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Posts Tagged ‘roman gothique’

Adam Snow, un libraire de livres anciens se perd dans la campagne anglaise et se retrouve dans le jardin d’une propriété qui semble abandonnée. Là, il ressent cette présence, menaçante… Roman fantastique, histoire de fantômes…

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Sur la route qui le ramène à Londres, Adam Snow fait une halte pour demander son chemin et se retrouve sur un sentier qui débouche non loin d’une maison.

Il décide d’en franchir le portail et se retrouve, dans l’obscurité, au milieu d’un jardin laissé à l’abandon, envahi d’herbes hautes, de lierre grimpant, de broussailles et de ronces.

Adam est irrémédiablement attiré par cette maison blanche, propriété de Denisa Parsons qui semble être à l’abandon depuis plusieurs décennies, d’autant qu’un étrange phénomène se produit, Adam sent une main d’enfant au creux de la sienne…

Grâce à ses clients Lord et Lady Merriman qui l’ont engagé pour acheter un folio de William Shakespear, il découvre que cette bâtisse et ce jardin ont une histoire.

Adam tente alors de reconstituer à travers des témoignages et des coupures de presse, l’histoire de cette maison et de ses habitants et veut coûte que coûte percer le mystère de cette apparition bien étrange qui ne cesse de le hanter.

J’avais découvert Susan Hill à la lecture de son premier roman, La dame en noir, qui m’avait plu dans l’ensemble mais qui ne m’avait pas glacée d’effroi, j’espérais donc que La main dans la nuit se révèlerait plus angoissante, il n’en fut rien.

Ce roman, plus court que le précédent, se lit bien, la plume de Susan Hill est fluide et les phénomènes étranges, crises d’angoisse, cauchemars récurrents, visions qui hantent Adam nous laisse peu de temps mort.

Pour autant, ce roman gothique, certes captivant, n’est pour autant pas angoissant, on est bien loin de Rebecca de Daphne du Maurier, un modèle du genre !

La montée du suspens est assez lente et attendue, quant à la fin elle est un peu trop prévisible à mon goût.

Si vous êtes à la recherche d’un petit roman gothique qui ne vous infligera pas de terreurs nocturnes, La main de la nuit est pour vous, sinon passez votre chemin car ce titre est aussi vite lu et qu’oublié.

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Londres, 1888. Amber et Luna Wilcox sortent du cercueil où elles ont été enterrées vivantes. Leur maison a brûlé, leur père a disparu. Recueillies par Sherlock Holmes et Watson, les deux orphelines découvrent alors qu’elles sont vampires. Elles décident de mettre leurs pouvoirs au service des Invisibles, un groupe occulte qui tente de lutter contre l’emprise grandissante du très puissant clan des Drakull, descendants de Dracula. Leur lutte va les confronter à celui qui sème la terreur dans les bas-fonds de la capitale : Jack l’Eventreur en personne…

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Londres, fin du 19è siècle. Amber et sa soeur cadette Luna se réveillent d’un lourd sommeil, dans des cercueils. Elles s’en extraient et décident, en pleine nuit et dans un épais fog, de regagner leur domicile. Hélas pour elles, elles ne trouvent qu’une maison en ruines, brûlée depuis les fondations jusqu’à la pointe du toit, il ne reste plus rien. Leur père a disparu, leur belle-mère et leur domestique Henry, aussi. Le jour pointe alors et les demoiselles s’évanouissent.

C’est un gentil docteur qui viendra à leur secours, un certain John Watson accompagné de son ami et associé Sherlock Holmes ! Amber et Luna Wilcox découvrent à leur réveil qu’elles sont désormais dotées d’une force et de capacités incroyables et surtout qu’elles sont désormais des vampires.

Elles vont être aussitôt recrutées par une société secrète, les Invisibles, dont était issu leur père, ce qu’elles ignoraient. Ces vampires inoffensifs ont besoin des deux sœurs pour éradiquer les Dracul qui font peser de lourdes menaces sur l’espace humaine et sur tout l’empire britannique. Elles croiseront aussi sur leur chemin un certain Jack L’éventreur qui terrorise le quartier de Whitechapel, des goules, des Nosferatu et le romancier irlandais Bram Stoker.

Comme dans Douze minutes avant minuit, le très bon roman de Christopher Edge, Fabrice Colin nous plonge dans la nuit et le gothique victorien avec ce premier volume de la série Les étranges sœurs Wilcox, Les vampires de Londres, et en profite pour faire découvrir à son jeune lectorat, la littérature de cette époque avec le duo Sherlock Holmes et Watson mais aussi le créateur de Dracula, Bram Stoker.

Mélange de faits historiques et de fiction, ce roman est plutôt bien construit et les sœurs Wilcox sont assez attachantes, bien qu’elles manquent de profondeur et soient un peu trop proches de la caricature. L’histoire se lit très facilement et ne manque pas de rebondissements, mais je la trouve moins réussie que Douze minutes avant minuit et ce pour plusieurs raisons.

Tout d’abord le Sherlock Holmes qui apparaît ici ne me semble pas très crédible, il est étonnement tendre et affectif envers les jeunes sœurs, ce qui ne colle pas du tout avec l’image que je mets du détective créé par sir Arthur Conan Doyle. Ensuite, j’ai trouvé l’atmosphère gothique un peu légère, Londres et ses quartiers sont peu évoqués, l’ambiance pêche un peu. Enfin, j’ai eu l’impression à certains moments qu’il manquait des passages, l’auteur saute parfois un peu vite les étapes, au point que je me demandais si je n’avais pas moi sauté des pages !

Ces petits bémols mis à part, Fabrice Colin signe un premier volume prometteur et qui plaira au jeune public, notamment par ses petites pointes d’humour british réussies.

Deux autres tomes sont disponibles à la médiathèque, je compte bien les emprunter pour connaître la suite des aventures d’Amber et Luna !

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Lu dans le cadre des challenges British mysteries et Challenge Victorien 2013 :

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En expédition vers le pôle Nord, Robert Walton adresse à sa sœur des lettres où il évoque l’étrange spectacle dont il vient d’être le témoin depuis son bateau : la découverte, sur un iceberg, d’un homme en perdition dans son traîneau. Invité à monter à bord, Victor Frankenstein raconte qu’il n’est venu s’aventurer ici que pour rattraper quelqu’un – qui n’est autre que la créature monstrueuse qu’il créa naguère, et qui s’est montrée redoutablement criminelle. Paru en 1818, Frankenstein est né deux ans plus tôt sur les bords du Léman, un jour où Lord Byron proposait à quelques amis, dont le poète Shelley et son épouse Mary, que chacun écrivît une histoire de spectre. Ce roman fantastique annonce la science-fiction et, depuis près de deux siècles, n’a cessé de susciter un sublime effroi – de terrifier, donc, mais surtout de séduire.

Frankenstein-Mary-Shelleyauteur-éditeur-pagesEn ce jour d’Halloween, je ne pouvais pas faire autrement que de vous présenter un roman gothique, et quel roman ! Un roman culte en fait, publié en 1818 mais qui reste envoûtant près de deux siècles après : Frankenstein ou le Prométhée moderne. Aussi incroyable que cela puisse vous paraitre, je ne connaissais absolument pas l’histoire de Victor Frankenstein et de sa créature, ce fut donc une totale découverte et un vrai bonheur de lecture, d’autant qu’il était partagé avec ma copinaute Céline.

Tout commence, comme souvent en littérature fantastique classique, par une lettre, celle de Robert Walton à soeur. L’homme est en pleine expédition maritime vers le Pôle Nord lorsqu’il recueille Victor Frankenstein, qui désespéré et à bout de forces, lui raconte ensuite l’histoire de sa vie. Se succèdent ensuite plusieurs récits dans le récit jusqu’au point final. Tout d’abord, celui de Frankenstein qui revient sur son enfance, ses parents, ses études en médecine naturelle qui l’amènent, passionné par son sujet, à tenter une expérience totalement folle : créer une nouvelle espèce d’homme.

Sa créature enfin crée, Frankenstein, épouvanté par le résultat et prenant conscience de la folie de son expérience, tombe gravement malade. Terrassé par la maladie, il est soigné par son ami Clerval, mais à la fin de sa convalescence qui dure plusieurs mois, il apprend l’assassinat de son jeune frère William et l’identité de son meurtrier, Justine Moritz, une jeune fille recueillie par ses parents qui sera condamnée à mort et exécutée. Frankenstein, persuadé que ce meurtre a été perpétré par le monstre, ne peut sauver la jeune fille sans révéler son expérience et préfère fuir Genève. Il part à Chamonix où il rencontre son monstre qui lui fait à son tour le récit de sa vie depuis qu’il a quitté son créateur. Ce dernier livré à lui-même, a du apprendre à survivre seul. Son apparence, effrayante et repoussante, lui voue la haine et le rejet des hommes et celle de son créateur, et fera naitre des envies de vengeance de la part du monstre. Je ne vous en dis pas plus, le reste à découvrir sous la plume élégante de Mary Shelley.

L’auteure délaisse ce qui a fait le succès de ses prédécesseurs, le fantastique, pour construire un récit terrifiant et bien ancré dans le réel. Ici, pas de manichéisme avec un gentil Frankenstein et un vilain monstre, Mary Shelley donne à ses personnages une teinte plutôt grise. Le monstre, de nature bienveillante mais horrible à voir, devient conforme à son physique, terrifiant. Son récit est celui que j’ai trouvé le plus émouvant et le plus intéressant, ce monstre qui a des aspirations d’homme est au fond très attendrissant. Frankenstein m’est apparu à l’inverse, comme un homme arrogant et lâche, qui ne prend pas ses responsabilités et qui donnent de l’Homme une vision peu glorieuse.

On ne peut que saluer l’audace de Mary Shelley d’avoir écrit ce livre et mis au cœur du récit, un thème très intéressant, celui d’un homme se prenant pour Dieu et qui se retrouve dépassé par sa création. Un sujet encore d’actualité puisque certains apprentis sorciers se targuent de pouvoir recréer des hommes préhistoriques ou des dinosaures, espérons qu’ils n’y arrivent jamais.

Un grand roman et une référence à mettre entre toutes les mains !

heart_4Lu dans le cadre d’une lecture commune avec Céline et des challenges La plume au féminin édition 2013, Les 100 livres à avoir lu au moins une foisBritish mysteriesGod save the livre édition 2013 et Halloween :

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Londres, 1899. Tous les soirs, douze minutes avant minuit, un phénomène inquiétant frappe un hôpital psychiatrique : les patients se mettent à écrire frénétiquement d’étranges messages sur des papiers, des murs, et même leur peau. Penelope Tredwell, propriétaire à treize ans du célèbre magazine Le Frisson illustré, et auteur d’histoires terrifiantes, décide d’enquêter.

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Le 19è siècle est sur le point de s’achever en cette fin décembre 1899 et le tout Londres n’a qu’un nom en tête : Montgomery Flinch ! L’homme est mystérieux, personne ne le connait ni ne sait à quoi il ressemble, il fait pourtant les beaux jours du Frisson Illustré, un magazine au bord de la banqueroute avant que cet homme providentiel n’arrive. Ses histoires terrifiantes font le bonheur de ses lecteurs au grand dam des autres périodiques. C’est d’ailleurs lui qui ouvre le récit avec sa première apparition publique à l’occasion d’une lecture de son conte de Noël paru bien évidemment dans le Frisson Illustré et qui bat des records d’impression, avec un million d’exemplaires écoulés, un tirage, qui terrasse tous ses adversaires. Mais le célèbre et adulé Montgomery Flinch n’existe pas, c’est un personnage inventé de toutes pièces par Penelope Tredwell, une jeune fille de 13 ans, qui est l’éditrice, la rédactrice en chef et la véritable auteure du Frisson Illustré ! Depuis la mort accidentelle de ses parents, c’est elle et son tuteur M. Wigram, le meilleur ami de son défunt père, qui ont réussi hisser ce magazine de l’ombre à la lumière pour en faire le magazine le plus célèbre de Londres. Alors qui est cet homme sur l’estrade en train de captiver son auditoire ? Monty Maples, un acteur totalement inconnu, rarement à jeun, à qui incombe la délicate charge d’incarner l’auteur à la mode du moment.

Un homme qui rencontre de tels succès a un lectorat forcément nombreux et fidèle qui l’abreuve de lettres et parmi celles-ci, l’une retient l’attention de Penelope, celle du docteur Morris, le directeur sanitaire de Bedlam, le célèbre asile de fous. Ce dernier requiert l’aide du grand Montgomery Flinch car il se passe de bien étranges choses chaque nuit, douze minutes avant minuit : tous les patients se réveillent et sont pris d’une frénésie d’écriture impossible à contenir et à tarir, ils sont comme possédés, comme victimes d’un enchantement. Ils écrivent sur tout ce qu’il leur tombe sous la main, sur le papier bien sûr mais aussi sur les murs, les cuvettes et sur eux-mêmes, lorsque c’est le seul support à leur disposition. Ces écrits de minuit que Penelope brûle de lire, ressemblent un peu aux prophéties de Nostradamus (je vous rassure en langage très clair) puisqu’ils traitent de faits qui n’auront lieu qu’au 20è siècle, voire au 21è. Malheureusement pour notre héroïne, tous les écrits se sont volatilisés comme par magie et elle va devoir les retrouver d’urgence. Le peureux Monty Maples n’a qu’une hâte, partir au plus vite et retrouver son club et son verre de whiskie mais Penelope ne l’entend pas de cette oreille et compte bien percer ce mystère, pour en faire une histoire à sensation et glacer une nouvelle fois ses lecteurs de peur.

Douze minutes avant minuit est une véritable plongée dans un Londres victorien très mystérieux et dont l’atmosphère, gothique à souhait, est très réussie. L’auteur connait bien la période et nous offre des balades nocturnes plutôt angoissantes, entre les bas fonds, la maison de la Veuve Noire, le muséum d’histoire naturelle et l’asile de Bedlam. C’est une lecture étonnante et singulière, destinée à un jeune public à partir de 12 ans, qui m’a pourtant beaucoup plu et que j’ai dévoré, je compte d’ailleur la faire lire aux garçons lorsqu’ils auront l’âge, car bien que le héros de cette histoire soit une fille, elle n’en est pas moins une figure forte, indépendante et intelligente, qui pourra leur plaire. Christopher Edge nous livre un récit créatif, mélange de polar, d’horreur et de fantastique, idéal pour la période d’Halloween et une bonne introduction pour faire découvrir aux jeunes lecteurs ces différents genres littéraires. L’auteur en profite aussi pour mettre en scène deux grandes plumes de cette fin de siècle : H.G Wells et sir Arthur Conan Doyle, une bonne façon là aussi de présenter de grands auteurs sous un jour plus familier et abordable et qui donnent envie de les lire à leur tour.

Comme Anne Perry, Christophe Edge nous décrit de façon précise l’Angleterre victorienne et revient sur l’importance des journaux à cette époque, importance qui doit faire rêver les patrons de presse d’aujourd’hui, et la place des femmes à cette époque qui, rappelons-le, n’avaient notamment pas le droit de lire les journaux, alors être journaliste, n’y pensons même pas ! Son âge et sa condition féminine ne seront d’ailleurs pas sans poser de problème à Pénélope tout au long du roman, heureusement pour elle la demoiselle n’a pas froid au yeux et elle est secondée efficacement par Alfie, un jeune garçon gentil et débrouillard qui va l’aider dans sa quête de la vérité. J’ai trouvé ce premier volet des aventures de Penelope réussi, le style fluide de l’auteur est idéal pour le public visé et la typographie utilisée très agréable à lire, ce qui ne gâte rien. J’espère pouvoir lire le deuxième tome en 2014, si toutefois une publication en français est à l’ordre du jour chez Flammarion. En attendant, j’espère découvrir Penelope Green de Béatrice Bottet et Enola Holmes de Nancy Springer, deux jeunes héroïnes dont j’ai lu beaucoup de bien, et qui m’ont l’air de n’avoir pas froid aux yeux elles non plus.

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Lu dans le cadre des challenges God save the livre édition 2013, Challenge Victorien 2013British mysteries et Challenge Halloween :

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Lorsqu’un soir brumeux de 1898, le jeune artiste Samuel Godwin pousse les grilles de la propriété de Fourwinds, il est immédiatement envoûté. Engagé pour enseigner l’art aux jeunes filles de Mr. Farrow, il ignore encore que cette luxueuse demeure sera pour lui le décor de ses plus belles peintures. Intrigué par la personnalité ombrageuse du maître des lieux, séduit par ses filles, Marianne et Juliana, désarçonné par Charlotte Agnew, leur gouvernante et dame de compagnie, le peintre comprend vite que le raffinement du décor et des personnages dissimule les plus sombres mystères. Que le vent souffle pour balayer les cendres d’un passé pour le moins scandaleux et les secrets abrités par les pierres. Entre désirs de possession, obsessions et illusions, les deux demoiselles, leur père, l’ombre de leur mère décédée et leur gouvernante entament devant Samuel une subtile danse aussi fascinante que macabre…

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Mensonges, duplicité, romance, brouillard et demeure anglaise… tous les ingrédients d’un roman à suspense tels que les affectionnaient les Victoriens sont réunis ici et pourtant je n’y ai pas pris autant de plaisir que je m’y attendais. Tout commence un peu comme dans La maison du Marais, Samuel Godwin, jeune peintre tout juste sorti de l’académie de peinture, répond à une petite annonce. Mr Farrow, veuf et père de deux jeunes filles, cherche un précepteur pour enseigner l’art à ses deux filles, Marianne, la cadette et Julianne, l’ainée. Il rencontre son futur employeur dans un hôtel londonien et est aussitôt engagé. Il rejoint alors la lande anglaise et le domaine de Fourwinds, sis au milieu de nulle part, construit sur les plans de son propriétaire, féru d’art et d’architecture. Il fait le soir même de son arrivée la connaissance de ses deux élèves et de leur gouvernante, Charlotte Agnew. Juliana est effacée et de tempérament mélancolique, elle traine un spleen depuis le décès brutal de sa mère. Marianne est fantasque et visiblement perturbée, atteinte semble-t-il de somnambulisme.

Samuel est totalement subjugué par cette jeune femme qu’il rencontre à la grille de la propriété alors qu’elle est à la recherche du Vent de l’Ouest. Ses propos en apparence incohérents font référence à un mystère attaché à Fourwinds et dont il va comprendre le sens dès le lendemain, en visitant le parc de la propriété. La demeure, qui porte le nom de quatre vents, est entourée de 3 statues : vent du nord, vent du sud et vent de l’est. Le vent d’ouest est manquant et son auteur a été congédié, du jour au lendemain, par Mr Farrow. Très vite Samuel va se rendre compte que cette demeure cache de lourds secrets, qu’il va s’efforcer de découvrir.

Roman à deux voix, entrecoupé de correspondances, De pierre et de cendre, a donc deux narrateurs et deux protagonistes principaux, Samuel et Charlotte, qui racontent tour à tour le récit des jours passés à Fourwinds et des secrets qui y sont enfouis. Samuel est totalement désarmant de naïveté et de bonté, les deux jeunes filles troublantes et perturbées, notamment par la fin tragique de leur une mère, un père énigmatique et une gouvernante intelligente, soucieuse du bien-être des jeunes filles, mais qui cache un lourd passé, voilà les ingrédients de ce roman sombre et romantique. Les personnages principaux sont attachants, l’histoire agréable à lire, servie par un style un peu désuet que j’ai trouvé plutôt charmant. Ajoutons à cela, les leçons données par Samuel, l’ambiance gothique de la maison avec son lac et les promenades au clair de la lune dans le brouillard, le tout est vraiment séduisant.

L’auteur y aborde aussi d’autres thématiques intéressantes comme la filiation, à travers les personnages de Charlotte et de Julianne mais aussi l’inceste, tabou ultime, qui plonge ce roman dans une certaine gravité et dans la compassion pour la victime qui le subit. Oui mais voilà le hic, j’ai trouvé les débuts prometteurs, l’histoire bien ficelée et riche en rebondissements mais aussi que l’auteure manque de souffle par moments. Je n’ai pas été transportée, c’est donc une petite déception, peut-être parce que j’en espérais trop. J’avais lu que ce chemin était un hommage aux soeurs Brontë et à Wilkie Collins mais n’ayant lu aucun d’eux, je ne peux me prononcer. J’espère juste que Jane Eyre que je vais lire la semaine prochaine me séduira davantage.

Reste que c’est un bon roman à recommander aux habituées du genre même si pour ma part je n’ai pas été totalement convaincue.

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Lu dans le cadre des challenges God save the livre édition 2013, Au service de, Cartable et tableau noirLa plume au féminin édition 2013, British Mysteries et Challenge Victorien

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Vous devriez quitter les Sureaux aussi promptement que vous le pourrez, et avant même d’avoir trouvé une autre situation.

L’endroit est bien plus périlleux que vous ne vous en doutez, bien plus dangereux que je ne le pressens moi-même « . Tel est le curieux avertissement adressé à miss Christie, une jeune institutrice de dix-huit ans qui a quitté Londres pour répondre à une annonce parue dans le Times. Arrivée dans le Norfolk, elle ne tarde pas à découvrir que le couple qui l’a engagée cache de lourds secrets.

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Mensonges, duplicité, romance, visiteurs inquiétants et maison gothique… tous les ingrédients d’un roman à suspense tels que les affectionnaient les Victoriens sont réunis ici pour notre plus grand plaisir. Florence Warden n’est pas la plus connue des écrivains victoriens, c’est le moins que l’on puisse dire, à vrai dire je pensais même emprunter une auteure contemporaine, et c’est en lisant la 4è de couverture que j’ai vu ses dates de naissance et de décès que je me suis rendue comtpe de mon erreur. La maison du Marais, éditée en 1883 fut le plus grand succès littéraire de Florence Warden qui était également actrice et partageait sa vie entre l’Angleterre et la France, voilà pour la petite bio de l’auteure.

Violet Christie est une jeune fille de 18 ans, issue d’un milieu modeste, à la recherche d’une place d’institutrice, mais son jeune âge et son manque d’expérience, ne lui facilitent pas la tâche. Elle remarque alors dans le journal une petite annonce : un couple résidant dans la campagne anglaise, veut recruter une jeune institutrice pour leur fille Haidée âgée de 8 ans. Mr et Mrs Rayner embauchent la jeune fille par correspondance et là voilà qui débarque aux Sureaux, un manoir rempli d’humidité, bordé par le marais. Ca ne vous rappelle pas quelque chose ? La dame en noir of course ! Susan Hill a sans doute voulu rendre hommage à ce roman en appelant la demeure de Mrs Drablow, La maison du Marais, et en plantant son décor dans le même environnement. Je vous rassure la ressemblance s’arrête ici, aucun fantôme viendra hanté notre Violet, une héroïne terriblement attachante.

Que vous dire de ce roman à part d’ores et déjà vous confier que j’ai beaucoup aimé et qu’il faut le lire tant il est charmant et prenant ! Une belle découverte et un très joli moment de lecture, voilà ce qu’il me faut déjà souligner. Violet est désarmante de naïveté et d’innocence, représentative à mon sens des jeunes filles de cette époque victorienne, oie blanche par excellence. Notre héroïne a aussi de nombreux points communs avec ses consœurs nées dans la petite bourgeoisie et la noblesse, notamment sur l’éducation artistique prodiguée aux jeunes filles de cette époque : grande lectrice, même si ses lectures sont plutôt destinées à enrichir sa culture générale et lui servir dans son métier d’institutrice qu’elle prend fort au sérieux, elle joue également du piano et s’intéresse au dessin.

Dans cette histoire, Violet va découvrir l’amour mais aussi les mystères qui entourent Les Sureaux et ses habitants. Tous craignent le maitre de maison, qui a d’ailleurs fort mauvaise réputation, Mr Rayner. La maisonnée obéit aveuglement à son maitre, et la nouvelle venue, dont il va tomber amoureux, va attiser la jalousie de la gouvernante, Sarah, un personnage que va rapidement craindre Violet. La maison, très humide, affaiblit les forces de ceux qui l’habitent, tous sauf, Mr Rayner, qui a trouvé refuge dans son atelier sec et bien chauffé. Affaiblies, Mrs Rayner, qui apparait comme une morte vivante, sans volonté, pâle, amaigrie et totalement effacée et Haidée vont tomber malade et c’est là que Violet va prendre les choses en main. Dans le même temps, une série de cambriolages a lieu dans le voisinage, et coïncidence ou pas, ils ont à chaque fois lieu lors de l’absence de Mr Rayner. Je ne vous en dirais pas plus !

Un petit rayon de soleil dans ce mois de janvier morne et triste car pour tout vous dire, depuis le début de l’année, je cumule les déceptions, mis à part Inconnu à cette adresse et ce roman flirte avec le coup de coeur. Par contre, si vous recherchez un roman à suspens, passez votre chemin, car à moins d’être aussi naïve que Violet, il se découvre très vite et sans peine. Cette première traduction en français d’un roman de Florence Warden me donne envie de lire ses autres romans, j’espère qu’ils seront traduits bientôt !

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Lu dans le cadre des challenges God save the livre, Au service de, Cartable et tableau noirLa plume au féminin, British Mysteries et Challenge Victorien

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Angleterre, début du XXe siècle. Par un mois de novembre froid et brumeux, Arthur Kipps, jeune avoué londonien, est dépêché dans le nord du pays pour assister aux funérailles d’Alice Drablow, 87 ans, puis trier ses papiers en vue d’organiser sa succession.

À Crythin Gifford, village où Kipps pose ses valises, les habitants lui battent froid dès qu’il prononce le nom de feue Mme Drablow, unique occupante du Manoir des Marais, demeure isolée, battue par les vents et située sur une presqu’île uniquement accessible à marée basse.

Lors de l’inhumation, dans une église quasi déserte, Arthur remarque la présence, un peu en retrait, d’une femme tout de noir vêtue, le visage émacié, comme rongée par une terrible maladie. Il l’aperçoit ensuite dans le cimetière, mais elle s’éclipse avant qu’il ait le temps de lui parler…

Cette femme en noir, Arthur la verra de nouveau aux abords du manoir, une fois qu’il s’y sera installé pour commencer son travail. Mais se produisent alors nombre de phénomènes mystérieux qui ébranleront le jeune homme et feront vaciller sa raison…
Comme il l’apprendra peu à peu, une malédiction plane sur ces lieux…

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Ce titre a éveillé ma curiosité lors de la sortie au cinéma il y a quelques mois du film avec Daniel Radcliffe. Le sujet m’intéressait mais ne goûtant pas du tout les films d’horreur, je suis bien trop trouillarde pour ça, j’ai préféré me rabattre sur le livre, disponible à la médiathèque, et édité pour la première fois en français à cette occasion.

Je pensais emprunter un thriller mais La dame en noir n’en est pas un, contrairement à la mention sur la couverture, c’est un roman gothique, tout droit dans la lignée de Rebecca du Daphné du Maurier, l’un de mes coups de cœur 2012. Comme dans Rebecca, trois figures se détachent : une défunte, une grande maison isolée et un narrateur (dans Rebecca il s’agit en l’occurrence d’une narratrice).

Arthur Kipps, jeune clerc de notaire londonien, est chargé par son employeur de régler la succession d’une de leurs plus vieilles clientes qui vient de rendre l’âme et qui est sans héritier. Mme Drablow habitait un vieux et sombre manoir isolé, cernée de marais, un décor idéal pour un roman gothique, et il doit donc se rendre sur place pour trier les papiers et mettre la maison en vente. Le jeune homme, tout heureux de quitter Londres pour quelques jours, veut s’installer dans la vieille demeure car celle-ci est seulement accessible à marée basse mais il est tout de suite mis en garde par les habitants. La demeure est réputée maudite mais Arthur n’y croit pas jusqu’à ce qu’il y voit un fantôme, celui d’une jeune femme défigurée. Il prend néanmoins son courage à deux mains et après une nuit à l’hôtel, s’installe dans La maison du marais.

Cette trame est effectivement parfaite pour un film angoissant mais la lecture est toute autre. Je n’ai malheureusement pas ressenti la peur de notre héros, pauvre Arthur, bien attachant par ailleurs, qui doit faire face aux apparitions, aux meubles qui bougent tout seuls et aux cris dans la nuit, ceux des morts revenus hanter les lieux de leur décès, le marais qui borde le manoir, etc.

Je ne suis pas experte en romans gothiques mais j’ai l’impression que Susan Hill a oublié de mettre de la de tension psychologique dans son roman, là où ont su le faire ses ainés. Elle a repris tous les ingrédients des gothic novels sans pour autant arriver à les égaler. Susan Hill n’a pas su faire monter la tension crescendo, ce que je trouve dommage, alors qu’encore une fois, tous les ingrédients qui font le sel de ce type de romans sont là. Le récit aurait du être allongé d’une bonne centaine de pages car l’histoire prend du temps à se mettre en place et se précipite tout à coup. Plus long, il n’en aurait été sans doute que meilleur.

L’intrigue est quant à elle finalement plutôt classique, ce qui n’est pas pour me déplaire bien au contraire, très agréable à lire, les pages s’avalent en quelques heures seulement, de ce point de vue là c’est réussi, on ne s’ennuie pas une seconde. La fin est malheureusement à l’envie du reste de l’ouvrage, trop prévisible. Susan Hill arrive à surprendre son héros, pas ses lecteurs !

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Lu dans le cadre des challenges La plume au féminin, ABC Babelio 2012-2013 et God save the livre :

     critiquesABC2013     

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