Feeds:
Articles
Commentaires

Posts Tagged ‘roman victorien’

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

challenge-un-pave-par-mois

Elizabeth Macneal est née à Édimbourg et vit aujourd’hui à Londres. Diplômée d’Oxford, elle a travaillé quelques années à la City et se consacre aujourd’hui à ses deux passions, l’écriture et la céramique. La Fabrique de poupées est son premier roman.

Londres, 1850. L’Exposition universelle va bientôt ouvrir ses portes dans le tout nouveau Crystal Palace, et les badauds se pressent déjà dans Hyde Park pour venir admirer cette merveille.

Parmi eux se croisent, Iris, une jeune femme rousse, modeste employée dans un magasin de poupées avec sa sœur jumelle Rose, à la beauté singulière, qui rêve de devenir artiste peintre et s’émanciper.

Et Silas Reed, taxidermiste amateur de curiosités qui a pour ambition de devenir célèbre et de voir exposer ses créatures désireux d’y exposer ses créatures macabres dans ce gigantesque musée. Ces deux-là se croisent, et leurs destins en seront à jamais bouleversés.

Grâce à ce dernier, elle rencontre Louis Frost, un jeune peintre préraphaélite, qui la convainc de quitter le magasin de Mrs Silas et sa sœur pour devenir son modèle.

Louis et ses amis préraphaélites, Dante Gabriel Rossetti et John Everett Millais, renversent les codes et font souffler un vent d’audace et d’insoumission.

Iris accepte à condition que Louis lui enseigne la peinture. Avec lui, le champ des possibles s’élargit, et le modèle, avide de liberté, découvre peu à peu l’art et l’amour.

Mais c’est compter sans Silas, dont elle a déjà oublié l’existence, qui rôde non loin de là, tapi dans l’ombre, et n’a qu’une idée : faire sienne celle qui occupe toutes ses pensées, jusqu’à l’obsession…

La fabrique de poupées est le premier roman de l’anglaise Elizabeth Macneal et pour un coup d’essai, c’est un coup de maître ! J’ai adoré ce roman à l’ambiance gothique et angoissante qui nous parle tour à tour d’émancipation féminine, de liberté et de peinture.

J’ai beaucoup aimé les thématiques traitées qui m’ont un peu rappelé La prisonnière du temps qui mettait aussi en scène des peintres et leurs modèles mais la ressemblance s’arrête là, les deux histoires sont très différentes dans leur développement.

Vous le savez j’aime beaucoup les romans historiques et spécialement ceux qui ont pour cadre l’Angleterre victorienne et ici je me suis régalée, en dépit du rythme lent du récit, point qui me gêne souvent, ce qui ne fut pas le cas.

Les personnages sont aussi très intéressants et bien dessinés, en premier lieu Iris, une héroïne attachante qui va se montrer particulièrement pugnace et courageuse. Le personnage est bien travaillé, tout en nuances, elle m’a fascinée. Les autres protagonistes ne sont pas en reste : Silas particulièrement inquiétant et effrayant, Louis absolument charmant, Albie tellement attachant qu’on espère une fin heureuse pour lui.

Avec ce roman foisonnant et formidablement bien documenté, Elisabeth Macneal nous transporte dans un Londres à la Dickens avec les bas-fonds représentés par Albie, un petit garçon qui a perdu toutes ses dents et qui rêve de s’acheter un dentier en lamantin, le comble du chic pour lui et sa grande sœur prostituée.

Dans les quartiers modestes il y a Iris, Rose et Silas. Et dans les beaux quartiers, on retrouve Louis. En passant d’un quartier à l’autre, l’autrice nous donne un panorama de la société de cette époque et nous dresse le portrait de la condition féminine victorienne : prostituée, employée, domestique ou épouse.

La Fabrique de poupées met en scène la détermination d’une femme à s’affranchir de sa condition. Iris saura s’affranchir des conditions sociales, des désirs de sa famille pour accéder à ce qu’elle souhaite le plus au monde : la peinture même si pour cela, elle ne doit jamais revoir ses parents et sa sœur qui l’ont reniée.

C’est aussi un conte cruel, raffiné, au suspense maîtrisé, qui explore avec une précision chirurgicale les frontières entre l’amour, le désir et la possession. L’histoire m’a subjuguée, elle se lit comme un thriller avec une angoisse et un suspens qui montent crescendo jusqu’au final qui m’a laissé sans voix.

Je ne peux que vous recommander cette lecture d’atmosphère qui m’a transportée de la première à la dernière ligne.

Un grand merci à Anne et aux éditions Presses de la cité pour cette belle lecture !

Read Full Post »

Londres, 1888. Amber et Luna Wilcox sortent du cercueil où elles ont été enterrées vivantes. Leur maison a brûlé, leur père a disparu. Recueillies par Sherlock Holmes et Watson, les deux orphelines découvrent alors qu’elles sont vampires. Elles décident de mettre leurs pouvoirs au service des Invisibles, un groupe occulte qui tente de lutter contre l’emprise grandissante du très puissant clan des Drakull, descendants de Dracula. Leur lutte va les confronter à celui qui sème la terreur dans les bas-fonds de la capitale : Jack l’Eventreur en personne…

les-vampires-de-londres-fabrice-colin auteur-éditeur-pages

Londres, fin du 19è siècle. Amber et sa soeur cadette Luna se réveillent d’un lourd sommeil, dans des cercueils. Elles s’en extraient et décident, en pleine nuit et dans un épais fog, de regagner leur domicile. Hélas pour elles, elles ne trouvent qu’une maison en ruines, brûlée depuis les fondations jusqu’à la pointe du toit, il ne reste plus rien. Leur père a disparu, leur belle-mère et leur domestique Henry, aussi. Le jour pointe alors et les demoiselles s’évanouissent.

C’est un gentil docteur qui viendra à leur secours, un certain John Watson accompagné de son ami et associé Sherlock Holmes ! Amber et Luna Wilcox découvrent à leur réveil qu’elles sont désormais dotées d’une force et de capacités incroyables et surtout qu’elles sont désormais des vampires.

Elles vont être aussitôt recrutées par une société secrète, les Invisibles, dont était issu leur père, ce qu’elles ignoraient. Ces vampires inoffensifs ont besoin des deux sœurs pour éradiquer les Dracul qui font peser de lourdes menaces sur l’espace humaine et sur tout l’empire britannique. Elles croiseront aussi sur leur chemin un certain Jack L’éventreur qui terrorise le quartier de Whitechapel, des goules, des Nosferatu et le romancier irlandais Bram Stoker.

Comme dans Douze minutes avant minuit, le très bon roman de Christopher Edge, Fabrice Colin nous plonge dans la nuit et le gothique victorien avec ce premier volume de la série Les étranges sœurs Wilcox, Les vampires de Londres, et en profite pour faire découvrir à son jeune lectorat, la littérature de cette époque avec le duo Sherlock Holmes et Watson mais aussi le créateur de Dracula, Bram Stoker.

Mélange de faits historiques et de fiction, ce roman est plutôt bien construit et les sœurs Wilcox sont assez attachantes, bien qu’elles manquent de profondeur et soient un peu trop proches de la caricature. L’histoire se lit très facilement et ne manque pas de rebondissements, mais je la trouve moins réussie que Douze minutes avant minuit et ce pour plusieurs raisons.

Tout d’abord le Sherlock Holmes qui apparaît ici ne me semble pas très crédible, il est étonnement tendre et affectif envers les jeunes sœurs, ce qui ne colle pas du tout avec l’image que je mets du détective créé par sir Arthur Conan Doyle. Ensuite, j’ai trouvé l’atmosphère gothique un peu légère, Londres et ses quartiers sont peu évoqués, l’ambiance pêche un peu. Enfin, j’ai eu l’impression à certains moments qu’il manquait des passages, l’auteur saute parfois un peu vite les étapes, au point que je me demandais si je n’avais pas moi sauté des pages !

Ces petits bémols mis à part, Fabrice Colin signe un premier volume prometteur et qui plaira au jeune public, notamment par ses petites pointes d’humour british réussies.

Deux autres tomes sont disponibles à la médiathèque, je compte bien les emprunter pour connaître la suite des aventures d’Amber et Luna !

heart_3

Lu dans le cadre des challenges British mysteries et Challenge Victorien 2013 :

challenge-victorien-2013    2168108069.2

 

 

Read Full Post »

Mais qu’est donc devenue feue Helen Talboys ? Après trois années à chercher fortune en Australie, George Talboys est de retour au pays. Accueilli par son ami Robert Audley, avocat, il s’apprête à retrouver sa femme Helen, quand il apprend que celle-ci est mystérieusement décédée. À Audley Court, la propriété familiale où Robert a invité son ami, d’autres événements curieux se produisent. La tante de Robert, Lady Audley, évite de croiser George. Lequel, après s’être fait montrer un portrait d’elle, disparaît brusquement. Presque aussitôt, Lady Audley se rend à Londres pour mettre la main sur les lettres d’Helen… Lancé à ses trousses, Robert ne trouve qu’un livre annoté de la main de celle-ci, dont l’écriture rappelle à s’y méprendre celle de Lady Audley… Ses soupçons s’épaississent lorsqu’il fait la découverte d’une malle de voyage ayant appartenu à sa tante lorsqu’elle était gouvernante… et qui porte l’étiquette d’Helen Talboys ! L’étrange châtelaine serait-elle l’ex-femme de George, qui aurait maquillé son identité pour épouser le riche veuf Sir Audley ? A-t-elle toute sa tête ? La vérité semble proche, mais bientôt Robert échappe par miracle à un incendie, tandis que George est poussé dans un puits…

le-secret-de-lady-audley-mary-elizabeth-braddonauteur-éditeur-pagesLorsque l’on pense aux grandes dames du crime anglaises, le premier nom qui nous vient immédiatement à l’esprit est celui d’Agatha Christie et l’on oublie trop souvent celui de Mary-Elizabeth Braddon qui a pourtant connu un grand succès au milieu du 19è siècle, notamment avec Le secret de Lady Audley, paru en 1862 sous la forme d’un roman feuilleton et qui a tenu en haleine ses lectrices pendant de longues semaines, ce fut même un véritable phénomène d’édition, pulvérisant des records !

Dans ce roman policier victorien, nous suivons Robert Audley, avocat plutôt indolent et futur héritier du titre et du domaine d’Audley qui appartient à son oncle sir Michaël. Il recueille Georges Talboys, venu tout droit d’Australie après avoir trouvé la fortune, de retour en Angleterre pour retrouver son épouse Helen. Il apprend alors via une annonce dans le journal que celle-ci est décédée. Fou de douleur, Talboys accompagné d’Audley, se rend sur sa tombe et se fait confirmer le décès par le capitaine Maddon, son beau-père. Le veuf n’a alors plus qu’une idée en tête, repartir au plus vite en Australie. Audley, prenant en pitié sa douleur, le convainc de l’accompagner en Russie. A leur retour, il l’emmène voir son oncle sir Michaël, veuf depuis seize ans et qui vient de convoler avec une jeune institutrice, Lucy, au grand dam de sa fille Alicia. Mais lady Audley refuse de recevoir George Talboys et ce dernier disparait sans une explication dès le lendemain. Audley est très inquiet pour son ami, il craint l’irréparable et décide de mener l’enquête.

Ce livre, empli de longueurs, et vous savez que je les boude souvent, m’a néanmoins beaucoup plu et intéressé. L’auteure est une formidable conteuse et tisse son intrigue de façon très subtile. L’atmosphère emplie de gothique, de brume est très bien rendue, je n’étais pas trop dépaysée après le mois Halloween et cela m’a fait plaisir de la retrouver. Mary Elizabeth Braddon a bien su construire son récit : les mystères apparaissent par strates successives, les chapitres sont relativement courts, ce qui sert l’intrigue et relance à chaque fois l’intérêt du lecteur. On comprend malgré tout assez vite où veut en venir Mary Elizabeth Braddon et quel est le terrible secret de Lady Audley. Ce thriller victorien est un petit bijou qui m’a captivé je dois bien l’admettre, l’écriture du XIXe siècle a certes un peu vieilli mais elle reste très plaisante à lire notamment grâce au vocabulaire riche employé par l’auteure et ses longues narrations d’intérieurs, de mobiliers, de costumes, de peintures et de paysages donnent un charme certain au récit.

Il y a certes beaucoup de longueurs car les auteurs de romans feuilletons étaient souvent payés à la ligne et ils ne boudaient pas leur plaisir à allonger considérablement leurs intrigues par de longues digressions, c’est mon seul bémol, ce qui ne m’a pas empêchée d’être totalement embarquée et sous le charme de cette histoire victorienne que je ne peux que vous recommander si vous aimez les romans de cette époque, vous ne devriez pas être déçues.

Un grand merci à Babelio et aux éditions Archipoche pour cette agréable lecture !

heart_4

Lu dans le cadre d’une lecture commune avec Fanny, de l’opération Masse critique de Babelio et des challenges La plume au féminin édition 2013, God save the livre édition 2013, Challenge Victorien 2013 et British mysteries  :

       challenge-victorien-2013    2168108069.2

Read Full Post »

Londres, 1899. Tous les soirs, douze minutes avant minuit, un phénomène inquiétant frappe un hôpital psychiatrique : les patients se mettent à écrire frénétiquement d’étranges messages sur des papiers, des murs, et même leur peau. Penelope Tredwell, propriétaire à treize ans du célèbre magazine Le Frisson illustré, et auteur d’histoires terrifiantes, décide d’enquêter.

douze-minutes-avant-minuit-christopher-edgeauteur-éditeur-pages

Le 19è siècle est sur le point de s’achever en cette fin décembre 1899 et le tout Londres n’a qu’un nom en tête : Montgomery Flinch ! L’homme est mystérieux, personne ne le connait ni ne sait à quoi il ressemble, il fait pourtant les beaux jours du Frisson Illustré, un magazine au bord de la banqueroute avant que cet homme providentiel n’arrive. Ses histoires terrifiantes font le bonheur de ses lecteurs au grand dam des autres périodiques. C’est d’ailleurs lui qui ouvre le récit avec sa première apparition publique à l’occasion d’une lecture de son conte de Noël paru bien évidemment dans le Frisson Illustré et qui bat des records d’impression, avec un million d’exemplaires écoulés, un tirage, qui terrasse tous ses adversaires. Mais le célèbre et adulé Montgomery Flinch n’existe pas, c’est un personnage inventé de toutes pièces par Penelope Tredwell, une jeune fille de 13 ans, qui est l’éditrice, la rédactrice en chef et la véritable auteure du Frisson Illustré ! Depuis la mort accidentelle de ses parents, c’est elle et son tuteur M. Wigram, le meilleur ami de son défunt père, qui ont réussi hisser ce magazine de l’ombre à la lumière pour en faire le magazine le plus célèbre de Londres. Alors qui est cet homme sur l’estrade en train de captiver son auditoire ? Monty Maples, un acteur totalement inconnu, rarement à jeun, à qui incombe la délicate charge d’incarner l’auteur à la mode du moment.

Un homme qui rencontre de tels succès a un lectorat forcément nombreux et fidèle qui l’abreuve de lettres et parmi celles-ci, l’une retient l’attention de Penelope, celle du docteur Morris, le directeur sanitaire de Bedlam, le célèbre asile de fous. Ce dernier requiert l’aide du grand Montgomery Flinch car il se passe de bien étranges choses chaque nuit, douze minutes avant minuit : tous les patients se réveillent et sont pris d’une frénésie d’écriture impossible à contenir et à tarir, ils sont comme possédés, comme victimes d’un enchantement. Ils écrivent sur tout ce qu’il leur tombe sous la main, sur le papier bien sûr mais aussi sur les murs, les cuvettes et sur eux-mêmes, lorsque c’est le seul support à leur disposition. Ces écrits de minuit que Penelope brûle de lire, ressemblent un peu aux prophéties de Nostradamus (je vous rassure en langage très clair) puisqu’ils traitent de faits qui n’auront lieu qu’au 20è siècle, voire au 21è. Malheureusement pour notre héroïne, tous les écrits se sont volatilisés comme par magie et elle va devoir les retrouver d’urgence. Le peureux Monty Maples n’a qu’une hâte, partir au plus vite et retrouver son club et son verre de whiskie mais Penelope ne l’entend pas de cette oreille et compte bien percer ce mystère, pour en faire une histoire à sensation et glacer une nouvelle fois ses lecteurs de peur.

Douze minutes avant minuit est une véritable plongée dans un Londres victorien très mystérieux et dont l’atmosphère, gothique à souhait, est très réussie. L’auteur connait bien la période et nous offre des balades nocturnes plutôt angoissantes, entre les bas fonds, la maison de la Veuve Noire, le muséum d’histoire naturelle et l’asile de Bedlam. C’est une lecture étonnante et singulière, destinée à un jeune public à partir de 12 ans, qui m’a pourtant beaucoup plu et que j’ai dévoré, je compte d’ailleur la faire lire aux garçons lorsqu’ils auront l’âge, car bien que le héros de cette histoire soit une fille, elle n’en est pas moins une figure forte, indépendante et intelligente, qui pourra leur plaire. Christopher Edge nous livre un récit créatif, mélange de polar, d’horreur et de fantastique, idéal pour la période d’Halloween et une bonne introduction pour faire découvrir aux jeunes lecteurs ces différents genres littéraires. L’auteur en profite aussi pour mettre en scène deux grandes plumes de cette fin de siècle : H.G Wells et sir Arthur Conan Doyle, une bonne façon là aussi de présenter de grands auteurs sous un jour plus familier et abordable et qui donnent envie de les lire à leur tour.

Comme Anne Perry, Christophe Edge nous décrit de façon précise l’Angleterre victorienne et revient sur l’importance des journaux à cette époque, importance qui doit faire rêver les patrons de presse d’aujourd’hui, et la place des femmes à cette époque qui, rappelons-le, n’avaient notamment pas le droit de lire les journaux, alors être journaliste, n’y pensons même pas ! Son âge et sa condition féminine ne seront d’ailleurs pas sans poser de problème à Pénélope tout au long du roman, heureusement pour elle la demoiselle n’a pas froid au yeux et elle est secondée efficacement par Alfie, un jeune garçon gentil et débrouillard qui va l’aider dans sa quête de la vérité. J’ai trouvé ce premier volet des aventures de Penelope réussi, le style fluide de l’auteur est idéal pour le public visé et la typographie utilisée très agréable à lire, ce qui ne gâte rien. J’espère pouvoir lire le deuxième tome en 2014, si toutefois une publication en français est à l’ordre du jour chez Flammarion. En attendant, j’espère découvrir Penelope Green de Béatrice Bottet et Enola Holmes de Nancy Springer, deux jeunes héroïnes dont j’ai lu beaucoup de bien, et qui m’ont l’air de n’avoir pas froid aux yeux elles non plus.

heart_4

Lu dans le cadre des challenges God save the livre édition 2013, Challenge Victorien 2013British mysteries et Challenge Halloween :

  challenge-victorien-2013   2168108069.2   halloween

Read Full Post »

Velvet n’a pas une vie facile. Orpheline dans le Londres des années 1900, elle survit tant bien que mal en travaillant jour après jour dans l’enfer d’une blanchisserie. Lorsque l’occasion lui est donnée de s’occuper du linge de clients fortunés, la jeune fille saisit sa chance et attire bientôt l’attention de l’intrigante Madame Savoya, qui se révèle être l’un des médiums les plus courus de la capitale. Emménageant à la Villa Darkling aux côtés de Madame et de son jeune assistant, Georges, qui ne la laisse pas insensible, Velvet ne va pas tarder à découvrir les usages et secrets de cet univers fascinant qu’est celui du spiritisme. Elle est pourtant loin de se douter que le danger qui la guette ne vient pas du royaume des morts…

velvet-mary-hooperauteur-éditeur-pagesAujourd’hui on se retrouve une fois encore avec un roman jeunesse ! Vous avez remarqué que depuis quelques semaines, j’explore avec un certain bonheur la littérature jeunesse après l’avoir longtemps boudée. J’avais profité du Mois Anglais pour lire Waterloo Necropolis de Mary Hooper, un roman à la Dickens qui m’avait beaucoup plu et je m’étais promis de lire les autres œuvres de l’auteure. Aussi, sur les conseils de Claire, je me suis empressée d’emprunter lors de mon dernier passage à la médiathèque son dernier roman, Velvet.

L’auteure plante cette fois-ci son décor en 1900, quelques semaines avant la mort de la reine Victoria. Et comme pour Waterloo Necropolis, Mary Hooper, prend pour héroïne une jeune orpheline londonienne pauvre, Kittie, rebaptisée Velvet. Porteuse d’un lourd secret et d’une enfance très difficile, la jeune fille trime dur dans la blanchisserie Ruffold. Toute la journée, dans la moiteur de la blanchisserie, elle prend soin des vêtements des clientes, et plus particulièrement, des habits délicats et raffinés de Madame Savoya, la médium la plus en vue de Londres. Lorsque cette dernière propose à Velvet de devenir sa dame de compagnie, la jeune fille accepte avec joie, soulagée d’échapper à sa condition misérable. Là, elle va découvrir, et nous aussi, les séances de spiritisme, très en vogue dans la bourgeoisie londonienne. Les médiums pullulent et se disputent une clientèle fortunée et désespérée, prête à se délester de ses bijoux, de ses maisons et de sa fortune, pour parler avec ses disparus. On croise même Arthur Conan Doyle, spiritualiste averti, qui assistait régulièrement aux séances d’Eusapia Palladino à Londres.

Mary Hooper s’inspire, comme dans le précédent opus, de faits réels comme les fermières de bébés et les méthodes des médiums.  Ces « fermières » étaient des femmes abjectes qui prenaient en pension des nourrissons et les laissaient tranquillement mourir de faim en toute impunité. Amelia Dyer, le personnage du livre, a réellement existé et a fini par être exécutée mais il y en avait malheureusement beaucoup d’autres. La pratique du spiritisme est à son apogée vers 1900, malgré les nombreuses escroqueries à l’encontre de personnes vulnérables, en deuil depuis peu, comme on le voit dans Velvet.

J’avais peur d’être déçue après le très bon Waterloo Necropolis et ce ne fut pas le cas. J’ai trouvé l’intrigue plutôt bien menée et intéressante. Mary Hooper s’est une fois de plus remarquablement documentée et j’ai pour ma part pris beaucoup de plaisir à assister à ces séances de spiritisme et à m’immerger dans le Londres de la Belle Époque et de ses innovations (téléphone, électricité et automobile). Le style est fluide, on le lit facilement, rien à redire de ce côté-là. Mon bémol vient des personnages : l’auteure se contente de les effleurer, et j’aurais bien aimé que Mary Hooper les développe davantage. Velvet se révèle aussi à mon sens un personnage superficiel, moins attachant que Grace et Lilie, elle m’a même par moment un brin agacée.

Mary Hooper nous livre ici un roman intéressant, même si je le trouve moins bon que Waterloo Necropolis, et aux multiples rebondissements, même si ils sont sans réelle surprise au fond pour une adulte. Si le sujet vous intéresse, foncez, vous ne serez pas déçues.

heart_3

Lu dans le cadre des challenges La plume au féminin édition 2013, God save the livre édition 2013, Au service de… :

       3225364373.2

Read Full Post »

Londres, 1861. Grace Parkes, presque 16 ans, vient d’accoucher d’un enfant mort-né. Afin de lui donner une sépulture décente, la jeune fille embarque à bord de l’express funéraire Necropolis, en direction du cimetière de Brockwood. Elle fera là-bas une rencontre décisive en la personne de Mr et Mrs Unwin, propriétaires d’une des plus grandes entreprises de pompes funèbres de la capitale, qui lui proposent de l’employer comme pleureuse d’enterrement. D abord réticente, Grace se verra bientôt contrainte d accepter leur offre, après qu’elle et sa soeur Rose, qui survivent à peine en vendant du cresson, sont expulsées de leur pension…

waterloo-necropolis-mary-hooperauteur-éditeur-pagesJ’avais repéré Mary Hooper et ses romans jeunesse il y a plusieurs déjà et plus particulièrement, Waterloo Necropolis dont le sujet pour le moins original m’a tout de suite attiré mais rassurez-vous je n’ai aucune attirance pour le morbide ni pour les enterrements !

Et c’est vrai que ce roman est un étonnant portrait de Londres à l’époque victorienne, qui n’est pas sans rappeler l’univers des livres de Dickens, Oliver Twist en tête (qui est dans ma PAL) comme elle le précise elle-même dans sa postface. Mary Hooper met tellement ses pas dans ceux du romancier victorien, qu’elle le fait même surgir le temps d’une scène. Le sujet de Waterloo Necropolis, c’est le quotidien et la réalité des bas-fonds londonniens, et plus particulièrement celle des enfants de Seven Dials, l’un des quartiers les plus mal famés de la capitale anglaise. J’avais déjà pu mesurer la dure vie des pauvres petits londoniens dans Le jardin des secrets de Kate Morton, Sauver Noël et Une seconde avant Noël de Romain Sardou, la réalité des hospices dans le dernier tome des enquêtes de Thomas et Charlotte Pitt, Resurrection Row, je n’étais donc pas en terra incognita, même si on ne peut pas réellement imaginer les vies usantes des pauvres de cette époque.

L’auteure plante donc son décor en 1861, dans le quartier de Seven Dials. La date n’est pas choisie par hasard puisque le prince consort,  Albert de Saxe-Cobourg-Gotha, est très préoccupé par la pauvreté et entreprend de raser les taudis surpeuplés pour faire reconstruire des logements décents, cette année-là. Une démarche louable mais qui ne résoudra pas le problème car les pauvres ne pourront être relogés dans ces immeubles tous neufs, trop chers pour leur maigre bourse. Et c’est à la fin de cette année-là qu’il va trouver la mort, le 14 décembre 1861. La reine Victoria, inconsolable, portera le deuil jusqu’à la fin de sa vie mais va aussi décréter un deuil national, boostant le commerce funéraire qui atteindra alors son apogée.

Mary Hooper, s’inspire d’autres faits réels comme l’express funéraire Necropolis et le cimetière de Broockwood, tous deux mis en service lors de l’épidémie de Choléra de la fin des années 1840 et le réel culte du deuil qui s’est développé à cette époque, bien entretenu par les professionnels du deuil qui n’avaient pas leur pareille pour inciter les familles en deuil à la dépense. Du bois du cercueil aux poignées, du tapissage aux pleureuses, en passant par les vêtements de deuil et de demi-deuil qu’il faut en permanence acheter, sinon ça porte malheur, tout cela rapportait gros à ceux qui en faisaient le commerce, comme Mr et Mrs Undwin et leur cousin Sly, dans ce roman, fameux roués et personnages ô combien détestables, qui vendent du chêne massif mais refilent du sapin vernis, dépouillent les défunts de leurs plus beaux vêtements afin de les revendre, exploitent leurs employés, etc.

Il ne fait pas bon d’être honnête ou naïf lorsque l’on est pauvre, les patrons exploitent les travailleurs, les usuriers escroquent les démunis avec une réelle férocité et les pauvres qui se révèlent âpres au gain et malhonnêtes, filous et voleurs en tous genres, en profitent aussi pour dépouiller leurs voisins de palier, nos deux héroïnes l’apprendront à leurs dépens.

J’avoue que bien qu’il s’agisse d’un roman pour la jeunesse, j’ai pris beaucoup de plaisir à sillonner les rues de Londres avec nos deux héroïnes, tellement attachantes, Grace et Lily et à maudire les Unwin pour toutes leurs vilénies, même si l’intrigue est un peu simpliste pour une adulte. Élevées dans une jolie maison par leur maman après que leur père soit parti en Amérique chercher fortune alors que Lily n’avait qu’un an et que Grace n’était même pas née, elles ont le malheur de la perdre à un âge très tendre. Orphelines à l’âge de 6 et 5 ans, elles se retrouveront en orphelinat, où elles seront bien traitées, et dans un pensionnat afin qu’elles apprennent un métier : femme de chambre pour Lily, un peu simplette et tellement naïve, et institutrice pour la seconde. Un pensionnat qu’elles ont du quitter brusquement et sans presque rien pouvoir emporter. Pourquoi ? Vous le saurez en lisant Waterloo Necropolis ! On fait leur connaissance alors qu’elles sont obligées de vivre dans une pension tenue par une charmante logeuse qui est pleine d’attentions pour ses pensionnaires, mais la bâtisse est insalubre et sera bientôt condamnée à être détruite. Promises à un avenir des plus sombres, elles doivent vendre du cresson dans les rues de Seven Dials pour grappiller quelques sous.

Mary Hooper nous livre ici un roman passionnant et aux multiples rebondissements, même si ils sont sans réelle surprise au fond pour une adulte, on se prend tellement d’affection pour les deux héroïnes, Grace et Lily, qu’on espère que tout finira bien pour elles. Encore une belle découverte, après Mademoiselle Scaramouche, grâce à cet éditeur jeunesse, Les grandes personnes, qui m’incite à lire d’autres ouvrages de leur catalogue. Si vous aimez les romans victoriens, Waterloo Necropolis est pour vous, je suis sûre que vous l’aimerez autant que moi !

heart_4Lu dans le cadre du Mois anglais et des challenges La plume au féminin édition 2013, God save the livre édition 2013, Au service de…, Challenge Victorien 2013 :

keep-calm-and-read           3225364373.2  challenge-victorien-2013

Read Full Post »

Le destin dramatique de Charlotte Brontë transparaît dans l’histoire de son héroïne Jane Eyre, en rupture avec le puritanisme victorien de son époque. Orpheline maltraitée, sans fortune et sans beauté, Jane entre comme gouvernante au manoir de Thornfield, pour s’éprendre du ténébreux Rochester, le maître des lieux. Entraînés par une passion sensuelle et une égale exigence morale, ils envisagent bientôt le mariage. Mais une présence mystérieuse hante ce domaine perdu entre landes et bruyères. Qui est cette femme, cette « folle » recluse dans une mansarde de Thornfield, qui menace leur union ? En plein XIXe siècle, dans l’Angleterre victorienne qui voit s’éteindre les sombres lumières du roman gothique et s’étioler les vapeurs du spleen romantique, Charlotte Brontë incarne l’audacieux combat des femmes prêtes à se battre pour leur indépendance et leur liberté.

jane-eyre-charlotte-brontë

auteur-éditeur-pages

Voilà un roman culte, arrivé dans notre peloton de tête des 100 livres à avoir lus, qui était aussi le dernier roman à lire pour mon défi palesque. Un pavé énorme qui ne m’a malheureusement pas autant emballé que je ne l’aurais voulu. Vous m’en aviez tellement de bien les filles que je pensais être emportée dans la lande anglaise et lire les presque 800 pages en un temps record. Il n’en fut rien, j’ai tout de même mis 6 jours pour en venir à bout. Non pas que je ne l’ai pas aimé, j’ai même adoré les 3/4 du livre, à dire vrai, pour moi il aurait été parfait avec 200 pages de moins, car dès que Jane quitte Thornfield, je me suis pratiquement tout le temps ennuyée à un point mais à un point, que je n’ai pas compris pourquoi Charlotte Brontë nous infligeait Saint John. Mais avant d’aller plus loin, reprenons depuis le début.

La petite Jane Eyre, laide au possible, l’auteure et son héroïne ne cessent de nous le répéter encore et encore, est orpheline. Comme tout bon roman victorien qui se respecte, ça commence mal ! Recueillie par son oncle, frère de sa mère, pasteur comme son père, elle est pauvre et sa tante, bientôt veuve, le lui fait sentir. Son seul refuge, elle le trouve dans la lecture. La petite Jane, âgée de 10 ans, subit punitions et brimades de la part des domestiques qui craignent de déplaire à leur maitresse, de ses cousins et de Mrs Reed, sa tante, qui finit par se débarrasser d’elle en l’envoyant en pension. Jane quitte sans regret Gateshead pour Lowood. Cet établissement représente bien les orphelinats et pensions destinés aux enfants à l’époque victorienne. Tenu par l’infâme Mr Brocklehurst, d’une pingrerie rare, il affame littéralement pensionnaires et enseignantes. Jane est malgré tout heureuse car elle est curieuse d’apprendre et surtout elle peut compter sur la solidarité entre les jeunes filles, toutes logées à la même enseigne, même si faisant partie des petites, elle doit laisser aux plus grandes une bonne partie de ses repas, et sur les enseignantes, mises à part une, vraiment détestable dont je n’ai pas retenu le nom. Elle s’y fait une amie sincère, Helen Burns, qui décède de la tuberculose, contractée à cause des très mauvaises conditions de vie dans l’internat. La jeune fille ne sera pas la seule à succomber, près de la moitié d’entre elles vont en mourir. Charlotte Brontë s’est sans doute inspirée de son histoire familiale pour ce passage puisque deux de ses soeurs sont mortes en pension.

Il y a aura une conséquence heureuse à l’épidémie, les conditions de vie de l’internat changent et celui-ci devient un établissement de qualité. Après huit années passées à Lowood – six en tant qu’étudiante et deux en tant que professeur – Jane veut changer de vie et passe une annonce dans un journal pour trouver un poste de préceptrice. Mme Fairfax lui répond afin qu’elle vienne faire l’éducation d’Adèle, la pupille de M. Rochester, 40 ans, riche propriétaire de Thornfield-Hall.

Elle s’attache très vite à son élève, qui lui rappelle sur bien des points, sa propre enfance et découvre son ténébreux maître, Edouard Rochester, dont elle tombe très vite amoureuse. Consciente de son statut social et de celui de son maître, elle pense cet amour sans lendemain et sans retour, Rochester étant courtisée par les jeunes femmes bien nées de la région, en quête d’un riche mari. Jane Eyre sera-t-elle payée en retour de son amour pur et chaste ? Vous le saurez en lisant Jane Eyre. Notre Janette, comme la surnomme son maitre, va toutefois quitter Thornfield Hill un matin, et à partir de là, je me suis ennuyée ferme, j’aurais vraiment préféré qu’elle reste auprès de Rochester, même si cette fuite lui permet de retrouver ses origines et une partie de sa famille. Toutes ces digressions autour de la religion m’ont déplu et j’ai même sauté des passages car j’étais à deux doigts de l’abandonner.

Reste que Jane Eyre est un grand roman même si j’ai trouvé qu’il y avait trop de longueurs et d’atermoiements. Charlotte Brontë nous dresse ici un beau portrait de femme, qui veut être libre et indépendante, au milieu du 19è siècle, ça n’est pas si courant. Ce roman culte a bien évidemment inspiré plusieurs romancières, notamment à travers les personnages de gouvernantes pauvres et sans beauté, comme De pierre et de cendre de Linda Newbery que j’ai lu il y a peu, et bien évidemment Rebecca de Daphne du Maurier, un roman que j’ai préféré à Jane Eyre. Mrs de Winter prend vraiment racine dans Jane Eyre, si vous ne l’avez pas encore lu et que vous avez aimé Jane Eyre, vous ne pourrez qu’aimer Rebecca.

heart_4

Lu dans le cadre d’une lecture commune avec Claire et des challenges God save the livre édition 2013, Au service de, Cartable et tableau noirLa plume au féminin édition 2013, Les 100 livres à avoir lu, Thursday Next Challenge, Romans Cultes, ABC Babelio 2012-2013 et Challenge Victorien

   3225364373.2   challenge-cartable-et-tableau-noir     challenge-des-100-livres-chez-bianca    707219090    challenge-romans-cultes     critiquesABC2013     

Read Full Post »

Lorsqu’un soir brumeux de 1898, le jeune artiste Samuel Godwin pousse les grilles de la propriété de Fourwinds, il est immédiatement envoûté. Engagé pour enseigner l’art aux jeunes filles de Mr. Farrow, il ignore encore que cette luxueuse demeure sera pour lui le décor de ses plus belles peintures. Intrigué par la personnalité ombrageuse du maître des lieux, séduit par ses filles, Marianne et Juliana, désarçonné par Charlotte Agnew, leur gouvernante et dame de compagnie, le peintre comprend vite que le raffinement du décor et des personnages dissimule les plus sombres mystères. Que le vent souffle pour balayer les cendres d’un passé pour le moins scandaleux et les secrets abrités par les pierres. Entre désirs de possession, obsessions et illusions, les deux demoiselles, leur père, l’ombre de leur mère décédée et leur gouvernante entament devant Samuel une subtile danse aussi fascinante que macabre…

de-pierre-et-de-cendre-linda-newbery

auteur-éditeur-pages

Mensonges, duplicité, romance, brouillard et demeure anglaise… tous les ingrédients d’un roman à suspense tels que les affectionnaient les Victoriens sont réunis ici et pourtant je n’y ai pas pris autant de plaisir que je m’y attendais. Tout commence un peu comme dans La maison du Marais, Samuel Godwin, jeune peintre tout juste sorti de l’académie de peinture, répond à une petite annonce. Mr Farrow, veuf et père de deux jeunes filles, cherche un précepteur pour enseigner l’art à ses deux filles, Marianne, la cadette et Julianne, l’ainée. Il rencontre son futur employeur dans un hôtel londonien et est aussitôt engagé. Il rejoint alors la lande anglaise et le domaine de Fourwinds, sis au milieu de nulle part, construit sur les plans de son propriétaire, féru d’art et d’architecture. Il fait le soir même de son arrivée la connaissance de ses deux élèves et de leur gouvernante, Charlotte Agnew. Juliana est effacée et de tempérament mélancolique, elle traine un spleen depuis le décès brutal de sa mère. Marianne est fantasque et visiblement perturbée, atteinte semble-t-il de somnambulisme.

Samuel est totalement subjugué par cette jeune femme qu’il rencontre à la grille de la propriété alors qu’elle est à la recherche du Vent de l’Ouest. Ses propos en apparence incohérents font référence à un mystère attaché à Fourwinds et dont il va comprendre le sens dès le lendemain, en visitant le parc de la propriété. La demeure, qui porte le nom de quatre vents, est entourée de 3 statues : vent du nord, vent du sud et vent de l’est. Le vent d’ouest est manquant et son auteur a été congédié, du jour au lendemain, par Mr Farrow. Très vite Samuel va se rendre compte que cette demeure cache de lourds secrets, qu’il va s’efforcer de découvrir.

Roman à deux voix, entrecoupé de correspondances, De pierre et de cendre, a donc deux narrateurs et deux protagonistes principaux, Samuel et Charlotte, qui racontent tour à tour le récit des jours passés à Fourwinds et des secrets qui y sont enfouis. Samuel est totalement désarmant de naïveté et de bonté, les deux jeunes filles troublantes et perturbées, notamment par la fin tragique de leur une mère, un père énigmatique et une gouvernante intelligente, soucieuse du bien-être des jeunes filles, mais qui cache un lourd passé, voilà les ingrédients de ce roman sombre et romantique. Les personnages principaux sont attachants, l’histoire agréable à lire, servie par un style un peu désuet que j’ai trouvé plutôt charmant. Ajoutons à cela, les leçons données par Samuel, l’ambiance gothique de la maison avec son lac et les promenades au clair de la lune dans le brouillard, le tout est vraiment séduisant.

L’auteur y aborde aussi d’autres thématiques intéressantes comme la filiation, à travers les personnages de Charlotte et de Julianne mais aussi l’inceste, tabou ultime, qui plonge ce roman dans une certaine gravité et dans la compassion pour la victime qui le subit. Oui mais voilà le hic, j’ai trouvé les débuts prometteurs, l’histoire bien ficelée et riche en rebondissements mais aussi que l’auteure manque de souffle par moments. Je n’ai pas été transportée, c’est donc une petite déception, peut-être parce que j’en espérais trop. J’avais lu que ce chemin était un hommage aux soeurs Brontë et à Wilkie Collins mais n’ayant lu aucun d’eux, je ne peux me prononcer. J’espère juste que Jane Eyre que je vais lire la semaine prochaine me séduira davantage.

Reste que c’est un bon roman à recommander aux habituées du genre même si pour ma part je n’ai pas été totalement convaincue.

heart_3

Lu dans le cadre des challenges God save the livre édition 2013, Au service de, Cartable et tableau noirLa plume au féminin édition 2013, British Mysteries et Challenge Victorien

   3225364373.2   challenge-cartable-et-tableau-noir     2168108069.2   

Read Full Post »

Londres, 1837. Jack Maggs, déporté comme criminel en Australie pendant de longues années, est de retour. Malgré son passé mystérieux, il réussit à se faire engager comme valet chez Percy Buckle, un riche commerçant qui pratique avec quelques amis des séances de magnétisme. Parmi eux se trouve Tobias Oates, jeune écrivain à succès obsédé par la notion de criminalité. Craignant qu’ils ne divulguent son passé honteux, en particulier auprès de Mercy Larkin, la femme de chambre dont il est amoureux, Jack Maggs les menace sans pour autant réussir à se dégager de leurs pouvoirs hypnotiques. Quels sont les liens entre Maggs et le jeune dandy Henry Philips, propriétaire invisible de la maison voisine ? Qu’est-ce que le ténébreux Maggs écrit nuit après nuit, caché dans la maison inexplicablement vide de Philips ?

Jack-Maggs-peter-careyauteur-éditeur-pages

Jack Maggs se veut un hommage à l’oeuvre de Dickens et plus particulièrement à l’un de ses romans les plus connus : Les Grandes Espérances. On y retrouve des thèmes chers à l’auteur comme le traitement réservé aux orphelins, proprement indigne en ce début du 19è siècle et que j’avais aussi pu constater dans les deux romans signés Romain Sardou Une seconde avant Noël et Sauver Noël, qui ont pour thème un orphelin dans le Londres victorien, là aussi deux hommages au grand Dickens et que je vous recommande. C’est aussi un bel hommage à la littérature feuilletonnesque du 19è siècle, le personnage principal Jack Maggs, est un bagnard, condamné à la relégation en Australie pour vols, et qui depuis sa grâce, a fait fortune. Il revient à Londres clandestinement, puisqu’il n’a pas le droit d’être sur le sol anglais, pour y retrouver Henry Phipps, un orphelin qu’il considère comme son fils.

La figure du bagnard, force de la nature qu’incarne Jack Maggs n’est pas sans rappeler d’autres bagnards célèbres de la littérature nés sous la plume de Victor Hugo, Alexandre Dumas et Gaston Leroux : Jean Valjean, Edmond Dantès et Chéri-Bibi. Cependant, contrairement à ces prédécesseurs, le héros de Peter Carey ne cherche pas à se venger de Tom et de Ma’ Britten, qui ont pourtant fait son malheur. Il n’est pas non plus en quête de respectabilité mais d’un fils, qui n’est pourtant pas le sien, mais auquel il se raccroche de toutes ses forces. Enfant abandonné, sauvé de la mort par Silas, un voleur, qui va le confier à une nourrice, il va grandir sans amour et sans affection. Dès l’âge de 4 ans, il doit descendre dans les conduits de cheminée afin de déverrouiller la porte qui permettra à Silas de voler l’argenterie. L’homme va lui apprendre à reconnaitre tous les poinçons et lui adjoindre sa fille, Sophina, avec laquelle il va enfin connaitre l’amour à l’adolescence. On va le voir ainsi évoluer sur plusieurs années, par le biais de souvenirs avoués par Jack Maggs à Tobias Oates lors de séances de spiritisme. Ces passages narrant le quotidien des voleurs m’ont rappelé Du bout des doigts de Sarah Waters, roman que je vous recommande chaudement si vous ne l’avez pas lu, et qui est nettement plus brillant que Jack Maggs.

Jack Maggs se fait embaucher comme valet de pied chez un ancien épicier ayant perçu un gros héritage, Percy Buckle. Celui-ci habite la maison voisine d’Henry Phipps, qu’il trouve porte close. Il rejoint donc la domesticité de Buckle afin de guetter le retour de Phipps. L’auteur met aussi en scène toute une galerie de personnages qui aident ou pas Jack Maggs dans sa quête : Mercy, la fille de cuisine, Percy Buckle, son patron, Eddie Constable, valet de pied de Buckle, Tobias Oates, un journaliste qui voit dans Jack Maggs un excellent sujet pour son prochain romain et qui lui réclame 10 séances de spiritisme avant de le conduire chez son fils, Mary Oastes, la femme de Tobias et Lizzie, sa belle-soeur.

Roman complexe et multiforme, à la fois biographie et fiction, ce récit est constitué d’une multitude d’intrigues, de mystères et de rebondissements gérés certes de main de maître, mais qui ont fini par me lasser. Il y a pour moi trop de personnages, trop d’intrigues parallèles qui m’ont perdues par moment. J’espérais à chaque nouveau chapitre que le mystère soit tout à fait résolu pour passer à autre chose. L’auteur s’appesantit trop sur les rebondissements et la peur physique qu’inspire son héros. Dommage, car il y a beaucoup d’éléments intéressants dans Jack Maggs mais la narration trop bavarde et la lenteur du récit ont eu raison de ma patience.

Une lecture mitigée pour ma part !

heart_3

Lu dans le cadre des challenges British mysteries et Au service de… :

2168108069.2   3225364373.2

Read Full Post »

Sara Crewe, fille unique et choyée d’un riche Anglais installé aux Indes, vient parfaire son éducation dans un pensionnat, à Londres. Sa générosité, son intelligence et ses talents de conteuse lui valent quelques amitiés fidèles… et de solides rancunes. Le jour de l’anniversaire de Sara, une fête somptueuse se prépare à la pension. Mais un homme vêtu de noir se présente, porteur d’une terrible nouvelle qui va bouleverser la vie de la fillette…

La-petite-princesse-frances-burnettauteur-éditeur-pagesPour moi qui n’avais jamais lu de roman victorien il y a quelques semaines à peine, la découverte de cette littérature est un vrai bonheur et La petite princesse ne fait pas exception. Ce roman écrit par Frances Burnett, qui est surtout connue pour Le petit Lord Fauntleroy, que je compte bien lire aussi, m’a ramené tout droit en enfance. Tout le long de ma lecture, j’ai eu l’impression d’avoir à nouveau 9 ans et regretté de ne pas l’avoir découvert à cet âge-là car il serait devenu à coup sûr l’un de mes livres de chevet.

Sara Crewe, 7 ans, est la fille unique et choyée du Major Crewe, un anglais installé en Inde. Veuf inconsolable de son épouse morte en couches, le major la conduit en Angleterre afin qu’elle y reçoive une excellente éducation. C’était apparemment le lot de tous les enfants anglais bien nés vivant en Inde. L’homme est très fortuné et souhaite que tous les désirs de sa fille soient exaucés. Rien n’est en effet trop beau pour la petite Sara, habillée de soie, de dentelle et de fourrure, qui mène une vie de petite princesse et se comporte comme telle. Dans l’école de Miss Minchin et de sa soeur Miss Amélia, Sara aura à sa disposition son propre salon, un poney, une calèche et une femme de chambre, autant de privilèges qui font d’elle, une enfant à part et une véritable bénédiction pour le pensionnat.

Mais bien entendu, cette bonne fortune, en plus de l’intelligence dont fait preuve Sara, fait la jalousie de certaines petites pensionnaires, Lavinia en tête, et même sa directrice miss Minchin la prend en grippe. Sara est pourtant une petite fille modèle dans tous les sens du terme, un vrai exemple pour une petite fille : sage, apprenant ses leçons, généreuse et gentille avec tous. Aussi, lorsque le jour de ses 11 ans, le notaire du Major annonce à la directrice aigrie et méchante, la mort de Crewe et sa ruine à cause de mines de diamants, Miss Minchin n’aura de cesse de se venger sur l’orpheline, qui passe de l’extrême fortune à l’extrême pauvreté en quelques heures. Tous ses biens sont vendus, sa femme de chambre, son poney et sa calèche renvoyés. La voilà condamnée à donner des leçons de français, matière dans lequel elle excelle, aux plus petites pensionnaires et à faire les courses, et ce, par tous les temps. Elle partage avec la petite Becky, la fille de cuisine qui a son âge, une mansarde aux murs nus et au confort très rudimentaire.

La petite fille, qui a depuis toujours une imagination débordante, peut heureusement compter sur l’amitié sans faille de Lottie et d’Ermengarde mais aussi, malheureusement pour elle, sur la haine farouche que lui portent Miss Minchin, la cuisinière et les autres servantes de la maison. Le personnage de Sara, terriblement attachant, est aussi fascinant de lucidité et de courage et plaira beaucoup aux enfants pour qui l’histoire a été écrite. Mais les adultes, qui ont su garder une âme d’enfant et une grande tendresse pour les romans surannés comme moi, seront aussi attendris par le destin de cette orpheline.

Ce roman nous démontre que déjà à cette époque l’argent est roi et qu’il faut mieux être riche que pauvre et met en relief le destin des enfants pauvres, exploités et corvéables à merci et que l’on peut battre sans vergogne. Un thème au cœur d’Une seconde avant Noël qui se déroule à la même époque. Le style d’écriture de Frances Burnett, simple et accessible, plaira aux enfants dès 9 ou 10 ans. Autre bon point : il n’y a pas de temps mort et les situations s’enchainent très bien, on tourne les pages tant on a envie de savoir ce qu’il va advenir. J’ai eu pour ma part beaucoup de plaisir à lire les aventures de Sara, généreuse et altruiste, et surtout conteuse hors pair.

heart_4

Lu dans le cadre des challenges La plume au féminin, God save the livre , Challenge Victorien, Au service de… et Cartable et tableau noir :

            3225364373.2   challenge-cartable-et-tableau-noir

Read Full Post »

Older Posts »