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Posts Tagged ‘roman YA’

Lu dans le cadre du challenge  1 pavé par mois

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Londres, avril 1812. Lady Helen s’apprête à faire son entrée à la cour. La jeune orpheline est encore sous la tutelle de son oncle et de sa tante qui veillent à étouffer chez elle tout écart pouvant rappeler la réputation sulfureuse de sa mère. Helen fait alors la connaissance du ténébreux Lord Carlston, qui revient juste d’exil après avoir été soupçonné du meurtre de sa femme. Elle est piquée par la curiosité, d’autant qu’il promet de lui faire des révélations sur elle-même et sa mère et que d‘étranges faits surviennent alors : des bonnes disparaissent, des meurtres sanglants sont commis. Mais la jeune fille est loin de soupçonner l’existence de démons viciés, des Abuseurs, qui se nourrissent de l’énergie humaine. heart_4lady-helen-tome-1-alison-goodman

Londres, avril 1812. Lady Helen Wrexhall vient de quitter son pensionnat afin de faire sa première saison, et par conséquent, son entrée dans le monde, elle va même être présentée à la reine Charlotte et au régent, Primmy.

Helen loge dans l’hôtel particulier de son oncle et tuteur, en charge de son fortune, un homme particulièrement rigide et de sa tante Eleonore, qui est souvent obligée d’arrondir les angles afin de protéger sa nièce chérie.

Au cours de la présentation à la reine, elle fait la connaissance de Lord Carlston, un cousin de la famille, tout juste revenu d’exil, et de funeste réputation, accusé par la rumeur publique d’avoir assassiné sa femme dont on n’a jamais retrouvé la dépouille.

Sa Seigneurie, dont elle se méfie, lui apprend que sa mère défunte, déclarée folle et traitre à la patrie et morte depuis une décennie, était en fait une vigilante et qu’elle en est elle-même une. Elle découvre également l’existence des Abuseurs, des créatures maléfiques, qui sont responsables de la disparition de l’une de ses bonnes et de meurtres sanglants…

Je méconnais totalement la période de la Régence anglaise et je me suis assez peu frottée aux romans de Jane Austen, Orgueil et préjugé et Lady Susan, exceptés, j’étais donc très curieuse de découvrir Lady Helen tome 1 Le club des Mauvais Jours, un roman historique Young adult mâtiné de fantastique et je dois dire que j’ai passé un très bon moment en compagnie d’Helen et que pour moi le pari est réussi.

Alison Goodman réussit en effet à merveille à faire coexister la vie mondaine d’Helen en pleine Régence avec ses promenades dans les jardins de Vauxhall, les bals et la présentation à reine Charlotte d’un côté, et des combats contre les figures malfaisantes que sont les Abuseurs, de l’autre.

L’auteure nous régale aussi de descriptions de robes toutes plus belles les unes que les autres et cet aspect typiquement féminin est bien agréable à lire tout comme l’aspect romance du récit qui apporte une légèreté dont on a bien besoin lorsque la violence se fait plus présente.

Un premier tome prometteur et qui se lit avec beaucoup de plaisir même pour moi qui ne suis pas férue de fantastique comme vous le savez déjà, ici c’est bien dosé, la trame historique ne s’efface pas au profit du fantastique qui fait des incursions toujours très bien amenées et maîtrisées.

Alison Goodman dévoile à ses jeunes lectrices le monde impitoyable des saisons à l’anglaise, une période durant laquelle une jeune fille bien née se devait de trouver un mari et surtout conclure une belle union, utile aux siens et savamment orchestrée par eux, sans qu’elle n’ait voix au chapitre.

Le personnage d’Helen, est attachante, docile au début du roman, elle s’accommode bien du strict patriarcat du 19è, les femmes n’étant que quantités négligeables. Elle sait jouer des contraintes de la société pour s’affirmer comme une jeune femme intelligente et courageuse qui saura prendre les décisions qui s’imposent pour son avenir.

Une bonne pioche donc et l’envie de retrouver Helen et Lord Carlston dans le second tome à paraître cette année.

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Lorsque Lucille Bordier revient à Paris en ce mois de septembre 1868, elle éprouve beaucoup de peine à reconnaître Paris. Partout la ville s’illumine, s’agrandit, se dote d’hôtels luxueux, de magasins superbes, de salles de spectacle… Mais Lucille n’a pas le coeur à se réjouir de ces changements. Une saison passée à Dinard, petite cité balnéaire de la côte d’Emeraude, l’a dépossédée de ses illusions et de ses rêves. Séduite puis abandonné par Charles Singleton, un entrepreneur anglais sans scrupule, Lucille a perdu ses ressources et sa place de domestique. Elle peut heureusement compter sur l’amitié de sa soeur Pauline et sur celle de sa tante Victorine qui tient désormais seule le Café Normand, rue d’Enfer. Mais depuis la mort subite de l’oncle Gaston, le café périclite… C’est alors que Lucille a une idée. Pourquoi ne pas transformer le café en un lieu de réunion pour les femmes, une sorte de salon où l’on pourrait boire du thé, déguster des gourmandises et bavarder sans craindre l’oreille indiscrète des domestiques ?heart_5lucille-a-l-heure-gourmande-gwenaelle-barussaud

A seize ans, Lucille Bordier ne veut plus se contenter d’être la femme de chambre de Mathilde de Gisors, une demoiselle du grand monde, dont le père est proche de l’empereur Napoléon III. Elle rêve d’être indépendante, de s’élever socialement et décide de prendre son destin en mains, car, sous le règne de Napoléon III, les opportunités ne manquent pas. Elle décide alors de quitter sa place pour s’associer avec un anglais, qui se révèle être un escroc.

Elle rentre alors à Paris et trouve une place de femme de chambre dans un Palace mais au décès de son oncle, elle convainc sa tante d’ouvrir un café pour dames…

Les lumières de Paris est pour moi une série bonheur, oui un véritable bonheur de lecture que je déguste à chaque fois, à chaque tome, je me délecte de l’histoire contée par Gwenaële Barussaud et surtout de sa plume élégante et raffinée qui m’embarque à chaque fois dans ce fascinant Paris de Napoléon III.

Si vous ne connaissez pas cette romancière ni cette série, je n’ai qu’une chose à vous dire : foncez ! Car si comme moi vous avez aimé Au bonheur des dames, si vous vous délectez à la lecture des romans historiques et si cette période de notre hsitoire vous intéresse, chaque volume des Lumières de Paris va vous plaire : Pauline demoiselle des grands magasins, Juliette la mode au bout des doigts et Lucille à l’heure gourmande.

A chaque tome, son héroïne et son histoire : après Pauline et le grand magasin de L’élégance parisienne d’Aristide Boucicaut, après son amie Juliette férue de mode avec qui on assiste à la naissance de la haute couture, place à Lucille qui nous fait connaître les premiers bains de mer à Dinard mais aussi la création des premiers palaces et celui des salons de thé.

La création de ce lieu typiquement féminin qu’est un salon de thé est un sujet véritablement passionnant et formidablement restitué ici. Comme toujours, Gabrielle Barussaud connaît parfaitement son sujet et sait à merveille nous immerger dans ce Paris foisonnant du règne de Napoléon III qui vit tant de bouleversements.

Au-delà de ce sujet qui pourrait apparaître comme frivole, Gwenaële Barussaud n’a pas son pareil pour décrire le petit monde des domestiques et des employés, mettre en lumière les valeurs de travail, de courage, de fierté, de persévérance, sans oublier de faire connaître aux plus jeunes la place des femmes dans cette société du milieu du 19è régie par les hommes à tous les niveaux et dans toutes les classes sociales.

Outre l’histoire et le contexte, je prend beaucoup de plaisir à lire cette romancière, j’aime son style fluide et dynamique, son vocabulaire riche et recherché, qui font que ce roman, bien que destiné aux adolescentes, est un vrai régal pour l’adulte que je suis.

Cerise sur le gâteau, comme Pauline et Juliette, Lucille est une héroïne bien attachante, courageuse et qui sait saisir des opportunités, on a plaisir à suivre son parcours semé d’embûches et qu’une envie : qu’elle réussisse.

Autre point positif : on retrouve Pauline et Juliette au fil du récit, dans de courtes apparitions certes, mais ces clins d’œil aux deux précédents volumes sont bien amenés et on a plaisir à les retrouver ici.

En résumé, encore un coup de coeur pour ce roman historique pour adolescents mais pas que vous l’aurez compris, totalement réussi, vivement le tome 4 !

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Paris ! En déchiffrant les lettres qui annoncent son entrée dans la capitale, Juliette sent son coeur se gonfler de rêves et d’espérance. Après quinze ans passés dans l’atelier de son père, canut à la Croix-Rousse, la jeune Lyonnaise accède enfin à la vie brillante et tumultueuse de la capitale. Employée à l’Elégance parisienne, Juliette se révèle bientôt meilleure pour créer des robes que pour les vendre… Lancée dans la haute société du Second Empire, au service d’une demoiselle frivole qu’elle entend sublimer par ses modèles, la jeune styliste assiste à la naissance de la Haute-Couture. Mais le monde de la mode a ses règles et ses pièges… Beaucoup de courage et un peu d’audace suffiront-ils à Juliette pour accrocher son nom au firmament des étoiles parisiennes ? A moins que la rencontre extraordinaire d’un jeune journaliste à l’âme noble et romantique ne vienne bouleverser son destin…

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Juliette Renard est une jeune lyonnaise de 15 ans qui monte à Paris sous la pression familiale. Ses parents, canuts, qui peinent déjà à joindre les deux bouts, rêvent d’un avenir meilleur pour leur fille. Ça tombe bien, l’oncle de Juliette travaille à L’Elégance parisienne, le temple de la mode fondé par Emile Bauvincard, qui connaît un succès fulgurant. Grâce à lui la jeune fille est engagée comme vendeuse où elle devient une employée modèle.

Vendeuse efficace car elle connaît parfaitement les étoffes, notamment les plus précieuses, les soies tissées par les canuts, elle est aussi une passionnée de mode et une dessinatrice hors pair. Un carnet et un crayon toujours en main, elle montre aux clientes les robes qu’elles pourront faire tailler selon les tissus choisis.

Ce talent et son goût très sûr séduisent Madame de Montenclerc et sa fille Cordélia. La jeune fille fait ses débuts dans le monde et elle souhaite que Juliette devienne sa styliste personnelle. La famille, récemment fortunée, souhaite que leur fille fasse un beau mariage et entendent bien ne pas lésiner pour que Cordélia accède à la noblesse. Juliette quitte alors L’élégance parisienne pour l’Hôtel Montenclerc…

Vous vous souvenez peut-être que j’avais eu un gros coup de cœur il y a quelques mois déjà à la lecture de Pauline, demoiselle des grands magasins, premier tome de la série Les lumières de Paris de Gwenaële Barussaud, j’attendais donc avec une certaine impatience ce second opus et à ma grande satisfaction, il a tenu toutes ses promesses.

A chaque tome, son héroïne et son histoire : après Pauline, place à Juliette, son amie de L’élégance parisienne, férue de mode et à l’instinct très sûr. Avec elle, on assiste à l’ascension de Worth, le célèbre couturier anglais du second Empire, et à la naissance de la haute couture.

Un sujet qui me passionne et formidablement restitué ici. Gwenaële Barussaud connaît sans nul doute le monde de la mode à cette époque et sait à merveille rendre vivant ce Paris foisonnant du règne de Napoléon III qui vit tant de bouleversements.

Au-delà des étoffes et d’un sujet qui pourrait apparaître comme frivole, Gwenaële Barussaud n’a pas son pareil pour décrire le petit monde des employés, mettre en lumière les valeurs de travail, de courage, de fierté, de persévérance, sans oublier une touche de romantisme qui ravira les plus fleurs bleues.

Outre l’histoire et le contexte, je prend beaucoup de plaisir à lire cette romancière, j’aime son style fluide et dynamique, son vocabulaire riche et recherché, qui font que ce roman, bien que destiné aux adolescents, est un vrai régal pour l’adulte que je suis.

Cerise sur le gâteau, comme Pauline, Juliette est une héroïne bien attachante, courageuse et qui sait saisir des opportunités, on a plaisir à suivre son parcours semé d’embûches et qu’une envie : qu’elle réussise.

En résumé, un roman historique pour adolescents mais pas que vous l’aurez compris, totalement réussi, vivement le tome 3 !

Un grand merci à Amanda et les éditions Fleurus pour ce nouveau coup de cœur !

Lu en lecture commune avec Claire (avis à venir)

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1866, Paris est en ébullition. Napoléon III a juré de faire de la ville « la capitale la plus brillante d Europe ». Pauline et ses soeurs, fraîchement débarquées du Havre, découvrent ébahies les boulevards, les théâtres et les grands magasins. Mais lorsqu’on a seize ans, plus de mère et peu de fortune, les lumières de la vie parisienne semblent inaccessibles… Pauline est pourtant déterminée à prendre sa part dans la marche du siècle. Séduite par le luxe de l’Élégance parisienne, le grand magasin édifié par le célèbre Émile Bauvincard, elle réussit à s’y faire embaucher et grimpe peu à peu les échelons. Mais lorsque ses soeurs réclament son aide, sa carrière se trouve menacée.

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Pauline a 16 ans. Orpheline de mère et dotée d’un père marin toujours absent, quitte Rouen et le commerce de parapluies de son oncle pour la capitale, avec ses deux sœurs Lucille et Ninon âgées de quatorze et six ans. Lorsqu’elles arrivent à Paris, elles découvrent et s’extasient devant la vitrine du grand magasin dont tout le monde parle : L’Élégance parisienne créé par Emile Bauvincard.

Dès le lendemain, les deux aînées confient leur petite sœur à leur tante, en quête d’un emploi dans ce temple de la mode. Pauline est embauchée sur le champ mais Lucille, trop jeune, devra se contenter d’un emploi de domestique tandis que Ninon se verra confier à une nourrice en attendant d’avoir l’âge d’aller à l’école.

Pauline va commencer tout en bas de l’échelle, comme simple vendeuse au rayon confection grâce au renvoi d’une jeune femme pour vol. Les nouvelles doivent faire leur place et jouer des coudes faces aux anciennes et aux chefs de rayon et aux désirs rois de la clientèle.

Comme Aristide Boucicaud, Emile Bauvincard a connu une ascension rapide et a su faire preuve d’audace. Son magasin n’en finit plus de s’agrandir et son génie des affaires lui permet de devancer les envies des clientes, mieux encore, de les susciter et Pauline va être aux premières loges pour nous faire vivre cette ascension.

Vous connaissez ou pas mon intérêt pour cette période du second Empire et pour la série des Rougon-Macquart aussi dès que Pauline demoiselle des grands magasins est sorti, j’ai eu envie de le lire et je dois dire que je ne suis pas déçue, bien au contraire ce roman d’apprentissage est un vrai coup de cœur.

Comme Denise dans Au bonheur des dames d’Emile Zola, Pauline va travailler A l’élégance parisienne, un de ces fameux grands magasins, symboles du luxe et de l’opulence, dans ce Paris du Second Empire, transformé par les travaux du baron Haussman.

Grâce à cette héroïne très attachante, persévérante et courageuse, on fait connaissance de ce temple de la mode, on emprunte ses couloirs, on traverse ses rayons. On en apprend beaucoup sur la vie des vendeuses de cette époque, sur leurs journées de travail sans fin et leur unique jour de repos.

Corvéables à merci, les jeunes filles ne cessent de porter des rouleaux de tissus, de marcher, piétiner… un travail qu’on imagine harassant. Le soir venu, elles regagnent leur mansarde au dernier étage de l’immeuble dans laquelle elles n’avaient bien sûr droit à aucune visite, elles n’avaient même pas le droit de parler en elles pour se détendre, une fois leur journée terminée !

La fougue du modernisme de l’époque, les idées novatrices qui prennent vie, les possibilités de progression sociale par le travail et l’ambition, sont très bien rendues même si l’auteure nous démontre bien aussi que faire carrière pour une femme est impossible à moins de se destiner au célibat : les vendeuses qui souhaitaient prendre époux étaient automatiquement renvoyées, chaque employée appartenait en quelque sorte au magasin et était logée sur place.

Gwenaële Barussaud est passionnée par son sujet et connaît bien cette époque qu’elle couche sur le papier et nous fait découvrir un Paris fiévreux et ses alentours bucoliques avec beaucoup de talent, dans un style très évocateur que j’ai pris grand plaisir à lire. Et quel bonheur de sillonner cette ville et les coulisses de L’Elégance Parisienne dans les pas de Pauline.

Son style est très fluide, le vocabulaire est accessible, Pauline plaira sans aucun doute aux adolescentes à partir de 14 ans comme aux adultes, personnellement j’ai lu ce livre d’une traite.

En résumé, un roman historique totalement réussi et captivant que je n’ai pas réussi à lâcher dès le premières pages, vivement la suite !

Un grand merci à Amanda et les éditions Fleurus pour ce coup de cœur !

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Lorsque Maude Pichon s’enfuit de sa Bretagne natale pour échapper à un mariage dont elle ne veut pas, elle monte à Paris, ville-lumière en ébullition à la veille de l’exposition universelle de 1889. Hélas, ses illusions romantiques s’y évanouissent aussi rapidement que ses maigres économies. Elle est désespérément à la recherche d’un emploi quand elle tombe sur une petite annonce inhabituelle :  » On demande de jeunes filles laides pour faire un ouvrage facile.  » L’Agence Durandeau propose en effet à ses clients un service unique en son genre : le repoussoir. Son slogan ?  » Louez un faire-valoir, vous en deviendrez d’emblée plus attirante.  » Étranglée par la misère, Maude postule… Monsieur Durandeau a déjà amassé une petite fortune grâce à sa riche clientèle, et quand la Comtesse Dubern vient chercher une compagne pour Isabelle, sa fille aux idées bien arrêtées, Maude est immédiatement choisie comme faire-valoir idéal.

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Paris 1889. La ville lumière s’apprête à recevoir l’Exposition Universelle et la Tour Eiffel vient de s’achever. Maude Pichon, une jeune bretonne de 16 vient de fuir saint Pallan sur mer et le mariage arrangé que s’apprête à conclure son père, l’épicier du village, avec le boucher.

Maude débarque avec un peu d’argent, celui qu’elle a volé dans le tiroir-caisse de l’épicerie mais ce qui lui apparaissait comme un véritable trésor fond comme neige au soleil de la capitale. Si elle veut conserver sa mansarde de Montparnasse, il est urgent qu’elle trouve un emploi et lorsqu’elle tombe sur l’annonce de l’agence Durandeau, elle se présente avenue de l’Opéra sans savoir de quoi il retourne.

Là, elle fait la connaissance de M. Durandeau qui l’engage aussitôt comme repoussoir et repart avec cinq francs en poche, une petite fortune. Seulement voilà, l’idée d’être un ornement, un faire-valoir pour la fille de la comtesse Dubern ne l’enchante guère et elle songe à refuser avant de se rendre à l’évidence, elle a trop besoin de ce travail même si elle en a honte.

J’avais très envie de lire ce roman depuis sa sortie il y a près d’un an. Tout m’intéressait : l’époque tout d’abord, j’adore cette période de l’histoire et surtout le thème du roman, celui des repoussoirs. Elizabeth Ross a eu l’idée de ce roman suite à sa lecture d’une nouvelle éponyme d’Emile Zola, les repoussoirs, une nouvelle que je ne connaissais pas et que l’on peut lire à la suite du roman.

Une idée excellente et qui ici est très bien exploitée. Tout d’abord qu’est-ce qu’un repoussoir ? C’est une personne laide ou affligée d’un visage quelconque, qui est engagée comme ornement pour mettre en avant la beauté de la personne qui l’emploie. Le principe est cruel, mais Durandeau a trouvé là un concept vendeur puisque son agence connaît un joli succès auprès de la noblesse et de la bourgeoisie. Le thème est plus que jamais d’actualité d’ailleurs ! Si les repoussoirs semblent accepter leur sort, Maude est loin d’être dans cet état d’esprit, elle ne se voit pas laide même si elle concède que son visage est quelconque et ne veut pas être réduite à cela !

Elizabeth Ross retranscrit très bien l’atmosphère de l’époque et s’attache particulièrement à décrire la condition féminine de cette fin du 19è siècle à travers les différents protagonistes du roman. La petite provinciale suffisamment instruite pour se rêver vendeuse dans l’un des temples de la mode de la capitale mais dont l’accent breton l’en empêche. La très belle comtesse Dubern qui ne rêve que d’une chose : caser au plus vite Isabelle avec un très beau parti et compte bien sur la saison et la présence de Maude pour décrocher le mariage de l’année pour sa fille. Isabelle enfin, qui ne rêve que d’études et qui travaille dur pour réussir l’examen d’entrée à la Sorbonne, en cachette de ses parents. Sans oublier la galerie des repoussoirs bien sûr avec en tête l’inénarrable Marie-Josée !

Les hommes sont aussi présents : L’affairiste Durandeau qui méprise ses repoussoirs et leur fait bien sentir quelle place est la leur, les nobles plein de morgue qui font valoir leurs droits de cuissage et le musicien sans le sou, Paul Villette, qui vit la vie de bohème et joue dans les cafés concerts tout en abusant un peu trop de l’alcool.

L’auteure réussit aussi formidablement bien à nous immerger dans le Paris de 1889, ses ruelles pavés, ses cafés concerts mais aussi ses soirées à l’opéra, sans oublier la mode, très présente tout au long du roman.

J’ai beaucoup aimé les personnages de Maude et d’Isabelle, l’amitié et la complicité qui vont naitre entre elles, elles forment un duo touchant qu’on a plaisir à suivre.

On pourra certes reprocher à Elizabeth Ross d’avoir doté Maude d’un visage quelconque et non d’une laideur repoussante comme certaines de ses collègues et d’un certain manichéisme, avec les méchants riches d’un côté et les gentils pauvres de l’autre, mais pour le reste, Belle Epoque est un très bon roman historique.

heart_4Lu dans le cadre du cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Briony Larkin a 17 ans et elle a un secret. Un secret qui serait à l’origine de la mort de sa belle-mère, un secret qui aurait rendu sa soeur jumelle, Rose, simple d’esprit, un secret qui est une menace pour tous les habitants du Swampsea. Briony a le don de seconde vue, qui la relie au monde des Esprits, et en tant que telle elle risque d’être pendue, car c’est là le sort que l’on réserve aux sorcières. Alors Briony se tait et étouffe sa nature profonde…C’est sans compter sur l’arrivée du XXe siècle, incarné par l’ingénieur Clayborne et son fils, Eldric, dans cette région sauvage du sud de l’Angleterre… Avec eux vient le progrès et l’assèchement du marais, qui déchaînera la fureur du seigneur des marécages. Si elle veut sauver sa soeur d’une mort certaine, Briony va devoir faire face à ses anciens démons ainsi qu’à l’indéniable attraction qu’elle ressent pour Eldric…

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C’est la troisième fois que mes lectures me mènent à un marais cette année : il y eut La dame en noir de Susan Hill, pas si terrifiant que cela, le charmant roman victorien de Florence Warden, La maison du marais, il était logique qu’en cette veille d’Halloween, je vous présente le troisième roman, La fille du marais de Franny Billingsley.

Autant vous le dire d’emblée, je suis totalement passée à côté de ce roman, hermétique à son contenu, déconcertant et complexe car tout n’y est que ressenti, et dès les premières pages, je me suis retrouvée aux prises d’un brouillard épais qui a rendu ma lecture ennuyeuse et opaque. Briony Larkin raconte son histoire à la première personne dans un style tarabiscoté, sombre et ponctué de poèmes et de métaphores pour le moins étranges, qui m’a beaucoup déstabilisée.

Notre héroïne est atypique, particulièrement torturée et cynique, très dure envers elle-même et envers les autres, elle confesse n’aimer personne et n’avoir qu’une hâte, quitter l’endroit où elle vit pour Londres, afin d’être débarrassée de sa soeur et de son père. Encore traumatisée par le décès de sa belle-mère survenu trois mois auparavant, elle est persuadée d’être une sorcière qui fait le malheur de tous ceux qui l’approchent. Sa jumelle, Rose, semble souffrir d’une certaine forme d’autisme et apparait par petites touches, et son père, le sévère pasteur Larkin n’est pas là pour éclaircir l’ambiance. Heureusement, Eldric, le personnage masculin principal, est lumineux et les passages qu’il partage avec Briony ont été une véritable bouffée d’air frais.

La jeune fille va traverser bien des épreuves tout au long du récit qui vont lui permettre de grandir, mûrir, de s’accepter, de s’aimer et d’aimer les autres et formera avec Eldric une confrérie de mauvais garçons plutôt intéressante, car Briony n’entend pas se marier et devenir une épouse au foyer, elle compte bien se réaliser, et ça je ne peux qu’approuver.

L’ambiance est gothique à souhait, lugubre et mystérieuse, idéale pour une lecture d’Halloween, mais je me suis laissée embourbée par les méandres du récit, je n’ai pas été sensible au style de l’auteur et je n’avais qu’une envie, arriver à la dernière page, car je n’aime pas abandonner mes lectures. Pourtant l’auteure créé ici un univers poétique et fantastique qui aurait du me plaire, hélas je ne n’y fus pas sensible, sans doute est-il trop éloigné des lectures qui me sont familières. Autre point négatif : j’aime avoir un minimum d’empathie pour les personnages, là j’avoue que je n’en ai pas eu du tout. Restent les créatures qui peuplent le marais et la ville : le Lutin, la Muse Noire, la Main Morte, L’enfant de minuit ou Face Fange qui sont assez fascinantes et la fin du récit, pleine d’espoir.

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Lu dans le cadre des challenges La plume au féminin édition 2013, Challenge Victorien 2013British mysteries, et Halloween :

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