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Kate McAlistair, dont la famille a vécu en Asie, se passionne pour l’Inde et l’Extrême-Orient. Après des études d’art et de cinéma, elle travaille comme graphiste, puis se lance dans l’écriture. Sa trilogie du Lotus rose (l’Archipel, 2018-20) a été saluée par les lecteurs.

1848. John et Maura, jeune couple de scientifiques, sont à la recherche, près de Saint-Pétersbourg, d’une relique de grande valeur ayant appartenu à Gengis Khan. Le père de Maura, un officier irlandais, poursuit le même but.

Celui-ci n’a jamais accepté que sa fille se marie avec un Anglais sans son consentement. Désireux de se débarrasser de son gendre, il le dénonce au tsar comme espion. John est contraint de fuir avec sa femme et leur fils nouveau-né alors que s’annonce une violente tempête de neige.

Le lendemain à l’aube, la princesse Iéléna Vatchenko découvre sur ses terres un nourrisson épargné par la neige et les loups. Persuadée qu’il est la réincarnation du bébé qu’elle vient de perdre, elle le prend avec elle.

Vassili, son époux, craignant de la voir sombrer dans la folie, accepte d’élever l’orphelin aux côtés de leur enfant légitime comme son propre fils. Par amour, il va préserver le secret de ces jumeaux, quitte à défier son cousin le tsar, sa terrible police secrète et même cet étrange officier irlandais venu réclamer un carnet à dessins convoité tant par la Russie que par l’Empire britannique…

Après sa trilogie du Lotus rose, Kate McAlistair nous invite avec Les nuits de Saint-Pétersbourg, second volume du Palais des mille vents, à un voyage riche en passions sur les terres glacées et sauvages de la Russie.

Si j’ai beaucoup aimé L’héritage des steppes, le premier tome de cette saga, j’ai adoré ce nouvel opus qui m’a littéralement transporté au cœur de cette Russie tsariste du milieu du XIXè siècle.

Il est indéniable que Kate McAlistair a fait un incroyable travail de documentation car le roman fourmille de détails sur les coutumes, la vie quotidienne, la place de la femme dans ces pays, l’organisation des domaines, les rapports boyards et moujiks… Dépaysement garanti !

Le récit mêle habilement espionnage, aventure, amour, drames, secrets de famille, magouilles politiques, conflits de pouvoirs autour d’individus intéressants, dont la princesse Iéléna très attachante dans ses forces et ses faiblesses mais aussi Vassili et Nicolaï.

Je me suis énormément attachée à la famille Vatchenko, j’ai tremblé pour ses membres et me suis réjouie avec eux. Iéléna est une femme sensible et forte. Son instinct maternel chevillé au corps lui permet de traverser les épreuves avec témérité. Sa gentillesse, sa générosité lui vaut l’affection et l’attachement de ses serfs qu’elle traite avec bienveillance.

Vassili n’est pas en reste, c’est un homme bon, un mari et un père aimant. Il est très proche de son homme de confiance, Pavel, un serf qui veille sur lui depuis l’enfance. J’ai aimé la fidélité de ce moujik tendre et discret, porteur de belles valeurs qu’il a transmis à son fils Nicolaï, un enfant puis un homme qui m’a touchée par son abnégation et la pureté de ses sentiments.

Tout pourrait aller bien dans le meilleur des mondes, hélas des épreuves attendent nos héros, à cause de Vladislav tapi dans l’ombre. Le frère cadet de Vassili n’accepte pas son rang de naissance et va le faire payer aux siens. Si je regrette le manichéisme des personnages qui sont, soit très gentils, soit très méchants, je n’ai pas boudé mon plaisir et j’ai préféré ce tome sans longueurs au précédent.

D’ailleurs, si vous n’avez pas lu le premier tome, vous pouvez sans souci lire celui-ci car les deux romans ne mettent pas en scène les mêmes personnages, vous ne serez donc pas perdu.es.

Kate McAlistair allie avec force et brio passion et évasion, sa plume fluide est très agréable et les pages se tournent toutes seules. Je ne m’attendais pas à être autant saisie par la force des sentiments dévoilés et encore moins par un tel voyage au cœur d’une Russie en plein tourment politique.

Tout comme je ne pensais pas faire la connaissance d’une héroïne débordant d’autant de force que de tendresse et dont l’amour pour ses fils m’a plus que touché.

J’ai vraiment adoré cette histoire de la première à la dernière page et je vous la conseille sans réserve. Belette a aimé elle aussi, son avis ici !

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Irène Némirovsky est née en 1903 à Kiev.  En 1926, elle publie son premier roman, Le Malentendu. D’autres suivront. Mais la Seconde Guerre mondiale éclate. Le 13 juillet 1942, Irène Némirovsky est arrêtée par la gendarmerie française, internée au camp de Pithiviers puis déportée à Auschwitz, où elle meurt le 17 août 1942.

Tatiana Ivanovna a consacré sa vie entière à ses maîtres, les Karine, qu’elle a vus naître et grandir. Lorsque la révolution russe les chasse de leur domaine, elle les suit jusqu’à Odessa d’abord, puis jusqu’à Paris, dans ce petit appartement du quartier des Ternes, où les exilés tournent en rond comme les mouches d’automne…

Avec un art consommé de la touche infime, de la progression insensible, qui évoque l’influence de Tchekhov, Irène Némirovsky peint les désarrois et les nostalgies de ces russes blancs, ces survivants d’un monde perdu.

Irène Némirovsky nous propose avec Les mouches d’automne, un très court roman sur l’exode durant la révolution Russe, inspiré de sa propre expérience d’émigrée russe.

Une famille bourgeoise russe et leur fidèle servante sont prises dans la tourmente de la révolution bolchevick. Leur monde s’écroule, disparaît, les conduisant sur le dur chemin de l’exil jusqu’à Paris.

Un chemin semé d’embûche rendu possible grâce à Tatiana qui a su cacher et protéger les bijoux de la famille, qui leur permettront de démarrer leur nouvelle vie parisienne.

Que reste-t-il de cette vie qui fut la leur, des liens intergénérationnels qui les lient ? Et surtout, quel avenir attend ceux qui ont tout perdu dans la débâcle ?

Les Karine, qui ont toujours mené une existence dorée et choyée, et Tatiana, leur servante, sont des déracinés cherchant un but à leur existence. Ils ne savent que faire et tournent en rond comme des mouches d’automne dans les pièces de leur appartement.

Dans ce récit, Irène Némirovsky nous subjugue, comme toujours, par sa plume exquise et affutée, et va sonder jusqu’au tréfonds, la fameuse âme russe de ses personnages. Une âme fortement attachée à son identité qui souffre loin de ses terres, de son histoire, de sa culture.

Eux, qui considèrent avoir toujours agi envers leurs gens avec bonté, ne comprennent pas la violence de ce nouveau régime qu’ils ont du fuir par peur des représailles. Leur fils Youri a d’ailleurs perdu la vie, tué par leurs anciens serfs.

Pour eux, c’est la fin d’un monde, la fin de leur monde et Irène Némirovsky raconte toute la difficulté qu’ils rencontrent à bâtir une nouvelle existence si loin de leur patrie, de leurs repères.

Même si ce texte est extrêmement court, je ressors une fois encore séduite par le talent de cette autrice dont on ne parle pas assez à mon goût. Si vous ne la connaissez pas encore, je vous invite vivement à la découvrir !

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Katherine Rundell, née en 1987, a grandi entre l’Europe et l’Afrique. Elle a été nommée en 2008 membre du All Souls College à Oxford, l’un des plus grands honneurs universitaires au Royaume-Uni. Elle est l’auteur du très remarqué, Le Ciel nous appartient (Folio junior, 2016), son premier roman publié en France, qui s’inspire à la fois de ses nombreux étés passés à Paris et de ses errances sur les toits d’Oxford. Pour Cour de loup, Katherine Rundell a été acclamée par les plus grands écrivains de littérature de jeunesse.

Russie, début du XXè siècle. Féodora a grandi parmi les loups. Ils sont tout pour elle et, bientôt, elle deviendra maître-loup, comme sa mère. Leur fonction : ensauvager les loups domestiqués par les nobles qui se sont lassés de leur compagnie ou dont la nature sauvage s’est réveillée.

Mais ce destin extraordinaire est anéanti quand surgit l’armée du tsar, dévastant tout sur son passage. Alors que sa mère est faite prisonnière par le  général Rakov, un homme abject et affreux, qui a l’amitié du tsar, l’intrépide Féo part avec sa meute à travers les forêts enneigées de Sibérie.

Bravant l’ennemi, le froid, les tempêtes, elle est prête à tout pour la sauver…

Avec Coeur de loup, nous plongeons au coeur de l’hiver russe, au temps où Nicolas II régnait en maître absolu sur toute la Russie. Féo est une enfant de 12 ans qui vit avec sa maman et trois loups dans une petite maison perdue dans la forêt, loin des habitations.

C’est une héroïne courageuse, fougueuse et à l’âme sauvage qui va nous entraîner dans une envoûtante épopée où souffle le vent de la liberté.

Les seuls amis de Féo sont ses trois loups mais sur son chemin, elle va apprendre à faire confiance à Illya, qui a fui l’armée, et à Alexeï qui révère Lénine et qui n’a de cesse d’enjoindre sa famille et ses voisins de se dresser devant le tyran qu’est pour lui le tsar.

La révolution russe gronde dans les campagnes, elle est sur le point d’éclater et une bande d’enfants rebelles décide de suivre Féo jusqu’à St Pétersbourg où sa mère est retenue prisonnière, victime innocente du général Rakov.

Ce roman initiatique destiné aux 9/12 ans et abondamment illustré par Gelrev Ongbico est très bien écrit et nous plonge au coeur de ce grand pays.

Dès les premières pages, j’ai été embarquée, séduite par le caractère sauvage de Féo et de sa magnifique relation avec les loups, emprunte de respect envers ces animaux de grande beauté.

Le climat social et insurrectionnel qui va frapper la Russie de plein fouet est bien rendu. Celui que l’on va détester ici est bien sûr le général Rakov qui n’hésite pas à tuer pour le plaisir et qui se montre bien plus bestial que les animaux sauvages de Féo.

Katherine Rundell montre la brutalité du régime qui pille et incendie les villages mais aussi la belle solidarité, l’entraide, le partage dont font preuve les plus pauvres. Féo et ses amis vont se battre pour la justice, l’équité et ils vont se révéler aux autres mais aussi à eux-mêmes.

Bien que le roman soit très récent, il a vraiment tout d’un conte russe à l’ancienne, il va devenir un classique c’est certain et je le conseille chaudement aux enfants qui aiment retrouver les animaux dans leur lecture, ils apprécieront ce récit très prenant !

Audrey qui m’a accompagné dans cette lecture a beaucoup aimé également, retrouvez son avis éclairé ici !

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Livia Meinzolt est née en 1992. Très jeune, elle a su qu’elle voulait écrire, mais elle a consacré les premières années de sa vie d’adulte à assouvir sa seconde passion : les voyages. Ces cinq années passées sur les routes du monde, et notamment en Russie où elle est tombée amoureuse de Saint-Pétersbourg, ont nourri son imagination. Le Bruit des pages, son premier roman (Charleston, 2019), a séduit le jury du Prix du Livre Romantique.

2016, Paris Éva hérite d’une librairie dans le quartier de la Butte aux Cailles. Les exigences du vieux propriétaire avec lequel elle s’était liée d’amitié ? Que la librairie ne soit jamais vendue et qu’Éva y conserve un tableau représentant une jeune femme, penchée sur un carnet, aux pieds d’un acacia majestueux.

Bientôt, elle se prend à imaginer la vie de la femme du tableau, Apollinariya Ivanovna Lubiova, une jeune aristocrate russe, vibrante de rêves et d’idéaux au coeur de l’été 1916. Mais tandis que les mois passent, fiction et réalité semblent se confondre…

Et si la librairie renfermait des mystères insoupçonnés ? Le voyage d’Éva à Saint-Pétersbourg pourrait-il l’aider à comprendre le lien étrange qui l’unit à Apollinariya ?

Le bruit des pages est le premier roman de Livia Meinzolt, couronné du prix du livre romantique Charleston 2019. Un récit à double temporalité, avec des secrets et une immersion au cœur de la révolution russe, voilà autant de bonnes raisons pour moi de l’ajouter à ma pal et de le lire.

Et si sur le papier il avait tout pour me plaire, la réalité a été tout autre et je sors de cette lecture très déçue. J’en attendais certainement trop et c’est donc mon premier flop de l’année que je vous présente ici.

Livia Meinzolt s’essaie à un exercice périlleux : un récit à double temporalité. Hélas, n’est pas Kate Morton qui veut, et l’autrice n’a, pour moi, pas bien géré cet aspect.

Les deux histoires se ressemblent trop et surtout, et les passages de l’une à l’autre temporalité sont maladroits et bien trop vus et revus. Raconter l’histoire au passé par le biais d’un journal, franchement c’est loin d’être original !

Le récit au présent est trop long, assez niais et porté par une héroïne que j’ai trouvé agaçante au possible. Il ne se passe quasiment rien et je me suis vite ennuyée.

Heureusement, j’ai beaucoup aimé le récit au passé, très bien écrit et truffé de références littéraires et musicales russes mais historiquement parlant, pas fouillé du tout, cela aurait pu se passer à un autre moment qu’on n’aurait pas vu la différence.

L’histoire d’amour passionnée mais interdite entre Polina et Sasha, une aristocrate et un révolutionnaire russe, n’est pas nouvelle mais leurs personnalités exaltées, le romantisme et la passion qui les anime, m’ont séduite.

Un roman terminé en diagonal et qui se révèle sans surprise, totalement prévisible de bout en bout, je l’oublierai vite !

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Nombre des romans de Nicole Vosseler ont figuré dans les listes des meilleures ventes. Avec Le Ciel de Darjeeling, une saga traduite en huit langues, elle s’inscrit dans la lignée des romans à succès de Sarah Lark et Tamara McKinley. Elle réside à Constance, sur les bords du Rhin.

Russie, 1822. Depuis son enfance, Katya sait « lire » dans la glace. Elle en perçoit les vibrations et les qualités. Quant à son frère aîné Grischa, il semble pouvoir « deviner » le temps qu’il fera.

Tous deux rêvent d’une vie meilleure et veulent laisser derrière eux leur enfance misérable. Leur voyage les mène sur la Baltique jusqu’au port de Hambourg où ils s’associent avec Thilo et Christian, qui tiennent une épicerie.

Ils s’associent pour mener à bien un pari fou : exporter la glace du Nord jusque dans les Tropiques. Mais la voie du succès est semée d’embûches et les sentiments naissants entre Katya et Christian, qui est marié, menacent de faire fondre les rêves de la jeune baronne des glaces…

Avec Jusqu’au bout du monde, premier tome de la saga La baronne des glaces, Nicole Vosseler nous propose un roman inspiré de l’histoire vraie d’une dynastie de commerçants intrépides.

Alléchée par cette belle couverture et par mon intérêt pour la Russie, je me suis lancée dans cette lecture qui m’a dans l’ensemble bien plu même si elle ne passe pas du tout au pays des tsars mais en Norvège et en Allemagne.

Je me suis donc évadée dans les contrées du Nord, qui me tentent aussi beaucoup, avec cette histoire bien dépaysante et originale puisqu’elle tourne autour de la glace d’où le titre de la saga et portée par un quatuor de personnages bien attachant.

J’ai beaucoup apprécié l’ambiance d’aventure et la portée féministe de ce roman puisque le personnage de Katya, l’héroïne, est une femme forte et indépendante qui n’hésite pas à s’émanciper et à porter des combats pour mener l’existence qu’elle souhaite. Pas simple d’être une femme à cette époque et survivre dans ces contrées froides à une époque difficile.

Les personnages masculins sont le reflet de leur époque mais ils veulent, comme Katya, s’élever dans la société et pour cela, ils sont intelligents et vont prendre des risques pour mener leur barque.

L’autrice aborde aussi le mariage, l’homosexualité masculine avec une jolie histoire d’amour entre deux des protagonistes, l’aspect scientifique de la glace, son commerce, les difficultés pour la trouver, la transporter puis la vendre. Cet aspect là est véritablement passionnant et très enrichissant.

Si j’ai été globalement séduite par ce roman, j’ai cependant un gros bémol : la tournure qu’ont prises les différentes romances, un peu trop torturées et alambiquées à mon goût, surtout vers la fin du roman. Je lirai néanmoins avec grand plaisir le second tome lorsqu’il paraîtra.

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Chargée de développement commercial et marketing dans une start-up, Laurence Pinatel a 25 ans. Le parfum des embruns est son premier roman.

Biarritz, 1910. À la tête de sa propre maison de couture, la jeune et brillante Éléonore se démarque par son talent, sa créativité et va rapidement connaître un joli succès. Fraîchement divorcée, elle place son ambition et sa liberté avant toutes choses.

Jusqu’à sa rencontre avec un aristocrate russe, venu passer quelques jours sur la côte. Grigori Meletski est fiancé mais sa peau a l’odeur du désir à l’état pur. Tandis qu’au loin gronde la Première Guerre mondiale, un lien se tisse entre eux, qui va mettre à mal toutes les certitudes d’Eléonore.

De la côte basque à Saint-Pétersbourg, Le Parfum des embruns est un grand roman d’amour, et le portrait d’une femme libre de 1910 à 1920. Ce premier roman de Laurence Pinatel me promettait un très beau moment de lecture puisqu’il réunit des thèmes que j’adore : la Belle Epoque, la mode, la Russie, l’aviation, l’émancipation féminine et la côte basque et j’ai absolument adoré ce récit mêlant petite et grande histoire.

Eléonore est une femme indépendante, à la personnalité affirmée et toute acquise à la sororité. Elle ne veut pas dépendre d’un homme et affiche volontiers les mêmes idées féministes que son amie Joséphine, une journaliste engagée dans un journal 100% féminin à Paris.

Emplie d’empathie, elle est admirée par ses employées pour son talent, épatant même jusqu’à Gabrielle Chanel ! Ses robes haute couture plaisent à l’élite biarrote, lui permettant d’accéder à une belle renommée locale. Elle ne veut pas absolument pas tomber amoureuse d’un homme jusqu’à ce que son chemin croise un noble russe, versé dans l’aviation, et en villégiature à Biarritz.

Grigori est tiraillé entre son sens du devoir envers sa famille et son pays. Il tombe follement amoureux d’Eléonore alors qu’il est sur le point d’épouser Natasha, conformément aux voeux de son père, un vieux général qui tyrannise toute sa famille.

Remarquablement écrit et documenté, ce premier roman met en scène des personnages attachants, qu’on a plaisir à suivre de la première à la dernière page. Le récit se partage entre Biarritz et St Pétersbourg, entre Eléonore, Grigori et Joséphine, entre frivolité et austérité, devoir et désir.

Nos héros de la Belle Epoque seront bientôt pris dans les affres de la première guerre mondiale, ce qui permet à l’autrice d’aborder les tranchées, les gueules cassées mais aussi le totalitarisme avec la révolution russe.

Au-delà de la magnifique histoire d’amour passionnelle semée d’embûches qui offre un véritable tourbillon d’émotions, Laurence Pinatel fait la part belle à la mode et surtout la condition féminine avec l’émancipation des femmes à travers Eléonore et sa meilleure amie Joséphine qui refusent le joug masculin et le schéma patriarcal.

Vous l’avez compris, j’ai adoré cet excellent roman historique que je vous conseille vivement !

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Dominique Marny a publié de nombreux romans, dont La Conquérante, Les Pêcheurs de lune, Jeux de clés et Quai de la Perle. Tous ont paru aux Presses de la Cité. Elle est aussi biographe, commissaire d’expositions et présidente du Comité Jean Cocteau.

1921. À Biarritz, ville prisée des riches vacanciers, les Années folles peuvent commencer ! Connue dans le monde entier, la station balnéaire brille de tous ses feux.

À vingt-quatre ans, Valentine, déjà veuve, a hérité de son époux Sergueï une entreprise d’importation de thé. Plusieurs fois par an, elle séjourne chez sa grand-mère sur la côte basque où se perpétuent les rites et les coutumes d’une population russe exilée, dont fait partie le compositeur Igor Stravinsky.

Une jeunesse pleine de talent tourbillonne autour de Valentine. Désormais libre, son cœur sera tiraillé entre le charismatique Georges, héros de l’escadrille 66, aventurier dans l’âme, et le sensible Henri, médecin en charge d’un service à l’hôpital des Enfants malades à Paris…

Biarritz, années folles, Russie. Il ne m’a fallu que ces trois mots clés pour me donner envie de lire Villa Hestia qui m’a permis de retrouver la plume de Dominique Marny, découverte avec Jeux de clés.

Vous le savez, je suis friande de romans historiques et lorsqu’ils ont pour cadre les années folles et Biarritz, je dis oui et comme j’ai bien fait car j’ai pris beaucoup de plaisir à la lecture de cette histoire portée par Valentine, une héroïne que j’ai vraiment apprécié.

Au cœur d’une époque florissante et empreinte de modernité, Villa Hestia révèle d’intenses destins dans le sublime éclat marin de Biarritz. De 1920 à 1925 émerge une jeunesse cosmopolite artiste et pleine de talent.

Parmi elle, Valentine Gavrilov, importatrice du thé, depuis son mariage avec un magnat ayant quitté son pays suite à la première révolution russe. Notre héroïne est entourée de réfugiés russes que la Révolution a jetés sur les routes de l’exil.

Dominique Marny nous propose un roman choral entre chassés croisés et ambition professionnelle. L’autrice s’est très bien documentée et fait revivre cette époque bouillonnante avec brio tant au niveau de la musique ou de la mode.

On y croise les ballets russes, Gabrielle Chanel, Igor Stravinski, l’atelier de broderies russes Kitmir, l’invention de la T.S.F, les surréalistes, les affichistes, les arts décoratifs…

Au-delà de cet aspect historique de qualité, l’histoire de Valentine et de sa cousine Irène en dit long sur la condition féminine de l’époque où bon nombre de femmes étaient veuves ou célibataires à cause de la grande guerre qui a fauché une grande partie de la jeunesse.

Dominique Marny n’oublie pas non plus de parler de ces hommes rescapés mais qui ont du mal à renouer avec la vie ordinaire après leur démobilisation.

Il y aussi un volet un peu plus romantique mais qui ne prend jamais le pas sur le reste de l’histoire. Valentine, après la mort de son époux, ne se contente pas de vivre de ses rentes mais reprend les rênes de l’entreprise fondée par son mari pour la développer et c’est aspect est très intéressant.

Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé Villa Hestia et je vous le recommande vivement.

Un grand merci aux éditions Presses de la Cité pour cette très bonne lecture.

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Lu dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge

Carole Trébor est écrivaine et réalisatrice. Historienne de formation, spécialiste de la Russie, Carole s’est rendue aux archives de Moscou à l’un des rares moments où elles étaient ouvertes, entre censure soviétique et censure poutinienne. La Russie est naturellement l’un des cadres privilégiés de ses romans et de ses albums.

Daniel Egneus est membre d’un groupe d’artistes, Printsin, qui organise des spectacles et des expositions à travers l’Europe. Pour Little Urban, c’est la féérie de Noël qui inspire son dessin avec l’album Anika et la sorcière des neiges. Il a également publié La Grande Parade des animaux et Les Top trois de Théo.

Maroussia habite avec sa grand-mère en Russie à l’orée d’un bois où vivent des créatures magiques. Sa grand-mère les connaît bien. Maroussia, elle, ne les a jamais vues.

Un jour, des soldats frappent à leur porte et leur ordonnent de quitter leur maison au plus vite. Le tsar Nicolas II a prévu de faire passer une ligne de chemin de fer, celle du Transsibérien, à travers la plaine, par leur village, et pour cela, il faut détruire les habitations des villageois et la forêt.

La grand-mère est prête à céder mais pour sa petite-fille, il en est hors de question. Maroussia ne baissera pas les bras devant leurs épées menaçantes et leurs uniformes pleins d’autorité. D’autant que les esprits de la forêt sont là pour l’aider…

Avec Maroussia, celle qui sauva la forêt, Carole Trébor met en scène une héroïne forte et courageuse, aux prises avec les esprits de la forêt et les soldats du tsar.

En excellente connaisseuse de la Russie, de ses mythes et légendes, l’autrice créé de toutes pièces un conte russe criant de vérité, sublimé par les illustrations absolument époustouflantes de Daniel Egnéus.

Rédigé à la manière d’une fable, Maroussia nous emmène à la découverte de personnages de la mythologie slave tels que le Liéchi, gardien de la forêt et de ses habitants à l’apparence humaine qui aime égarer les voyageurs et les chasseurs dans la forêt. Mais dont il est possible de s’attirer ses faveurs en respectant la forêt.

Ou l’aouka, esprit de la forêt qui ne dort jamais, à la différence des lechiï. Il faut s’en méfier parce qu’il aime bien tromper les gens en créant un écho partout pour les attirer au fond de la forêt où ils se perdent. Il est petit, ventru et joufflu, habite dans une petite maison calfeutrée avec de la mousse d’or, boit de la glace fondue et balaie sa maison avec une patte d’ours.

Bel hommage à la nature et aux esprits sylvains, ce conte évolue entre traditions et modernité, et sensibilise les enfants à l’écologie et à la préservation de nos forêts. Une histoire à faire découvrir aux grands enfants à la veillée, ils seront sensibles à ce récit qui aborde également les monstres sous les lits.

Les illustrations de Daniel Egnéus concourent à la réussite de cet album. J’avais découvert cet illustrateur de grand talent avec La parade des animaux, l’un des albums préférés de mes petits, lu et relu inlassablement. Ici, il fait vraiment des merveilles dans ce format XXL où il peut exprimer la pleine étendue de ses talents.

Le travail éditorial de Little Urban est une fois encore à souligner. L’album aux dimensions généreuses et aux pages glacées, est un magnifique objet livre, très soigné, et une très belle idée cadeau à l’approche des fêtes.

Une belle histoire et des illustrations de toute beauté sont les points forts de cet album pour lequel j’ai eu un coup de coeur, je vous le recommande chaudement !

Un grand merci aux éditions Little Urban pour cette nouvelle pépite.

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Lu dans le cadre du Cold Winter Challenge

Élisabeth Rivoire a enseigné le français et animé des ateliers d’écriture en France, en Polynésie et en Afrique. Voyageant sur tous les continents, elle a partagé des anecdotes qui ont prit vie progressivement sur le papier. Ses voyages en Océanie lui ont fait rencontrer la figure de Barthélémy de Lesseps qui a inspiré Mission en Sibérie. Elle signe ici son premier roman chez Oskar.

Lorsque Lapérouse prépare son expédition pour faire le tour du monde, il prend à son bord le jeune Barthélemy de Lesseps pour une bonne raison : il parle russe.

Arrivé en Sibérie, l’explorateur missionné par Louis XVI confie à Lesseps la mission de rapporter une malle contenant les cartes, les lettres, les croquis, les spécimens collectés lors de son périple, à charge pour lui de les amener au roi de France à Versailles.

Pour cela, notre jeune héros va devoir parcourir les presque 12 000 kilomètres du Kamtchatka ! Barthélemy va devoir lutter contre les dangers les plus incroyables dans ce froid sibérien.

Il mettra plus d’un an pour relever ce défi dont il consigne chaque étape, chaque rencontre, chaque émotion dans son journal de bord…

Dans son premier roman, Mission Sibérie, Elisabeth Rivoire nous relate l’histoire vraie de Barthélemy de Lesseps, seul survivant de l’expédition Lapérouse.

L’expédition de La Pérouse est une expédition de découverte commandée à partir de 1785 par Jean-François de La Pérouse, et sous l’impulsion du roi de France Louis XVI, dans le but d’effectuer une exploration de l’océan Pacifique dans la lignée de James Cook.

Les navires de l’expédition, La Boussole et L’Astrolabe, s’échouèrent à Vanikoro ce qui mit un terme à l’expédition en 1788. Des survivants s’installèrent temporairement sur place avant de disparaître. Seul Barthélemy de Lesseps est revenu sain et sauf de cette expédition.

Elisabeth Rivoire a imaginé sous forme de journal intime l’incroyable et véritable épopée du jeune Barthelemy de Lesseps qui a mis six mois, de septembre 1787 à mars 1788, pour traverser la péninsule du Kamtchatka.

L’autrice s’est inspirée du journal qu’a tenu le diplomate pour bâtir son intrigue dans une forme remaniée et allégée pour le mettre à la portée du jeune public.

L’occasion pour les lecteurs de découvrir les nombreuses péripéties et avaries que Barthélémy de Lesseps va connaître tout au long de son voyage. Notre héros va rencontrer les nombreuses peuplades qui vivent dans ces contrées glacées, on découvre leurs traditions et leur sens de l’hospitalité.

Un bon roman historique pour la jeunesse, dépaysant, dynamique et plein d’intérêt même si je déplore que l’autrice aille trop vite, on effleure un peu trop le sujet à mon goût, j’aurai aimé en apprendre davantage sur les autochtones vivant en Sibérie. 

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Lu dans le cadre du Cold Winter Challenge

Après des études de philosophie, Xavier-Laurent Petit devient instituteur puis directeur d’école, mais reste avant tout un passionné de lecture. Une passion qui le conduit à franchir le pas de l’écriture avec deux romans policiers en 1994 et, à l’école des loisirs en 1996, Colorbelle-ébène qui reçoit le prix Sorcières. Suivent d’autres romans pour la jeunesse, pour la plupart ancrés dans l’actualité.

Amouksan est la doyenne de l’humanité. Elle vit en Sibérie, au bord du monde, près du domaine des esprits. À présent, il ne lui reste que ses souvenirs, et trois objets précieux qu’on lui a offerts : un talisman en cuir, une pochette de photos, et une magnifique robe qu’elle a porté une seule fois, il y a très, très, très longtemps.

Plus d’un siècle auparavant, son père trappeur qui aurait voulu un garçon, décide de faire d’elle son héritier, lui rase la tête et décide de lui apprendre à chasser le renne l’hiver, et le saumon l’été. Alors, il élèvera Amouksan comme un garçon.

Mais cette année-là, en 1900, c’est un géant revenu du fond des âges qu’ils vont découvrir ensemble, sur les rives de la rivière Berezovska : un mammouth. Il allait leur offrir la plus incroyable aventure de leur vie.

Après La Nouvelle Orléans d’Un temps de chien, la Tasmanie avec Les loups du clair de lune, Mission mammouth, le troisième volet d’Histoires Naturelles de Xavier-Laurent Petit nous entraîne jusqu’au fin fond de la Sibérie Orientale, sur les traces d’un animal disparu à la Préhistoire, le mammouth.

Comme dans les précédents opus, l’héroïne de ce récit est une enfant mais la ressemblance s’arrête là. Les deux premiers tomes pointaient du doigt le désastre écologique par la faute de l’Homme avec l’ouragan Katrina pour l’un et l’éradication des loups de Tasmanie pour l’autre.

Ici, l’histoire se conjugue dans un passé lointain, celui du tout début du XXè siècle et s’appuie sur des faits réels : la découverte d’une une carcasse de mammouth congelée sur les rives de la rivière Berezovska, en Sibérie orientale qui va amener Eugen Pfizenmayer et Otto Herz à quitter Saint-Pétersbourg en 1901 pour la récupérer.

Le récit relate la découverte de ce mastodonte et la venue des savants au coeur de la Sibérie pour ramener l’animal à St Petersbourg et le présenter au tsar Nicolas II et à son épouse la tsarine Alexandra.

Amouksan et son père seront du voyage vers la civilisation et l’académie des sciences, l’unique occasion pour la petite illettrée, de découvrir des paysages de Russie bien différents des siens, notamment les villes, ses immeubles et leur confort moderne.

Mais au-delà de cet épisode historique, l’auteur s’attache à nous raconter le quotidien d’Amouskan et de sa famille, la place des femmes dans cette partie du monde reculée, l’occasion pour les jeunes et moins jeunes lecteurs de découvrir la Sibérie, pays du froid et de la glace.

Roman d’apprentissage, Amouskan, va devoir gommer sa fémininité pour épauler son père, faute d’héritier mâle. Elle sera trappeur comme lui car nulle femme à cette époque n’ose s’opposer aux hommes, et loin de s’en plaindre ou de s’en insurger, elle va, au contraire, jouer son rôle à la perfection.

Les nombreuses illustrations d’Amandine Delaunay viennent merveilleusement bien ponctuer ce récit d’aventures et concourent à plonger les lecteurs dans le froid sibérien. Cette incursion dans ce froid polaire et dans l’existence de cette peuplade du bout du monde m’a beaucoup plu.

Le récit est enlevé, le propos intéressant et la petite Amouskan bien attachante, et, vous le savez, j’ai un vif intérêt pour la Russie, qui a été comblé, je le recommande aux 9 / 12 ans, l’histoire les dépaysera sassurément et les instruira !

Merci aux éditions L’école des loisirs pour cette lecture enrichissante, j’ai adoré.

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