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Posts Tagged ‘roman policier historique’

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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Décembre 1888. Alors que le bon peuple de Paris s’interroge sur cette tour que l’impérieux Gustave Eiffel fait édifier à grands frais, d’étranges rumeurs circulent dans les faubourgs de la capitale : les morts parlent ! Interpellé par la presse à ce sujet, le préfet de police Henry Lozé tourne en ridicule « les plaisanteries de quelques coquins ». Ainsi parle-t-il devant le beau monde, sous les feux électriques du parvis de l’Opéra Garnier. Mais, depuis l’ombre de ses cabinets, l’homme lance sur cette affaire les plus fins limiers de la République. Pendant ce temps, l’Académie des sciences en appelle à ses éminents savants pour que la pensée rationnelle, une fois pour toutes, triomphe des ténèbres de l’obscurantisme.

27 mars 1956, comté de Leysin, Suisse Romande. Le biographe apporte le résultat de son travail à son commanditaire, un vieil homme prénommé monsieur Louis. Le narrateur commence alors sa lecture qui nous emmène dans le passé de monsieur Louis.

4 décembre 1888, Louis Bertillon intègre la Sûreté de Paris dirigée par Marie-François Goron. Le jeune homme fortuné et naïf est nommé adjoint de l’inspecteur principal Eudes Anatole-Faust Lacassagne qu’il admire beaucoup.

Ce personnage imposant par sa stature et ses méthodes, appréciant particulièrement le silence et ne ressentant aucune sensation, est surnommé par ses détracteurs « La Castagne » et par ses admirateurs « Le Khan », en raison de ses méthodes expéditives et musclées. Dormant très peu, il sillonne la capitale nuit et jour grâce à ses longues enjambées et vient au secours de ceux qui en ont besoin.

Le duo est chargé d’une première enquête : retrouver la dépouille disparue de Lucien Gaulard, un inventeur, laissant son épouse aux abois et nos enquêteurs dans l’incompréhension, d’autant plus que d’autres dépouilles viennent bientôt à disparaître, qu’elles ont tous en commun d’avoir été amputées d’un doigt et que l’on retrouve des chrysanthèmes noirs, fleurs du Japon rarissimes à Paris, en leurs lieux et places.

Comme si ça ne suffisait pas, l’enquête de Lacassagne et Bertillon est sans cesse parasitée par les coups bas de la police municipale…

La 25è heure est le premier tome d’une duologie dont le second volume, Le chrysanthème noir, est à paraître en janvier aux éditions Libretto. A la fois polar historique, fantastique et steampunk, cet opus s’est révélé une bonne surprise et une agréable lecture bien que l’auteur nous abreuve de longueurs dont je me serai bien passée.

L’intrigue met du temps à se mettre en place et on entre vraiment dans le vif du sujet vers la page 200. Feldrik Rivat nous plonge doucement dans l’ambiance et l’univers qu’il a créé pour cette histoire et nous permet de nous familiariser avec les différents protagonistes du récit, notamment ses deux personnages principaux : Eudes Anatole-Faust Lacassagne et Louis Bertillon.

Ce duo rappelle d’ailleurs un autre duo d’enquêteurs célèbre : Holmes / Watson avec la figure du héros froid, distant et brillant accompagné de son acolyte faire-valoir qui lui voue une admiration sans borne.

L’intrigue est efficace, foisonnante et se révèle passionnante à suivre avec un suspens savamment distillé, de nombreux rebondissements et on croise des personnages et des lieux célèbres comme Georges Méliès, Nadar, Auguste Bertillon…

Les amateurs de polars historiques ne pourront qu’être séduits par l’intrigue mitonnée par l’auteur, très documentée, tout comme les lecteurs de steampunk et de fantastiques puisque Rivat intègre au fil du roman petites touches empruntant à ces deux genres.

Le style de l’auteur est en revanche loin d’être fluide, il s’avère ampoulé et un peu lourd, sans doute un hommage aux romans du 19è siècle, ce qui n’était pas nécessaire de mon point de vue car l’univers créé par Feldrik Rivat nous plonge dans l’ambiance sans avoir besoin d’en rajouter. Il m’a fallu du temps pour m’y habituer et j’arrivais rarement à lire une centaine de pages d’affilée, ma lecture s’est donc étalée sur une semaine, ce qui ne m’arrive jamais !

Pour autant, j’ai été séduite par ce premier volume et je me procurerai la suite dès qu’elle sera disponible car j’ai hâte de connaître le dénouement de cette enquête et ce qu’il va advenir de nos deux héros que nous laissons dans de sales draps.

Un grand merci à Babelio et aux éditions Libretto pour cette découverte.

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Peu avant le voyage inaugural du Titanic, le couturier Paul Poiret donne une réception à la splendeur inégalée pour lancer sa ligne de parfums. Placée sous le signe de l’Orient, c’est « La Mille et Deuxième Nuit ». Parmi les invités, la fantasque comtesse russe Svetlana Slavskaïa, accompagnée de son secrétaire et confident Dimitri Ostrov, un jeune Juif qui a fui les Bolcheviks. La comtesse porte ses plus beaux atours, dont une extraordinaire rivière de diamants offerte par un admirateur. Mais au cours de la soirée, elle est retrouvée sans vie, probablement étranglée. Et le collier disparaît, presque sous les yeux de l’assistance…

Avril 1912. Paul Poiret, au fait de sa gloire, est sur le point de commercialiser sa ligne de parfum lovée dans de précieux flacons signés Lalique. Son lancement est prévu lors d’une des fameuses soirées qu’il sait si bien organiser : La mille et deuxième nuit.

Svetlana Slavskaïa, une fantasque comtesse russe, intime du couturier, fait bien sûr partie des invités triés sur le volet. Ce sera l’occasion pour elle de briller une fois de plus et de faire entrer dans le beau monde son cher Dimia, Dimitri Ostrov, son secrétaire et confident.

D’origine russe lui aussi, Dimia, de près de vingt ans son cadet, veille comme sur sa chère comtesse qu’il adule, ce qui n’est pas du goût d’Ivan, le fils de Svetlana. Et ce soir, il fera son entrée dans le costume de Nijinkski porté lors du ballet Shéhérazade. Poiret n’a pas fait dans la dentelle : harem, eunuques, femmes à demi nues, danseuses du ventre attendent ses convives.

Au petit matin, Dimia fait une macabre découverte, celle du corps sans vie de Svetlana, étranglée par sa rivière de diamants. Les suspects ne manquent pas et en premier lieu Dimia…

Passionnée par la Belle Epoque et les Ballets russes, Carole Geneix nous propose avec La Mille et Deuxième Nuit, son premier roman policier. Si l’histoire qu’elle nous raconte est fictive, le contexte historique est bien réel puisque Paul Poiret a bien évidemment existé et en cette année 1912, sa célébrité est à son apogée, il est la coqueluche du Tout-Paris et même des esthètes du monde entier.

Célèbre pour ses créations, Paul Poiret était surnommé « le magnifique » ou « The king of fashion » en Amérique, où ses modèles faisaient fureur, il a marqué l’histoire de la mode en la révolutionnant. Il était également fameux pour son amour des femmes et ses soirées grandioses qu’il donnait dans son hôtel particulier de l’Avenue d’Antin, et l’une des plus décadentes fut justement La mille et deuxième nuit en 1911.

Créateur de costumes pour Colette et pour les Ballets russes de Serge Diaghilev, sa maison connaîtra une fin prématurée en 1929, la crise balayant son luxe flamboyant et il décèdera à la fin des années 30 dans l’oubli et le dénuement.

Carole Geneix a la bonne idée de planter son décor en avril 1912, quelques jours avant le voyage inaugural du Titanic et pour moi qui suis fascinée par la Russie, par cette période de l’histoire, notamment pour sa mode et ses arts, cette lecture fut un réel bonheur.

J’ai adoré le contexte, les personnages et l’histoire que nous raconte l’auteure et même si la résolution de l’affaire ne m’a pas posé de problème, cela n’a en rien gâché le plaisir que j’ai pris à lire ce polar historique.

Il faut dire que sur le parpier, il avit vraiment tout pour me plaire comme je vous l’indiquais plus haut : j’aime beaucoup les créations de Paul Poiret, son goût de la démesure et de la fête, la Russie et les ballets russes, sans oublier le Titanic, qu’on croirait que Carole Geneix l’a écrit rien que pour moi !

D’un point de vue historique, c’est très réussi. L’auteure connaît la Belle Epoque sur le bout des doigts et nous rappelle le contexte dans lequel se situe son récit : une France plutôt antisémite encore marquée par l’affaire Dreyfus, aux prises avec les anarchistes de la bande à Bonnot, traqués par les brigades mobiles, dûment dotées des meilleurs véhicules et armes.

Les personnages, qui paraissent au premier abord quelque peu caricaturaux, sont en fait emblématiques de leur époque : d’un côté, les aristocrates oisifs qui s’adonnent à la vènerie et à l’antisémitisme, la police grandement corrompue et de l’autre, les artistes, forcément excentriques.

Il y a tout d’abord notre héros, Dimia, traumatisé par les pogroms de sa Russie natale, qui a grandi dans une riche propriété de la campagne. Un temps tenté par le bolchévisme qui le conduira dans une cellule du Tsar, il voue un culte à Svetlana, qui apparaît comme excessif mais qui le rend aussi très sympathique.

Svetlana, la victime, femme s’adonnant aux plaisirs artificiels, à la fois écervelée, égoïste et généreuse.

Igor, son fils, l’exact contraire de Dimia, jeune homme cruel et arriviste, détesté par sa mère et qui a bien du mal à trouver sa place au sein de la famille de sa femme, les Lansquenet.

Paul Poiret, le couturier riche et décadent, et sa moitié, Denise, qui ne veut plus de cette vie mais compte bien saigner son mari à blanc en guise de réparation.

Oriane, mannequin principal de Poiret, danseuse trop grande de l’Opéra de Paris, muse insaisissable du couturier.

Sans oublier le commissaire Champlain, aux idées empruntées à l’Action Française et l’inspecteur Bertholet qui cherche la vérité et faire avancer sa carrière.

Vous l’aurez compris, j’ai adoré La mille et deuxième nuit et je vous conseille vivement ce roman noir rétro très réussi.

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Lu dans le cadre du Mois anglais :

Enceinte de son pire ennemi, Anna Kronberg a repris espoir quand elle est parvenue, épaulée par Sherlock Holmes, à empoisonner Moriarty. Mais le redoutable professeur a tout mis en œuvre pour pouvoir continuer, même après sa mort, à torturer la mère de son enfant à naître : il a demandé au colonel Moran, son homme de main et grand chasseur de gibier, de mettre la main sur Anna et Holmes, puis d’attendre la naissance de l’enfant, d’enlever le nouveau-né et de tuer les deux acolytes. Commence alors une course-poursuite entre plusieurs continents, sur fond de menaces d’attaques bactériologiques, de réseaux d’espionnage et de prémisses de grand conflit mondial. Holmes et Kronberg sont prêts à tout pour contrer les funestes projets de Moriarty, même à mettre en scène une fausse-couche…

Epaulée par Sherlock Holmes et enceinte de son mari, feu James Moriarty, qu’elle a elle-même empoisonné, Anna Kronberg fuit les hommes de main du professeur et en particulier du colonel Moran qui a juré sa perte et qui veut respecter les dernières volontés de son patron : séquestrer Anna jusqu’aux trois ans de l’enfant à naître et ensuite la liquider.

Aidée du célèbre détective, de son frère Mycroft et du docteur Watson, Anna ne peut plus avorter et bien que l’idée de donner la vie à l’enfant de Moriarty lui fasse horreur, elle est contrainte de se cacher en attendant la délivrance.

Commence alors une course contre la montre avec le colonel de l’Angleterre à la Belgique, en passant par la France, sur fond de menaces d’attaques bactériologiques et de réseaux d’espionnage aux prémices d’un conflit mondial menaçant d’embraser l’Europe entière…

Après Le diable de la Tamise et La dernière expérience, L’héritier de Moriarty est le dernier volet des aventures d’Anna Kronberg, femme médecin et femme affranchie dans l’Angleterre puritaine de la fin du règne de Victoria.

Pas de meurtre, ni d’enquête à résoudre à proprement parler dans ce troisième volume qui clôt en beauté la trilogie Anna Kronberg et si j’avais été déçue par le second opus, celui-ci m’a beaucoup plu, notamment parce qu’on en apprend davantage sur cette héroïne bien singulière et surtout parce qu’il n’y a aucun temps mort !

J’aime toujours l’héroïne totalement atypique de ce roman, forte et indépendante, et l’aspect scientifique de cette série. Annelie Wenderberg a été microbiologiste, spécialisée dans les questions environnementales aux Etats-Unis, et se sert merveilleusement bien de ses connaissances en ce domaine pour nous familiariser avec l’épidémiologie et l’histoire du bioterrorisme, ce que j’ai trouvé à la fois intéressant et indigeste.

Intéressant car j’aime apprendre des choses grâce à mes lectures et indigeste car parfois l’auteure va trop dans les détails et me perd au passage.

Sherlock Holmes, que l’on ne faisait qu’entrapercevoir dans les deux premiers volumes est cette fois-ci bien présent et bien que non spécialiste du détective consultant, je trouve que cette histoire s’intègre bien au canon holmésien.

En effet, ce récit met en scène nos deux héros juste après la disparition de Moriarty dans les chutes de Reichenbach, et montre le travail que fait Holmes pour se débarrasser des hommes du professeur, aidé par son frère Mycroft et laissant croire au docteur Watson, qu’il a lui-même péri.

La fin, bien qu’elle clôture en beauté ce cycle comme je le disais plus haut, est suffisamment ouverte pour permettre à l’auteure de poursuivre les aventures d’Anna, sans Sherlock cette fois-ci. Je serai pour ma part ravie de la retrouver si jamais Annelie Wenderberg continue à lui donner vie.

Vous l’aurez compris, je vous conseille de découvrir à votre tour cette trilogie même si pour moi le second volume était bien en-deça des premier et troisième opus, Anna Kronberg est une héroïne qui vaut le détour.

Belette a aimé elle aussi, qu’est-ce qu’il nous arrive ? Cela fait deux lectures de suite que nous sommes du même avis, pourvu que ça dure.

Merci à Anne et aux éditions Presses de la cité pour leur confiance !

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Hortense règne d’une main de maître sur le domaine de La Louvière. Cette femme indomptable et forte a connu des années difficiles. La Grande Guerre lui a volé son mari, le grand amour de sa vie, et son fils aîné est mort lors de la Seconde guerre mondiale.
En cet été 1955, elle aurait mérité que sa vie soit enfin douce et tranquille… Mais tout est compliqué par les manigances de son petit-fils qui projette de transformer le domaine familial en maison d’hôtes. Sans compter également ces meurtres qui se produisent dans le voisinage.
Est-ce un fou qui a décidé de semer la terreur dans la région ? À la Louvière, Hortense pressent qu’il s’agit d’autre chose et que certains secrets du passé risquent de remonter à la surface et de bouleverser de nombreuses existences…
Quand la vengeance attend son heure…

16 juillet 1942, Paris. Hannelore, David et Robert échappent à la rafle du Vel d’Hiv, grâce au sacrifice de Nathan Meyer. Ils doivent se cacher dans le grenier de leur immeuble en attendant des nouveaux papiers qui leur permettront de rejoindre Bordeaux et la zone libre.

Dénoncés pendant leur périple, ils doivent leur salut à Pierre Laborde, un médecin membre d’un groupe de la Résistance qui va les cacher au domaine de la Louvière.

Eté 1956, Saint-Laurent-des-Vignes, en Gironde. Juliette, 17 ans, passe les vacances chez sa grand-mère Hortense au domaine de La Louvière. Madame Beaulieu de Chayssac règne en maître mais n’a pas une vie si facile. La Grande Guerre l’a rendue veuve et son fils unique Pierre a été tué en 1942.

Alors que toute sa famille est réunie sous son toit, de mystérieux accidents interviennent chez ses voisins. La maréchaussée s’en étonne et penche plutôt pour des actes volontaires.

Un fou est-il en train de décimer les notables de la petite bourgade si paisible ? Pour quelle raison s’en prendrait-on à des hommes paisibles ? Pour leur comportement sous l’Occupation ?

Comme vous le savez sûrement, j’affectionne les secrets de famille et les romans qui nous emmènent dans des époques différentes, j’ai été donc bien servie avec Les sanglots de pierre.

Ce polar historique de bonne facture nous plonge au cœur du vignoble bordelais au milieu des années 50 mais aussi à un autre moment de notre histoire pour le moins nauséabonde, celle où les autorités françaises ont collaboré avec le régime nazi afin d’exterminer les juifs de la surface de la terre.

Dominique Faget joue à merveille sur la temporalité en nous proposant des allers et retours perpétuels entre 1956 et 1942. Le changement d’époque à chaque chapitre apporte beaucoup de rythme et comme l’auteure sait bien doser son suspens, on a sans cesse envie d’attaquer le chapitre suivant tant on est captivé à la fois par l’intrigue policière et par les secrets de famille révélés peu à peu.

Tous les ingrédients sont réunis pour faire de ce roman un excellent moment de lecture et une fois le nez dedans, j’ai eu beaucoup de mal à en sortir tant j’étais prise dans l’histoire contée avec talent par Dominique Faget.

L’histoire est crédible et très prenante, bien documentée : l’auteure revient sur la rafle du Vel d’Hiv’, la déportation et le sort réservé aux juifs. Mais aussi sur les français courageux, engagés dans la Résistance.

Quant à la partie polar proprement dite, elle est bien menée et les meurtres, particulièrement cruels, font froid dans le dos. On peut sans doute reprocher à l’auteur d’avoir esquissé ses personnages et ne pas être suffisamment rentrée dans leur psychologie mais avec un format aussi resserré, difficile de faire mieux.

Une plume agréable et fluide, une histoire menée sans temps mort avec des rebondissements et un vrai suspens mené jusqu’au bout avec un dénouement surprenant, moi je dis que c’est du bon travail !

Vous l’aurez compris, je ne peux que vous recommander Les sanglots de pierre si comme moi vous affectionnez les secrets de famille et le suspens, vous ne serez pas déçu(e).

Un grand merci à Elise et aux éditions City pour cette lecture, j’ai adoré !

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En cette brumeuse matinée de septembre 1774, un coupeur de tourbe de l’île Pendille découvrit, enfouie dans le sol, une sorte de grand coffre de morta fendu dans le sens de la longueur. S’emparant d’une pelle, il l’ouvrit, pressentant que quelque chose d’insolite ‘ y trouvait. Un trésor, peut-être ? Mais ce qu’il vit l’épouvanta : il y avait là deux cadavres, celui d’une femme à l’abondante chevelure blonde auréolée d’une couronne de fleurs et habillée d une longue robe blanche. Elle portait dans ses bras un bébé emmailloté dans un linge blanc. Il s’ agissait d’Agnès Vince, une jeune femme de Saint-Joachim. Mais que faisait-elle enfouie au milieu de la piarde, alors que tout le monde la croyait partie, deux ans plus tôt, rejoindre sa famille maternelle à Anvers ?

Septembre 1774, dans les marais de Brière, en région de Basse-Bretagne, un coupeur de tourbe trouve un grand coffre de morta enfoncé dans le sol. En l’ouvrant, il découvre deux cadavres : une jeune femme blonde portant une couronne de fleurs sur la tête et son nouveau-né, nu, dans un linge blanc, posé sur elle.

La défunte n’est pas une inconnue pour les habitants de l’île de Pendille puisqu’il s’agit d’Agnès Vince, une enfant du pays. Personne ne savait qu’elle avait eu un enfant et tout le monde la croyait installée à Anvers depuis deux ans, date à laquelle elle était censée avoir rejoint sa mère.

La jeune femme porte au cou des traces de strangulation et le commissaire principal Guillaume Fleury de la Sénéchaussée de Guérande, célèbre pour avoir résolu plusieurs affaires ardues, est appelé pour mener l’enquête à Saint Joaquim.

Suicide déguisé ou meurtre ? Fleury devra faire appel à sa sagacité pour le découvrir…

Vous connaissez mon intérêt pour les polars historiques et lorsque j’ai la possibilité d’en lire ayant pour cadre le XVIIIè, une période qui me passionne, je ne boude pas mon plaisir !

La vierge blanche de Brière est la troisième enquête du commissaire Fleury en Brière, héros imaginé par Béatrice Verney, que l’on peut donc retrouver dans L’homme en habit de sel et Mort étrange dans les vignes de Guérande. C’est tout d’abord la très belle couverture qui m’a interpellé ainsi que l’écriture manuscrite typiquement Ancien Régime, le pitch m’ayant convaincue, j’ai été ravie de lire ce roman très intéressant d’un point de vue historique.

Bien que je n’ai pas lu les deux opus précédents, je n’ai pas été perdue dans cette histoire car l’auteure rappelle d’où vient son héros, les grandes lignes de son passé et l’on a l’occasion de le voir dans son quotidien et d’assister à son mariage en Angleterre, il nous fait même une petite visite guide de Londres !

D’un point de vue historique comme je le disais plus haut, ce récit est très intéressant, il est beaucoup question de l’assèchement des marais de la Brière. Cette immense étendue plate fut vraiment la mère nourricière des habitants des îles. Les briérons vivaient de la construction des chalands, bateaux typiques de la région, et étaient pour la plupart charpentiers de marine, comme plusieurs protagonistes du roman.

Béatrice Verney connaît très bien l’histoire de cette région et nous immerge dans le quotidien de ces iliens du siècle des Lumières, c’est très bien documenté et avec beaucoup de vocabulaire de l’époque.

Si le volet historique est intéressant et le commissaire Fleury bien sympathique, l’auteure aurait pu nous dispenser de certains évènements et se concentrer sur l’intrigue policière qui pâtit de toutes ces diversions. L’auteure fait surtout la part belle à la vie amoureuse de son héros et n’étoffe pas suffisamment l’enquête à proprement parler, ce que je trouve dommage.

Le roman aurait mérité quelques dizaines de pages supplémentaires afin de développer cette trame policière qui ne manque pas d’intérêt ni de mystère au départ.

D’autant que la plume de Béatrice Verney est agréable et que son commissaire est un homme pétri des idées des Lumières, j’aurai voulu davantage le voir dans l’exercice de ses fonctions plutôt que dans l’intimité de son foyer.

Je serai toutefois curieuse de découvrir les deux premiers volumes de la série et retrouver Fleury, j’ai passé un agréable moment en sa compagnie !

Un grand merci à Babelio et aux éditions La Geste pour cette découverte.

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Installés dans les combles du palais de justice de Lyon, le commissaire Kolvair et le professeur Salacan sont, dans les années 1920, les premiers experts. L’un est unijambiste, mélomane, rescapé des tranchées. Le second est marié, père de famille, dévoué à la criminologie. Initiateurs de la police scientifique, ils sont chargés d’élucider la mort de Firmin Dutard, riche industriel tué à l’arme blanche. Les premières conclusions révèlent que le meurtrier mesure un mètre vingt-huit : la taille du fils de la victime, celle de nombreux enfants…

Lyon, 1920. Firmin Dutard, un riche industriel, ami personnel du procureur, vient passer de vie à trépas. Il a été retrouvé dans la cour d’un grand hôtel, lardé de coups de couteau provenant d’une personne de petite taille, le tout sans témoin.

Sa fin prématurée laisse de marbre sa veuve et son seul fils, les quatre aînés ayant succombé dans les tranchées, un jeune homme atteint de nanisme.

Parricide ? Crime crapuleux ? A une époque où les colonies pénitentiaires pour mineurs délinquants sont des bagnes pour enfants qui n’avouent pas leur nom, à une époque où la science n’a pas les moyens de ses intuitions, le commissaire Kolvair devra remettre en question ses rares certitudes pour faire la vérité sur cette affaire…

Vous le savez déjà si vous me lisez depuis longtemps, je suis fascinée par les brigades mobiles, les débuts de la police scientifique et les années 20. La trilogie de Odile Bouhier consacrée au commissaire Kolvair est donc faite pour moi et même si le tome 1, Le sang des bistanclaques, ne m’a pas laissé un souvenir impérissable lorsque j’ai trouvé De mal à personne à 1€, je me suis dit que ça ne me coûtait pas grand chose de continuer.

Le roman a pour décor Lyon, une ville que je connais peu, juste après la première guerre mondiale. Le commissaire Kolvair, revenu du front amputé d’une jambe, a pu réintégrer son poste de commissaire malgré son handicap. Il est à la tête d’une unité scientifique composée du professeur Salacan et de son assistant Durieux, passionné d’alpinisme.

Ce polar historique est de bonne facture d’un point de vue historique, on sent bien qu’Odile Bouhier s’est remarquablement documenté sur le Lyon des années folles et les débuts de la police scientifique, et de ce point de vue, il se lit très facilement et rapidement et se révèle très intréssant.

Le personnage de Kolvair, qui soigne ses douleurs à coup de cocaïne, se révèle plutôt sympathique, tout comme l’ensemble des protagonistes de l’équipe. J’apprécie aussi l’atmosphère si bien rendue de l’après-guerre, notamment les rescapés des tranchés revenus du front avec leurs blessures physiques et mentales.

Hélas, l’intrigue policière se révèle plutôt mince et l’énigme sans surprise. Je ne suis pas déçue car je m’y attendais puisque le tome 1 s’était révélé sans surprise également.

Si vous recherchez un vrai polar historique, passez votre chemin cette trilogie n’est pas pour vous. Si en revanche, c’est surtout le côté historique qui vous intéresse, je vous conseille cette série, très bien documentée et réellement intéressante de par les thèmes qu’elle aborde, ici les colonies pénitentiaires, un sujet que je méconnais totalement et qui est soit dit en passant, totalement révoltant.

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Au début de la guerre de 1914, un policier décide de revêtir une identité féminine pour échapper à la mobilisation. Ray Février devient  » Loulou Chandeleur « , détective privé en bas de soie et chapeau à voilette. Ray-Loulou se rend compte qu’il est aussi bon flic en robe qu’en pantalon, et peut-être meilleur homme qu’auparavant.
Aux côtés de la patronne de l’agence de détectives, la charmante Miss Barnett – qui ne connaît pas son secret –, Loulou enquête sur une intrigante affaire de lettres de menaces. Quand le maître chanteur commence à mettre son plan à exécution et que les meurtres se multiplient, notre étonnant duo plonge dans une succession de surprises et de pièges périlleux.

Paris, 1914. La guerre bat son plein depuis le mois d’août lorsque l’inspecteur Raymond Février reçoit à son tour sa lettre de mobilisation. Il doit rejoindre les tranchées de toute urgence, seulement voilà Ray, n’a aucune envie de mettre un point final à sa vie si tôt.

Car ses collègues de la maison poulagat pour l’instant mobilisés, sont tous passés de vie à trépas et il n’a aucune envie de les rejoindre dans un monde meilleur. Ray aime trop la vie pour ça.

Alors, il décide de laisser sa vie d’inspecteur de police derrière lui, de raser ses moustaches, d’épiler ses gambettes, d’abandonner les costumes trois pièces, pour les robes, les bas nylon et les talons hauts.

Et cerise sur le gâteau, il se fait embaucher par l’agence Barnett dont son fondateur est sous les drapeaux et qui survit grâce à sa fille, la douce Cecily Barnett, qui cherchait un enquêteur homme mais qui ne saura pas résister à l’irrésistible Loulou !

Vous savez mon amour pour la série Voltaire enquête et la plume spirituelle et érudite de Frédéric Lenormand, je n’ai donc pas hésité une seule seconde avant d’accepter de lire sa toute nouvelle série qui a pour décor le Paris de la première guerre mondiale, une époque qui me fascine.

Frédéric Lenormand connaît Voltaire et son époque comme sa poche, il connaît aussi parfaitement bien l’époque à laquelle vit son héros / héroïne : Ray / Loulou. Dans cette toute nouvelle série policière historique, l’auteur met les femmes à l’honneur car il ne faut pas oublier que pendant cette période de 1914 à1918, si les hommes étaient au front, les femmes faisaient vivre le pays.

Un polar historique oui mais pas que. Seules les femmes sont éternelles, raconte, au-delà de l’enquête policière qui ne manque ni de sel ni de rebondissements, l’émancipation et la difficulté d’être une femme en temps de guerre… surtout quand on n’en est pas une.

Ray se rend compte à quel point les femmes sont vulnérables dans ces temps troublés et combien il est facile pour les hommes qui restent de s’en prendre à elles. A travers Loulou, nous découvrons cette période où les hommes sont happés les uns après les autres par la guerre, et où les femmes doivent se libérer des codes et des carcans de la société de l’époque afin d’assurer la survie des leurs, découvrant ainsi combien il est doux d’être indépendante.

Elles deviennent chauffeurs de taxi ou d’omnibus, ouvrière dans les usines d’armement, marraines de guerre, infirmières bénévoles…

Pour imaginer le personnage de Ray, Frédéric Lenormand s’est inspiré de l’histoire vraie de Paul Grappe, soldat déserteur qui s’est travesti en femme pour ne pas être envoyé dans les tranchées, et dont la vie a également été racontée en bande dessinée par Chloé Cruchaudet dans Mauvais genre et adaptée à l’écran par André Téchiné dans son dernier film, Nos Années folles.

Très bien documenté, ce roman est un vrai bonheur de lecture grâce à la plume fluide, caustique, sarcastique et pleine d’humour de son auteur, qui invente en la personne de Loulou, un personnage irrésistible, comme il a su si bien le faire pour Voltaire.

En ce qui me concerne, j’en redemande donc et je continuerai à suivre Loulou Chandeleur !

Un grand merci à l’agence Anne et Arnaud et aux éditions La Martinière pour cette belle lecture, j’ai adoré.

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