Feeds:
Articles
Commentaires

Posts Tagged ‘roman irlandais’

Adam et Christine se croisent une nuit sur le Ha’penny Bridge à Dublin. Il se tient sur le pont, prêt à sauter, désespéré. Apprenant que son trente-cinquième anniversaire approche, Christine se lance un défi incroyable : lui prouver en quelques jours que la vie vaut la peine d’être vécue.

tombee-du-ciel-cecelia-ahernauteur-editeur-pagesAdam et Christine font connaissance sur le Ha’penny Bridge de Dublin. Il veut en finir avec la vie et se tient sur le pont, prêt à sauter dans le vide, désespéré. Christine intervient, le persuadant de se donner 15 jours de sursis, jusqu’à son 35è anniversaire. Elle lui promet de lui prouver en deux semaines que la vie vaut la peine d’être vécue.

Christine Rose, à la tête de sa petite entreprise de ressources humaines, est pourtant en plein marasme personnel. Elle vient de quitter Barry son mari, en proie à sa fureur et à un harcèlement particulièrement pénible et se retrouve à loger au-dessus de son bureau, dans le petit studio familial.

Mais Christine veut absolument sauver Adam et empêcher son suicide par tous les moyens, elle est encore traumatisée par la mort de sa mère bien des années auparavant qui a mis fin à ses jours et elle veut une fin heureuse pour lui.

Afin de sortir Adam de ses idées suicidaires, Christine prend 15 jours de congé et l’installe chez elle, histoire de l’avoir en permanence sous les yeux 24h sur 24h, et pour l’aider, pioche des idées dans un manuel de développement personnel (dont elle est particulièrement friande), même si les solutions proposées n’ont pas l’effet escompté.

J’avais découvert Cecelia Ahern avec PS I love you, aussi j’étais très curieuse de découvrir Tombée du ciel, son tout dernier roman entré depuis peu à la médiathèque et je dois dire que je ne suis pas déçue.

Malgré le sujet grave qui réunit les deux protagonistes du roman, l’histoire se révèle plutôt tendre et drôle, avec des personnages très attachants, égratignés par la vie.

Outre nos héros, la famille de Christine vaut son pesant de cacahuètes avec un père et des sœurs tous plus frappadingues les uns que les autres, Amélia la copine libraire au bord du désespoir, Gemma son assistante qui connaît tous les bons plans pour draguer…

J’ai beaucoup aimé ce roman, même si je trouve qu’il y a un peu trop de narrations et de longueurs pour moi, cela reste une romance qui réchauffe le cœur et qui fait du bien.

heart_4

Read Full Post »

Quand on trouve l’âme sœur, on croit que le bonheur durera toujours. C’est ce que pensait Holly jusqu’à ce que son Gerry ne meure d’une terrible maladie. A trente ans, Holly se retrouve seule, démunie, sans espoir. Mais Gerry lui réserve une ultime surprise. Il lui a laissé dix lettres qui forment une  » liste  » de choses à accomplir pour réapprendre à vivre. Par-delà la mort, Gerry lui adresse un message d’amour et de courage : elle doit apprendre à être heureuse sans lui, malgré le lien fort qui les unissait.

ps-i-love-you-cecilia-ahern

auteur-éditeur-pages

Lorsque j’ai acheté PS : I love you il y a quelques mois, je ne connaissais ni l’auteure ni le titre, j’avais été séduite par la 4è de couverture qui me promettait une comédie romantique, drôle et poignante et je dois dire que cette romance sort véritablement des sentiers battus et qu’elle est en effet drôle et émouvante.

L’histoire est originale et touchante : lorsque l’on fait la connaissance d’Holly, elle vient de perdre son mari Gerry emporté par une tumeur au cerveau, juste avant ses trente ans. Elle n’a plus de travail et se traine toute la journée en pyjama dans sa maison, incapable de reprendre le dessus malgré le soutien de Sharon, Tom et Denise.

Elle n’arrive pas à la faire le deuil de l’homme de sa vie dont elle est amoureuse depuis le lycée. Mais quelques semaines après la mort de son époux, elle reçoit une grosse enveloppe contenant des courriers à ouvrir le 1er de chaque mois, de mars à décembre. Gerry, lui a, en cachette, écrit des lettres ayant pour but de lui réapprendre à vivre sans lui et d’avancer dans la vie.

Derrière l’humour et le rythme enlevé du roman, Cecelia Ahern aborde un sujet grave : comment faire le deuil d’un être cher ? Et surtout comment continuer à vivre, rire, sourire alors qu’on a l’impression que la vie ne vaut plus le coup d’être vécue ? Comment accepter aussi que son entourage continue sa vie alors qu’on n’y arrive pas ?

Holly va en faire la douloureuse expérience : bien qu’entourée de sa famille et de ses amies, elle va avoir du mal à accepter que ces dernières puissent vivre leur vie. La célibattante Denise va rencontrer l’amour et se marier et Sharon et Tom vont avoir un bébé.

Au fil des chapitres et des nombreux rebondissements qui ponctuent la vie d’Holly au cours de ces dix mois, on apprend à connaître et à apprécier Holly. On partage sa souffrance, ses peines et on la voit dans toutes ses difficultés. Heureusement elle n’est pas seule. La galerie de portraits de ses nombreux amis et de sa famille est rafraichissante et réjouissante car il s’agit de personnages crédibles, avec leurs qualités et leurs défauts, qui font de leur mieux pour aider Holly. Pareil pour Holly, elle n’est pas parfaite mais elle essaye de faire de son mieux, d’être en accord avec elle-même.

Enfin, c’est un message d’espoir pour celles et ceux qui traversent ce genre d’épreuve et une belle leçon d’optimisme, la vie continue malgré tout, même si la douleur ne s’efface jamais vraiment.

Une romance bouleversante qui sort des sentiers battus et une auteure, Cecelia Ahern qui évite bon nombre d’écueils et de facilités, avec une mention particulière pour la fin moins prévisible que je ne le pensais ! Une magnifique histoire d’amour aussi, qui bien que tragique, fait du bien, on envie Holly d’avoir vécu un si bel amour.

heart_4

Lu dans le cadre du challenge Challenge Irlande et Littérature irlandaise et du Plan Orsec 2014 pour PAL en danger :

 challenge-irlandais     pal-orsec-20141

Read Full Post »

Dans un château de la lointaine Styrie, au début du XIXe siècle, vit une jeune fille solitaire et maladive. Lorsque surgit d’un attelage accidenté près du vieux pont gothique la silhouette ravissante de Carmilla, une vie nouvelle commence pour l’héroïne. Une étrange maladie se répand dans la région, tandis qu’une inquiétante torpeur s’empare de celle qui bientôt ne peut plus résister à la séduction de Carmilla… Un amour ineffable grandit entre les deux créatures, la prédatrice et sa proie, associées à tout jamais  » par la plus bizarre maladie qui eût affligé un être humain « . Métaphore implacable de l’amour interdit, Carmilla envoûte jusqu’à la dernière ligne… jusqu’à la dernière goutte de sang !

carmilla-sheridan-le-fanuauteur-éditeur-pagesLorsque l’on pense aux vampires, un nom et un auteur nous viennent immédiatement en tête : Dracula de Bram Stoker. Pourtant, avant ce roman culte, il y en eut un autre qui mettait en scène un vampire, au féminin, Carmilla de Joseph Sheridan Le Fanu. L’auteur irlandais publie en effet son roman en 1871, soit vingt-six ans avant celui de Stoker. Ce roman gothique me semblait de circonstance quelques jours avant Halloween et surtout avant de lire Dracula puisqu’il est précurseur et pionnier.

Le Fanu plante son roman dans un décor gothique à souhait, un château sombre autrichien, entouré de forêts et de ruines, à plusieurs miles du premier village. L’héroïne du récit, Laura, candide comme il se doit, incarne parfaitement l’héroïne gothique par excellence : orpheline de mère, elle vit de façon isolée avec son père et ses deux gouvernantes dans un immense château. Très craintive, elle reste traumatisée par une apparition ayant pour traits ceux d’une belle jeune fille, qui s’est glissée dans son lit alors qu’elle n’avait que six ans. La vie s’écoule lentement lorsqu’une berline fait irruption dans la cour du château de façon fracassante, laissant la jeune Carmilla évanouie. Sa mère, qui est très pressée, ne peut se permettre d’attendre que sa fille recouvre ses esprits et accepte qu’elle soit hébergée au château en attendant son retour. Son seul souhait, que ses hôtes ne cherchent pas à savoir son nom ni rien de sa famille. Laura, reconnait en Carmilla, la jeune fille de son apparition et en est aussitôt troublée. Carmilla, qui semble l’innocence même, va se révéler être un personnage énigmatique et dangereux, qui jure un amour éternel à Laura, qui, succombe à cet amour, pensant même que la jeune fille est en fait un prétendant qui aurait agi par ruse. La relation entre les deux jeunes femmes devient sensuelle et plutôt explicite, l’homosexualité féminine couve, venimeuse et exaltée.

Mais bientôt, un mal mystérieux va s’abattre sur le village et les victimes rapidement s’accumuler, ces pauvres hères semblent se vider de toute vie, comme par magie et portent deux blessures au niveau de la gorge. On chuchote que les vampires sont de retour. L’effroi s’empare des environs et peu à peu du château puisqu’une mystérieuse apparition attend la tombée de la nuit pour hurler à la mort. Cette bête sombre frôle les murs du château, semant la terreur. Que veut-elle ? Qui est-elle ?

L’auteur donne ici ses lettres de noblesse à la culture vampirique, un genre qui connait un vif succès ces dernières années. Le Fanu forge avec brio une atmosphère romantique, mystérieuse et envoûtante, pleine de sensualité, qui m’a beaucoup plu. Ce titre apparait novateur pour son époque car conter les amours de deux jeunes femmes en pleine époque victorienne, devait à coup sûr choquer les âmes bien pensantes, même sous couvert de fantastique. Je ne connaissais pas du tout l’histoire, je me suis laissée emporter et captiver par ce court roman, ne sachant pas si le dénouement offrirait une explication rationnelle ou se cantonnerait dans le registre du fantastique. Un classique agréable à lire, à découvrir absolument !

heart_4

Lu dans le cadre des challenges God save the livre édition 2013, Challenge Victorien 2013British mysteriesIrlande et Littérature irlandaise et Halloween :

   challenge-victorien-2013    2168108069.2    challenge-irlandais    halloween

Read Full Post »

Sur le point de fêter ses cinq ans, Jack a les préoccupations des enfants de son âge. Ou presque. Il ne pense qu’à jouer et à essayer de comprendre le monde qui l’entoure, comptant sur sa mère pour répondre à ses questions. Celle-ci occupe dans sa vie une place immense, d’autant plus qu’il vit seul avec elle dans la même pièce, depuis sa naissance. Il y a bien les visites du Grand Méchant Nick, mais la mère fait tout pour éviter à Jack le moindre contact avec lui. Jusqu’au jour où elle comprend qu’elle ne peut pas continuer à entretenir l’illusion d’une vie ordinaire. Elle va alors tout risquer pour permettre à Jack de s’enfuir.

room-emma-donoghueauteur-éditeur-pages J’aime décidément emprunter des livres à la médiathèque, j’ai parfois des déceptions mais le plus souvent, de belles surprises et c’est le cas ici de Room d’Emma Donoghue, un roman que j’ai failli prendre plusieurs fois, car estampillé « coup de cœur » de la médiathèque et de bon nombre de blogueuses, mais le sujet me faisait un peu peur. Aussi, si vous êtes comme moi, genre mère poule qui couve un peu trop ses poussins, abandonnez vos craintes et lisez Room. Ce livre m’a happée et je peux vous dire que les 400 pages ont été lues en 24h, ce qui ne m’était pas arrivé depuis longtemps, c’est bien simple, je n’ai rien fait dimanche dernier, j’ai lu, lu, lu et encore lu, pressée de savoir le fin mot de l’histoire et prise dans les filets du petit Jack, tellement attendrissant. Plusieurs jours après avoir fini cette lecture d’ailleurs, je l’ai toujours en tête !

Le plus dur est maintenant pour moi de vous donner envie de lire cet excellent roman mais sans rien vous dévoiler de l’intrigue car il y a un vrai suspens et une tension autour de ce petit garçon et de sa maman, otages d’un prédateur.

On fait la connaissance de Jack, notre narrateur, le jour de ses 5 ans. Il vit avec sa maman dans une toute petite pièce qui fait à la fois office de cuisine, pièce de vie, chambre, salle de bains et toilette. L’enfant et sa mère ne sont pas victimes de la crise mais vivent en captivité, retenus prisonniers par Grand Méchant Nick qui a enlevé la jeune femme alors que celle-ci était encore étudiante. Depuis lors, elle vit dans ce réduit, à l’abri des regards. C’est dans cette unique pièce qu’elle subit jour après jour la violence de son ravisseur depuis 7 ans et qu’elle a donné naissance à Jack qui ne connaît rien d’autre que cet endroit. Ils sont seuls au monde, vivants l’un pour l’autre dans des conditions effrayantes : rationnement de la nourriture, peur de Nick, impossibilité de s’évader, routine insupportable, vie dans la terreur qu’un jour Nick les abandonne à leur sort, les condamnant ainsi à une mort certaine, et j’en passe. Mais tout cela, Jack ne le voit pas, pour lui sa vie est normale et se résume à cette pièce, aux meubles qui l’entourent et surtout à sa maman qui est tout pour lui.  Les seules fenêtres ouvertes sur le monde sont les quelques livres à leur disposition et la télévision où il regarde notamment Dora l’exploratrice, un personnage qu’il adore, mais la jeune femme préfère lui cacher qu’un monde existe à l’extérieur de leur prison, pour Jack, seuls eux deux et leur ravisseur existent sur terre. C’est ce que croit Jack jusqu’à ce que sa mère, n’en pouvant plus de cette captivité et de la peur qu’elle subit depuis trop longtemps, avoue enfin à son fils qu’ils sont prisonniers et que lui seul peut les sortir de là. Arriveront-ils à s’enfuir ? Qu’adviendra-t-il alors ? Il vous faudra le lire pour le découvrir !

Les premières pages sont déroutantes puisque c’est Jack qui en est le narrateur :  l’enfant raconte par le menu leur quotidien, toujours le même, et les meubles qui les entourent et auxquels il a donné des noms (Madame Table, Madame Porte, Petit Dressing, Madame Couette…). Il parle aussi beaucoup du rituel qui le rend davantage fusionnel avec sa mère, le Doudou-Lait (l’allaitement) qu’il prend chaque soir au coucher et avant chaque sieste.

Le roman ne se limite pas à décrire cet enfermement, il va bien au-delà, il éclaire notamment le développement d’un enfant vivant en vase clos, la relation mère-fils, la médiatisation… mais je ne souhaite pas en dire davantage, il faut juste le lire ! Les personnages sont très attendrissants et émouvants et Emma Donoghue réussit le tour de force de nous livrer un roman très juste, à la fois sensible et drôle, sur un sujet grave, inspiré d’un fait réel, sans jamais tomber dans le voyeurisme, le sordide ou le glauque.

Room est une histoire bouleversante et inoubliable que je vous recommande chaudement.

heart_4Lu dans le cadre du challenge La plume au féminin édition 2013God save the livre édition 2013 et Challenge Irlande et Littérature irlandaise

     challenge-irlandais

Read Full Post »

Dans la chaleur de l’été, un père conduit sa fille dans une ferme du Wexford, au fond de l’Irlande rurale. Bien qu’elle ait pour tout bagage les vêtements qu’elle porte, son séjour chez les Kinsella,des amis de ses parents, semble devoir durer. Sa mère est à nouveau enceinte, et il s’agit de la soulager jusqu’à l’arrivée du nouvel enfant. Au fil des jours, puis des mois, la jeune narratrice apprivoise cet endroit singulier, où la végétation est étonnamment luxuriante, les bêtes grasses et les sources jaillissantes. Livrée à elle-même au milieu d’adultes qui ne la traitent pas comme une enfant, elle apprend à connaître, au gré des veillées, des parties de cartes et des travaux quotidiens, ce couple de fermiers taciturnes qui pourtant l’entourent de leur bienveillance. Pour elle qui n’a connu que l’indifférence de ses parents dans une fratrie nombreuse, la vie prend une nouvelle dimension. Elle apprend à jouir du temps et de l’espace, et s’épanouit dans l’affection de cette nouvelle famille qui semble ne pas avoir de secrets. Certains détails malgré tout l’intriguent : les habits dont elle se voit affublée, la réaction de Mr Kinsella quand il les découvre sur elle, l’attitude de Mrs Kinsella lors de leurs rares sorties à la ville voisine…

les-trois-lumières-claire-keegan

auteur-éditeur-pages

Enfin mon premier coup de cœur de l’année, il était temps nous sommes mi-mars, je commençais à désespérer ! Après avoir été le coup de cœur de bon nombre de lectrices, je me suis laissée tenter par ce roman de Claire Keegan et je peux dire à toutes celles qui l’ont dans leur PAL ou dans leur LAL : lisez-le, vous ne le regretterez pas !

Ce roman très court (100 pages) a pour héroïne une fillette, dont on ne connait ni l’âge ni le prénom. Difficile aussi de dire avec précision à quelle époque se déroule le roman car Claire Keegan ne nous le précise pas, on sait juste que le couple a la télévision, sans doute dans les années 60 ou 70. Voilà pour le décor.

Par une chaude journée d’été, une petite fille est confiée aux Kinsella, un couple de fermiers. Elle est semble-t-il l’ainée de la famille et la mère, une fois encore enceinte, a déjà trop de bouches à nourrir. Ses grossesses successives sont davantage un poids qu’une réjouissance pour cette femme incapable de la moindre tendresse envers ses enfants. Mariée à un fermier, buveur et joueur, qui perd le peu d’argent qu’ils ont aux cartes, elle est rude et a l’air de peu, voire pas, se soucier de ses enfants.

La fillette, qui doit rester tout l’été chez ces fermiers qu’elle ne connait pas, appréhende un peu son séjour, d’autant qu’elle découvre très vite qu’il n’y a pas d’enfants à la ferme et qu’elle va rester en tête-à-tête avec cet homme et cette femme peu bavards et plutôt taciturnes. Son père qui la dépose sans trop s’attarder, oublie même sa valise dans le coffre, une attitude qui prouve à quel point cette enfant est vraiment laissée pour compte.

Les habitants de la ferme et des environs vivent au rythme de la vie à la ferme et des nombreuses tâches du quotidien, au gré des moissons et de la traite des animaux. Les journées s’égrènent ainsi, toujours identiques, rassurantes pour l’enfant : aller chercher de l’eau au puits, faire la course pour aller jusqu’à la boite aux lettres et améliorer son score chaque jour, aller cueillir des légumes, mitonner de bons petits plats, etc. L’auteur signe d’ailleurs ici un joli hommage à la campagne, à cette vie simple, où les gens se contentent de ce qu’ils ont, cette vie passée dehors et au milieu de la nature.

D’abord mal à l’aise, la fillette va découvrir le bonheur, l’amour de parents pour leur enfant. Ce couple qui ne s’est pas remis de la mort de leur fils va gâter, choyer, entourer d’affection la fillette qui est là pendant tout un été seulement. Ils vont lui donner un amour si fort qu’elle n’a plus qu’une envie : rester avec eux.

J’ai été très émue par ce récit tout en pudeur, en retenue et en délicatesse et par cette enfant si discrète qui souffre de la rudesse de ses parents et qui pense que personne ne peut l’aimer. Quant à la chute du roman, elle est magistrale, et dans une économie de mots qui fait mouche. La plume de Claire Keegan poétique et fine m’a rappelé Soie d’Alessandro Baricco que j’avais beaucoup aimé aussi.

Mon seul reproche : il est trop court, j’ai tellement aimé que je serais bien restée avec les Kinsella et notre jeune héroïne si attachante, pendant plusieurs centaines de pages !

J’avais déjà eu un coup de cœur pour une autre romancière irlandaise, Maggie O’Farrel, et son très beau roman L’étrange disparition d’Esme Lennox, j’aime énormément l’œuvre d’Oscar Wilde, alors je sens que je vais continuer ma découverte de littérature irlandaise et faire j’en suis sûre d’autres très belles découvertes.

heart_5

Lu dans le cadre du challenge La plume au féminin édition 2013God save the livre édition 2013, Le tour du monde en 8 ans et Challenge Irlande et Littérature irlandaise

        tour-du-monde-1     challenge-irlandais

Read Full Post »

Entre l’Inde et l’Écosse, des années 1930 à nos jours, l’histoire déchirante d’une femme enfermée, rejetée de la société et oubliée des siens. Un roman d’une beauté troublante, où s’entremêlent des voix aussi profondes qu’élégantes pour évoquer le poids des conventions sociales et la complexité des liens familiaux, de l’amour à la trahison. A Édimbourg, l’asile de Cauldstone ferme ses portes. Après soixante ans d’enfermement, Esme Lennox va retrouver le monde extérieur. Avec comme seule guide Iris, sa petite-nièce, qui n’avait jamais entendu parler d’elle jusque-là. Pour quelle étrange raison Esme a-t-elle disparu de la mémoire familiale ? Quelle tragédie a pu conduire à son internement, à seize ans à peine ? Toutes ces années, les mêmes souvenirs ont hanté Esme : la douceur de son enfance en Inde, le choc de son arrivée en Écosse, le froid, les règles de la haute bourgeoisie et, soudain, l’exclusion… Comment sa propre sœur, Kitty, a-t-elle pu cacher son existence à ses proches? Et pourquoi Iris se reconnaît-elle tant dans Esme ? Peu à peu, de paroles confuses en pensées refoulées, vont ressurgir les terribles drames d’une vie volée…

l-étrange-disparition-d-esme-lennox

auteur-éditeur-pagesEncore un roman qui attendait dans ma PAL depuis un bout de temps et c’est grâce au challenge Irlande et littérature irlandaise que je l’en ai sorti, et j’ai vraiment bien fait ! Comme pour Certaines n’avaient jamais vu la mer, L’étrange disparition d’Esme Lennox est un roman magnifique et bouleversant, qui m’a ému aux larmes. J’ai eu beaucoup de mal à lâcher ce livre que j’ai lu très rapidement tant j’avais envie d’en connaître le fin mot.

Ce récit à trois voix : Esme enfermée dans un asile depuis 60 ans, Iris sa petite-nièce qui ne connaissait pas son existence et Kitty, la sœur de la première et grand-mère de la seconde, dont les souvenirs sont décousus par la maladie d’Alzheimer, dévoile le destin des deux ainées, femmes coincées dans leur statut de femme bourgeoise, broyées par la société pudibonde et corsetée de la première moitié du XXème siècle.

Esme Lennox a 16 ans quand elle est enfermée dans un asile psychiatrique, tout simplement parce qu’elle est un peu étrange, elle n’est pas conforme à ce qu’on attend d’elle et refuse d’entrer dans le moule. Elle en sortira 60 ans plus tard, de nos jours, parce que l’établissement  psychiatrique ferme ses postes. Sa famille ne lui a jamais rendu visite, ne l’a jamais réclamé : avoir une fille ou une sœur dans un asile, ça fait tâche sur le tableau de famille.

Sa petite-nièce Iris va donc se découvrir une grande tante dont, jusqu’à présent, tout le monde lui a caché l’existence, elle va donc mener sa petite enquête pour découvrir pourquoi.

Maggie O’Farrell alterne donc magnifiquement son récit à trois voix entre le présent et plusieurs époques du passé. Un mécanisme aussi emprunté par Kate Morton dans Le jardin des secrets, que j’ai aussi beaucoup aimé.  Et ce qui est très émouvant ici, c’est que comme Julie Otsuka, l’auteure se base sur des faits réels, à savoir l’internement de femmes qui avaient osé vivre leur vie. Des femmes modernes pour leur époque, trop pour leurs familles, qui d’un mot, parvenaient à les faire enfermer leur vie durant. Un enfermement « salutaire » pour leurs familles, que je trouve tout simplement révoltant et une pratique très courante en Angleterre et surtout en Irlande. Privées de liberté et subissant toutes les expériences de la psychiatrie moderne, qui font froid dans le dos, comme j’avais déjà pu le constater dans Du bout des doigts de Sara Waters.

J’ai suivi, le cœur serré, les rebondissements de l’histoire jusqu’à la toute dernière page, jusqu’au dénouement, imprévisible et horrible. Un livre marquant et essentiel, qui ne vous laissera pas indifférente. A lire de toute urgence.

heart_5

Lu dans le cadre du challenge La plume au féminin God save the livreABC Babelio 2012-2013 et Challenge Irlande et Littérature irlandaise

            challenge-irlandais

Read Full Post »

« Newer Posts