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Posts Tagged ‘roman graphique’

Lu dans le cadre du Cold Winter Challenge 2018 – PAL CWC : 9/20

La fin de l’année 1979 approche doucement. Les Faldérault ne peuvent pas dire qu’ils en gardent un bon souvenir : Madeleine déteste aussi bien son travail de vendeuse de chaussures que la femme qui l’a engagée, cette pingre de Delmotte, et Garin a proposé à Pierre de reprendre la série « Zagor », celle-là même que Pierre ne peut décidément plus voir en peinture ! Bref, il est vraiment temps que l’année se termine ! Pour se changer les idées, les Faldérault décident de fêter Noël au soleil ! Néanmoins, toute la petite famille ne sera pas de la partie puisque Julie-Jolie reste à la maison pour préparer ses examens. Ce n’est pas non plus du goût de Louis qui avait prévu d’assister au concert de Pink Floyd à Londres et dont les plans sont bouleversés à la dernière seconde. Les voilà donc partis pour des vacances qui s’annoncent mouvementées… surtout lorsque Louis décide de fuguer en cours de route…

Décembre 1979, Mons en Belgique. A l’approche de Noël, le quotidien de la famille Falderault est plutôt morose. L’année a été catastrophique, les vacances d’été une horreur et pour couronner le tout Madeleine en a ras la frange de son job de vendeuse de chaussures et Pierre ne veut plus dessiner pour la série Zagor qu’il a pris en horreur.

Alors pour se faire pardonner les dernières vacances passées sous le crachin breton, le père de famille décide d’emmener sa petite famille direction le sud de la France. Julie-Jolie ne sera pas du voyage, examens de droit obligent, et Louis, qui économise depuis des mois pour assister au concert des Pink Floyd à Londres, fulmine d’être obligé de suivre ses parents et ses sœurs…

Une fois n’est pas coutume, inutile d’attendre juillet pour retrouver la famille Faldérault en route pour la Provence afin de passer des vacances bien méritées, cette fois-ci nous les retrouvons au moment de Noël, prêts à rejoindre leur destination favorite à l’occasion du 5è tome de la série, La fugue.

Rappelez-vous, je vous avais déjà recommandé les tomes précédents de Les beaux étés, une série que j’adore avec Zidrou au scénario et Jordi Lafebre aux manettes : Cap au sud, La calanque, Mamzelle Estérel et Le repos du guerrier.

Et je me réjouissais vraiment de retrouver mes belges préférés à l’occasion des fêtes de Noël dans ce nouvel opus. Hélas pour moi, la magie a nettement moins opéré cette fois-ci et je dois bien avouer que ce 5ème volume est pour moi en dessous des précédents !

J’avais été charmée par les quatre premiers tomes de cette série so nostalgique qui me ramène à chaque fois tout droit en enfance, et je dois avouer que si j’aime toujours autant cette famille attachante et sympathique, je ressors cette fois-ci un peu déçue de cette histoire que j’ai trouvé moins fun et délirante.

Ce nouvel opus n’est pas mauvais en soit, les dessins de Jordi Lafebre sont toujours aussi bons, on n’a pas le temps de s’ennuyer mais il n’y a pas de grande surprise ou de bonheur au menu du scénario mitonné par Zidrou, l’histoire tourne en rond par rapport aux tomes précédents et se révèle plate et plutôt fade. Et la nouvelle illustrée qui clôt l’album n’est pas exceptionnelle non plus.

J’espère que cette baisse de forme du scénariste ne se prolongera pas au-delà de cet opus car je n’aimerai pas que cette série s’essouffle au point de devoir l’abandonner, je verrai donc ce que donnera le tome 6 car je compte bien lui donner sa chance.

Vous l’aurez compris, je suis un brin déçue par ce 5è tome mais je serai ravie de retrouver Les beaux étés l’année prochaine car retrouver les Faldérault, c’est un peu retrouver sa famille, une atmosphère chaleureuse, jubilatoire et délicieusement barrée matinée d’une bonne dose de nostalgique, que j’adore.

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Vous n’avez pas encore lu Gatsby le magnifique ? Vous avez oublié la fin de L’Amant ? Vous ignorez quels tomes composent A la recherche du temps perdu ? Soledad Bravi résument en quelques planches vingt grands classiques de la littérature mondiale.

Vous n’avez pas encore lu Le Père Goriot ou Le vieil homme et la mer ? Vous ne savez plus comment se termine Au Bonheur des dames ! ? Ou combien y a-t-il de tomes dans A la recherche du temps perdu… Rassurez-vous, vous n’êtes pas seul(e)s ! Soledad Bravi et Pascale Frey l’ont bien compris et viennent à notre rescousse.

En quelques cases, elles nous propose une synthèse d’une vingtaine de grands classiques de la littérature française et étrangère, l’occasion de se rafraichir la mémoire ou de découvrir certains monuments de la littérature qui font un peu peur, il ne faut pas se le cacher.

Au menu de cette bande dessinée de vulgarisation littéraire : Le malade imaginaire de Molière, La princesse de Clèves de Madame de Lafayette, Les liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos, Les Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë, Madame Bovary de Gustave Flaubert, Les malheurs de Sophie de la comtesse de Ségur, Les Misérables de Victor Hugo, Le père Goriot d’Honoré de Balzac, Au bonheur des dames d’Emile Zola, Bel-ami de Guy de Maupassant, A la recherche du temps perdu de Marcel Proust, La métamorphose de Franz Kafka, Chéri de Colette, Gatsby le magnifique de Francis Scott Fitzgerald, Autant en emporte le vent de Margaret Mitchell, Out of Africa de Karen Blixen, Le vieil homme et la mer d’Ernest Hemingway, La promesse de l’Aube de Romain Gary, Belle du seigneur d’Albert Cohen et L’amant de Marguerite Duras.

Soledad Bravi est illustratrice, auteure de nombreux livres et après le réussi Pourquoi y a-t-il des inégalités entre les hommes et les femmes ? conçu en collaboration avec Dorothée Werner, elle se penche cette fois-ci sur vingt grands classiques de la littérature mondiale avec l’aide de Pascale Frey, journaliste littéraire à ELLE et auteure d’une biographie sur Coco Chanel.

Avez-vous lus les classiques de la littérature ? met en lumière dix-neuf romans et une pièce de théâtre écrits par treize hommes et sept femmes, pour la plupart parus entre la fin du 19è siècle et les années 60.

Pourquoi ces titres et pas d’autres ? Mystère et boule de gomme c’est la seule chose que je reproche à cet ouvrage : ne pas avoir expliqué les choix de Soledad Bravi et Pascale Frey qui ont surtout pioché dans la littérature moderne.

Chaque ouvrage est donc ici résumé d’abord par Pascale Frey sous forme d’une note d’une dizaine de lignes accompagnée d’une courte biographie de l’auteur(e) concerné(e).

Puis c’est au tour de Soledad Bravi de résumer l’ouvrage en images et en quelques mots sur quatre à cinq pages de manière humoristique à grands renforts de renvois à la culture populaire à travers des phrases de chansons et du vocabulaire très actuel qui fait mouche !

Un ouvrage synthétique, intelligent, pédagogique et clair à mettre entre toutes les mains dès l’adolescence, peut-être que nos chères têtes blondes sortiront un peu de leur zone de confort et se dirigeront vers certains de ces classiques, tout comme les lecteurs et lectrices adultes qui ne gardent pas de bons souvenirs des classiques étudiés au collège ou au lycée et qui craignent parfois de se lancer dans ce genre de lectures, oseront peut-être franchir le pas.

Un grand merci à Doriane et aux éditions Rue de Sèvres pour cette lecture éclairante et amusante, en espérant qu’elle puisse permettre à tous de repartir sur de bonnes bases ! Cerise sur le gâteau : une bonne idée cadeau pour Noël, pensez-y !

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Alors quoi ? On oublie tout ça ? Les italiens ? Les polonais ? Les arméniens ? Les 600 000 tirailleurs sénégalais ? C’est tout le pays qu’a Alzheimer ou quoi ?!? On est 500 millions de guignols en Europe et on veut nous faire croire qu’on peut pas accueillir 1 million de pauvres gens ? ça fait même pas un par village !

Retour à Paris pour Antoine, Mimile et Juliette. Le plan est simple : ramener Juliette auprès de sa mère, puis filer au Stade de France pour assister au match de rugby France-Australie. C’est du moins ce qui est prévu…

Mais, désireuse de voir son père et son grand-père se rabibocher, Sophie les oblige à s’occuper ensemble de Juliette jusqu’au lendemain. Mimile ne peut donc compter que sur Pierrot pour l’accompagner au match.

Or, Pierrot l’anarchiste mène un nouveau combat : il s’est engagé en faveur des migrants. Alors vous pensez bien qu’assister à un match opposant la France, qui refuse d’accueillir les migrants, à l’Australie, qui ne pense qu’à les entasser dans des camps, bafouant ainsi les droits de l’homme, c’est hors de question !

Mimile n’a plus pour seule compagnie que ses désillusions… Et si lui aussi était bon pour l’asile?

Suite directe des quatre précédents opus Ceux qui restent, Bonny and Pierrot, Celui qui part et La magicienne, ce cinquième volume prénommé Bons pour l’asile signe mes retrouvailles avec ce trio de papys comme les autres qui me fait bien rire à chaque opus, il faut bien l’avouer.

Wilfrid Lupano nous emmène cette fois-ci à Paris où Pierrot est toujours autant engagé avec ses potes de Ni yeux ni maître, cette fois-ci au profit des migrants ! Quant à Mimile et Antoine, qui avaient prévu d’aller voir un match de rugby au stade de France, pour eux, rien ne se passe comme prévu. Sophie est nettement moins présente car elle est plutôt dans les coulisses, bien décidée à resserrer les liens familiaux pour le bien de sa petite Juliette.

Lupano et Cauuet se penchent cette fois-ci sur l’actualité qui est au centre du récit, à savoir les migrants. L’album démarre sur les chapeaux de roues avec une manifestation de Pierrot et de ses amis devant l’ambassade de Suisse, réclamant l’exil fiscal ! Une ouverture hilarante qui donne le ton d’emblée.

L’immeuble qu’occupent Pierrot et le collectif militant « Ni Yeux Ni Maître » qui jouent les trouble-fête chez les riches et les patrons de droite, ont mis un coup d’accélérateur à leur cause en hébergeant des sans-papiers, sous la férule de Fanfan, plus en verve que jamais et qui démontre à un Mimile héberlué sa façon de penser.

Au-delà du récit social qui fait réfléchir, on continue de voir évoluer nos papys au grand cœur et la petite famille d’Antoine même si cette fois-ci elle passe clairement au second plan. J’ai apprécié que l’on mette en lumière Mimile qui va mimiliter à sa façon !

Un cinquième tome très bon même si j’aurai préféré que l’on voit davantage Sophie, un personnage que j’aime beaucoup et qui est très en retrait ici. Les saillies de Lupano font toujours mouche, les dialogues toujours aussi ciselés, décapants et savoureux, avec comme d’habitude une bonne dose de critique sociale, des personnages ronchons et hauts en couleur et des situations bien cocasses.

Une série décidément excellente qu’il faut lire absolument si vous ne la connaissez pas encore et dont il me tarde désormais de lire le tome 6 lorsqu’il paraitra. Et vous, vous aimez les vieux fourneaux ?

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Paris, 1875. Alors que ses Raboteurs de parquet sont refusés par le jury de l’Académie des Beaux-Arts, Gustave Caillebotte est invité à exposer aux côtés des « intransigeants ». Ce groupe de peintres réunissant des artistes comme Monet, Manet, Renoir, Pissarro ou Degas tous refusés au Salon de Paris possède en commun une vision moderne de l’art. Privilégiant les sensations, élargissant le choix des sujets, des compositions et des couleurs, ceux que les critiques nomment avec mépris les « impressionnistes » marquent une véritable rupture avec l’académisme. Collectionneur et mécène, Caillebotte participera à l’essor de ce courant naissant en finançant ses amis et organisant des expositions. Artiste original et audacieux, il en peindra également quelques-uns de ses plus grands chefs-d’oeuvre…

Retracer une partie de la vie du peintre Gustave Caillebotte sous le biais d’un roman graphique, voici ce que nous propose le scénariste et dessinateur Laurent Colonnier, auteur du très remarqué Georges & Tchang.

L’impressionnisme est mon courant pictural préféré. Lorsque je travaillais à Paris, j’adorais arpenter les salles qui lui sont consacrées au musée d’Orsay. Je ne me lasse pas de regarder les toiles de Monet, Pissaro, Renoir, Sisley, Cézanne, Degas, Caillebotte ou Berthe Morisot.

Cette biographie graphique commence au moment où le jury de l’Académie des Beaux-Arts refuse son chef d’œuvre, les Raboteurs de parquet, refus qui signe son entrée dans le club des Impressionnistes, qui vont fonder un salon parallèle, celui des refusés, financé par Caillebotte lui-même, à la tête d’une fortune qu’il mettait volontiers au service de ses amis.

Passionné par l’œuvre de Gustave Caillebotte, Laurent Colonnier signe ici une biographie respectueuse et fidèle de l’artiste, en même temps qu’un portrait tout en nuance de cette période charnière de l’histoire de l’Art : celle de la naissance de l’impressionnisme et des débuts de l’art moderne.

L’histoire qu’il nous propose est intéressante, truffée d’anecdotes savoureuses, bien documentée, un très bon travail de Laurent Colonnier grâce à qui j’ai pu découvrir Caillebotte intime, peintre et philanthrope.

L’auteur s’attache à nous montrer comment travaillait cet artiste longtemps resté dans l’ombre de ses camarades car il a fallu attendre 1994, soit un siècle après son décès, pour voir une rétrospective de ses œuvres !

Caillebotte était pourtant un visionnaire qui travaillait différemment de ses amis : il cherchait ses motifs à l’extérieur, mais réalisait ses croquis, retravaillait ses esquisses à l’atelier. On est frappé de voir la modernité de son oeuvre, de ses cadrages et de ses sujets, c’est aussi lui qui a fait entrer la vie urbaine dans la peinture

Dans les années 1890, il est influencé par le courant japoniste et de son vivant, il est fréquemment exposé aux Etats-Unis.

Laurent Colonnier rappelle, qu’outre ses talents de peintre, Caillebotte était aussi un mécène au goût très sûr, qui était souvent le premier acheteur de ses amis impressionnistes. Il a notamment beaucoup aidé financièrement Claude Monet, toujours sans le sou, en lui payant le loyer de son atelier et en achetant ses peintures.

Eternel célibataire, il a fait don d’une partie de ses oeuvres et celles de ses amis à travers un legs au Louvre. Grâce à lui nous pouvons admirer 69 peintures impressionnistes qui seraient certainement aujourd’hui chez des particuliers ou dans les musées américains.

Une figure très intéressante et altruiste, grand amateur de frégate, qui mérite qu’on s’intéresse de plus près à sa vie et à son œuvre.

Vous l’aurez compris je ne peux que vous recommander Gustave Caillebotte un rapin chez rupins si vous vous intéressez à l’art du XIXè et le mouvement impressionniste en particulier !

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Mathilde, Parisienne de 27 ans, débarque au Kirghizistan envoyée par l’OSCE. Sa mission consiste à veiller au bon déroulement du processus démocratique des premières élections présidentielles libres. Sur place, elle découvre la beauté de cette ancienne terre soviétique mais aussi le manque de moyens et les infrastructures d’un autre temps. Lorsqu’elle réalise que les élections sont déjà jouées, la jeune femme fait une rencontre décisive. Quand les idéaux vacillent, doit-on choisir un autre combat… au risque de se compromettre ?

Paris, 2005. Mathilde, une parisienne de 27 ans, enchaîne les petits boulots et les stages en dépit d’un master en droit international et vit une histoire d’amour insatisfaisante avec Paul, son ex professeur de droit.

Celui-ci lui propose de l’accompagner au Kirghizistan en tant qu’observatrice pour l’OSCE. L’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe a pour mission de contrôler la bonne tenue des premières élections présidentielles libres dans l’ex satellite de l’Union Soviétique et de vérifier le respect des procédures et des critères démocratiques.

Ses études en droit international et son excellente connaissance du russe, sont toutes indiquées pour mener à bien cette mission et Mathilde accepte avec enthousiasme, d’autant qu’elle compte bien profiter de l’occasion pour faire des photographies des habitants de cette région du monde.

A son arrivée, elle est chargée de rejoindre la province de Naryn où elle va faire équipe avec un autre observateur français et Nina, leur interprète kirghize. Sur place, ses idéaux vont vaciller et une rencontre va être décisive, Mathilde va-t-elle choisir un autre combat quitte à se compromettre pour aider la population ?

Avec L’observatrice, Emmanuel Hamon et Damien Vidal nous font vivre les premières élections kirghizes libres qui eurent lieu le 10 juillet 2005, enfin libres jusqu’à un certain point puisqu’un seul homme s’est porté candidat et que l’opposition est aux abonnés absents.

A travers Mathilde, nous faisons la connaissance de ce pays d’Europe centrale indépendant depuis 1991, très peu connu des français et nous découvrons les paysages et les campagnes encerclées par les montagnes, le manque de moyens, les populations nomades, les infrastructures datant de l’ère soviétique…

Très vite, notre héroïne réalise que les élections sont déjà jouées, la corruption est reine et le candidat Bakiev tient les populations, les abreuvant de promesses, de vodka et de mauvais chocolats tandis que la présence bienveillante des observateurs occidentaux s’apparente plutôt à une mascarade. On se rend très vite compte en effet que la démocratie ne peut d’emblée être appliquée partout même si les intentions sont louables.

Outre les agents de l’OSCE présents sur place, Mathilde, s’aperçoit que des émissaires de sociétés privées venant d’Amérique mais aussi de plusieurs pays européens, prennent des contacts afin de récupérer des nouveaux marchés dans cet état sur le point de s’ouvrir au capitalisme.

Le scénario proposé par les auteurs est très crédible et nous embarque sans mal au cœur de ce pays, d’autant que les dessins contribuent beaucoup à cette atmosphère réaliste, à la limite du documentaire.

Les personnages sont bien campés et permettent à Emmanuel Hamon et Damien Vidal d’aborder toutes les strates de la société kirghize : de la population de base aux dirigeants, en passant par le personnel de l’OSCE, tout sonne vrai et c’est très intéressant de découvrir cette société avec les yeux de Mathilde et de voir ses idéaux se heurter à la réalité du terrain.

Un grand merci à Rue de Sèvres pour cette lecture instructive et passionnante !

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Dans ce 4e tome, nous retrouvons les Faldérault au complet : Pierre, Madeleine et leurs quatre enfants, auxquels s’est joint Jean-Manu, le petit ami de Nicole. Cet été sera celui du grand changement : Pierre est devenu copropriétaire d’une villa toute neuve, clé sur porte, dans la campagne provençale ! En route ! La clé, ils l’ont – mais où diable se trouvent la porte et la villa ?… Plus que jamais, l’aventure est au programme, et c’est avec bonne humeur que la famille se serre les coudes. L’été des Faldérault, c’est sacré ! Et celui-là va drôlement marquer les mémoires…

Août, Mons en Belgique. Comme chaque été, la famille Faldérault attend que son patriarche, Pierre, scénariste et dessinateur de bandes dessinées, livre sa nouvelle histoire à son éditeur.

Chaque été, Pierre est en retard et cette année, les Faldérault ont pris les paris sur la date de livraison. Quelle n’est pas leur surprise lorsqu’ils apprennent que Pierre a fini en temps et en heure, ils vont pouvoir prendre la route avec Mamzelle Esterel, leur voiture, direction le sud !

D’autant que cette année, pas de camping sauvage ni d’improvisation, ils doivent rejoindre leur maison de vacances en Dordogne qu’ils ont baptisée Le repos du guerrier.

Toute la famille s’engouffre dans la 4L, y compris Jean-Manu le petit ami de Nicole mais lorsqu’ils arrivent à bon port ils découvrent qu’ils se sont faits escroquer par leur promoteur et que leur maison n’est jamais sortie de terre…

Vous avez remarqué, si vous me lisez régulièrement, j’aime beaucoup le scénariste Zidrou et tout particulièrement sa série Les beaux étés qu’il signe en duo avec Jodi Lafebre pour les images.

Je vous avais donc déjà recommandé : Cap au sud, La calanque et Mamzelle Estérel qui nous racontaient les étés 1973, 1969 et 1962 de la famille Faldérault. Une famille belge joyeusement frappadingue avec à sa tête Pierre, dessinateur de bandes dessinées et Mado, vendeuse de chaussures.

Cette fois-ci avec Le repos du guerrier, Zidrou et Jordi Lafebre reviennent sur les vacances de la famille en 1980, l’année de Il jouait du piano debout de France Gall, In the navy des Village People et de Banana Split de Lio, que tous reprennent en choeur, accompagnés d’une pièce rapportée : le petit ami bourgeois de Nicole car à contrario d’autres séries, on fait des bonds dans le passé à chaque nouveau volume, c’est là l’une des originalités des Beaux étés, ce qui fait que nous ne croisons pas toujours les mêmes personnages, exceptés Pierre, Mado et leurs enfants.

J’avais été charmée par les trois premiers volumes de cette série so nostalgique, et je dois avouer que je suis toujours sous le charme en refermant cette nouvelle histoire. J’adore cette famille attachante et sympathique.

Si j’aime autant cette série c’est qu’elle me ramène dans ma propre enfance vécue au coeur des années 70 avec la chanson de l’été à la radio que l’on reprend à tue-tête, le pique-nique au bord des routes et son indispensable table pliante, le camping sauvage, les baignades à poil, les tenues improbables… tout est là, rien ne manque et c’est un vrai bonheur pour moi de retrouver cette atmosphère.

Ce quatrième volume est tout aussi jubilatoire que les autres : l’été est pour les Faldérault, une véritable parenthèse enchantée, l’heure de se faire de nouveaux amis, un moment où tout est permis et où, Mado rendant son tablier, le barbecue règne en maître et où le rosé coule à flots.

Beaucoup de drôlerie et de tendresse dans ce nouvel opus avec le passage à l’âge adulte des deux aînées de la famille : Nicole et Julie-Jolie tandis que Louis, désormais adolescent, ne quitte plus son walkman et que pépette va bientôt fêter son 10è anniversaire.

Je ne peux que vous recommander cette série totalement réussie, portée par un scénario drôle et tendre signé Zidrou et les belles planches de Jordi Lafebre, qui croque avec tant de talent des personnages très expressifs et nous prouve une fois de plus, sa maitrise des couleurs.

Vous l’aurez compris, Les beaux étés m’ont conquises une fois de plus, vivement le tome 5 et la bonne nouvelle c’est que cette fois-ci pas besoin d’attendre un an, les Faldérault reviennent en novembre pour une histoire de Noël !

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1947. Bien que l’Allemagne nazie soit tombée, le cauchemar pour les Juifs d’Europe n’est pas terminé. Persécutés par les communistes, abandonnés par les Alliés, leur route vers la terre promise d’Israël a encore des allures de long calvaire… Cette réalité, la jeune Oliwka la découvre brutalement lorsqu’on lui apprend qu’elle avait été confiée, encore bébé, à une famille adoptive pendant la guerre. Que sa véritable identité avait été changée pour échapper aux nazis. En réalité, elle s’appelle Astar Berkenbaum. Elle est juive. Et comme des milliers d’enfants, elle ne doit la vie sauve qu’à une femme : Irena Sendlerowa.

Varsovie, 1947. La guerre est finie depuis deux ans et le pays est tombé peu à peu aux mains des soviétiques. C’est l’heure pour les juifs rescapés des camps et pour les enfants sauvés par la résistance, de retrouver leur identité et une terre d’asile.

Irena Sendlerowa est membre du centre citoyen d’aide sociale polonais. Décédée en 2008, déclarée Juste parmi les nations en 1965, Irena Sendlerowa, a réellement existé. Résistante et militante polonaise, fut l’une des plus grandes héroïnes de la Seconde Guerre Mondiale, sauvant près de 2500 enfants juifs du ghetto de Varsovie.

Nous avions laissé Irena prisonnière, nous la retrouvons bien des années après la guerre sur la terre d’Israël en compagnie de Astar Berkenbaum, l’une des enfants qu’elle a pu sauver par ses actions héroïques.

Avec cette rencontre, on replonge dans les années de guerre et notamment la période, où prisonnière des allemands, elle fut chaque jour torturée afin de livrer les noms de ses complices, ce qu’elle ne fit jamais.

On voit son quotidien et celui de ces co-détenues, les exécutions sommaires pour un simple rire et comment elle parvint à s’évader et à rejoindre la clandestinité où elle continuera ses actes de résistance.

Jean-David Morvan au scénario et Séverine Tréfouël / David Evrard aux illustrations, retracent sur trois albums le combat humaniste de cette « mère des enfants de l’Holocauste », un destin incroyable et une femme exceptionnelle à tous points de vue.

J’avais eu un coup de cœur pour les deux premiers volumes de cette série : Le guetto et Les justes, ce troisième est réussi aussi et bien que sans pathos aucun, il m’a émue aux larmes car une fois de plus les auteurs ne nous cachent rien de l’horreur vécue par les captifs du ghetto et victime de l’épuration ethnique décidée par le régime d’Hitler mais aussi le sort réservé aux résistants et les séances de torture auxquels ils étaient soumis jour après jour.

Cette bande dessinée classée jeunesse n’est en aucun cas à mettre dans les mains des plus jeunes et se destine plutôt aux adolescents et aux adultes, il y a des scènes atroces de tortures et d’exécutions sommaires, de lentes agonies d’êtres humains affamés, qu’ils soient vieillards, adolescents ou enfants, assez insoutenables, rien ne nous est épargné, même si le dessin naïf et doux de David Evrard vient adoucir certaines situations.

Les pages alternent entre couleurs vives (symbolisant l’espoir) et les couleurs sombres (pour les scènes de torture avec les nazis).

Le travail de documentation des auteurs est remarquable et leur approche est très pédagogique car l’histoire se lit facilement et propose différents niveaux de lectures permettant aux adultes de prendre conscience des atrocités de cette période tout en restant accessible à des lecteurs plus jeunes qu’il faut néanmoins accompagner dans cette lecture car certains passages, vous vous en doutez, sont très durs et ne sont pas à mettre dans les mains des plus émotifs.

Il est essentiel de continuer à parler de la shoah et des Justes afin que les plus générations soient sensibilisées à l’heure où de plus en plus de pays ont la tentation du repli sur soi et du nationalisme.

Toucher, émouvoir, parler d’hier pour raconter aujourd’hui, une mission remplie haut la main par Jean-David Morvan, Séverine Tréfouël et David Evrard, je vous recommande vivement les trois volumes !

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