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Posts Tagged ‘roman historique moyen-âge’

Né en Corrèze, Gilbert Bordes est l’auteur d’une quarantaine de romans. Il a obtenu le prix RTL Grand Public pour La Nuit des hulottes et le prix Maison de la Presse pour Le Porteur de destins. Les Presses de la Cité ont notamment publié Le Cri du goéland, Le Barrage (dans la collection Trésors de France), Chante, rossignol, La Garçonne et Le Testament d’Adrien.

15 août 1193, en la cathédrale d’Amiens. Une foule en liesse découvre une belle princesse danoise, Ingeburge, sacrée reine du plus puissant royaume d’Europe par son union avec Philippe Auguste. Mais, le lendemain, le roi la répudie. Que s’est-il passé pendant la nuit de noces ?

Débute pour Ingeburge une captivité longue de vingt ans, dont treize dans la forteresse d’Etampes. Son seul soutien, le chevalier troubadour Guilhem de Ventadour. Philippe, lui, livre bataille pour faire de son domaine ce qui sera la France.

Et se remarie. Le pape, furieux contre le roi bigame, décrète en 1200 l’interdit sur le royaume : églises fermées, plus d’inhumations en terre consacrée… Une fin du monde.

Du fond de sa geôle, dans l’ombre d’un impossible amour, la reine déchue ne renonce pas. Retrouvera-t-elle un jour sa couronne ?

Vous le savez, les romans historiques sont mon pêché mignon, j’ai des périodes de prédilection comme vous vous en êtes sûrement aperçus et le Moyen-Age n’en fait pas partie.

Et pourtant, je brûlais d’envie de découvrir La prisonnière du roi à cause d’une quatrième de couverture bien alléchante ! Dans ce roman, Gilbert Bordes dessine le portrait de la belle Ingeburge de Danemark, répudiée par son royal époux Philippe Auguste après leur nuit de noces.

Pourquoi le roi de France a-t-il eu une telle répulsion envers son épouse, jeune, belle, intelligente et bien éduquée ? Nul ne le sait aujourd’hui encore et l’auteur s’est saisi de ce point précis pour proposer une version et une intrigue romanesque passionnantes.

Tout au long du récit, on découvre la vie tragique d’une princesse liée pour le pire à son époux, le roi Philippe Auguste, mais qui révèle une personnalité pleine de force, transcendée par un amour impossible pour un chevalier troubadour occitan.

Les deux protagonistes du récit, Ingeburge et Guilhem de Ventadour sont terriblement attachants et leur histoire d’amour impossible est assez bouleversante.

On ne peut que s’émouvoir du sort de cette jeune fille qui se voit contrainte d’épouser un homme bien plus âgé qu’elle et laid, répudiée après une nuit au cours de laquelle d’après elle, il y a consommation de l’union, alors que d’après le roi, il n’en est rien.

La plume de l’auteur est agréable et il ne fait aucun doute qu’il s’est très bien documenté. Le roman fourmille de nombreux détails de la vie des années 1200 : les différences sociales, les relations tendues entre le roi et les papes, les alliances et complots politiques…

Il nous fait entrer dans les différents lieux de vie de l’époque : châteaux, cloîtres, tavernes, forêts et bordeaux et nous montre le train de vie fastueux des Grands et celle des populations moins privilégiées. On assiste à des exécutions, des tortures, des mariages, des sacres…

Pour autant, Gilbert Bordes ne tombe jamais dans le documentaire et apporte un vrai souffle romanesque à son histoire. Les faits de l’Histoire de Philippe Auguste et de la Reine Ingeburge sont véridiques et les spéculations sur l’annulation du mariage sont nombreuses. Celle de l’auteur onirique et fantastique est hautement improbable mais peu importe, le plaisir de lecture est là.

Une fresque historique captivante que je ne peux que vous recommander si vous aimez les romans historiques, pour ma part, j’ai vraiment passé un excellent moment aux côtés d’Ingeburge et Guilhem.

Un grand merci aux éditions Presses de la Cité pour cette belle lecture !

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Lu dans le cadre du Cold Winter Challenge et du challenge 1 pavé par mois 

Ken Follett connaît son plus grand succès avec Les Piliers de la Terre, paru en 1989. C’est le début de la saga Kingsbridge, poursuivie avec Un monde sans fin et Une colonne de feu (Robert Laffont, 2008 et 2017), et vendue à plus de quarante-trois millions d’exemplaires dans le monde.

En l’an 997, à la fin du haut Moyen Âge, les Anglais font face à des attaques de Vikings qui menacent d’envahir le pays. En l’absence d’un État de droit, c’est le règne du chaos.

Dans cette période tumultueuse, s’entrecroisent les destins de trois personnages. Le jeune Edgar, constructeur de bateaux, voit sa vie basculer quand sa maison est détruite au cours d’un raid viking.

Ragna, jeune noble normande insoumise, épouse par amour l’Anglais Wilwulf, mais les coutumes de son pays d’adoption sont scandaleusement différentes des siennes. Et surtout, la famille de son époux, prenant ombrage de son influence sur l’ealderman, souhaite sa perte.

Aldred, moine idéaliste, rêve de transformer sa modeste abbaye en un centre d’érudition de renommée mondiale. Mais ce souhait tâche va être plus difficile que prévu à réaliser.

Chacun d’eux s’opposera au péril de sa vie à l’évêque Wynstan, prêt à tout pour accroître sa richesse et renforcer sa domination…

Le crépusucle et l’aube signe mes retrouvailles avec Ken Follett et sa saga Kingsbridge dont j’avais lu Une colonne de feu il y a trois ans déjà !

Dans ce préquel à sa plus célèbre saga inaugurée avec Les piliers de la terre, Ken Follett nous propose une formidable épopée où se mêlent vie et mort, amour et ambition, violence, héroïsme et trahisons.

Une belle brique de près de 900 pages dont je n’ai fait qu’une bouchée tant il m’a happée dès les premières pages ! J’avais prévu de me le réserver en lecture du soir, pensant me contenter d’une cinquantaine de pages à la fois, mais mission impossible car à chaque fois que j’étais obligée de le poser, je bouillais d’y retourner au point que je suis venue à bout de ma lecture en quatre jours !

Il faut bien reconnaître à Ken Follett, un talent indéniable de conteur qui sait nous prendre dans ses filets pour ne plus nous lâcher jusqu’au point final. Un décor historique de qualité, des intrigues bien bâties, pleines de retournements de situations et de suspens, des complots en veux-tu en voilà, des méchants haut en couleur qu’on adore détester.

L’histoire, bien que classique, se révèle passionnante ! On suit tour à tour nos trois héros Edgar, Ragna et Aldred aux prises avec le terriblement méchant homme d’église Wynstan qui n’a de cesse de comploter contre eux afin d’accéder à toujours plus de richesse et de pouvoir.

Au coeur du récit où cohabitent plus ou moins pacifiquement anglais, normands et vikings, il sera question de violences, trahisons mais aussi d’amours et d’ambitions, le tout dans un décor historique réussi dans lequel nous découvrons les moeurs et la politique du haut Moyen-Age.

Alors bien sûr, les personnages proposés par l’auteur gallois sont, comme toujours, très manichéens : les héros sont grandeur et bonté et ceux qui leur mettent des batons dans les roues, sont machiavéliques au possible. Le dénouement est également celui que les lecteurs attendent mais peu importe, le plaisir de lecture est là et moi, je marche à fond !

Un coup de coeur pour moi et l’une de mes meilleures lectures de l’année, ce n’était pourtant pas gagné au départ car l’époque est loin d’être ma tasse de thé.

J’espère vous avoir donné envie de découvrir ce roman à votre tour, que vous soyez déjà un.e habitué.e de l’auteur ou non. Ma chère Belette est sur la même longueur d’ondes, je vous laisse découvrir son avis ici.

Un grand merci aux éditions Robert Laffont pour cette lecture fleuve que j’ai adoré !

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Jamais le Moyen Age n’avait inspiré un tel roman, chronique chaude et familière d’une famille vivant au XIIIe siècle, dans le royaume de Saint Louis. Jeanne Bourin y conte l’existence quotidienne des Brunel, orfèvres à Paris, surtout celle des femmes et, tout particulièrement, de deux d’entre elles : Mathilde, la mère, trente-quatre ans, et Florie, sa fille, quinze ans, qui se marie. Tout semble tranquille, assuré. Rien ne l’est, car une folle passion et des événements dramatiques vont ravager la vie des Brunel. Si l’intrigue est imaginaire, le cadre historique, lui, ne l’est pas. Une documentation rigoureuse donne au moindre détail une authenticité que Régine Pernoud, éminente médiéviste, s’est plu à confirmer dans sa préface : les Brunel vivent sous nos yeux comme on vivait en ce XIIIe siècle rayonnant où l’on mêlait gaillardement vie charnelle et vie spirituelle. Et bien des idées reçues se voient battues en brèche.

la-chambre-des-dames-jeanne-bourinauteur-éditeur-pagesParis, milieu du 13è siècle. La famille Brunel, orfèvre de leur état, vient de marier leur fille ainée à Florie, 15 ans, à Philippe. Les jeunes gens sont trouvères à la cour de la reine Marguerite et du roi Louis IX et leur mariage s’annonce sous les meilleurs hospices. C’était sans compter Guillaume, le cousin pelletier du marié qui se prend de passion pour sa nouvelle cousine et qui va être l’objet de toutes les tentations.

Celle de Mathilde, la mère de Florie, très sensuelle, qui a 34 ans seulement doit se contenter depuis de nombreuses années d’amour platonique avec son mari de 24 ans son aîné et qui voit en Guillaume un amant potentiel. Celle de Florie ensuite, qui bien que jeune mariée éprise de son tendre mari, est séduite par la virilité toute puissante de Guillaume.

Je vous avais confié l’an dernier lors de ma lecture des Demoiselles de Provence de Patrick de Carolis, que le Moyen-Age n’était pas ma période de prédilection, j’avais pourtant envie depuis des années de lire La chambre des dames dont je garde un bon souvenir de l’adaptation télévisuelle alors que j’étais toute petite. La lecture fut difficile je ne vous le cache pas.

On ne peut nier à Jeanne Bourin son excellente connaissance de cette période qui nous délivre tout son savoir à renforts de longues narrations, trop longues pour moi, je dois le dire. J’ai eu l’impression que l’auteure voulait utiliser toutes ses notes et qu’elle faisait par moment du remplissage. Le roman permet toutefois de faire mieux connaissance avec nos ancêtres du Moyen-Age notamment les pèlerinages et les fêtes, de ce point de vue c’est très intéressant.

En revanche, j’ai peu goûté la multiplicité des personnages, trop nombreux, j’ai du plusieurs fois revenir à l’index des personnages afin de me rappeler qui était qui. Autre bémol : Jeanne Bourin fait pleuvoir bien des malheurs sur la famille Brunel, ce que j’ai trouvé excessif. Je m’attendais aussi à découvrir davantage le quotidien des orfèvres, leur travail, ce qu’on voit finalement assez peu.

Les deux personnages centraux Mathilde et Florie sont très différents. Autant on peut s’attacher à Mathilde qui maintient à bout de bras sa famille et qui apparait comme une femme forte, qui lutte contre la tentation en se raccrochant à sa foi et à la tendresse qu’elle a pour son mari, autant Florie est insignifiante et sans consistance.

Vous l’aurez compris, La chambre des dames est un roman qui m’a ennuyée et que j’ai fini en me forçant je l’avoue. Je crois que définitivement, le Moyen-Age ce n’est pas pour moi.

heart_2Lu en lecture commune avec Claire dans le cadre des challenges 1 pavé par mois et A tous prix (Grand prix ELLE des lectrices 1979) :

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et du Plan Orsec 2014 pour PAL en danger :

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La Provence du XIIIe siècle, pays de troubadours, est une terre très disputée. Mais à force de courage et de ténacité, Raimon Bérenger V en a fait un comté souverain. Son épouse, la séduisante Béatrice de Savoie, lui a donné quatre filles: Marguerite, Eléonore, Sancie et Béatrice, bercées par le chant des cigales. Leur beauté, leur éducation et leur vertu vont assurer à ces demoiselles les plus hautes destinées: par alliances, elle vont régner sur quatre des royaumes les plus convoités d’Europe. Malgré les ors et les fastes des cours royales elles vivront au rythme des guerres et des croisades qui ont déchiré leur temps. Leur destin respectif et leurs secrets les conduiront de la Provence à l’Angleterre en passant par la vallée du Rhin, Aigues-Mortes ou Naples, et même en Orient, de Tunis à la Terre sainte…

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Il m’a fallu près d’une semaine pour venir à bout des 600 pages du roman médiéval de Patrick de Carolis, je ne vous le cache pas, je me suis profondément ennuyée. Homme de télévision et de culture, Patrick de Carolis s’essaie ici au roman et c’est pour moi loin d’être une réussite. Le sujet du livre était pourtant intéressant et j’ai entamé sa lecture sans apriori et plutôt réjouie d’en savoir davantage sur une période de l’histoire qui m’est presque totalement inconnue : le Moyen-Age. L’auteur s’appuie sur des personnages ayant réellement existé et c’est peut-être là que le bât blesse car il n’a pas su s’extraire de l’Histoire pour nous en compter une, plus romanesque.

Les quatre héroïnes des Demoiselles de Provence, sont les filles du comte Rémon de Béranger, comte de Provence. Marié à la belle Béatrice de Savoie, le comte n’aura pour descendance que des filles, excepté un fils bâtard, Gontran. Ses quatre filles, grâce à l’habile jeu des alliances mené par les Savoie, seront toutes reines. L’ainée, Marguerite, reine de France, épousera le très pieux fils de Blanche de Castille, Louis IX, le futur Saint Louis. La seconde, Eléonore, reine d’Angleterre par son mariage avec Henri III, se révèlera une reine consort pleine d’ambition. La troisième, Éléonore sera sacrée reine d’Allemagne. Joueuse de harpe plutôt mélancolique, elle s’étiolera dans son mariage avec le comte de Cornouailles qui ne s’intéressera guère à elle. Et la dernière, Béatrice, l’héritière de la Provence, épouse de Charles d’Anjou, sera couronnée reine de Sicile. Quatre sœurs, qui sont aussi belles-sœurs par leurs mariages respectifs, dont nous allons suivre le parcours de leur mariage à leur mort.

Si l’histoire est intéressante, l’auteur nous la livre de façon peu habile, avec quelques incohérences sur les dates et âges par exemple, se contredisant à plusieurs pages d’intervalles. A force de vouloir trop donner de détails, l’auteur donne l’impression de se perdre un peu dans ses nombreuses notes car je suis sûre qu’il a du passer bien des heures à fouiller archives et livres d’histoire pour donner une colonne vertébrale crédible à son récit. Ce que je reproche surtout à Patrick de Carolis, c’est son style, ou plutôt son absence de style : froid, plat et sans relief. Aucun souffle littéraire n’est venu aérer l’histoire particulièrement indigeste, il se contente d’énumérer des faits et des dates, point à la ligne. Les narrations sont ennuyeuses, notamment les croisades en terre sainte dont l’auteur nous abreuve de détails encore et encore, et dont je me serais pour ma part fort bien passée. Seuls les dialogues apportent un peu de vie au récit, mais ils sont bien trop peu hélas à mon goût !

Les personnages sont quant à eux trop nombreux, on se perd dans les noms et les titres, et comme ils sont nombreux, l’auteur ne s’attarde pas à les développer, ils n’ont pas de réelle épaisseur, on ne sait finalement pas grand chose d’eux et ils ne sont pas attachants, même les héroïnes m’ont laissé indifférentes, c’est dire !

Reste que j’ai tout de même appris certaines choses : l’auteur revient sur les croisades menées par Saint Louis en terre sainte, les guerres intestines entre les deux comtes de Provence, les batailles entre français et anglais (Capétiens et Plantagênet), les persécutions contre les Parfaits (les cathares) et les juifs, les mariages royaux, le rôle des papes qui font et défont à leur gré les rois et décident de qui monte sur le trône, l’importance la vie religieuse, de Dieu et de la crainte du péché, les pèlerinages,  etc., et c’est ce que j’attends en tout premier lieu d’un roman historique, mission réussie donc sur ce plan-là.

Remarquablement bien documenté, c’est ça qui le sauve pour moi du désastre, Les demoiselles de Provence n’est en aucun cas un roman, c’est même un ratage romanesque complet qui ne va pas rester dans les rayons de ma bibliothèque. Je pense sincèrement que Patrick de Carolis, aurait mieux faire de se cantonner à un ouvrage historique plutôt que de s’essayer au roman.

heart_2Lu dans le cadre d’une lecture commune avec Céline

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