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Posts Tagged ‘roman russie’

Lu dans le cadre du Cold Winter challenge et du challenge 1 pavé par mois  :

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Kate Furnivall est née au pays de Galles de parents danois et russes. Elle vit dans le Devon avec son mari et ses deux enfants. La Concubine russe, son premier roman, tiré de l’histoire de sa propre mère, est un best-seller international. Le Diamant de Saint-Pétersbourg a déjà été traduit aux Pays-Bas et en Norvège.

Saint Pétersbourg, 1910. Valentina Ivanova, fille aînée du ministre des finances du tsar Nicolas II, est la coqueluche de tout Saint Pétersbourg. Elle mène la vie insouciante d’une jeune fille de la grande bourgeoisie russe, entre pensionnat et cours de piano.

Mais son univers vole en éclat lorsque la datcha de campagne du ministre est la cible d’un attentat communiste. La bombe qui éventre le bureau d’Ivanov a fait une victime : Katia, la seconde fille du ministre, reste paralysée. Valentina, qui devait emmener sa sœur avec elle en promenade, culpabilise et décide d’entreprendre des études d’infirmière.

Elle se heurte alors à la volonté paternelle qui n’entend pas accéder à sa demande mais lui ordonne de se marier avec le capitaine Tchernov, le fils d’une des meilleures familles de Saint Pétersbourg.

La jeune fille refuse tout net mais son père lui avoue qu’ils sont au bord de la ruine et que cette union est indispensable pour les maintenir à flots. Valentina acccepte du bout des lèvres, rongeant son frein.

Mais c’est sans compter une rencontre qui va changer sa vie, celle de Jens Friis, un simple ingénieur danois, chargé de construire des égouts et amener l’eau potable dans la ville du Tsar, dont elle va tomber éperdument amoureuse.

Dans une Russie au bord de la rébellion, Valentina se battra pour son indépendance. Mais alors que le Tsar, la Douma et les bolcheviques se livrent une lutte sans merci, elle devra faire un choix qui changera sa vie à jamais…

Si vous êtes un(e) fidèle de ce blog, vous n’êtes pas sans connaître mon intérêt pour la Russie et en particulier pour le règne de son dernier tsar, Nicolas II. C’est ainsi que Le diamant de Saint Pétersbourg a atterri dans ma PAL, et pour une fois, aussitôt acheté, aussitôt lu.

Et je peux d’ores et déjà vous confesser que j’ai adoré ce roman qui est pour moi un joli coup de cœur. De 1910 à 1917, on suit donc Valentina, une jeune femme en quête d’indépendance dans une Russie ultraconservatrice.

Au-delà du souffle romanesque et de l’histoire d’amour passionnée entre Valentina et Jens qui m’a captivée au point de dévorer ce gros roman en une poignée de jours, ce qui m’a surtout intéressée c’est bien sûr l’aspect historique.

Et là, je dois dire que je suis emballée par ce que nous propose Kate Furnivall qui s’est formidablement bien documentée sur la période qui sert de décor à l’histoire de Valentina et de sa famille.

Durant cinq cents pages, pas de temps mort et aucune longueur, l’autrice nous raconte par le menu comment la révolution russe va peu à peu, après le dimanche rouge du 9 janvier 1905, gagner le peuple russe pour aboutir à l’abdication du tsar et à la confiscation du pouvoir par les bolcheviques.

C’est un roman très bien construit porté par une héroïne terriblement attachante avec une histoire d’amour passionnée et vibrante mais aussi une toile historique solidement documentée, qui décrit formidablement bien la société russe de ce début du XXè siècle avec ses différentes strates qui vont du couple impérial jusqu’aux ouvriers exploités qui vont se révolter malgré les répressions sanglantes de Nicolas II et de son armée.

Les personnages sont aussi très intéressants, bien dépeints et développés : Valentina et Jens bien sûr mais aussi Viktor Arkine, le chauffeur des Ivanov, bolchevique infiltré, Elizavetta, la mère de Valentina.

Kate Furnivall nous propose un récit tout en nuances : rien n’est ni tout blanc ni tout noir, les personnages comme l’intrigue. Il y a des rebondissements, du suspens et de la première à la dernière page, j’ai vibré avec Valentina.

Un excellent roman que je vous recommande vivement !

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Lu dans le cadre des challenges Première guerre mondiale, Au service de… et 1 pavé par mois :

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A la suite d’une déception amoureuse, Lena décide de tout quitter : Paris, son métier d’infirmière à l’Hôtel-Dieu. Encouragée en cela par sa mère, d’origine russe, la jeune femme part pour Saint-Pétersbourg au printemps 1914.

Dans la famille du prince Noboranski, où elle est préceptrice, Lena découvre le faste et la misère de la Russie des tsars. En même temps qu’elle éprouve une attraction croissante pour ce pays qui fut celui de son arrière grand-père cosaque, elle voit venir les troubles annonciateurs d’une révolution. La jeune femme est en proie à de nombreux doutes.

Saura-t-elle résister au charme du prince, dont les sentiments se révèlent au grand jour ? Qui est ce mystérieux docteur Anton rencontré à l’hôpital, que l’on dit proche des bolcheviks ? Devrait-elle fuir ce vieux monde qui bascule sous ses yeux ? Le courage et l’amour vont lui apporter les réponses qu’elle attend…

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Mars 1914, Lena est infirmière à l’Hôtel-Dieu de Paris et vit sur l’ile de la Cité avec sa mère, veuve d’un médecin misanthrope et généreux.

Jeune fille sage, Lena veut marcher dans ses pas et se donne corps et âme à son métier et à ses patients, en particulier à Jeanne dont elle supportera mal le décès.

Un soir, elle se décide pourtant à aller au caf’conf avec sa collègue Adrienne, et le petit vin blanc aidant, Lena se met à chanter Kalinka à pleins poumons et vole le cœur de Florent qui dès lors lui fait la cour.

Lena est aussi sous le charme et malgré l’empressement du jeune homme, elle se refuse à lui et découvre bientôt qu’il est prêtre et pas typographe comme il le lui avait dit.

Effondrée, elle accepte alors la proposition de sa mère Vera, d‘origine russe et qui l’élève depuis toujours dans le culte de la mère Russie, de rejoindre sa meilleure amie Elvire, au service du prince Noboranski.

Après près de deux jours de voyage en train, Lena arrive à St Petersbourg pour prendre son poste de préceptrice auprès de Tatiana, Katya et Gricha Noboranski. Le jeune fils du ministre de la justice âgé de 7 ans, souffre d’hémophilie, comme le tsarévitch et semble condamné à plus ou moins brève échéance.

Lena découvre peu à peu la vie fastueuse de cette famille et tombe amoureuse de ce pays…

Vous avez déjà pu constater, si vous me lisez régulièrement, que j’ai une fascination pour la Russie et pour son histoire, en particulier pour le règne de Nicolas II. J’ai donc déjà eu l’occasion de vous présenter, entre autres, L’oeil du tsar rouge, un excellent policier qui revenait sur la fin tragique des Romanov, Sashenka dont l’héroïne est une jeune fille de la grande bourgeoisie russe qui rejoint les rangs des Rouges, et Les perles de la Moïka qui revenait sur la chute du régime tsariste et sur les purges de Staline, c’est vous dire que lorsque j’ai vu Les nuits blanches de Lena sur le programme de printemps de Presses de la Cité, je n’ai pas hésité une seconde et, cerise sur le gâteau, il n’a pas eu le temps de moisir dans ma PAL.

Que vous dire à part que ce roman signé Madeleine Mansiet-Berthaud m’a passionné pendant près de 500 pages et que je l’ai lu en seulement trois jours ? Bon je me doute que ce seul argument ne va pas vous convaincre de le lire alors je vais développer un peu pour celles qui seraient tentées par le pitch d’aller plus loin.

Avec ce roman, on pénètre dans l’intimité de ces grandes familles russes, proches du régime de Nicolas II et on assiste avec Lena et les Noboranski à la chute du régime tsariste, à la ruine et à l’exil de ces russes blancs qui ne sont pourtant pas venus en aide à la famille impériale, jugeant Nicolas II responsable de cette faillite collective et de l’arrivée au pouvoir des bolchéviks.

Madeleine Mansiet-Berthaud nous immerge avec justesse dans cette époque trouble qui couvre les trois dernières années du règne du dernier tsar de toutes les Russies alors que l’Europe s’enflamme après l’assassinat du grand-duc François-Ferdinand, héritier de l’empire austro-hongrois, le dimanche 28 juin 1914 à Sarajevo.

On y voit également le quotidien de la noblesse et l’éducation apportée aux héritiers de ces familles appelés aux plus hautes fonctions de l’état et bien entendu l’importance de la culture française chez les barines qui recherchaient tout particulièrement les préceptrices françaises pour éduquer leurs enfants.

Lena, l’héroïne de ce roman, est une personnalité attachante qui montre beaucoup d’empathie et fait preuve de générosité envers les plus faibles et en cela, elle est la digne fille de son docteur de père, un homme qu’elle révère.

C’est une jeune femme éprise de liberté, qui souhaite son indépendance financière et qui laisse la mort dans l’âme son métier d’infirmière au profit de celui de préceptrice mais elle va aussi s’épanouir dans cette nouvelle voie, grâce aux enfants et à la bienveillance de ses employeurs.

On pourrait bien sûr reprocher reprocher à l’auteur de dépeindre un cadre idyllique : Lena n’a que des qualités, le ministre et sa famille se montrent prodigues envers leurs anciens serfs et particulièrement bons avec leurs employés, tous dévoués en retour.

Ceci mis à part, je ne peux que vous recommander Les nuits blanches de Lena si vous aimez les romans historiques, les histoires romanesques en diable et la Russie, vous devriez l’apprécier autant que moi.

Un grand merci à Laëtitia et aux éditions Presses de la cité pour cette lecture passionnante !

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Un paysan appelé Vania poussait une barque entouré d’enfants. Il est mort d’un arrêt du cœur, là, quelque part dans l’herbe. Les enfants ont grandi en exil, sous d’autres nationalités. Ils sont devenus français, anglais, américains. La plupart ne sont jamais revenus en Russie.

 Aionå˜^>–AA5eeàøé>8fBauteur-éditeur-pagesPetite pause dans la sélection ELLE et grand retour de la Russie sur le blog, ça faisait longtemps, à travers ce beau et nostalgique roman d’Anne Wiazemsky. La petite-fille de François Mauriac, elle-même d’origine russe par son père, le prince Wiazemsky a du s’inspirer du destin de sa famille pour raconter l’histoire des Belgorodsky, des russes blancs dont la destinée s’est fracassée sur la révolution russe de 1917, emportée vers l’exil ou la mort après la chute du dernier tsar de toutes les Russies, Nicolas II.

Comme dans Les perles de la Moïka, Marie, l’héroïne est une française qui ignore tout de l’histoire de sa famille : des russes exilés et morts dans la misère à Paris depuis plusieurs années déjà. Elle reçoit un jour une lettre de Vassili Vassiliev qui lui apprend la mort de sa grand-tante Nathalie dont elle n’a jamais entendu parler. Vassiliev est bientôt de passage à Paris et souhaite lui remettre le Livre de destins d’Adichka, le mari de Nathalie.

Ce manuscrit qui a près de 80 ans relate un an dans la vie de Nathalie et d’Adichka, de leur mariage en 1916 à l’assassinat du prince un an plus tard. Au jour le jour, celui-ci relate la vie heureuse de cette famille aristocratique russe dans son domaine agricole, le plus important de tout le pays.

Cette famille fortunée et très chic vit pourtant assez simplement au cœur de la campagne russe, au gré de la vie agricole, des moissons, des provisions faites pour l’hiver. Un couple proche de la nature, très épris l’un de l’autre et dont le bonheur va être de courte durée. Le couple est pourtant mal assorti, Nathalie, tout juste âgée de 18 ans, très francophile, ne jure que par la musique et les romans français. Elle essaie de s’affranchir de ses devoirs de princesse, ne pense qu’à s’amuser, une attitude,  sujet de remords qui la hantera toute sa vie, tandis que son mari âgé de 30 ans, profondément russe et traditionnel, dirige son exploitation et n’a de cesse d’essayer de la convertir à la musique et à la littérature russe.

On voit au fil des jours le drame arriver par la montée en puissance de la révolution russe. Les agitateurs bolchevicks hantent les campagnes pour convertir les paysans à leur cause jusqu’à ce que la révolte des paysans éclate. Quelle sera la réaction de l’aristocratie face aux revendications de leurs employés ? Que pourra faire Adichka pour préserver son domaine et ses traditions séculaires ?

Bien qu’écrit par une française, ce roman est profondément empli de l’âme russe, il m’a rappelé Tchekhov et Tourgueniev, de par son atmosphère surannée de fin du monde.

J’ai été littéralement transportée à Baïgora en 1917 le temps d’un lecture, et bien que les évènements soient tragiques, l’histoire et les personnages sont magnifiques et bouleversants. Une poignée de gens jetée dans la tourmente de l’histoire que j’ai eu beaucoup de plaisir à suivre et que je vous recommande si, comme moi, vous vous intéressez à la Russie et à son histoire.

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Lu dans le cadre du challenge A tous prix (Grand Prix du roman de l’Académie française 1998)

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Et du Plan Orsec 2014 pour PAL en danger :

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Moscou, 2014. Dans la Russie trouble et tourmentée de Poutine, Tatiana gagne sa vie en dansant tous les soirs au Club 121, haut lieu de rencontres entre hommes d affaires. Sa beauté ne laisse personne indifférent, et surtout pas Oleg Bezroukov. La jeune femme succombe rapidement au charme magnétique de ce dernier. Mais très vite, le doute s’installe. Qui est cet homme qui paraît si amoureux mais ne cesse de disparaître sans la moindre explication et surtout, semble être doté d un étrange et inquiétant pouvoir de prédiction ?

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Vous avez déjà pu constater, si vous me lisez régulièrement, que j’ai une fascination pour la Russie et pour son histoire, en particulier pour le règne de Nicolas II. J’ai donc déjà eu l’occasion de vous présenter L’oeil du tsar rouge, un excellent policier qui revenait sur la fin tragique des Romanov, Sashenka dont l’héroïne est une jeune fille de la grande bourgeoisie russe qui rejoint les rangs des Rouges, l’essai controversé de Marc Ferro, La vérité sur la tragédie des Romanov, ainsi que Les perles de la Moïka qui, à travers ses héroïnes, raconte l’histoire de la Russie tout au long du 20è siècle. Aussi, lorsqu’Edouard Moradpour m’a proposé de recevoir son dernier roman, Le mausolée, je n’ai pas hésité une seconde à lui dire oui.

Contrairement à mes précédentes lectures, ce roman se déroule dans un futur très proche, entre 2014 et 2016. L’auteur, qui connaît la situation politique, sociale et économique du pays sur le bout des doigts, nous livre ici un roman de politique fiction teinté de thriller, ayant pour toile de fond le célèbre mausolée de Lénine et la course à la présidence russe.

Si la Russie vous intéresse comme moi, vous allez trouver ce livre plutôt passionnant car Edouard Moradpour revient sur le mysticisme du peuple russe, notamment à propos du mausolée de Lénine, contraire au culte orthodoxe. Lénine puis Staline ont eu beau démolir des églises et interdire le culte, le peuple est resté dans sa grande majorité très croyant et depuis la chute du communisme, l’Eglise orthodoxe est revenue en force et demande à ce que Lénine soit enterré auprès de sa mère comme lui-même le voulait d’ailleurs. Bon nombre de russes le souhaitent aussi, persuadés que ce mausolée porte malheur depuis 90 ans ! La question fait débat et qui sait peut-être qu’un jour Lénine finira par être enterré ? Edouard Moradpour nous explique la construction du mausolée, les conditions de conservation du corps, etc. Ce mausolée est en quelque sorte le héros du roman. L’auteur nous éclaire également sur l’oligarchie russe, quand elle est apparue et comme elle a bâti sa fortune, nous présente les différents acteurs de la scène politique, dont Vladimir Poutine of course.

L’héroïne, Tatiana, est une jeune femme russe très belle, bardée de diplômes, qui, pour gagner sa vie, danse dans le club 121, un endroit sélect pour hommes très fortunés. Elle vit dans un appartement moscovite avec ses parents, sa grand-mère et son petit frère handicapé mental. Le confort est rudimentaire et elle aimerait prendre son envol, à 29 ans on la comprend. Tatiana est une personne particulière : elle entend une voix qui lui parle depuis qu’elle est enfant et qui lui dit « tu vas sauver la Russie ». Elle mène une vie très rangée et ce n’est pas de gaieté de cœur qu’elle a accepté ce job de danseuse nue, dont ses parents ignorent tout, mais bien pour mettre suffisamment d’argent de côté afin de s’acheter un appartement et une voiture. L’un des clients, Oleg, un oligarque richissime et très mystérieux, est très amoureux d’elle et il veut l’avoir pour amante. Après avoir tergiversé, elle accepte, pensant ainsi arriver plus vite à ses fins. L’homme est milliardaire, il lui plait et une relation suivie s’installe entre eux. Un soir, Oleg lui confie qu’il a des prédictions, qu’ils voient des catastrophes avant qu’elles n’arrivent. Cette confession fait peur à Tatiana et la met mal à l’aise, d’autant que celles-ci vont se réaliser. Tel Raspoutine, Oleg se dit démiurge et il veut sauver le peuple russe, et au fur et à mesure de ses apparitions médiatiques, il va apparaître comme un véritable prophète qui empêche les catastrophes annoncées de se produire. Cet homme est-il un véritable médium ou a-t-il d’autres desseins ? Les fameuses catastrophes sont-elles orchestrées pour permettre à Oleg d’accéder à la présidence russe ? Oleg et Tatiana veulent sauver la Russie mais lequel des deux est sincère ? Le bien triomphera-t-il du mal ? Et que vient faire le mausolée dans tout ça ?

L’histoire déroulée pendant près de 400 pages par Edouard Moradpour est pleine de rebondissements entre sociétés secrètes, illusionnistes, oligarques, Mossad, et j’en passe, traitement des médias, on ne s’ennuie pas une seconde. Pour ma part, j’ai aimé parcourir Moscou, découvrir le quotidien des russes et m’effondrer devant la place de la femme dans cette société profondément machiste, ici notre héroïne n’a pas d’autre choix que de devenir stripteaseuse de luxe, faute de pouvoir accéder à un poste en accord avec ses brillantes études.

En revanche, j’ai eu du mal à adhérer à la lutte du Bien contre le Mal et à l’ésotérisme et la spiritualité, très présents dans ce roman, c’est mon seul bémol, ce n’est pas tasse de thé mais si vous aimez, vous allez vous régaler. Si le sujet vous intéresse ou que vous souhaitez découvrir la Russie du 21è, Le Mausolée sera en tout cas un très bon préambule !

Merci aux éditions Michalon et à Edouard Moradpour pour cette lecture très enrichissante.

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2003. Originaire du Nord, Ana est comédienne. Elle a fui sa famille et particulièrement Sophia, sa mère, une Russe dont elle ne s’est jamais sentie aimée. Elle se refuse à tout contact avec le pays de celle-ci jusqu’au jour où on lui offre le plus beau rôle de sa vie dans une pièce de Tchekhov. 1903. Sur les bords de la Moïka à Saint-Pétersbourg, Tatiana et ses jumelles vont se trouver liées au destin de Raspoutine et de l’illustre famille Youssoupov. Séparées par la révolution, l’une exilée en Europe, l’autre en Ukraine, Olga et Natacha auront des vies très différentes. Se retrouveront-elles ? Quel secret porte en elle Sophia, qu’elle a hérité l’histoire de la belle Tatiana, et qui va bouleverser la vie d’Ana ?

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Vous avez déjà pu constater, si vous me lisez régulièrement, que j’ai une fascination pour la Russie et pour son histoire, en particulier pour le règne de Nicolas II. J’ai donc déjà eu l’occasion de vous présenter L’oeil du tsar rouge, un excellent policier qui revenait sur la fin tragique des Romanov, Sashenka dont l’héroïne est une jeune fille de la grande bourgeoisie russe qui rejoint les rangs des Rouges, et le mois dernier, l’essai controversé de Marc Ferro, La vérité sur la tragédie des Romanov, déjà reçu lors d’une masse critique Babelio. Aussi, lorsque Babelio et Les presses de la cité m’ont proposé de recevoir Les perles de la Moïka, je n’ai pas hésité une seconde et j’en profite pour les remercier ici. Ce roman, plaisant à lire, m’a permis, cerise sur le gâteau, de bien démarrer mon Défi palesque 3 jours, 1 livre.

Les perles de la Moïka est avant tout une saga familiale, dans ce qu’elle a de meilleur. A la fois émouvant, riche de détails, passionnant pour celles qui s’intéressent à la Russie, ce roman à deux voix, fait d’allers et retours entre passé et présent, est une jolie réussite. C’est tour à tour Ana et Sophia qui vont prendre la parole. Ana, 40 ans, comédienne parisienne, cantonnée dans les rôles secondaires, refuse sa part russe, incarnée par une mère, incapable de l’aimer, et Sophia, 80 ans, pensionnaire d’une maison de retraite, La villa russe, qui nous plonge dans la Russie tsariste de 1903. La comédienne va nous montrer l’envers du décor, elle est engagée pour jouer enfin un premier rôle, celui de Lioubov, dans la Cerisaie, la plus grande pièce de Tchekhov, un rôle qui a une grande importance dans l’histoire familiale d’Ana, mais qu’elle découvrira beaucoup plus tard. L’autre, Sophia, nous raconte les fastes de la Russie tsariste mais aussi sa chute, à travers trois femmes : Natasha, sa mère, Olga, sa tante, et Tatiana, sa grand-mère, comédienne et grande amoureuse, mais surtout une femme forte qui va s’occuper de sa petite-fille comme une mère.

En 1903, à Saint Petersbourg, Tatiana Alexandrovna, filleule de la richissime Zénaïde Youssoupov, profite des derniers fastes du régime impérial. Sa vie est faite de bals et de plaisirs, elle veut devenir comédienne mais elle rencontre Ivan, un bel officier de la Garde, et c’est le coup de foudre. Elle se marie avec lui et dans la foulée, tombe enceinte, la comédie est remise à plus tard. Elle donne naissance à deux jumelles, Olga et Natacha, et à cette heureuse occasion, sa marraine, lui offre deux magnifiques boucles d’oreilles ornées de perles : les perles de la Moïka, qui donnent son titre au roman. Mais la révolution de 1905 puis celle de 1917, avec l’abdication du tsar, va plonger la famille dans le drame. Dès la prise de pouvoir de Lénine et surtout de Staline, Tatiana nous raconte les exactions dont font l’objet tous les russes et les ukrainiens, sans exception, enfin ceux qui ne sont pas Rouges bien sûr. Nobles et bourgeois, paysans, croyants, ecclésiastiques, tous sont persécutés, tous doivent renier leurs origines et leurs croyances au profit d’un dieu unique, le parti, incarné par l’impitoyable Staline, qui n’hésite pas à envoyer au goulag ou éliminer sans autre forme de procès ou de chefs d’accusation des milliers de personnes. Les famines qui frappent le peuple sont terribles et éliminent elles aussi les plus faibles. La peur qui s’empare des russes était déjà palpable dans Sashenka, puisque même parmi le sérail stalinien, les exécutions allaient bon train.

Cent ans plus tard, Ana découvre lors d’une exposition consacrée aux bijoux russes, une boucle d’oreille qui ne lui est pas inconnue. Elle retourne chez ses parents, à la recherche de la boucle jumelle qu’elle pense trouver dans les affaires de sa mère, décédée vingt ans auparavant. Ce bijou servirait-il de sésame pour découvrir l’histoire de sa famille russe ?

Ce roman est empli de mystères, difficile de vous en dire plus sur le destin passé et présent de nos héroïnes sans vous dévoiler une partie de l’intrigue, ce qui serait dommage avouez-le. Je peux simplement ajouter qu’Annie Degroote sait à merveille narrer de beaux portraits de femmes comme je les aime. Le récit axé autour de l’Histoire russe mais aussi de la recherche des origines, de la filiation et des rapports mère/fille est prenant, passionnant et émouvant. J’ai pour ma part passé un très bon moment de lecture et je vous invite à le lire à votre tour si le sujet vous intéresse.

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Lu dans le cadre de la masse critique Babelio et des challenges La plume au féminin édition 2013, ABC Babelio 2012-2013 :

         critiquesABC2013

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Des dernières heures de l’empire des Romanov à la Russie post-perestroïka des années quatre-vingt-dix en passant par la terreur stalinienne, la destinée bouleversante d’une héroïne inoubliable. Dans la lignée du Docteur Jivago, une fresque éblouissante, par l’un des plus grands historiens de la Russie. Saint-Petersbourg, hiver 1916. Devant l’institut Smolny pour jeunes filles, Sashenka Zeitlin, jeune bourgeoise de dix-sept ans, est arrêtée. Dans une Russie tsariste au bord du gouffre, alors que sa mère continue de s’enivrer de fêtes avec Raspoutine et sa clique, Sashenka, elle, a choisi son camp. Celui de la révolution… Quelque vingt ans plus tard, Sashenka incarne la femme soviétique modèle. Épouse d’un haut cadre du parti, mère comblée de deux enfants, elle va pourtant s’abandonner à une passion torride pour un séduisant écrivain dont les idées vont se révéler dangereusement compromettantes. Jusqu’à mettre en péril la vie de ceux qu’elle aime… et la sienne. Pendant plus de cinquante ans, son histoire demeurera cachée. Jusqu’à ce qu’une jeune historienne plonge dans les archives du KGB et dévoile le destin d’une femme face à un choix impossible…

sashenka-simon-montefioreauteur-éditeur-pagesSashenka est un roman bouleversant qui nous raconte le destin d’une femme et à travers elle, celui d’un pays. Le récit se compose de 3 parties. La première, la moins convaincante d’ailleurs, met en scène une Sashenka adolescente, adhérente du parti communiste, qui assiste à la chute du tsar et à celle de sa famille en 1917. Dans la seconde, nous la retrouvons femme. Nous sommes en 1939. Sashenka a épousé un camarade, membre éminent du parti et elle est mère de deux jeunes enfants : Snowy et Carlo. Elle dirige un magazine féminin et représente la femme soviétique par excellence. La troisième se déroule en 1994, après la chute de l’URSS.

Tout commence donc en 1917, la baronne Zeitlin, alias camarade Isatis, est une jeune bolchévique exaltée, enrôlée par son oncle, pour porter la bonne parole révolutionnaire auprès du peuple. Fille unique, elle est la fille choyée de Samuil, un magnat de l’acier juif, anobli par le tsar. Sa mère, vit une vie de plaisirs, dans le sillage de la tsarine et de Raspoutine, elle n’a aucun instinct maternel et laisse sa fille à sa gouvernante, l’anglaise Lala. La jeune fille en souffre et jure de ne pas mener une vie aussi oisive que celle de sa mère. Elle aspire à la révolution et assiste avec délectation à la chute du tsar et à l’arrivée de Lénine au pouvoir. Cette première partie met donc en place l’histoire mais c’est celle qui m’a le moins convaincue, je l’ai trouvée plate, trop lente et longue mais que cela ne vous rebute surtout pas, le reste du roman est vraiment réussi.

Bond dans le temps, nous retrouvons notre héroïne en 1939, après la Grande Terreur. Elle a épousé Vania Palitsine, un camarade rencontré en 1917, qu’elle a épousé. C’est un membre éminent du parti, il appartient à la Tchéka, la police politique de Staline, chargé de faire avouer les traites. C’est en fait un bourreau qui passe ses nuits à torturer hommes et femmes pour qu’ils avouent des crimes qu’ils n’ont pas commis. Sashenka est désormais maman de deux jeunes enfants qu’elle aime plus que tout. Elle est rédactrice en chef et mène une vie confortable, celle des cadres du parti, choyés par Staline. Toute cette normalité va voler en éclats lorsqu’elle rencontre Bénia, un romancier juif qui devient son amant. Elle, qui jusqu’ici n’a vécu que pour le parti, se découvre femme amoureuse. Amoureuse et imprudente, car elle qui personnifie la femme soviétique par excellence, va payer cher sa tentative de liberté. On découvrira dans la 3è partie ce qu’est devenue Sashenka grâce à Katinka, une jeune historienne qui va explorer les archives soviétiques.

Simon Montefiore nous livre ici un émouvant et très beau portrait de femme. Attachante, Sashenka l’est assurément, tout comme ses enfants, et cette plongée au coeur de la Russie staliennienne, si elle se révèle passionnante, elle est aussi effrayante. Le dictateur a fait assassiné et déporter des millions d’hommes, de femmes et d’enfants, rien que pendant la Grande Terreur (de 1937 à 1939) ce sont pas moins d’un million de personnes qui seront exécutés. L’auteur, récompensé pour sa biographie de Staline, connait l’URRS sur le bout des doigts et nous plonge au cœur de ces mascarades de procès politiques. Il nous décrit avec justesse le climat de terreur qu’il régnait sous Staline, à tel point que même les cadres les plus irréprochables avaient peur de se faire dénoncer et fusiller. Staline règne sans partage et fait éliminer tous ses possibles opposants et les membres historiques du parti. Si cette période vous intéresse, je vous conseille ce roman, j’y ai pour ma part appris beaucoup de choses.  On pourra toutefois reprocher à l’auteur d’avoir fait rencontrer à son héroïne toutes les personnes qui comptaient à l’époque et d’avoir usé de certaines ficelles un peu trop fleur bleue, mais sa maitrise du sujet et son écriture fluide font de ce roman, un très joli moment de lecture.

Sashenka est un roman bouleversant, prenant, haletant, réaliste sur l’URSS, sur la mémoire et sur les victimes des purges. J’ai beaucoup aimé.

heart_4Lu dans le cadre des challenges God save the livre et ABC Babelio 2012-2013 :

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