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Posts Tagged ‘roman siècle des lumères’

Jeune paysanne élevée dans l’amour des lettres, Félicité est engagée comme copiste chez Diderot. Initiée à l’esprit des Lumières, elle se passionne pour les combats de l’Encyclopédie, contre les dévots et les censeurs. Une complicité ambiguë se noue entre l’élève et le philosophe irrévérencieux. Félicité accomplira-t-elle ses rêves d’écriture et de liberté ?

Félicité est une jeune paysanne de Langres. Sa mère, Emilie, a été élevée au couvent et en garde un vilain souvenir, pas question pour elle que sa fille aille chez les religieuses mais elle tient à ce qu’elle ait un bon niveau d’instruction.

Lorsque les colporteurs reviennent chaque année, Emilie achète des romans afin que sa fille cultive le goût de la littérature au grand dam du cousin Paulin, le prêtre de la paroisse, qui préférerait que ses ouailles se contentent de la sainte bible.

Devenue orpheline, le curé la recueille et propose de la faire entrer comme copiste chez un notaire de Langres qu’il connaît bien. L’homme de loi lui propose plutôt de la placer chez le fils d’un coutelier de ses amis : Denis Diderot.

Le vicaire ne le connaît ni d’Eve ni d’Adam et le notaire, acquis aux idées des Lumières, se garde bien de lui révéler l’athéisme du philosophe, et voilà Félicité en partance pour la capitale…

Le siècle des Lumières, Diderot, l’Encyclopédie et le billet de George, il ne m’en fallait pas plus pour me donner envie de lire ce court roman, qui, une fois n’est pas coutume, n’a pas trainé dans ma PAL.

Vous connaissez mon goût pour les romans historiques et lorsqu’ils ont pour cadre le XVIIIè siècle et qu’ils me permettent de côtoyer mon philosophe préféré, Denis Diderot, comme dans La petite copiste de Diderot, impossible pour moi de résister !

Danielle Digne est passionnée d’histoire et elle connaît rudement bien Diderot, j’ai donc passé un agréable moment en compagnie de Félicité et Diderot bien sûr mais aussi tous les protagonistes secondaires du roman tels que Madame d’Epinay, le baron d’Holbach, l’abbé Galliani, l’abbé Morellet, d’Alembert…

Lorsque Félicité arrive à Paris en 1760, Diderot est en pleine tourmente car l’Encyclopédie, attaquée par ces jésuites de malheur, est frappée d’interdiction royale. Notre philosophe qui trime sur son grand œuvre, enrage de ne pouvoir en venir à bout et crie à l’injustice d’autant plus que cette Encyclopédie qui lui prend toute son énergie, lui rapporte bien peu !

Ce roman bien documenté montre très bien le combat pour les Lumières mené par Diderot et les Encyclopédistes et nous dévoile le personnage attachant et éblouissant qu’était Diderot dans le privé mais aussi le travailleur infatigable qu’il savait être.

Les rapports houleux avec sa femme Antoinette et tendres avec sa fille Angélique, la correspondance qu’il entretenait avec Sophie Volland, la grande amitié qui le liait au baron d’Holbach et à Louise d’Epinay, son attachement à sa robe de chambre (il lui a même consacré un texte !), ses rapports avec Voltaire, Rousseau et Catherine II, la vente de sa bibliothèque à la tsarine, ses soucis avec la police et la censure, le traumatisme que fut pour lui l’emprisonnement à Vincennes, etc. Danielle Digne n’oublie rien et nous propose une plongée réussie au cœur de la vie de Diderot et du mouvement encyclopédique.

La jeune Félicité se montre intelligente et attachante, pleine de vénération pour son grand homme tout en ne cachant pas les travers et défauts qu’avait aussi le philosophe, loin d’être un saint, mais doté d’un grand cœur.

Grâce à son héroïne, l’auteure peut aborder la place des femmes dans la société de l’Ancien Régime. Copiste était un métier dévolu aux hommes, héritiers des fameux moines du Moyen Age, et que la romancière ait choisi ce métier pour Félicité et un philosophe comme Diderot ne doit rien au hasard.

Le philosophe du bonheur était plutôt ouvert à l’éducation des femmes, il voulait que sa fille ait une bonne instruction même si il rêvait pour elle d’un bon mariage, comme tous les pères de cette époque et n’aurait sans doute pas permis, qu’elle exerce un métier !

L’histoire est simple mais non dénuée d’intérêt et vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé La petite copiste de Diderot et je ne peux que vous inciter à le lire à votre tour. Si vous aimez cette époque, vous serez charmé de la retrouver et si vous ne la connaissez pas, c’est l’occasion de réparer cet oubli.

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Lyon, septembre 1777. Des textes gaulois sont découverts : ils traitent des origines du peuple français. L’avocat Antoine Fabert se retrouve propulsé au centre d’une bataille dont l’enjeu est colossal. Avec ses proches – un ténor du barreau lyonnais, un historien paralytique, un rédacteur de la première gazette sur l’actualité locale, une comédienne – il se lance à corps perdu sur la trace d’une mystérieuse statuette dont le secret pourrait à lui seul ébranler la royauté à la veille de la Révolution française. Une course-poursuite au cœur d’un siècle fascinant pendant lequel le peuple de France s’est écrit un nouveau destin…

Lugdunum, octobre 64 après J.-C, Louern, un druide gaulois, entre dans le sanctuaire des Trois Gaules en catimini, afin d’y déposer le savoir druidique qu’il a retranscrit dans plusieurs codices, enfreignant ainsi la tradition gauloise, jusqu’ici orale.

Lyon, septembre 1777. L’avocat Antoine Fabert se trouve avec son beau-père Marc de Ponsaimpierre lorsque ce dernier découvre dans une galerie de sa propriété des textes gaulois.

Ponsaimpierre ne voyant aucun intérêt dans cette découverte songe à les détruire mais Antoine le convainc de les lui confier. Pour lui, cette trouvaille est extraordinaire et le divertira entre un procès et sa culture de la poire de terre.

Lorsqu’il commence à déchiffrer les textes, il se rend compte qu’ils traitent de l’origine du peuple français. Les francs, qui ont succédé aux romains, ont gommé les gaulois de l’histoire de France, les reléguant au rôle d’un peuple barbare et sans culture.

Remettre en cause cette histoire officielle c’est remettre en cause le pouvoir royal, ce que Louis XVI ne peut accepter. Il envoie un émissaire spécial afin de récupérer les textes et réduire Fabert au silence.

Aidé par Ponsaimpierre, Camille Delaunay, rédacteur au journal Les affiches de Lyon, l’éditeur Aimé La Roche, le savant Anthelme Jussieu, l’avocat François Prost de Royer et la comédienne Michèle Masson, il va tout faire pour traduire l’intégralité des textes et retrouver le trésor des trésors de Louern…

En tant que férue de romans historiques, les ouvrages de Eric Marchal suscitent mon intérêt depuis quelques années déjà. Parmi ceux qu’il a déjà publiés La part de l’aube est celui qui me tentait le plus, en dépit de son épaisseur, car sur le papier il avait tout pour me plaire.

Le siècle des Lumières, l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, Voltaire… il ne m’en fallait pas plus pour me donner envie de lire cette belle brique et cela faisait quelques mois déjà que je voulais le sortir de ma PAL. La proposition de ma copinaute Céline de m’accompagner dans cette lecture a emporté le tout et j’ai dévoré en sa compagnie les quelques 900 pages qui la composent.

Et ce que je peux vous dire c’est que cet impressionnant nombre de pages ne doit pas vous arrêter car ce roman se lit incroyablement bien et finalement assez vite puisque j’ai mis 6 jours à en venir à bout.

La part de l’aube est un très bon roman historique, bien documenté, qui nous entraine avec grande facilité dans la capitale des Gaules du 18è siècle. Eric Marchal nous livre une intrigue pleine de rebondissements et d’aventures, se basant sur des personnages fictifs mais aussi ayant réellement existé.

On peut ainsi croiser des personnalités célèbres du temps comme Messmer, le chevalier de Jaucourt, Voltaire, Parmentier et même Marie-Antoinette. Au-delà de l’intrigue principale liée aux gaulois, il est aussi beaucoup question de l’Encyclopédie et notamment son article consacré aux Gaulois mais aussi de la culture de la pomme de terre et celle de la poire de terre, du faramineux prix du pain régenté par le monopole de la boulangerie, de spiritisme, de magnétisme…

Ce roman est un digne héritier des romans feuilletons du XIXè siècle, bien écrit, bien documenté, que j’ai lu avec beaucoup de plaisir et d’intérêt. Il y a plusieurs intrigues qui se mêlent habilement, instillant un vrai suspens et à chaque fois que j’ai du interrompre ma lecture, j’ai posé mon livre à regret, pressée d’y retourner, ce qui est généralement bon signe.

Vous l’aurez compris, j’ai trouvé ce roman vraiment passionnant, tant du point de vue historique que de son intrigue, il m’a tenue en haleine jusqu’au point final et il est évident pour moi que je lirai à nouveau Eric Marchal.

Je ne peux donc que vous encourager à lire à votre tour La part de l’aube si le genre historique vous intéresse, ce roman devrait à coup sûr vous plaire.

Céline a aimé aussi et vous pouvez retrouver son avis ici.

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