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Du Salon des Refusés au mouvement des Impressionnistes, de jeune peintre désargenté à grand bourgeois tutoyant les huiles, du mari à l’amant… la vie de Claude Monet fut pour le moins plurielle. Chef de file, à son coeur défendant, d’un mouvement qui bouleversa la vision de la peinture au XIXe siècle, l’homme n’est finalement resté fidèle qu’à une seule quête : celle de la lumière absolue, qui viendrait éclairer toute son oeuvre de sa perfection.

Retracer une partie de la vie du peintre Claude Monet sous le biais d’un roman graphique, voici ce que nous proposent le scénariste Salva Rubio et le dessinateur espagnols Efa.

L’impressionnisme est mon courant pictural préféré. Lorsque je travaillais à Paris, j’adorais arpenter les salles qui lui sont consacrées au musée d’Orsay. Je ne me lassai pas de regarder les toiles de Pissaro, Renoir, Sisley, Cézanne, Degas, Caillebotte ou Berthe Morisot.

Et surtout celles de Claude Monet, le chef de file des impressionnistes. Cette biographie graphique ne pouvait que me plaire et ce fut le cas, d’autant que j’y ai appris beaucoup de choses car si j’adore les œuvres de ces peintres, je ne me suis jamais penché sur leurs vies et sur la naissance de ce courant révolutionnaire.

Salva Rubio a suivi une formation en histoire de l’art et lorsqu’il était étudiant à l’université Complutense, il a été totalement subjugué par un ouvrage : The history of Impressionnism de John Rewald. Cet essai, construit comme un roman, raconte les péripéties d’un groupe de rebelles se dressant contre l’ordre établi, les impressionnistes.

Rubio s’est inspiré de cet ouvrage mais s’est focalisé ici sur Claude Monet, le chef de file du mouvement. Résumer la vie complète de Monet en moins de 120 pages est impossible, l’auteur nous propose donc un aperçu de cette existence bien remplie. Et c’est Monet lui-même qui se souvient de son jeune temps alors qu’il est alité après son opération de la cataracte à la fin de son existence.

De sa rencontre avec Eugène Boudin à son apprentissage à l’académie de peinture en passant par sa rencontre avec ses frères d’armes, Renoir, Bazille, Sisley, Cézanne et Pissaro, le salon des refusés, les moqueries et critiques qu’il a essuyées, on suit Monet de la misère jusque dans sa marche vers le succès et la reconnaissance.

Pour Monet, il fallait se rebeller contre la dictature de l’Académie, qui voulait cantonner les peintres dans les ateliers. Monet estimait nécessaire de peindre au milieu de la nature et surtout peindre à la lumière naturelle, d’y faire jaillir les couleurs, mais aussi de privilégier les impressions, les sensations.

Malheureusement, les peintres bien établis dans le système vont batailler contre ces révolutionnaires et vont pouvoir compter sur les critiques et le public pour se ranger derrière eux. Pour Monet, qui n’est pas issu d’un milieu favorisé, cette lutte passe par des années de grande pauvreté mais il ne renoncera jamais à sa vision ni à ses pinceaux, refusant de trouver un travail qui lui aurait permis de subvenir aux besoins de sa famille.

Monet le nomade de la lumière est une bonne entrée en matière pour se familiariser avec la personnalité et l’œuvre de ce très grand peintre, d’autant qu’on y retrouve grâce au talent de Efa, le dessinateur, les toiles emblématiques de Monet.

Je recommande d’autant plus que ce roman graphique a obtenu l’aval de Hugues Gall, directeur de la Fondation Claude Monet et du musée de Giverny, un gage de qualité !

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