Feeds:
Articles
Commentaires

Posts Tagged ‘roman seconde guerre mondiale’

Avant de s’installer à Brighton avec son mari et ses deux enfants, Jenny Ashcroft a vécu de nombreuses années en Australie et en Asie, ce qui lui a inspiré une passion pour les histoires ayant pour toile de fond les lieux exotiques. Elle est diplômée en histoire et a toujours été fascinée par le passé – en particulier par la façon dont les événements extraordinaires affectent la vie des gens ordinaires. Une île en Orient est son deuxième roman.

Singapour, 1897. À vingt ans, Harriet et Mae Grafton sont des jumelles nées d’une liaison scandaleuse. Alors qu’elles sont rejetées par la bonne société, elles ne peuvent que compter l’une sur l’autre.

Mais lorsque leur riche bienfaiteur, qui n’est autre que leur père naturel, les envoie à Singapour, afin que l’une d’entre elles épouse David Keeley, pressenti pour être le nouveau gouverneur de l’île. Si Mae n’a rien contre, Harriet ne veut pas en entendre parler.

Lors d’une soirée, elles font la connaissance du mystérieux Alex Blake, et en sont très vite éprises. Leur relation se détériore car Mae en vient à jalouser sa soeur qu’Alex et David souhaitent épouser…

Singapour, 1941. Petite-fille de Mae, Ivy Harcourt travaille à Londres et est affectée à Singapour, alors sous la menace d’une invasion japonaise.

Même si Ivy redoute de vivre sur cette île qui lui est totalement étrangère, elle n’est pas du tout préparée à ce qui l’y attend : des inconnus surgissant du passé de sa grand-mère, une histoire d’amour inattendue et un secret qui n’attend que d’être découvert…

Une île en Orient attendait bien sagement dans ma PAL depuis quelques mois, en prévision de l’été car la couverture, très jolie et clairement estivale, m’incitait vraiment à le découvrir à la belle saison.

Roman à double temporalité, en 1897 et en 1941, et à deux voix, nous suivons tour à tour Mae lors de son séjour à Singapour en 1897 alors que jeune fille, elle espère trouver un mari et accéder à la respectabilité, elle dont la naissance est entachée de scandale.

Et en 1941, c’est Ivy Harcourt, sa petite-fille, marquée par la mort de son ancien amoureux allemand tombé au combat et d’un bombardement londonien qui l’avait enseveli pendant plusieurs heures durant. Parlant couramment allemand et japonais, elle travaille pour l’espionnage anglais et elle est envoyée à Singapour, alors menacée d’attaque par les japonais.

Deux grandes histoires d’amour, des secrets de famille, une trahison bouleversante, la guerre : voilà les éléments clés de cette histoire qui réserve son lot de surprises et de suspens.

Bien que le récit ne manque pas de longueurs dont on aurait pu clairement se passer, Jenny Ashcroft nous propose avec ce second roman, le premier publié en français, un véritable page-turner totalement dépaysant puisqu’il se passe quasi-exclusivement à Singapour, une île au large de la Malaisie alors sous protectorat anglais.

Je me suis passionnée pour la partie qui se passe en 1897 autour d’Harriet, Mae, David et Alex que j’ai trouvé intéressante même si, pour moi, elle manque à certains moments de crédibilité.

J’ai beaucoup aimé Harriet, sa forte personnalité et son histoire d’amour avec Alex. Mae fait pâle figure à côté d’elle mais elle est très représentative des jeunes filles de cet époque. Quant à David, il est détestable de bout en bout. On peut reprocher à l’autrice un peu de caricature dans la psychologie de ses personnages mais cela ne m’a pas dérangé outre mesure.

Les thèmes abordés dans cette partie ne manquent pas d’intérêt : l’origine scandaleuse des jeunes filles, la volonté d’indépendance, le mariage, la trahison, la manipulation, l’amour impossible… et apportent une touche sulfureuse et suggestive assez captivante.

La partie en 1941 est plus convenue et porte essentiellement sur l’histoire d’amour entre Ivy et Kit et surtout la guerre dans le Pacifique avec les combats, les camps de prisonniers… Si j’ai trouvé ces deux personnages sympathiques, leur histoire a un tel air de déjà vu, qu’elle ne m’a guère intéressée et que j’ai lu bien des pages en diagonale même si d’un point de vue purement historique, c’est intéressant.

Vous l’aurez compris, un avis en demi-teinte et une petite déception pour moi que cette saga fleuve qui n’a pas su complètement me captiver.

Read Full Post »

Christine Féret-Fleury est autrice et anime en parallèle des ateliers d’écriture. Elle a publié plus d’une cinquantaine de romans pour la jeunesse. Charlotte Bousquet est philosophe de formation. Editrice et autrice, elle a notamment publié Là où tombent les anges, Prix du Jury du Livre numérique. Fabien Fernandez est auteur, illustrateur, graphiste et travaille sur des jeux de rôles. Il a scénarisé des bandes dessinées publie des romans.

Mars 2020, la France entre en confinement et le personnel médical est sur la brèche. Lorsque son père médecin hospitalier l’envoie chez Arlette, une ancienne infirmière de 93 ans à l’internet vacillant, Nina est persuadée qu’elle va vivre le pire des confinements.

Mais bientôt, alors qu’elle fouille dans la cave pour tromper son ennui, la jeune fille découvre dans une malle la photo jaunie d’un garçon… qu’elle a déjà croisé dans l’escalier.

Ce portrait replonge Arlette dans un douloureux passé, celui de la guerre, d’un amour interdit et d’une blessure jamais refermée.

Nina a-t-elle vraiment pu rencontrer Natan, cet adolescent juif qui a vécu caché dans l’immeuble pendant la Seconde Guerre mondiale ?

Sauront-ils tous les deux dénouer les fils des sombres événements qui se sont déroulés 78 ans plus tôt ?

L’étrange garçon qui vivait sous les toits est un roman à trois voix, Nina – Arlette – Natan, écrit à six mains par trois auteurs spécialisés en jeunesse Charlotte Bousquet, Christine Féret-Fleury et Fabien Fernandez.

Dans ce très court roman qui questionne sur l’enfermement, les auteurs proposent à leurs lecteurs à partir de 12 ans, un roman très actuel mais aussi tourné vers le passé, à une époque où les juifs ont du se cacher pour ne pas se faire rafler.

Lorsqu’on lit les pensées de Natan, on ne peut que penser à Anne Franck. L’adolescent et sa soeur jumelle, recueillis par leur tante, doivent se cacher de tous car en cet été 42, les dénonciations vont bon train et la rafle du Vel d’Hiv s’organise. Ils ne doivent pas sortir, faire du bruit, etc sous peine d’être découverts.

La situation de ce jeune garçon caché par sa famille en 1942 relative notre confinement comme va le constater Nina, une ado de 2020 qui vit mal le fait d’être coupée de son père, de ses amies et privée de toute vie sociale.

Arlette, l’ancienne infirmière chez qui Nina loge, a toujours mené une vie libre, sans attache et héberge régulièrement des homosexuel.les. chassés de chez leurs parents à cause de leur orientation sexuelle.

Au fil du récit, on comprend pourquoi elle agit ainsi et la raison de son célibat. Elle n’a jamais pu oublier son premier amour né sous les toits de son immeuble au beau milieu de l’été 42.

Deux ados d’époque différente et une vieille dame qui fait le lien entre les deux puisqu’Arlette vivait dans l’immeuble quand Natan et sa soeur jumelle s’y cachaient. Il y a même une petite touche de fantastique pour expliquer comment Natan peut encore être présent dans l’immeuble, 78 ans après les faits.

J’ai trouvé ce roman très bien pensé et intelligent. Les auteurs ont saisi le mot « guerre » prononcé à de nombreuses reprises lors de la prise de parole d’Emmanuel Macron nous annonçant le confinement, pour rapprocher deux époques et faire un parallèle avec la situation des juifs pendant la seconde guerre mondiale.

C’est bien vu et judicieux d’autant que les auteurs en profitent aussi pour mettre le doigt sur des faits vraiment peu glorieux du printemps 2020, lorsque des gens ont exhorté leurs voisins issus du personnel médical de déménager afin qu’ils ne ramènent pas le virus dans leurs immeubles. Comme quoi l’histoire est un éternel recommencement !

J’ai beaucoup aimé suivre les trois protagonistes de ce récit. Chaque narrateur a sa voix, sa personnalité et je suppose qu’un auteur différent se cachait derrière chacun d’eux.

En une centaine de pages, les auteurs abordent des thèmes forts tels que la dénonciation, la condition des juifs pendant la guerre, le marché noir mais aussi des thèmes plus actuels tels que le confinement et l’homosexualité.

Une lecture très intéressante et poignante dont je n’ai fait qu’une bouchée, je ne peux que vous la conseiller si ces thématiques vous intéressent.

Un grand merci aux éditions Slalom pour cette petite pépite, j’ai adoré !

Read Full Post »

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois

Née en Normandie, Karine Lebert a notamment publié aux Presses de la Cité Les Demoiselles de Beaune (2017), Les Amants de l’été 44 (2018), sa suite, indépendante, Pour l’amour de Lauren (2019) et Les Murmures du lac (2020).

De nos jours, à Trouville, lors d’une remise de médaille pour saluer son action héroïque durant la Libération, Alma est victime d’un malaise. Elle a ces mots : « Pardonne-moi, Lucie… » car elle porte en elle un secret qui a hanté longtemps son existence hors du commun.

En 1944, Alma s’est enrôlée parmi les Rochambelles, ces infirmières et ambulancières de la 2e DB. Elle était au plus près des soldats, de l’Angleterre aux plages du Débarquement, de Paris à l’Allemagne, conciliant son engagement et sa vie de femme.

Au sein d’une famille désunie, sa petite-fille, Marion, va chercher à remonter le fil du temps et le passé d’Alma, en interrogeant des témoins de l’époque. Afin de savoir qui est Lucie. Et de découvrir le secret coupable d’Alma…

Quel plaisir de retrouver la plume de Karine Lebert à l’occasion de son tout nouveau roman : Pour l’honneur des Rochambelles. Vous le savez si vous me suivez depuis un petit moment, j’avais adoré sa duologie Les amants de l’été 44 et Pour l’amour de Lauren qui avaient pour cadre la seconde guerre mondiale.

Si, comme moi, vous aimez les romans sur deux temporalités, les secrets de famille, les destins de femmes et que vous aimez retrouver la guerre 39/45 dans vos lectures, je ne peux que vous conseiller ces trois romans, vous allez à coup sûr les apprécier.

Karine Lebert connaît manifestement très bien cette époque de notre histoire qu’elle prend pour toile de fond de ses romans. La romancière alterne la narration entre le présent et le passé, entre Marion et Alma, en donnant tour à tour la parole à ses deux héroïnes et aborde un sujet assez méconnu de la seconde guerre mondiale : les Rochambelles.

Je ne connaissais pas avant d’entamer cette lecture l’existence des Rochambelles, nom donné aux conductrices ambulancières de l’unité Rochambeau, qui faisait partie de la 2ᵉ division blindée du général Philippe Leclerc pendant la Seconde Guerre mondiale et j’ai beaucoup aimé découvrir le quotidien de ces femmes courageuses de l’Afrique du Nord à l’Angleterre, de la France à l’Allemagne, c’était réellement passionnant.

Si le récit au passé est intéressant, celui au présent, une fois n’est pas coutume, l’est tout autant. L’enquête de Marion pour remonter le fil de l’histoire de sa grand-mère, même si cela est un peu trop facile pour être tout à fait crédible, se révèle très addictive, avec des thématiques fortes comme les filles-mères et le sort réservé à leurs bébés, la santé mentale et les conditions de vie dans les asiles psychiatriques pendant la guerre et les deux décennies qui suivent.

Certaines scènes sont réellement bouleversantes et émouvantes tant l’autrice arrive à nous plonger dans cette histoire. C’est un roman est très complet : bien documenté d’un point de vue historique, instructif, avec du suspense, des rebondissements, de lourds secrets.

Karine Lebert fait aussi un clin d’oeil à Gemma, l’une des héroïnes de Pour l’amour de Lauren, et nous balade dans des villes normandes chères à mon coeur que sont Deauville, Trouville et Honfleur. Un voyage immobile bienvenu en plein confinement.

Passionnant de bout en bout, le dernier opus de Karine Lebert est une belle ode aux femmes, ne le manquez pas !

Un grand merci aux éditions Presses de la cité pour cette très belle lecture.

Read Full Post »

Régis Delpeuch a été enseignant durant vingt ans, directeur éditorial adjoint et directeur de la communication de la SEDRAP (Société d’Édition et de Diffusion pour la Recherche et l’Action Pédagogique) avant de se consacrer exclusivement à l’écriture. En 2001, il a créé le salon du livre jeunesse Lecteurs en Herbe. Chez Scrineo, il est l’auteur de la série « Mamie Polar »s (+ de 15 000 exemplaires vendus) et du roman L’enfant d’Oradour.

16 juillet 1942. Sarah Lichtszejn et sa mère Maria sont arrêtées et emmenées au Vel d’Hiv. Contre toute attente, elles arrivent à s’en échapper assez facilement et vont parvenir à se cacher des nazis pendant deux longues années sous une fausse identité grâce à la complicité de leur famille et de leurs amis.

Jusqu’au 24 mai 1944, 7 heures où deux jeunes policiers en civil, tête nue, les arrêtent suite à une lettre de dénonciation. Elles sont d’abord conduites à Drancy où elles vont séjourner quelques semaines avant d’être envoyées dans l’enfer du camp d’Auschwitz-Birkenau…

Vous ne nous séparerez pas raconte l’histoire vraie de Sarah Lichtszejn-Montard, âgée de quatorze ans au début du roman et de sa mère Maria, réfugiée polonaise, échappées du Val d’Hiv et rescapées du camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau.

Sous la plume de Régis Delpeuch, on découvre le récit poignant de ces deux survivantes plongées au coeur de l’enfer nazi. L’histoire, criante de vérité, permettra aux adolescent.e.s, qui abordent la Shoah lors de leur programme d’histoire de 3ème, de se rendre mieux compte du calvaire des juifs pendant la guerre.

Ils pourront facilement s’identifier à Sarah qui, à leur âge, subit la peur, le froid, la faim et qui réussit à ne pas sombrer dans le désespoir et à survivre à la solution finale grâce à sa volonté et sau soutien sans faille de sa mère qui ne va jamais cesser de battre.

Régis Delpeuch connait très bien son sujet, l’histoire est bien traitée et documentée, il a pu rencontrer et interroger son héroïne, toujours vivante et cela ce sent tout au long du récit, l’auteur s’est appliqué au mieux à retranscrire ce que vit Sarah et sa mère. Pendant plus de vingt-cinq ans, cette rescapée de la Shoah a raconté inlassablements dans les collèges et les lycées, ce qu’elle a vécu durant la Seconde Guerre Mondiale.

Bien que connaissant plutôt bien cette période et le drame de la Shoah, j’ai été emportée par cette histoire, émue par ce qu’ont vécu Sarah et Maria et je compte bien faire lire ce roman à mes ados car il montre la réalité tout en n’étant jamais tire-larmes.

Cerise sur le gâteau, il y a un gros dossier documentaire à la fin de l’ouvrage avec des repères datés, des photos, un glossaire, une interview de Sarah Montard… qui permettront aux jeunes lecteurs et aux autres d’approfondir leurs connaissances.

Un ouvrage à mettre entre toutes les mains bien sûr et j’en profite pour remercier les éditions Scrinéo pour l’avoir mis entre les miennes !

Read Full Post »

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

challenge-un-pave-par-mois

L’éblouissante lumière des deux étoiles muges a conduit Davide Morosinotto jusqu’en Russie, un pays si grand que les voyages qu’on y entreprend ne finissent jamais…

Septembre 1941. Hitler décide d’envahir l’Union soviétique. Les chars allemands progressent sur l’immense territoire russe vers le Nord en direction de Leningrad. Dans la précipitation, avant que la ville ne soit encerclée, le parti ordonne l’évacuation des milliers d’enfants via la voie ferroviaire.

Viktor et Nadia âgés de douze ans doivent quitter leur appartement communautaire et leurs parents, conservateurs au musée. Le père, qui vient de s’engager dans la Milice, enjoint à Viktor de ne jamais quitter sa sœur.

Mais, pour la première fois de leur vie, les voilà séparés. Nadia monte dans le train 76 et Viktor dans le convoi suivant, le 77. Le garçon se retrouve dans un kolkhoze à Kazan, pendant que Nadia se retrouve bloquée à proximité du front des combats.

Désormais, Viktor n’a plus qu’une idée en tête : traverser le pays dévasté par la guerre, les bombardements et la faim, pour retrouver sa sœur. Et pour cela il doit être prêt à tout. Car dans un pays en guerre, nécessité fait loi.

Comme vous le savez peut-être, je suis passionnée par l’histoire de la Russie, L’éblouissante lumière des deux étoiles rouges L’affaire des cahiers de Viktor et Nadia ne pouvait donc qu’éveiller ma curiosité et je dois dire que je n’ai pas été déçue par cette lecture, bien au contraire.

Davide Morosinotto qui s’est fait connaître en France avec Le Célèbre Catalogue Walker & Dawn (paru en 2018 à l’école des loisirs), nous propose ici un formidable périple dans l’U.R.S.S tenue d’une main de fer par le camarade Staline !

Tout d’abord, je salue le travail éditorial de l’Ecole des loisirs qui propose une très belle couverture à rabat et un magnifique objet livre que l’on a plaisir à feuilleter, une idée cadeau idéale pour intéresser les adolescents à l’histoire !

Pendant plus de 500 pages, on suit alternativement Nadia et Viktor pris dans la tourmente de la guerre, grâce à leurs cahiers dans lesquels ils livrent leur quotidien, leurs sentiments, leurs peurs… à l’encre bleue pour Nadia et rouge (la couleur du communisme) pour Viktor.

Régulièrement, sont insérés des photos, des affiches, des cartes postales, que les enfants sont censés avoir trouvés dans leur périple.

Nous avons également les annotations manuscrites dans les marges du colonel Smirnov du Commissariat du peuple aux affaires intérieures qui a ces cahiers entre ses mains au lendemain de la fin du conflit, en 1946. Il est chargé de mener une instruction contre nos deux héros qui ont commis bien des infractions pendant la guerre.

L’originalité du roman tient dans le fait qu’il s’agit du rapport de police du colonel Smirnov, composé des écrits des deux frères et sœurs que l’on nous donne à lire. Ces journaux sont commentés et annotés par Smirnov qui souligne consciencieusement chaque infraction commise au regard de la loi par les enfants.

Autant dire que leur débrouillardise et leurs initiatives sont perçues par l’officier comme de graves manquements : vol de matériel, sabotage, complicité d’évasion, espionnage anti-soviétique, j’en passe et des meilleurs, tout cela passible de nombreuses années de prison ou de goulag voire du peloton d’exécution.

Une façon pour l’auteur de montrer aux jeunes lecteurs toute la brutalité du régime stalinien, adepte de méthodes arbitraires c’est le moins que le puisse dire.

Car si Nadia et Viktor ont enfreint la loi à de multiples reprises, c’est que l’auteur ne les a pas malmenés : ils vont être confrontés à l’ennemi nazi, connaître la faim, côtoyer de près la mort mais aussi nouer de solides amitiés.

Au-delà de l’aspect historique, Davide Morosinotto revisite brillamment le journal intime et permet aux lecteurs de se rendre mieux compte du quotidien des soviétiques durant la seconde guerre mondiale qui ont, eux aussi, beaucoup souffert des privations.

Le récit est passionnant, bien documenté, j’ai adoré suivre Nadia et Viktor, des personnages attachants et courageux dans l’adversité. Ce roman destiné aux adolescents ne manquera pas de faire mouche auprès de ce lectorat mais aussi auprès des adultes car on ne peut qu’être ému par ce duo de héros pris dans la tourmente de la guerre. Un roman à découvrir et à mettre entre toutes les mains absolument !

Un grand merci aux éditions L’école des Loisirs pour cette lecture passionnante !

Read Full Post »

Italie, 2001. À la mort de sa grand-mère, Bartolomeo trouve au fond d’un tiroir une lettre qui pique sa curiosité. Elle indique que son grand-père aurait  » disparu, probablement noyé « . Des mots qui contredisent l’histoire familiale selon laquelle il serait tombé au combat. 
Ses recherches le mènent jusqu’à Florence Willis, une vieille dame anglaise qui a connu ses grands-parents. À travers le récit de ses souvenirs, Bart se retrouve plongé dans les années 1930, au coeur de Little Italy, le fameux quartier italien de Londres, où ses grands-parents avaient immigré. 
En quête de vérité, Bartolomeo et Florence nouent une profonde amitié et se lancent dans un voyage terriblement émouvant qui mettra en lumière une histoire longtemps oubliée.

Eté 2001, Milan. Florence Willis, une vieille dame anglaise de 80 ans, vit seule depuis le décès de Michele. Son mari italien, elle l’a rencontré en 1938 à Londres, alors qu’elle travaillait au ministère de l’intérieur.

Michele était serveur au Restaurant Ivy, un établissement de luxe tenu par un italien, où se rendait quotidiennement le chef de Florence à qui elle devait apporter des documents pour le premier ministre Chamberlain avec lequel il déjeunait.

C’est ainsi qu’elle va faire la connaissance de Lina et son mari Bartolomeo, le meilleur ami de Michele. Avec eux, elle va vivre les heures sombres de la guerre, les bombardements mais aussi les rafles qui vont toucher Little Italy, le quartier italien de Londres.

Alors qu’elle perd peu à peu la mémoire et les repères, un coup de fil de Bartolomeo Berti, le petit-fils de Lina et Bart, va la replonger dans cette époque troublée et aider Bart à combler son histoire familiale pleine de secrets…

Dans son premier roman, Un cœur vaillant, Caterina Soffici nous propose un récit fictif mais inspiré par des faits réels et nous raconte, entre l’Italie et la Grande-Bretagne, l’histoire de Bartolomeo, un jeune étudiant et celle de Florence, une vieille dame, qui vont se lancer sur les traces de l’Arandora Star, un bateau coulé par une torpille allemande en 1940.

J’ai découvert à cette occasion un épisode totalement méconnu de la Seconde Guerre mondiale. L’auteure oscille en effet entre 1938 et 1940 et 2001, lorsque Lina, la grand-mère de Bart meurt et que le jeune homme découvre que son grand-père, dont il porte le prénom, a succombé lors du naufrage de l’Arandora Star que Caterina Soffici fait revivre ici.

Les protagonistes de ce roman vivaient en ces temps troublés dans Little Italy, un quartier de Londres. Principalement commerçants, ils avaient fui la misère de leur péninsule natale ou le fascisme mais lorsque Benito Mussolini, le dictateur italien, déclare la guerre à l’Angleterre et à la France, les italiens du Royaume-Uni, vont devenir des ennemis de l’intérieur.

Qu’ils soient juifs ou catholiques, fascistes ou non, l’Etat ne va pas faire de distinction et arrêter tous les ressortissants italiens de sexe masculin âgés de 20 à 60 ans qui vont être internés dans des camps et déportés vers l’île de Man.

C’est lors d’une traversée, que ce paquebot de luxe réquisitionné par l’armée, va couler le 2 juillet 1940 avec 1500 personnes à son bord. Cette tragédie a coûté la vie à 805 personnes : 55 officiers et membres d’équipage dont le capitaine sur 174, 37 gardes militaires sur 200, 243 allemands sur 565 et 470 italiens sur 734.

Cet événement tragique va servir de trame principale, socle qui va nous permettre de découvrir l’histoire de Florence, Michele, Lina et Bartolomeo aux temps des jours heureux, un quotidien émaillé de vin, de bonne cuisine italienne, de danses et de rires. Des temps heureux qui vont être fracassés avec l’entrée en scène de l’Italie dans le conflit mondial.

Ce roman m’a totalement embarquée dès la première page et m’a à la fois horrifiée par les faits relatés et passionnée, je l’ai trouvé sensible et délicat, d’une grande qualité littéraire, porté par les personnages de Bartolomeo et Florence, particulièrement attachants, plein de failles et d’aspérités.

Un coeur vaillant est un premier roman très bien écrit et documenté, captivant, que je vous conseille vivement si la seconde guerre mondiale vous intéresse, il ne manquera pas de vous plaire.

Un grand merci à l’agence Anne et Arnaud et aux éditions Les escales pour cette lecture, j’ai adoré !

Read Full Post »

D’aussi loin que les souvenirs d’Isabella remontent, Andrew a été là. La présence d’Andrew à ses côtés est aussi naturelle que l’air qui entre dans ses poumons lorsqu’elle respire. Elle n’y a jamais vraiment réfléchi. Pourquoi le ferait-elle ? Andrew, héritier de la famille Chapel, lui appartient puisqu’elle est l’héritière de la famille White. C’est ainsi que les choses se passent dans son minuscule univers, limité à ce qui se trouve entre les quatre murs de l’appartement de Ludgate Hill, dans les Londres de 1939. Mais le monde extérieur finit toujours par pénétrer chez vous. Parfois il se glisse discrètement sous la porte, passant presque inaperçu. Dans le pire des cas, il engloutit votre maison dans un nuage de bombes incendiaires, d’obus, et de hurlements de sirènes.

Depuis toujours, Isabelle White est à l’abri de tout. Fille d’un avocat prospère, elle vit dans les beaux quartiers de Londres. Surtout, elle a Andrew Chapel, le fils de l’assistant de son père, qui la protège et qui la sert, qui veille auprès d’elle en toutes circonstances.

Qu’ils le veuillent ou non, un lien ancien et mystérieux unit les White et les Chapel face à tous les obstacles de la vie. Un lien que rien, jusqu’à présent, n’a pu dissoudre. Un lien qui les tient comme enchaînés. Et cela pourrait bien durer toujours.

Mais c’est 1939, la guerre arrive et les bombardements allemands menacent Londres. Isabella et Andrew doivent fuir, alors que le monde qu’ils connaissent, s’effondre peu à peu.

J’avais beaucoup aimé il y a près de trois ans de cela le précédent roman de N.M. Zimmermann, par ailleurs sœur de Lorris Murail et Marie-Aude Murail, Les ombres de Kerohan, qui était déjà un roman historique aux accents fantastiques. Changement d’époque et de lieu pour Dix battements de cœur puisqu’on délaisse la Bretagne pour la capitale anglaise et le 19è siècle pour le 20è.

Ce roman destiné aux adolescents m’a beaucoup plu pour son aspect historique que je trouve très bien documenté et développé ici. On tremble avec nos deux héros pendant le Blitz où à chaque attaque, c’est la ruée vers les abris, et dans leur exil à la campagne chez Mrs Cole, la tante de Isabella, qui recueille les enfants contre monnaie sonnante et trébuchante.

Pris dans la tourmente de la guerre, ils doivent faire face à des situations très dures, entrer de plein fouet dans le monde des adultes et c’est très bien développé. Isabella, qui a une véritable affection pour Andrew, va aussi voir leur complicité vaciller. Andrew connaît mal les tenants et les aboutissants qui unissent les White et les Chapel et vit très mal le fait de devoir obéir à la jeune fille et de ne pouvoir mener sa vie comme il l’entend puisque si il lui désobéit ou s’éloigne d’elle plus de vingt-quatre heures, il est en danger de mort.

Isabella veut de toutes ses forces que ce pacte s’arrête mais son père l’a prévenu, c’est impossible. C’est cet aspect fantastique que j’ai trouvé le moins réussi. Ce pacte n’est pas sans rappeler Le portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde mais ici ce n’est pas un tableau qui vieillit mais les membres de la famille Chapel qui accusent les ans prématurément et collectionnent les maladies, les blessures alors que les White sont resplendissants de santé.

Ce volet fantastique m’a laissé sur ma faim car je l’ai trouvé mal exploité : le pacte est expliqué de façon très succincte et aurait mérité d’être davantage creusé. Et surtout, les problématiques de ce pacte sont sans cesse ressassées par nos héros qui voudraient s’en détacher mais ne savent pas comment, ce que j’ai trouvé trop répétitif.

Les personnages de Andrew et Isabelle sont plutôt attachants, les autres enfants qui traversent le récit nous font prendre conscience des difficultés auxquelles ils sont confrontés tout au long de la guerre.

Un roman d’apprentissage intéressant et passionnant d’un point de vue historique avec un suspens qui monte crescendo au fil des pages sur l’avenir de nos héros et sur le pacte qui les unit mais dont l’aspect fantastique, vous l’aurez compris, ne m’a pas convaincue.

Une lecture néanmoins addictive que j’ai dévoré en deux après-midis et dont je remercie Manon et L’école des Loisirs !

Read Full Post »

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

challenge-un-pave-par-mois

Au nom de la vérité, Gemma, New-Yorkaise, a fait voler en éclats son quotidien trépidant de femme d’affaires. Sous le charme de la Normandie, elle part depuis Honfleur sur les traces de son aïeule, Philippine, cinquante ans après, grâce à ceux qui l’ont connue.
Par amour, celle-ci a tout quitté, sa famille, sa Normandie. Pour Ethan, un beau GI rencontré à l’été 1944, Philippine a rejoint sa belle-famille en Louisiane. Passé le choc de la découverte du Nouveau Monde, le bonheur s’offrira-t-il à la jeune exilée, mariée, enceinte, loin des traditions de son pays natal ?
Gemma veut savoir : quelle était la vie de Philippine, là-bas, à La Nouvelle-Orléans ? Pourquoi est-elle rentrée en France ? Seule ?…

Août 2000, en partant sur les traces de sa grand-mère normande, Gemma, jeune new-yorkaise, ne s’attendait pas à faire voler en éclats sa vie trépidante de femme d’affaires américaine.

Tombée amoureuse de la Normandie, et en particulier de Honfleur, elle veut reconstituer toutes les étapes du passé trouble et romanesque de Philippine mais aussi comprendre auprès de témoins, d’amis et d’autres war brides de l’époque, les raisons qui ont poussé sa grand-mère à abandonner sa fille unique Lauren, la mère de Gemma.

Presque cinquante ans plus tôt, Philippine a quitté la Normandie contre l’avis de ses parents en choisissant l’aventure au bras d’Ethan, son beau G.I. Elle débarque en Louisiane chez sa belle-famille cajun qui l’accueille favorablement.

Mais la vie quotidienne auprès des Reed se révèle décevante : leur plantation de coton, qui a connu son heure de gloire avant la guerre de Sécession, périclite et son mari, qui bien que ravi de la naissance de Lauren, préfère passer ses soirées à se saouler avec ses copains…

Ayant adoré Les amants de l’été 44 l’an dernier, il fait même partie des 12 romans à retenir de l’année écoulée, j’avais une très grande hâte de retrouver Philippine et Gemma et de connaître enfin le fin mot de l’histoire à l’occasion du second tome, Pour l’amour de Lauren.

Autant vous dire qu’il n’a pas eu le temps de prendre la poussière puisqu’il a été lu dès sa réception, ce qui m’arrive très rarement. Quel plaisir de retrouver ce roman à deux voix, avec deux héroïnes bien distinctes : Philippine pour la trame historique et Gemma, sa petite-fille, pour la partie contemporaine.

Karine Lebert nous dresse avec ce roman deux beaux portraits de femmes comme elle sait si bien le faire, avec leurs forces et leurs faiblesses, leurs fêlures, leurs aspérités. Entre l’an 2000 et 1945, la Louisiane et la Normandie, elle nous propose les destins croisés de deux femmes courageuses et audacieuses en terre inconnue.

A travers Philippine et ses compagnes de traversée, j’ai découvert ce qu’était une war bride, le quotidien américain si différent de la France, auquel elles se sont confrontées, la difficulté d’être auprès d’hommes souvent très différents de de ce qu’elles imaginaient.

De ce point de vue, cette duologie est très intéressante et nous révèle que beaucoup de ces unions franco-américaines se sont révélées friables et n’ont pas résisté à la réalité. Certaines d’entre elles n’ont d’ailleurs même pas pu poser le pied en Amérique, abandonnées par leurs époux en cours de route.

Epouses d’hommes souvent très pauvres, fermiers pour la plupart, Philippine et ses compagnes d’infortune ont très vite déchanté, obligées de rester aux Etats-Unis à cause de leurs enfants ou parce qu’elles n’avaient pas l’argent pour retraverser l’Atlantique ! Un sujet méconnu dont s’est emparée avec brio Karine Lebert et que j’ai trouvé passionnant sous sa plume d’autant qu’elle évite les habituels écueils pour nous livrer une intrigue très réaliste, très éloignée des romances.

Deux femmes, deux destins, deux continents, deux époques. L’une est en quête, la seconde se raconte. L’écriture est fluide, addictive, l’histoire de Philippine, émouvante et captivante. Je me suis sentie happée par les mots de l’auteure, ne pouvant me résoudre à refermer ce livre tant le suspense est fort et tient en haleine jusqu’à la dernière page.

Si vous aimez les romans historiques et les secrets de famille, je ne peux que vous recommander cette duologie composée de Les amants de l’été 44 et Pour L’amour de Lauren, vous l’apprécierez autant que moi.

Un grand merci à Yéléna et aux Editions Presse de la Cité pour cette lecture passionnante et émouvante, j’ai adoré !

Read Full Post »

Sous un ciel de plomb, des prisonniers défilent à l’entrée du camp d’Auschwitz. Bientôt, ils ne seront plus que des numéros tatoués sur le bras. C’est Lale, un déporté, qui est chargé de cette sinistre tâche. Il travaille le regard rivé au sol pour éviter de voir la douleur dans les yeux de ceux qu’il marque à jamais.
Un jour, pourtant, il lève les yeux sur Gita et la jeune femme devient sa lumière dans ce monde d’une noirceur infinie. Ils savent d’emblée qu’ils sont faits l’un pour l’autre. Mais dans cette prison où l’on se bat pour un morceau de pain et pour sauver sa vie, il n’y a pas de place pour l’amour.
Ils doivent se contenter de minuscules moments de joie, qui leur font oublier le cauchemar du quotidien. Mais Lale a fait une promesse : un jour, ils seront libres, deux jeunes gens heureux de vivre ensemble. Deux personnes plus fortes que l’horreur du monde.

Avril, 1942. Lale Sokolov débarque de sa Hongrie natale à Auschwitz. Juif non pratiquant, il était jusqu’alors vendeur dans un grand magasin lorsque les SS ont proposé un deal à sa famille : un seul d’entre eux sera déporté à condition qu’un volontaire se désigne.

Célibataire, Lale accepte et c’est sous un soleil de plomb, après plusieurs jours de voyage dans un wagon bondé, qu’il entre dans le camp et voit la devise du lieu : Le travail rend libre. Il ignore où il est mais comprend que si il veut survivre à ses bourreaux nazis, il a intérêt à ne pas montrer ses faiblesses.

Dès son arrivée, il est jugé digne d’être momentanément épargné et atterrît devant le tatoueur, chargé de marquer à vie ceux qui ne sont pas promis dans l’immédiat à la solution finale.

Il fait ainsi la connaissance de Pepan, un français déporté pour son activisme communiste, qui lui propose de devenir son apprenti. Au risque d’être considéré comme un collaborateur, Lale, qui s’est juré de survivre à cet enfer, accepte ce travail.

Quelques semaines plus tard, il tombe amoureux de Gita. Dans l’enfer du camp, ils vont s’aimer et tout faire pour sortir vivants d’Auschwitz…

Heather Morris est une journaliste néo-zélandaise. Dans les années 2000, elle rencontre Lale Sokolov qui lui raconte son histoire. A la fin de sa vie, l’ancien déporté souhaite que sa survie dans le camp d’Auschwitz soit relatée et choisit la plume de Heather Morris pour retranscrire les trois années qu’il y a passé.

L’auteure va mettre une dizaine d’années avant de nous proposer ce témoignage sous forme romancée et elle réussit brillamment à nous relater le quotidien de Lale dans l’enfer de ce camp de concentration sans jamais tomber dans le pathos, une prouesse, car si ce récit est émouvant, il est aussi tout en pudeur et en sensibilité.

Si Heather Morris construit habilement son récit pour faire ressortir l’amour, la solidatiré et l’amitié qui unissait les déportés, il n’empêche qu’elle ne nous épargne rien de leur quotidien : déshumanisés, meurtris dans leur dignité et leur chair, affamés, maltraités, objets d’expériences scientifiques menées par le docteur Mengele, ces déportés ne sont plus qu’un numéro tatoué dans l’antichambre de la mort. Ils ont du mal à comprendre pourquoi ils sont là, espèrent que les alliés viendront les sortir de cet enfer et qu’ils seront un jour à nouveau libres.

Lale, qui est de la race des combattants, comprend qu’il doit travailler pour les SS ou mourir. Il se lie d’amitié avec d’autres prisonniers comme le tatoueur français et les tziganes. L’auteure nous rappelle ainsi que les juifs n’ont pas été les seuls à souffrir de la barbarie nazie mais que les opposants politiques, les handicapés, les homosexuels et les tziganes ont également péri en masse sous le régime hitlérien.

Un livre choc qui ne nous épargne aucune des atrocités, des ignominies, des exactions nazies : hommes, femmes, enfants, vieux ou jeunes, personne ne sera épargné et les survivants seront marqués à jamais par leurs souvenirs des camps. Heureusement dans cet enfer, l’espoir naît avec l’amour qui unit Lale et Gita.

Le tatoueur d’Auschwitz, même si c’est un récit très dur, est un livre que je vous conseille absolument. Bouleversant, il marquera longtemps ma mémoire et je remercie les éditions City pour m’avoir permis de le lire.

Read Full Post »

Gemma est une jeune New-Yorkaise vive, séduisante, pragmatique, travaillant avec passion dans l’entreprise familiale de produits alimentaires. A la mort de sa mère, en 2000, elle découvre que sa « vraie » grand-mère était française ; elle décide alors de partir, seule, sur ses traces. Ce voyage à la recherche de ses origines la conduit en Normandie. En sillonnant la région, Pont-l’Evêque, Le Havre, Barfleur, Colleville, l’Américaine recueille les témoignages de ceux qui ont connu Philippine. Tout commence en 1944, quand, en faisant du marché noir à Deauville, la jeune Normande rencontre Ethan, un GI, cajun de Louisiane. Deux destins de femmes, deux continents, deux époques… L’une est en quête, la seconde se raconte. Gemma trouvera un nouveau sens à sa vie et comprendra comment Philippine a payé le prix de sa liberté. Avec en filigrane cette question douloureuse : pourquoi a-t-elle abandonné sa fille aux Etats-Unis ?

Août 2000, Gemma est une jeune new-yorkaise célibataire, travaillant pour l’entreprise familiale. Elle mène une vie trépidante de citadine workaholic et une histoire d’amour sans passion avec un architecte, ami de son père.

Elle découvre avec stupéfaction lors du décès de sa mère Lauren que sa grand-mère Philippine était française. Elle faisait partie des fameuses war brides françaises ayant contracté un mariage avec un G.I à la fin de la seconde guerre mondiale.

Gemma s’envole alors pour la France afin d’en savoir plus sur Philippine, en début du refus ferme de son père de la voir sillonner la Normandie.

Août 1944 dans une Normandie dévastée par la guerre, Philippine fait la connaissance d’Ethan, un G.I cajun de Louisiane. Les jeunes gens dont les belles années ont été gâchées par la guerre se plaisent, se revoient à l’insu des parents de Philippine et tombent fou amoureux.

Malgré le refus de ses parents, vent debout contre le mariage de leur fille unique et d’un soldat américain, Philippine finit par s’enfuir…

J’avais bien aimé Ce que Fanny veut… et Les saisons du mensonge, j’ai donc été ravie de retrouver Karine Lebert à l’occasion de son nouveau roman : Les amants de l’été 44.

Changement de décor et d’époque pour cet opus puisqu’il s’agit d’un roman à deux voix avec deux héroïnes bien distinctes : Philippine pour la trame historique et Gemma, sa petite-fille, pour la partie contemporaine.

Le récit historique se déroule entre août 1944 à octobre 1945, entre Pont-L’évêque et Le Havre, et met en scène Philippine, une jeune fille à qui la guerre a volé son adolescence et ses années d’insouciance.

Lorsque le récit commence, elle a 20 ans, et son frère vient de se faire abattre par erreur par un G.I. Son père, à la tête d’une cidrerie, va reporter toute sa colère et sa haine sur les américains et va refuser l’union entre sa fille et Ethan.

Le récit contemporain se déroule de juin à octobre 2000 de New-York à Pont-L’Evêque. Gemma, après la mort brutale de sa mère, découvre que cette dernière avait engagé un détective privé pour enquêter sur sa mère Philippine.

La jeune femme déjà très francophile va ressentir le besoin de découvrir cette partie de l’histoire familiale et va partir en quête de Philippine dans le but de comprendre pourquoi la jeune femme qui avait quitté famille et pays, a abandonné sa fille unique.

Karine Lebert nous propose avec ce roman deux beaux portraits de femmes comme elle sait si bien le faire, avec leurs forces et leurs faiblesses, leurs fêlures, leurs aspérités.

La romancière alterne la narration entre le présent et le passé, entre Gemma et Philippe, en donnant tour à tour la parole à ses deux héroïnes et aborde un sujet assez méconnu de la seconde guerre mondiale : les war brides.

Deux femmes, deux destins, deux continents, deux époques. L’une est en quête, la seconde se raconte. J’ai beaucoup aimé ce roman que j’ai dévoré et dont l’histoire m’a passionné, j’ai hâte que le second tome paraisse pour retrouver Gemma et Philippine et connaître enfin le fin mot de cette histoire.

Je savais que des françaises avaient contracté des unions avec des G.I mais j’ignorai qu’il y en avait eu autant et cet aspect historique m’a vraiment intéressé d’autant qu’il est bien traité par Karine Lebert qui nous dévoile la vie de ces jeunes femmes au camp du Havre puis leur traversée vers leur nouvelle patrie, les Etats-Unis, dont beaucoup reviendront déçues.

L’écriture est fluide, addictive, l’histoire de Philippine, émouvante et captivante. Je me suis sentie happée par les mots de l’auteure, ne pouvant me résoudre à refermer ce livre tant le suspense est fort et tient en haleine jusqu’à la dernière page.

J’ai adoré retrouver au cours de ma lecture des endroits que je connais bien comme Pont-L’évêque, Honfleur, Trouville… c’est une région que j’affectionne et j’ai aimé retrouver tous ces lieux le temps d’un roman.

Si vous aimez les romans historiques et les secrets de famille, je ne peux que vous recommander Les amants de l’été 44.

Un grand merci à Laëtitia et aux Editions Presse de la Cité pour cette lecture passionnante !

Read Full Post »

Older Posts »