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Posts Tagged ‘russie’

Après une enfance mi-africaine mi-méridionale et une jeunesse en Espagne où elle a travaillé comme mannequin, Anne-Marie Pol fait des Études Théâtrales à Censier Paris III. À la même époque, elle se met à écrire. Son premier roman, publié en 1986, est suivi par beaucoup d’autres –; dont les 40 volumes de la célèbre série  » Danse ! « . Passionnée par l’Histoire, Anne-Marie Pol est également l’auteur de plusieurs romans historiques. C’est à la suite d’un voyage en Biélorussie qu’elle a imaginé le parcours aventureux de Félicité d’Autin.

1812, Moscou. Félicité d’Autin jeune Française de 16 ans, vit avec sa mère Julie sous la protection d’une riche famille russe, les Golovine. L’ancienne actrice, veuve d’un lieutenant de l’Empire, est devenue lectrice de français de la comtesse Golovine.

Passionnément amoureuse de Fédor, le fils de la maison âgé de dix-huit ans, la jeune française voit l’avenir en rose, lorsque la guerre éclate. Napoléon envahit la Russie, et le voilà aux portes de Moscou avec son armée !

Fédor s’engage pour le combattre, sa famille fuit, et les deux françaises restent piégées dans la ville, faute d’un sauf-conduit refusé par le gouverneur de Moscou, le comte Rostopchine, père de la future Comtesse de Ségur.

Dès l’entrée des français dans Moscou, le palais Golovine est pris d’assaut par des militaires, obligeant Julie et Félicité à prendre la fuite à leur tour alors que Moscou tombe dans le chaos, en proie aux flammes…

Tiré d’un vrai journal intime retrouvé abimé et qu’Anne-Marie Pol a complété, De feu et de neige met en scène une adolescente française face à l’invasion napoléonienne.

Le décor historique est intéressant, l’autrice s’est bien documentée et reprend les faits tels qu’ils se sont passés, avec des personnages ayant réellement existé. Elle y intègre des éléments fictionnels bien évidemment puisque nous sommes dans un roman.

Vous connaissez mon intérêt pour la Russie et ce roman pour adolescents m’avait tapé dans l’œil par sa couverture, vraiment sublime, et grâce à l’époque à laquelle il se passe, le règne d’Alexandre Ier, qui va faire face à la campagne de Russie menée par l’ennemi d’une grande partie de l’Europe : Napoléon Ier.

Une période que l’on croise peu voire pas du tout en littérature française, contrairement à la révolution russe ou au règne tragique de Nicolas II.

De ce point de vue-là, le roman est intéressant quoique ce contexte historique n’est pas assez exploité à mon goût car l’histoire principale, c’est bien sûr celle de Félicité qui brûle d’amour pour son barine, Féodor, et qui va être confrontée à cette invasion française, elle qui se sent tellement russe.

Lorsque l’on rentre dans le roman, on a l’impression de le prendre en cours de route : les personnages principaux, Julie et Félicité, ne sont pas réellement présentés et on apprendra des bribes de leur passé au fil de la lecture.

Julie est hautaine et se prend pour une aristocrate alors qu’elle est sans le sou, méprisant « la valetaille », quant à Félicité c’est une jeune fille assez mièvre, uniquement préoccupée par l’amour qu’elle porte à son « aimé », Féodor. Elles ne m’ont paru attachantes ni l’une ni l’autre et j’ai lu leurs aventures sans déplaisir mais sans grand intérêt non plus.

Il y a relativement peu d’action, à l’exception de la dernière partie, quant au dénouement, il est tellement tiré par les cheveux et invraisemblable qu’il frise le ridicule.

Alors, certes ce roman est à destination des adolescents, mais pourquoi autant de niaiserie et passer sous silence la réalité de cette invasion française et la dureté des évènements qui se sont réellement passés avec pour point d’orgue, l’incendie de Moscou ?

Je ressors déçue de cette lecture, restée sur ma faim devant cette bluette alors que le sujet historique se prêtait à une histoire passionnante…

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Amélie Servoz, jeune modiste d’origine savoyarde installée depuis quelques années dans la capitale russe, assiste avec inquiétude à la déliquescence de l’Empire. Nous sommes en 1917, les combats de rue font rage, sa boutique de chapeaux et accessoires de mode est vandalisée. Découragée, elle décide de fuir la Russie accompagnée de son amie Joséphine, institutrice dans une maison bourgeoise. Non sans mal, elles montent dans un train pour la Finlande et la frontière suédoise, en ignorant qu’elles devront passer par la Norvège, l’Écosse puis l’Angleterre pour rallier la France occupée.

Amélie Servoz, jeune modiste d’origine savoyard, n’a pas froid aux yeux. En 1910, elle rallie Saint-Pétersbourg avec, pour seul viatique, l’invitation d’une compatriote à reprendre sa boutique de chapeaux.

Plumassière de formation, ses articles de mode font le bonheur des riches habitantes de la capitale russe et lui permettent de vivre l’existence libre et indépendante à laquelle elle aspire, sans toutefois perdre de vue qu’elle retourna un jour à Paris.

Sept ans plus tard, le régime tsariste vacille, les bolchevicks prennent le pouvoir et comptent bien éradiquer les boutiques de luxe de la ville. Amélie est obligée de quitter la Russie pour rejoindre la France engluée dans la première guerre mondiale. Le retour, périlleux, se fait aux côtés de Friedrich, un négociant en bois suédois…

Vous le savez sans doute, si vous me lisez régulièrement, j’ai une fascination pour la Russie, Saint-Pétersbourg et pour son histoire, en particulier pour le règne de Nicolas II. C’est donc avec beaucoup d’intérêt que j’ai attaqué ma lecture de Pays provisoire.

Fanny Tonnelier nous conte avec beaucoup de finesse l’histoire d’Amélie, une jeune femme indépendante et aventureuse, une artiste ambitieuse qui n’hésite pas à traverser l’Europe pour réaliser son rêve : avoir sa propre boutique de mode.

Comme Amélie, de nombreuses françaises vont partir elles aussi travailler en Russie au début du 20è siècle, souvent comme gouvernante ou professeure de français mais aussi comme modiste. Toutes ont du fuir une fois le tsar chassé du pouvoir, faisant un périlleux chemin du retour pour retrouver leur patrie en guerre.

Ce court roman porté par une héroïne courageuse est moderne est très intéressant même si je suis un peu déçue de ma lecture : je m’attendais en fait à suivre Amélie dans son installation et son quotidien à Saint-Pétersbourg et il n’en est rien.

Et en fait, on la suit surtout dans son chemin du retour, de la Russie à France, en passant par la Norvège, l’Ecosse puis l’Angleterre. Pendant ce long périple, la jeune femme se raconte et dévoile par petites touches ce que fut sa vie en Russie.

L’autrice s’est bien documentée car les événements historiques sont campés avec réalisme et l’ambiance de la fin du tsarisme est bien reconstituée tout comme les très nombreuses références à la mode qui m’ont enchantée.

Pour autant, j’ai trouvé ce récit bien trop lisse eut égard à tout ce qui arrive à Amélie, qui bien, que durement touchée par la fin du régime tsariste, devra repartir de zéro, se sort de toutes les embûches mises sur sa route sans problème ni accroc, ce que j’ai trouvé peu réaliste.

Malgré ces quelques reproches, j’ai aimé ce premier roman, le style de Fanny Tonnelier, son héroïne attachante, son histoire plutôt plaisante.

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