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Posts Tagged ‘roman policier français’

En octobre 1700, d’étranges crimes ensanglantent la région si paisible des Alpes provençales. A quelques jours d’intervalle, on a retrouvé le cadavre d’une jeune fille curieusement vêtue d’une cape rouge, puis un mari et sa femme étranglés dans leur lit, la bouche emplie de petits cailloux blancs, enfin un marchand et sa fillette eux aussi étranglés. L’enquête est confiée au procureur Guillaume de Lautaret. Jeune homme à l’esprit vif, aussi habile à tirer l’épée qu’à trousser les filles, il s’ennuie mortellement dans cette place forte où rien ne se passe et rêve d’une brillante carrière à Versailles. Non loin de là, Delphine d’Orbelet s’ennuie tout autant dans les salons du château de sa mère. L’affaire va passionner et rapprocher les deux jeunes gens. Ils ne pourront cependant comprendre le sens de ces meurtres sauvages sans la découverte faite par Delphine à la lecture des fameux Contes de ma mère l’Oye…

En cette fin de règne de Louis XIV, un loup sème la mort parmi les jeunes bergères et servantes d’un coin perdu de Haute-Provence, qui sont retrouvées déchiquetées. Mais pourquoi diantre le loup s’approche-t-il autant des habitations ? Voilà qui laisse perplexe le tout nouveau procureur, Guilaume de Lautaret, et lorsqu’un couple de personnes âgées est retrouvé mort dans un fossé, des cailloux blancs dans la bouche, le doute n’est plus permis, voilà une mort qui n’est pas l’oeuvre d’une bête mais bien celle d’un homme. Les meurtres s’enchaînent alors et Delphine d’Orbelet qui s’ennuie ferme dans son château et dans son statut de jeune fille naïve, commence à comprendre une partie du mystère et va mettre le procureur sur la piste du vrai tueur.

J’ai bien aimé ce roman en dépit de scènes franchement érotiques qui cadrent mal avec le reste du roman et qui m’ont un peu surprises je l’avoue, non que je sois particulièrement prude mais tout simplement parce que je ne les attendais pas. L’intrigue en elle-même est bien construite et agréable à suivre, elle m’a replongée avec délice dans le monde merveilleux des contes de fées, un genre littéraire naissant à l’époque du roman, et que j’affectionne tout particulièrement. Un genre essentiellement féminin, né sous le plume de Madame d’Aulnoy, la première à introduire un conte de fée en 1690 dans L’Histoire d’Hypolite, comte de Duglas. Mademoiselle de La Force, Mademoiselle L’Héritier ou Catherine Bernard ont comme Madame d’Aulnoy rencontré le succès avec leurs recueils de contes, mais c’est pourtant un homme qui va passer à la postérité avec ces Contes de ma mère l’oye : Charles Perrault. L’œuvre est même devenue un classique de la littérature enfantine alors qu’ils étaient destinés et lus uniquement par des adultes lors de leur publication ! Charles Perrault n’invente pas les contes qu’il écrit, mais il s’inspire des contes populaires issus de la tradition orale.

Ce qui est également savoureux dans Les Nuits blanches du Chat Botté, c’est que le lecteur a une longueur d’avance sur les protagonistes. Les contes de Perrault sont en effet essentiellement connus du sérail parisien et versaillais, et là où nous reconnaissons tout de suite le petit chaperon rouge ou le petit poucet, le procureur, lui, patauge dans la boue provençale.

Un roman divertissant, à l’intrigue intéressante et originale. L’auteur ne brille cependant pas par un style éblouissant mais on passe un bon moment de lecture. Si vous aimez les aventures de Nicolas Le Floch, vous serez sans doute séduites par les aventures de Guillaume de Lautaret, même si le talent de Jean-François Parot est de loin supérieur à celui de Jean-Christophe Duchon-Doris.

Les Nuits blanches du Chat Botté sont le premier opus d’une trilogie, je lirais donc prochainement les deux autres romans.

Lu dans le cadre des challenges Polars Historiques, Le règne de Louis XIV et Animaux du monde

         

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Paris, 15 août 1855. Félix de Montagnon, reporter au Populaire, et son ami Jules Verne, jeune écrivain encore inconnu, assistent à une séance de spiritisme. A la fin de celle-ci, le médium Gordon est assassiné d’une balle dans chaque œil. A ses côtés, une serviette remplie de faux billets et le cache d’un objectif photographique. Bientôt d’autres crimes sont perpétrés. Chaque fois, l’assassin laisse près de ses victimes des indices énigmatiques. Intrigués, les deux compères vont alors se plonger dans une enquête tortueuse qui les conduira du Père-Lachaise à l’Exposition universelle, du laboratoire secret d’un savant fou aux alcôves d’une maison close. Expériences occultes, fausse monnaie, trafic de cadavres se mêlent dans ce drôle de drame, où Jules Verne joue les grands détectives.

Guillaume Prévost nous plonge dans l’atmosphère bouillonnante du Paris du milieu du 19è siècle, au moment de l’Exposition Universelle de Paris. Une époque charnière, en pleine industrialisation, avec les débuts des chemins de fer, l’engouement pour la photographie et l’âge d’or de la presse, qui tirait alors à des millions d’exemplaires chaque jour, tous titres confondus, des chiffres qui feraient rêver les patrons de presse du 21è siècle !

C’est aussi le Paris des Maisons Closes et de la toute puissante des hommes, le clivage Paris/Province. L’atmosphère est bien reconstituée et j’ai trouvé passionnante cette plongée dans l’univers des daguerréotypes, procédé inventé par Louis Daguerre en 1835, uniquement positif et qui ne permet pas la reproduction de l’image. Cet ancêtre de la photographie est constitué d’une plaque, généralement en cuivre, recouverte d’une couche d’argent.

L’intrigue est rondement menée par un jeune Jules Verne, encore complexé par ses origines nantaises, détective le temps d’une enquête, pour venir en aide à son ami, Félix de Montagnon, reporter au Populaire. On le découvre jeune écrivain timide et romantique, admirateur d’Edgar Poe et de Gérard de Nerval, en ballade dans les rues d’un Paris sous Napoléon III, en pleine transformation, sous les coups de pelle du baron Haussmann.

Si vous êtes à la recherche d’un roman policier bien ficelé et érudit, le mystère de la chambre obscure est pour vous !

Lu dans le cadre des challenges Paris et Polars Historiques :

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