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Posts Tagged ‘roman historique’

Anne-Gaëlle Huon a une passion pour les listes et une tendresse particulière pour les vieilles dames. Sa plume lumineuse et optimiste met en scène des personnages attachants empreints d’une vraie joie de vivre. Après le succès du Bonheur n’a pas de rides, elle nous invite en Provence avec Même les méchants rêvent d’amour. 

Rosa a quinze ans quand elle prend la route avec sa soeur Alma, un froid matin d’automne, avec une seule idée en tête : rejoindre le Pays basque pour devenir couseuse d’espadrilles et échapper à son destin.

Mais en chemin, un drame survient qui marquera son existence à tout jamais. Heureusement, quelques semaines après son arrivée à Mauléon, elle rencontre les Demoiselles, des femmes fantasques et mystérieuses vivant au milieu des livres, des jarretières et des coupes de champagne.

Qui sont-elles ? Quel secret cachent-elles ? Libres et incandescentes, accompagnées d’un majordome plus grand qu’une cathédrale, d’un chauffeur louche et d’un perroquet grivois, les Demoiselles n’auraient jamais dû croiser la route de Rosa. Pourtant, ces femmes vont changer sa vie.

Les demoiselles signent mes retrouvailles avec Anne-Gaëlle Huon dont j’avais apprécié Même les méchants rêvent d’amour mais pas du tout Le bonheur n’a pas de rides.

Vous connaissez mon intérêt pour les années 20, ce roman historique ne pouvait qu’atterrir dans ma PAL et il n’a pas eu le temps d’y rester puisque je l’ai lu quelques jours après l’avoir acheté.

Ce troisième roman de l’autrice d’origine basque fut une agréable parenthèse qui m’a accompagnée le temps d’un week-end. L’histoire, portée par l’écriture fluide et agréable d’Anne-Gaëlle Huon, m’a beaucoup plu. Elle fait la part belle aux femmes libres et indépendantes, à une époque où le rôle des femmes était dévolu au foyer.

Anne-Gaëlle Huon s’attache à dévoiler la condition féminine de cette époque encore corsetée où les femmes passaient du joug de leur père à celui de leur mari sans ciller.

Un temps où les violences faites aux femmes semblent bien normales et ordinaires que ce soit dans le mileu familial ou du travail. Un temps où les hommes sont tout-puissants, comme aujourd’hui hélas !

Une époque où la sexualité était affaire de mariage et où les filles-mères étaient montrées du doigt, souvent contrainte de quitter leur région voire d’abandonner leur enfant.

De tout ceci, il est question dans ce roman mais pas que ! L’autrice nous parle de deuil, d’amour, de relations entre soeurs, entre mères et filles, de sororité, de rivalité et de mode.

Ce roman nous permet aussi de découvrir l’existence des Hirondelles, ces jeunes filles espagnoles qui traversaient les Pyrénées pour aller coudre des espadrilles au pays basque six mois par an et qui leur permettait de s’offrir ensuite leur trousseau de mariage.

Au-delà de l’intrigue et des thématiques, le point fort de ce roman ce sont les personnages : Rosa, Colette, Bernadette, Marcel, Lupin, Melle Thérèse et Melle Véra sont attachants et plutôt hauts en couleurs, j’ai beaucoup aimé suivre l’évolution de leurs vies.

Petit bémol pour moi : le côté historique n’est pas assez travaillé, on passe de 1923 à 1939 puis aux années 50 de façon trop précipitée et cela ne me semble pas crédible qu’une héroïne née en 1908 soit encore vivante en 2021 pour raconter son histoire.

En dépit de ce bémol qui peut décevoir les adeptes de l’Histoire comme moi, je vous conseille ce roman si vous êtes à la recherche d’une histoire pétillante et pleine d’émotion !

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois

Née en Normandie, Karine Lebert a notamment publié aux Presses de la Cité Les Demoiselles de Beaune (2017), Les Amants de l’été 44 (2018), sa suite, indépendante, Pour l’amour de Lauren (2019) et Les Murmures du lac (2020).

De nos jours, à Trouville, lors d’une remise de médaille pour saluer son action héroïque durant la Libération, Alma est victime d’un malaise. Elle a ces mots : « Pardonne-moi, Lucie… » car elle porte en elle un secret qui a hanté longtemps son existence hors du commun.

En 1944, Alma s’est enrôlée parmi les Rochambelles, ces infirmières et ambulancières de la 2e DB. Elle était au plus près des soldats, de l’Angleterre aux plages du Débarquement, de Paris à l’Allemagne, conciliant son engagement et sa vie de femme.

Au sein d’une famille désunie, sa petite-fille, Marion, va chercher à remonter le fil du temps et le passé d’Alma, en interrogeant des témoins de l’époque. Afin de savoir qui est Lucie. Et de découvrir le secret coupable d’Alma…

Quel plaisir de retrouver la plume de Karine Lebert à l’occasion de son tout nouveau roman : Pour l’honneur des Rochambelles. Vous le savez si vous me suivez depuis un petit moment, j’avais adoré sa duologie Les amants de l’été 44 et Pour l’amour de Lauren qui avaient pour cadre la seconde guerre mondiale.

Si, comme moi, vous aimez les romans sur deux temporalités, les secrets de famille, les destins de femmes et que vous aimez retrouver la guerre 39/45 dans vos lectures, je ne peux que vous conseiller ces trois romans, vous allez à coup sûr les apprécier.

Karine Lebert connaît manifestement très bien cette époque de notre histoire qu’elle prend pour toile de fond de ses romans. La romancière alterne la narration entre le présent et le passé, entre Marion et Alma, en donnant tour à tour la parole à ses deux héroïnes et aborde un sujet assez méconnu de la seconde guerre mondiale : les Rochambelles.

Je ne connaissais pas avant d’entamer cette lecture l’existence des Rochambelles, nom donné aux conductrices ambulancières de l’unité Rochambeau, qui faisait partie de la 2ᵉ division blindée du général Philippe Leclerc pendant la Seconde Guerre mondiale et j’ai beaucoup aimé découvrir le quotidien de ces femmes courageuses de l’Afrique du Nord à l’Angleterre, de la France à l’Allemagne, c’était réellement passionnant.

Si le récit au passé est intéressant, celui au présent, une fois n’est pas coutume, l’est tout autant. L’enquête de Marion pour remonter le fil de l’histoire de sa grand-mère, même si cela est un peu trop facile pour être tout à fait crédible, se révèle très addictive, avec des thématiques fortes comme les filles-mères et le sort réservé à leurs bébés, la santé mentale et les conditions de vie dans les asiles psychiatriques pendant la guerre et les deux décennies qui suivent.

Certaines scènes sont réellement bouleversantes et émouvantes tant l’autrice arrive à nous plonger dans cette histoire. C’est un roman est très complet : bien documenté d’un point de vue historique, instructif, avec du suspense, des rebondissements, de lourds secrets.

Karine Lebert fait aussi un clin d’oeil à Gemma, l’une des héroïnes de Pour l’amour de Lauren, et nous balade dans des villes normandes chères à mon coeur que sont Deauville, Trouville et Honfleur. Un voyage immobile bienvenu en plein confinement.

Passionnant de bout en bout, le dernier opus de Karine Lebert est une belle ode aux femmes, ne le manquez pas !

Un grand merci aux éditions Presses de la cité pour cette très belle lecture.

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois

Catherine Bardon est une amoureuse de la République dominicaine. Elle est l’auteur de guides de voyage et d’un livre de photographies sur ce pays, où elle a passé de nombreuses années. En 2018, elle a signé son premier roman, Les Déracinés, paru aux Escales.

Vienne, 1932. Au milieu du joyeux tumulte des cafés, Wilhelm, journaliste, rencontre Almah, libre et radieuse. Mais la montée de l’antisémitisme vient assombrir leur idylle.

Au bout de quelques années, ils n’auront plus le choix ; les voilà condamnés à l’exil. Commence alors une longue errance de pays en pays, d’illusions en désillusions. Jusqu’à ce qu’on leur fasse une proposition inattendue : fonder une colonie en République dominicaine.

En effet, le dictateur local a offert cent mille visas à des Juifs venus du Reich. Là, au milieu de la jungle brûlante, tout est à construire : leur ville, leur vie.

Fondé sur des faits réels, Les déracinés est le premier tome d’une fresque familiale et historique, qui révèle un pan méconnu de notre histoire récente.

A travers les destins d’Almah et de Wilhelm, Catherine Bardon qui signe ici son premier roman, dépeint le sort des êtres pris dans les turbulences du temps, la perte des rêves de jeunesse, la douleur de l’exil et la quête des racines.

C’est un roman fleuve, passionnant, où l’on suit notre couple de héros à Vienne puis dans l’exil en République Dominicaine. Le sujet questionne, interroge : peut-on se reconstruire lorsque l’on devient apatride après avoir été confronté brutalement à l’Histoire ?

On va assister à la montée du nazisme, à la perte pour les personnages et leurs familles de leurs métiers, de leurs entreprises, jusqu’au jour où poussés par leurs parents respectifs et Myriam, la soeur de Wilhelm, ils optent pour l’exil la mort dans l’âme.

La difficulté d’avoir des visas se pose alors que tous les pays mettent en place des quotas et l’ensemble des juifs ne pourra malheureusement pas quitter l’Autriche.

La douleur du déracinement, l’errance pendant près d’un an avant de finalement accepter de rejoindre la république dominicaine où règne sans partage la dictature de Rafael Trujillo, l’abandon de leur profession de journaliste et de dentiste pour refaire leur vie dans un esprit communautaire, rien ne sera épargné à Wilhelm et Almah.

Si j’ai adoré toute la partie viennoise véritablement passionnante, j’ai un peu moins goûté la partie dominicaine où il y a trop de longueurs à mon goût même si j’ai trouvé très intéressant de découvrir comment s’organisait un kibboutz.

Je ne savais absolument rien sur ces villages collectivistes nés au début du XXè siècle en Palestine et où l’individu doit s’effacer devant le collectif, une organisation qui va beaucoup perturber notre couple qui souffre de perdre son intimité.

Malgré mes réserves sur les longueurs, j’ai beaucoup aimé ce premier tome, très bien écrit et documenté, notamment grâce au personnage solaire d’Almah. Je lirai avec plaisir la suite de cette saga familiale puisque les tomes 2, 3 et 4 sont dans ma PAL.

Et vous, vous aimez les sagas familiales ?

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Gaëlle Josse est l’auteure des Heures silencieuses, Nos vies désaccordées (prix Alain-Fournier 2013), Noces de neige et Le dernier gardien d’Ellis Island, qui a reçu le prix de littérature de l’Union européenne en 2015 et qui a été traduit dans une dizaine de langues.

Delft, novembre 1667. Tout paraît à sa place dans la vie de Magdalena, épouse de Pieter Van Beyeren, administrateur de la Compagnie des Indes Orientales.

Rigoureuse, intelligente, maîtresse d’elle-même, elle aurait pu succéder à son père mais elle a dû renoncer à ses rêves d’aventure sur ses bateaux. Là n’est pas la place d’une femme. Sa place est au foyer.

Magdalena doit se limiter à cet espace intérieur où elle a souhaité se faire représenter à son épinette, de dos. Un décor à secrets capturé par le peintre Emmanuel de Witte que son journal intime dévoile.

Déceptions, souvenirs, drames familiaux, deuils mais aussi joies et désirs interdits, chaque soir Magdalena Van Beyeren se confie à son journal intime…

Inspiré par un célèbre tableau d’Emmanuel De Witte, reproduit sur la couverture, Les heures silencieuses est le premier roman de Gaëlle Josse et celui qui me permet de connaître enfin sa plume si souvent vantée.

Et je ne peux qu’être d’accord avec les autres lecteurs, ce très court roman est magnifique, portée par la plume poétique de Gaëlle Josse.

Un texte lumineux qui nous brosse le beau portrait d’une femme droite et courageuse dans le peu d’espace qui lui est accordé. Lu d’une traite, j’ai adoré découvrir cette femme, ses pensées, ses désirs, ses aspirations, ses regrets, sa tristesse mais aussi ses moments de joie.

Un petit bijou d’atmosphère merveilleusement écrit et très bien documenté car au-delà du quotidien de Magdalena, Gaëlle Josse aborde aussi le commerce entre les Pays-Bas et l’Asie, en particulier avec la Chine pour ses porcelaines et le Japon pour ses soieries, mais aussi la traite d’êtres humains, commerce que notre héroïne, très pieuse, réprouve.

L’autrice sait nous toucher par sa plume délicate et son vocabulaire ciselé. La lectrice que je suis avait l’impression de vivre les scènes décrites, de s’immiscer dans l’intimité de ce foyer.

Tout est parfait dans ce roman que j’ai adoré. Mon seul petit bémol, c’est que j’étais tellement bien dans cette atmosphère feutrée que je suis arrivée au point final bien trop vite !

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Née à Washington en 1962, Tracy Chevalier vit à Londres depuis 1984. Elle a connu un immense succès dès son deuxième livre, La Jeune Fille à la perle, adapté au cinéma par Peter Webber en 2002. Sept autres romans ― Le Récital des anges (2002), La Dame à la Licorne (2003), La Vierge en bleu (2004), L’Innocence (2007), Prodigieuses Créatures (2010), La Dernière Fugitive (2013) et A l’orée du verger (2016) ― ont paru en Quai Voltaire.

Winchester, 1932. Violet Speedwell, dactylo de trente-huit ans pour une compagnie d’assurances, fait partie de ces millions de femmes restées célibataires depuis que la première guerre mondiale a décimé toute une génération de fiancés potentiels, dont l’homme qu’elle aimait, Lawrence.

« Femme excédentaire », voilà l’étiquette qu’elle ne se résigne pas à porter, à une époque où la vie des femmes est strictement régentée. En quittant une mère acariâtre, Violet espérait prendre son envol, mais son maigre salaire lui permet peu de plaisirs et son célibat lui attire plus de mépris que d’amis.

Le jour où elle assiste à un curieux office à la cathédrale, elle est loin de se douter que c’est au sein d’un cercle de brodeuses en apparence austère – fondé par la véritable Louisa Pesel – qu’elle trouvera le soutien et la créativité qui lui manquent.

En se liant d’amitié avec l’audacieuse Gilda, Violet découvre aussi que la cathédrale abrite un tout autre cercle, masculin cette fois, dont Arthur, sonneur de cloches, semble disposé à lui dévoiler les coulisses. À la radio, on annonce l’arrivée d’un certain Hitler à la tête de l’Allemagne…

La brodeuse de Winchester signe mes retrouvailles avec l’une de mes romancières préférées, Tracy Chevalier. L’autrice américaine ne m’a jamais déçue, j’aime beaucoup les thématiques qu’elles traitent dans chacun de ses ouvrages, et notamment la place de la femme dans la société.

Une fois de plus, je me suis régalée et j’ai savouré ce roman de la première à la dernière page. Il ne détrône pas Prodigieuses Créatures, mon préféré à ce jour, mais c’est un très bon roman portée par une héroïne que l’on pourrait percevoir un peu fade et sans beaucoup de volonté, qui va se révéler bien plus forte en osant braver les codes sociaux de son époque.

À 38 ans, Violet est pour sa famille, ses collègues et plus généralement la société, une vieille fille. Celle qui n’a pas de famille à elle ni de travail. La femme excédentaire. La faute à la guerre qui lui a ravi son fiancé et l’a condamné à un célibat forcé.

En effet, plus de la moitié des hommes de la tranche d’âge de Violet a péri au combat, rendant difficile tout projet de mariage. Ne supportant plus les jérémiades de sa mère, elle préfère accepter un poste à Winchester pour prendre son indépendance. Le salaire n’est pourtant pas à la hauteur et notre héroïne s’alimente peu, faute d’argent, ce que personne dans son entourage ne semble ni remarquer ni se soucier.

J’ai trouvé cette thématique de la femme excédentaire très intéressante et assez peu abordée en littérature ou en Histoire d’ailleurs alors qu’elle a du être une véritable punition pour ces femmes à une époque où leur rôle était dévolu au foyer.

Heureusement, Violet est courageuse, forte, indépendante, même s’il lui faut du temps pour le réaliser. Tout au début, elle paraît timide et a peur de s’exprimer. Au fil des pages, sa personnalité s’affirme. Elle tombe amoureuse d’un sonneur de cloches à la retraite, Arthur, déjà marié et son aîné d’une vingtaine d’années.

Un amour impossible et pourtant Violet va s’y accrocher de toutes ses forces, son petit coin de ciel bleu à elle, dans une quotidien bien morne. Tout comme, elle va s’adonner avec passion au point de croix. L’autrice nous fait entrer dans ce cercle des brodeuses aux côtés de Louise Pesel (qui a réellement existé), on assiste aux séances, à l’apprentissage de chaque point. Le sujet ne m’intéresse à priori absolument pas et pourtant j’ai trouvé tous les passages s’y référant, absolument pas ennuyeux.

Les personnages qui entourent Violet sont très bien dessinés : l’insupportable marâtre qui lui sert de mère, son frère, sa belle-soeur et ses neveux, ses amies Gilda et Dorothy, Arthur, tous ont leur personnalité propre et j’ai terminé ce livre à regret mais totalement enchantée par le dénouement.

Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé ce roman que j’ai lu en compagnie de ma Belette qui a découvert Tracy Chevalier à cette occasion et qui est nettement moins emballée que moi, filez lire son avis ici.

Et vous, vous aimez Tracy Chevalier ? Lequel de ses romans préférez-vous ?

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Jérôme Hallier est né à Caen et vit à Francfort après avoir habité plusieurs années à Kyoto. Cet amoureux du Japon a publié Les Portraits sonores du docteur Léon Azoulay, son premier roman chez Flammarion en 2018.

Kyoto, fin 1899. La jeune geisha O-miya rêve de s’échapper de la somptueuse maison de thé où elle vit confinée depuis son enfance. Grâce à un shamisen mystérieux que lui offre un fameux luthier, elle se voit confier une mission de la plus haute importance : représenter le Japon à l’Exposition Universelle de Paris.

Au même moment, Tommy, casseur de pierres dans les Appalaches, abandonne travail et amis pour partir à l’aventure avec son banjo. Sa destination : New York. Avec son patron, ils sont engagés pour faire le show lors de la traversée New-York Le Havre.

Tandis que débutent leurs voyages, un étrange docteur, Léon Azoulay, arpente les allées de la gigantesque Exposition universelle à Paris. Muni de son phonographe à roulettes, il marche sans cesse, avec une obsession en tête : enregistrer les voix et les musiques du monde.

La geisha et le joueur de banjo est un court roman qui mêle personnages historiques et de fiction. Jérôme Hallier plante son décor à Paris, tout au long de l’Exposition Universelle de Paris qui eut lieu du 15 avril au 12 novembre 1900.

Au coeur de la Belle Epoque donc, une période foisonnante que j’adore, comme vous l’avez sans doute déjà compris, d’autant que cette thématique de l’Exposition Universelle est très intéressante !

Dans l’effervescence d’un siècle qui commence, on suit la trajectoire d’O-miya, de Tommy et de Léon qui rêve de créer un musée des sons de l’humanité.

Trois univers et pays différents, la découverte du métier de geisha et d’un instrument traditionnel japonais, le shamisen, et un petit régal de lecture pour moi que ce récit plein de douceur et de musique.

Un roman totalement inconnu si j’en crois vos retours sur Instagram et quelle belle découverte pour moi que cette histoire charmante et délicate, portée par des personnages tellement attachants. Des trajectoires aux antipodes les unes des autres, qui vont finir par se rejoindre au coeur de cette exposition universelle.

J’ai été très touchée par le personnage d’O-miya, cette geisha achetée par une maison de thé et sa petite soeur de coeur au destin tragique et par la démarche de Léon qui veut coucher sur cylindre et rendre éternelles toutes les musiques du monde

Dans ce roman choral, on suit tour à tour, on suit O-miya, Tommy et Léon dans leurs aventures et le moins que l’on puisse dire c’est que leur chemin est sillonné d’embûches et de rebondissements.

Le style de Jérôme Hallier est fluide et agréable, toutes les pages consacrées à la musique sont vraiment agréables à lire et je dois dire que j’ai eu du mal à lâcher ce roman tant l’auteur a su m’embarquer de la première à la dernière page.

Une très bonne lecture et un roman méconnu que je vous encourage à découvrir, il est dépaysant, charmant, délicat, vraiment j’ai beaucoup aimé !

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Journaliste et romancière, Kate Alcott vit à Washington avec son mari. En Allemagne et aux Etats-Unis, La Petite Couturière du Titanic est resté plusieurs semaines durant sur les listes des meilleures ventes.

Cherbourg, avril 1912. Tess Collins est une jeune bonne anglaise, s’échinant à la tâche pour quelques francs. Depuis toujours, elle aime la couture, un intérêt qu’elle a découvert auprès de sa mère, et elle aspire à percer dans le milieu de la mode.

Le Titanic doit quitter le port dans quelques heures et elle décide de s’embarquer sur le paquebot et elle une chance folle car elle fait connaissance de Lucy Duff Gordon, célébrité de la haute couture qui va présenter sa nouvelle collection en Amérique.

Sa femme de chambre lui ayant fait faux bond, la créatrice de mode décide de prendre Tess à son service. À bord, la jeune femme fait la rencontre de deux hommes, un marin anglais et un riche homme d’affaire de Buffalo.

Mais, tandis qu’un triangle amoureux se forme, le paquebot, sans que ses passagers s’en doutent, fonce vers un iceberg… À New York, Tess intègre l’atelier de lady Lucy. Les talents de modiste de la jeune femme se révèlent bien vite, ses premiers modèles font sensation. Mais son ascension pourrait connaître un coup d’arrêt. Ne se murmure-t-il pas en effet que lady Lucy aurait eu une conduite répréhensible lors du naufrage ?

Comme certainement beaucoup d’entre vous, le naufrage du Titanic est un fait divers ô combien tragique qui m’intéresse depuis toujours. Il y a quelques années de cela, j’avais lu L’enfant du Titanic qui se passait principalement après le 15 avril 1912, ce qui est aussi le cas de La petite couturière du Titanic.

Si vous cherchez un roman qui a réellement pour cadre le Titanic, ne lisez ni l’un ni l’autre, vous risqueriez d’être très déçu(e)s. Kate Alcott nous raconte ici la trajectoire de Tess Collins qui embarque avec l’espoir fou de percer dans la mode. C’est un personnage attachant qui nous fait découvrir brièvement la vie sur le Titanic puis les conditions de la mise à l’eau des canots et le sauvetage des survivants par le Carpathia.

Tout ça est évacué en quelques chapitres seulement et on arrive très vite à New York, lieu de destination des passagers et de la nouvelle vie de notre héroïne que Lady Lucy, une femme tyrannique par ailleurs, prend sous son aile.

Si les personnages sont majoritairement inventés, Kate Alcott met aussi en scène Lady Lucy et le sénateur Smith, à la tête de la commission du Sénat, chargée d’enquêter sur les conditions du naufrage, qui ont réellement existés.

L’histoire tricotée par Kate Alcott est sympathique et très facile, sans prise de tête, elle est aussi bien lisse et loin d’être inoubliable. Tout arrive en effet très vite et trop facilement à notre héroïne qui a un pot de tous les diables !

Elle arrive à l’embarquement du Titanic et paf, elle tombe sur la modiste qui l’embauche illico et lui paie la traversée. Elle est reléguée en 3è classe et hop, on lui trouve une chambre en première alors que le paquebot avait fait le plein. Et c’est ainsi, tout au long du roman.

Toutes ces facilités mises de côté, le roman a quelques atouts, notamment celui de montrer les coulisses de la mode et des défilés de cette époque, un sujet que je trouve passionnant, même si là aussi c’est un peu vite évacué.

Le réel intérêt de ce roman, ce sont les chapitres consacrés à la commission, qui nous apprennent une foule de choses sur les différents manquements ou fautes qui auraient sans doute pu éviter le lourd bilan humain. Et l’autrice nous rappelle à juste titre que ce sont les voyageurs de l’entrepont (la troisième classe) qui vont payer le plus lourd tribu dans cette catastrophe.

Les personnages sont essentiellement esquissés, ils manquent un peu de profondeur, à l’exception des trois personnages féminins principaux : Tess, Lucy et Pinky, une journaliste à la Nelly Bly que j’ai trouvé intéressante.

Quant au triangle amoureux, digne d’un roman young adult, l’autrice aurait pu s’en dispenser, cela n’apporte vraiment rien au récit mais cela ravira les fleurs bleues et autres amateurs de romances.

Vous l’aurez compris, je sors de ce titre un peu mitigée car c’est un roman historique bien documenté, Kate Alcott a fait des recherches cela ne fait aucun doute. Il est agréable à lire mais il ne me restera pas en mémoire très longtemps à cause de ses ficelles un peu trop grosses à mon goût.

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Lu dans le cadre du Cold Winter Challenge et du challenge 1 pavé par mois 

Yannick Grannec vit à Saint-Paul-de-Vence. Les Simples est son troisième roman. Elle a déjà publié aux éditions Anne Carrière La Déesse des petites victoires (Prix des libraires 2012) et Le Bal mécanique.

1584, en Provence. L’abbaye de Notre-Dame du Loup est un havre de paix pour la petite communauté de bénédictines qui y mène une existence vouée à louer Dieu et soulager les douleurs de ses enfants.

Ces religieuses doivent leur indépendance inhabituelle à la faveur d’un roi, et leur autonomie au don de leur doyenne, sœur Clémence, une herboriste dont certaines préparations de simples sont prisées jusqu’à la Cour.

Le nouvel évêque de Vence, Jean de Soline, compte s’accaparer cette manne financière. Il dépêche deux vicaires dévoués, dont le jeune et sensible Léon, pour inspecter l’abbaye. À charge pour eux d’y trouver matière à scandale, ou à défaut… d’en provoquer un.

Mais l’évêque, vite dépassé par ses propres intrigues, va allumer un brasier dont il est loin d’imaginer l’ampleur…

Cela fait maintenant plusieurs années que je souhaite découvrir la plume de Yannick Grannec Les simples n’ont donc, une fois n’est pas coutume, pas fait long feu dans ma pal, aussitôt acheté aussitôt lu.

J’ai beaucoup aimé découvrir le quotidien des religieuses, l’organisation interne du couvent avec les converses d’un côté – soeurs pauvres ne détenant aucun pouvoir décisionnel – et les discrètes, issues des familles nobles qui détiennent tous les pouvoirs.

L’autrice nous donne à lire, les luttes de pouvoir et les tentatives de « coups d’état  » de ces dernières contre Mère Marie-Verane dont elles n’acceptent pas l’autorité.

L’histoire contée ici est aussi celle de femmes luttant contre le pouvoir masculin. Ces moniales, sont par privilège royal, à la tête d’un hôpital et d’une herboristerie, ce qui déplaît au médecin et au chirurgien-barbier qui voient une partie de leur patientèle leur échapper tandis que l’évêque entend bien récupérer les bénéfices du couvent pour son profit.

Pour les hommes, ces bénédictines, femmes trop indépendantes semblent bien proches de l’hérésie. Conversent-elles avec Satan ? Se livrent-elles au péché de chair ou sont-elles encore pucelles ?

L’évêque va envoyer deux prêtres enquêter sur place. Léon et Dambier vont questionner, fouiller le couvent vérifier les comptes, surveiller l’hôpital…. à la recherche du moindre élément à charge pour faire plier les bénédictines.

Roman polyphonique, on va suivre tour à tour soeur Clémence, mère Marie-Verane, Léon de la Sine et l’évêque Jean de Solines nous relater les événements qui vont s’enchaîner, menant les bénédictines au bord du gouffre. Cabales, chasse aux sorcières, rien ne leur sera épargné.

J’ai fini ce récit au bord des larmes tant le sort de Clémence, Mathilde, Gabrielle et Marie-Verane m’a émue. Révoltée de voir une fois de plus, la maltraitance et les violences faites aux femmes.

Un roman intéressant, mêlant fiction et faits réels, riche d’enseignements sur les plantes médicinales et sur le fonctionnement d’un couvent, avec des beaux portraits de femmes. Une belle découverte et beaucoup d’émotion en ce qui me concerne.

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Béatrice Fontanel a publié de nombreux livres pour enfants et adultes parmi lesquels L’Homme Barbelé (Grasset, 2009), Plus noire avant l’Aube (Stock, 2014), Le Train d’Alger (Stock, 2016). La vie quotidienne tricotée aux événements dramatiques de l’histoire est le fil rouge de son travail.

Par un hasard miraculeux, Balthazar Janvier, enfant abandonné, devient le domestique dévoué de Lavoisier, père de la chimie moderne, homme encyclopédique : minéralogiste, météorologue, agronome, régisseur des poudres et salpêtres…

Éduqué grâce à la générosité de son maître, Balthazar devient un Sganarelle de laboratoire, ébahi des expériences auxquelles il assiste. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes lorsque survient la révolution.

Lavoisier est l’une des figures les plus brillantes et progressistes de son temps, il est aussi un noble et un fermier général très riche, ce qui le condamne de fait à l’échafaud.

Dans la tête de mon maître est un roman historique qui nous plonge au cœur de la révolution française. Par l’entremise du domestique astucieux du père de la chimie moderne, témoin des événements de son temps, nous assistons aux épisodes tragiques de la Révolution française qui s’emballe.

Narrateur candide au cœur de la Terreur, il nous livre le récit picaresque et tragique de la dernière année de vie de son maître.

Si cette période de notre histoire n’est pas ma préférée, elle m’intéresse de plus en plus si j’en crois mes lectures des deux dernières années et ce roman, fort bien documenté, fut passionnant à lire.

Très bien écrit, à la manière de l’époque dans laquelle il s’inscrit, ce roman plaira aux amateurs de titres historiques qui trouveront amplement leur compte dans les aventures de Balthazar qui court Paris pour sauver son maître.

Rien n’y fait. Béatrice Fontanel ne changera pas l’histoire et Lavoisier montera sur l’échafaud avec courage. Le savant n’est d’ailleurs qu’un prétexte pour aborder la Terreur.

La peur rôde dans chaque rue de Paris, dans chaque intérieur également, la frénésie, la folie, l’urgence sont racontées à hauteur d’homme, par ce jeune homme simple, qui est témoin de l’Histoire en train de broyer un monde, pour construire notre République. Mais cette liberté coûte bien cher.

Si cette histoire m’a beaucoup plu, je m’attendais à un portrait au plus près de Lavoisier, s’attardant sur ses travaux et la trace qu’il a laissé dans les différents domaines auxquels il a contribué.

Hélas pour moi, tout ceci est un peu trop survolé à mon gout, sans doute à cause du narrateur choisi qui n’est pas un scientifique mais un domestique et de la volonté de Béatrice Fontanel de nous raconter les principaux événements de la révolution.

Peu importe, j’ai été emportée par la très belle plume de l’autrice et dans la folie de cette révolution qui a coupé bien des têtes et si cette période vous intéresse, je vous invite à découvrir ce roman !

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Kate Quinn est née en Californie du Sud. Elle est diplômée de Boston University et passionnée d’Histoire depuis toujours. Ses romans sont traduits dans le monde entier. Plébiscité par les critiques, Le Réseau Alice connaît un succès retentissant dans de nombreux pays.

Un an après le début de la Grande Guerre, Eve Gardiner brûle de prendre part à la lutte contre les Allemands et est recrutée comme espionne.

Envoyée à Lille, dans la France occupée, elle est formée par Lili pour entrer dans le réseau qu’elle dirige, le réseau Alice, un vaste réseau d’agents secrets pour lutter contre l’ennemi.

1947, hantée par la trahison qui a provoqué le démantèlement du réseau Alice, Eve, devenue alcoolique, vit recluse dans sa maison de Londres.

C’est alors que Charlie, une jeune étudiante qui souhaite retrouver sa cousine disparue en France pendant la dernière guerre, déboule chez elle en prononçant un nom qu’elle n’a pas entendu depuis des décennies : Le Léthé, un restaurant dans lequel elle a travaillé pendant la grande guerre.

Leur rencontre les entraînera de Lille à Roubaix, en passant par Limoges et Grasse, à la recherche de Rose et de son bourreau, aidée par l’homme à tout faire d’Eve, Flinn.

Le réseau Alice m’intriguait depuis sa sortie il y a un an déjà. Ecrit par Kate Quinn dont j’avais adoré Les héritières de Rome et L’impératrice des sept collines et j’ai profité des fêtes pour enfin le découvrir.

Vous le savez, j’affectionne les romans historiques et l’une de mes périodes de prédilection est la première guerre mondiale, j’étais donc sûre et certaine que ce roman allait me combler et ce fut bel et bien le cas. Cela aurait même pu être un coup de coeur si je n’avais rien su du réseau Alice.

Etant férue de cette période et de l’histoire des femmes en générale, je connaissais l’existence de ce réseau d’espions, le plus fameux de la grande guerre, et notamment celle qui l’a brillamment dirigé jusqu’à son arrestation : Louise de Bettignies.

Connaissant sa vie, les tenants et aboutissants de sa carrière d’espionne et celle d’Edith Cavell, l’espionne anglaise la plus réputée, j’ai vu venir les rebondissements historiques qui émaillent ce roman, ce qui m’a empêché de savourer l’aspect historique de ce titre à sa juste valeur.

Ce fut tout de même une lecture passionnante puisque le récit, bien que reposant sur des faits historiques, est mené par Eve et Charlie, qui sont des personnages fictifs et ce qui leur arrive tout au long du récit m’a apporté son lot de surprises, me tenant en haleine de bout en bout.

Dans ce roman, Kate Quinn met donc en lumière l’histoire oubliée du plus grand réseau d’espionnes de la Première Guerre mondiale et sa figure de proue, Louise de Bettignies.

Une femme courageuse, pugnace et téméraire qui lui a valu l’admiration du camp ennemi et donné envie à d’autres femmes de devenir agents secrets dans son sillage.

Mélange fascinant de roman historique, de mystère et de romance, cette intrigue bien construite, foisonnante et palpitante ravira les passionné.e.s d’Histoire.

Très bien documenté, fourmillant de détails, il relate avec précision les faits et s’attache au plus près de la réalité historique, permettant à chacun et chacune d’y trouver son compte.

L’autrice aborde aussi la condition féminine de l’époque à travers ses héroïnes qui prennent en main leur destin et leur vie malgré les obstacles et les préjugés de l’époque, un aspect qui m’a beaucoup plu également.

Un roman véritablement passionnant, porté par des héroïnes attachantes et courageuses, avec un certain suspens. Une lecture que j’ai adoré et que je vous invite vivement à découvrir à votre tour si la première guerre mondiale vous intéressent !

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