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Posts Tagged ‘roman historique’

Journaliste et romancière, Kate Alcott vit à Washington avec son mari. En Allemagne et aux Etats-Unis, La Petite Couturière du Titanic est resté plusieurs semaines durant sur les listes des meilleures ventes.

Cherbourg, avril 1912. Tess Collins est une jeune bonne anglaise, s’échinant à la tâche pour quelques francs. Depuis toujours, elle aime la couture, un intérêt qu’elle a découvert auprès de sa mère, et elle aspire à percer dans le milieu de la mode.

Le Titanic doit quitter le port dans quelques heures et elle décide de s’embarquer sur le paquebot et elle une chance folle car elle fait connaissance de Lucy Duff Gordon, célébrité de la haute couture qui va présenter sa nouvelle collection en Amérique.

Sa femme de chambre lui ayant fait faux bond, la créatrice de mode décide de prendre Tess à son service. À bord, la jeune femme fait la rencontre de deux hommes, un marin anglais et un riche homme d’affaire de Buffalo.

Mais, tandis qu’un triangle amoureux se forme, le paquebot, sans que ses passagers s’en doutent, fonce vers un iceberg… À New York, Tess intègre l’atelier de lady Lucy. Les talents de modiste de la jeune femme se révèlent bien vite, ses premiers modèles font sensation. Mais son ascension pourrait connaître un coup d’arrêt. Ne se murmure-t-il pas en effet que lady Lucy aurait eu une conduite répréhensible lors du naufrage ?

Comme certainement beaucoup d’entre vous, le naufrage du Titanic est un fait divers ô combien tragique qui m’intéresse depuis toujours. Il y a quelques années de cela, j’avais lu L’enfant du Titanic qui se passait principalement après le 15 avril 1912, ce qui est aussi le cas de La petite couturière du Titanic.

Si vous cherchez un roman qui a réellement pour cadre le Titanic, ne lisez ni l’un ni l’autre, vous risqueriez d’être très déçu(e)s. Kate Alcott nous raconte ici la trajectoire de Tess Collins qui embarque avec l’espoir fou de percer dans la mode. C’est un personnage attachant qui nous fait découvrir brièvement la vie sur le Titanic puis les conditions de la mise à l’eau des canots et le sauvetage des survivants par le Carpathia.

Tout ça est évacué en quelques chapitres seulement et on arrive très vite à New York, lieu de destination des passagers et de la nouvelle vie de notre héroïne que Lady Lucy, une femme tyrannique par ailleurs, prend sous son aile.

Si les personnages sont majoritairement inventés, Kate Alcott met aussi en scène Lady Lucy et le sénateur Smith, à la tête de la commission du Sénat, chargée d’enquêter sur les conditions du naufrage, qui ont réellement existés.

L’histoire tricotée par Kate Alcott est sympathique et très facile, sans prise de tête, elle est aussi bien lisse et loin d’être inoubliable. Tout arrive en effet très vite et trop facilement à notre héroïne qui a un pot de tous les diables !

Elle arrive à l’embarquement du Titanic et paf, elle tombe sur la modiste qui l’embauche illico et lui paie la traversée. Elle est reléguée en 3è classe et hop, on lui trouve une chambre en première alors que le paquebot avait fait le plein. Et c’est ainsi, tout au long du roman.

Toutes ces facilités mises de côté, le roman a quelques atouts, notamment celui de montrer les coulisses de la mode et des défilés de cette époque, un sujet que je trouve passionnant, même si là aussi c’est un peu vite évacué.

Le réel intérêt de ce roman, ce sont les chapitres consacrés à la commission, qui nous apprennent une foule de choses sur les différents manquements ou fautes qui auraient sans doute pu éviter le lourd bilan humain. Et l’autrice nous rappelle à juste titre que ce sont les voyageurs de l’entrepont (la troisième classe) qui vont payer le plus lourd tribu dans cette catastrophe.

Les personnages sont essentiellement esquissés, ils manquent un peu de profondeur, à l’exception des trois personnages féminins principaux : Tess, Lucy et Pinky, une journaliste à la Nelly Bly que j’ai trouvé intéressante.

Quant au triangle amoureux, digne d’un roman young adult, l’autrice aurait pu s’en dispenser, cela n’apporte vraiment rien au récit mais cela ravira les fleurs bleues et autres amateurs de romances.

Vous l’aurez compris, je sors de ce titre un peu mitigée car c’est un roman historique bien documenté, Kate Alcott a fait des recherches cela ne fait aucun doute. Il est agréable à lire mais il ne me restera pas en mémoire très longtemps à cause de ses ficelles un peu trop grosses à mon goût.

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Lu dans le cadre du Cold Winter Challenge et du challenge 1 pavé par mois 

Yannick Grannec vit à Saint-Paul-de-Vence. Les Simples est son troisième roman. Elle a déjà publié aux éditions Anne Carrière La Déesse des petites victoires (Prix des libraires 2012) et Le Bal mécanique.

1584, en Provence. L’abbaye de Notre-Dame du Loup est un havre de paix pour la petite communauté de bénédictines qui y mène une existence vouée à louer Dieu et soulager les douleurs de ses enfants.

Ces religieuses doivent leur indépendance inhabituelle à la faveur d’un roi, et leur autonomie au don de leur doyenne, sœur Clémence, une herboriste dont certaines préparations de simples sont prisées jusqu’à la Cour.

Le nouvel évêque de Vence, Jean de Soline, compte s’accaparer cette manne financière. Il dépêche deux vicaires dévoués, dont le jeune et sensible Léon, pour inspecter l’abbaye. À charge pour eux d’y trouver matière à scandale, ou à défaut… d’en provoquer un.

Mais l’évêque, vite dépassé par ses propres intrigues, va allumer un brasier dont il est loin d’imaginer l’ampleur…

Cela fait maintenant plusieurs années que je souhaite découvrir la plume de Yannick Grannec Les simples n’ont donc, une fois n’est pas coutume, pas fait long feu dans ma pal, aussitôt acheté aussitôt lu.

J’ai beaucoup aimé découvrir le quotidien des religieuses, l’organisation interne du couvent avec les converses d’un côté – soeurs pauvres ne détenant aucun pouvoir décisionnel – et les discrètes, issues des familles nobles qui détiennent tous les pouvoirs.

L’autrice nous donne à lire, les luttes de pouvoir et les tentatives de « coups d’état  » de ces dernières contre Mère Marie-Verane dont elles n’acceptent pas l’autorité.

L’histoire contée ici est aussi celle de femmes luttant contre le pouvoir masculin. Ces moniales, sont par privilège royal, à la tête d’un hôpital et d’une herboristerie, ce qui déplaît au médecin et au chirurgien-barbier qui voient une partie de leur patientèle leur échapper tandis que l’évêque entend bien récupérer les bénéfices du couvent pour son profit.

Pour les hommes, ces bénédictines, femmes trop indépendantes semblent bien proches de l’hérésie. Conversent-elles avec Satan ? Se livrent-elles au péché de chair ou sont-elles encore pucelles ?

L’évêque va envoyer deux prêtres enquêter sur place. Léon et Dambier vont questionner, fouiller le couvent vérifier les comptes, surveiller l’hôpital…. à la recherche du moindre élément à charge pour faire plier les bénédictines.

Roman polyphonique, on va suivre tour à tour soeur Clémence, mère Marie-Verane, Léon de la Sine et l’évêque Jean de Solines nous relater les événements qui vont s’enchaîner, menant les bénédictines au bord du gouffre. Cabales, chasse aux sorcières, rien ne leur sera épargné.

J’ai fini ce récit au bord des larmes tant le sort de Clémence, Mathilde, Gabrielle et Marie-Verane m’a émue. Révoltée de voir une fois de plus, la maltraitance et les violences faites aux femmes.

Un roman intéressant, mêlant fiction et faits réels, riche d’enseignements sur les plantes médicinales et sur le fonctionnement d’un couvent, avec des beaux portraits de femmes. Une belle découverte et beaucoup d’émotion en ce qui me concerne.

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Béatrice Fontanel a publié de nombreux livres pour enfants et adultes parmi lesquels L’Homme Barbelé (Grasset, 2009), Plus noire avant l’Aube (Stock, 2014), Le Train d’Alger (Stock, 2016). La vie quotidienne tricotée aux événements dramatiques de l’histoire est le fil rouge de son travail.

Par un hasard miraculeux, Balthazar Janvier, enfant abandonné, devient le domestique dévoué de Lavoisier, père de la chimie moderne, homme encyclopédique : minéralogiste, météorologue, agronome, régisseur des poudres et salpêtres…

Éduqué grâce à la générosité de son maître, Balthazar devient un Sganarelle de laboratoire, ébahi des expériences auxquelles il assiste. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes lorsque survient la révolution.

Lavoisier est l’une des figures les plus brillantes et progressistes de son temps, il est aussi un noble et un fermier général très riche, ce qui le condamne de fait à l’échafaud.

Dans la tête de mon maître est un roman historique qui nous plonge au cœur de la révolution française. Par l’entremise du domestique astucieux du père de la chimie moderne, témoin des événements de son temps, nous assistons aux épisodes tragiques de la Révolution française qui s’emballe.

Narrateur candide au cœur de la Terreur, il nous livre le récit picaresque et tragique de la dernière année de vie de son maître.

Si cette période de notre histoire n’est pas ma préférée, elle m’intéresse de plus en plus si j’en crois mes lectures des deux dernières années et ce roman, fort bien documenté, fut passionnant à lire.

Très bien écrit, à la manière de l’époque dans laquelle il s’inscrit, ce roman plaira aux amateurs de titres historiques qui trouveront amplement leur compte dans les aventures de Balthazar qui court Paris pour sauver son maître.

Rien n’y fait. Béatrice Fontanel ne changera pas l’histoire et Lavoisier montera sur l’échafaud avec courage. Le savant n’est d’ailleurs qu’un prétexte pour aborder la Terreur.

La peur rôde dans chaque rue de Paris, dans chaque intérieur également, la frénésie, la folie, l’urgence sont racontées à hauteur d’homme, par ce jeune homme simple, qui est témoin de l’Histoire en train de broyer un monde, pour construire notre République. Mais cette liberté coûte bien cher.

Si cette histoire m’a beaucoup plu, je m’attendais à un portrait au plus près de Lavoisier, s’attardant sur ses travaux et la trace qu’il a laissé dans les différents domaines auxquels il a contribué.

Hélas pour moi, tout ceci est un peu trop survolé à mon gout, sans doute à cause du narrateur choisi qui n’est pas un scientifique mais un domestique et de la volonté de Béatrice Fontanel de nous raconter les principaux événements de la révolution.

Peu importe, j’ai été emportée par la très belle plume de l’autrice et dans la folie de cette révolution qui a coupé bien des têtes et si cette période vous intéresse, je vous invite à découvrir ce roman !

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Kate Quinn est née en Californie du Sud. Elle est diplômée de Boston University et passionnée d’Histoire depuis toujours. Ses romans sont traduits dans le monde entier. Plébiscité par les critiques, Le Réseau Alice connaît un succès retentissant dans de nombreux pays.

Un an après le début de la Grande Guerre, Eve Gardiner brûle de prendre part à la lutte contre les Allemands et est recrutée comme espionne.

Envoyée à Lille, dans la France occupée, elle est formée par Lili pour entrer dans le réseau qu’elle dirige, le réseau Alice, un vaste réseau d’agents secrets pour lutter contre l’ennemi.

1947, hantée par la trahison qui a provoqué le démantèlement du réseau Alice, Eve, devenue alcoolique, vit recluse dans sa maison de Londres.

C’est alors que Charlie, une jeune étudiante qui souhaite retrouver sa cousine disparue en France pendant la dernière guerre, déboule chez elle en prononçant un nom qu’elle n’a pas entendu depuis des décennies : Le Léthé, un restaurant dans lequel elle a travaillé pendant la grande guerre.

Leur rencontre les entraînera de Lille à Roubaix, en passant par Limoges et Grasse, à la recherche de Rose et de son bourreau, aidée par l’homme à tout faire d’Eve, Flinn.

Le réseau Alice m’intriguait depuis sa sortie il y a un an déjà. Ecrit par Kate Quinn dont j’avais adoré Les héritières de Rome et L’impératrice des sept collines et j’ai profité des fêtes pour enfin le découvrir.

Vous le savez, j’affectionne les romans historiques et l’une de mes périodes de prédilection est la première guerre mondiale, j’étais donc sûre et certaine que ce roman allait me combler et ce fut bel et bien le cas. Cela aurait même pu être un coup de coeur si je n’avais rien su du réseau Alice.

Etant férue de cette période et de l’histoire des femmes en générale, je connaissais l’existence de ce réseau d’espions, le plus fameux de la grande guerre, et notamment celle qui l’a brillamment dirigé jusqu’à son arrestation : Louise de Bettignies.

Connaissant sa vie, les tenants et aboutissants de sa carrière d’espionne et celle d’Edith Cavell, l’espionne anglaise la plus réputée, j’ai vu venir les rebondissements historiques qui émaillent ce roman, ce qui m’a empêché de savourer l’aspect historique de ce titre à sa juste valeur.

Ce fut tout de même une lecture passionnante puisque le récit, bien que reposant sur des faits historiques, est mené par Eve et Charlie, qui sont des personnages fictifs et ce qui leur arrive tout au long du récit m’a apporté son lot de surprises, me tenant en haleine de bout en bout.

Dans ce roman, Kate Quinn met donc en lumière l’histoire oubliée du plus grand réseau d’espionnes de la Première Guerre mondiale et sa figure de proue, Louise de Bettignies.

Une femme courageuse, pugnace et téméraire qui lui a valu l’admiration du camp ennemi et donné envie à d’autres femmes de devenir agents secrets dans son sillage.

Mélange fascinant de roman historique, de mystère et de romance, cette intrigue bien construite, foisonnante et palpitante ravira les passionné.e.s d’Histoire.

Très bien documenté, fourmillant de détails, il relate avec précision les faits et s’attache au plus près de la réalité historique, permettant à chacun et chacune d’y trouver son compte.

L’autrice aborde aussi la condition féminine de l’époque à travers ses héroïnes qui prennent en main leur destin et leur vie malgré les obstacles et les préjugés de l’époque, un aspect qui m’a beaucoup plu également.

Un roman véritablement passionnant, porté par des héroïnes attachantes et courageuses, avec un certain suspens. Une lecture que j’ai adoré et que je vous invite vivement à découvrir à votre tour si la première guerre mondiale vous intéressent !

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Lu dans le cadre du Cold Winter Challenge et du challenge 1 pavé par mois 

Ken Follett connaît son plus grand succès avec Les Piliers de la Terre, paru en 1989. C’est le début de la saga Kingsbridge, poursuivie avec Un monde sans fin et Une colonne de feu (Robert Laffont, 2008 et 2017), et vendue à plus de quarante-trois millions d’exemplaires dans le monde.

En l’an 997, à la fin du haut Moyen Âge, les Anglais font face à des attaques de Vikings qui menacent d’envahir le pays. En l’absence d’un État de droit, c’est le règne du chaos.

Dans cette période tumultueuse, s’entrecroisent les destins de trois personnages. Le jeune Edgar, constructeur de bateaux, voit sa vie basculer quand sa maison est détruite au cours d’un raid viking.

Ragna, jeune noble normande insoumise, épouse par amour l’Anglais Wilwulf, mais les coutumes de son pays d’adoption sont scandaleusement différentes des siennes. Et surtout, la famille de son époux, prenant ombrage de son influence sur l’ealderman, souhaite sa perte.

Aldred, moine idéaliste, rêve de transformer sa modeste abbaye en un centre d’érudition de renommée mondiale. Mais ce souhait tâche va être plus difficile que prévu à réaliser.

Chacun d’eux s’opposera au péril de sa vie à l’évêque Wynstan, prêt à tout pour accroître sa richesse et renforcer sa domination…

Le crépusucle et l’aube signe mes retrouvailles avec Ken Follett et sa saga Kingsbridge dont j’avais lu Une colonne de feu il y a trois ans déjà !

Dans ce préquel à sa plus célèbre saga inaugurée avec Les piliers de la terre, Ken Follett nous propose une formidable épopée où se mêlent vie et mort, amour et ambition, violence, héroïsme et trahisons.

Une belle brique de près de 900 pages dont je n’ai fait qu’une bouchée tant il m’a happée dès les premières pages ! J’avais prévu de me le réserver en lecture du soir, pensant me contenter d’une cinquantaine de pages à la fois, mais mission impossible car à chaque fois que j’étais obligée de le poser, je bouillais d’y retourner au point que je suis venue à bout de ma lecture en quatre jours !

Il faut bien reconnaître à Ken Follett, un talent indéniable de conteur qui sait nous prendre dans ses filets pour ne plus nous lâcher jusqu’au point final. Un décor historique de qualité, des intrigues bien bâties, pleines de retournements de situations et de suspens, des complots en veux-tu en voilà, des méchants haut en couleur qu’on adore détester.

L’histoire, bien que classique, se révèle passionnante ! On suit tour à tour nos trois héros Edgar, Ragna et Aldred aux prises avec le terriblement méchant homme d’église Wynstan qui n’a de cesse de comploter contre eux afin d’accéder à toujours plus de richesse et de pouvoir.

Au coeur du récit où cohabitent plus ou moins pacifiquement anglais, normands et vikings, il sera question de violences, trahisons mais aussi d’amours et d’ambitions, le tout dans un décor historique réussi dans lequel nous découvrons les moeurs et la politique du haut Moyen-Age.

Alors bien sûr, les personnages proposés par l’auteur gallois sont, comme toujours, très manichéens : les héros sont grandeur et bonté et ceux qui leur mettent des batons dans les roues, sont machiavéliques au possible. Le dénouement est également celui que les lecteurs attendent mais peu importe, le plaisir de lecture est là et moi, je marche à fond !

Un coup de coeur pour moi et l’une de mes meilleures lectures de l’année, ce n’était pourtant pas gagné au départ car l’époque est loin d’être ma tasse de thé.

J’espère vous avoir donné envie de découvrir ce roman à votre tour, que vous soyez déjà un.e habitué.e de l’auteur ou non. Ma chère Belette est sur la même longueur d’ondes, je vous laisse découvrir son avis ici.

Un grand merci aux éditions Robert Laffont pour cette lecture fleuve que j’ai adoré !

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Née au Puy-en-Velay, en Haute-Loire, Florence Roche a fait des études d’histoire à la faculté de Saint-Etienne. Elle a notamment publié L’Honneur des Bories, La Trahison des Combes, La Réfugiée du domaine et, aux Presses de la Cité, Les Parfums d’Iris, Les Carnets d’Esther, L’Héritière des anges et Le Pensionnat de Catherine.

Orpheline, Mathilde Gontran a grandi dans le pensionnat des Sœurs de la Charité au Puy-en-Velay depuis le jour où elle a été déposée à la pouponnière le 25 mars 1893.

En 1913, lors d’une promenade, elle croise Armand, l’unique fils de la prospère famille Josserand. C’est le coup de foudre. Mais les parents du jeune homme font tout pour éloigner la jeune fille : Armand est déjà promis, il en va de la survie des forges familiales.

En outre, Mathilde n’est qu’une simple lingère, et surtout elle serait la fille d’une criminelle, Lise Leclerc, condamnée au bagne pour le meurtre de quatre personnes. Mathilde, pour espérer goûter au bonheur, doit faire la lumière sur son passé.

Elle se lance alors dans une quête effrénée pour comprendre l’acte fou commis par sa mère vingt ans auparavant et démêler l’écheveau que fut la vie de Lise Leclerc.

Avec L’orpheline des soeurs de la Charité, Florence Roche nous propose une histoire pleine de secrets de famille comme je les aime, portée par deux héroïnes fortes, courageuses et attachantes : Mathilde et Lise.

Roman à deux voix et à double temporalité, on suit tour à tour Lise avant sa condamnation pour un quadruple meurtre, dans les années précédant 1893, date des crimes et, vingt ans plus tard, Mathilde qui tente de comprendre l’acte fou qui a conduit sa mère au meurtre.

L’histoire, émaillée de mystères et de nombreux rebondissements, est passionnante à suivre de bout en bout et même si j’avais deviné bon nombre de choses, je n’ai pas boudé mon plaisir de la première à la dernière page.

Le style fluide et dynamique de Florence Roche, l’aternance des points de vue et des époques, la quête d’identité de Mathilde qui prend des faux airs de polars, concourent à rendre cette lecture agréable et très addictive.

Entre mystère et vengeance, l’autrice raconte aussi la vie des femmes à une époque où elles n’ont pas leur mot à dire, où elles doivent se cantonner à la tenue du ménage et à la perpétuation de l’espèce !

Et nos héroïnes sont bien loin des codes de leur époque : Lise est infirmière à l’hôpital au temps où les soignantes étaient généralement des religieuses, elle forme une excellente équipe avec le docteur Dassin qui l’encourage même à devenir médecin.

Quant à Mathilde, elle refuse de se laisser intimider par les puissants, elle veut être une femme libre et indépendante même si elle rêve d’épouser le bel Armand.

Si vous aimez les secrets de famille, les femmes fortes et courageuses, L’orpheline des soeurs de la Charité devrait vous plaire !

Un grand merci aux éditions Presses de la Cité pour cette lecture que j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir !

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Lu dans le cadre du Pumpkin Automne Challenge

Catherine Cuenca est née en 1982. Son premier roman publié en 2001, elle se lance dans le métier d’écrivain à temps plein en 2010. Elle est l’autrice d’une quarantaine de romans historiques pour la jeunesse.

31 janvier 1916, les hommes sont mobilisés sur le front. À l’arrière, les femmes prennent la relève dans tous les secteurs de l’économie. Dans les campagnes, elles sont aux champs. En ville, elles sont dans les usines, les hôpitaux, les bureaux et même les transports !

Parmi elles, Agnès est embauchée comme conductrice de tramway. Elle qui peinait à payer ses factures et les colis pour son mari, au front, a quitté l’usine pour entrer à la régie des transports lyonnais, un travail moins pénible et plus rémunérateur.

Lorsque son mari, Célestin, rentre blessé de la guerre, il supporte mal qu’elle gagne plus que lui. Il lui somme de retourner à l’usine, ce qu’Agnès refuse d’autant qu’elle peine à reconnaître l’homme dont elle était amoureuse en 1914.

Célestin est devenu aigri et alcoolique, les disputes éclatent de plus en plus jusqu’au jour où la guerre s’achève. Agnès est alors renvoyée car les hommes doivent retrouver leur place, pour le plus grand plaisir de son époux.

Révoltée par cette injustice, elle s’engage dans le mouvement des suffragettes. C’en est trop pour Célestin…

Celle qui voulait conduire le tram signe mes retrouvailles avec Catherine Cuenca dont j’avais déjà apprécié Le choix d’Adélie, L’assassin du Marais et La marraine de guerre.

Comme toujours avec cette autrice, un roman court et percutant, solidement documenté, porté par une héroïne forte et attachante, abordant des thèmes importants de façon juste et pertinente.

Vous connaissez mon intérêt pour le mouvement suffragiste et la première guerre mondiale, j’ai été servie avec ce roman pour adolescents qui aborde avec justesse l’un et l’autre.

Catherine Cuenca s’attache à nous dépeindre la condition féminine pendant le premier conflit mondial : appelées à remplacer les hommes, les femmes ont répondu présentes, mettant pour certaines leur vie en péril.

Elles ont découvert ainsi qu’elles pouvaient être fortes et indépendantes, capables de travailler comme les hommes, à des postes d’hommes, ce qui leur était refusé en temps de paix.

Of course, aussitôt la guerre achevée, elles ont été priées de rentrer dans leur foyer, reléguées aux rôles d’épouses et de mères.

D’où la révolte de notre héroïne qui va militer pour le droit des femmes en dépit de l’opposition de son mari et du refus de ses collègues à se battre pour leurs droits car il ne faut pas l’oublier, toutes les femmes n’étaient pas féministes, et se rangaient aux cotés de leurs époux, fustigeant tout autant qu’eux les suffragettes !

L’autrice s’attache aussi à démontrer les ravages de la guerre sur les hommes revenus du front. Certains étaient devenus alcooliques, d’autres traumatisés par ce qu’ils avaient vécu dans les tranchées ou aigris de voir les femmes aux manettes.

L’histoire est dure et triste mais nécessaire, je vous la recommande vivement. Les adolescents, cible visée par l’autrice, se rendront compte du dur combat qu’ont mené les féministes pour le droit de vote et pourront juger de la réalité de la guerre.

Je découvre grâce à ce très bon roman les éditions Talents Hauts et leur collection Les héroïques et j’ai bien envie de découvrir les autres titres déjà parus !

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Reine française de la saga, Marie-Bernadette Dupuy a conquis une immense communauté de lecteurs par ses romans bouleversants qui figurent systématiquement dans le top des meilleures ventes à leur parution.

Septembre 1946. Dans le Morbihan, à Locmariaquer, Lara, jeune fille de 18 ans au caractère passionné, tente d’oublier les terribles années qui viennent de s’écouler.

Malgré les blessures laissées par la guerre, la vie reprend lentement son cours, lorsqu’un drame frappe la région : le corps d’une jeune fille est découvert sous un dolmen.

La malheureuse est vêtue d’une tunique blanche et a été égorgée. Pour Lara, cette terrible nouvelle est d’autant plus bouleversante que l’homme qu’elle aime est l’un des principaux suspects.

Qui a bien pu commettre ce meurtre odieux ? Est-ce un crime rituel ?

Les questions sont nombreuses pour Nicolas Renan, l’inspecteur chargé de l’enquête. D’autant que cette mort n’est que le début d’une longue série de crimes…

Marie-Bernadette Dupuy est une romancière prolifique, connue pour ses sagas familiales, que je retrouve à l’occasion de ce premier tome consacré à Lara, La ronde des soupçons.

Cette lecture fleuve de plus de 500 pages s’est révélée très prenante et plutôt passionnante car, au-delà de la romance Lara et Olivier, qui ravira les amat.eurs.trices du genre, bien que fort heureusement, elle ne soit pas au premier plan, l’autrice nous propose une histoire pleine de suspens dans un contexte historique particulier.

Car l’histoire démarre au lendemain de la seconde guerre mondiale, la France et les alliés ont gagné mais les tickets de rationnement son toujours là, tout comme les G.I qui ont contribué à libérer le territoire et qui profitent de leur position de libérateurs, pour séduire les jeunes filles et semer derrière eux, un certain nombre d’enfants illégitimes.

La guerre est encore dans les toutes les têtes et notamment les épisodes qui ont jalonné la libération du territoire avec l’épuration qui s’en est suivie, menée par des résistants historiques mais aussi par des opportunistes qui ont bien profité de la guerre pour s’enrichir et s’autoproclamer résistants, une fois qu’ils ne risquaient plus rien.

Le père et l’oncle de Lara Fleury, l’héroïne de cette histoire, ont été dénoncés comme résistants, déportés vers les camps et portés disparus. Pour sa mère Armeline, sa jeune sœur Fantou, les temps sont durs et l’argent se fait rare.

Heureusement pour elles, leurs voisins, les Cadoret, pêcheurs, les aident en améliorant leur ordinaire. C’est dans ce contexte difficile, qu’intervient une série de meurtres dans ce coin de Bretagne, situé à quelques kilomètres de chez moi et que je connais bien : Erdeven, Auray et Locmariaquer, et bien sûr Vannes, où l’inspecteur chargé de l’enquête vit.

Ce qui m’a beaucoup plu ici, c’est bien sûr le contexte historique et les lieux, les secrets de famille. Marie-Bernadette Dupuy s’est bien documenté sur l’époque et sur la région et au fil des pages, on découvre les conditions de travail et de vie de tous les protagonistes de cette histoire.

La Bretagne est une terre chrétienne mais aussi attachée à ses traditions ancestrales et à sa langue, et tout ceci est bien utilisé dans le roman même si le folklore breton aurait pu être utilisé encore davantage pour imprégner une ambiance un peu fantastique au récit.

Outre tous ces thèmes, Marie-Bernadette Dupuy nous propose également une enquête policière plutôt bien ficelée et qui tient en haleine. Son inspecteur Nicolas Renan, venu tout droit de Paris et depuis peu en poste à Vannes, se révèle intelligent, perspicace et assez attachant.

Quelques bémols toutefois : les personnages sont un peu trop nombreux à mon goût, certains n’apportent pas grand chose à l’histoire pour l’instant et la liaison entre Loïza et Renan se révèle absolument inintéressante à mes yeux voire même grotesque.

L’intrigue policière se révèle trop diluée, la tension se perd et c’est dommage. Ce premier volume est malgré tout un bon divertissement, on tourne les pages avec une certaine avidité et j’ai été embarquée par cette saga familiale jusqu’au point final, je lirai donc lire la suite.

Un grand merci aux éditions Calmann Levy et à Babelio pour cette lecture prenante !

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Fort de l’inventivité et de l’humanité qui ont fait sa marque, Gilles Legardinier sait nous emporter au cœur de destins qui basculent. Combinant tous les talents qui font son succès, il nous offre ici une aventure captivante, dans un univers énigmatique, une histoire qui enflamme notre imagination et nos émotions.

Paris, 1889. Vincent Cavel sait mieux que personne ce qu’est un secret. Spécialiste des passages dérobés, c’est à lui que les riches et les puissants font discrètement appel pour dissimuler leurs trésors ou s’aménager des issues indétectables.

Alors que Paris célèbre l’Exposition universelle et sa phénoménale tour Eiffel, Vincent et son équipe composée de son frère Pierre, de Konrad, d’Eustasio et du jeune Henri, deviennent soudain la cible de tentatives d’assassinat. La mort rôde désormais autour d’eux et ils doivent redoubler de prudence.

Un de leurs clients cherche-t-il à effacer ce qu’ils savent de lui ? Sont-ils traqués par des pouvoirs occultes ? Quelle est cette ombre qui peut les frapper n’importe où, n’importe quand ?

Vivant dans la discrétion, voire la clandestinité, ils sont de fait les détenteurs de secrets bien dangereux, et quand il devient évident que quelqu’un s’est mis dans la tête de les éliminer, Vincent va devoir comprendre s’il veut protéger les siens.

Par chance, une rencontre va l’aider mais aussi bouleverser tout ce qu’il pensait savoir…

Pour un instant d’éternité signe mes retrouvailles avec Gilles Legardinier que j’avais découvert avec ses feel-good books Demain j’arrête !, Complètement cramé ! et Ca peut pas rater.

Changement d’ambiance et d’époque avec ce roman qui m’a captivée de bout en bout. Gilles Legardinier nous propose ici une histoire mêlant habilement suspens et aventures dans le Paris de la Belle Epoque.

Très bien documenté, riche en précisions et détails, j’ai été transportée dans le Paris de cette fin du XIXè siècle qui s’ouvre au modernisme avec ses inventions dont on ne saurait se passer.

Figure centrale du roman, Paris sert de terrain de jeu à Vincent et à son équipe et l’on découvre avec eux la capitale de l’Exposition Universelle de 1889 mais aussi la ville souterraine qui repose toujours sur des fondations millénaires, cette dualité étant au cœur du récit.

La thématique du Paris secret n’est pas tellement exploitée par les auteurs et j’ai beaucoup aimé cet aspect, tout comme le métier de Vincent, qui permet à Gilles Legardinier d’exploiter les passages secrets de la capitale et ça, c’est vraiment inédit, en tout cas, je n’ai jamais lu de roman dans cet univers.

Vincent est un personnage attachant, protégé de l’immense illusionniste, Jean-Eugène Robert-Houdin, qui va se retrouver la proie d’une secte qui souhaite mettre la main sur le fameux trésor des Templiers, à ce jour jamais retrouvé.

Avec son équipe, il va braver pièges et dangers pour aider Charles, un ami de son mentor.

Les personnages sont bien dessinés, avec un caractère propre à chacun, pleins d’humanité, soudés et à l’amitié immuable, ils sont attachants et on a plaisir à suivre Vincent et les autres tout au long du récit.

Cette histoire se révèle passionnante, pleine d’énigmes, de secrets et de pièges, très bien écrite par Gilles Legardinier dont le style vif et fluide fait merveille ici. Le roman est intense mais je regrette que dans le dernier quart, cette intensité retombe un peu avec un dénouement abrupt et une équipe un peu trop en retrait à mon goût.

Ceci mis à part, Pour un instant d’éternité, est un formidable récit qui rappelle les romans feuilletons de l’époque dans laquelle il nous plonge, un divertissement que je vous recommande !

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Docteur en littérature française, Elisa Sebbel enseigne dans une université espagnole et vit à Majorque. Découvert dans le cadre du Mazarine Book Day 2018, pour lequel il a reçu la « mention spéciale du jury », son premier roman, La Prisonnière de la mer, dévoile un drame oublié de notre histoire.

1809. Les guerres napoléoniennes font rage. Alors qu’ils croyaient être rapatriés en France, cinq mille prisonniers se retrouvent captifs sur l’îlot de Cabrera, dans les Baléares. Pour survivre, un maigre filet d’eau douce, des rations insuffisantes, des abris précaires qu’il leur faut bâtir eux-mêmes. Vingt-et-une femmes les accompagnent, parmi lesquelles Héloïse, vivandière de 18 ans dont le mari a succombé en mer, emportant avec lui son insouciance et sa légèreté.

Si la guerre avait déjà meurtri les hommes, le désespoir leur fait bientôt perdre la raison. Par chance, Henri, chirurgien de l’armée, se prend d’affection pour Héloïse.

Entre privations, épidémies et tempêtes, les maux et les morts s’accumulent, l’espoir s’amenuise, et Héloïse ne songe qu’à se libérer enfin de cet enfer – jusqu’à ce nouvel arrivage de prisonniers et de Louis qui fait tout chavirer.

À force de ténacité, la jeune femme parviendra-t-elle à se sauver ? Car si l’amour est une captivité volontaire, la mer l’a déjà faite prisonnière…

La prisonnière de la mer est le premier roman d’Elisa Sebbel qui prend pour point de départ un épisode méconnu de notre histoire : suite à une bataille perdue par l’armée napoléonienne, les autorités font seize mille prisonniers répartis sur plusieurs villes d’Espagne.

Et parmi ces prisonniers, cinq mille hommes et vingt-et-une femme vont se retrouver sur l’île de Cabrera, dans les Baléares. Ces hommes et ces femmes laissés dans le plus grand dénuement vont être ravitaillés chichement par les autorités et vont connaître les épidémies et la faim.

Faute de soins et de nourriture suffisante, beaucoup périssent dans ce qui peut être considéré comme l’un des premiers camps de concentration de l’histoire.

Dans ce roman, l’autrice veut rendre hommage aux femmes prises dans cet exil : les vivandières. Ces femmes, attachées à des régiments pour servir de personnels de service, vendaient aux troupes des vivres et des boissons, en dehors de l’ordinaire, ainsi que des objets de première nécessité.

Toutes étaient femmes de soldats qui trouvaient par ce biais le moyen de rester avec leurs époux. Ce roman aura eu le mérite de mieux me familiariser avec ces femmes qui sont toutes des veuves lorsqu’elles mettent le pied sur l’île.

Elisa Sebbel s’attache à démontrer le quotidien de ces femmes qui vont servir d’infirmière dans l’hôpital de fortune mis en place par les chirurgiens. Elle nous montre la difficulté pour elles de vivre dans la promiscuité avec des hommes et vont petit à petit se retrouver sous le joug masculin.

Héloïse, l’héroïne, est plutôt chanceuse, car un homme bienveillant et doux, l’un des chirurgiens, va tomber amoureux et la prendre sous son aile. Ses compagnes, le seront nettement moins, puisqu’elles tomberont dans une prostitution forcée.

Tout ceci aurait pu être passionnant mais je ressors diablement déçue de ma lecture. L’histoire se révèle plate et sans grand intérêt pour moi, à part nous raconter les épidémies et la faim qui tenaille ses héros, on tourne franchement en rond.

Second point négatif : on tombe dans un triangle amoureux insipide entre Héloïse, Henri le chirurgien tellement gentil et Louis l’officier beau à se damner, avec tous les clichés que cela comporte, tant au niveau des personnages qui manquent cruellement d’épaisseur, que dans le dénouement, tellement prévisible.

Pour être honnête, je me suis ennuyée ferme, à deux doigts de l’abandon mais pensant malgré tout que l’histoire allait s’améliorer, j’ai fini par le lire en diagonale, mais en vain puisque rien ne m’a plu.

En résumé, une bonne idée de départ qui aurait pu se transformer en grand roman, hélas Élisa Sebbel a préféré nous proposer une bluette cousue de fil blanc et sans saveur.

Vous l’aurez compris, mon intérêt s’est rapidement éteint devant cet ennui abyssale et un évident manque de souffle romanesque. Très déçue donc !

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