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Posts Tagged ‘roman policier’

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois et du Pumpkin Automne Challenge :

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Né en 1968, Søren Sveistrup est le créateur, scénariste et producteur de plusieurs séries, dont la série culte The Killing qui a notamment reçu le BAFTA 2011 de la meilleure série internationale et qui a réuni près de 600 000 téléspectateurs français lors de sa diffusion.Il a plus récemment écrit des scripts pour des longs métrages, par exemple pour l’adaptation de Le Bonhomme de neige de Jo Nesbø.

31 octobre 1989. Le commissaire Marius Larsen se rend dans la ferme d’Orum suite aux appels des voisins se plaignant que les bêtes de l’exploitation sont sur leurs terres. Sur place, il découvre la famille massacrée, le père, introuvable. Seuls, deux adolescents sont sains et saufs, ayant trouvé refuge dans la cave.

Début octobre, de nos jours, dans la banlieue de Copenhague, la police découvre le cadavre d’une femme amputée d’une main, Laura Kjaer. À côté du corps, un petit bonhomme fabriqué à partir de marrons et d’allumettes.

Chargés de l’enquête, la jeune inspectrice Naia Thulin et l’inspecteur Mark Hess découvrent vite que cette figurine est porteuse de mystérieuses empreintes : celles de Kristine, la fille de Rosa Hartung, ministre des Affaires Sociales, enlevée un an plus tôt et présumée morte.

Thulin et Hess explorent toutes les pistes qui leur révèleraient un lien entre la disparition de la fille de la ministre et la victime à la main coupée, en dépit de leur hierarchie qui continue de marteler à la presse que l’affaire est close, le coupable, condamné. Lorsqu’une autre femme est tuée, selon le même mode opératoire, ils comprennent que le cauchemar ne fait que commencer…

Octobre, le mois automnal par excellence, celui des feuilles mortes qu’on ramasse à la pelle et des marrons grillés, est aussi le titre du premier roman de Søren Sveistrup, et pour un galop d’essai, c’est un coup de maître ! Voilà longtemps, qu’un thriller ne m’avait autant tenue en haleine, c’est bien simple dès que je le reposais, je n’avais qu’une envie : y retourner.

Lisant rarement des auteurs venus du froid, j’ai trouvé le cadre et le contexte très dépaysants. L’histoire est crédible, formidablement bien construite, emplie de fausses pistes, de cliffhangers et de rebondissements en tous genres. Comme d’habitude, j’ai soupçonné tout le monde avant de découvrir l’identité du serial killer, quelques pages seulement avant que l’auteur ne la dévoile.

Le duo d’enquêteurs Thulin et Hess est mal assorti et pourtant attachant, les personnages sont bien campés, intelligents même si ils n’échappent pas à quelques clichés : une flic énergique et volontaire, un flic désabusé qui vient de se faire virer d’Europol.

Tout au long du récit, l’auteur nous fait entrer dans les coulisses de la police criminelle de Copenhague mais aussi dans celles de la politique avec Rosa Hartung que l’on suit de conférences de presses à séances à la chambre.

Comme dans tout thriller avec serial killer qui se respecte, le tueur est insaisissable et pervers, signant ses forfaits d’un bonheur fait en marron, comme dans la comptine danoise : Entre monsieur marron, à la manière d’une Agatha Christie qui s’est inspiré de comptines anglaises comme trame de certains de ses récits dont le chef d’oeuvre : Dix petits nègres. Les crimes sont horribles mais, heureusement, l’auteur nous épargne les détails, ce dont je lui sais gré.

En bref, un thriller brillant et prenant qui a parfaitement comblé mes attentes, je regrette un peu que les cinquantes dernières pages ne soient pas à la hauteur du reste du roman et qu’il y ait quelques clichés mais sinon quelle claque, je vous le recommande les yeux fermés. Ma Belette a adoré aussi, son avis ici !

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Historien et muséologue, auteur prolifique et maître du polar historique, Hervé Gagnon a connu un grand succès au Québec et en France avec ses séries Damné, Vengeance et Malefica. La Légende de Jack (précédemment paru sous le titre : Jack), primé au Québec, et Jeremiah, sont les deux premières enquêtes de Joseph Laflamme.

Montréal, janvier 1836. Un livre bouleverse la ville : Awful Disclosures of Maria Monk. Né sous la plume d’une ancienne nonne, il relate de sordides histoires de fornication entre les Hospitalières de l’Hôtel-Dieu et les Sulpiciens, évoquant au passage profanation, assassinats et débauche.

La bonne société montréalaise est en émoi, et l’évêque de Montréal doit défendre la réputation de son diocèse à n’importe quel prix.

Montréal, septembre 1892. Un charnier d’enfants est découvert fortuitement, rue Le Royer lorsqu’une canalisation d’eau explose. Puis, le corps mutilé d’un banquier est retrouvé à Griffintown et deux fillettes portant de terribles traces d’abus sexuels sont repêchées dans le fleuve, près de la rue de la Commune.

Les trois affaires ne semblent pas liées, jusqu’à ce qu’un vieux prêtre défroqué remette à Joseph Laflamme un exemplaire du livre de 1836, en lui laissant entendre que l’histoire se répète, que l’on tue des enfants depuis des decennies et qu’il faut que cela cesse.

Pour réussir à dénouer l’intrigue, Laflamme, l’inspecteur Marcel Arcand et le reste du groupe devront pénétrer dans un univers de corruption aux ramifications insoupçonnées et déterrer un scandale enfoui depuis un demi-siècle.

Maria est la troisième enquête mettant en scène le courageux et intrépide journaliste Joseph Laflamme après La légende de Jack et Jeremiah que j’avais beaucoup aimé et ce troisième tome ne fait pas exception à la règle, bien au contraire.

J’aime décidément beaucoup l’atmosphère de cette série policière qui a pour toile de fond Montréal à la toute fin du XIXè siècle, elle est très bien rendue ici et il ne fait aucun doute que le québécois Hervé Gagnon connait bien sa ville et son sujet.

Les personnages sont très attachants, à chaque fois j’ai plaisir à retrouver Joseph Laflamme et ses acolytes l’inspecteur Marcel Arcand, McCreary l’ex du Scotland Yard et futur beau-frère de notre héros et le constable Tremblay, le petit nouveau de l’équipe. A ceux-ci, se rajoutent les deux personnages féminins récurrents : Emma Laflamme, modiste, soeur de Joseph et amoureuse de McCreary et Mary, l’ancienne prostituée qui fait battre le coeur de notre héros.

Les histoires, bien qu’elles se passent il y a plus d’un siècle, sont toujours d’actualité : les meurtres racistes, la pédophilie dans l’église, les tueurs en série. Elles sont toujours empreintes de noirceur et de glauque, ce que je goûte peu d’habitude mais ici ça marche finalement très bien car l’auteur ne nous abreuve pas de descriptions morbides à n’en plus finir et se concentre sur l’essentiel.

Cette troisième enquête s’est révélée passionnante à suivre une fois de plus. Notre journaliste et ses compères sont plongés dans un monde de corruption, de perversions sordides où d’infâmes personnages d’une confrérie, violent et tuent des adolescentes pour le plaisir, avec un sadisme et une perversité revandiquées.

L’intrigue est captivante de bout en bout, nos héros sont une fois encore bien malmenés, le lecteur aussi, j’ai eu parfois le coeur au bord des lèvres mais heureusement l’auteur n’oublie pas de manier l’ironie et l’humour pour mieux faire passer la pilule.

Si vous ne connaissez pas encore Joseph Laflamme, je ne peux que vous inviter à réparer votre erreur et ce n’est pas ma Belette qui dira le contraire, elle est du même avis !

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Lu dans le cadre du Pumpkin Automne Challenge

Sous le pseudonyme d’Ambrose Parry, hommage au grand chirurgien français du XVIe siècle, se cache un couple d’Ecossais. Chris Brookmyre, auteur de polars récompensé entre autres par le Prix McIlvaney, a publié une vingtaine de romans. Son épouse, Marisa Haetzman, est médecin anesthésiste et c’est elle qui a eu l’idée de ce roman, suite à ses recherches médicales à l’hôpital d’Edimbourg.

Edimbourg, milieu du XIXè siècle. Le jeune Will Raven, issu d’un milieu modeste, est apprenti chez le Pr Simpson, dont la notoriété, le savoir-faire obstétrique et les recherches sur les anesthésiques en font une personnalité majeure de l’Ecosse victorienne.

Il règne une activité constante dans la célèbre demeure du 52 Queen Street à Edimbourg. Will y fait, entre autres, la connaissance de Sarah, femme de chambre et assistante de Simpson, dont le caractère bien trempé le déroute et le séduit tout à la fois.

Mais à peine a-t-il le temps de prendre ses nouvelles fonctions que plusieurs femmes sont retrouvées sauvagement assassinées aux quatre coins de la ville. Parmi elles, une jeune prostituée, Evie, amie intime de l’apprenti chirurgien…

Face à l’indifférence des services de police, Will décide de mener l’enquête avec l’aide précieuse de Sarah. Une enquête qui les conduira tous deux au cœur sombre des enjeux scientifiques de l’époque.

Le coeur et la chair d’Andrew Parry me tentait depuis sa parution, j’avais donc sauté sur une occasion avant, comme d’habitude, de le laisser patienter dans ma PAL, le temps qu’il paraisse en poche !

Vous connaissez mon goût pour les polars historiques, spécialement ceux qui ont pour cadre l’époque victorienne, cette histoire ne pouvait donc que m’intéresser. Ce fut le cas d’ailleurs mais moins que je m’y attendais.

J’adore lorsque le duo de d’enquêteurs est composé d’un homme et d’une femme, comme la série Thomas et Charlotte Pitt d’Anne Perry ou Lizzie et Ben Ross d’Ann Granger et j’ai plutôt bien apprécié le couple Will / Sarah.

Lui, qui cache bien des secrets, et elle qui aimerait tant devenir médecin à une époque où cela n’est pas possible. J’aurai aimé que la psychologie des personnages soit cependant un peu plus fouillée, j’ai eu du mal à les appréhender pendant cette première enquête.

J’ai apprécié la toile historique du roman : les auteurs se sont remarquablement bien documentés, la place importante de la science, les avancées en matière d’anesthésie, d’accouchement, etc, tout est là.

Mais, pour ma part, là où le bât blesse c’est au niveau de la trame policière. Très vite, on se doute de l’identité du coupable qui nous est servie sur un plateau d’argent et surtout, elle est diluée dans une histoire où il lui reste peu de place.

Ce titre est pour moi davantage un roman historique avec un soupçon d’intrigue policière que l’inverse. Je déplore aussi un certain nombre de longueurs et de redites, bien trop de descriptions, de détails sans importance qui noient le récit.

J’avoue, je me suis parfois ennuyée, déplorant que l’action stagne autant, au point de sauter des pages entières, pour s’accélerer de façon abrupte dans les derniers chapitres.

L’écriture d’Andrew Parry est loin de m’avoir emballée, je l’ai trouvé plutôt lourde et sans relief, ce qui ne m’aurait pas dérangé si le roman avait été à la hauteur de mes attentes.

L’histoire dans son ensemble est se laisse lire mais ne sort guère des sentiers battus même si un élément est un peu original, le reste sent le réchauffé.

Pas de thriller palpitant pour moi hélas mais une déception que le premier volume des aventures de Will et Sarah. Une série que je ne poursuivrai pas, vous l’aurez compris !

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Brigitte Aubert est née à Cannes en 1956. Programmatrice de cinéma, elle a également publié une quinzaine de thrillers (aux Editions du Seuil), dont La mort des bois qui a obtenu Le Grand Prix de Littérature Policière, en 1997, et , avec sa co-auteur G.Cavali autant de romans policiers et d’héroïc fantasy pour la jeunesse. Elle s’essaye aujourd’hui au polar historique.

Lors de l’extraordinaire vague de froid qui s’abat sur Paris pendant l’hiver 1895, le jeune reporter Louis Denfert découvre le corps sans vie d’un petit ramoneur en bord de Seine.

L’enfant n’a pas succombé à une mort naturelle et Louis apprend bientôt qu’une rumeur enfle dans les bas-fonds de la capitale : un homme en frac et en haut-de-forme, surnommé le Vicomte, rôderait dans Paris, attirant les enfants des rues à bord de son fiacre sous prétexte de leur montrer un fabuleux jouet optique…

Tandis que les inventeurs de tout poil se livrent une bataille acharnée pour mettre au point le cinématographe, l’intrépide reporter se lance dans une traque sans merci, du Moulin-Rouge aux ors délabrés du carnaval de Venise, à la recherche d’une mystérieuse caméra et d’un pervers assoiffé de sang.

Mais dans les brouillards méphitiques de la lagune, il s’avère plus insaisissable qu’un démon…

Après Le miroir des ombres, place à La danse des illusions, second opus de la série consacrée à l’intrépide journaliste Louis Denfert, signé Brigitte Aubert.

A l’instar du premier tome, j’ai beaucoup aimé cette intrigue policière qui nous mène de Paris à Venise sur les traces d’un tueur en série même si je regrette les longueurs et les schémas narratifs sont un peu trop proches similaires : à savoir la course au cinématographe et un tueur en série particulièrement sadique et sanguinaire qui va entraîner notre héros et ses amis jusqu’en Italie mais c’est mon seul bémol.

Formidablement bien documenté, ce polar historique renferme tout ce que j’apprécie dans ce genre : un contexte historique de qualité, une intrigue bien troussée, un suspense jusqu’au bout, des personnages attachants que j’aurai plaisir à retrouver dans les tomes suivants puisqu’ils sont tous dans ma pal !

Dès les premières pages, j’ai été happée par cette histoire qui met en lumière la dure condition des enfants vendus ou abandonnés, sous la coupe de souteneurs ou de caïds sans merci, condamnés à devenir voleurs ou prostitués et dont personne ne se soucie.

Brigitte Aubert mêle habilement fiction et réalité historique, personnages réels et de papier. Les rebondissements et les fausses pistes viennent agrémenter une intrigue classique mais efficace qu’on suit avec plaisir de la première à la dernière page.

Malgré mes petits bémols, je vous conseille cette série méconnue que je compte poursuivre en octobre, vous retrouverez donc Louis Denfert et ses acolytes dans quelques semaines sur le blog !

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Né en 1965 à Zamora, José C Vales a étudié la littérature espagnole à l’université de Salamanque, puis s’est rendu à Madrid où il s’est spécialisé dans la philosophie et l’esthétique de la littérature romantique. Il est également écrivain et traducteur. Véritable best-seller en Espagne, Cabaret Biarritz a reçu le prix Nadal (équivalent du Goncourt français) en 2015.

1938. Georges Miet, un jeune écrivain fougueux, se lance dans l’écriture d’un roman sur un drame survenu à Biarritz près de quinze ans auparavant.

Eté, 1925, le corps d’Aitzane Palefroi, une jeune libraire, a été retrouvé dans le port. Ce suicide précédé de trois noyades avait plongé la cité balnéaire dans un profond émoi. Il en est sûr, ce roman sera son chef-d’oeuvre.

Georges commence alors son enquête dans l’élégante station balnéaire. Il interroge tous les acteurs de la frétillante cité de cet été 1925 : employés de maison, grands bourgeois, gendarmes, journalistes, photographes et danseuses, nous faisant pénétrer dans l’alcôve sombre d’une bourgeoise de province, mais aussi dans les cabarets, les bordels de luxe et les restaurants les plus chics…

Cabaret Biarritz et sa très belle couverture estivale ne pouvait que rejoindre ma pal de vacances, et c’est sur la plage que j’ai découvert cette comédie policière signée José C. Valès.

Cette satire sociale brillante nous plonge au coeur des années folles et c’est surtout cette atmosphère qui m’a plu. Cela aurait du être un coup de coeur mais ce ne fut malheureusement pas le cas.

La faute à des digressions à n’en plus finir, à la multiplicité des personnages et à la construction même du récit. L’auteur a du talent c’est indéniable mais je suis restée sur ma faim.

Plus qu’un roman policier, c’est davantage une satire de la société privilégiée des années folles qui s’abreuvait de champagnes et de fêtes, dépensait sa fortune au casino et s’étourdissait dans les paradis artificiels. Ce contexte-là m’a plu.

L’histoire en elle-même, beaucoup moins. Impossible aussi de s’attacher aux personnages car ce roman polyphonique donne la parole à 29 voix en 33 chapitres, par le biais d’interviews.

Cette succession de monologues a fini par me lasser : trop longs et bavards, noyant le lecteur sous un flot d’informations parfois bien inutiles pour aboutir au dénouement !

Bien sûr, tout finit par se rejoindre et chaque personnage est important afin de bien appréhender tous les décès du roman, cinq en tout, mais que ce fut long et ennuyeux pour moi.

Une atmosphère géniale mais une lecture laborieuse pour moi hélas !

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Écrivain américain, Robert Bloch (1917-1994) a publié plus de 30 romans et des centaines de nouvelles, dans les genres policier, fantasy, science-fiction et horreur. Son roman le plus célèbre est Psychose, qui a inspiré le célèbre film éponyme d’Alfred Hitchcock.

Chicago, 1893. Une foule immense afflue des quatre coins des Etats-Unis pour admirer l’Exposition Universelle. Ses architectes, qui voulaient créer une cité de rêve, la surnommèrent la Ville Blanche.

Profitant des travaux liés à cette grandiose installation, G. Gordon Gregg, docteur en pharmacie, a fait construire une demeure imposante, sorte de château gothique destiné à héberger les visiteurs de passage.

A y regarder de plus près, c’est une toute autre affaire. Chambres sans fenêtres, escaliers dérobés, trappes secrètes… Gregg est un homme magnétique, et lorsque plusieurs femmes qu’il a séduites disparaissent, on imagine une arnaque à l’assurance.

Mais Crystal, jeune journaliste exaltée et intrépide, soupçonne de son côté un dessein plus diabolique et décide de se jeter dans la gueule du loup…

Avec Le boucher de Chicago, Robert Bloch nous propose un polar historique inspiré du premier tueur en série américain, Herman W. Mudgett, passé à la postérité sous le pseudonyme de H.H Holmes.

Comme les serial killers et moi, ça fait deux, je ne connaissais pas du tout cet odieux personnage, contrairement à ma copinaute Belette qui avait l’air de connaître le sujet sur le bout des doigts !

Cette histoire fait véritablement froid dans le dos : les épais murs en pierre de cette bâtisse lugubre abritent un labyrinthe de passages secrets et de pièces cachées, d’un crématorium et d’une table de dissection, de pièges et de chausse-trappes. Après sa condamnation, Mudgett a avoué 27 meurtres et, bien que seuls neuf aient été confirmés, il est estimé qu’il en aurait en réalité commis deux cents.

Ses victimes féminines sont jeunes et belles, les autres sont les clients de son hôtel. Ses méthodes rapides, scientifiques et sans douleur. Ses crimes parfaits et impunis. Jusqu’au jour où une journaliste commence à avoir des doutes sur ce citoyen, en apparence bien sous tous rapports…

Peu de descriptions, beaucoup de dialogues, ce petit thriller se lit très facilement et rapidement même si on reste un peu sur sa faim tant le dénouement arrive de façon abrupte.

Pour ma part, je l’ai lu comme un roman purement fictionnel mais si le personnage de Mudgett vous intéresse réellement ce n’est pas ce livre que je vous conseillerai car il est inspiré par le tueur en série mais ne retrace aucunement les faits réels.

C’est en effet sur cette base historique que Robert Bloch a choisi d’imaginer sa fiction en mettant en scène un enquêteur et sa fiancée apprentie journaliste enquêtant sur les traces de cet ignoble personnage.

Une partie romancée que j’ai appréciée car elle nous plonge à la fois dans l’ambiance festive de l’exposition universelle et dans celle, nettement plus lugubre du château, aux côtés d’un tueur impitoyable et sans affect.

Un bon polar historique avec du suspens et des rebondissements qui fait bien le job. Belette est bien du même avis !

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Brigitte Aubert est née à Cannes en 1956. Programmatrice de cinéma, elle a également publié une quinzaine de thrillers (aux Editions du Seuil), dont La mort des bois qui a obtenu Le Grand Prix de Littérature Policière, en 1997, et , avec sa co-auteur G.Cavali autant de romans policiers et d’héroïc fantasy pour la jeunesse. Elle s’essaye aujourd’hui au polar historique.

Paris, 1891, Louis Denfert, jeune et impétueux reporter au Petit Éclaireur, ronge son frein entre chroniques sportives et articles mineurs lorsqu’il est envoyé en reportage à Dijon sur une affaire au parfum de scandale : une honorable gouvernante anglaise a été retrouvée, dans le train de nuit Paris-Marseille, sauvagement égorgée et démembrée.

A Dijon, Louis apprend qu’un an auparavant, un inventeur franco-anglais, Louis Aimé Augustin Leprince, a disparu dans le train Bourges-Paris, alors qu’il était sur le point de breveter un appareil de projection.

Le meurtre de la gouvernante aurait-il un rapport avec la disparition de l’inventeur ? Louis était impatient d’en découdre, il va être servi ! Sur place, il se lie d’amitié avec Emile Germain, un vétéran du génie qui lui sauve la vie lors d’une mauvaise rencontre. Avec l’aide du sapeur, le voilà parti pour l’Angleterre…

Le miroir des ombres est le premier tome de la série consacrée au journaliste Louis Denfert. Brigitte Aubert nous plonge avec cette histoire au cœur de la glorieuse épopée des pionniers du cinématographe.

Dans les coulisses de la lanterne magique, péripéties, mystères et drames se succèdent à un train d’enfer !

J’ai beaucoup aimé cette intrigue policière qui nous mène de Dijon à Londres en passant par Leeds et Dieppe sur les traces d’un des pionniers du cinématographe, Louis-Augustin Leprince dont la disparition reste inexpliquée à ce jour.

L’enquête de Louis va aussi le mener à l’aube dorée, une loge maçonnique, et à Whitechapel où Jack l’éventreur a sévi deux ans auparavant.

Formidablement bien documenté, ce polar historique renferme tout ce que j’apprécie dans ce genre : un contexte historique de qualité, une intrigue bien troussée, un suspense jusqu’au bout, des personnages attachants que j’aurai plaisir à retrouver dans les tomes suivants puisqu’ils sont tous dans ma pal !

Brigitte Aubert mêle habilement fiction et réalité historique, personnages réels et de papier. Les rebondissements et les fausses pistes viennent agrémenter une intrigue classique mais efficace qu’on suit avec plaisir de la première à la dernière page.

Petit bémol toutefois : un dénouement très décevant !

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Faith Martin, également connue sous son véritable nom, Jacquie Walton, est l’auteure de nombreux romans policiers à succès. Née à Oxford et amoureuse de la campagne anglaise, elle situe nombre de ses romans dans le cadre bucolique de la région oxonienne.

Oxford, été 1960. Après une fête de fin d’année organisée par les étudiants de St Bede’s College sur les berges d’une rivière, le corps d’un certain Derek Chadworth est retrouvé flottant dans les eaux de Port Meadow. L’autopsie conclut à la noyade sans pouvoir affirmer si il s’agit d’un meurtre, d’un suicide ou d’un accident.

Et si tous les jeunes gens présents sur les lieux affirment que la mort de Derek est accidentelle, aucun d’entre eux ne peut attester avoir bel et bien aperçu l’étudiant à la fête.

Le principal organisateur de la fête, John Littlejohn, dernier-né d’un duc, affirme connaître à peine ce jeune homme alors que celui-ci semblait faire partie du Marquis Club, qui réunit la fine fleur de l’aristocratie estudiantine et que Littlejohn préside.

Confronté à des témoignages vagues qu’il juge peu crédibles, le coroner Clement Ryder décide d’ouvrir une enquête, assisté de la jeune policière Trudy Loveday, qui entreprend de se faire passer pour une étudiante de St Bede’s College.

Trudy arrivera-t-elle à gagner la confiance des élèves et percer le mystère qui entoure la mort du jeune homme le plus populaire de l’université ? Car une chose est sûre : Derek Chadworth n’était pas un étudiant comme les autres…

Vous connaissez mon goût pour les cosy mystery, aussi cet automne, j’avais jeté mon dévolu sur Le corbeau d’Oxford, premier opus de la série consacrée à Loveday & Ryder, écrit par Faith Martin dont j’avais beaucoup aimé l’ambiance et le duo d’enquêteur pas comme les autres.

J’ai donc été plus que ravie de retrouver nos héros avec Un pique-nique presque parfait qui m’a confirmé tout le bien que je pensais de cette série ! Cette seconde enquête est très réussie et le temps de ma lecture, j’ai eu l’impression de séjourner à Oxford en 1960 !

L’intrigue policière est classique mais efficace, l’autrice prend son temps pour jeter les bases de son récit, nous présenter les divers personnages. Rien de révolutionnaire mais une ambiance feutrée tellement agréable qu’on se croirait dans une enquête signée Agatha Christie.

Même si Faith Martin n’est pas la reine du crime, elle sait bien tricoter ses enquêtes, j’ai soupçonné tout le monde et douté jusqu’à la fin, un bon point pour Mrs Martin.

Le duo d’enquêteur est très attachant. Trudy est une jeune femme naïve mais volontaire, elle veut à tout prix s’intégrer dans un commissariat qui ne prend pas les femmes au sérieux. Elle veut aider les victimes et mettre les coupables derrière les barreaux même si avec cette enquête, elle va avoir un cas de conscience.

Ryder est très touchant. Atteint de la maladie de Parkinson, un mal tout à fait méconnu en 1960, qu’il cache à son entourage mais qui l’handicape peu à peu.

La plume de l’auteure est fluide et agréable, les chapitres plutôt courts et on arrive vite au point final tant les pages se tournent toutes seules. Les différents protagonistes sont bien dépeints, Faith Martin met l’accent sur la psychologie des personnages et c’est plutôt réussi.

Le suspens est mené jusqu’au bout et je n’ai qu’un bémol à formuler : c’est trop court ! Je serai volontiers restée quelques dizaines de pages de plus avec Trudy et Clement. Vivement le tome 3 ! Belette a beaucoup aimé aussi, son avis ici.

Un grand merci aux éditions Harper Collins Noir pour cette lecture, j’ai adoré !

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Auteur confirmé, Hervé le Corre signe avec ce cinquième roman un livre très original, tant par son intrigue que par son style.

Paris, 1870. Une série de meurtres sauvages semble obéir à une logique implacable et mystérieuse qui stupéfie la Sûreté, fort dépourvue face à ces crimes d’un genre nouveau.

Le meurtrier, lui, se veut artiste : il fait de la poésie concrète, il rend hommage a celui qu’il considère comme le plus grand écrivain du XIXe siècle, Isidore Ducasse, comte de Lautréamont, dont il prétend promouvoir le génie méconnu.

Les chants de Maldoror sont son bréviaire, il y trouve l’inspiration pour perpétuer ses crimes tous plus violents et sordides les uns que les autres.

Dans le labyrinthe d’une ville grouillante de vie et de misère, entre l’espoir de lendemains meilleurs et la violence d’un régime à bout de souffle, Etienne Marlot un ouvrier révolutionnaire, l’inspecteur François Latémendia de la Sûreté, Sylvie et Garance, deux femmes que la vie n’a pas épargnées, vont croiser la trajectoire démente de l’assassin.

Nul ne sortira indemne de cette redoutable rencontre…

Avec L’homme aux lèvres de saphir, Hervé Le Corre nous propose un roman noir foisonnant et original de par son intrigue et son contexte historique. Peu de romans ont pour toile de fond la Commune et ses prémisses, raisons pour lesquels ce roman a rejoint ma PAL et je n’ai pas été déçue : son atmosphère particulière est très bien rendue ici.

Au-delà de l’intrigue policière proprement dite qui nous réserve peu de mystères puisque l’identité du tueur en série nous est révélée dès les premiers chapitres, l’auteur nous propose ici un roman naturaliste digne des auteurs du XIXè siècle.

Brillamment écrit, ce récit nous immerge au coeur du Second Empire, au moment où celui-ci vacille. Sur les traces du tueur, on sillonne les rues sombres de la capitale, les quartiers ouvriers, les bordels et les troquets.

Roman choral où tour à tour le tueur, l’ouvrier, l’inspecteur, la fille de joie prennent la parole, un procédé que j’aime beaucoup et, qui est très bien maitrisé ici, permet à son auteur d’aborder plusieurs thématiques comme le quotidien de la police, la médecine légale, la misère des ouvriers et leurs revendications, les filles de joie, les troubles sociaux…

Les différents protagonistes du récit sont bien dessinés et se révèlent attachants, j’ai eu plaisir à suivre Etienne, François, Sylvie et Garance dans leur combat contre ce tueur redoutable et particulièrement sanguinaire.

Hervé Le Corre s’est formidablement bien documenté et connaît bien l’époque qu’il décrit : on assiste aux meetings ouvriers, aux combats sur les barricades, aux discours de Louise Michel… et c’est véritablement passionnant !

Autre point positif : prendre pour point de départ de l’intrigue policière et pour modus operandi du tueur Les chants de Maldoror est réellement original et cette idée a bien été exploitée.

Si j’ai beaucoup aimé ce roman, deux petites choses sont venues gâter ma lecture : connaître l’identité du tueur dès le départ, j’adore enquêter aux côtés du héros et ici je n’ai pas pu le faire. Et je déplore également quelques longueurs.

Malgré ces petits bémols, j’ai beaucoup apprécié ma lecture et je lirai à nouveau cet auteur, c’est sûr. Belette est de cet avis aussi, vous pouvez lire son avis ici.

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Lu dans le cadre du Mois anglais

et du challenge 1 pavé par mois :

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Andrew Taylor est l’auteur de nombreux romans historiques et de thrillers best-sellers, traduits dans une quintaine de langues. Il a remporté plusieurs prestigieux prix littéraires pour l’ensemble de son oeuvre.

Août 1778, à New York, Edward Savill vient de débarquer en Amérique à bord de l’Earl of Sandwich où il a fait la connaissance de Noak, un américain de retour au pays. Le jour même de son arrivée, Roger Pickett, un gentilhomme, est poignardé en pleine rue.

La victime est un officier amateur de jeux de hasard. Dans une ville en construction, melting-pot de soldats, de traîtres et de rebelles, la justice est sommaire et expéditive. Un vagabond, esclave en fuite, est donc arrêté et pendu.

Mais l’homme de loi Edward Savill, trouve que les choses sont allées bien vite en besogne. Il s’interroge sur les liens entre la victime, et ses hôtes, le vieux Juge Wintour, sa femme malade et leur énigmatique belle-fille, Bella. Ce que cette famille a perdu en richesse, elle semble l’avoir gagné en secrets.

Dans cette nouvelle Amérique sur fond de guerre d’indépendance, tout s’achète et tout se vend. Même l’honneur et la respectabilité…

Avec Un parfum de mort, Andrew Taylor nous plonge au coeur de la grosse pomme pendant la guerre d’indépendance américaine. Voilà un thriller historique comme je les aime avec un contexte historique fouillé et bien documenté, une intrigue bien ficelée, des secrets en veux-tu en voilà et des personnages bien dessinés.

Pendant un peu plus de quatre cents pages, l’auteur déroule son histoire que j’ai trouvé passionnante de bout en bout. Comme je connais mal le contexte historique que l’on voit rarement en littérature, j’ai adoré me plonger dans ce New-York en construction en ébullition et apprendre des choses sur cette guerre d’indépendance sur laquelle, j’avoue, je ne me suis jamais penchée !

L’écriture fluide de l’auteur, les chapitres courts, les rebondissements, le suspens savamment dosé, les personnages bien construits et attachants m’ont permis d’avaler ce pavé en deux petits jours tant j’ai été happée par cette histoire dont je suis arrivée au point final au regret tant j’étais bien dans ma lecture.

Au-delà de l’enquête proprement dite sur l’assassinat de Roger Pickett, l’auteur nous montre la réalité de la guerre : on voit notre héros, l’anglais et homme de loi, Edward Savill, évoluer dans la bonne société new-yorkaise, bien secouée par la guerre. Lui, homme droit et honnête, va être confronté à la vénalité des individus, leurs faiblesses, leurs secrets.

Ces hommes et ces femmes, loyaux au roi George III ont perdu beaucoup de leur lustre à cause des évènements, ils ont vu leurs terres prises, leurs maisons brûlées, et parfois ont assisté, impuissants, à l’assassinat de leurs proches par des partisans de l’indépendance.

Andrew Taylor revient également sur les esclaves, ceux bien traités par leurs maitres et policés mais aussi ceux qui subissent les pires avanies, soumis au bon vouloir de leur maitre. Cette thématique est là aussi bien traitée même si elle n’est pas au premier plan mais elle a toute son importance dans l’intrigue.

Si comme moi, vous aimez les thrillers historiques, je ne peux que vous conseiller ce roman lauréat du prestigieux prix Ellis Peters ! Belette qui m’a accompagnée dans cette lecture est moins enthousiaste que moi, son avis ici !

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