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Posts Tagged ‘roman historique’

C’était celui qu’Eléonore avait repéré, recourbé comme le cou d’un cygne, habillé de boutons dorés sur le côté. Un soir, elle était restée plus longtemps que prévu devant la vitrine de M. Sax. Elle perdue dans ses souvenirs, quand un jeune garçon la surprit : « C’est rare pour une fille d’aimer la musique ! ». Elle sursauta : « Ces instruments sont les plus beaux du monde ! »

1862, Nord de la France. La jeune Éléonore âgée de 12 ans a une oreille exceptionnelle. Elle devrait faire la fierté de son père Arsène Leblanc, plombier gazier de son état mais surtout premier piston de l’orphéon dans la fanfare des Crickmouils.

Que nenni ! Son père est fou de rage lorsqu’il découvre que sa fille joue de la musique en cachette. Pour lui faire passer l’envie de devenir musicienne, un métier qu’il juge inconvenant pour une personne de sexe féminin, il l‘envoie à Paris chez son oncle et sa tante qui tiennent une blanchisserie.

Mais l’adolescente a tôt fait de mettre les blanchisseurs dans sa poche et trouve le moyen de se faire embaucher dans l’atelier de fabrication d’instruments d’Adolphe Sax, inventeur du saxophone.

Commence alors pour Eléonore, une vie exaltée entre Montmartre et Pigalle om se croisent peintres, artistes et petit peuple de Paris. De la Commune à la Nouvelle Orléans, de 1862 aux années folles, Eléonore va vivre mille vies au son de la musique…

Muriel Bloch et Marie-Pierre Farkas nous proposent avec La saga des Marquises, une saga historique pour les adolescents de qualité. Portée par deux héroïnes fortes que sont Eléonore et sa fille Carmel, on découvre l’histoire des premiers instruments à cuivre et les débuts du jazz.

La destinée hors du commun de cette famille de musiciennes au temps de la Commune et des premières Expositions universelle s’est révélée passionnante à lire, tout du moins la première partie qui a pour cadre Paris que j’ai nettement préférée à la seconde qui se déroule à la Nouvelle-Orléans.

Des deux héroïnes, mon intérêt s’est surtout porté sur Eléonore que l’on suit de ses 12 ans jusqu’à son décès et qui va savoir prendre son destin en main. Et son destin, c’est la musique, n’en déplaise à son père qui souhaite la voir derrière les fourneaux.

A Paris, elle saura s’affranchir du joug paternel pour mener la vie dont elle rêve : une vie libre, au mépris des conventions de son époque. Féministe, antiraciste, courageuse, généreuse, elle prendra part à la Commune et saura larguer les amarres pour la Louisiane afin de retrouver son grand amour et lui présenter Carmel, leur fille.

Les thèmes abordés dans cette partie (égalité homme / femme, combat pour la liberté, féminisme) m’ont davantage intéressé que ceux de la seconde partie qui tournent plus volontiers autour des problèmes raciaux et de la ségrégation qui existent encore au début du XXè siècle aux Etats-Unis. J’ai également eu moins d’empathie pour Carmel que j’ai trouvé davantage exaspérante qu’attachante !

Si les Marquises sont des personnages fictifs, pendant ces soixante ans qui enveloppent tout le récit, on rencontre au fil des pages et des évènements des personnages célèbres tels que Auguste Renoir, Louise Michel, Adolphe Sax, Georges Gershwin, Joséphine Baker, Louis Armstrong, Sidney Bechet…

Un roman virevoltant, très bien documenté, qui nous immerge dans le Paris de l’Empire et de la Belle-Epoque, et dans la Nouvelle-Orléans des années folles. Un récit qui donne envie d’écouter du jazz, du ragtime, de danser le cake-walk ou le charleston.

Un roman à découvrir et à faire découvrir aux adultes comme aux adolescents avec un thème central très actuel : l’égalité homme femme !

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Deux époques entrelacées, deux histoires d’amour qui se confondent en une chasse au trésor fiévreuse et romantique dans les rues de Londres.

1793. Le jeune Chateaubriand s’est exilé à Londres pour échapper à la Terreur. Sans argent, l’estomac vide, il tente de survivre tout en poursuivant son rêve de devenir écrivain.

Un soir, tandis qu’il visite l’abbaye de Westminster, il se retrouve enfermé parmi les sépultures royales. Il y fera une rencontre inattendue : une jeune fille venue sonner les cloches de l’abbaye.

L’inconnue, qui remplace son père souffrant, va lui donner un baiser. Des décennies plus tard, dans ses Mémoires d’outre-tombe, il évoquera le tintement d’un baiser.

De nos jours, le vénérable professeur de littérature française Joe J. Stockholm travaille à l’écriture d’un livre sur les amours de l’écrivain. Quand il meurt, il laisse en friche un chapitre consacré à cette petite sonneuse de cloches.

Joachim, son fils, décide alors de partir à Londres afin de poursuivre ses investigations : qui est la petite sonneuse de cloches ? A-t-elle laissé dans la vie du grand homme une empreinte plus profonde que les quelques lignes énigmatiques qu’il lui a consacrées ? Quelles amours plus fortes que tout se terrent dans les livres, qui brûlent d’un feu inextinguible le coeur de ceux qui les écrivent ?

La petite sonneuse de cloches signe mes retrouvailles avec la jolie plume de Jérôme Attal que j’avais découvert avec L’appel de Portobello Road. Dans son nouveau roman, l’auteur nous propose deux histoires et temporalités en parallèle qui semblent tout d’abord ne rien avoir en commun mais qui finalement, vont se rejoindre sur bien des points.

A notre époque, nous suivons Joachim, un homme sensible et romantique, qui part sur les traces de Chateaubriand pour terminer l’œuvre entreprise par son père. Et en 1793, nous mettons nos pas dans ceux du célèbre auteur romantique François-René de Chateaubriand.

Alors qu’il a déjà séjourné aux Amériques, Chateaubriand s’exile à Londres pour fuir la Terreur qui règne à Paris et qui conduit les royalistes à l’échafaud. Il échappe certes à la guillotine mais pas à la misère.

Jérôme Attal s’attache à nous montrer le quotidien misérable de l’auteur et des exilés qui connaissent alors le froid et la faim. Le futur auteur de La vie de Rancé, Attala et René a alors vingt-cinq ans, promène une silhouette cadavérique dans les rues et venelles infâmes de la capitale anglaise et souffre d’une rage de dents lorsqu’il fait une rencontre qui va le bouleverser, celle d’une sonneuse de cloches.

Joachim, muni du manuscrit de son daddy, va embarquer dans l’Eurostar, partir sur les traces de cet amour fugace et faire lui aussi, une séduisante rencontre.

Ce narrateur a beaucoup d’amour et d’admiration pour son père et nous livre un portrait touchant de celui-ci. Il tient à honorer son travail et va tout faire pour découvrir l’identité de la mystérieuse sonneuse de cloches dont il ne sait pas si elle a réellement existé ou si elle sort tout droit de l’imagination de Chateaubriand.

Sur son chemin, Joachim va rencontrer Damien, un des sonneurs de cloches qui va lui permettre d’accéder à Miss Silsburn, la gardienne des trésors de la bibliothèque de Westminster.

Le récit se teinte alors de suspens et d’un mystère supplémentaire lorsque la bibliothécaire s’aperçoit que le registre de 1793 à 1795 recensant les sonneurs de cloches de Westminster a disparu, vraisemblablement emporté par Mirabel, la bibliothécaire de Marylebone, venue le consulter.

Joachim va se lancer à la poursuite de la voleuse et hanter les lieux fréquentés par Chateaubriand deux siècles auparavant.

Le récit proposé par Jérôme Attal se révèle très agréable à lire, à la fois romantique, poétique, touchant et drôle. Si j’ai aimé la partie contemporaine, les réflexions du narrateur sur l’amour, j’ai cependant préféré la partie historique que j’ai trouvé passionnante et bien trop courte, je serai volontiers restée plus longtemps en compagnie de Chateaubriand.

Un grand merci aux éditions Robert Laffont pour cette lecture romantique, j’ai adoré.

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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Au cœur des Années folles, Alice ne doit-elle pas croire en sa bonne étoile ? Stimulée par diverses rencontres artistiques, de durables amitiés et de tumultueuses amours, elle forgera son destin dans un monde où se profileront bientôt des menaces. Dominant la mer, la villa Margarita sera son plus sûr refuge en cas de fortes tempêtes. A travers les engagements et les choix d’Alice se révèlent le charme, la notoriété et les fastes de Dinard, perle de la côte d’Emeraude…

1924, Alice passe l’été chez son parrain à Dinard en attendant la reprise des cours à l’automne. La jeune femme âgée de 20 ans souhaite créer des papiers peints au grand dam de sa mère Nancy, une héritière américaine, qui ne comprend pas que sa fille puisse vouloir travailler.

Depuis la fin de la guerre, l’ambiance à la maison est délétère. Raymond, le père d’Alice, est revenu brisé du front et n’est plus que l’ombre de lui-même. Nancy ne le reconnaît plus et fuit volontiers leur appartement parisien.

Cet été-là, alors qu’elle a un souci avec sa voiture, elle fait la connaissance de Mitza, un ancien modèle qui a posé pour Foujita à Montparnasse et de son mari Pierre, de vingt ans plus âgé. Alors qu’elle dîne avec eux, elle rencontre Louis Favier, un de leurs amis intimes qu’elle va retrouver à Paris…

Un roman historique qui a pour cadre les Années Folles et la Bretagne, deux raisons valables pour moi de lire Quai de la Perle de Dominique Marny dont j’avais beaucoup apprécié le précédent roman Jeux de clés.

Changement de cadre et registre ici puisque nous délaissons Paris et l’époque contemporaine pour l’entre-deux-guerres car si il démarre en 1924, il s’achève en 1940.

Ce roman est intéressant d’un point de vue historique, Dominique Marny rend bien l’ambiance et l’atmosphère de cette époque où souffle un vent de liberté. On sent que l’auteur a fait beaucoup de recherches et j’ai particulièrement aimé tout ce qui concerne la fabrication du papier peint, l’évolution des mœurs de cette époque, la mode, la décoration et la vie culturelle des années folles jusqu’au déclenchement de la seconde guerre mondiale.

Comme Alice évolue dans un cercle privilégie, l’auteure donne l’impression que tout était relativement facile, même durant le krach de 1929, ce qui, à mon sens, n’est pas tout à fait juste même si elle aborde les changements politiques et l’arrivée des premiers congés payés en 1936.

Tout va très vite dans la vie de l’héroïne, tout semble très facile pour elle alors que l’époque dans laquelle elle vit est encore majoritairement machiste. Difficile de croire que sitôt diplôme en poche, elle trouve du travail alors que tant d’hommes cherchent aussi un emploi. Et même lorsque la crise financière est là et que le pays est plongé dans un marasme économique important, sa carrière n’en souffre pas.

Qu’importe, l’histoire se lit bien car les chapitres sont assez courts et sans temps mort même si l’écriture impersonnelle et certaines tournures de phrases bien désuètes m’ont un peu gênées.

J’ai trouvé les personnages plutôt attachants, Alice et Soizic, la gardienne de la villa Margarita, en tête mais il m’a manqué quelque chose pour être totalement emportée par ma lecture.

Reste que ce roman historique est de bonne facture avec une belle histoire d’amour sans mièvrerie qui ravira les adeptes du genre. Une lecture de vacances, certes pas très marquante, mais idéale pour un moment de détente et de dépaysement et ce n’est déjà pas si mal.

Un grand merci aux éditions Presses de la cité pour cette lecture !

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On n’aura jamais été aussi proche de Gustave Courbet que dans ce roman où il est saisi dans les yeux d’une femme. Comme par enchantement, ses toiles les plus célèbres s’éclairent soudain d’un jour nouveau, passionnant.

Que reste-t-il du premier grand amour de Gustave Courbet, Virginie Binet, une douce Dieppoise qui l’accompagna vers la gloire pendant plus de dix ans, et du fils qu’elle lui donna ?

Rien, presque aucune trace, à l’exception de quelques tableaux où la compagne et la muse pose pour son grand homme. Toute la correspondance amoureuse de Courbet a été détruite.

Il faut aller chercher sous les couches de peinture, comme dans L’Homme blessé où Gustave effaça l’aimée, scruter les détails des tableaux pour distinguer, parfois, une silhouette perdue…

Virginie, modèle abandonné, et le petit Émile Binet, le fils de Courbet qu’il n’a jamais reconnu, ressuscitent entre ces pages. Des appartements parisiens où ils vivent avec Courbet, taraudé par sa quête du succès, on entend le vacarme du XIXe siècle, celui des barricades, coups d’État, émeutes, répressions, débats où résonnent les voix de l’ami Baudelaire, de Flaubert, Proudhon, Champfleury, Gautier ou Victor Hugo, vibrant aux funérailles de Balzac.

Lorsque j’ai repéré Le modèle oublié parmi les nouveautés de l’excellente collection Les passe-murailles chez Robert Laffont, je n’ai eu qu’une envie : le lire. Vous savez combien j’aime les romans historiques, les peintres du 19è siècle et comme de Gustave Courbet, je ne savais rien, je pensais en apprendre beaucoup grâce à ce roman.

Ce fut effectivement le cas car Pierre Perrin connaît fort bien son sujet que l’on côtoie de près à travers ses œuvres, ses expositions mais aussi dans ses amitiés avec les artistes de son temps et notamment Baudelaire et Champfleury.

On le suit pas à pas à Paris, à Ornans (sa ville de naissance et de cœur), à Dieppe et dans ses nombreux voyages et pérégrinations car l’homme à la bougeotte !

Très bien documenté, on apprend une foule de choses sur Courbet et sur son époque car l’auteur nous entraine au cœur des bouleversements politiques de ce siècle : la fuite de Louis-Philippe, les barricades, l’avènement de la seconde république puis de l’Empire et enfin la Commune.

Et si Courbet est la figure centrale du roman, Pierre Perrin s’attache surtout à nous dévoiler et à mettre en lumière une femme de l’ombre totalement oubliée : Virginie Binet. De dix ans l’aînée du peintre, cette grande lectrice fut sa plus fidèle alliée, sa muse, sa compagne et la mère de son fils unique.

Si Virginie Binet apparaît comme une femme lettrée, humble, douce et généreuse, toute dévouée à son grand homme, Gustave Courbet ne nous est pas présenté sous un jour favorable. L’homme se révèle colérique, lâche, méprisant égocentrique…

Peu importe, j’ai apprécié découvrir la naissance de plusieurs de ses toiles et notamment Un enterrement à Ornans, Les casseurs de pierre ou L’Après-dînée à Ornans. Pierre Perrin revient également sur les différents scandales qui ont émaillé la carrière de ce peintre réaliste et les commandes qui ont été confiées, notamment L’origine du monde.

Deux bémols toutefois : j’aurai préféré que l’auteur s’attarde davantage sur l’intimité du couple, ce qui doit être compliqué je le conçois vu le peu de matériel à sa disposition et moins sur les évènements politiques qui prennent parfois un peu trop de place.

Je n’ai pas ressenti autant de plaisir à cette lecture que je m’y attendais, sans doute parce qu’il manque un souffle romanesque pour moi et que j’ai besoin d’être happée par l’histoire pour ressortir conquise de ma lecture. J’ai eu parfois l’impression que l’auteur étalait un peu trop ses connaissances (name dropping notamment) et qu’il n’a pas su choisir entre biographie pure et roman, ce qui est son droit bien sûr.

Un titre intéressant néanmoins pour celles et ceux qui souhaitent approfondir leurs connaissances sur Gustave Courbet, je leur conseille de le découvrir peu à peu et non d’une traite pour éviter l’indigestion.

Je remercie Les éditions Robert Laffont pour leur confiance.

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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Tout semble signe de bonheur à la jeune Renelde en ce jour de mai 1657. Elle quitte enfin le couvent des Ursulines de Lille. Les Van Eyck, brasseurs établis au coeur de la cité, l’ont élevée dans l’honorabilité, la richesse. Et une certaine liberté… Jusqu’à son mariage arrangé avec un noble désargenté qui lui fera vivre l’enfer. Avec courage et obstination, Renelde décide alors de prendre son destin en main. Elle crée une « chambre de dentelle » pour orphelines, espérant trouver la sérénité auprès de ses apprenties dentellières.
Mais elle croise le regard de l’étrange monsieur Grégoire, soupçonné d’hérésie…

Obstinée et courageuse, la jeune et jolie Renelde Van Eyck, fille d’un brasseur réputé de Lille, a pris sa destinée en main, envers et contre tous. Après le couvent, et une descente aux enfers auprès d’un mari qui lui répugne, elle a assisté au siège de Lille par les troupes de Louis XIV, a connu une épidémie de peste et la honte des pestiférés, elle a vu la mort l’effleurer.

Après son veuvage, alors que son frère et sa belle-sœur lui enjoignent de s’enfermer au couvent, elle créée une chambre de dentelle. Dans ce lieu féminin, elle va recueillir de petites filles qu’elle va former à devenir dentellières et pour qui elle va endosser le rôle de mère.

Célibataire et indépendante, elle vit avec ses filles et sa marraine le plus tranquillement du monde jusqu’au jour où Monsieur Grégoire, un homme secret soupçonné d’hérésie va faire naître en elle une petite étincelle qu’elle pensait à jamais éteinte.

La kermesse du diable signe mes retrouvailles avec Annie Degroote dont j’avais beaucoup aimé Les perles de la Moïka et un peu moins apprécié Le moulin de la Dérobade.

L’auteure prend une fois de plus pour toile de fond sa région natale, le Nord et la Flandre, et l’amour qu’elle lui porte transparaît tout au long de la lecture. La ville de Lille sert d’écrin à l’histoire de Renelde Van Eyck, une femme indépendante et courageuse qui a osé prendre son destin en main, contre l’avis de sa famille.

La plume d’Annie Degroote, est toujours agréable à lire, et le récit à deux voix a fait l’objet de recherches historiques indéniables, rendant le roman crédible, d’un point de vue purement documentaire.

D’un point de vue historique, ce roman est tout simplement passionnant, j’ai appris une foule de choses sur l’histoire de Lille au 17è siècle, sur la dentelle et les dentellières.

Autre point fort : la condition féminine à cette époque. Renelde est une femme de la bourgeoisie qui va se battre pour mener la vie qu’elle souhaite. Son père ne voulait pas qu’elle prenne mari et va lui choisir l’un de ses amis qui va se révéler un piètre époux. Puis après son décès, c’est son frère et sa belle-sœur qui vont souhaiter la voir prendre le voile.

J’ai beaucoup aimé qu’Annie Degroote opte pour une héroïne courageuse, qui va trouver sa voie et vivre en femme libre, bien aidée par sa marraine, qui avait fait le choix de demeurer célibataire elle aussi. L’autrice insiste aussi sur l’importance de la dentelle à cette époque et sur le travail minutieux que ses femmes accomplissaient pour l’embellissement d’autres femmes.

La place de la religion est également bien traitée, la société est à cette époque très croyante, la religion rythme les journées par ses offices et l’année par ses fêtes. Bien que l’on soit sous Louis XIV, les bûchers sont toujours là et la chasse aux sorcières, les soupçons d’hérésie, la peur de Satan… sont encore très présents.

Seulement voilà pour moi il y a un petit hic : je ne suis pas parvenue à m’attacher à Renelde et à me passionner pour sa vie. Reste que ce roman féministe vaut la peine d’être lu, ne serait-ce que pour cette mise en lumière de la place des femmes dans la société du 17è siècle.

Merci aux éditions Presses de la cité et à Marie-Jeanne pour leur confiance et pour cette lecture très intéressante.

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Amélie Servoz, jeune modiste d’origine savoyarde installée depuis quelques années dans la capitale russe, assiste avec inquiétude à la déliquescence de l’Empire. Nous sommes en 1917, les combats de rue font rage, sa boutique de chapeaux et accessoires de mode est vandalisée. Découragée, elle décide de fuir la Russie accompagnée de son amie Joséphine, institutrice dans une maison bourgeoise. Non sans mal, elles montent dans un train pour la Finlande et la frontière suédoise, en ignorant qu’elles devront passer par la Norvège, l’Écosse puis l’Angleterre pour rallier la France occupée.

Amélie Servoz, jeune modiste d’origine savoyard, n’a pas froid aux yeux. En 1910, elle rallie Saint-Pétersbourg avec, pour seul viatique, l’invitation d’une compatriote à reprendre sa boutique de chapeaux.

Plumassière de formation, ses articles de mode font le bonheur des riches habitantes de la capitale russe et lui permettent de vivre l’existence libre et indépendante à laquelle elle aspire, sans toutefois perdre de vue qu’elle retourna un jour à Paris.

Sept ans plus tard, le régime tsariste vacille, les bolchevicks prennent le pouvoir et comptent bien éradiquer les boutiques de luxe de la ville. Amélie est obligée de quitter la Russie pour rejoindre la France engluée dans la première guerre mondiale. Le retour, périlleux, se fait aux côtés de Friedrich, un négociant en bois suédois…

Vous le savez sans doute, si vous me lisez régulièrement, j’ai une fascination pour la Russie, Saint-Pétersbourg et pour son histoire, en particulier pour le règne de Nicolas II. C’est donc avec beaucoup d’intérêt que j’ai attaqué ma lecture de Pays provisoire.

Fanny Tonnelier nous conte avec beaucoup de finesse l’histoire d’Amélie, une jeune femme indépendante et aventureuse, une artiste ambitieuse qui n’hésite pas à traverser l’Europe pour réaliser son rêve : avoir sa propre boutique de mode.

Comme Amélie, de nombreuses françaises vont partir elles aussi travailler en Russie au début du 20è siècle, souvent comme gouvernante ou professeure de français mais aussi comme modiste. Toutes ont du fuir une fois le tsar chassé du pouvoir, faisant un périlleux chemin du retour pour retrouver leur patrie en guerre.

Ce court roman porté par une héroïne courageuse est moderne est très intéressant même si je suis un peu déçue de ma lecture : je m’attendais en fait à suivre Amélie dans son installation et son quotidien à Saint-Pétersbourg et il n’en est rien.

Et en fait, on la suit surtout dans son chemin du retour, de la Russie à France, en passant par la Norvège, l’Ecosse puis l’Angleterre. Pendant ce long périple, la jeune femme se raconte et dévoile par petites touches ce que fut sa vie en Russie.

L’autrice s’est bien documentée car les événements historiques sont campés avec réalisme et l’ambiance de la fin du tsarisme est bien reconstituée tout comme les très nombreuses références à la mode qui m’ont enchantée.

Pour autant, j’ai trouvé ce récit bien trop lisse eut égard à tout ce qui arrive à Amélie, qui bien, que durement touchée par la fin du régime tsariste, devra repartir de zéro, se sort de toutes les embûches mises sur sa route sans problème ni accroc, ce que j’ai trouvé peu réaliste.

Malgré ces quelques reproches, j’ai aimé ce premier roman, le style de Fanny Tonnelier, son héroïne attachante, son histoire plutôt plaisante.

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« Le diable a bu du rhum. On a souillé les églises, déterré les cadavres. Saint-Pierre doit se repentir. Tandis que je crache de la boue et du feu, que je ravage les champs, les bêtes et les hommes, ils battent des mains comme des enfants à Carnaval. Ils oublient de redevenir des animaux sages, de faire confiance à leur instinct. Fuyez ! Je suis la montagne Pelée, dans trois heures, je vais raser la ville. Trente mille morts en quatre-vingt-dix secondes. »

8 mai 1902, 5 heures du matin au jardin botanique de Saint-Pierre. Alors que la Montagne Pelée fait des siennes, Othello est sur le point de perdre la vie en duel. Face à lui Georgien d’Outreville, un tueur professionnel engagé par le tuteur de Louise, la femme qui l’aime, afin qu’il se débarrasse de son rival.

Louise attend de l’autre côté du mur, dans une calèche, avec son tuteur et un prêtre censé les marier, une fois Othello tué. Louise n’a aucune intention de consentir à cette union et a prévu de se donner la mort avec le pistolet de poche contenu dans son sac qu’elle serre contre elle.

Louis Mouttet, le gouverneur de Saint-Pierre, depuis quelques mois en poste, a reçu l’ordre de ne pas évacuer la ville, malgré les menaces du volcan qui depuis quelques jours gronde sous leurs pieds. Le professeur Landes a tout fait pour convaincre les autorités, sans résultat.

Marius Hurard, patron du journal Les colonies, est dans son bureau. Depuis que la montagne s’est réveillée, les tirages du journal s’envolent. A 7h52, ils mourront tous ou presque…

Quatre-vingt-dix secondes signe mes retrouvailles avec la verve de Daniel Picouly dont j’avais adoré L’enfant léopard pour lequel il avait reçu le Prix Renaudot, largement mérité.

Dans son nouveau roman, l’auteur donne la parole à la montagne Pelée, héroïne d’une épopée terrifiante, qui va donner la mort à près de trente mille personnes le 8 mai 1902 en seulement quatre-vingt-dix secondes, détruisant au passage la ville de Saint Pierre.

L’histoire totalement véridique de la catastrophe nous est contée par la Montagne Pelée en personne. Pour elle, Saint-Pierre est devenue une ville vénale, une catin, une Sodome tropicale, le berceau de toutes les dérives et paillardises de l’homme : les curés envoient leurs soutanes par dessus tête, les bordels font recette…

Le volcan s’énerve, les avertit par de réguliers grondements, de la fumée, de la lave, il a déjà fait des dizaines de morts chez les bêtes comme chez les hommes aux alentours de Saint Pierre mais personne ne comprend ses avertissements.

Alors, du haut de ses 1 351 mètres, la montagne Pelée décide de punir par sa colère ces humains arrogants et ambitieux. Seuls, quelques-uns, qu’elle a dument choisi, pourront survivre et témoigner qu’ils ont vécu le jour du Jugement dernier, comme Cyparis, au cachot au moment où la nuée ardente va s’abattre sur la ville.

Avec ce roman, Daniel Picouly s’attaque à un fait historique pour lequel je ne savais rien, de ce point de vue là c’était très intéressant d’autant plus que la catastrophe nous est racontée de façon très originale puisque c’est le volcan lui-même qui prend la plume.

Au-delà de la catastrophe en elle-même, l’auteur plante le décor de son récit, nous décrit la société martiniquaise de cette époque avec le pouvoir toujours aux mains des blancs, les noirs qui continuent de suer sang et eau pour un salaire de misère mais qui sont désormais libres de le faire puisque plus sous le joug de l’esclavage. Rares sont ceux qui ont pu s’élever comme Marius Hurard, patron du journal Les colonies, l’un des protagonistes du roman.

Entre les deux, les métisses, ne sont pas bien lotis. A l’instar d’Othello, il leur est difficile de faire des études et ils ne peuvent espérer contracter un mariage avec une personne venue de Métropole comme Louise.

Sur le papier ce sujet m’intéressait beaucoup : le fait historique, un narrateur volcan la satire sociale, l’ignorance sociale, la vie dans les colonies… et après un début de lecture enthousiaste, je vous avoue que je me suis un peu lassée. Comme on connaît l’issue du roman et que l’on suit essentiellement les pensées de la montagne, j’ai été assez frustrée. J’aurai aimé que les personnages humains, qui ne font que traverser le récit, soient plus présents.

Reste que ce roman se lit très bien notamment grâce au talent de Daniel Picouly et à sa plume enlevée et que j’ai appris beaucoup de choses,ce qui n’est déjà pas si mal.

Merci à Babelio et aux éditions Albin Michel pour cette lecture !

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La jeune Gabrielle vit avec son père Denis, qui tient le café le Mascaret, à Meschers, village de pêcheurs de l’estuaire de la Gironde. Elle devient auxiliaire au phare de Cordouan, le  » Versailles des mers « , situé à sept kilomètres en mer sur le plateau de Cordouan. Même si le lieu ravive le souvenir de Léa, sa mère morte lors d’un naufrage dix ans plus tôt, elle s’y sent bien. Parfois, au-dessus de sa chambre, vient se percher une mouette à la gorge noire. Pour la jeune fille, c’est comme si cet oiseau des mers lui transmettait des messages de la disparue. Parmi les gardiens, il y a Alexis, de dix ans son aîné, dont elle tombe amoureuse. Quand la guerre est déclarée, Meschers se vide de sa jeunesse et Alexis disparaît sans plus donner de nouvelles… Sur la côte, les Allemands ordonnent la construction du mur de l’Atlantique, et l’extinction des feux de Cordouan.

On l’appelle le paradis des enfers. Pour Gabrielle, marquée à jamais par la mort de sa mère Léa lors d’un naufrage une dizaine d’années plus tôt, le phare de Cordouan est un refuge, l’endroit où elle se sent le plus proche de la disparue.

Nommée auxiliaire, elle tombe amoureuse d’Alexis son tuteur, déjà fiancé à une autre. Elle tait son amour pour lui bien qu’elle ait l’impression que ses sentiments sont partagés. C’est alors que la déclaration de guerre arrive. Les hommes sont mobilisés et bientôt Alexis disparaît, suite au suicide de sa promise.

Gabrielle se met à dépérir et ni son père ni sa grand-mère n’arrivent à lui changer les idées. La région est bientôt occupée, le phare pris par les allemands. Les lois antijuives commencent à faire peur à Denis, son père, qui craint plus que jamais pour sa fille unique et l’incite vivement à ne plus quitter Cordouan…

Il y a deux ans déjà, j’avais découvert la plume de Madeleine Mansiet-Bertahaud avec Les nuits blanches de Lena qui dépeignait la chute du régime tsariste et que j’avais beaucoup aimé.

Changement de lieu et d’époque avec La valse des mouettes qui nous emmène du côté de Royan, une région que j’affectionne particulièrement, pendant la seconde guerre mondiale.

Avec ce roman, Madeleine Mansiet-Berthaud signe le portrait d’une femme déterminée qui, au-delà des conventions, a choisi un métier d’homme au quotidien rude mais exaltant. Un roman d’apprentissage et d’émancipation qui se révèle agréable à lire et plein de rebondissements.

L’auteure nous raconte donc le destin de Gabrielle qui a une belle complicité avec son père et sa grand-mère, qui n’a de cesse de découvrir les secrets de sa famille, les raisons pour lesquelles sa mère l’a abandonnée et les circonstances dans lesquelles Léa a perdu la vie. Une absence qui la marque encore, une dizaine d’années après sa disparition.

Gabrielle est une héroïne atypique à l’allure plutôt masculine qui se passionne par un métier jusqu’alors occupé uniquement par les hommes, qui vit entre le phare et le café Le Mascaret de son père.

Si l’intrigue est très longue à démarrer, l’auteure prend en effet son temps pour planter son décor et nous dévoiler les protagonistes de son histoire, jusqu’à ce que la guerre éclate mettant en place les événements qui rendront intéressante l’histoire de Gabrielle et d’Alexis.

Car si l’histoire de Gabrielle peut paraître banale, dès que l’Occupations s’installe, sa vie prend un tournant. Les drames, les secrets de famille, les révélations sur le passé de sa mère et ses propres amours contrariées vont précipiter le destin de Gabrielle dans la tourmente de la guerre et très loin des siens, jusqu’au camp d’Auschwitz Birkenau et nous tenir en haleine pendant plus de trois cents pages.

Le contexte historique est bien rendu et j’ai aimé retrouver une région chère à mon cœur et suivre Gabrielle au sein de son phare.

La jeune femme se révèle courageuse et l’ensemble des personnages sont assez attachants, Gabrielle bien sûr mais aussi Denis son père, sa grand-mère, Charles et Alexis.

Bien documenté, porté par une héroïne non conventionnelle, La valse des mouettes est un bon roman du terroir, à réserver aux adeptes du genre.

Un grand merci à Laëtitia et aux éditions Presses de la cité pour cette lecture !

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Jeune paysanne élevée dans l’amour des lettres, Félicité est engagée comme copiste chez Diderot. Initiée à l’esprit des Lumières, elle se passionne pour les combats de l’Encyclopédie, contre les dévots et les censeurs. Une complicité ambiguë se noue entre l’élève et le philosophe irrévérencieux. Félicité accomplira-t-elle ses rêves d’écriture et de liberté ?

Félicité est une jeune paysanne de Langres. Sa mère, Emilie, a été élevée au couvent et en garde un vilain souvenir, pas question pour elle que sa fille aille chez les religieuses mais elle tient à ce qu’elle ait un bon niveau d’instruction.

Lorsque les colporteurs reviennent chaque année, Emilie achète des romans afin que sa fille cultive le goût de la littérature au grand dam du cousin Paulin, le prêtre de la paroisse, qui préférerait que ses ouailles se contentent de la sainte bible.

Devenue orpheline, le curé la recueille et propose de la faire entrer comme copiste chez un notaire de Langres qu’il connaît bien. L’homme de loi lui propose plutôt de la placer chez le fils d’un coutelier de ses amis : Denis Diderot.

Le vicaire ne le connaît ni d’Eve ni d’Adam et le notaire, acquis aux idées des Lumières, se garde bien de lui révéler l’athéisme du philosophe, et voilà Félicité en partance pour la capitale…

Le siècle des Lumières, Diderot, l’Encyclopédie et le billet de George, il ne m’en fallait pas plus pour me donner envie de lire ce court roman, qui, une fois n’est pas coutume, n’a pas trainé dans ma PAL.

Vous connaissez mon goût pour les romans historiques et lorsqu’ils ont pour cadre le XVIIIè siècle et qu’ils me permettent de côtoyer mon philosophe préféré, Denis Diderot, comme dans La petite copiste de Diderot, impossible pour moi de résister !

Danielle Digne est passionnée d’histoire et elle connaît rudement bien Diderot, j’ai donc passé un agréable moment en compagnie de Félicité et Diderot bien sûr mais aussi tous les protagonistes secondaires du roman tels que Madame d’Epinay, le baron d’Holbach, l’abbé Galliani, l’abbé Morellet, d’Alembert…

Lorsque Félicité arrive à Paris en 1760, Diderot est en pleine tourmente car l’Encyclopédie, attaquée par ces jésuites de malheur, est frappée d’interdiction royale. Notre philosophe qui trime sur son grand œuvre, enrage de ne pouvoir en venir à bout et crie à l’injustice d’autant plus que cette Encyclopédie qui lui prend toute son énergie, lui rapporte bien peu !

Ce roman bien documenté montre très bien le combat pour les Lumières mené par Diderot et les Encyclopédistes et nous dévoile le personnage attachant et éblouissant qu’était Diderot dans le privé mais aussi le travailleur infatigable qu’il savait être.

Les rapports houleux avec sa femme Antoinette et tendres avec sa fille Angélique, la correspondance qu’il entretenait avec Sophie Volland, la grande amitié qui le liait au baron d’Holbach et à Louise d’Epinay, son attachement à sa robe de chambre (il lui a même consacré un texte !), ses rapports avec Voltaire, Rousseau et Catherine II, la vente de sa bibliothèque à la tsarine, ses soucis avec la police et la censure, le traumatisme que fut pour lui l’emprisonnement à Vincennes, etc. Danielle Digne n’oublie rien et nous propose une plongée réussie au cœur de la vie de Diderot et du mouvement encyclopédique.

La jeune Félicité se montre intelligente et attachante, pleine de vénération pour son grand homme tout en ne cachant pas les travers et défauts qu’avait aussi le philosophe, loin d’être un saint, mais doté d’un grand cœur.

Grâce à son héroïne, l’auteure peut aborder la place des femmes dans la société de l’Ancien Régime. Copiste était un métier dévolu aux hommes, héritiers des fameux moines du Moyen Age, et que la romancière ait choisi ce métier pour Félicité et un philosophe comme Diderot ne doit rien au hasard.

Le philosophe du bonheur était plutôt ouvert à l’éducation des femmes, il voulait que sa fille ait une bonne instruction même si il rêvait pour elle d’un bon mariage, comme tous les pères de cette époque et n’aurait sans doute pas permis, qu’elle exerce un métier !

L’histoire est simple mais non dénuée d’intérêt et vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé La petite copiste de Diderot et je ne peux que vous inciter à le lire à votre tour. Si vous aimez cette époque, vous serez charmé de la retrouver et si vous ne la connaissez pas, c’est l’occasion de réparer cet oubli.

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Vida Winter, auteur de best-sellers vivant à l’écart du monde, s’est inventé plusieurs vies à travers des histoires toutes plus étranges les unes que les autres et toutes sorties de son imagination. Aujourd’hui, âgée et malade, elle souhaite enfin lever le voile sur l’extraordinaire existence qui fut la sienne. Sa lettre à Margaret Lea est une injonction : elle l’invite à un voyage dans son passé, à la découverte de ses secrets. Margaret succombe à la séduction de Vida mais, en tant que biographe, elle doit traiter des faits, non de l’imaginaire. Et elle ne croit pas au récit de Vida.
Dès lors, les deux femmes vont confronter les fantômes qui hantent leur histoire pour enfin cerner leur propre vérité…

Margaret Lea est bouquiniste et travaille dans la librairie de son père. Elle écrit également des biographies d’auteurs du 19è siècle, comme celle des frères Goncourt.

Vida Winter est une romancière culte en Angleterre, auteure de dizaines de best-sellers. Aujourd’hui, âgée et malade, elle veut livrer sa vie à une biographe et fait appel à Margaret.

La jeune femme, très surprise, se décide à lire les romans que la papesse des lettres a écrit et accepte le job en prévenant Vida qu’elle vérifiera tout ce qu’elle lui racontera.

La romancière, très malade, commence à raconter son enfance à Angelfield auprès de sa sœur jumelle…

Le treizième conte était dans ma PAL depuis près de six ans et faisait même partie de mon premier book haul ! J’avais tenté de lire le roman de Diane Setterfield il y a trois ou quatre ans et l’avais abandonné, lassée par la lenteur du récit.

Belette m’ayant proposé de le lire avec elle, j’ai donné une seconde chance à ce récit, qui une fois encore, m’a profondément ennuyé. Il avait pourtant sur le papier tout pour me plaire : une atmosphère gothique, de nombreuses références à la littérature anglaise du 19è siècle (Jane Eyre en tête), un manoir imposant en ruines, la brume permanente, les fantômes omni présents, les histoires à tiroirs qui se mélangent et s’imbriquent, des secrets de famille en veux-tu en voilà.

Et pourtant, je n’ai pas du tout aimé ce roman, lent, bourré de longueurs, de détails et de digressions qui n’en finissent plus. J’ai été incapable de m’intéresser réellement à l’histoire que nous propose Diane Setterfield et encore à m’attacher aux deux héroïnes qui m’ont laissé de marbre.

Difficile de vous donner un avis éclairé sur ce roman, d’autant plus que passé la page 100, je l’ai surtout lu en diagonale, poussée par ma copinaute de lecture, qui voulait que j’aille jusqu’au bout de cette pavasse de près de 600 pages !

Pour moi, Le treizième conte est trop long et j’ai vraiment calé au milieu du roman, me sentant incapable d’aller plus loin, tellement l’histoire n’avançait pas. Je n’ai pas non plus aimé les histoires qui s’imbriquent entre l’histoire de la narratrice et celle de la romancière et de cette gémellité miroir entre l’une et l’autre.

Quant au dénouement final, je n’y ai pas cru et ai été encore plus déçue, si c’était encore possible de l’être davantage. Je ne garderai donc pas un souvenir impérissable de ce roman et je vous invite à aller lire l’avis de Belette ici qui l’a davantage apprécié que moi.

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