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Posts Tagged ‘secrets de famille’

Amélie Antoine est née en 1984. Elle vit à Lille avec sa famille. Auteure remarquée pour la sensibilité de son écriture, elle a publié trois romans chez XO Éditions, Raisons obscures, Le jour où et Le Bonheur l’emportera.

1985, Sabran-sur-la-Lys. Un paisible petit village du nord de la France où tout le monde se connaît, depuis toujours. Un petit village où tout se sait. Et où, surtout, rien ne s’oublie.

Après avoir fait l’acquisition du château, un mystérieux personnage achète maison sur maison. De lui, on ne connaît que le nom : Clément de Clercq. Un matin, les villageois découvrent avec effroi que les portes et les fenêtres de toutes ces demeures ont été retirées. Les habitations sont ouvertes aux quatre vents, abandonnées, défigurées.

Bouleversée, une jeune femme, Léa, décide de tout faire pour sauver le village de son enfance. Il lui faudra alors fouiller dans les mémoires jusqu’à plonger au cœur d’un passé qu’aucun habitant n’a envie de revivre…

Aux quatre vents est un roman à double temporalité, avec des secrets de famille et porté par deux héroïnes que j’ai eu plaisir à suivre de la première à la dernière page. En 1985, on met nos pas dans ceux de Léa Ackerman, dont les parents ont été déportés pendant la guerre et qui a échappé à la solution finale grâce au dévouement d’un couple de Sabran. Et de 1942 à 1944, on suit Charlotte, amoureuse d’un soldat allemand. Une passion qui va la jeter au banc de la société, en bute à l’hostilité des villageois.

Amélie Antoine nous conte en creux l’histoire d’un homme qui, sans même en avoir conscience, se lance dans une quête éperdue d’identité. Car qui est-on quand on ignore d’où l’on vient ? On dit que chaque famille a ses secrets et c’est encore plus vrai en temps de guerre.

Des petites ruelles, de jolies maisons et un château : Sabran-sur-La-Lys est un joli village qui attirait les touristes, jusqu’à un jour de 1984 où un millionnaire inconnu, dont on ne connait même pas le visage, achète le château le fermant aux visites. Peu à peu il fait l’acquisition de chaque maison en vente puis, il en fait enlever portes et fenêtres, les laissant ainsi à l’abandon.

Les activités commencent à péricliter, le bourg se meurt. La colère gronde chez les habitants qui ne comprennent pas pourquoi cet homme agit ainsi ? Quel est son but ? Est-ce une vengeance ?

Ce n’est pas le premier livre d’Amélie Antoine que je lis et ce ne sera pas non plus le dernier. Aux quatre vents est une belle histoire, très émouvante. Même si j’ai rapidement deviné le mobile de Clément de Clercq, et les tenants et aboutissants du récit, je n’ai pas boudé mon plaisir et je n’en ai fait qu’une bouchée.

J’ai adoré l’histoire au passé, je me suis attachée à Charlotte et son histoire d’amour avec son soldat allemand m’a beaucoup émue même si elle a des airs de déjà-vu. L’autrice construit habilement son récit, sait jouer avec nos sentiments au fil des pages et montre à quel point l’être humain peut être ambigu, capable du pire comme du meilleur.

On aime et on déteste les personnages, certains se révèlent réellement odieux, on a le cœur serré à certaines scènes et on s’interroge sur les actes de beaucoup d’entre eux, sur ce qu’on aurait fait pendant la guerre et l’épuration. Aurait-on été du bon côté de l’Histoire ? Nul ne le sait !

Petit bémol toutefois : les dernières pages sont un peu abruptes et m’ont laissées sur ma faim car je m’attendais à un véritable dénouement et non une fin aussi ouverte.

Je vous le conseille néanmoins si vous aimez les romans à double temporalité et les secrets de famille, vous ne devriez pas être déçu.es !

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Judith Elmaleh est auteure et metteuse en scène pour le théâtre, la télévision et le cinéma. Une reine est son premier roman.

Casablanca, au siècle dernier. Mimi n’a jamais porté une aussi belle robe. Depuis le matin, sa mère et sa sœur s’affairent autour d’elle. À quatorze ans, c’est la première fois qu’elle est invitée à un tel banquet et ainsi mise à l’honneur.

Paris, de nos jours. Pour la seconde fois, Anna divorce. Tandis que les déménageurs s’activent, elle observe, sidérée, sa vie qui vient d’éclater en morceaux, et mesure ce qui lui reste à accomplir : dénicher un nouvel appartement, élever ses deux enfants comme si de rien n’était – et s’organiser avec leurs pères respectifs –, décrocher ce job de scénariste dont elle a besoin… Mais en a-t-elle seulement la force ?

Sur un coup de tête, Anna décide d’aller reprendre son souffle à Casa, chez sa grand-mère, dans cet appartement où tout est à sa place. Un monde et deux générations séparent ces deux femmes. Face à sa petite-fille désorientée, Mimi va peu à peu lever le voile sur des secrets de famille jusqu’alors bien gardés…

Une reine est le premier roman de Judith Elmaleh et j’espère bien qu’elle n’en restera pas là car ce récit fut une très belle découverte.

Avec ce roman, l’autrice raconte l‘histoire de deux femmes, Mimi, la grand-mère et Anna, sa petite-fille. Deux générations. Deux histoires. Deux femmes en quête d’elles-mêmes. Et surtout une histoire inspirée du vécu de la grand-mère de Judith Elmaleh, ce qui la rend encore plus poignante.

Le roman s’ouvre sur Simha, ses mots, l’innocence de celle qui n’a que quatorze ans et qui ne se doute pas de ce qui l’attend en cette journée où on la pare avec soin et élégance. Puis, c’est Anna qui entre en scène, c’est elle qui va découvrir le passé de sa grand-mère et qui nous raconte son quotidien de femme sur le point de divorcer pour la seconde fois.

Nous ne sommes pas, en dépit de ce que la quatrième de couverture pourrait nous laisser penser, dans un roman à double temporalité. C’est Anna, qui de nos jours, est la narratrice de cette histoire et qui, totalement éberluée, découvre tout un pan de l’histoire familiale dont elle ignorait tout.

Son retour aux sources nous fait découvrir le quotidien de sa grand-mère juive marocaine, les coutumes anciennes de ce pays, les traditions juives très éloignées de sa vie parisienne. Anna se remémore son enfance, les repas de famille bruyants et exubérants et surtout apprend les secrets et non-dits bien cachés depuis plusieurs dizaines d’années qui entourent Mimi.

Les révélations de Mimi vont être un choc pour Anna qui va s’interroger sur son identité son rapport aux hommes et à la faillite de ses deux mariages. Ses problèmes ne viendraient-ils pas de tous ces mensonges et secrets enfouis ?

J’ai beaucoup aimé ce récit qui m’a serré le cœur. Anna est une femme attachante à laquelle on peut facilement s’identifier puisqu’elle doit mener de front ses enfants et son travail, jongler entre les rendez-vous professionnels et personnels, ce que l’on connaît bien toutes à partir du moment où l’on devient maman.

Mais j’ai eu un coup de cœur pour Mimi, femme de l’ombre, sacrifiée sur l’autel familial. Sa vie m’a émue, sa personnalité, dure en apparence, se comprend aisément par tout ce qu’elle a vécu, subi, sans jamais avoir son mot à dire. J’ai dévoré avec avidité et d’une traite cette histoire tant il m’était impossible de quitter Mimi et Anna.

Un très beau premier roman que je vous conseille vivement et un grand merci aux éditions Robert Laffont pour cette très belle lecture.

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Inès de Kertanguy est romancière et historienne. Elle est l’auteur de plusieurs biographies consacrées à Elisabeth Vigée Le Brun, Madame Campan, la reine-mère d’Angleterre et Leonora Galigaï. 

Les Kervalon forment à l’aube du XXe siècle une grande famille, fière de ses valeurs et de ses traditions. Quels que soient les événements, ils puisent dans leur nom et leur inaltérable solidarité la force de les affronter.

Apolline n’a que dix ans lorsque sa mère, la baronne de Saint-Eliph, née Kervalon, meurt en couches en mettant au monde son troisième enfant. La fillette grandit pourtant heureuse entre Paris et le manoir familial, avec son frère et sa soeur, entourée par ses nombreux cousins, avant que la première guerre mondiale ne fasse d’elle une très jeune veuve. Elle élève ses deux enfants dans un monde où les repères s’effondrent et où les femmes apprennent enfin à écouter leurs envies et à vivre pour elles-mêmes.

D’une guerre à l’autre, les Kervalon poursuivent tous, à travers bien des péripéties, des destins très différents. Mais sans jamais oublier à quelle famille ils appartiennent. Jusqu’à la lecture du testament de l’oncle…

Vous connaissez mon goût pour les romans historiques, secrets de famille et autres sagas familiales, aussi lorsqu’un roman promet de réunir ces trois aspects, il ne peut qu’éveiller ma curiosité. C’est ainsi que Les héritiers de Kervalon a atterri dans ma PAL l’automne dernier.

Espérances déçues, batailles fratricides et secrets de famille : dans la tourmente d’un siècle en pleine mutation, la romancière Inès de Kertanguy brosse ici la passionnante saga de l’aristocratie française, fresque d’un univers perdu.

Les héritiers de Kervalon est une très belle histoire de familiale se déroulant de 1906 à 1945. L’autrice, historienne de formation, connait visiblement bien le sujet car le roman est suffisamment documenté pour être très crédible.

Passionnant de la première à la dernière page, porté par des personnages attachants, en premier lieu Apolline, ce roman est véritable page turner que j’ai eu beaucoup de mal à poser, tant j’étais prise par l’histoire de cette famille prise dans la tourmente de l’Histoire.

Il demande un peu d’attention pour bien identifier chaque membre des Kervalon, et ils sont nombreux, mais l’autrice sait y faire et je me suis jamais perdue entre l’héroïne, ses cousins, grands-parents, beaux-parents…

Au-delà de l’aspect historique, le climat politique de l’époque et des deux guerres mondiales, l’autrice aborde des thèmes comme le deuil, l’émancipation féminine, l’amour, les liens familiaux et met en lumière cette caste aristocratique avec ses us et coutumes qui a vacillé, emportée par la première guerre mondiale et l’effondrement des empires et royautés.

Inès de Kertanguy a une écriture agréable, fluide et riche en vocabulaire. L’histoire est suffisamment bien rythmée et parsemée de rebondissements pour maintenir l’intérêt du lecteur pendant 700 pages, sans que je trouve la moindre longueur, ce qui n’est pas une mince affaire loin de là !

J’ai tout de même un bémol qui m’est personnel et qui n’enlève en rien à la qualité de ce roman : j’aurai préféré que l’autrice s’attarde sur la reconstruction après la première guerre mondiale. Inès de Kertanguy a fait le choix de scinder son roman en deux parties : 1906/1918 et 1936/1945 pour couvrir les deux guerres, et j’ai trouvé cette seconde partie un peu moins captivante.

Malgré ce bémol, c’est une très belle histoire, à travers une famille aristocratique unie, désunie, riche en émotions, entre joies et drames. Une formidable saga familiale que j’ai dévoré en trois petits jours et que je vous recommande chaudement !

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Lu dans le cadre du Mois anglais 2022

Diplômée de Cambridge, Tracy Rees a travaillé dans l’édition pendant huit ans avant de se tourner vers la psychologie. Après L’Oiseau des neiges, qui a connu un vif succès dans le monde entier, Le Manoir aux roses est son second roman traduit en français. Elle partage aujourd’hui sa vie entre Londres et le sud du pays de Galles où elle est née.

1895, Londres. Dame de compagnie d’Abigail Finch ! Pour Mabs Daley, habituée à trimer chaque jour aux canaux où elle décharge sans relâche les barges pour nourrir ses frères et soeurs, un emploi de domestique dans le quartier huppé de Hampstead est une opportunité de rêve. Elle aura sa propre chambre, des repas réguliers et un salaire qui dépasse l’entendement.

Mais derrière les lourdes portes de la somptueuse demeure, la jeune femme découvre un univers inquiétant, dominé par les accès de colère de sa nouvelle patronne, atteinte d’une obscure maladie, et les rumeurs du scandale qui aurait forcé les Finch à quitter Durham précipitamment.

Peu à peu, elle se prend pourtant d’affection pour la cadette de la maisonnée et se lie d’amitié avec Olive Westallen, une jeune bourgeoise du voisinage éprise de liberté. Jusqu’au jour où elle devra choisir entre conserver la sécurité offerte par sa nouvelle condition et tenter de sauver la famille Finch des secrets qui la rongent de l’intérieur…

Le manoir aux roses signe mes retrouvailles avec la talentueuse Tracy Rees dont j’avais adoré L’oiseau des neiges, il y a près de six ans déjà ! Avec ce nouveau roman, l’autrice nous propose une histoire où la sororité et l’espoir dominent, portée par une magnifique galerie de personnages.

Roman choral, Tracy Rees donne tour à tour la parole à Mabs, Olive, Ottilie et Abigail dont on suit la trajectoire tout au long du roman. Des destins de femmes dans l’Angleterre victorienne avec des secrets de famille, c’est pile tout ce que j’aime et je ressors de cette lecture, totalement conquise !

Conquise par l’histoire et les thèmes qu’elle charrie : la place des femmes dans la société victorienne, l’aliénation des femmes, l’emprise des hommes sur les femmes qui tiennent leurs destins dans leurs mains, l’éducation des filles, le célibat, le divorce…

Tracy Rees parvient à restituer avec aisance cette réalité de l’époque, notamment cette condition féminine, elle montre qu’à cette époque, hors de vie sans mariage et sans enfants. Et nos héroïnes vont se battre pour prendre leur avenir et leur bonheur en main.

Conquise aussi par les personnages féminins représentant plusieurs strates de la société : Mabs, pauvre et illettrée, dame de compagnie d’Abigail Finch. Cette dernière, présentée comme malade des nerfs selon son époux, ne quitte jamais sa chambre et malmène Mabs qu’elle voit comme sa gardienne aux ordres de son mari.

Olive, issue d’une très riche famille, versée dans les sciences, a choisi le célibat mais ne veut pas passer à côté de la maternité, alors elle adopte une fillette. C’est une jeune femme étonnante, altruiste qui défend des idées progressistes. Et Ottilie, douze ans, fille d’Abigail, qui va se lier d’amitié avec Olive et Mabs et qui veut aller à l’université, shocking !

Mabs, Abigail, Otty et Olive vont nous révéler leur caractère déterminé et généreux dans cette histoire surprenante les mettant toutes à l’épreuve. Elles prennent chacune la parole dans des chapitres courts qui rythment impeccablement l’histoire, nous plongeant alternativement dans leurs pensées et univers respectifs.

On se rend compte que dans société victorienne, régie par l’importance de la naissance, les classes et les codes sociaux d’une rigidité extrême, mieux vaut être bien née pour avoir une chance d’exister et d’être respectée même si les mieux nées n’échappent pas forcément à leur condition ni à leurs devoirs.

Ce roman met particulièrement à l’honneur l’importance de l’éducation pour les femmes, un thème qui s’immisce tout au long du récit. Il met brillamment en scène la sororité et l’amitié inconditionnelle de femmes soumises à la volonté de la société ou à l’emprise des hommes, qui, en s’entraidant, vont parvenir à faire bouger les lignes.

Des héroïnes tout à fait lucides sur leurs ambitions qui leur donnent le courage d’avancer que j’ai adoré suivre de la première à la dernière page de ce roman fleuve sans longueurs ! Je vous le conseille vivement !

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Née en Normandie, dans l’Orne, Karine Lebert a été biographe puis journaliste à Paris-Normandie. Elle a notamment publié aux Presses de la Cité Les Amants de l’été 44, sa suite indépendante Pour l’amour de Lauren, Les Murmures du lac et Pour l’honneur des Rochambelles.

À Honfleur, en 1938, Pauline brave l’opinion publique en épousant Joachim, un réfugié allemand qui a fui la montée du nazisme. Les unions franco-allemandes sont mal acceptées et le couple est mis à l’index. Quand la guerre éclate, Pauline quitte tout pour suivre son mari, entré en clandestinité.

En 1946, dans un Berlin occupé par les Alliés, Hilda, la sœur de Joachim, tombe amoureuse d’un officier français. De cette liaison naît une enfant, Adeline, qui disparaît mystérieusement. Hilda se lance dans une recherche désespérée pour la retrouver.

Soixante-dix ans plus tard, à Cabourg, Valentine et Magda, deux jeunes musiciennes, deviennent inséparables. Valentine est normande et Magda, l’arrière-petite-fille de Pauline, allemande. Intriguée par l’histoire familiale de son amie, Valentine part sur les traces d’Adeline.

Quel plaisir de retrouver la plume de Karine Lebert à l’occasion de son tout nouveau roman : Les souvenirs et les mensonges aussi... Vous le savez si vous me suivez depuis un petit moment, j’avais adoré sa duologie Les amants de l’été 44 et Pour l’amour de Lauren et Pour l’honneur des Rochambelles qui avaient pour cadre la seconde guerre mondiale.

Si, comme moi, vous aimez les romans à plusieurs temporalités, les secrets de famille, les destins de femmes et que vous aimez retrouver la guerre 39/45 dans vos lectures, je ne peux que vous conseiller les romans de cette autrice.

Karine Lebert connaît très bien cette époque de notre histoire qu’elle prend pour toile de fond de ses romans. La romancière alterne la narration entre plusieurs époques, donnant tour à tour la parole à Pauline et à Hilda dans le passé, et à Valentine dans le présent. 

Cette nouvelle grande saga féminine de Karine Lebert entremêle la grande Histoire et les destins, passions et secrets de famille des Schultz, entre la France, l’Allemagne et l’U.R.S.S, avant, pendant et après la seconde guerre mondiale.

Entre passé et présent, souvenirs et mensonges affluent. Commence alors une véritable enquête sur le passé de Pauline qui semble avoir bien des choses à cacher.

L’histoire est très prenante de la première à la dernière page. Merveilleusement écrite et documentée, elle met en scène des couples franco-allemands à une époque où c’était franchement mal vu. Qu’importe, Pauline et Joachim iront jusqu’au bout et cela aura des répercutions importantes pour la famille de Pauline qui en paiera le prix fort.

Au-delà de l’histoire d’amour, Karine Lebert nous parle des maquis et de la résistance, des camps français, antichambre des camps d’extermination allemands. Puis, à la fin de la guerre, on suit en Allemagne Hilda, restée à Baden-Baden pendant la guerre et qui montre le peuple allemand souffrant des bombardements, de la famine, de l’occupation française, américaine et anglaise, etc. Et enfin, l’U.R.S.S où après l’appel de Staline en 1948, des communistes vont faire le choix d’émigrer, pleins d’espoir mais vite rattrapés par la dure réalité qui va les frapper sitôt la frontière franchie.

Et une fois de plus, je ressors enchantée de ma lecture. J’aime les romans historiques lorsqu’ils me permettent de me plonger dans une époque et de m’instruire, et c’est toujours le cas avec ceux de Karine Lebert.

Chacun de ses romans mettent en lumière des thèmes précis et ici elle aborde avec finesse et intelligence, le problème des amours « Franco-Allemands » durant la seconde guerre et le mirage du communisme au sortir de la guerre. 

Les personnages féminins se révèlent forts, volontaires, plein de courage pour faire face aux adversités qu’ils vont rencontrer sur leurs routes. Je les ai trouvés très attachantes, admirative de leur parcours, leur bravoure, leur énergie pour sauver leur famille des horreurs de ce conflit mondial.

Passionnant de bout en bout, le dernier opus de Karine Lebert est une belle ode aux femmes, ne le manquez pas !

Un grand merci aux éditions Presses de la cité pour cette très belle lecture.

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Cristina Caboni est apicultrice en Sardaigne. Depuis Le Parfum des sentiments (Presses de la Cité, 2016), ses romans, traduits dans une dizaine de langues, sont d’énormes succès en Italie et en Allemagne.

La maison aux miroirs, somptueuse villa de Positano, est le seul endroit où Milena se sent chez elle. Elle y a grandi avec son grand-père Michele et en connaît tous les recoins. Mais un jour, sa visite est troublée par une étrange découverte : un squelette retrouvé par des ouvriers dans le jardin de la propriété.

Michele, malade, semble particulièrement bouleversé. Au gré de ses délires surgit un nom : Eva, sa femme, disparue des années plus tôt, abandonnant mari et enfant et dont il est resté sans nouvelles depuis.

Milena va tenter de percer le mystère et plonger dans le temps et dans l’histoire, celle de l’âge d’or du cinéma italien, pour comprendre son passé et embrasser le présent. Et si la vérité se trouvait de l’autre côté du miroir ?

La maison aux miroirs, troisième lecture dans le cadre du #grandprixdeslecteurspocket, signe mes retrouvailles avec la romancière italienne Cristina Caboni que j’avais découverte avec Une vie entre les pages, son précédent roman.

C’est une histoire passionnante, bouleversante, qui m’a émue aux larmes, que nous propose Cristina Caboni et qui nous enchante par ses paysages colorés, la proximité de la mer et son atmosphère chaleureuse.

Un roman qui donne furieusement d’aller voir si le bleu du ciel de Positano est le plus beau du monde, humer ses citronniers, manger des pastas et des pizzas, c’est toute l’Italie qui est dans ce roman !

La plume de l’autrice est fluide et l’histoire rondement menée, au point que j’ai tourné les pages avec une certaine avidité pour venir à bout de ce récit en deux jours seulement.

L’enquête que mène Milena sur les traces d’Eva, sa nonna disparue et surtout l’histoire d’amour contrarié entre ses grands-parents, émouvante et tragique, nous prend et nous fait tellement bien sentir ces émotions de regret, de “et si seulement” qu’on remonterait le temps si on le pouvait, pour donner à leur amour une deuxième chance qu’ils méritent tant.

Le récit fait la part belle aux secrets de famille, aux non-dits et aux mensonges qui entourent la vie de Milena dans cette maison aux miroirs qui nous font passer de l’ombre à la lumière au fil de l’intrigue.

Les personnages, principaux et secondaires, sont attachants : Milena bien sûr que j’ai trouvé très touchante avec ce lien si particulier qui l’unit à son grand-père Michele et qui m’a beaucoup rappelé celui que j’entretenais avec le mien. Rosaria la gouvernante, Federico le chef des carabiniers, Gabriel et Eva, sans oublier Michele, inconsolable de la perte de sa fille et de la disparition de son épouse.

Si vous aimez les secrets de famille, l’Italie, le cinéma des années 50, je ne peux que vous conseiller cette lecture qui m’a emportée jusque sur la côte amalfitaine !

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Née en 1978 à Paris, Marie-Diane Meissirel est franco-américaine. Après des études de sciences politiques et de commerce en France et à Hong Kong. Elle vit désormais à Singapour. Les Accords silencieux est son premier roman paru aux Escales.

New York, juin 1937. Tillie Schultz perpétue la tradition familiale et entre chez Steinway & Sons pour travailler auprès des  » immortels « , ces pianistes de légende comme Rachmaninov et Horowitz.

Grande mélomane, son talent n’égale pas celui des maîtres qu’elle côtoie. Pour vivre sa passion, elle ne peut que se mettre au service de ceux qui possèdent le génie qu’elle n’a pas.

Hong Kong, septembre 2014. Xià, une étudiante chinoise, retrouve le plaisir de jouer grâce à Tillie Fù et à son Steinway. Elle s’autorise, pour la première fois depuis un examen raté, à poser ses doigts sur un clavier et interprète pour Tillie les airs que la vieille dame ne peut plus jouer.

Si soixante-dix ans séparent les deux femmes, elles sont unies par une histoire commune insoupçonnée et par leur amour pour la musique qui projette sur leurs vies une lumineuse beauté.

Autour d’un Steinway qui a traversé le XXe siècle, Marie-Diane Meissirel nous raconte avec Les accords silencieux, les destins de deux femmes que tout sépare, se rencontrent, liés par un ancien secret et l’amour de la musique.

Vous connaissez mon attrait pour les romans à double temporalité, les destins de femmes et les secrets de famille, sur le papier ce roman avait tout pour me plaire. Si vous êtes comme moi, ce roman a de grandes chances de vous attirer, mais si vous n’êtes pas mélomane, il risque aussi, par moments, de vous ennuyer.

Pour tout vous dire, je ne suis pas férue de musique classique même si j’en écoute ponctuellement je n’ai pas une grande culture musicale, je ne joue pas d’un instrument, il y a donc des chapitres entiers qui m’ont paru bien longs d’autant qu’il ne se passe pas forcément grand chose d’autre que la musique.

Je ressors donc un peu mitigée de cette lecture à cause de ce point précis, je ne pensais pas que les pages consacrées à la pratique d’un instrument et à la musique pure seraient aussi nombreuses mais c’est là mon seul bémol.

Néanmoins, ce roman a plus d’un atout : j’ai tout de même été séduite par les personnages de Tillia, Xia, Mei et surtout Shên, seul personnage masculin du récit dont la trajectoire m’a beaucoup émue et touchée. J’ai aussi beaucoup aimé la très jolie plume de Marie-Diane Meissirel qui a un évident talent de conteuse, son récit est construit brillamment et le final m’a réellement plu.

L’aspect historique est aussi très intéressant, notamment la révolution culturelle de Mao et ce qui va advenir des musiciens, professeurs de musique et fabricants d’instruments, accusés d’être des sentimentalistes bourgeois.

Ils vont faire l’objet de procès et d’opprobre publics et beaucoup vont malheureusement être poussés au suicide sous les vivats de la foule. Ne connaissant pas l’histoire de la Chine, j’ai été horrifiée de découvrir ces faits terribles et ces personnes broyées par la machine communiste.

Un premier roman qui vaut donc le détour, je vous invite à le lire si vous êtes sensibles à la musique et j’en profite pour remercier les éditions Les escales pour cette lecture et leur confiance.

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Née en Malaisie, Dinah Jefferies est arrivée en Angleterre à neuf ans. Sa passion pour l’Asie du Sud-Est et l’Extrême-Orient ne s’est jamais démentie, et elle saisit chaque occasion de s’y rendre. Elle a fait pendant un temps partie d’une communauté avec un groupe de rock, et a travaillé dans le domaine de l’art. Après avoir vécu en Italie et en Espagne, elle habite désormais dans le Gloucestershire avec son mari (et un Norfolk Terrier malicieux) et se consacre à l’écriture. 

En 1936, Bella Hatton débarque à Rangoon, en Birmanie, pour embrasser une carrière de chanteuse de cabaret.

Mais depuis la mort de ses parents, Bella est tourmentée par un article de journal qu’elle a découvert, annonçant le départ précipité de sa mère et de son père de Rangoon après la disparition de leur bébé, Elvira, vingt-cinq ans auparavant.

Bella est prête à tout pour découvrir ce qui est arrivé à sa sœur même si elle se confronte vite à des ragots malveillants et à des menaces.

Oliver, un séduisant journaliste américain, promet de lui apporter son aide. Mais dans un pays où les émeutes entre Birmans et Indiens sont fréquentes, Bella devra apprendre à qui elle peut réellement se fier pour accéder à une vérité étouffée depuis des années.

La disparue de Birmanie est le dernier roman de Dinah Jefferies qui s’est fait connaître avec La mariée de Ceylan. Avec ce roman, elle nous propose une histoire ô combien dépaysante qui nous emmène, comme son nom l’indique, en Birmanie, alors sous domination britannique.

Comme vous le savez, j’affectionne tout particulièrement les romans avec des secrets de famille et si vous êtes comme moi, ce roman a tout pour vous plaire. Dinah Jefferies nous propose une histoire avec son lot de rebondissements, un suspens bien distillé et un soupçon d’amour.

Portée à deux voix, Bella en 1936 et Diana, sa mère, deux décennies auparavant, l’histoire a pour point de départ un enlèvement, celui de la soeur aînée de Bella. Les autorités de l’époque voient très vite en Diana la coupable idéale car elle avait du mal à supporter les pleurs de son nouveau-né.

La petite fille de trois semaines disparaît en 1911 et vingt-cinq ans plus tard, sa sœur fera tout pour découvrir la vérité, au grand dam des derniers témoins qui feront tout pour que le mystère reste entier. Car on découvre très vite que l’enquête n’a pas été bien loin et l’affaire vite étouffée.

L’histoire, très prenante, est bien menée avec suffisamment d’action et de rebondissements qui relancent sans cesse notre intérêt pour la quête de Bella. Il y a bien quelques facilités et un dénouement un peu trop attendu mais ça n’a en rien gâché ma lecture.

La plume de Dinah Jefferies est fluide, les pages se tournent toutes seules et on arrive bien vite au bout de ce petit pavé. Le cadre historique est de qualité, l’autrice s’est très bien documentée sur les bouleversements que connait la Birmanie à cette époque et franchement on s’y croirait. D’autant plus, qu’elle nous décrit à merveille les paysages, les plantes, fleurs, odeurs, traditions…

Un roman historique que je vous recommande si ce que je vous en ai dit vous tente !

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Anne Jacobs a publié sous pseudonyme plusieurs romans historiques et sagas exotiques. Sa trilogie La Villa aux étoffes connaît un véritable succès en Allemagne et à l’international.

À Augsburg, près de Munich, en 1913, la jeune Marie est embauchée en cuisine à la Villa aux étoffes, la résidence des Melzer, propriétaires d’une imposante usine de textile.

Alors que la jeune orpheline tente de tailler sa place parmi les serviteurs, les maîtres anticipent le début de la saison des bals hivernaux qui permettra à la belle Katharina, la cadette de la famille, de briller de tous ses feux en société.

Paul, l’héritier principal, se tient loin de ce genre de mondanités, car il préfère de loin sa vie d’étudiant à Munich. Du moins jusqu’à ce qu’il croise Marie…

Si, comme moi, vous aimez les sagas familiales, les ambiances à la Downton Abbey et les secrets de famille, La villa aux étoffes d’Anne Jacobs devrait vous plaire.

Premier tome d’une série qui en compte déjà quatre, ce roman pose les bases et nous présente les différents protagonistes qui interviennent tout au long des quelques six cents pages, tout en nous offrant une intrigue digne d’intérêts.

D’un coté, Les Melzer, les maitres : Johann, propriétaire de l’usine familiale, Alicia son épouse, Elisabeth, Katharina et Paul, leurs enfants. De l’autre, les domestiques qui les servent : Marie en tête.

Avec ce roman fleuve, sans longueurs (un exploit !), Anne Jacobs nous dépeint la bourgeoisie industrielle allemande du début du XXè siècle, juste avant que la première guerre mondiale rebatte les cartes et entraîne la fin de leur monde.

L’autrice a vraiment bien travaillé sa trame historique et nous révèle les règles et les interdits de cette caste mais aussi les enjeux autour de la modernisation des usines.

On plonge aux côtés des Melzer, dans le quotidien et les bals de la belle société mais on découvre aussi l’envers du décor aux côtés des domestiques et de leur dur labeur, levés bien avant les maîtres pour allumer les poêles, préparer le petit déjeuner, enlever les reliefs des repas… et couchés bien après eux.

C’est aussi un roman où l’on aborde la place des femmes lors de la Belle Epoque, dans son acception la plus large : les études et le mariage des jeunes filles, l’importance de la virginité jusqu’au mariage, la course au mariage, , la scolarisation des orphelines ou des filles issues de la classe ouvrière qui sont obligées de travailler afin de payer les études de leurs frères…

Et cerise sur le gâteau, la romance au second plan, est toute mignonne et n’éclipse pas le reste du récit, un bon point pour moi !

Ce premier tome s’est révélé réellement passionnant, je me suis très vite attachée aux différents personnages qui composent ce récit très addictif et je n’ai qu’une hâte, les retrouver dans le second volume à paraître en poche en novembre.

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Aurore Barillon a été architecte d’intérieur avant de se consacrer à l’écriture. Avec Les ombres du loch Fyne, elle signe son premier roman.

À la mort de sa mère, Aileen hérite d’une vaste propriété familiale en Écosse sur les rives du Loch Fyne. La jeune femme ignorait tout de ce manoir et décide de quitter la Suisse où elle réside pour aller y passer quelques jours.

Sur place, elle découvre que sa mère a grandi dans cette propriété familiale dont elle ne lui avait jamais parlé.

Dans des journaux intimes que sa mère lui a confié avant de mourir, Aileen découvre aussi qu’un drame s’est produit dans ce lieu enchanteur soixante-dix ans plus tôt.

Son oncle qu’elle n’a jamais connu s’y est suicidé après avoir été accusé du meurtre de sa fiancée. Et des décennies plus tard, s’il n’y a plus beaucoup de témoins vivants de cette époque, la tragédie hante toujours les habitants.

Les secrets enfouis depuis trop longtemps ne demandent qu’à resurgir. Au risque de tout bouleverser…

Les ombres du Loch Fyne est le premier roman d’Aurélie Barillon qui nous propose ici une histoire pleine de suspens et de secrets de famille qui tient le lecteur en haleine.

Aileen, marquée par le décès de sa mère, va découvrir l’Ecosse et la propriété familiale maternelle dans laquelle elle n’avait jamais mis les pieds.

Hésitant sur le devenir de la propriété, elle va profiter de son séjour pour mener l’enquête afin d’innocenter feu son oncle, accusé d’avoir assassiné celle qu’il devait épouser quelques jours plus tard, et ouvre ainsi la boite de Pandore.

Sur place, elle va se lier avec la famille de métayers qui s’occupe de la propriété et déterrer cette affaire que tous ont préféré oublier.

Aurélie Barillon coche toutes les cases de la saga familiale dans la droite lignée de Lucinda Riley avec des secrets, du suspens, des personnages attachants, une histoire d’amour et un dénouement attendu.

Certes, l’autrice ne sort guère des sentiers battus mais j’ai passé un bon moment avec cette histoire. L’atmosphère est un brin angoissante et l’intrigue plutôt bien ficelée même si j’ai deviné un peu trop facilement le coupable, en fidèle lectrice de thrillers et de polars que je suis mais cela n’a en rien gâchée ma lecture.

L’ajout des carnets intimes de la mère d’Aileen ajoute un charme à ce récit qui, si il est agréable à lire, manque pour moi de profondeurs et de surprises mais c’est aussi un premier roman ne l’oublions pas !

Vous l’aurez compris, une lecture sympathique qui ne me restera pas longtemps en mémoire mais qui m’a fait passer un bon moment et ce n’est déjà pas si mal !

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