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Posts Tagged ‘roman historique’

Stacey Lee vit en Californie. C’est une fille d’immigrés chinois de la 4e génération. Au XIXe siècle ses ancêtres, côté maternel, furent d’abord refoulés par le Chinese Exclusion Act. Son père, lui, est arrivé à San Francisco en 1953. Diplômée de l’université de Californie à Los Angeles (UCLA) et de l’UC Davis School of Law, elle a été avocate dans la Silicon Valley pendant plusieurs années, avant de se consacrer totalement à son travail d’écrivaine. Spécialiste du YA, elle signe son 4e roman avec « La Vie vue d’en bas ».

Atlanta, 1890. Jo Kuan adore son travail de modiste mais elle est renvoyée brutalement. Une jeune chinoise n’a pas le droit de donner son avis, même sur les chapeaux qu’elle confectionne. Ses beaux rêves d’avenir s’effondrent.

La jeune fille vit pauvrement et clandestinement dans le sous-sol du journal local avec Old Gin qui l’a élevé comme un père depuis sa naissance car Jo est orpheline et n’a jamais connu ses parents.

Les Payne, qui emploient Old Gin, l’embauchent comme femme de leur chambre de leur fille Caroline, à elle de chaperonner la jeune fille et répondre à ses désirs.

Jo déteste sa nouvelle place et, dissimulée sous le pseudonyme de Miss Sweetie, elle commence à écrire pour la rubrique courrier des lecteurs. Impertinente et progressiste, elle égratigne le racisme et le sexisme ordinaires.

Et bientôt, en ville, tout le monde ne parle plus que de cette mystérieuse chronique…

Avec La vie vue d’en bas, Stacey Lee propose aux adolescents roman historique et initiatique qui montre le combat de Jo pour sortir de la misère avec son père adoptif.

L’autrice aborde à travers son héroïne très courageuse la place des femmes en cette fin du XIXè siècle : domestique, employée ou bourgeoise, chacune doit à cette époque tenir son rang et se tenir loin des lieux de pouvoir.

Jo est en but au racisme dont est victime la communauté chinoise. Ces ressortissants ont remplacé les noirs devenus libres dans les plantations et leur sort n’est guère plus enviable que les esclaves. Ils se sont vite enfuis et installés dans les villes où ils sont considérés comme des citoyens de seconde zone, encore plus mal lotis que les afro-américains, c’est dire.

La jeune fille veut faire changer les mentalités et profite de sa rubrique pour éveiller les consciences. Féministe, elle s’engage dans le mouvement suffragiste et on découvre avec elle, que là aussi, les domestiques et les femmes de couleurs ne sont pas les bienvenues, un comble !

Toutes ces thématiques sont intéressantes et inspirantes, elles sont bien abordées par Stacey Lee, et pourtant, j’ai eu un peu de mal à me passionner pour cette histoire, trop adolescente pour moi, avec quelques clichés, un dénouement un peu trop facile, une romance et un manichéisme dont je me serai bien passée.

Même si j’ai apprécié les thématiques, les secrets de famille de Jo et surtout les missives de Miss Sweetie qui sont un régal, ce roman manque pour moi de réalisme et tombe un peu trop dans la facilité mais je le conseille aux adolescent.e.s, public visé par l’autrice, qui ne manqueront pas d’apprécier davantage ce roman fait pour eux.

Un grand merci à Babelio et aux éditions Milan pour cette lecture.

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Diplômé de Cambridge, Julian Fellowes est acteur, auteur, metteur en scène et producteur, récompensé de multiples fois. Il est l’unique scénariste et le producteur exécutif de la série à succès Downton Abbey pour laquelle il a reçu trois Emmy Awards. C’est aussi le scénariste de Gosford Park et l’auteur de deux romans : Snobs (JC Lattès) et Passé imparfait (Sonatine).

Le 15 juin 1815, le bal devenu légendaire de la duchesse de Richmond réunit à Bruxelles tous les grands noms de la société anglaise. La plupart des beaux officiers présents ce soir-là périront quelques heures plus tard sur le champ de bataille de Waterloo, faisant de cette réception l’une des plus tragiques de l’histoire.

Mais cette nuit va aussi bouleverser le destin de Sophia Trenchard, la ravissante fille du responsable de l’intendance du duc de Wellington. Vingt-cinq ans plus tard, les Trenchard, en pleine ascension sociale, se sont installés dans le nouveau quartier de Belgravia et pensaient laisser derrière eux ces terribles événements.

Mais dans un monde en mutation où l’aristocratie côtoie désormais la classe émergente des nouveaux riches, certains sont prêts à tout pour que les secrets du passé ne menacent pas leurs privilèges…

Avec Belgravia, il est question d’amours contrariées, d’intrigues entre classes sociales, des rôles des domestiques. Cela ne vous rappelle pas Downton Abbey ? C’est normal, ce roman a été écrit par Julian Fellowes, le créateur de cette série que j’adore.

Et on retrouve dans ce roman tout le talent et le charme du scénariste de Gosford Park, c’est bien simple j’ai été sous le charme de la première à la dernière page. L’histoire, les personnages, le contexte historique, tout m’a plu !

L’histoire est intéressante, prenante à suivre, pleine de rebondissements et d’évènements qui éveillent sans cesse la curiosité du lecteur. Un bal tragique à la veille de la bataille de Waterloo, la mort des amoureux et vingt ans de chagrin pour leurs parents.

Et puis un jour, une mère murmure le secret qu’elle a gardé si longtemps, en dépit de l’interdiction faite par son mari, pour soulager la peine amère d’une duchesse qui pourtant la méprise.

Et voilà les deux familles qui n’auraient jamais du se côtoyer, prises dans une tourmente de sentiments. Les complots s’ourdissent, les domestiques trahissent. Le pitch n’est pas original, des jeunes filles séduites par des aristocrates, mais il est efficace !

Le récit, bien construit, est porté par des personnages hauts en couleur, déterminés, chacun dans sa caste qu’ils s’agissent de nobles et roturiers, de maîtres et valets.

Comme dans Downton Abbey, on voit l’arrogance de l’aristocratie anglaise au début du XIXème siècle où il vaut mieux être premier né que cadet, l’émergence de la bourgeoisie dont le travail et l’intelligence portent ses fruits et le sort peu envieux des domestiques.

Car aux premières loges des maîtres, les servantes, majordomes, caméristes, maîtres d’hôtel, qui en savent beaucoup plus que ce que leurs employeurs le souhaiteraient, ne perdent pas une miette de ce qui se passe dans les étages et tenteront de tirer profit des évènements.

Vous l’aurez compris, Belgravia est un roman historique réussi, que j’ai pris grand plaisir à lire et que je recommande aux amoureux de la littérature anglaise et aux fans de Downton Abbey of course !

Lu dans le cadre du Mois Anglais :

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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D’origine irlandaise, Jess Kidd vit aujourd’hui à Londres. Elle est l’auteure de trois romans unanimement salués par la critique, qui témoignent tous d’une imagination débordante et d’un univers très personnel. Les Voleurs de curiosités est son premier livre publié en France.

Londres, 1863. Bridie Devine, détective spécialisée dans les affaires délicates, a du mal à se remettre de sa dernière affaire : elle n’a pu sauver le petit garçon qu’elle était chargée de retrouver, lorsqu’elle est contactée par un nouveau client.

Elle s’attaque alors au cas le plus insolite de toute sa carrière. Christabel Berwick, l’héritière d’un baronnet, a été kidnappée. Mais la fillette n’est pas une enfant ordinaire. Son existence a été cachée aux yeux de tous et ses étranges talents semblent autant effrayer son entourage qu’ils attirent l’attention des collectionneurs de curiosités.

Aidée dans sa quête par le fantôme tatoué d’un boxeur mélancolique, Bridie suit pas à pas les traces laissées par les ravisseurs, replongeant malgré elle dans un passé qu’elle a tenté d’oublier…

Les voleurs de curiosités m’avait tapé dans l’oeil dès sa parution, appâtée par cette très belle couverture où l’on voit une sirène, par le contexte historique, Londres à l’époque victorienne est une période que j’aime beaucoup, et par la 4è de couverture qui promet résurrectionnistes, saltimbanques mercenaires, fantôme, créature aquatique légendaire et autre freaks.

Autant de personnages qui hantent effectivement les pages de ce roman où le spectacle est roi, et qui fait la part belle à une intrigue addictive mêlant enquête et aventures. Le récit se révèle vraiment original, le décor historique est bien là, j’ai passé un très bon moment de lecture car toutes les promesses ont été tenues.

Le premier point fort de ce roman, ce sont les personnages : Bridie, Cora, Ruby et l’inspecteur Rose sont bien construits, attachants et plus la lecture avance, plus on en apprend sur leurs passés, plus ils semblent sympathiques.

Bridie est une femme forte, indépendante, qui ne se laisse jamais abattre. Elle a pourtant eu une enfance particulièrement difficile et pauvre comme tous les personnages qui traversent ce roman.

J’ai beaucoup aimé aussi la relation que Bridie entretient avec son acolyte fantôme qu’elle a connu dans son passé mais dont elle ne se souvient pas.

L’intrigue est très originale comme je vous l’ai dit plus haut car nous sommes ici dans le registre du roman historique avec une enquête, des légendes irlandaises, une ambiance freak, avec des touches de fantastique et de surnaturel qui ne tombent jamais à plat.

L’autrice arrive à bien doser tous ces ingrédients pour proposer une intrigue prenante de bout en bout. Sa plume est très agréable, les pages défilent toutes seules et lorsque l’on arrive au point final, on a eu toutes les réponses aux questions que l’on se pose tout au long du récit.

Petit bémol toutefois : j’ai trouvé la fin un peu abrupte, je ne m’attendais pas à une résolution aussi brève. J’espère toutefois qu’une suite est prévue car j’ai vraiment aimé les personnages et l’ambiance du roman. Si vous aimez ce genre de roman, je vous le conseille.

Belette qui m’a accompagné dans cette lecture a beaucoup aimé également, son avis ici !

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Anne-Gaëlle Huon a une passion pour les listes et une tendresse particulière pour les vieilles dames. Sa plume lumineuse et optimiste met en scène des personnages attachants empreints d’une vraie joie de vivre. Après le succès du Bonheur n’a pas de rides, elle nous invite en Provence avec Même les méchants rêvent d’amour. 

Rosa a quinze ans quand elle prend la route avec sa soeur Alma, un froid matin d’automne, avec une seule idée en tête : rejoindre le Pays basque pour devenir couseuse d’espadrilles et échapper à son destin.

Mais en chemin, un drame survient qui marquera son existence à tout jamais. Heureusement, quelques semaines après son arrivée à Mauléon, elle rencontre les Demoiselles, des femmes fantasques et mystérieuses vivant au milieu des livres, des jarretières et des coupes de champagne.

Qui sont-elles ? Quel secret cachent-elles ? Libres et incandescentes, accompagnées d’un majordome plus grand qu’une cathédrale, d’un chauffeur louche et d’un perroquet grivois, les Demoiselles n’auraient jamais dû croiser la route de Rosa. Pourtant, ces femmes vont changer sa vie.

Les demoiselles signent mes retrouvailles avec Anne-Gaëlle Huon dont j’avais apprécié Même les méchants rêvent d’amour mais pas du tout Le bonheur n’a pas de rides.

Vous connaissez mon intérêt pour les années 20, ce roman historique ne pouvait qu’atterrir dans ma PAL et il n’a pas eu le temps d’y rester puisque je l’ai lu quelques jours après l’avoir acheté.

Ce troisième roman de l’autrice d’origine basque fut une agréable parenthèse qui m’a accompagnée le temps d’un week-end. L’histoire, portée par l’écriture fluide et agréable d’Anne-Gaëlle Huon, m’a beaucoup plu. Elle fait la part belle aux femmes libres et indépendantes, à une époque où le rôle des femmes était dévolu au foyer.

Anne-Gaëlle Huon s’attache à dévoiler la condition féminine de cette époque encore corsetée où les femmes passaient du joug de leur père à celui de leur mari sans ciller.

Un temps où les violences faites aux femmes semblent bien normales et ordinaires que ce soit dans le mileu familial ou du travail. Un temps où les hommes sont tout-puissants, comme aujourd’hui hélas !

Une époque où la sexualité était affaire de mariage et où les filles-mères étaient montrées du doigt, souvent contrainte de quitter leur région voire d’abandonner leur enfant.

De tout ceci, il est question dans ce roman mais pas que ! L’autrice nous parle de deuil, d’amour, de relations entre soeurs, entre mères et filles, de sororité, de rivalité et de mode.

Ce roman nous permet aussi de découvrir l’existence des Hirondelles, ces jeunes filles espagnoles qui traversaient les Pyrénées pour aller coudre des espadrilles au pays basque six mois par an et qui leur permettait de s’offrir ensuite leur trousseau de mariage.

Au-delà de l’intrigue et des thématiques, le point fort de ce roman ce sont les personnages : Rosa, Colette, Bernadette, Marcel, Lupin, Melle Thérèse et Melle Véra sont attachants et plutôt hauts en couleurs, j’ai beaucoup aimé suivre l’évolution de leurs vies.

Petit bémol pour moi : le côté historique n’est pas assez travaillé, on passe de 1923 à 1939 puis aux années 50 de façon trop précipitée et cela ne me semble pas crédible qu’une héroïne née en 1908 soit encore vivante en 2021 pour raconter son histoire.

En dépit de ce bémol qui peut décevoir les adeptes de l’Histoire comme moi, je vous conseille ce roman si vous êtes à la recherche d’une histoire pétillante et pleine d’émotion !

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois

Née en Normandie, Karine Lebert a notamment publié aux Presses de la Cité Les Demoiselles de Beaune (2017), Les Amants de l’été 44 (2018), sa suite, indépendante, Pour l’amour de Lauren (2019) et Les Murmures du lac (2020).

De nos jours, à Trouville, lors d’une remise de médaille pour saluer son action héroïque durant la Libération, Alma est victime d’un malaise. Elle a ces mots : « Pardonne-moi, Lucie… » car elle porte en elle un secret qui a hanté longtemps son existence hors du commun.

En 1944, Alma s’est enrôlée parmi les Rochambelles, ces infirmières et ambulancières de la 2e DB. Elle était au plus près des soldats, de l’Angleterre aux plages du Débarquement, de Paris à l’Allemagne, conciliant son engagement et sa vie de femme.

Au sein d’une famille désunie, sa petite-fille, Marion, va chercher à remonter le fil du temps et le passé d’Alma, en interrogeant des témoins de l’époque. Afin de savoir qui est Lucie. Et de découvrir le secret coupable d’Alma…

Quel plaisir de retrouver la plume de Karine Lebert à l’occasion de son tout nouveau roman : Pour l’honneur des Rochambelles. Vous le savez si vous me suivez depuis un petit moment, j’avais adoré sa duologie Les amants de l’été 44 et Pour l’amour de Lauren qui avaient pour cadre la seconde guerre mondiale.

Si, comme moi, vous aimez les romans sur deux temporalités, les secrets de famille, les destins de femmes et que vous aimez retrouver la guerre 39/45 dans vos lectures, je ne peux que vous conseiller ces trois romans, vous allez à coup sûr les apprécier.

Karine Lebert connaît manifestement très bien cette époque de notre histoire qu’elle prend pour toile de fond de ses romans. La romancière alterne la narration entre le présent et le passé, entre Marion et Alma, en donnant tour à tour la parole à ses deux héroïnes et aborde un sujet assez méconnu de la seconde guerre mondiale : les Rochambelles.

Je ne connaissais pas avant d’entamer cette lecture l’existence des Rochambelles, nom donné aux conductrices ambulancières de l’unité Rochambeau, qui faisait partie de la 2ᵉ division blindée du général Philippe Leclerc pendant la Seconde Guerre mondiale et j’ai beaucoup aimé découvrir le quotidien de ces femmes courageuses de l’Afrique du Nord à l’Angleterre, de la France à l’Allemagne, c’était réellement passionnant.

Si le récit au passé est intéressant, celui au présent, une fois n’est pas coutume, l’est tout autant. L’enquête de Marion pour remonter le fil de l’histoire de sa grand-mère, même si cela est un peu trop facile pour être tout à fait crédible, se révèle très addictive, avec des thématiques fortes comme les filles-mères et le sort réservé à leurs bébés, la santé mentale et les conditions de vie dans les asiles psychiatriques pendant la guerre et les deux décennies qui suivent.

Certaines scènes sont réellement bouleversantes et émouvantes tant l’autrice arrive à nous plonger dans cette histoire. C’est un roman est très complet : bien documenté d’un point de vue historique, instructif, avec du suspense, des rebondissements, de lourds secrets.

Karine Lebert fait aussi un clin d’oeil à Gemma, l’une des héroïnes de Pour l’amour de Lauren, et nous balade dans des villes normandes chères à mon coeur que sont Deauville, Trouville et Honfleur. Un voyage immobile bienvenu en plein confinement.

Passionnant de bout en bout, le dernier opus de Karine Lebert est une belle ode aux femmes, ne le manquez pas !

Un grand merci aux éditions Presses de la cité pour cette très belle lecture.

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois

Catherine Bardon est une amoureuse de la République dominicaine. Elle est l’auteur de guides de voyage et d’un livre de photographies sur ce pays, où elle a passé de nombreuses années. En 2018, elle a signé son premier roman, Les Déracinés, paru aux Escales.

Vienne, 1932. Au milieu du joyeux tumulte des cafés, Wilhelm, journaliste, rencontre Almah, libre et radieuse. Mais la montée de l’antisémitisme vient assombrir leur idylle.

Au bout de quelques années, ils n’auront plus le choix ; les voilà condamnés à l’exil. Commence alors une longue errance de pays en pays, d’illusions en désillusions. Jusqu’à ce qu’on leur fasse une proposition inattendue : fonder une colonie en République dominicaine.

En effet, le dictateur local a offert cent mille visas à des Juifs venus du Reich. Là, au milieu de la jungle brûlante, tout est à construire : leur ville, leur vie.

Fondé sur des faits réels, Les déracinés est le premier tome d’une fresque familiale et historique, qui révèle un pan méconnu de notre histoire récente.

A travers les destins d’Almah et de Wilhelm, Catherine Bardon qui signe ici son premier roman, dépeint le sort des êtres pris dans les turbulences du temps, la perte des rêves de jeunesse, la douleur de l’exil et la quête des racines.

C’est un roman fleuve, passionnant, où l’on suit notre couple de héros à Vienne puis dans l’exil en République Dominicaine. Le sujet questionne, interroge : peut-on se reconstruire lorsque l’on devient apatride après avoir été confronté brutalement à l’Histoire ?

On va assister à la montée du nazisme, à la perte pour les personnages et leurs familles de leurs métiers, de leurs entreprises, jusqu’au jour où poussés par leurs parents respectifs et Myriam, la soeur de Wilhelm, ils optent pour l’exil la mort dans l’âme.

La difficulté d’avoir des visas se pose alors que tous les pays mettent en place des quotas et l’ensemble des juifs ne pourra malheureusement pas quitter l’Autriche.

La douleur du déracinement, l’errance pendant près d’un an avant de finalement accepter de rejoindre la république dominicaine où règne sans partage la dictature de Rafael Trujillo, l’abandon de leur profession de journaliste et de dentiste pour refaire leur vie dans un esprit communautaire, rien ne sera épargné à Wilhelm et Almah.

Si j’ai adoré toute la partie viennoise véritablement passionnante, j’ai un peu moins goûté la partie dominicaine où il y a trop de longueurs à mon goût même si j’ai trouvé très intéressant de découvrir comment s’organisait un kibboutz.

Je ne savais absolument rien sur ces villages collectivistes nés au début du XXè siècle en Palestine et où l’individu doit s’effacer devant le collectif, une organisation qui va beaucoup perturber notre couple qui souffre de perdre son intimité.

Malgré mes réserves sur les longueurs, j’ai beaucoup aimé ce premier tome, très bien écrit et documenté, notamment grâce au personnage solaire d’Almah. Je lirai avec plaisir la suite de cette saga familiale puisque les tomes 2, 3 et 4 sont dans ma PAL.

Et vous, vous aimez les sagas familiales ?

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Gaëlle Josse est l’auteure des Heures silencieuses, Nos vies désaccordées (prix Alain-Fournier 2013), Noces de neige et Le dernier gardien d’Ellis Island, qui a reçu le prix de littérature de l’Union européenne en 2015 et qui a été traduit dans une dizaine de langues.

Delft, novembre 1667. Tout paraît à sa place dans la vie de Magdalena, épouse de Pieter Van Beyeren, administrateur de la Compagnie des Indes Orientales.

Rigoureuse, intelligente, maîtresse d’elle-même, elle aurait pu succéder à son père mais elle a dû renoncer à ses rêves d’aventure sur ses bateaux. Là n’est pas la place d’une femme. Sa place est au foyer.

Magdalena doit se limiter à cet espace intérieur où elle a souhaité se faire représenter à son épinette, de dos. Un décor à secrets capturé par le peintre Emmanuel de Witte que son journal intime dévoile.

Déceptions, souvenirs, drames familiaux, deuils mais aussi joies et désirs interdits, chaque soir Magdalena Van Beyeren se confie à son journal intime…

Inspiré par un célèbre tableau d’Emmanuel De Witte, reproduit sur la couverture, Les heures silencieuses est le premier roman de Gaëlle Josse et celui qui me permet de connaître enfin sa plume si souvent vantée.

Et je ne peux qu’être d’accord avec les autres lecteurs, ce très court roman est magnifique, portée par la plume poétique de Gaëlle Josse.

Un texte lumineux qui nous brosse le beau portrait d’une femme droite et courageuse dans le peu d’espace qui lui est accordé. Lu d’une traite, j’ai adoré découvrir cette femme, ses pensées, ses désirs, ses aspirations, ses regrets, sa tristesse mais aussi ses moments de joie.

Un petit bijou d’atmosphère merveilleusement écrit et très bien documenté car au-delà du quotidien de Magdalena, Gaëlle Josse aborde aussi le commerce entre les Pays-Bas et l’Asie, en particulier avec la Chine pour ses porcelaines et le Japon pour ses soieries, mais aussi la traite d’êtres humains, commerce que notre héroïne, très pieuse, réprouve.

L’autrice sait nous toucher par sa plume délicate et son vocabulaire ciselé. La lectrice que je suis avait l’impression de vivre les scènes décrites, de s’immiscer dans l’intimité de ce foyer.

Tout est parfait dans ce roman que j’ai adoré. Mon seul petit bémol, c’est que j’étais tellement bien dans cette atmosphère feutrée que je suis arrivée au point final bien trop vite !

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Née à Washington en 1962, Tracy Chevalier vit à Londres depuis 1984. Elle a connu un immense succès dès son deuxième livre, La Jeune Fille à la perle, adapté au cinéma par Peter Webber en 2002. Sept autres romans ― Le Récital des anges (2002), La Dame à la Licorne (2003), La Vierge en bleu (2004), L’Innocence (2007), Prodigieuses Créatures (2010), La Dernière Fugitive (2013) et A l’orée du verger (2016) ― ont paru en Quai Voltaire.

Winchester, 1932. Violet Speedwell, dactylo de trente-huit ans pour une compagnie d’assurances, fait partie de ces millions de femmes restées célibataires depuis que la première guerre mondiale a décimé toute une génération de fiancés potentiels, dont l’homme qu’elle aimait, Lawrence.

« Femme excédentaire », voilà l’étiquette qu’elle ne se résigne pas à porter, à une époque où la vie des femmes est strictement régentée. En quittant une mère acariâtre, Violet espérait prendre son envol, mais son maigre salaire lui permet peu de plaisirs et son célibat lui attire plus de mépris que d’amis.

Le jour où elle assiste à un curieux office à la cathédrale, elle est loin de se douter que c’est au sein d’un cercle de brodeuses en apparence austère – fondé par la véritable Louisa Pesel – qu’elle trouvera le soutien et la créativité qui lui manquent.

En se liant d’amitié avec l’audacieuse Gilda, Violet découvre aussi que la cathédrale abrite un tout autre cercle, masculin cette fois, dont Arthur, sonneur de cloches, semble disposé à lui dévoiler les coulisses. À la radio, on annonce l’arrivée d’un certain Hitler à la tête de l’Allemagne…

La brodeuse de Winchester signe mes retrouvailles avec l’une de mes romancières préférées, Tracy Chevalier. L’autrice américaine ne m’a jamais déçue, j’aime beaucoup les thématiques qu’elles traitent dans chacun de ses ouvrages, et notamment la place de la femme dans la société.

Une fois de plus, je me suis régalée et j’ai savouré ce roman de la première à la dernière page. Il ne détrône pas Prodigieuses Créatures, mon préféré à ce jour, mais c’est un très bon roman portée par une héroïne que l’on pourrait percevoir un peu fade et sans beaucoup de volonté, qui va se révéler bien plus forte en osant braver les codes sociaux de son époque.

À 38 ans, Violet est pour sa famille, ses collègues et plus généralement la société, une vieille fille. Celle qui n’a pas de famille à elle ni de travail. La femme excédentaire. La faute à la guerre qui lui a ravi son fiancé et l’a condamné à un célibat forcé.

En effet, plus de la moitié des hommes de la tranche d’âge de Violet a péri au combat, rendant difficile tout projet de mariage. Ne supportant plus les jérémiades de sa mère, elle préfère accepter un poste à Winchester pour prendre son indépendance. Le salaire n’est pourtant pas à la hauteur et notre héroïne s’alimente peu, faute d’argent, ce que personne dans son entourage ne semble ni remarquer ni se soucier.

J’ai trouvé cette thématique de la femme excédentaire très intéressante et assez peu abordée en littérature ou en Histoire d’ailleurs alors qu’elle a du être une véritable punition pour ces femmes à une époque où leur rôle était dévolu au foyer.

Heureusement, Violet est courageuse, forte, indépendante, même s’il lui faut du temps pour le réaliser. Tout au début, elle paraît timide et a peur de s’exprimer. Au fil des pages, sa personnalité s’affirme. Elle tombe amoureuse d’un sonneur de cloches à la retraite, Arthur, déjà marié et son aîné d’une vingtaine d’années.

Un amour impossible et pourtant Violet va s’y accrocher de toutes ses forces, son petit coin de ciel bleu à elle, dans une quotidien bien morne. Tout comme, elle va s’adonner avec passion au point de croix. L’autrice nous fait entrer dans ce cercle des brodeuses aux côtés de Louise Pesel (qui a réellement existé), on assiste aux séances, à l’apprentissage de chaque point. Le sujet ne m’intéresse à priori absolument pas et pourtant j’ai trouvé tous les passages s’y référant, absolument pas ennuyeux.

Les personnages qui entourent Violet sont très bien dessinés : l’insupportable marâtre qui lui sert de mère, son frère, sa belle-soeur et ses neveux, ses amies Gilda et Dorothy, Arthur, tous ont leur personnalité propre et j’ai terminé ce livre à regret mais totalement enchantée par le dénouement.

Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé ce roman que j’ai lu en compagnie de ma Belette qui a découvert Tracy Chevalier à cette occasion et qui est nettement moins emballée que moi, filez lire son avis ici.

Et vous, vous aimez Tracy Chevalier ? Lequel de ses romans préférez-vous ?

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Jérôme Hallier est né à Caen et vit à Francfort après avoir habité plusieurs années à Kyoto. Cet amoureux du Japon a publié Les Portraits sonores du docteur Léon Azoulay, son premier roman chez Flammarion en 2018.

Kyoto, fin 1899. La jeune geisha O-miya rêve de s’échapper de la somptueuse maison de thé où elle vit confinée depuis son enfance. Grâce à un shamisen mystérieux que lui offre un fameux luthier, elle se voit confier une mission de la plus haute importance : représenter le Japon à l’Exposition Universelle de Paris.

Au même moment, Tommy, casseur de pierres dans les Appalaches, abandonne travail et amis pour partir à l’aventure avec son banjo. Sa destination : New York. Avec son patron, ils sont engagés pour faire le show lors de la traversée New-York Le Havre.

Tandis que débutent leurs voyages, un étrange docteur, Léon Azoulay, arpente les allées de la gigantesque Exposition universelle à Paris. Muni de son phonographe à roulettes, il marche sans cesse, avec une obsession en tête : enregistrer les voix et les musiques du monde.

La geisha et le joueur de banjo est un court roman qui mêle personnages historiques et de fiction. Jérôme Hallier plante son décor à Paris, tout au long de l’Exposition Universelle de Paris qui eut lieu du 15 avril au 12 novembre 1900.

Au coeur de la Belle Epoque donc, une période foisonnante que j’adore, comme vous l’avez sans doute déjà compris, d’autant que cette thématique de l’Exposition Universelle est très intéressante !

Dans l’effervescence d’un siècle qui commence, on suit la trajectoire d’O-miya, de Tommy et de Léon qui rêve de créer un musée des sons de l’humanité.

Trois univers et pays différents, la découverte du métier de geisha et d’un instrument traditionnel japonais, le shamisen, et un petit régal de lecture pour moi que ce récit plein de douceur et de musique.

Un roman totalement inconnu si j’en crois vos retours sur Instagram et quelle belle découverte pour moi que cette histoire charmante et délicate, portée par des personnages tellement attachants. Des trajectoires aux antipodes les unes des autres, qui vont finir par se rejoindre au coeur de cette exposition universelle.

J’ai été très touchée par le personnage d’O-miya, cette geisha achetée par une maison de thé et sa petite soeur de coeur au destin tragique et par la démarche de Léon qui veut coucher sur cylindre et rendre éternelles toutes les musiques du monde

Dans ce roman choral, on suit tour à tour, on suit O-miya, Tommy et Léon dans leurs aventures et le moins que l’on puisse dire c’est que leur chemin est sillonné d’embûches et de rebondissements.

Le style de Jérôme Hallier est fluide et agréable, toutes les pages consacrées à la musique sont vraiment agréables à lire et je dois dire que j’ai eu du mal à lâcher ce roman tant l’auteur a su m’embarquer de la première à la dernière page.

Une très bonne lecture et un roman méconnu que je vous encourage à découvrir, il est dépaysant, charmant, délicat, vraiment j’ai beaucoup aimé !

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Journaliste et romancière, Kate Alcott vit à Washington avec son mari. En Allemagne et aux Etats-Unis, La Petite Couturière du Titanic est resté plusieurs semaines durant sur les listes des meilleures ventes.

Cherbourg, avril 1912. Tess Collins est une jeune bonne anglaise, s’échinant à la tâche pour quelques francs. Depuis toujours, elle aime la couture, un intérêt qu’elle a découvert auprès de sa mère, et elle aspire à percer dans le milieu de la mode.

Le Titanic doit quitter le port dans quelques heures et elle décide de s’embarquer sur le paquebot et elle une chance folle car elle fait connaissance de Lucy Duff Gordon, célébrité de la haute couture qui va présenter sa nouvelle collection en Amérique.

Sa femme de chambre lui ayant fait faux bond, la créatrice de mode décide de prendre Tess à son service. À bord, la jeune femme fait la rencontre de deux hommes, un marin anglais et un riche homme d’affaire de Buffalo.

Mais, tandis qu’un triangle amoureux se forme, le paquebot, sans que ses passagers s’en doutent, fonce vers un iceberg… À New York, Tess intègre l’atelier de lady Lucy. Les talents de modiste de la jeune femme se révèlent bien vite, ses premiers modèles font sensation. Mais son ascension pourrait connaître un coup d’arrêt. Ne se murmure-t-il pas en effet que lady Lucy aurait eu une conduite répréhensible lors du naufrage ?

Comme certainement beaucoup d’entre vous, le naufrage du Titanic est un fait divers ô combien tragique qui m’intéresse depuis toujours. Il y a quelques années de cela, j’avais lu L’enfant du Titanic qui se passait principalement après le 15 avril 1912, ce qui est aussi le cas de La petite couturière du Titanic.

Si vous cherchez un roman qui a réellement pour cadre le Titanic, ne lisez ni l’un ni l’autre, vous risqueriez d’être très déçu(e)s. Kate Alcott nous raconte ici la trajectoire de Tess Collins qui embarque avec l’espoir fou de percer dans la mode. C’est un personnage attachant qui nous fait découvrir brièvement la vie sur le Titanic puis les conditions de la mise à l’eau des canots et le sauvetage des survivants par le Carpathia.

Tout ça est évacué en quelques chapitres seulement et on arrive très vite à New York, lieu de destination des passagers et de la nouvelle vie de notre héroïne que Lady Lucy, une femme tyrannique par ailleurs, prend sous son aile.

Si les personnages sont majoritairement inventés, Kate Alcott met aussi en scène Lady Lucy et le sénateur Smith, à la tête de la commission du Sénat, chargée d’enquêter sur les conditions du naufrage, qui ont réellement existés.

L’histoire tricotée par Kate Alcott est sympathique et très facile, sans prise de tête, elle est aussi bien lisse et loin d’être inoubliable. Tout arrive en effet très vite et trop facilement à notre héroïne qui a un pot de tous les diables !

Elle arrive à l’embarquement du Titanic et paf, elle tombe sur la modiste qui l’embauche illico et lui paie la traversée. Elle est reléguée en 3è classe et hop, on lui trouve une chambre en première alors que le paquebot avait fait le plein. Et c’est ainsi, tout au long du roman.

Toutes ces facilités mises de côté, le roman a quelques atouts, notamment celui de montrer les coulisses de la mode et des défilés de cette époque, un sujet que je trouve passionnant, même si là aussi c’est un peu vite évacué.

Le réel intérêt de ce roman, ce sont les chapitres consacrés à la commission, qui nous apprennent une foule de choses sur les différents manquements ou fautes qui auraient sans doute pu éviter le lourd bilan humain. Et l’autrice nous rappelle à juste titre que ce sont les voyageurs de l’entrepont (la troisième classe) qui vont payer le plus lourd tribu dans cette catastrophe.

Les personnages sont essentiellement esquissés, ils manquent un peu de profondeur, à l’exception des trois personnages féminins principaux : Tess, Lucy et Pinky, une journaliste à la Nelly Bly que j’ai trouvé intéressante.

Quant au triangle amoureux, digne d’un roman young adult, l’autrice aurait pu s’en dispenser, cela n’apporte vraiment rien au récit mais cela ravira les fleurs bleues et autres amateurs de romances.

Vous l’aurez compris, je sors de ce titre un peu mitigée car c’est un roman historique bien documenté, Kate Alcott a fait des recherches cela ne fait aucun doute. Il est agréable à lire mais il ne me restera pas en mémoire très longtemps à cause de ses ficelles un peu trop grosses à mon goût.

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