et d’époque avec ce roman qui m’a captivée de bout en bout. Gilles Legardinier nous propose ici une histoire mêlant habilement suspens et aventures dans le Paris de la Belle Epoque.

Très bien documenté, riche en précisions et détails, j’ai été transportée dans le Paris de cette fin du XIXè siècle qui s’ouvre au modernisme avec ses inventions dont on ne saurait se passer.

Figure centrale du roman, Paris sert de terrain de jeu à Vincent et à son équipe et l’on découvre avec eux la capitale de l’Exposition Universelle de 1889 mais aussi la ville souterraine qui repose toujours sur des fondations millénaires, cette dualité étant au cœur du récit.

La thématique du Paris secret n’est pas tellement exploitée par les auteurs et j’ai beaucoup aimé cet aspect, tout comme le métier de Vincent, qui permet à Gilles Legardinier d’exploiter les passages secrets de la capitale et ça, c’est vraiment inédit, en tout cas, je n’ai jamais lu de roman dans cet univers.

Vincent est un personnage attachant, protégé de l’immense illusionniste, Jean-Eugène Robert-Houdin, qui va se retrouver la proie d’une secte qui souhaite mettre la main sur le fameux trésor des Templiers, à ce jour jamais retrouvé.

Avec son équipe, il va braver pièges et dangers pour aider Charles, un ami de son mentor.

Les personnages sont bien dessinés, avec un caractère propre à chacun, pleins d’humanité, soudés et à l’amitié immuable, ils sont attachants et on a plaisir à suivre Vincent et les autres tout au long du récit.

Cette histoire se révèle passionnante, pleine d’énigmes, de secrets et de pièges, très bien écrite par Gilles Legardinier dont le style vif et fluide fait merveille ici. Le roman est intense mais je regrette que dans le dernier quart, cette intensité retombe un peu avec un dénouement abrupt et une équipe un peu trop en retrait à mon goût.

Ceci mis à part, Pour un instant d’éternité, est un formidable récit qui rappelle les romans feuilletons de l’époque dans laquelle il nous plonge, un divertissement que je vous recommande !

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Docteur en littérature française, Elisa Sebbel enseigne dans une université espagnole et vit à Majorque. Découvert dans le cadre du Mazarine Book Day 2018, pour lequel il a reçu la « mention spéciale du jury », son premier roman, La Prisonnière de la mer, dévoile un drame oublié de notre histoire.

1809. Les guerres napoléoniennes font rage. Alors qu’ils croyaient être rapatriés en France, cinq mille prisonniers se retrouvent captifs sur l’îlot de Cabrera, dans les Baléares. Pour survivre, un maigre filet d’eau douce, des rations insuffisantes, des abris précaires qu’il leur faut bâtir eux-mêmes. Vingt-et-une femmes les accompagnent, parmi lesquelles Héloïse, vivandière de 18 ans dont le mari a succombé en mer, emportant avec lui son insouciance et sa légèreté.

Si la guerre avait déjà meurtri les hommes, le désespoir leur fait bientôt perdre la raison. Par chance, Henri, chirurgien de l’armée, se prend d’affection pour Héloïse.

Entre privations, épidémies et tempêtes, les maux et les morts s’accumulent, l’espoir s’amenuise, et Héloïse ne songe qu’à se libérer enfin de cet enfer – jusqu’à ce nouvel arrivage de prisonniers et de Louis qui fait tout chavirer.

À force de ténacité, la jeune femme parviendra-t-elle à se sauver ? Car si l’amour est une captivité volontaire, la mer l’a déjà faite prisonnière…

La prisonnière de la mer est le premier roman d’Elisa Sebbel qui prend pour point de départ un épisode méconnu de notre histoire : suite à une bataille perdue par l’armée napoléonienne, les autorités font seize mille prisonniers répartis sur plusieurs villes d’Espagne.

Et parmi ces prisonniers, cinq mille hommes et vingt-et-une femme vont se retrouver sur l’île de Cabrera, dans les Baléares. Ces hommes et ces femmes laissés dans le plus grand dénuement vont être ravitaillés chichement par les autorités et vont connaître les épidémies et la faim.

Faute de soins et de nourriture suffisante, beaucoup périssent dans ce qui peut être considéré comme l’un des premiers camps de concentration de l’histoire.

Dans ce roman, l’autrice veut rendre hommage aux femmes prises dans cet exil : les vivandières. Ces femmes, attachées à des régiments pour servir de personnels de service, vendaient aux troupes des vivres et des boissons, en dehors de l’ordinaire, ainsi que des objets de première nécessité.

Toutes étaient femmes de soldats qui trouvaient par ce biais le moyen de rester avec leurs époux. Ce roman aura eu le mérite de mieux me familiariser avec ces femmes qui sont toutes des veuves lorsqu’elles mettent le pied sur l’île.

Elisa Sebbel s’attache à démontrer le quotidien de ces femmes qui vont servir d’infirmière dans l’hôpital de fortune mis en place par les chirurgiens. Elle nous montre la difficulté pour elles de vivre dans la promiscuité avec des hommes et vont petit à petit se retrouver sous le joug masculin.

Héloïse, l’héroïne, est plutôt chanceuse, car un homme bienveillant et doux, l’un des chirurgiens, va tomber amoureux et la prendre sous son aile. Ses compagnes, le seront nettement moins, puisqu’elles tomberont dans une prostitution forcée.

Tout ceci aurait pu être passionnant mais je ressors diablement déçue de ma lecture. L’histoire se révèle plate et sans grand intérêt pour moi, à part nous raconter les épidémies et la faim qui tenaille ses héros, on tourne franchement en rond.

Second point négatif : on tombe dans un triangle amoureux insipide entre Héloïse, Henri le chirurgien tellement gentil et Louis l’officier beau à se damner, avec tous les clichés que cela comporte, tant au niveau des personnages qui manquent cruellement d’épaisseur, que dans le dénouement, tellement prévisible.

Pour être honnête, je me suis ennuyée ferme, à deux doigts de l’abandon mais pensant malgré tout que l’histoire allait s’améliorer, j’ai fini par le lire en diagonale, mais en vain puisque rien ne m’a plu.

En résumé, une bonne idée de départ qui aurait pu se transformer en grand roman, hélas Élisa Sebbel a préféré nous proposer une bluette cousue de fil blanc et sans saveur.

Vous l’aurez compris, mon intérêt s’est rapidement éteint devant cet ennui abyssale et un évident manque de souffle romanesque. Très déçue donc !

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Sophie Horvath fait partie des « vieilles » blogueuses ; à force de parler des livres des autres sur son site « C’est quoi ce Bazar ? », ça devait arriver : est venu le temps de coucher à son tour des histoires sur le papier.
D’abord disponible en numérique, « La Fleur de Clémentine » devient « Le Quartier des Petits Secrets », paru le 10 avril 2019 chez Flammarion. Dans « A l’Ombre du Grand Marronnier » (toujours disponible en numérique) il sera question du quotidien d’un petit village atteint par les remous de l’Histoire.

Clémentine est fleuriste à Bordeaux, dans un quartier en retrait de l’effervescence urbaine. Sa plus proche amie, Nicole, tient le café sur la place et, ensemble, elles s’amusent à observer les habitudes de chacun.

De cet homme qui commande exactement les mêmes bouquets chaque semaine. De ce bouquiniste qui ne sort jamais. De « L’Inspectrice » qui passe en faisant claquer son parapluie…

Et puis il y a Viviane, bien sûr, qui s’échappe régulièrement de sa maison de repos pour venir passer un moment dans son jardin imaginaire, la boutique de Clémentine, où elle coupe, tranche, éventre…

Viviane est adorable mais ses pertes de repères ne favorisent pas le commerce. Pourtant, lorsque cette dernière ne se présente plus, Clémentine s’inquiète et se rend à sa maison de retraite. Une mauvaise chute empêche la charmante massacreuse de venir ratiboiser ses bouquets. Malgré sa faiblesse, elle trouve la force de dessiner une fleur étrange que Clémentine ne parvient pas à identifier.

Quelle est donc cette variété qui semble tellement importante pour la dame âgée ? Il n’en faut pas plus pour que Clémentine commence son enquête.

Le quartier des petits secrets est le premier roman de Sophie Horvath qui nous propose ici un récit bien agréable dans la droite lignée de Virginie Grimaldi, Lorraine Fouchet et Aurélie Valognes.

L’histoire est toute douce, tendre, pleine de poésie et de fleurs, portée par des personnages attachants avec en fil rouge une enquête botanique bien agréable. Le style de Sophie Horvath est simple mais efficace, elle décrit formidablement bien le quotidien des commerçants bordelais qu’elle a pris pour héros, et je me suis bien sentie en leur compagnie tout au long des deux cents pages que dure ce roman, enveloppée par une douceur et une tendresse bien sympathiques.

Dans ce roman, on suit plus particulièrement Clémence et Viviane, deux femmes liées par l’amour des fleurs, et issues de la bonne bourgeoisie. La jeune femme a des relations tendues avec ses parents, spécialement avec sa mère, qui attendent d’elle une bonne situation familiale et professionnelle.

Hélas pour eux, leur fille demeure célibataire et a opté pour les fleurs plutôt que la médecine ou le barreau, ce qui est une faute de goût évidente pour eux. Madame mère n’a de cesse de lui répéter qu’elle est une fille décevante et en dépit de ses reproches continuels, Clémence continue à honorer de sa présence les déjeuners dominicaux, en jeune fille bien élevée qu’elle est.

Viviane est en maison de retraite, choyée par un infirmier bâti comme une armoire à glaces, en rupture avec sa famille bourgeoise qui l’a rejetée pour avoir choisi d’être une femme libre plutôt qu’une femme au foyer docile.

Entre elles d’eux, de nombreux points communs et quelques secrets de famille que Clémence va mettre au jour.

L’intrigue n’est pas nouvelle et ne sort guère des sentiers battus, l’histoire est un peu trop légère pour moi, je ne la garderai pas longtemps en mémoire c’est certain. Mais Le quartier des petits secrets est un roman doudou réconfortant qu’on lit avec plaisir et ce n’est déjà pas si mal.

Un sympathique feel-good book que je vous recommande si vous appréciez ce genre, vous passerez un bon moment en compagnie de Clémence et de tous les autres.

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Amélie Antoine vit à Lille avec sa famille. Fidèle au poste, son premier roman, a connu un incroyable succès sur Internet avant d’être repéré par les éditions Michel Lafon.

31 mars 2017, au Stade de France. C’est le dernier spectacle de la tournée triomphale d’Édouard Bresson, l’humoriste préféré des Français. Pour cette ultime soirée, le show est retransmis en direct sur TF1, une première !

Il faut dire que le moindre de ses spectacles se joue à guichets fermés. Mais, à chaque tournée, au premier rang, une place reste désespérément vide, celle de son fils unique Arthur. Et, à chaque fois, son cœur se déchire un peu plus.

La France entière l’adule et l’envie. La France entière, sauf son fils Arthur, qui ne vient absolument jamais l’applaudir, parce qu’il le déteste de l’avoir négligé toute son enfance. Après le spectacle, il l’appelle en vain à plusieurs reprises.

Edouard Bresson a tout, absolument tout pour être heureux. Sauf l’essentiel : c’est un homme seul et profondément malheureux, qui s’est construit par le rire pour échapper à une enfance douloureuse et tragique.

Que faire quand on réalise qu’il est peut-être désormais trop tard pour rattraper ses erreurs ?

Dans Les silences, Amélie Antoine retrace la carrière d’un humoriste au sommet de la gloire, un homme brisé qui cherche à tout prix à renouer avec son fils duquel il s’est éloigné au fil des années.

Divisé en deux parties, le roman nous permet de suivre tout d’abord Edouard le soir de son spectacle, avec de nombreux allers et retours dans les moments clés de sa vie. Et dans la deuxième partie, c’est au tour d’Arthur d’être au centre du récit.

C’est un roman qui m’a bouleversé, l’histoire est très touchante et la plume d’Amélie Antoine que je découvre ici est toute en finesse et pudeur. L’autrice dépeint fort bien la psychologie de ses personnages, ils sont intéressants et attachants, ils ont des failles, ils ne sont ni tout blancs ni tout noirs mais tout en nuances.

Le récit est bien construit avec d’habiles retours dans le passé qui expliquent comment Edouard et Arthur se sont construits et la relation difficile qu’ils entretenaient, faite d’incompréhensions mutuelles.

La construction est habile et j’ai beaucoup aimé aussi le fait que la dernière phrase d’un chapitre soit la première du chapitre suivant. Beaucoup aimé aussi le jeu de piste que nous propose l’autrice.

Amélie Antoine joue très bien sa partition en nous proposant un roman plein d’émotion sans jamais tirer sur la corde du pathos, elle nous raconte une histoire toute simple et cela suffit. L’émotion que l’on ressent est puissante, certaines scènes sont très marquantes et on s’attache aussi bien à Edouard qu’à Arthur.

C’est un roman qui happe, à la fois dur et tendre, qu’il est difficile de le reposer tant on a envie de suivre Edouard puis Arthur, de mettre à jour tous les secrets qui émaillent la vie de l’humoriste.

Amélie Antoine nous amène aussi à réfléchir sur les relations parents/enfants, les problèmes de communication parents/enfants. J’ai refermé ce livre à la fois triste et heureuse, triste de constater combien on peut se gâcher la vie et heureuse de voir qu’à la fin : alors tout ira bien.

Tellement touchée et émue par ce texte, cette évocation de la relation compliquée entre un père et son fils, que je ne peux que vous conseiller de découvrir à votre tour Les silences. Belette est de mon avis !

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Lu dans le cadre du Cold Winter challenge

Ève Borelli vit dans le sud de la France, où elle est professeure de lettres. Elle est notamment l’auteure de La Lanceuse de couteaux (Charleston, 2017). Sa Majesté des fèves, présenté lors du premier Mazarine Book Day en 2016, a remporté la faveur du jury grâce à son univers fantasque et ses personnages émouvants.

Lucien Bigorneau est au bout du rouleau. Dernier fabricant de fèves de France, il se désespère : l’âge d’or des féviers est révolu, il vient de mettre la clef sous la porte et pour couronner le tout, sa petite amie choisit ce moment-là pour plier bagage.

Heureusement, sa sœur Cristalline ne l’entend pas de cette oreille. Pour une lanceuse de disque de son niveau, la défaite n’est pas une option. Elle met donc au point un plan follement insensé pour sauver son frère et pour cela, destination Londres pour rencontrer la reine Élisabeth, grande adepte de galettes des rois et la convaincre d’engager Lucien comme févier officiel !

Commence alors un périple rocambolesque en compagnie de Roméo, le fils de Cristalline, qui traîne un vague à l’âme inexplicable, mais aussi de son terrible caniche Micheline Ostermeyer. Sans oublier Twix, un ex-détenu au cœur d’artichaut et Maguelonne, une danseuse boiteuse à la beauté renversante.

Drôle d’équipe aussi tendre que dépareillée ! Mais ces êtres cabossés par la vie ont une revanche à prendre et comptent bien parvenir à leurs fins…

Sa majesté des fèves est un feel-good book réussi, road-movie à la fois tendre et désopilant qui nous mène d’un petit village près de Montpellier jusqu’au cœur de la monarchie anglaise.

Menée par une truculente équipe de bras cassés, cette histoire fait la part belle à la famille, aux relations humaines (amitié, amour, amour fraternel) et à l’entraide. Au fil des chapitres, Eve Borelli dévoile les passés, fêlures, espoirs, doutes, colères et rêves de ses personnages et au fur et à mesure, on s’attache à l’ensemble de ses protagonistes.

Et même si je me doutais du dénouement, j’ai été jusqu’au bout de ce roman avec beaucoup de plaisir, entrainée par la plume fluide et légère d’Eve Borelli qui construit habilement son histoire de la première à la dernière page.

Si le projet de Lucien semble fou et rocambolesque et qu’il amène à beaucoup d’humour, il y a aussi de jolies touches d’émotions liées à la reconstruction de chaque personnage cabossé par la vie : Maguelonne, qui ne peut plus danser, Twix, qui après la perte d’une partie de ses doigts et son séjour en prison, ne trouve plus de travail, Lucien, qui ne s’imagine pas faire autre chose que des fèves.

Des tranches de vie touchantes, des confidences émouvantes, des personnages hauts en couleur, une histoire farfelue et légèrement barrée font de cette comédie un chouette moment de lecture.

L’autrice aborde des thèmes de façon habile et plus profonde que l’on s’en attendrait dans ce genre de roman. Dommage que le dénouement soit si prévisible et qu’elle ait affublé ses personnages de prénoms aussi invraisemblables, je ne m’y suis jamais faite tout au long de ma lecture.

Reste que si vous êtes à la recherche d’un feel-good book réconfortant, Sa majesté des fèves est fait pour vous !

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Lu dans le cadre du Cold Winter challenge

« Il me reste quelques rêves à réaliser et le moment est venu de m’y atteler. Je vous aime très fort. À très bientôt ! Maman. »

19 décembre 2017. Léna, son frère aîné Tom et sa nièce Violette débarquent chez leur grand-mère Jacotte pour Noël. Et à leur arrivée, Léna n’en revient pas : sa mère leur a posé un lapin !

Comment sa mère, qui l’a convoquée pour passer Noël dans la maison de son enfance, a-t-elle pu disparaître en ne lui laissant que ce message sibyllin : « Il me reste quelques rêves à réaliser et le moment est venu de m’y atteler. Je vous aime très fort. À très bientôt ! Maman. » ?

La voilà donc coincée dans le petit village de Vallenot au coeur des Alpes de Haute-Provence et condamnée à passer la fête qu’elle hait plus que tout, entourée de sa famille pour le moins… haute en couleur !

Mais les fêtes de famille ont le don de faire rejaillir les secrets enfouis. Les douloureux, ceux qu’on voudrait oublier, mais aussi ceux qui permettent d’avancer…

Avec La vie est belle et drôle à la fois, Clarisse Sabard nous propose une histoire de Noël faisant la part belle à la famille. Il y a certes une petite romance, mais c’est la cerise sur le gâteau et en aucun cas la trame principale.

Autant vous le dire d’emblée, on pourrait reprocher à l’autrice d’avoir eu recours à quelques facilités : l’héroïne déteste Noël, comme dans bon nombre de romances de Noël même si ici la raison pour laquelle Léna déteste Noël est compréhensive, le dénouement est un peu trop prévisible et les personnages hauts en couleur parfois à la limite du cliché mais je n’ai pas boudé mon plaisir pendant trois cent pages et j’ai quitté cette histoire le sourire aux lèvres.

Dans ce roman Clarisse Sabard privilégie les secrets de famille, les liens intergénérationnels et les relations familiales, parfois conflictuelles, ce qui est sa marque de fabrique, on peut le dire.

Les personnages qu’elle nous propose sont bien travaillés et l’ambiance noëlique et cocooning que l’on attend dans tout roman ayant pour décor Noël et les fêtes de fin d’années sont bel et bien là : la décoration du sapin, un beau village enneigé, des chants de Noël, des feux de cheminée, des petits gâteaux, du lait de poule, rien ne manque.

L’écriture de l’auteure est fluide et ne manque pas d’humour, les chapitres sont courts et l’histoire suffisamment intéressante et bien menée pour que l’on passe un bon moment de lecture et c’est tout ce que j’attends d’un roman de Noël : des personnages attachants, des secrets, un peu de suspens, une ambiance noëlique et une pointe de romance.

Une comédie de Noël réussie, pleine d’amour, d’espoir et de douceur avec des secrets de famille qui connaissent leur dénouement lors du réveillon entre la dinde et la bûche.

Une lecture que je vous conseille si vous aimez les histoires feel-good et les secrets de famille, La vie est belle et drôle à la fois devrait vous plaire.

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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Né à Paris, Pierre Lemaitre a enseigné aux adultes pendant de nombreuses années, notamment les littératures française et américaine, l’analyse littéraire et la culture générale. Aujourd’hui écrivain et scénariste, il a publié des polars avant de s’attaquer à la littérature blanche.

Février 1927. Après le décès de Marcel Péricourt, sa fille unique, Madeleine, doit prendre la tête de l’empire financier dont elle est l’héritière, mais le destin en décide autrement.

Le jour de ses obsèques qui réunit le Tout-Paris dont le président de la République, Gaston Doumergue, elle assiste, impuissante, à la chute de son fils Paul qui se défenestre et atterrit sur le cercueil de son grand-père. Cet accident laisse l’enfant âgé de sept ans, paralysé.

Unique héritière d’un immense empire, elle doit prendre la tête de la banque familiale alors qu’elle ne possède aucune compétence dans ce domaine. Divorcée du lieutenant Pradelle emprisonné pour escroquerie, elle se retrouve entourée de conseillers peu scrupuleux dont Gustave Joubert, le bras droit de son père, et Charles Péricourt, son oncle.

Face à l’adversité des hommes, à la cupidité de son époque, à la corruption de son milieu et à l’ambition de son entourage, Madeleine devra déployer des trésors d’intelligence, d’énergie mais aussi de machiavélisme pour survivre et reconstruire sa vie.

Tâche d’autant plus difficile dans une France qui observe, impuissante, les premières couleurs de l’incendie qui va ravager l’Europe.

Deux ans après ma lecture d’Au revoir là-haut, je poursuis la trilogie Les enfants du désastre avec Couleurs de l’incendie alors que le dernier volume, Miroir de nos peines, est sur le point de paraître.

Et si j’avais adoré le premier opus, j’ai encore davantage aimé cette suite admirablement écrite, bien documentée et diablement addictive. C’est bien simple, dès que j’interrompais ma lecture, je n’avais qu’une hâte : y retourner !

Après l’escroquerie aux monuments funéraires et au rapatriement des corps encore enfouis dans les tranchées, Pierre Lemaitre nous propose de retrouver Madeleine Péricourt, aux prises avec la crise de 1929 qui va faire vaciller bien des fortunes et des familles.

De 1927 au milieu des années 30, de la montée des fascismes aux premiers scandales financiers, l’auteur brosse le portrait de plusieurs personnages féminins dont en premier lieu Madeleine et de sa dame de compagnie, Léonce, qui doivent lutter pour leur émancipation dans une société patriarcale principalement dominée par la gent masculine.

Pierre Lemaitre dépeint également une Europe plongée dans la montée des totalitarismes (nazisme, fascisme, franquisme, communisme) qui voit chaque jour la paix se fissurer davantage.

Au-delà de cet aspect historique très intéressant, Couleurs de l’incendie, c’est avant tout l’histoire d’une vengeance à la Edmond Dantès. Madeleine, ruinée par des hommes en qui elle avait confiance, va mettre en place la chute que sa ruine a projeté au firmament des affaires, du journalisme ou de la politique.

Les personnages sont très travaillés et crédibles, on ressent l’esprit de corruption qui gagnait ses années et la montée du fascisme qui a lieu également en France avec ce mouvement de “Renaissance Française”

Roman passionnant, fresque d’une rare cruauté, remarquable par son architecture et sa puissance d’évocation, Couleurs de l’incendie est un grand roman historique, flamboyant et jubilatoire.

Une fois n’est pas coutume, Belette et moi sommes sur la même longueur d’ondes, elle a adoré aussi. Vous pouvez retrouver son avis ici.

Vous l’aurez compris, j’ai eu un coup de cœur pour ce roman et je vous le conseille vivement, l’une de mes meilleures lectures de l’année !

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