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Posts Tagged ‘roman victorien’

Lorsqu’un soir brumeux de 1898, le jeune artiste Samuel Godwin pousse les grilles de la propriété de Fourwinds, il est immédiatement envoûté. Engagé pour enseigner l’art aux jeunes filles de Mr. Farrow, il ignore encore que cette luxueuse demeure sera pour lui le décor de ses plus belles peintures. Intrigué par la personnalité ombrageuse du maître des lieux, séduit par ses filles, Marianne et Juliana, désarçonné par Charlotte Agnew, leur gouvernante et dame de compagnie, le peintre comprend vite que le raffinement du décor et des personnages dissimule les plus sombres mystères. Que le vent souffle pour balayer les cendres d’un passé pour le moins scandaleux et les secrets abrités par les pierres. Entre désirs de possession, obsessions et illusions, les deux demoiselles, leur père, l’ombre de leur mère décédée et leur gouvernante entament devant Samuel une subtile danse aussi fascinante que macabre…

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Mensonges, duplicité, romance, brouillard et demeure anglaise… tous les ingrédients d’un roman à suspense tels que les affectionnaient les Victoriens sont réunis ici et pourtant je n’y ai pas pris autant de plaisir que je m’y attendais. Tout commence un peu comme dans La maison du Marais, Samuel Godwin, jeune peintre tout juste sorti de l’académie de peinture, répond à une petite annonce. Mr Farrow, veuf et père de deux jeunes filles, cherche un précepteur pour enseigner l’art à ses deux filles, Marianne, la cadette et Julianne, l’ainée. Il rencontre son futur employeur dans un hôtel londonien et est aussitôt engagé. Il rejoint alors la lande anglaise et le domaine de Fourwinds, sis au milieu de nulle part, construit sur les plans de son propriétaire, féru d’art et d’architecture. Il fait le soir même de son arrivée la connaissance de ses deux élèves et de leur gouvernante, Charlotte Agnew. Juliana est effacée et de tempérament mélancolique, elle traine un spleen depuis le décès brutal de sa mère. Marianne est fantasque et visiblement perturbée, atteinte semble-t-il de somnambulisme.

Samuel est totalement subjugué par cette jeune femme qu’il rencontre à la grille de la propriété alors qu’elle est à la recherche du Vent de l’Ouest. Ses propos en apparence incohérents font référence à un mystère attaché à Fourwinds et dont il va comprendre le sens dès le lendemain, en visitant le parc de la propriété. La demeure, qui porte le nom de quatre vents, est entourée de 3 statues : vent du nord, vent du sud et vent de l’est. Le vent d’ouest est manquant et son auteur a été congédié, du jour au lendemain, par Mr Farrow. Très vite Samuel va se rendre compte que cette demeure cache de lourds secrets, qu’il va s’efforcer de découvrir.

Roman à deux voix, entrecoupé de correspondances, De pierre et de cendre, a donc deux narrateurs et deux protagonistes principaux, Samuel et Charlotte, qui racontent tour à tour le récit des jours passés à Fourwinds et des secrets qui y sont enfouis. Samuel est totalement désarmant de naïveté et de bonté, les deux jeunes filles troublantes et perturbées, notamment par la fin tragique de leur une mère, un père énigmatique et une gouvernante intelligente, soucieuse du bien-être des jeunes filles, mais qui cache un lourd passé, voilà les ingrédients de ce roman sombre et romantique. Les personnages principaux sont attachants, l’histoire agréable à lire, servie par un style un peu désuet que j’ai trouvé plutôt charmant. Ajoutons à cela, les leçons données par Samuel, l’ambiance gothique de la maison avec son lac et les promenades au clair de la lune dans le brouillard, le tout est vraiment séduisant.

L’auteur y aborde aussi d’autres thématiques intéressantes comme la filiation, à travers les personnages de Charlotte et de Julianne mais aussi l’inceste, tabou ultime, qui plonge ce roman dans une certaine gravité et dans la compassion pour la victime qui le subit. Oui mais voilà le hic, j’ai trouvé les débuts prometteurs, l’histoire bien ficelée et riche en rebondissements mais aussi que l’auteure manque de souffle par moments. Je n’ai pas été transportée, c’est donc une petite déception, peut-être parce que j’en espérais trop. J’avais lu que ce chemin était un hommage aux soeurs Brontë et à Wilkie Collins mais n’ayant lu aucun d’eux, je ne peux me prononcer. J’espère juste que Jane Eyre que je vais lire la semaine prochaine me séduira davantage.

Reste que c’est un bon roman à recommander aux habituées du genre même si pour ma part je n’ai pas été totalement convaincue.

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Lu dans le cadre des challenges God save the livre édition 2013, Au service de, Cartable et tableau noirLa plume au féminin édition 2013, British Mysteries et Challenge Victorien

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Londres, 1837. Jack Maggs, déporté comme criminel en Australie pendant de longues années, est de retour. Malgré son passé mystérieux, il réussit à se faire engager comme valet chez Percy Buckle, un riche commerçant qui pratique avec quelques amis des séances de magnétisme. Parmi eux se trouve Tobias Oates, jeune écrivain à succès obsédé par la notion de criminalité. Craignant qu’ils ne divulguent son passé honteux, en particulier auprès de Mercy Larkin, la femme de chambre dont il est amoureux, Jack Maggs les menace sans pour autant réussir à se dégager de leurs pouvoirs hypnotiques. Quels sont les liens entre Maggs et le jeune dandy Henry Philips, propriétaire invisible de la maison voisine ? Qu’est-ce que le ténébreux Maggs écrit nuit après nuit, caché dans la maison inexplicablement vide de Philips ?

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Jack Maggs se veut un hommage à l’oeuvre de Dickens et plus particulièrement à l’un de ses romans les plus connus : Les Grandes Espérances. On y retrouve des thèmes chers à l’auteur comme le traitement réservé aux orphelins, proprement indigne en ce début du 19è siècle et que j’avais aussi pu constater dans les deux romans signés Romain Sardou Une seconde avant Noël et Sauver Noël, qui ont pour thème un orphelin dans le Londres victorien, là aussi deux hommages au grand Dickens et que je vous recommande. C’est aussi un bel hommage à la littérature feuilletonnesque du 19è siècle, le personnage principal Jack Maggs, est un bagnard, condamné à la relégation en Australie pour vols, et qui depuis sa grâce, a fait fortune. Il revient à Londres clandestinement, puisqu’il n’a pas le droit d’être sur le sol anglais, pour y retrouver Henry Phipps, un orphelin qu’il considère comme son fils.

La figure du bagnard, force de la nature qu’incarne Jack Maggs n’est pas sans rappeler d’autres bagnards célèbres de la littérature nés sous la plume de Victor Hugo, Alexandre Dumas et Gaston Leroux : Jean Valjean, Edmond Dantès et Chéri-Bibi. Cependant, contrairement à ces prédécesseurs, le héros de Peter Carey ne cherche pas à se venger de Tom et de Ma’ Britten, qui ont pourtant fait son malheur. Il n’est pas non plus en quête de respectabilité mais d’un fils, qui n’est pourtant pas le sien, mais auquel il se raccroche de toutes ses forces. Enfant abandonné, sauvé de la mort par Silas, un voleur, qui va le confier à une nourrice, il va grandir sans amour et sans affection. Dès l’âge de 4 ans, il doit descendre dans les conduits de cheminée afin de déverrouiller la porte qui permettra à Silas de voler l’argenterie. L’homme va lui apprendre à reconnaitre tous les poinçons et lui adjoindre sa fille, Sophina, avec laquelle il va enfin connaitre l’amour à l’adolescence. On va le voir ainsi évoluer sur plusieurs années, par le biais de souvenirs avoués par Jack Maggs à Tobias Oates lors de séances de spiritisme. Ces passages narrant le quotidien des voleurs m’ont rappelé Du bout des doigts de Sarah Waters, roman que je vous recommande chaudement si vous ne l’avez pas lu, et qui est nettement plus brillant que Jack Maggs.

Jack Maggs se fait embaucher comme valet de pied chez un ancien épicier ayant perçu un gros héritage, Percy Buckle. Celui-ci habite la maison voisine d’Henry Phipps, qu’il trouve porte close. Il rejoint donc la domesticité de Buckle afin de guetter le retour de Phipps. L’auteur met aussi en scène toute une galerie de personnages qui aident ou pas Jack Maggs dans sa quête : Mercy, la fille de cuisine, Percy Buckle, son patron, Eddie Constable, valet de pied de Buckle, Tobias Oates, un journaliste qui voit dans Jack Maggs un excellent sujet pour son prochain romain et qui lui réclame 10 séances de spiritisme avant de le conduire chez son fils, Mary Oastes, la femme de Tobias et Lizzie, sa belle-soeur.

Roman complexe et multiforme, à la fois biographie et fiction, ce récit est constitué d’une multitude d’intrigues, de mystères et de rebondissements gérés certes de main de maître, mais qui ont fini par me lasser. Il y a pour moi trop de personnages, trop d’intrigues parallèles qui m’ont perdues par moment. J’espérais à chaque nouveau chapitre que le mystère soit tout à fait résolu pour passer à autre chose. L’auteur s’appesantit trop sur les rebondissements et la peur physique qu’inspire son héros. Dommage, car il y a beaucoup d’éléments intéressants dans Jack Maggs mais la narration trop bavarde et la lenteur du récit ont eu raison de ma patience.

Une lecture mitigée pour ma part !

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Lu dans le cadre des challenges British mysteries et Au service de… :

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Sara Crewe, fille unique et choyée d’un riche Anglais installé aux Indes, vient parfaire son éducation dans un pensionnat, à Londres. Sa générosité, son intelligence et ses talents de conteuse lui valent quelques amitiés fidèles… et de solides rancunes. Le jour de l’anniversaire de Sara, une fête somptueuse se prépare à la pension. Mais un homme vêtu de noir se présente, porteur d’une terrible nouvelle qui va bouleverser la vie de la fillette…

La-petite-princesse-frances-burnettauteur-éditeur-pagesPour moi qui n’avais jamais lu de roman victorien il y a quelques semaines à peine, la découverte de cette littérature est un vrai bonheur et La petite princesse ne fait pas exception. Ce roman écrit par Frances Burnett, qui est surtout connue pour Le petit Lord Fauntleroy, que je compte bien lire aussi, m’a ramené tout droit en enfance. Tout le long de ma lecture, j’ai eu l’impression d’avoir à nouveau 9 ans et regretté de ne pas l’avoir découvert à cet âge-là car il serait devenu à coup sûr l’un de mes livres de chevet.

Sara Crewe, 7 ans, est la fille unique et choyée du Major Crewe, un anglais installé en Inde. Veuf inconsolable de son épouse morte en couches, le major la conduit en Angleterre afin qu’elle y reçoive une excellente éducation. C’était apparemment le lot de tous les enfants anglais bien nés vivant en Inde. L’homme est très fortuné et souhaite que tous les désirs de sa fille soient exaucés. Rien n’est en effet trop beau pour la petite Sara, habillée de soie, de dentelle et de fourrure, qui mène une vie de petite princesse et se comporte comme telle. Dans l’école de Miss Minchin et de sa soeur Miss Amélia, Sara aura à sa disposition son propre salon, un poney, une calèche et une femme de chambre, autant de privilèges qui font d’elle, une enfant à part et une véritable bénédiction pour le pensionnat.

Mais bien entendu, cette bonne fortune, en plus de l’intelligence dont fait preuve Sara, fait la jalousie de certaines petites pensionnaires, Lavinia en tête, et même sa directrice miss Minchin la prend en grippe. Sara est pourtant une petite fille modèle dans tous les sens du terme, un vrai exemple pour une petite fille : sage, apprenant ses leçons, généreuse et gentille avec tous. Aussi, lorsque le jour de ses 11 ans, le notaire du Major annonce à la directrice aigrie et méchante, la mort de Crewe et sa ruine à cause de mines de diamants, Miss Minchin n’aura de cesse de se venger sur l’orpheline, qui passe de l’extrême fortune à l’extrême pauvreté en quelques heures. Tous ses biens sont vendus, sa femme de chambre, son poney et sa calèche renvoyés. La voilà condamnée à donner des leçons de français, matière dans lequel elle excelle, aux plus petites pensionnaires et à faire les courses, et ce, par tous les temps. Elle partage avec la petite Becky, la fille de cuisine qui a son âge, une mansarde aux murs nus et au confort très rudimentaire.

La petite fille, qui a depuis toujours une imagination débordante, peut heureusement compter sur l’amitié sans faille de Lottie et d’Ermengarde mais aussi, malheureusement pour elle, sur la haine farouche que lui portent Miss Minchin, la cuisinière et les autres servantes de la maison. Le personnage de Sara, terriblement attachant, est aussi fascinant de lucidité et de courage et plaira beaucoup aux enfants pour qui l’histoire a été écrite. Mais les adultes, qui ont su garder une âme d’enfant et une grande tendresse pour les romans surannés comme moi, seront aussi attendris par le destin de cette orpheline.

Ce roman nous démontre que déjà à cette époque l’argent est roi et qu’il faut mieux être riche que pauvre et met en relief le destin des enfants pauvres, exploités et corvéables à merci et que l’on peut battre sans vergogne. Un thème au cœur d’Une seconde avant Noël qui se déroule à la même époque. Le style d’écriture de Frances Burnett, simple et accessible, plaira aux enfants dès 9 ou 10 ans. Autre bon point : il n’y a pas de temps mort et les situations s’enchainent très bien, on tourne les pages tant on a envie de savoir ce qu’il va advenir. J’ai eu pour ma part beaucoup de plaisir à lire les aventures de Sara, généreuse et altruiste, et surtout conteuse hors pair.

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Vous devriez quitter les Sureaux aussi promptement que vous le pourrez, et avant même d’avoir trouvé une autre situation.

L’endroit est bien plus périlleux que vous ne vous en doutez, bien plus dangereux que je ne le pressens moi-même « . Tel est le curieux avertissement adressé à miss Christie, une jeune institutrice de dix-huit ans qui a quitté Londres pour répondre à une annonce parue dans le Times. Arrivée dans le Norfolk, elle ne tarde pas à découvrir que le couple qui l’a engagée cache de lourds secrets.

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Mensonges, duplicité, romance, visiteurs inquiétants et maison gothique… tous les ingrédients d’un roman à suspense tels que les affectionnaient les Victoriens sont réunis ici pour notre plus grand plaisir. Florence Warden n’est pas la plus connue des écrivains victoriens, c’est le moins que l’on puisse dire, à vrai dire je pensais même emprunter une auteure contemporaine, et c’est en lisant la 4è de couverture que j’ai vu ses dates de naissance et de décès que je me suis rendue comtpe de mon erreur. La maison du Marais, éditée en 1883 fut le plus grand succès littéraire de Florence Warden qui était également actrice et partageait sa vie entre l’Angleterre et la France, voilà pour la petite bio de l’auteure.

Violet Christie est une jeune fille de 18 ans, issue d’un milieu modeste, à la recherche d’une place d’institutrice, mais son jeune âge et son manque d’expérience, ne lui facilitent pas la tâche. Elle remarque alors dans le journal une petite annonce : un couple résidant dans la campagne anglaise, veut recruter une jeune institutrice pour leur fille Haidée âgée de 8 ans. Mr et Mrs Rayner embauchent la jeune fille par correspondance et là voilà qui débarque aux Sureaux, un manoir rempli d’humidité, bordé par le marais. Ca ne vous rappelle pas quelque chose ? La dame en noir of course ! Susan Hill a sans doute voulu rendre hommage à ce roman en appelant la demeure de Mrs Drablow, La maison du Marais, et en plantant son décor dans le même environnement. Je vous rassure la ressemblance s’arrête ici, aucun fantôme viendra hanté notre Violet, une héroïne terriblement attachante.

Que vous dire de ce roman à part d’ores et déjà vous confier que j’ai beaucoup aimé et qu’il faut le lire tant il est charmant et prenant ! Une belle découverte et un très joli moment de lecture, voilà ce qu’il me faut déjà souligner. Violet est désarmante de naïveté et d’innocence, représentative à mon sens des jeunes filles de cette époque victorienne, oie blanche par excellence. Notre héroïne a aussi de nombreux points communs avec ses consœurs nées dans la petite bourgeoisie et la noblesse, notamment sur l’éducation artistique prodiguée aux jeunes filles de cette époque : grande lectrice, même si ses lectures sont plutôt destinées à enrichir sa culture générale et lui servir dans son métier d’institutrice qu’elle prend fort au sérieux, elle joue également du piano et s’intéresse au dessin.

Dans cette histoire, Violet va découvrir l’amour mais aussi les mystères qui entourent Les Sureaux et ses habitants. Tous craignent le maitre de maison, qui a d’ailleurs fort mauvaise réputation, Mr Rayner. La maisonnée obéit aveuglement à son maitre, et la nouvelle venue, dont il va tomber amoureux, va attiser la jalousie de la gouvernante, Sarah, un personnage que va rapidement craindre Violet. La maison, très humide, affaiblit les forces de ceux qui l’habitent, tous sauf, Mr Rayner, qui a trouvé refuge dans son atelier sec et bien chauffé. Affaiblies, Mrs Rayner, qui apparait comme une morte vivante, sans volonté, pâle, amaigrie et totalement effacée et Haidée vont tomber malade et c’est là que Violet va prendre les choses en main. Dans le même temps, une série de cambriolages a lieu dans le voisinage, et coïncidence ou pas, ils ont à chaque fois lieu lors de l’absence de Mr Rayner. Je ne vous en dirais pas plus !

Un petit rayon de soleil dans ce mois de janvier morne et triste car pour tout vous dire, depuis le début de l’année, je cumule les déceptions, mis à part Inconnu à cette adresse et ce roman flirte avec le coup de coeur. Par contre, si vous recherchez un roman à suspens, passez votre chemin, car à moins d’être aussi naïve que Violet, il se découvre très vite et sans peine. Cette première traduction en français d’un roman de Florence Warden me donne envie de lire ses autres romans, j’espère qu’ils seront traduits bientôt !

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