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Posts Tagged ‘roman révolution française’

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois et du Pumpkin Automne Challenge :

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Henri Lœvenbruck est né en 1972 à Paris. écrivain, musicien et parolier, il est l’auteur de plus de quinze romans traduits dans de nombreuses langues dont Le Loup des cordeliers et L’Apothicaire, son plus grand succès.

La Bastille vient de tomber. Danton, Desmoulins et Robespierre entrent dans l’Histoire. Au milieu du tumulte, le jeune et brillant journaliste Gabriel Joly a découvert l’identité du Loup des Cordeliers.

Mais ce mystérieux justicier qui hante, la nuit, les rues de Paris disparaît alors qu’il est sur le point de le confondre !

La course-poursuite s’engage, menant Gabriel sur les mers, jusque dans les maquis de l’île de Corse, sur les traces de la Manorossa, la Main rouge, étrange société secrète dont les membres tentent d’influer sur la Révolution en cours.

Accompagné du pirate Récif et de l’intrépide Théroigne de Méricourt dont la tête a été mise à prix par la confrérie, Gabriel parviendra-t-il à retrouver le Loup des Cordeliers et à découvrir ses plus noirs secrets ?

Entre complots et trahisons, il devra faire usage de sa plus grande sagacité pour résoudre l’énigme de la Main rouge…

Souvenez-vous, j’avais eu un quasi coup de coeur pour Le loup des cordeliers il y a quelques semaines seulement, dont le final m’avait vraiment surprise, et j’avais grande hâte de découvrir la suite des aventures de Gabriel, Lorette, Récif, Théroigne et tous les autres protagonistes de cette grande fresque alliant avec brio Histoire et intrigue policière.

Le mystère de la main rouge commence exactement là on avait laissé Gabriel, terrassé par un violent coup au crâne, alors qu’il venait de découvrir, et nous avec lui, l’identité du fameux loup des cordeliers qui nous avait tenu en haleine pendant près de 600 pages !

Comme dans le premier opus, Henri Loevenbruck nous fait prendre part d’entrée de jeu aux différents évènements qui ont émaillé les mois de juillet et août 1789 : l’éxécution de Foullon et de son gendre devant l’hôtel de ville alors qu’il étaient emmenés sous bonne escorte en prison, l’abolition des privilèges, en autres, aux côtés de son héros Gabriel mais aussi de personnages ayant réellement existé comme l’écrivain Louise-Sébastien Mercier, Théroigne de Méricourt, Camille Desmoulins, Georges Danton, pour ne citer qu’eux.

Et c’est aspect historique est véritablement passionnant, Henri Loevenbruck s’est remarquablement documenté et nous propose ici une fresque magistrale des premiers jours de la révolution magnifquement racontée. Il imprime beaucoup de rythme à son récit, et surtout il écrit très très bien.

Hélas, je trouve qu’ensuite il s’éloigne trop de cette matière historique au fil du récit au profit d’une intrigue autour de la Main rouge qui m’a moins intéressée. Le rythme se fait alors moins haletant, plus lent, ce qui ne m’a pas empêché de dévorer ce récit car chapitres après chapitres, de nouveaux mystères se succédent, relançant sans cesse mon envie d’aller plus loin dans ma lecture.

Si Le loup des cordeliers offrait une véritable intrigue policière, ce second opus est davantage un roman d’aventures, on voyage avec notre héros et son ami pirate à la recherche d’un trésor. Il y a de la cape et de l’épée, un combat naval, une mystérieuse société qui rend un culte à Mythra et qui tente de faire basculer la Révolution à son avantage.

J’ai apprécié qu’il y ait de nombreuses illustrations d’époque tout au long du roman, une très bonne idée ! Malgré mes petites réserves, je lirai la suite avec grand plaisir car j’aime beaucoup les protagonistes de cette saga. Le plus dur sera d’attendre un an avant de l’avoir dans les mains ! Belette a beaucoup aimé aussi, son avis ici.

Un grand merci à Babelio et aux éditions X.O pour cette lecture.

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Elle est princesse de sang. Recluse à la Cour de Versailles, vouée à rester seule et à se consacrer aux oeuvres charitables. Lui est roturier. Brillant botaniste du jardin du Roy, il est adepte des Lumières. Tout oppose Madame Elisabeth, la jeune soeur de Louis XVI, et François Dassy. Pourtant, lorsqu’ils se rencontrent par hasard dans la forêt de Fontainebleau, une irrésistible attirance les pousse l’un vers l’autre. Mais la révolution gronde et menace cet amour clandestin… Elisabeth saura-t-elle suivre les idées nouvelles qui bouleversent la France ? Et mettre en danger la royauté ? Dassy est-il un honnête homme ou un imposteur ?

Élisabeth Philippine Marie Hélène de France, dite Madame Élisabeth, est née le 3 mai 1764 au château de Versailles. Huitième et dernier enfant du dauphin Louis Ferdinand, fils de Louis XV et de Marie-Josèphe de Saxe, elle est la sœur des rois Louis XVI, Louis XVIII et Charles X.

Orpheline de ses deux parents avant ses trois ans, elle sera choyée par sa sœur Clotilde qui s’occupera d’elle comme une mère jusqu’à son mariage avec le duc de Piémont, un éloignement qui fera souffrir Élisabeth tout au long de sa courte existence.

Elle mène une enfance solitaire jusqu’à l’arrivée de Madame de Mackau, sous gouvernante des enfants de France, et de sa fille Angélique qui va devenir sa confidente et à l’âge adulte la gouvernante de sa Maison.

Elle a dix ans lorsque son bien-aimé grand-père Louis XV rend son dernier soupir, victime de la variole, il lui lèguera ses serres, ses animaux sauvages et ses chers arbres car Élisabeth est une scientifique qui partageait avec son illustre aïeul l’amour des sciences naturelles et de la botanique.

Elle s’intéresse également aux sciences de manière générale et sera favorable à la Variolisation qui permet de se prémunir contre la petite vérole, maladie contagieuse mortelle et fréquente, qui touche indifféremment toutes les couches de la population, laissant au mieux d’horribles cicatrices sur le visage, donnant la mort au pire.

Très pieuse, elle soulagera beaucoup les pauvres habitants aux environs de son château de Montreuil où elle aimait se réfugier et vivre loin de l’étiquette de la Cour. Proche de son frère Louis XVI et favorable comme lui à une meilleure répartition des impôts, elle suivra la famille royale dans sa fuite à Varennes et partagera leur sort funeste pour finir guillotinée le 10 mai 1794, une semaine après ses trente ans.

Son statut de fille de France la prédestinait à épouser un monarque ou à rentrer dans les ordres, elle ne fera ni l’un ni l’autre et restera célibataire. On l’imagine dévote coincée, confite en dévotions, c’est une femme intelligente, dotée d’un fort tempérament, une mathématicienne qui avait aussi une vision politique.

Très proche de Louis XVI, de Marie-Antoinette et de ses neveux, elle refusera toujours l’exil, préférant rester avec sa famille jusqu’au bout. J’avoue que je ne m’étais guère penchée sur cette femme ni intéressé à son sort, j’ai donc appris beaucoup de choses sur sa personnalité et je l’ai trouvé attachante même si je ne partage pas bon nombre de ses points de vue.

L‘histoire d’amour que Alexandra de Broca fait revivre entre Elisabeth et François Dassy, son médecin, dans La sœur du roi, est magnifique. Dassy a réellement existé, on en trouve des traces dans la correspondance de la princesse mais on ne sait rien de sa vie, Alexandra de Broca a donc fictionné sa biographie mais tout ce qui attrait à Élisabeth est lui, véridique.

Découpé en trois parties, le prologue, l’histoire en elle-même et l’épilogue, ce roman nous conte la vie de ses deux personnes qui vont vivre un amour platonique pendant une dizaine d’années. La romancière alterne d’un chapitre à l’autre les protagonistes et nous suivons tour à tour Dassy et Élisabeth jusqu’à leur rencontre.

Il est né à Strasbourg dans une famille protestante d’un père médecin et d’une mère apothicaire. Elle est née dans le plus bel écrin d’Europe et pense que Dieu a choisi sa famille pour régner sur la fille aînée de l’Eglise. Impossible pour eux d’espérer un jour unir leur destin en se mariant, Élisabeth ne peut s’abaisser à épouser un roturier, François est protestant et ne veut pas se convertir au catholicisme.

Au-delà de cette histoire d’amour impossible, donc belle et tragique, Alexandra de Broca nous montre comme elle connaît bien cette période du règne de Louis XVI et de la Révolution Française, son roman biographique est donc très bien documenté et à ce titre, il est vraiment passionnant.

Elle nous permet de croise le gratin de la médecine, de la botanique et du naturalisme de l’époque, nous conte les avancées scientifiques dans ces différents domaines et nous dresse un portrait vraiment touchant de Madame Élisabeth.

Déjà auteure de La princesse effacée qui dressait le portrait de Madame Royale et de Monsieur mon amour qui contait le destin tragique de la princesse de Lamballe, Alexandra de Broca démontre une fois de plus dans ce nouveau roman, tout son talent de conteuse de l’histoire au service de femmes aux destins incroyables.

La soeur du roi est un roman passionnant sur une femme oubliée de l’Histoire, une femme intelligente qui a du faire face à des évènements tragiques. Je ne peux que vous recommander cette biographie romancée qui rend un bel hommage à une princesse singulière.

Un grand merci à Ophélie et aux éditions Albin Michel pour cette belle lecture à la fois intelligente, émouvante et romantique !

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Belle orpheline de dix-sept ans, Eloïse, que l’on surnomme  » Malamour « , a grandi recluse dans un couvent d’Avignon. En cette fin du XVIIIe siècle, la révolution est en marche, bientôt nobles et miséreux seront égaux devant la loi. A l’exception des habitants du Comtat Venaissin, propriété de l’Eglise entre mont Ventoux et vallée du Rhône, où sévissent pillages, famines et massacres. Révoltée par tant d’injustices, Eloïse part en croisade afin de prêcher pour un Comtat rattaché à la république naissante. De sa Provence natale jusqu’à Paris, partout sa détermination impressionne et son charme, puissant, opère auprès d’hommes influents. Alors que délation et trahison sont monnaie courante, Eloïse, risquant sa vie à tout instant, découvrira-t-elle le secret de son incroyable filiation.

1789 en Avignon. Eloïse est une belle jeune femme de 17 ans qui vit dans le couvent Sainte Claire sous la coupe de Mère Adèle qui lui a donné pour nom Malamour. Enfant abandonnée, elle vit depuis toujours dans ce cloître où l’on recueille les fruits d’adultères qui subissent l’opprobre des habitants du fait de leurs origines inconnues et impures.

A l’heure où le peuple prend la Bastille, Eloïse fait elle aussi sa révolution. Le peuple d’Avignon et du Comtat, sous protectorat du Vatican, ne fait pas partie de la France et souffre d’une très grande pauvreté, ce qui révolte la jeune femme.

Elle décide de quitter sa Provence pour Paris, espérant que les révolutionnaires en vue comme Mirabeau épouseront sa cause et partiront en guerre contre le pape. Cet orateur hors pair, véritable tribun charismatique malgré un faciès particulièrement disgracieux va entrer dans la vie d’Eloïse d’une bien étrange façon…

La Malamour c’est le roman d’une héroïne dont on ne connaît pas le passé ni les origines et que l’on découvre jeune femme, prête à combattre l’injustice, quitte à risquer sa vie pour mener à bien son combat et faire avancer sa cause.

Vous savez comme j’aime les romans historiques, surtout lorsqu’ils sont portés par des femmes et qu’ils me permettent de m’instruire dans tout en me distrayant. A ce titre, le roman de Claude Mossé remplit ses critères, j’ignorais tout du comtat Venaissin et du statut particulier d’Avignon qui deviendra le Vaucluse lorsqu’il fera partie de la nation France et grâce à ce roman, j’ai appris beaucoup de choses.

Outre la particularité de la ville d’Avignon administrée par le légat du pape, Claude Mossé revient sur le sort des juifs, condamnés à porter un signe distinctif mais qui vivaient certes dans un quartier réservé, mais bien mieux lotis que dans le royaume de France.

Son Eloïse, l’auteur va la créer à partir de la fille naturelle de Mirabeau, née d’une liaison adultérine et confiée comme il se doit à un couvent, née en 1778 et déclarée morte deux ans plus tard, ce qui laisse à Claude Mossé toute liberté pour en faire ce qu’il veut.

Malgré ses qualités historiques et sa volonté de faire un roman féministe, j’ai eu du mal à m’intéresser à Eloïse, qui manque pour moi d’épaisseur, et à son combat, peut-être est-ce les trop longues narrations dont vous le savez je ne suis guère friande, qui m’ont gênée ? Est-ce parce que la grande histoire est trop présente et fait passer le romanesque en arrière-plan ?

Je ne saurai pas vous le dire mais il m’a manqué quelque chose pour m’embarquer tout à fait dans cette histoire. Si vous aimez cette période ou que vous souhaitez en apprendre davantage sur cette partie de notre histoire méconnue, je ne peux toutefois que vous le recommander car il est très bien documenté.

Un grand merci à Laëtitia et aux éditions Presses de la cité pour cette lecture instructive !

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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L’an II. La Terreur. Un accident de chasse débarrasse Olympe de son barbon de mari et la propulse à la tête de la tannerie familiale. A vingt-huit ans, elle doit affronter l’avidité de la bourgeoisie locale prête à tout pour faire main basse sur son patrimoine. Aidée d’un avocat retors et d’un notaire amoureux, mais aussi de deux gamins dont son fils aîné, Olympe est bien décidée à en découdre pour préserver l’avenir de ses quatre enfants.heart_4olympe-hubert-de-maximy

Mars 1793, Olympe Chambeyrac et son barbon de mari sont à la chasse au sanglier en compagnie de leur piqueur Poudu, lorsqu’une femelle, pour protéger ses petits nouvellement nés, charge Nicolas Chambeyrac, le blessant mortellement.

Impuissante à sauver son époux, Olympe ramène le corps de son mari défunt ainsi que la dépouille de l’animal jusqu’au Puy-en-Velay, afin de relater l’accident au commissaire Philippot Philiot, qui accepte sa version des faits, les blessures du tanneur correspondant bien aux crocs de l’animal.

Olympe rejoint ensuite la tannerie et ses quatre enfants ainsi qu’Anaïs, sa plus fidèle amie, qui sert déjà de mère aux deux garçons et aux jumelles d’Olympe. Désormais veuve, Olympe veut prendre les rênes de la tannerie mais les hommes de la confrérie et l’oncle apothicaire de son défunt mari, ne l’entendent pas de cette oreille et comptent bien lui mettre des bâtons dans les roues.

Heureuement, Olympe est bien entourée : ses anciennes compagnes de couvent Anaïs, la boiteuse, et Euphrasie, l’aristocrate déchue vont l’aider à spéculer sur les biens nationaux, s’attirant les foudres du comité de salut local. Mais à jouer ainsi avec le feu, n’est-ce pas la prison, voire la guillotine, qui attend nos aventurières ?

Vous savez combien j’affectionne les destins de femmes et les romans historiques, je ne pouvais donc pas passer à côté d’Olympe qui joue son destin en pleine tourmente révolutionnaire, un roman qui allie avec talent les deux, grâce à la plume fluide et enlevée d’Hubert de Maximy qui fait revivre cette période troublée de notre histoire.

L’histoire d’Olympe, élevée au couvent depuis sa naissance et vendue (il n’y a pas d’autre mot !) à son mari prospère et gras est typiquement celle des femmes sous l’Ancien Régime qui ne pouvaient faire autrement que consentir aux unions décidées par leur famille ou ici par la mère supérieure du couvent du Puy-en-Velay où elle était pensionnaire.

Elle accepte ce mariage de raison sans regimber et va se couler dans le rôle de l’épouse dévouée et obéissante pendant douze ans, jusqu’au décès de son mari. Mais lorsqu’elle devient veuve et gagne le droit d’être indépendante, sans avoir de compte à rendre à quiconque, elle va prendre sa destinée en main et tracer sa route dans un monde d’hommes qui préféreraient la voir retourner à sa broderie et à ses enfants.

Ajoutez à cela la période sanglante à laquelle se passe ce récit, vous obtenez un roman passionnant de bout en bout avec ce qu’il faut de justesse historique, Hubert de Maximy connaît très bien son sujet cela ne fait pas de doute, de rebondissements et d’amour.

Une lecture très agréable donc avec une belle brochette de personnages bien dessinés : Olympe bien sûr mais aussi ses deux amies Anaïs et Euphrasie, sans oublier les deux garçons d’Olympe et leur ami La Belette, futés et courageux.

Si comme moi, vous aimez les romans historiques et les beaux personnages féminins, je ne peux que vous conseiller Olympe, vous passerez un très bon moment en sa compagnie.

Un grand merci à Laëtitia et aux Editions Presses de la cité pour cette lecture passionnante, j’ai adoré !

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1810, Vienne est une ville ruinée et humiliée par le passage et la victoire de Napoléon. Agathe, ancienne lectrice de Marie-Antoinette, se souvient des derniers jours de la reine à Versailles après la prise de la Bastille, et particulièrement de ce jour où la famille royale s’est enfuie. Avec une écriture fébrile et minutieuse, elle restitue le faste de la Cour, savamment orchestré par cette reine si controversée.

les-adieux-a-la-reine-chantal-thomasauteur-editeur-pagesEn cette année 1810, Agathe Laborde, ancienne lectrice de Marie-Antoinette, se souvient, depuis son exil viennois, des trois derniers jours passés en sa compagnie, les 14, 15 et 16 juillet 1789.

Sous la plume de l’héroïne, on plonge dans l’atmosphère de panique et de terreur qui étreint le Château de Versailles aux tous débuts de la Révolution française, aux heures de la débandade de la Cour.

Les frères du roi et Marie-Antoinette pressent Louis XVI d’aller chercher des troupes étrangères à Metz, ce que le dernier monarque du XVIIIè refuse. Agathe Laborde va passer ces trois jours à errer dans Versailles et dans le sillage de sa reine à qui elle voue une véritable adoration.

Vous connaissez mon goût pour le siècle des Lumières, même si je préfère au règne de Louis XVI, celui de Louis XV voire la Régence, ce titre m’intéressait beaucoup malgré tout, d’autant que j’avais beaucoup aimé un autre roman de Chantal Thomas, Le testament d’Olympe.

Spécialiste de cette époque, Chantal Thomas l’est assurément et c’est un vrai plaisir que de se retrouver à la cour de Louis XVI et de Marie-Antoinette mais j’aurai préféré que la narratrice soit plus intéressante.

Cette lectrice qui vénère sa reine m’a beaucoup agacée, j’ai trouvé cette vénération à la limite du grotesque et ses narrations parfois interminables, avec de très longues phrases, m’ont souvent profondément ennuyée.

Quant aux apparitions de la reine, très rares au fond, elles manquent de crédibilité. Agathe en tant que lectrice a peu accès au privé de la reine, elle l’a voit en représentation. Elle nous donne plutôt à voir le vacillement des aristocrates qui perdent leurs repères, qui fuient leur château pour trouver refuge à Versailles mais aussi l’inverse, les favoris qui quittent le navire, par crainte des représailles du peuple.

Là encore, c’est intéressant certes mais je ne sais pas si c’est historiquement fiable. Les courtisans ont-ils senti venir le souffle de la Révolution dès le 14 juillet ? J’en doute pour ma part, n’oublions pas qu’à cette date charnière, Louis XVI avait noté « rien » sur son journal ! Je ne perds pas de vue toutefois que tout ceci est un roman et que l’auteur a le droit de tordre la vérité historique pour servir au mieux son récit.

Vous l’aurez compris, pour ma part Les adieux à la reine est une déception même si j’ai apprécié que Chantal Thomas mette en lumière l’envers du décor de Versailles et les couloirs cachés derrière les beaux décors où s’entassent personnels et nobles.

heart_2Lu dans le cadre des challenges Au service de… et A tous prix (prix Femina 2002) :

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1791, Élisabeth Coste décide d’adopter une petite fille abandonnée. À cette occasion, elle retrouve Joseph Durand, revenu à Montpellier après plus de 25 ans d’absence et devenu juge de paix. Leurs retrouvailles les bouleversent. Séparés avant la Révolution par leur différence de statut social, ils le seront, cette fois, par les circonstances politiques.

d-un-rouge-incomparable-veronique-chouraquiauteur-éditeur-pagesLa Terreur, une sombre période de l’histoire que j’ai longtemps occulté et que je découvre peu à peu grâce à la littérature. J’ai déjà eu l’occasion de vous présenter A l’ombre de la guillotine d’Anne Perry et L’enfant léopard de Daniel Picouly, aussi lorsque Babelio m’a proposé de recevoir le premier roman de Véronique Chouraqui, D’un rouge incomparable, je n’ai hésité d’autant qu’il a pour cadre Montpellier, une ville que je connais bien.

Véronique Chouraqui a soutenu à Montpellier, en 2012, une thèse de doctorat en Histoire du droit et des institutions. Dans le cadre de cette thèse, elle découvre au cours de ses recherches aux archives départementales de l’Hérault, une cote qui va retenir son attention. Ce fait réel dont elle prend connaissance alors lui donne l’envie d’en faire un roman. Basé donc sur des faits réels et très bien documenté, ce roman revient sur un épisode de la terreur montpelliérenne qui fait vraiment froid dans le dos

D’un rouge incomparable met en scène le peuple de Montpellier pris dans le tourbillon de la Révolution : Élisabeth Coste, une teinturière d’une famille monarchiste adopte une enfant abandonnée sur le pas de sa porte. A cette occasion, elle va revoir son grand amour, Joseph Durand, de retour à Montpellier après 25 ans d’absence, et qui est devenu juge de paix. Il doit entériner l’adoption de la petite Marianne. Soeur d’un prêtre réfractaire banni par la Révolution, elle se voit confisquer sa boutique par les nouveaux maitres de la ville. Démunie et sans argent, un boulanger, qui veut faire des biscuits de farine mêlée de poudre de fécule de pomme de terre séchée pour vaincre la disette, la convainc de faire cuire des galettes. Les révolutionnaires, ayant eu vent des galettes, décident qu’en posséder est un crime.

Pour ce simple fait, ils seront accusés, avec une poignée d’autres, de complot contre la Révolution et de monarchisme. A Paris, on réclame des têtes, Montpellier n’a encore guillotiné personne, il est temps d’y remédier et d’envoyer quelques monarchistes à l’échafaud. Le peuple qui rêve d’idées nouvelles va se passionner pour le procès qui s’ouvre dans le théâtre, et comme à la comédie on applaudira les accusés convaincants et on huera ceux que l’on estime mauvais.

Véronique Chouraqui signe ici un premier roman historique prometteur et passionnant qui entremêle vérité historique, droit, condition des femmes, le tout saupoudré d’une histoire d’amour à faire pleurer toutes les romantiques qui le liront. Merci à Babelio et à TDO Editions pour cette belle lecture, j’en ressors toute émue.

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16 octobre 1793. Dans sa cellule de la Conciergerie, Marie-Antoinette se prépare à mourir. Au-dehors, un ultime complot s’est formé. Il ne reste que douze heures pour sauver la reine. Pendant ce temps, dans ce Paris tumultueux de la Révolution, on traque un mystérieux enfant léopard. Certains pour le protéger. D’autres pour le tuer. Mais qui est cet enfant léopard si convoité ? Est-il vrai qu’il est le fils caché d’une grande dame du royaume, voire de la reine elle-même ? Difficile à croire. Et pourtant…

Par un surprenant bouleversement spatiotemporel, Ed Cercueil et Fossoyeur Jones, les deux policiers noirs de Harlem rendus célèbres par Chester Himes, débarquent en plein Paris sur une enquête peu ordinaire puisqu’il s’agit de retrouver un jeune métis qui pourrait bien être le fils de Marie-Antoinette, laquelle vit ses dernières heures.

Choisir la Terreur pour cadre d’un roman d’aventures garantit une intrigue riche en coups d’éclat et en complots sanglants. Daniel Picouly qui s’est fait connaître par des romans policiers et plusieurs livres inspirés de l’enfance réunit ici tous les thèmes qui lui sont chers, celui de l’identité, de l’enfance dans un récit bondissant où Ed Cercueil et Fossoyeur Jones croisent Robespierre, la princesse de Lamballe, la Comtesse du Barry, Marie-Antoinette, Danton et Olympe de Gouges.

L’auteur nous invite à une cavalcade littéraire et nous plonge dans les tourments de la Révolution, une période où le tribunal révolutionnaire, son accusateur public Fouquier-Tinville et la guillotine ne chômaient pas. L’intrigue va elle aussi à vive allure et nous entraine dans Harlem à la recherche de cet enfant léopard. Les rebondissements multiples et les protagonistes nombreux, font feu de tout bois, on ne s’ennuie pas une seconde.

Picouly nous livre ici roman historique original et une véritable déclaration d’amour aux mots qui ne peut qu’enthousiasmer la lectrice que je suis. Il en invente (dixit les en-bourgeois de Mac, temple de la restauration rapide qui offre des figurines historiques avec les repas ou les fous-de-balle, prisonniers de St Lazare et de Ste Pélagie qui inventent le football cent ans avant sa création) et grâce à deux de ses personnages, il en offre à notre appétit de lecteur : Piqueur, qui ne sait pas lire, est un chasseur de mots qui les ramasse grâce à sa pique et La Marmotte vit lui littéralement dans les livres, reconvertis en meubles.

Picouly nous tient en haleine jusqu’à la dernière ligne et c’est avec un vrai regret que je quitte ses personnages et son univers, qui me hantent encore plusieurs heures après l’avoir fini. La vérité historique est respectée à la lettre et la dernière heure de Marie-Antoinette est particulièrement poignante.

Un livre jubilatoire, virtuose, avec un vrai souffle littéraire, ne passez pas à côté.

Lu dans le cadre du Challenge Animaux du monde

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