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Posts Tagged ‘roman policier’

Brigitte Aubert est née à Cannes en 1956. Programmatrice de cinéma, elle a également publié une quinzaine de thrillers (aux Editions du Seuil), dont La mort des bois qui a obtenu Le Grand Prix de Littérature Policière, en 1997, et , avec sa co-auteur G.Cavali autant de romans policiers et d’héroïc fantasy pour la jeunesse. Elle s’essaye aujourd’hui au polar historique.

Lors de l’extraordinaire vague de froid qui s’abat sur Paris pendant l’hiver 1895, le jeune reporter Louis Denfert découvre le corps sans vie d’un petit ramoneur en bord de Seine.

L’enfant n’a pas succombé à une mort naturelle et Louis apprend bientôt qu’une rumeur enfle dans les bas-fonds de la capitale : un homme en frac et en haut-de-forme, surnommé le Vicomte, rôderait dans Paris, attirant les enfants des rues à bord de son fiacre sous prétexte de leur montrer un fabuleux jouet optique…

Tandis que les inventeurs de tout poil se livrent une bataille acharnée pour mettre au point le cinématographe, l’intrépide reporter se lance dans une traque sans merci, du Moulin-Rouge aux ors délabrés du carnaval de Venise, à la recherche d’une mystérieuse caméra et d’un pervers assoiffé de sang.

Mais dans les brouillards méphitiques de la lagune, il s’avère plus insaisissable qu’un démon…

Après Le miroir des ombres, place à La danse des illusions, second opus de la série consacrée à l’intrépide journaliste Louis Denfert, signé Brigitte Aubert.

A l’instar du premier tome, j’ai beaucoup aimé cette intrigue policière qui nous mène de Paris à Venise sur les traces d’un tueur en série même si je regrette les longueurs et les schémas narratifs sont un peu trop proches similaires : à savoir la course au cinématographe et un tueur en série particulièrement sadique et sanguinaire qui va entraîner notre héros et ses amis jusqu’en Italie mais c’est mon seul bémol.

Formidablement bien documenté, ce polar historique renferme tout ce que j’apprécie dans ce genre : un contexte historique de qualité, une intrigue bien troussée, un suspense jusqu’au bout, des personnages attachants que j’aurai plaisir à retrouver dans les tomes suivants puisqu’ils sont tous dans ma pal !

Dès les premières pages, j’ai été happée par cette histoire qui met en lumière la dure condition des enfants vendus ou abandonnés, sous la coupe de souteneurs ou de caïds sans merci, condamnés à devenir voleurs ou prostitués et dont personne ne se soucie.

Brigitte Aubert mêle habilement fiction et réalité historique, personnages réels et de papier. Les rebondissements et les fausses pistes viennent agrémenter une intrigue classique mais efficace qu’on suit avec plaisir de la première à la dernière page.

Malgré mes petits bémols, je vous conseille cette série méconnue que je compte poursuivre en octobre, vous retrouverez donc Louis Denfert et ses acolytes dans quelques semaines sur le blog !

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Né en 1965 à Zamora, José C Vales a étudié la littérature espagnole à l’université de Salamanque, puis s’est rendu à Madrid où il s’est spécialisé dans la philosophie et l’esthétique de la littérature romantique. Il est également écrivain et traducteur. Véritable best-seller en Espagne, Cabaret Biarritz a reçu le prix Nadal (équivalent du Goncourt français) en 2015.

1938. Georges Miet, un jeune écrivain fougueux, se lance dans l’écriture d’un roman sur un drame survenu à Biarritz près de quinze ans auparavant.

Eté, 1925, le corps d’Aitzane Palefroi, une jeune libraire, a été retrouvé dans le port. Ce suicide précédé de trois noyades avait plongé la cité balnéaire dans un profond émoi. Il en est sûr, ce roman sera son chef-d’oeuvre.

Georges commence alors son enquête dans l’élégante station balnéaire. Il interroge tous les acteurs de la frétillante cité de cet été 1925 : employés de maison, grands bourgeois, gendarmes, journalistes, photographes et danseuses, nous faisant pénétrer dans l’alcôve sombre d’une bourgeoise de province, mais aussi dans les cabarets, les bordels de luxe et les restaurants les plus chics…

Cabaret Biarritz et sa très belle couverture estivale ne pouvait que rejoindre ma pal de vacances, et c’est sur la plage que j’ai découvert cette comédie policière signée José C. Valès.

Cette satire sociale brillante nous plonge au coeur des années folles et c’est surtout cette atmosphère qui m’a plu. Cela aurait du être un coup de coeur mais ce ne fut malheureusement pas le cas.

La faute à des digressions à n’en plus finir, à la multiplicité des personnages et à la construction même du récit. L’auteur a du talent c’est indéniable mais je suis restée sur ma faim.

Plus qu’un roman policier, c’est davantage une satire de la société privilégiée des années folles qui s’abreuvait de champagnes et de fêtes, dépensait sa fortune au casino et s’étourdissait dans les paradis artificiels. Ce contexte-là m’a plu.

L’histoire en elle-même, beaucoup moins. Impossible aussi de s’attacher aux personnages car ce roman polyphonique donne la parole à 29 voix en 33 chapitres, par le biais d’interviews.

Cette succession de monologues a fini par me lasser : trop longs et bavards, noyant le lecteur sous un flot d’informations parfois bien inutiles pour aboutir au dénouement !

Bien sûr, tout finit par se rejoindre et chaque personnage est important afin de bien appréhender tous les décès du roman, cinq en tout, mais que ce fut long et ennuyeux pour moi.

Une atmosphère géniale mais une lecture laborieuse pour moi hélas !

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Écrivain américain, Robert Bloch (1917-1994) a publié plus de 30 romans et des centaines de nouvelles, dans les genres policier, fantasy, science-fiction et horreur. Son roman le plus célèbre est Psychose, qui a inspiré le célèbre film éponyme d’Alfred Hitchcock.

Chicago, 1893. Une foule immense afflue des quatre coins des Etats-Unis pour admirer l’Exposition Universelle. Ses architectes, qui voulaient créer une cité de rêve, la surnommèrent la Ville Blanche.

Profitant des travaux liés à cette grandiose installation, G. Gordon Gregg, docteur en pharmacie, a fait construire une demeure imposante, sorte de château gothique destiné à héberger les visiteurs de passage.

A y regarder de plus près, c’est une toute autre affaire. Chambres sans fenêtres, escaliers dérobés, trappes secrètes… Gregg est un homme magnétique, et lorsque plusieurs femmes qu’il a séduites disparaissent, on imagine une arnaque à l’assurance.

Mais Crystal, jeune journaliste exaltée et intrépide, soupçonne de son côté un dessein plus diabolique et décide de se jeter dans la gueule du loup…

Avec Le boucher de Chicago, Robert Bloch nous propose un polar historique inspiré du premier tueur en série américain, Herman W. Mudgett, passé à la postérité sous le pseudonyme de H.H Holmes.

Comme les serial killers et moi, ça fait deux, je ne connaissais pas du tout cet odieux personnage, contrairement à ma copinaute Belette qui avait l’air de connaître le sujet sur le bout des doigts !

Cette histoire fait véritablement froid dans le dos : les épais murs en pierre de cette bâtisse lugubre abritent un labyrinthe de passages secrets et de pièces cachées, d’un crématorium et d’une table de dissection, de pièges et de chausse-trappes. Après sa condamnation, Mudgett a avoué 27 meurtres et, bien que seuls neuf aient été confirmés, il est estimé qu’il en aurait en réalité commis deux cents.

Ses victimes féminines sont jeunes et belles, les autres sont les clients de son hôtel. Ses méthodes rapides, scientifiques et sans douleur. Ses crimes parfaits et impunis. Jusqu’au jour où une journaliste commence à avoir des doutes sur ce citoyen, en apparence bien sous tous rapports…

Peu de descriptions, beaucoup de dialogues, ce petit thriller se lit très facilement et rapidement même si on reste un peu sur sa faim tant le dénouement arrive de façon abrupte.

Pour ma part, je l’ai lu comme un roman purement fictionnel mais si le personnage de Mudgett vous intéresse réellement ce n’est pas ce livre que je vous conseillerai car il est inspiré par le tueur en série mais ne retrace aucunement les faits réels.

C’est en effet sur cette base historique que Robert Bloch a choisi d’imaginer sa fiction en mettant en scène un enquêteur et sa fiancée apprentie journaliste enquêtant sur les traces de cet ignoble personnage.

Une partie romancée que j’ai appréciée car elle nous plonge à la fois dans l’ambiance festive de l’exposition universelle et dans celle, nettement plus lugubre du château, aux côtés d’un tueur impitoyable et sans affect.

Un bon polar historique avec du suspens et des rebondissements qui fait bien le job. Belette est bien du même avis !

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Brigitte Aubert est née à Cannes en 1956. Programmatrice de cinéma, elle a également publié une quinzaine de thrillers (aux Editions du Seuil), dont La mort des bois qui a obtenu Le Grand Prix de Littérature Policière, en 1997, et , avec sa co-auteur G.Cavali autant de romans policiers et d’héroïc fantasy pour la jeunesse. Elle s’essaye aujourd’hui au polar historique.

Paris, 1891, Louis Denfert, jeune et impétueux reporter au Petit Éclaireur, ronge son frein entre chroniques sportives et articles mineurs lorsqu’il est envoyé en reportage à Dijon sur une affaire au parfum de scandale : une honorable gouvernante anglaise a été retrouvée, dans le train de nuit Paris-Marseille, sauvagement égorgée et démembrée.

A Dijon, Louis apprend qu’un an auparavant, un inventeur franco-anglais, Louis Aimé Augustin Leprince, a disparu dans le train Bourges-Paris, alors qu’il était sur le point de breveter un appareil de projection.

Le meurtre de la gouvernante aurait-il un rapport avec la disparition de l’inventeur ? Louis était impatient d’en découdre, il va être servi ! Sur place, il se lie d’amitié avec Emile Germain, un vétéran du génie qui lui sauve la vie lors d’une mauvaise rencontre. Avec l’aide du sapeur, le voilà parti pour l’Angleterre…

Le miroir des ombres est le premier tome de la série consacrée au journaliste Louis Denfert. Brigitte Aubert nous plonge avec cette histoire au cœur de la glorieuse épopée des pionniers du cinématographe.

Dans les coulisses de la lanterne magique, péripéties, mystères et drames se succèdent à un train d’enfer !

J’ai beaucoup aimé cette intrigue policière qui nous mène de Dijon à Londres en passant par Leeds et Dieppe sur les traces d’un des pionniers du cinématographe, Louis-Augustin Leprince dont la disparition reste inexpliquée à ce jour.

L’enquête de Louis va aussi le mener à l’aube dorée, une loge maçonnique, et à Whitechapel où Jack l’éventreur a sévi deux ans auparavant.

Formidablement bien documenté, ce polar historique renferme tout ce que j’apprécie dans ce genre : un contexte historique de qualité, une intrigue bien troussée, un suspense jusqu’au bout, des personnages attachants que j’aurai plaisir à retrouver dans les tomes suivants puisqu’ils sont tous dans ma pal !

Brigitte Aubert mêle habilement fiction et réalité historique, personnages réels et de papier. Les rebondissements et les fausses pistes viennent agrémenter une intrigue classique mais efficace qu’on suit avec plaisir de la première à la dernière page.

Petit bémol toutefois : un dénouement très décevant !

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Faith Martin, également connue sous son véritable nom, Jacquie Walton, est l’auteure de nombreux romans policiers à succès. Née à Oxford et amoureuse de la campagne anglaise, elle situe nombre de ses romans dans le cadre bucolique de la région oxonienne.

Oxford, été 1960. Après une fête de fin d’année organisée par les étudiants de St Bede’s College sur les berges d’une rivière, le corps d’un certain Derek Chadworth est retrouvé flottant dans les eaux de Port Meadow. L’autopsie conclut à la noyade sans pouvoir affirmer si il s’agit d’un meurtre, d’un suicide ou d’un accident.

Et si tous les jeunes gens présents sur les lieux affirment que la mort de Derek est accidentelle, aucun d’entre eux ne peut attester avoir bel et bien aperçu l’étudiant à la fête.

Le principal organisateur de la fête, John Littlejohn, dernier-né d’un duc, affirme connaître à peine ce jeune homme alors que celui-ci semblait faire partie du Marquis Club, qui réunit la fine fleur de l’aristocratie estudiantine et que Littlejohn préside.

Confronté à des témoignages vagues qu’il juge peu crédibles, le coroner Clement Ryder décide d’ouvrir une enquête, assisté de la jeune policière Trudy Loveday, qui entreprend de se faire passer pour une étudiante de St Bede’s College.

Trudy arrivera-t-elle à gagner la confiance des élèves et percer le mystère qui entoure la mort du jeune homme le plus populaire de l’université ? Car une chose est sûre : Derek Chadworth n’était pas un étudiant comme les autres…

Vous connaissez mon goût pour les cosy mystery, aussi cet automne, j’avais jeté mon dévolu sur Le corbeau d’Oxford, premier opus de la série consacrée à Loveday & Ryder, écrit par Faith Martin dont j’avais beaucoup aimé l’ambiance et le duo d’enquêteur pas comme les autres.

J’ai donc été plus que ravie de retrouver nos héros avec Un pique-nique presque parfait qui m’a confirmé tout le bien que je pensais de cette série ! Cette seconde enquête est très réussie et le temps de ma lecture, j’ai eu l’impression de séjourner à Oxford en 1960 !

L’intrigue policière est classique mais efficace, l’autrice prend son temps pour jeter les bases de son récit, nous présenter les divers personnages. Rien de révolutionnaire mais une ambiance feutrée tellement agréable qu’on se croirait dans une enquête signée Agatha Christie.

Même si Faith Martin n’est pas la reine du crime, elle sait bien tricoter ses enquêtes, j’ai soupçonné tout le monde et douté jusqu’à la fin, un bon point pour Mrs Martin.

Le duo d’enquêteur est très attachant. Trudy est une jeune femme naïve mais volontaire, elle veut à tout prix s’intégrer dans un commissariat qui ne prend pas les femmes au sérieux. Elle veut aider les victimes et mettre les coupables derrière les barreaux même si avec cette enquête, elle va avoir un cas de conscience.

Ryder est très touchant. Atteint de la maladie de Parkinson, un mal tout à fait méconnu en 1960, qu’il cache à son entourage mais qui l’handicape peu à peu.

La plume de l’auteure est fluide et agréable, les chapitres plutôt courts et on arrive vite au point final tant les pages se tournent toutes seules. Les différents protagonistes sont bien dépeints, Faith Martin met l’accent sur la psychologie des personnages et c’est plutôt réussi.

Le suspens est mené jusqu’au bout et je n’ai qu’un bémol à formuler : c’est trop court ! Je serai volontiers restée quelques dizaines de pages de plus avec Trudy et Clement. Vivement le tome 3 ! Belette a beaucoup aimé aussi, son avis ici.

Un grand merci aux éditions Harper Collins Noir pour cette lecture, j’ai adoré !

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Auteur confirmé, Hervé le Corre signe avec ce cinquième roman un livre très original, tant par son intrigue que par son style.

Paris, 1870. Une série de meurtres sauvages semble obéir à une logique implacable et mystérieuse qui stupéfie la Sûreté, fort dépourvue face à ces crimes d’un genre nouveau.

Le meurtrier, lui, se veut artiste : il fait de la poésie concrète, il rend hommage a celui qu’il considère comme le plus grand écrivain du XIXe siècle, Isidore Ducasse, comte de Lautréamont, dont il prétend promouvoir le génie méconnu.

Les chants de Maldoror sont son bréviaire, il y trouve l’inspiration pour perpétuer ses crimes tous plus violents et sordides les uns que les autres.

Dans le labyrinthe d’une ville grouillante de vie et de misère, entre l’espoir de lendemains meilleurs et la violence d’un régime à bout de souffle, Etienne Marlot un ouvrier révolutionnaire, l’inspecteur François Latémendia de la Sûreté, Sylvie et Garance, deux femmes que la vie n’a pas épargnées, vont croiser la trajectoire démente de l’assassin.

Nul ne sortira indemne de cette redoutable rencontre…

Avec L’homme aux lèvres de saphir, Hervé Le Corre nous propose un roman noir foisonnant et original de par son intrigue et son contexte historique. Peu de romans ont pour toile de fond la Commune et ses prémisses, raisons pour lesquels ce roman a rejoint ma PAL et je n’ai pas été déçue : son atmosphère particulière est très bien rendue ici.

Au-delà de l’intrigue policière proprement dite qui nous réserve peu de mystères puisque l’identité du tueur en série nous est révélée dès les premiers chapitres, l’auteur nous propose ici un roman naturaliste digne des auteurs du XIXè siècle.

Brillamment écrit, ce récit nous immerge au coeur du Second Empire, au moment où celui-ci vacille. Sur les traces du tueur, on sillonne les rues sombres de la capitale, les quartiers ouvriers, les bordels et les troquets.

Roman choral où tour à tour le tueur, l’ouvrier, l’inspecteur, la fille de joie prennent la parole, un procédé que j’aime beaucoup et, qui est très bien maitrisé ici, permet à son auteur d’aborder plusieurs thématiques comme le quotidien de la police, la médecine légale, la misère des ouvriers et leurs revendications, les filles de joie, les troubles sociaux…

Les différents protagonistes du récit sont bien dessinés et se révèlent attachants, j’ai eu plaisir à suivre Etienne, François, Sylvie et Garance dans leur combat contre ce tueur redoutable et particulièrement sanguinaire.

Hervé Le Corre s’est formidablement bien documenté et connaît bien l’époque qu’il décrit : on assiste aux meetings ouvriers, aux combats sur les barricades, aux discours de Louise Michel… et c’est véritablement passionnant !

Autre point positif : prendre pour point de départ de l’intrigue policière et pour modus operandi du tueur Les chants de Maldoror est réellement original et cette idée a bien été exploitée.

Si j’ai beaucoup aimé ce roman, deux petites choses sont venues gâter ma lecture : connaître l’identité du tueur dès le départ, j’adore enquêter aux côtés du héros et ici je n’ai pas pu le faire. Et je déplore également quelques longueurs.

Malgré ces petits bémols, j’ai beaucoup apprécié ma lecture et je lirai à nouveau cet auteur, c’est sûr. Belette est de cet avis aussi, vous pouvez lire son avis ici.

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Lu dans le cadre du Mois anglais

et du challenge 1 pavé par mois :

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Andrew Taylor est l’auteur de nombreux romans historiques et de thrillers best-sellers, traduits dans une quintaine de langues. Il a remporté plusieurs prestigieux prix littéraires pour l’ensemble de son oeuvre.

Août 1778, à New York, Edward Savill vient de débarquer en Amérique à bord de l’Earl of Sandwich où il a fait la connaissance de Noak, un américain de retour au pays. Le jour même de son arrivée, Roger Pickett, un gentilhomme, est poignardé en pleine rue.

La victime est un officier amateur de jeux de hasard. Dans une ville en construction, melting-pot de soldats, de traîtres et de rebelles, la justice est sommaire et expéditive. Un vagabond, esclave en fuite, est donc arrêté et pendu.

Mais l’homme de loi Edward Savill, trouve que les choses sont allées bien vite en besogne. Il s’interroge sur les liens entre la victime, et ses hôtes, le vieux Juge Wintour, sa femme malade et leur énigmatique belle-fille, Bella. Ce que cette famille a perdu en richesse, elle semble l’avoir gagné en secrets.

Dans cette nouvelle Amérique sur fond de guerre d’indépendance, tout s’achète et tout se vend. Même l’honneur et la respectabilité…

Avec Un parfum de mort, Andrew Taylor nous plonge au coeur de la grosse pomme pendant la guerre d’indépendance américaine. Voilà un thriller historique comme je les aime avec un contexte historique fouillé et bien documenté, une intrigue bien ficelée, des secrets en veux-tu en voilà et des personnages bien dessinés.

Pendant un peu plus de quatre cents pages, l’auteur déroule son histoire que j’ai trouvé passionnante de bout en bout. Comme je connais mal le contexte historique que l’on voit rarement en littérature, j’ai adoré me plonger dans ce New-York en construction en ébullition et apprendre des choses sur cette guerre d’indépendance sur laquelle, j’avoue, je ne me suis jamais penchée !

L’écriture fluide de l’auteur, les chapitres courts, les rebondissements, le suspens savamment dosé, les personnages bien construits et attachants m’ont permis d’avaler ce pavé en deux petits jours tant j’ai été happée par cette histoire dont je suis arrivée au point final au regret tant j’étais bien dans ma lecture.

Au-delà de l’enquête proprement dite sur l’assassinat de Roger Pickett, l’auteur nous montre la réalité de la guerre : on voit notre héros, l’anglais et homme de loi, Edward Savill, évoluer dans la bonne société new-yorkaise, bien secouée par la guerre. Lui, homme droit et honnête, va être confronté à la vénalité des individus, leurs faiblesses, leurs secrets.

Ces hommes et ces femmes, loyaux au roi George III ont perdu beaucoup de leur lustre à cause des évènements, ils ont vu leurs terres prises, leurs maisons brûlées, et parfois ont assisté, impuissants, à l’assassinat de leurs proches par des partisans de l’indépendance.

Andrew Taylor revient également sur les esclaves, ceux bien traités par leurs maitres et policés mais aussi ceux qui subissent les pires avanies, soumis au bon vouloir de leur maitre. Cette thématique est là aussi bien traitée même si elle n’est pas au premier plan mais elle a toute son importance dans l’intrigue.

Si comme moi, vous aimez les thrillers historiques, je ne peux que vous conseiller ce roman lauréat du prestigieux prix Ellis Peters ! Belette qui m’a accompagnée dans cette lecture est moins enthousiaste que moi, son avis ici !

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Lu dans le cadre du Mois anglais

Rhys Bowen, auteure best-seller du New York Times, a été nominée dans tous les plus grands prix de romans policiers et en a gagné de nombreux, dont les Agatha et Anthony Awards. Elle a écrit entre autres la série Son Espionne royale, qui se déroule dans les années trente à Londres, la série Molly Murphy Mysteries, au début du XXe siècle à New York, et la série Constable Evans Mysteries, dans le pays de Galles. Elle est née en Angleterre et partage aujourd’hui son temps entre la Californie du Nord et l’Arizona.

Londres, août 1932. Les affaires de Georgie sont loin d’être au beau fixe : elle est toujours fauchée comme les blés !

Afin de se faire un peu d’argent, elle a alors l’idée du siècle (selon elle) : tenir compagnie à des gentlemen de passage dans la capitale. Elle passe une petite annonce dans la presse pour annoncer la création de son agence d’escorts qui permettra aux célibataires de passer leur soirée en compagnie d’une jeune fille de la bonne société pour voir une pièce de théâtre, déguster un bon dîner, découvrir Londres…

Sauf que son premier client attend visiblement une conclusion bien différente à cette soirée… Heureusement pour elle Darcy O’Mara arrive à temps pour la sortir du guêpier dans lequelle elle s’était fourrée.

Pour éviter un scandale, Georgie est renvoyée fissa en Écosse. Mais il ne s’agit pas seulement d’une punition. En effet, Scotland Yard lui confie une tâche de la plus haute importance : surveiller la partie de chasse royale qui se tient au château de Balmoral.

Depuis quelques temps, des accidents sans gravité, arrivent aux héritiers du trône britannique, et qui d’autre que Georgie, avec son flair légendaire, pourrait démasquer le coupable ?

Son espionne royale et la partie de chasse est le troisième tome de la série Son espionne royale, consacrée à Lady Georgiana de Glen Garry et Rannoch. Vous le savez, j’affectionne tout particulièrement les polars historiques, les années 20/30 et les cosy mistery, autant vous dire qu’une série qui réunit ces trois éléments ne peut que me séduire !

Si j’avais beaucoup aimé Son espionne royale mène l’enquête et un tout petit peu mois goûté Son espionne royale et le mystère bavarois, ce nouvel opus a comblé mes attentes et confirmé tout le bien que je pense de cette série dont les tomes 4 et 5 vont paraître en juillet, j’ai déjà hâte de les lire.

Roman d’ambiance avant d’être un roman policier à part entière, son auteure, Rhys Bowen, nous plonge avec délice dans la société aristocratique de l’entre-deux-guerres avec réussite car tout au long du récit, j’ai davantage l’impression de lire un récit de cet époque écrit par Angela Thirkell ou de Stella Gibbons qu’un roman historique, un très bon point pour moi.

Georgie est une jeune fille intelligente et attachante, on a plaisir à la voir évoluer au sein de sa famille et dans son cercle d’amis, j’aime aussi beaucoup son grand-père, policier à la retraite qui est vraiment très sympatique et protecteur envers sa petite-fille et Darcy O’Mara, homme charismatique et mystérieux qui fait battre le coeur de notre héroïne.

Comme dans le premier opus, l’autrice prend son temps pour planter son intrigue et l’enquête policière démarre véritablement à la moitié du récit, ce qui ne m’a pas dérangé le moins du monde mais vous voilà prévenu(e)s.

J’ai adoré l’ambiance de ce roman dans laquelle je me suis sentie tellement bien et que j’ai quitté à regret, la plume de Rhys Bowen est fluide et enlevée, la galerie de personnages qu’elle nous propose est bien intéressante, et l’autrice mêle habilement personnages réels et fictifs, notamment les membres de la famille royale.

Le décor est également bien planté : l’intrigue se passe très majoritairement sur les terres des Rannoch, tout près du château de Balmoral où leurs majestés Georges V, son épouse Mary, leurs fils et leurs petites-filles Elizabeth et Margaret passent l’été et franchement on s’y croirait !

L’intrigue policière est bien ficelée avec des rebondissements et des fausses pistes et j’avoue que pour une fois l’autrice m’a bien eue : je n’ai pas été capable de trouver le coupable, et j’ai beaucoup apprécié m’être fait menée par le bout du nez.

Ce que j’apprécie aussi beaucoup dans cette série ce sont les personnages féminins qui ont des caractères bien trempés : ce sont des femmes fortes, intelligentes et indépendantes, qui savent mener leur barque !

Si vous aimez les ambiances so british, les héroïnes pétillantes et cette période de l’histoire, c’est une série que je vous recommande !

Un grand merci à Filipa et aux éditions Robert Laffont pour cette lecture so british, j’ai adoré !

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Lu dans le cadre du Mois anglais

Mick Finlay est né à Glasgow et a grandi au Canada et en Angleterre. Il enseigne la psychologie et a publié des travaux sur la persuasion et la violence politiques, sur la communication verbale et non-verbale, et sur le handicap.

1895, Londres a peur. Un tueur terrorise la ville et l’ombre de Jack l’éventreur plane encore sur les quartiers misérables de la ville. Les pauvres ont faim, les criminels prennent le contrôle des rues et la police, débordée, arrive à un point de rupture.

Tandis que les bourgeois se tournent vers Sherlock Holmes pour qu’il résolve leurs problèmes, dans les quartiers surpeuplés du sud de Londres, les gens s’en remettent à un homme qui méprise Holmes, sa clientèle fortunée et ses méthodes de travail voyeuristes.

Cet homme, c’est Arrowood, un psychologue autodidacte, ivrogne occasionnel et détective privé quelque peu à la dérive depuis que quatre ans auparavant, il a causé la mort d’un homme en pourchassant Mr Cream, le malfrat le plus redouté de la ville.

Quand Thierry, un boulanger français disparaît mystérieusement et que la meilleure piste d’Arrowood est poignardée sous yeux, le détective et son comparse Barnett doivent faire face à leur plus rude défi : capturer Mr Cream afin de mettre fin à son règne…

Vous connaissez mon goût pour les polars historiques, spécialement ceux qui ont pour cadre la capitale anglaise au temps de la reine Victoria, Arrowood, ne pouvait donc qu’atterrir dans ma PAL et une fois n’est pas coutume, aussitôt acheté, aussitôt lu !

Ce premier tome signé Mick Finley met donc en scène un duo de héros, Arrowood et Barnett en opposition totale, comme dans un jeu de miroirs, avec un duo célèbre de la littérature policière : Sherlock et Watson.

Arrowood est un détective privé, capable comme Sherlock, de lire dans l’âme humaine. Mais ce Sherlock porté aux nues par la presse et les autorités, Arrowood l’a en horreur, terriblement jaloux des succès du plus grand détective de Londres.

Les clients ne se bousculent pas à la porte d’Arrowood et il passe plus de temps au pub qu’à enquêter, l’argent se fait rare et cette nouvelle enquête tombe à pic !

Comme tout premier opus, celui-ci sert à planter le décor, à nous familiariser avec ses héros qui ne sont pas spécialement attachants, à l’exception du jeune Neddy, car ils sont stéréotypés et manquent d’épaisseur : on ne connait pas bien leur passé, comment ils en sont venus à collaborer ensemble… mais j’ai tout de même pris plaisir à mettre mes pas dans les leurs afin d’enquêter sur la disparition du mitron français et sur l’assassinat de sa fiancée.

L’enquête est bien ficelée, truffée de fausses pistes et l’auteur aborde des thématiques très intéressantes comme l’indépendance irlandaise, la pauvreté, la police, Scotland Yard, la corruption, le trafic d’armes…

Une histoire qui ne révolutionne pas le genre mais bien agréable à lire, aucune longueur et une bonne dose d’action, des dialogues vivants et au final, une bien sympathique lecture.

Malgré ces bémols, je suis très curieuse de retrouver Arrowood et Barnett, je lirai la suite c’est certain !

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Lu dans le cadre du Mois anglais

Frédéric Lenormand est spécialiste du polar historique avec carrosses et robes à panier.
Quand il ajoute une pointe d’ironie philosophique, cela donne la série « Voltaire mène l’enquête ». Quand il s’intéresse aux palanquins et au thé vert, cela donne les Nouvelles Enquêtes du juge Ti.

Il a reçu le Prix Arsène Lupin du roman policier, le Prix de Montmorillon du roman historique et le Prix Historia du polar historique.

1726. Voltaire a traversé la Manche après un nouveau séjour à la Bastille à cause d’une fâcheuse histoire de coups de bâton assénés sur sa perruque à bouclettes.

Miracle ! Il découvre à Londres une société idéale fondée sur le droit, sur le respect des concitoyens et des libertés publiques !

Hélas, comme aucun bonheur parfait ne saurait durer longtemps, les cadavres ne tardent pas à tomber autour de ses dentelles. Contraint à remonter ses finances, il accepte une place de conseiller auprès d’un policier britannique.

Le voilà en visite dans tous les endroits louches de la capitale, dans les ruelles mal famées, dans les coffee-houses, dans les clubs les plus sélects, dans les manoirs des duchesses, dans les théâtres où Macbeth succède à Hamlet, plus déterminé que jamais à faire la lumière sur les turpitudes de son siècle, qu’elles soient saupoudrées d’arsenic ou nappées de sauce à la menthe.

Avec Meurtre à l’anglaise, Frédéric Lenormand poursuit les aventures policières de son célèbre détective en perruque poudrée, digne prédécesseur d’Hercule Poirot. Un vrai plaisir que de retrouver cette série dont j’ai déjà lus les cinq premiers opus : La baronne meurt à cinq heures, Meurtre dans le boudoir, Le diable s’habille en Voltaire, Crimes et condiments et docteur Voltaire et mister Hyde.

Vous le savez si vous me suivez régulièrement, j’adore les comédies policières de Frédéric Lenormand, grand spécialiste des enquêtes en carrosses, en perruques poudrées et en robes à panier !

Si je préfère la série Au service secret de Marie-Antoine, j’aime beaucoup aussi celle consacrée à Voltaire, qui ne brille certes pas par la complexité de ses intrigues policières mais pour moi l’important est ailleurs elle me permet de replonger dans la période historique que je préfère, le 18è siècle, de cheminer avec Voltaire, l’une des figures phares de cette époque, que Frédéric Lenormand nous montre comme un farfadet sautillant, croulant sous le ridicule.

Vous le savez déjà si vous me lisez régulièrement, cette série est pour moi une récréation, un petit bonbon que je déguste à chaque fois de la première à la dernière ligne.

Dans cette novella, on savoure l’humour so british, les jeux de mots, les références littéraires, historiques et philosophiques qui parsèment comme toujours un récit virevoltant.

Frédéric Lenormand connaît bien son Voltaire et s’appuie sur le réel exil du philosophe en Angleterre pour bâtir son intrigue où l’on voit les différences de mœurs entre la France de Louis XV et l’Angleterre de George Ier.

Voilà notre philosophe arnaqué par son éditeur, obligé de vendre lui-même son Henriade aux nobles anglais ! Pendant son séjour, il découvrira Shakespeare, assistera aux funérailles de Newton et deviendra même consultant pour la police, un comble pour Voltaire qui d’habitude, la fuit comme la peste !

Et l’intrigue policière dans tout ça ? Elle sert surtout de prétexte comme je le disais plus haut, mais elle est agréable à suivre et franchement j’ai beaucoup ri tout au long du récit.

C’est une série que j’adore, à la fois drôle, brillamment écrite et bien documentée, Lenormand connaît son Voltaire par cœur et c’est vraiment jubilatoire à lire. Si vous aimez les comédies policières, je ne peux que vous recommander Voltaire enquête !

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