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Posts Tagged ‘seconde guerre mondiale’

Avant de s’installer à Brighton avec son mari et ses deux enfants, Jenny Ashcroft a vécu de nombreuses années en Australie et en Asie, ce qui lui a inspiré une passion pour les histoires ayant pour toile de fond les lieux exotiques. Elle est diplômée en histoire et a toujours été fascinée par le passé – en particulier par la façon dont les événements extraordinaires affectent la vie des gens ordinaires. Une île en Orient est son deuxième roman.

Singapour, 1897. À vingt ans, Harriet et Mae Grafton sont des jumelles nées d’une liaison scandaleuse. Alors qu’elles sont rejetées par la bonne société, elles ne peuvent que compter l’une sur l’autre.

Mais lorsque leur riche bienfaiteur, qui n’est autre que leur père naturel, les envoie à Singapour, afin que l’une d’entre elles épouse David Keeley, pressenti pour être le nouveau gouverneur de l’île. Si Mae n’a rien contre, Harriet ne veut pas en entendre parler.

Lors d’une soirée, elles font la connaissance du mystérieux Alex Blake, et en sont très vite éprises. Leur relation se détériore car Mae en vient à jalouser sa soeur qu’Alex et David souhaitent épouser…

Singapour, 1941. Petite-fille de Mae, Ivy Harcourt travaille à Londres et est affectée à Singapour, alors sous la menace d’une invasion japonaise.

Même si Ivy redoute de vivre sur cette île qui lui est totalement étrangère, elle n’est pas du tout préparée à ce qui l’y attend : des inconnus surgissant du passé de sa grand-mère, une histoire d’amour inattendue et un secret qui n’attend que d’être découvert…

Une île en Orient attendait bien sagement dans ma PAL depuis quelques mois, en prévision de l’été car la couverture, très jolie et clairement estivale, m’incitait vraiment à le découvrir à la belle saison.

Roman à double temporalité, en 1897 et en 1941, et à deux voix, nous suivons tour à tour Mae lors de son séjour à Singapour en 1897 alors que jeune fille, elle espère trouver un mari et accéder à la respectabilité, elle dont la naissance est entachée de scandale.

Et en 1941, c’est Ivy Harcourt, sa petite-fille, marquée par la mort de son ancien amoureux allemand tombé au combat et d’un bombardement londonien qui l’avait enseveli pendant plusieurs heures durant. Parlant couramment allemand et japonais, elle travaille pour l’espionnage anglais et elle est envoyée à Singapour, alors menacée d’attaque par les japonais.

Deux grandes histoires d’amour, des secrets de famille, une trahison bouleversante, la guerre : voilà les éléments clés de cette histoire qui réserve son lot de surprises et de suspens.

Bien que le récit ne manque pas de longueurs dont on aurait pu clairement se passer, Jenny Ashcroft nous propose avec ce second roman, le premier publié en français, un véritable page-turner totalement dépaysant puisqu’il se passe quasi-exclusivement à Singapour, une île au large de la Malaisie alors sous protectorat anglais.

Je me suis passionnée pour la partie qui se passe en 1897 autour d’Harriet, Mae, David et Alex que j’ai trouvé intéressante même si, pour moi, elle manque à certains moments de crédibilité.

J’ai beaucoup aimé Harriet, sa forte personnalité et son histoire d’amour avec Alex. Mae fait pâle figure à côté d’elle mais elle est très représentative des jeunes filles de cet époque. Quant à David, il est détestable de bout en bout. On peut reprocher à l’autrice un peu de caricature dans la psychologie de ses personnages mais cela ne m’a pas dérangé outre mesure.

Les thèmes abordés dans cette partie ne manquent pas d’intérêt : l’origine scandaleuse des jeunes filles, la volonté d’indépendance, le mariage, la trahison, la manipulation, l’amour impossible… et apportent une touche sulfureuse et suggestive assez captivante.

La partie en 1941 est plus convenue et porte essentiellement sur l’histoire d’amour entre Ivy et Kit et surtout la guerre dans le Pacifique avec les combats, les camps de prisonniers… Si j’ai trouvé ces deux personnages sympathiques, leur histoire a un tel air de déjà vu, qu’elle ne m’a guère intéressée et que j’ai lu bien des pages en diagonale même si d’un point de vue purement historique, c’est intéressant.

Vous l’aurez compris, un avis en demi-teinte et une petite déception pour moi que cette saga fleuve qui n’a pas su complètement me captiver.

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Christine Féret-Fleury est autrice et anime en parallèle des ateliers d’écriture. Elle a publié plus d’une cinquantaine de romans pour la jeunesse. Charlotte Bousquet est philosophe de formation. Editrice et autrice, elle a notamment publié Là où tombent les anges, Prix du Jury du Livre numérique. Fabien Fernandez est auteur, illustrateur, graphiste et travaille sur des jeux de rôles. Il a scénarisé des bandes dessinées publie des romans.

Mars 2020, la France entre en confinement et le personnel médical est sur la brèche. Lorsque son père médecin hospitalier l’envoie chez Arlette, une ancienne infirmière de 93 ans à l’internet vacillant, Nina est persuadée qu’elle va vivre le pire des confinements.

Mais bientôt, alors qu’elle fouille dans la cave pour tromper son ennui, la jeune fille découvre dans une malle la photo jaunie d’un garçon… qu’elle a déjà croisé dans l’escalier.

Ce portrait replonge Arlette dans un douloureux passé, celui de la guerre, d’un amour interdit et d’une blessure jamais refermée.

Nina a-t-elle vraiment pu rencontrer Natan, cet adolescent juif qui a vécu caché dans l’immeuble pendant la Seconde Guerre mondiale ?

Sauront-ils tous les deux dénouer les fils des sombres événements qui se sont déroulés 78 ans plus tôt ?

L’étrange garçon qui vivait sous les toits est un roman à trois voix, Nina – Arlette – Natan, écrit à six mains par trois auteurs spécialisés en jeunesse Charlotte Bousquet, Christine Féret-Fleury et Fabien Fernandez.

Dans ce très court roman qui questionne sur l’enfermement, les auteurs proposent à leurs lecteurs à partir de 12 ans, un roman très actuel mais aussi tourné vers le passé, à une époque où les juifs ont du se cacher pour ne pas se faire rafler.

Lorsqu’on lit les pensées de Natan, on ne peut que penser à Anne Franck. L’adolescent et sa soeur jumelle, recueillis par leur tante, doivent se cacher de tous car en cet été 42, les dénonciations vont bon train et la rafle du Vel d’Hiv s’organise. Ils ne doivent pas sortir, faire du bruit, etc sous peine d’être découverts.

La situation de ce jeune garçon caché par sa famille en 1942 relative notre confinement comme va le constater Nina, une ado de 2020 qui vit mal le fait d’être coupée de son père, de ses amies et privée de toute vie sociale.

Arlette, l’ancienne infirmière chez qui Nina loge, a toujours mené une vie libre, sans attache et héberge régulièrement des homosexuel.les. chassés de chez leurs parents à cause de leur orientation sexuelle.

Au fil du récit, on comprend pourquoi elle agit ainsi et la raison de son célibat. Elle n’a jamais pu oublier son premier amour né sous les toits de son immeuble au beau milieu de l’été 42.

Deux ados d’époque différente et une vieille dame qui fait le lien entre les deux puisqu’Arlette vivait dans l’immeuble quand Natan et sa soeur jumelle s’y cachaient. Il y a même une petite touche de fantastique pour expliquer comment Natan peut encore être présent dans l’immeuble, 78 ans après les faits.

J’ai trouvé ce roman très bien pensé et intelligent. Les auteurs ont saisi le mot « guerre » prononcé à de nombreuses reprises lors de la prise de parole d’Emmanuel Macron nous annonçant le confinement, pour rapprocher deux époques et faire un parallèle avec la situation des juifs pendant la seconde guerre mondiale.

C’est bien vu et judicieux d’autant que les auteurs en profitent aussi pour mettre le doigt sur des faits vraiment peu glorieux du printemps 2020, lorsque des gens ont exhorté leurs voisins issus du personnel médical de déménager afin qu’ils ne ramènent pas le virus dans leurs immeubles. Comme quoi l’histoire est un éternel recommencement !

J’ai beaucoup aimé suivre les trois protagonistes de ce récit. Chaque narrateur a sa voix, sa personnalité et je suppose qu’un auteur différent se cachait derrière chacun d’eux.

En une centaine de pages, les auteurs abordent des thèmes forts tels que la dénonciation, la condition des juifs pendant la guerre, le marché noir mais aussi des thèmes plus actuels tels que le confinement et l’homosexualité.

Une lecture très intéressante et poignante dont je n’ai fait qu’une bouchée, je ne peux que vous la conseiller si ces thématiques vous intéressent.

Un grand merci aux éditions Slalom pour cette petite pépite, j’ai adoré !

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Kiku Hughes est une jeune auteure américano-japonaise qui vit dans la région de Seattle où elle crée des histoires de romance et de science-fiction sur le thème de l’identité. Les indésirables est son premier album.

Kiku a 16 ans alors que la campagne électorale qui va mener Donald Trump au pouvoir fait rage. Americano-japonaise, elle se sent déconnectée de son héritage japonais et en sait peu sur l’histoire de sa famille qui cultive le secret.

Alors qu’elle est en vacances avec sa mère à San Francisco, elle se retrouve brusquement dans les années 1940, propulsée dans un des camps qui a fleuri sur le territoire américain au lendemain de Pearl Harbor.

Parquée, Kiku partage le quotidien de sa jeune grand-mère et de 120 000 citoyens nippo-américains déchus de tous leurs droits civiques par leur propre gouvernement, car accusés d’être des ennemis de la nation…

Les indésirables de Kiku Hughes met un coup de projecteur sur un épisode plutôt méconnu de la seconde guerre mondiale : le sort des ressortissants japonais sur le sol américain au lendemain de l’attaque de Pearl Harbour.

Avec quelques touches de fantastique, l’autrice et illustratrice retrace le sort des japonais déchus de leurs droits et parqués dans des camps tout en rendant hommage à sa grand-mère et à ses arrières-grands-parents, eux-mêmes détenus.

Un récit devoir de mémoire réussi et très intéressant sur cette déjaponisation par le pouvoir qui fait que les descendants de ces victimes sont tellement devenus américains qu’ils ne savent souvent pas parler japonais et ne connaissent rien de leur héritage nippon.

Je savais que l’on avait interné les japonais pendant la guerre mais j’ignorai tout de leur quotidien et du traitement dont ils avaient fait l’objet. Pour ne plus être considérés comme les ennemis de l’oncle Sam, ils ont du renié leurs origines, refusé que leurs enfants apprennent leur langue, leurs traditions… une effroyable perte pour ces descendants qui méconnaissent tout de leur héritage.

Tout au long du récit, l’autrice n’est jamais dans le jugement, elle rappelle les faits tels qu’ils se sont passés avec justesse et sans aucun pathos. Elle n’oublie rien de l’humiliation, de la peur, de l’indignation des prisonniers mais elle met aussi en avant toute la solidarité et l’entraide de ces hommes et femmes réunis malgré eux.

Kiku Hughes n’oublie pas non plus d’ancrer son récit dans la société américaine d’aujourd’hui et met en parallèle le sort de ces japonais avec ceux des mexicains du XXIè siècle et ce mur de la honte voulu par Trump.

Vous l’aurez compris, un roman graphique important par son travail de mémoire, qui aborde des évènements dont il faut continuer à parler, à mettre entre toutes les mains. Je compte bien pour ma part le faire découvrir à mes ados qui abordent la seconde guerre mondiale en ce moment dans leur programme d’histoire.

Merci aux éditions Rue de Sèvres pour cette lecture instructive et pleine d’émotion, j’ai adoré !

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois et du Pumpkin Automne Challenge :

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Ann Mah est journaliste et écrivain. Elle vit entre Paris et Washington. Passionnée de voyages et de cuisine elle écrit régulièrement pour de nombreux journaux et magazines américains comme Le New-York Times, Vogue ou Condé Nast.
Elle a remporté le prix des lectrices de Elle aux Etats-Unis pour son essai Mastering the Art of French Eating en 2013.

Pour faire partie des rares experts en vins certifiés au monde, Kate doit réussir le très prestigieux concours de Master of Wine. Sur les conseils de son mentor, elle fait le choix de se rendre en Bourgogne, dans le domaine appartenant à sa famille depuis des générations.

Elle pourra y approfondir ses connaissances sur le vignoble et se rapprocher de son cousin Nico et de sa femme, Heather, qui gèrent l’exploitation. La seule personne que Kate n’a guère envie de retrouver, c’est Jean-Luc, un jeune et talentueux vigneron, son premier amour qu’elle a refusé d’épouser quelques années plus tôt.

Alors qu’elle se lance dans le rangement de l’immense cave avec Heather, elle découvre une chambre secrète contenant un lit de camp, des tracts écrits par la Résistance et une cachette pleine de grands crus.

Intriguée, Kate commence à explorer l’histoire familiale, une quête qui la mènera aux jours les plus sombres de la Seconde Guerre mondiale et à des révélations très inattendues.

Vous commencez à connaître la chanson si vous me lisez régulièrement mais j’aime beaucoup les romans historiques, les secrets de famille et notamment ceux qui sont portés par deux héroïnes à deux époques différentes.

La mémoire des vignes fait indéniablement parti de cette catégorie puisque nous suivons tour à tour Kate de nos jours, une franco-américaine, de retour sur les terres familiales et Hélène-Marie, pendant la seconde guerre mondiale, sa grand-tante dont elle et la jeune génération ignoraient l’existence.

La partie au présent nous immerge dans le monde de la viticulture avec les vignes, les vendanges, le métier de vigneron, les difficultés d’en vivre et de faire côtoyer méthodes ancestrales, tenants de la tradition et marketing. Et le métier d’oenologue qu’exerce Kate. Cette partie est plutôt intéressante, Ann Mah s’est très bien documentée et on apprend une foule de choses à cette lecture lorsque l’on est, comme moi, totalement néophyte sur le sujet.

Les recherches que font Kate et Heather sur Hélène-Marie dont elles découvrent l’existence, sont passionnantes à suivre. Auprès des deux jeunes femmes, on lève le voile sur les secrets honteux de la famille au grand dam du patriarche qui refuse absolument qu’elles remuent le passé.

La partie au passé est très intéressante. Auprès d’Hélène-Marie, on assiste aux réunions de la Résistance, aux arrestations, aux actions de celles et ceux qui avaient décidé de résister à l’Occupant, la faim et le froid qui les étreignent. On voit aussi ceux qui collaborent, qui recourrent au marché noir ou dénoncent les membres de leurs familles lorsqu’ils découvrent qu’ils appartiennent à la Résistance. On suit aussi la vague d’épuration qui va toucher les femmes.

Mais il n’y a pas que des points positifs dans ce roman : il y a tout de même beaucoup de longueurs, des pages entières de dialogues ou de narrations totalement inutiles à l’intrigue et une histoire d’amour qui n’était absolument pas indispensable.

Il y a également pour moi des maladresses au niveau de la narration au passé, l’autrice passe d’extraits du journal intime d’Hélène-Marie à des pages entières de récit comprenant des dialogues : pourquoi avoir mélangé les deux ? J’aurai préféré un réel roman à deux voix que le choix qu’a fait Ann Mah qui apporte du déséquilibre au récit.

Une lecture prenante et agréable malgré tout, idéale à lire en automne !

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Régis Delpeuch a été enseignant durant vingt ans, directeur éditorial adjoint et directeur de la communication de la SEDRAP (Société d’Édition et de Diffusion pour la Recherche et l’Action Pédagogique) avant de se consacrer exclusivement à l’écriture. En 2001, il a créé le salon du livre jeunesse Lecteurs en Herbe. Chez Scrineo, il est l’auteur de la série « Mamie Polar »s (+ de 15 000 exemplaires vendus) et du roman L’enfant d’Oradour.

16 juillet 1942. Sarah Lichtszejn et sa mère Maria sont arrêtées et emmenées au Vel d’Hiv. Contre toute attente, elles arrivent à s’en échapper assez facilement et vont parvenir à se cacher des nazis pendant deux longues années sous une fausse identité grâce à la complicité de leur famille et de leurs amis.

Jusqu’au 24 mai 1944, 7 heures où deux jeunes policiers en civil, tête nue, les arrêtent suite à une lettre de dénonciation. Elles sont d’abord conduites à Drancy où elles vont séjourner quelques semaines avant d’être envoyées dans l’enfer du camp d’Auschwitz-Birkenau…

Vous ne nous séparerez pas raconte l’histoire vraie de Sarah Lichtszejn-Montard, âgée de quatorze ans au début du roman et de sa mère Maria, réfugiée polonaise, échappées du Val d’Hiv et rescapées du camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau.

Sous la plume de Régis Delpeuch, on découvre le récit poignant de ces deux survivantes plongées au coeur de l’enfer nazi. L’histoire, criante de vérité, permettra aux adolescent.e.s, qui abordent la Shoah lors de leur programme d’histoire de 3ème, de se rendre mieux compte du calvaire des juifs pendant la guerre.

Ils pourront facilement s’identifier à Sarah qui, à leur âge, subit la peur, le froid, la faim et qui réussit à ne pas sombrer dans le désespoir et à survivre à la solution finale grâce à sa volonté et sau soutien sans faille de sa mère qui ne va jamais cesser de battre.

Régis Delpeuch connait très bien son sujet, l’histoire est bien traitée et documentée, il a pu rencontrer et interroger son héroïne, toujours vivante et cela ce sent tout au long du récit, l’auteur s’est appliqué au mieux à retranscrire ce que vit Sarah et sa mère. Pendant plus de vingt-cinq ans, cette rescapée de la Shoah a raconté inlassablements dans les collèges et les lycées, ce qu’elle a vécu durant la Seconde Guerre Mondiale.

Bien que connaissant plutôt bien cette période et le drame de la Shoah, j’ai été emportée par cette histoire, émue par ce qu’ont vécu Sarah et Maria et je compte bien faire lire ce roman à mes ados car il montre la réalité tout en n’étant jamais tire-larmes.

Cerise sur le gâteau, il y a un gros dossier documentaire à la fin de l’ouvrage avec des repères datés, des photos, un glossaire, une interview de Sarah Montard… qui permettront aux jeunes lecteurs et aux autres d’approfondir leurs connaissances.

Un ouvrage à mettre entre toutes les mains bien sûr et j’en profite pour remercier les éditions Scrinéo pour l’avoir mis entre les miennes !

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Née à Rio, Luize Valente est passionnée d’histoire. Elle est journaliste et réalisatrice de documentaires. Sonate pour Haya, son premier roman traduit en français, est un best-seller au Brésil.

Lisbonne, 1999. Amalia, une jeune avocate portugaise, ignore tout de sa famille paternelle et n’ose pas questionner son père à ce sujet. Hermann, d’origine allemande, a coupé les ponts avec les siens, honteux de la part qu’ont pu prendre ses ascendants dans le régime nazi.

Quand elle surprend une conversation concernant son arrière-grand-mère allemande, Frida, veuve d’un haut dignitaire du IIIè reich, Amalia décide de partir pour Berlin afin de la rencontrer.

Dépositaire du passé familial, cette femme centenaire lui lègue une partition intitulée Sonate pour Haya en plus de nombreuses révélations, avant de quitter le monde paisiblement.

Amalia comprend alors que son grand-père Friedrich, dont elle ignorait jusqu’alors l’existence et les faces sombres de sa vie, pourrait se trouver quelque part à Rio, toujours en vie.

Décidée à découvrir la vérité, Amalia traverse l’océan pour partir à sa rencontre…

Avec Sonate pour Haya, la journaliste et réalisatrice brésilienne Luize Valente, nous propose une grande saga familiale sur la rédemption.

De Lisbonne à Rio en passant par Berlin, Postdam et le camp de concentration d’Auschwitz, l’autrice nous raconte la quête d’une jeune femme pour découvrir le passé de sa famille et celle de Haya pour laquelle Friedrich a composé une sonate.

Le roman aborde avec grand réalisme l’histoire de la famille Eisen, implantée depuis plus d’un siècle à Berlin. Le grand-père est imprimeur, l’oncle, libraire et le père médecin lorsqu’Hitler arrive au pouvoir.

Ils vont subir, comme des millions de juifs, les lois anti-juives du IIIè reich, les persécutions et tous les évènements qui jalonnent la montée du nazisme. Après la nuit de cristal, ils sont contraints de tout vendre et seront acculés à la ruine, à l’exil, connaitront le ghetto et le camp d’Auschwitz.

Leur trajectoire, semblable à celle des autres juifs allemands, est ici racontée avec précision et justesse par Luize Valente, et cette histoire m’a touchée et bouleversée. On ne tombe jamais dans le pathos ou le misérabilisme mais la force et l’intensité du roman font vraiment mouche.

En alternance, les chapitres nous plongent dans l’histoire de la famille d’Adèle de 1938 à 1945 et au moment où Amalia mène son enquête en 1999. La partie contemporaine ne manque pas d’intérêt mais bien sûr j’ai préféré celle qui se déroule dans le passé, j’ai trouvé ces moments très durs à accepter, émouvants, tellement effrayants que même en sachant toutes les atrocités commises, on a peine à y croire et ça fait froid dans le dos.

Les personnages sont bien travaillés, ils ont une épaisseur, des failles et sont très réalistes que ce soit dans la partie contemporaine et historique.

L’autrice montre également que si une grande majorité des allemands étaient des admirateurs du führer, ne montrant aucune compassion envers leurs collègues et voisins juifs, se réjouissant même de leurs malheurs, elle n’en oublie pas que tous les allemands ne sont pas à mettre dans le même sac, montrant les résistants allemands, les opposants politiques, homosexuels, tsiganes, handicapés, tous ceux que le régime a broyé.

J’ai beaucoup aimé cette histoire très bien documentée, les personnages qui la traversent. La plume de l’autrice est agréable à lire et j’ai littéralement dévoré ce roman, pressée de savoir ce qu’était advenu des membres de la famille Eisen et de Friedrich.

La figure du grand-père de Friedrich, communiste et résistant, en rupture avec sa fille, mariée à un abject admirateur d’Hitler, est très intéressante et rappelle que certains allemands ont lutté contre le régime, ont tenté de protéger leurs amis juifs en leur procurant des papiers ou en leur achetant leurs biens dans le but de les leur rendre, une fois les nazis chassés du pouvoir.

Pour conclure, un roman passionnant et plein de suspens, une histoire sombre mais aussi pleine d’espoir qui montre que la résilience n’est pas un vain mot.

Un grand merci aux éditions Les Escales pour cette lecture bouleversante !

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Après des études de lettres, Catherine Ganz-Muller devient monteuse dans le cinéma. Passionnée de littérature, elle ouvre une librairie à Paris puis se tourne vers le métier de bibliothécaire. Elle a écrit des articles pour des magazines, des nouvelles, des romans pour les adolescents, un roman pour enfant lauréat du prix Chronos 2010, des romans pour adultes.

Cologne, Allemagne, 1934. Poussé à l’exil par les lois anti-juives, le libraire Alexander Mendel est obligé, la mort dans l’âme, de s’exiler en France avec sa famille.

Il confie sa librairie, fondée plusieurs décennies auparavant, à son jeune employé, Hans Schreiber, en qui il a toute confiance et qui lui a promis de garder la librairie pour lui en son absence.

Le jeune homme, orphelin de père suite à la première guerre mondiale, fréquente la librairie depuis son enfance et a trouvé en Alexander, un père de substitution. Pour lui, le régime nazi et son aryanisme sont des aberrations et il les exècre de tout son coeur.

Par fidélité à son mentor et par haine du régime nazi, Hans décide de se battre, malgré les menaces et les bombes, pour que la Librairie bibliothèque, ce lieu d’érudition chaleureuse qui permet “que chacun ait la possibilité d’avoir un livre dans les mains, qu’il soit riche ou pauvre” continue à vivre dans cette période tragique.

Avec Le libraire de Cologne, Catherine Ganz-Muller nous invite à lire le combat d’un libraire allemand de 1934 à 1945. Une histoire inspirée de la réalité, celle de la librairie Lengfeld fondée le 1er juillet 1842, propriété de la famille Ganz, forcée de la vendre à Hans Schmitt en 1934, qui va lutter tout au long de la guerre pour sa sauvegarde.

Le roman, à destination des 14 ans et plus, aborde avec grand réalisme les lois anti-juives du IIIè reich et n’omet rien des persécutions que les juifs subirent ni des évènements qui jalonnent la montée du nazisme.

L’autrice montre également que si une grande majorité des allemands étaient des admirateurs du führer, ne montrant aucune compassion envers leurs collègues et voisins, se réjouissant même de leurs malheurs, elle n’en oublie pas que tous les allemands ne sont pas à mettre dans le même sac.

Certains ont lutté contre le régime, entrant en résistance et le payant bien souvent de leurs vies, c’est ce que va faire Hans Schreiber : il va résister aux nazis, avec les deux autres employés de la librairie qui vont l’aider à tenir la barre mais aussi des voisins et des clients qui vont continuer à fréquenter les lieux, lui permettant de survivre.

La figure centrale du récit c’est bien sûr cette librairie bibliothèque fondée par Mandel dont le but est avant tout la diffusion des livres et non faire commerce à tout prix. Chacun peut passer ses journées dans le coin bibliothèque à lire, c’est ainsi qu’il fait la connaissance du jeune Hans qui va devenir son apprenti, puis son bras droit.

L’autre figure importante, c’est bien sûr Hans, un homme bon, qui reprend le flambeau de son mentor, animé par l’amour des livres mais aussi fidèle à la famille Mendel avec qui il continue de correspondre pendant la totalité de la guerre.

Attaquée par les décrets nazis, bombardée, éventrée, pillée la librairie de Cologne va subsister par la volonté et le courage sans faille d’Hans mais aussi d’alliés inattendus.

J’ai beaucoup aimé cette histoire très bien documentée, les personnages qui la traversent et je trouve que ce roman devrait être étudié en classe de 3è, le nazisme et la seconde guerre mondiale étant au programme, ce livre est parfait pour familiariser les jeunes lecteurs à l’Histoire.

Cerise sur le gâteau : l’auteure a eu la bonne idée d’ajouter en fin d’ouvrage une notice chronologique et des explications sur le vocabulaire de la seconde guerre mondiale afin que les jeunes puissent avoir toutes les informations importantes sous la main.

Pour conclure, un roman passionnant et plein de suspens, une histoire sombre mais aussi pleine d’espoir qui montre aux adolescents que même lorsque règnent la haine et la terreur, la lumière vient des livres, véritables fenêtres de liberté, à préserver à tous prix.

Un grand merci aux éditions Scrinéo pour cette lecture à découvrir absolument !

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Lu dans le cadre du Cold Winter challenge et du challenge 1 pavé par mois  :

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Fille de militaire, Sarah McCoy a déménagé toute son enfance au gré des affectations de son père. Elle a ainsi vécu en Allemagne, où elle a souvent séjourné depuis. Résidant actuellement à El Paso au Texas, elle donne des cours d’écriture à l’université tout en se consacrant à la rédaction de ses romans. Un goût de cannelle et d’espoir (Les Escales, 2014) est son premier ouvrage publié en France. Depuis, ont paru aux éditions Michel Lafon Un parfum d’encre et de liberté (2016), Le Souffle des feuilles et des promesses (2017) et Le Bruissement du papier et des désirs (2019).

Allemagne, 1944. A Garmish, près de Dachau, malgré les restrictions, les pâtisseries fument à la boulangerie Schmidt. Entre ses parents patriotes, sa sœur volontaire au Lebensborn et son prétendant haut placé dans l’armée nazie, la jeune Elsie, 16 ans, vit de cannelle et d’insouciance.

Jusqu’à cette nuit de Noël, où vient toquer à sa porte un petit garçon juif, échappé des camps. Si elle le recueille et le protège, elle met sa famille en danger. Mais si elle refuse, elle le condamne à une mort certaine.

Soixante ans plus tard, au Texas, la journaliste Reba Adams, vit une relation compliquée avec un jeune mexicain, fraîchement naturalisé américain, qui patrouille à El Paso.

Reba cherche des témoignages sur les Noëls allemands et choisit la pâtisserie allemande d’Elsie. La vieille femme va lui raconter le dernier Noël qu’elle a passé en Allemagne…

Un goût de cannelle et d’espoir attendait sagement son tour dans ma PAL depuis quelques années maintenant, échaudée par ma lecture d’un autre roman de Sarah McCoy que je n’avais pas du tout aimé Un parfum d’encre et de liberté.

N’est pas Kate Morton qui veut et Sarah McCoy est loin d’avoir, à mon sens, le talent de la romancière australienne. Si le récit au passé est bien construit, bien documenté, porté par une héroïne terriblement attachante, le récit au présent fut une fois encore d’un ennui mortel, mené par une héroïne aussi fade qu’antipathique.

Avec Elsie, on est plongé dans les six derniers mois de la guerre au cœur même de l’Allemagne nazie, non loin du camp de Dachau. Elle a seize ans et est loin d’être aussi endoctrinée que sa sœur Hazel, volontaire pour donner à son pays, de bons petits aryens, au sein d’un Lebensborn.

Elsie, elle, est passionnée de pâtisserie, elle n’exècre pas les juifs et se voile plutôt la face lorsqu’elle est confrontée à la barbarie nazie, et se rapproche, malgré elle, de militaires nazis, pour faire plaisir à ses parents.

Seulement, lorsqu’elle rencontre Tobias, tout change et la jeune fille va se révéler pleine de courage pour sauver cet enfant innocent.

Lorsque les romanciers s’attaquent à la seconde guerre mondiale, ils prennent pour héros, des collaborateurs, des résistants ou des juifs. Ce qui est intéressant ici, c’est que l’on est dans une zone grise, où les gens ne sont ni bons ni méchants : pas de théoriciens ou d’idéalistes du nazisme mais des officiers SS qui suivent les ordres malgré leur conscience et des personnes ordinaires qui se compromettent par idéal, par intérêt ou par lâcheté.

Sarah McCoy montre aussi que tous les allemands n’étaient pas des nazis : Elsie fuyait les jeunesses hitlériennes et n’a aucune sympathie pour le régime du IIIè reich, l’une de ses voisines venait en aide aux juifs en les cachant puis en les exfiltrant vers la Suisse et sa sœur va finir par ouvrir les yeux sur la réalité des Lebensborns.

Tous ces passages pendant la guerre se révèlent passionnants à suivre, je ne peux pas en dire autant de la partie contemporaine. Je comprends le parallèle qu’a voulu faire l’autrice avec les réfugiés mexicains, fuyant la misère de leur pays, en quête d’un avenir meilleur aux Etats-Unis, impitoyablement pourchassés par les garde-frontières, mais elle s’y prend mal.

Comme je l’ai dit plus haut, Reba est loin d’être sympathique et se révèle très caricaturale. Cette histoire contemporaine est de plus bancale et mal maitrisée et au final, j’ai lu ces passages en diagonale !

Pour conclure, je pense que cette autrice n’est pas faite pour moi car si j’apprécie ses incursions au passé, je fuis ceux au présent et je ressors de cette lecture plutôt déçue qu’enthousiaste.

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Née dans le sud de l’Angleterre, titulaire d’un diplôme en histoire américaine, A. J. Pearce travaille dans le marketing. Elle cultive depuis l’enfance une passion pour la presse magazine et collectionne les revues publiées pendant la Seconde Guerre mondiale. C’est d’ailleurs en découvrant un exemplaire de Woman’s Own daté de 1939 que lui est venue l’idée de son premier roman, Chère Mrs Bird (Belfond, 2018).

Londres, 1940. Devenir correspondante de guerre, partir sur le front, braver tous les dangers, Emmy ne rêve que de ça.

Par un morne après-midi de décembre, Emmy tombe sur une petite annonce du London Evening Chronicle : le prestigieux quotidien recherche une assistante.
La jeune fille, qui depuis toujours se rêve grand reporter, postule sans attendre ni poser de questions sur la nature exacte du travail. Elle se voit déjà sauter dans le dernier avion pour un pays lointain et publier des articles brûlants sur la guerre.

La déception est grande quand elle se retrouve dans un bureau-cagibi du Woman’s Friend à rédiger des réponses convenues aux lectrices d’un magazine poussiéreux, sous la stricte férule de la revêche Mrs Bird. Mais attention, seules les demandes les plus vertueuses se verront offrir une réponse, de préférence expéditive, dans les colonnes du journal.

Problèmes amoureux, opinions politiques, questions intimes ou morales finiront impitoyablement leur course dans la corbeille de Mrs Bird. Un cas de conscience pour Emmy : alors que le pays sombre sous le Blitz, comment refuser à ses concitoyennes restées à l’arrière, le soutien amical qui leur manque ?

Mais l’heure est venue de la résistance féminine. Emmy refuse de s’avouer vaincue. Elle a un plan culotté….

Chère Mrs Bird figurait en bonne place sur ma wishs-list depuis sa parution dans l’excellente collection Le cercle Belfond en 2018. Il n’a donc pas eu le temps de croupir dans ma PAL et j’ai eu le plaisir de commencer cette nouvelle année en sa compagnie, et j’ai bien fait car j’ai beaucoup aimé cette histoire.

Dans la droite lignée du Cercle Littéraire des amateurs d’épluchures de patates et de La chorale des dames de Chilbury, Mrs Bird s’attache à nous raconter le quotidien des femmes pendant le Blitz qui a frappé Londres dès 1940. Plein de charme et d’humour, ce roman est une véritable ode à l’amitié, à la générosité, à l’entraide et au courage des femmes pendant les seconde guerre mondiale. L’écriture est fluide et plaisante à lire et les pages se tournent toutes seules.

Ce premier roman signé A.J. Pearce est très bien documenté, l’autrice est passionnée par ce conflit et la presse et cela se sent à la lecture. Avec Emmy et sa meilleure amie Bunty, on est plongé au cœur de la capitale anglaise pendant les bombardements allemands et c’est véritablement passionnant.

Avec elles, on vit le quotidien des femmes confrontées chaque jour à l’horreur : rationnement, les nuits dans les abris anti bombardements, la peur pour les hommes partis au front, les immeubles éventrés, l’effort de guerre avec les soirées de bénévolat, le travail des pompiers et des secours lors des bombardements… et on se rend compte qu’ici chacun est égal devant la mort et la mutilation : les enfants, les vieillards, les commerçants, secouristes… les horreurs de la guerre touchent tout le monde au hasard des bombes allemandes.

J’ai aussi beaucoup aimé le fait que tout soit raconté à travers le regard d’une jeune femme spontanée pas forcément très mature et spontanée, trop pour rentrer dans le moule imposé par sa patronne, et qui va oser braver les interdits pour aider les femmes qui écrivent au journal. Elle apporte beaucoup de fraicheur et d’humour au récit.

Son envie de s’accomplir dans son métier, d’être indépendante et de ne pas chercher à se marier à tout prix en font un personnage féministe que l’on a plaisir à suivre.

L’amitié entre Emmy et Bunty est aussi très touchante, elles sont attachantes tout comme la galerie de personnages inventée par A.J Pearce, à l’exception de la terrible Mrs Bird !

Si vous aimez cette période de l’histoire et que vous cherchez un roman un peu original sur cette période, je ne peux que vous conseiller Chère Mrs Bird.

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Traduit en 18 langues, Un sac de billes, livre d’une exceptionnelle qualité, est un des plus grands succès de librairie de ces dix dernières années.

Paris, XVIIIème arrondissement, 1941. Joseph a dix ans. Il vit au-dessus du salon de coiffure familial avec ses parents et ses frères Maurice, Henri et Albert. Dans le pays occupé par les nazis depuis la reddition du général Pétain, les lois anti-juives obligent tous les juifs à porter l’étoile jaune.

Lorsque Joseph et Maurice arrivent à l’école avec leur étoile sur leurs manteaux, ils sont pris pour cibles par leurs camarades. Pour les deux garçons élevés dans la laïcité et dont les parents ont fui les pogroms russes, c’est l’incompréhension.

Pour leur père, c’est le signe qu’il est grand temps pour eux de fuir Paris et de rejoindre Henri et Albert déjà installés à Menton. Mais partir à quatre, c’est trop dangereux. Il confie à Joseph et Maurice de l’argent, à eux de se débrouiller pour voyager sans encombre jusqu’en zone libre…

Un sac de billes fait partie de ces romans devenus des classiques, plusieurs fois adaptés au cinéma que je n’avais pas encore lu. Il a fallu qu’il soit au programme des lectures estivales de mon Empereur de fils pour que je le découvre enfin !

Ce récit est en fait l’histoire vraie de Joseph Joffo et de sa famille écrite alors qu’il était devenu lui-même père de famille, trente années après les faits. Il rencontra un grand succès et continue de figurer dans les listes des romans les plus vendus.

Je suis rentrée totalement vierge dans ce roman, n’ayant vu aucune adaptation, et j’ai beaucoup aimé ma lecture. Le narrateur en est bien sûr Joseph qui nous raconte la guerre et sa fuite des nazis avec ses yeux d’enfant. Malgré la dureté du sujet, le roman ne tombe jamais dans le pathos, il y a même beaucoup d’humour et c’est ce qui m’a vraiment plu !

Joseph Joffo raconte sa guerre et rend un bel hommage à son père, sans qui sa famille aurait probablement fini dans un camp de concentration mais aussi à ceux qui les ont aidé à fuir les nazis et notamment plusieurs prêtres et un évêque qui ont permis à de nombreux juifs d’échapper aux autorités.

Il n’omet rien des persécutions à l’encontre des juifs mais son témoignage montre aussi la vie dans la zone libre et notamment sur la côte d’Azur gérée par les italiens qui refusèrent de faire la chasse aux juifs. Les deux garçons vont, bon gré mal gré, mener une existence proche de la normale pendant quelques années mais vont aussi se faire quelques frayeurs et nous aussi.

On ne peut, en effet, qu’être en empathie avec Joseph et sa famille et trembler avec eux tout au long du roman. Si j’étais sûre que Joseph avait survécu à la guerre, je ne savais rien de sa famille et j’ai plus d’une fois tremblé devant les adversités auxquelles ils ont tous été confronté.

Je ne peux donc que comprendre que l’on demande à des collégiens de 3è qui abordent la shoah et la seconde guerre mondiale dans leur programme d’histoire, de lire Un sac de billes. Mon fils a découvert tout au long de sa lecture avec une certaine horreur un pan de notre histoire qu’il ne connaissait pas du tout et avec son regard bienveillant, il n’a pas compris comment on n’avait pu en arriver là à l’époque.

J’ai été bien incapable de lui répondre d’ailleurs car j’ai beau lire des romans ou des témoignages sur ces évènements, je ne comprends toujours pas non plus comment des citoyens ont pu dénoncer leurs voisins, leurs amis, que le pouvoir en place a pu aider les nazis à envoyer des millions de juifs vivre l’enfer dans des camps.

Il est donc toujours utile de mettre entre les mains des plus jeunes ce genre de roman pour que plus jamais l’horreur ne se produise à nouveau. Si vous n’avez jamais lu Un sac de billes, je ne peux que vous encourager à le découvrir à votre tour.

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