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Posts Tagged ‘sashenka simon montefiore’

Des dernières heures de l’empire des Romanov à la Russie post-perestroïka des années quatre-vingt-dix en passant par la terreur stalinienne, la destinée bouleversante d’une héroïne inoubliable. Dans la lignée du Docteur Jivago, une fresque éblouissante, par l’un des plus grands historiens de la Russie. Saint-Petersbourg, hiver 1916. Devant l’institut Smolny pour jeunes filles, Sashenka Zeitlin, jeune bourgeoise de dix-sept ans, est arrêtée. Dans une Russie tsariste au bord du gouffre, alors que sa mère continue de s’enivrer de fêtes avec Raspoutine et sa clique, Sashenka, elle, a choisi son camp. Celui de la révolution… Quelque vingt ans plus tard, Sashenka incarne la femme soviétique modèle. Épouse d’un haut cadre du parti, mère comblée de deux enfants, elle va pourtant s’abandonner à une passion torride pour un séduisant écrivain dont les idées vont se révéler dangereusement compromettantes. Jusqu’à mettre en péril la vie de ceux qu’elle aime… et la sienne. Pendant plus de cinquante ans, son histoire demeurera cachée. Jusqu’à ce qu’une jeune historienne plonge dans les archives du KGB et dévoile le destin d’une femme face à un choix impossible…

sashenka-simon-montefioreauteur-éditeur-pagesSashenka est un roman bouleversant qui nous raconte le destin d’une femme et à travers elle, celui d’un pays. Le récit se compose de 3 parties. La première, la moins convaincante d’ailleurs, met en scène une Sashenka adolescente, adhérente du parti communiste, qui assiste à la chute du tsar et à celle de sa famille en 1917. Dans la seconde, nous la retrouvons femme. Nous sommes en 1939. Sashenka a épousé un camarade, membre éminent du parti et elle est mère de deux jeunes enfants : Snowy et Carlo. Elle dirige un magazine féminin et représente la femme soviétique par excellence. La troisième se déroule en 1994, après la chute de l’URSS.

Tout commence donc en 1917, la baronne Zeitlin, alias camarade Isatis, est une jeune bolchévique exaltée, enrôlée par son oncle, pour porter la bonne parole révolutionnaire auprès du peuple. Fille unique, elle est la fille choyée de Samuil, un magnat de l’acier juif, anobli par le tsar. Sa mère, vit une vie de plaisirs, dans le sillage de la tsarine et de Raspoutine, elle n’a aucun instinct maternel et laisse sa fille à sa gouvernante, l’anglaise Lala. La jeune fille en souffre et jure de ne pas mener une vie aussi oisive que celle de sa mère. Elle aspire à la révolution et assiste avec délectation à la chute du tsar et à l’arrivée de Lénine au pouvoir. Cette première partie met donc en place l’histoire mais c’est celle qui m’a le moins convaincue, je l’ai trouvée plate, trop lente et longue mais que cela ne vous rebute surtout pas, le reste du roman est vraiment réussi.

Bond dans le temps, nous retrouvons notre héroïne en 1939, après la Grande Terreur. Elle a épousé Vania Palitsine, un camarade rencontré en 1917, qu’elle a épousé. C’est un membre éminent du parti, il appartient à la Tchéka, la police politique de Staline, chargé de faire avouer les traites. C’est en fait un bourreau qui passe ses nuits à torturer hommes et femmes pour qu’ils avouent des crimes qu’ils n’ont pas commis. Sashenka est désormais maman de deux jeunes enfants qu’elle aime plus que tout. Elle est rédactrice en chef et mène une vie confortable, celle des cadres du parti, choyés par Staline. Toute cette normalité va voler en éclats lorsqu’elle rencontre Bénia, un romancier juif qui devient son amant. Elle, qui jusqu’ici n’a vécu que pour le parti, se découvre femme amoureuse. Amoureuse et imprudente, car elle qui personnifie la femme soviétique par excellence, va payer cher sa tentative de liberté. On découvrira dans la 3è partie ce qu’est devenue Sashenka grâce à Katinka, une jeune historienne qui va explorer les archives soviétiques.

Simon Montefiore nous livre ici un émouvant et très beau portrait de femme. Attachante, Sashenka l’est assurément, tout comme ses enfants, et cette plongée au coeur de la Russie staliennienne, si elle se révèle passionnante, elle est aussi effrayante. Le dictateur a fait assassiné et déporter des millions d’hommes, de femmes et d’enfants, rien que pendant la Grande Terreur (de 1937 à 1939) ce sont pas moins d’un million de personnes qui seront exécutés. L’auteur, récompensé pour sa biographie de Staline, connait l’URRS sur le bout des doigts et nous plonge au cœur de ces mascarades de procès politiques. Il nous décrit avec justesse le climat de terreur qu’il régnait sous Staline, à tel point que même les cadres les plus irréprochables avaient peur de se faire dénoncer et fusiller. Staline règne sans partage et fait éliminer tous ses possibles opposants et les membres historiques du parti. Si cette période vous intéresse, je vous conseille ce roman, j’y ai pour ma part appris beaucoup de choses.  On pourra toutefois reprocher à l’auteur d’avoir fait rencontrer à son héroïne toutes les personnes qui comptaient à l’époque et d’avoir usé de certaines ficelles un peu trop fleur bleue, mais sa maitrise du sujet et son écriture fluide font de ce roman, un très joli moment de lecture.

Sashenka est un roman bouleversant, prenant, haletant, réaliste sur l’URSS, sur la mémoire et sur les victimes des purges. J’ai beaucoup aimé.

heart_4Lu dans le cadre des challenges God save the livre et ABC Babelio 2012-2013 :

  Challenge-anglais     critiquesABC2013

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