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Posts Tagged ‘secrets de famille’

Inès de Kertanguy est romancière et historienne. Elle est l’auteur de plusieurs biographies consacrées à Elisabeth Vigée Le Brun, Madame Campan, la reine-mère d’Angleterre et Leonora Galigaï. 

Les Kervalon forment à l’aube du XXe siècle une grande famille, fière de ses valeurs et de ses traditions. Quels que soient les événements, ils puisent dans leur nom et leur inaltérable solidarité la force de les affronter.

Apolline n’a que dix ans lorsque sa mère, la baronne de Saint-Eliph, née Kervalon, meurt en couches en mettant au monde son troisième enfant. La fillette grandit pourtant heureuse entre Paris et le manoir familial, avec son frère et sa soeur, entourée par ses nombreux cousins, avant que la première guerre mondiale ne fasse d’elle une très jeune veuve. Elle élève ses deux enfants dans un monde où les repères s’effondrent et où les femmes apprennent enfin à écouter leurs envies et à vivre pour elles-mêmes.

D’une guerre à l’autre, les Kervalon poursuivent tous, à travers bien des péripéties, des destins très différents. Mais sans jamais oublier à quelle famille ils appartiennent. Jusqu’à la lecture du testament de l’oncle…

Vous connaissez mon goût pour les romans historiques, secrets de famille et autres sagas familiales, aussi lorsqu’un roman promet de réunir ces trois aspects, il ne peut qu’éveiller ma curiosité. C’est ainsi que Les héritiers de Kervalon a atterri dans ma PAL l’automne dernier.

Espérances déçues, batailles fratricides et secrets de famille : dans la tourmente d’un siècle en pleine mutation, la romancière Inès de Kertanguy brosse ici la passionnante saga de l’aristocratie française, fresque d’un univers perdu.

Les héritiers de Kervalon est une très belle histoire de familiale se déroulant de 1906 à 1945. L’autrice, historienne de formation, connait visiblement bien le sujet car le roman est suffisamment documenté pour être très crédible.

Passionnant de la première à la dernière page, porté par des personnages attachants, en premier lieu Apolline, ce roman est véritable page turner que j’ai eu beaucoup de mal à poser, tant j’étais prise par l’histoire de cette famille prise dans la tourmente de l’Histoire.

Il demande un peu d’attention pour bien identifier chaque membre des Kervalon, et ils sont nombreux, mais l’autrice sait y faire et je me suis jamais perdue entre l’héroïne, ses cousins, grands-parents, beaux-parents…

Au-delà de l’aspect historique, le climat politique de l’époque et des deux guerres mondiales, l’autrice aborde des thèmes comme le deuil, l’émancipation féminine, l’amour, les liens familiaux et met en lumière cette caste aristocratique avec ses us et coutumes qui a vacillé, emportée par la première guerre mondiale et l’effondrement des empires et royautés.

Inès de Kertanguy a une écriture agréable, fluide et riche en vocabulaire. L’histoire est suffisamment bien rythmée et parsemée de rebondissements pour maintenir l’intérêt du lecteur pendant 700 pages, sans que je trouve la moindre longueur, ce qui n’est pas une mince affaire loin de là !

J’ai tout de même un bémol qui m’est personnel et qui n’enlève en rien à la qualité de ce roman : j’aurai préféré que l’autrice s’attarde sur la reconstruction après la première guerre mondiale. Inès de Kertanguy a fait le choix de scinder son roman en deux parties : 1906/1918 et 1936/1945 pour couvrir les deux guerres, et j’ai trouvé cette seconde partie un peu moins captivante.

Malgré ce bémol, c’est une très belle histoire, à travers une famille aristocratique unie, désunie, riche en émotions, entre joies et drames. Une formidable saga familiale que j’ai dévoré en trois petits jours et que je vous recommande chaudement !

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Lu dans le cadre du Mois anglais 2022

Diplômée de Cambridge, Tracy Rees a travaillé dans l’édition pendant huit ans avant de se tourner vers la psychologie. Après L’Oiseau des neiges, qui a connu un vif succès dans le monde entier, Le Manoir aux roses est son second roman traduit en français. Elle partage aujourd’hui sa vie entre Londres et le sud du pays de Galles où elle est née.

1895, Londres. Dame de compagnie d’Abigail Finch ! Pour Mabs Daley, habituée à trimer chaque jour aux canaux où elle décharge sans relâche les barges pour nourrir ses frères et soeurs, un emploi de domestique dans le quartier huppé de Hampstead est une opportunité de rêve. Elle aura sa propre chambre, des repas réguliers et un salaire qui dépasse l’entendement.

Mais derrière les lourdes portes de la somptueuse demeure, la jeune femme découvre un univers inquiétant, dominé par les accès de colère de sa nouvelle patronne, atteinte d’une obscure maladie, et les rumeurs du scandale qui aurait forcé les Finch à quitter Durham précipitamment.

Peu à peu, elle se prend pourtant d’affection pour la cadette de la maisonnée et se lie d’amitié avec Olive Westallen, une jeune bourgeoise du voisinage éprise de liberté. Jusqu’au jour où elle devra choisir entre conserver la sécurité offerte par sa nouvelle condition et tenter de sauver la famille Finch des secrets qui la rongent de l’intérieur…

Le manoir aux roses signe mes retrouvailles avec la talentueuse Tracy Rees dont j’avais adoré L’oiseau des neiges, il y a près de six ans déjà ! Avec ce nouveau roman, l’autrice nous propose une histoire où la sororité et l’espoir dominent, portée par une magnifique galerie de personnages.

Roman choral, Tracy Rees donne tour à tour la parole à Mabs, Olive, Ottilie et Abigail dont on suit la trajectoire tout au long du roman. Des destins de femmes dans l’Angleterre victorienne avec des secrets de famille, c’est pile tout ce que j’aime et je ressors de cette lecture, totalement conquise !

Conquise par l’histoire et les thèmes qu’elle charrie : la place des femmes dans la société victorienne, l’aliénation des femmes, l’emprise des hommes sur les femmes qui tiennent leurs destins dans leurs mains, l’éducation des filles, le célibat, le divorce…

Tracy Rees parvient à restituer avec aisance cette réalité de l’époque, notamment cette condition féminine, elle montre qu’à cette époque, hors de vie sans mariage et sans enfants. Et nos héroïnes vont se battre pour prendre leur avenir et leur bonheur en main.

Conquise aussi par les personnages féminins représentant plusieurs strates de la société : Mabs, pauvre et illettrée, dame de compagnie d’Abigail Finch. Cette dernière, présentée comme malade des nerfs selon son époux, ne quitte jamais sa chambre et malmène Mabs qu’elle voit comme sa gardienne aux ordres de son mari.

Olive, issue d’une très riche famille, versée dans les sciences, a choisi le célibat mais ne veut pas passer à côté de la maternité, alors elle adopte une fillette. C’est une jeune femme étonnante, altruiste qui défend des idées progressistes. Et Ottilie, douze ans, fille d’Abigail, qui va se lier d’amitié avec Olive et Mabs et qui veut aller à l’université, shocking !

Mabs, Abigail, Otty et Olive vont nous révéler leur caractère déterminé et généreux dans cette histoire surprenante les mettant toutes à l’épreuve. Elles prennent chacune la parole dans des chapitres courts qui rythment impeccablement l’histoire, nous plongeant alternativement dans leurs pensées et univers respectifs.

On se rend compte que dans société victorienne, régie par l’importance de la naissance, les classes et les codes sociaux d’une rigidité extrême, mieux vaut être bien née pour avoir une chance d’exister et d’être respectée même si les mieux nées n’échappent pas forcément à leur condition ni à leurs devoirs.

Ce roman met particulièrement à l’honneur l’importance de l’éducation pour les femmes, un thème qui s’immisce tout au long du récit. Il met brillamment en scène la sororité et l’amitié inconditionnelle de femmes soumises à la volonté de la société ou à l’emprise des hommes, qui, en s’entraidant, vont parvenir à faire bouger les lignes.

Des héroïnes tout à fait lucides sur leurs ambitions qui leur donnent le courage d’avancer que j’ai adoré suivre de la première à la dernière page de ce roman fleuve sans longueurs ! Je vous le conseille vivement !

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Née en Normandie, dans l’Orne, Karine Lebert a été biographe puis journaliste à Paris-Normandie. Elle a notamment publié aux Presses de la Cité Les Amants de l’été 44, sa suite indépendante Pour l’amour de Lauren, Les Murmures du lac et Pour l’honneur des Rochambelles.

À Honfleur, en 1938, Pauline brave l’opinion publique en épousant Joachim, un réfugié allemand qui a fui la montée du nazisme. Les unions franco-allemandes sont mal acceptées et le couple est mis à l’index. Quand la guerre éclate, Pauline quitte tout pour suivre son mari, entré en clandestinité.

En 1946, dans un Berlin occupé par les Alliés, Hilda, la sœur de Joachim, tombe amoureuse d’un officier français. De cette liaison naît une enfant, Adeline, qui disparaît mystérieusement. Hilda se lance dans une recherche désespérée pour la retrouver.

Soixante-dix ans plus tard, à Cabourg, Valentine et Magda, deux jeunes musiciennes, deviennent inséparables. Valentine est normande et Magda, l’arrière-petite-fille de Pauline, allemande. Intriguée par l’histoire familiale de son amie, Valentine part sur les traces d’Adeline.

Quel plaisir de retrouver la plume de Karine Lebert à l’occasion de son tout nouveau roman : Les souvenirs et les mensonges aussi... Vous le savez si vous me suivez depuis un petit moment, j’avais adoré sa duologie Les amants de l’été 44 et Pour l’amour de Lauren et Pour l’honneur des Rochambelles qui avaient pour cadre la seconde guerre mondiale.

Si, comme moi, vous aimez les romans à plusieurs temporalités, les secrets de famille, les destins de femmes et que vous aimez retrouver la guerre 39/45 dans vos lectures, je ne peux que vous conseiller les romans de cette autrice.

Karine Lebert connaît très bien cette époque de notre histoire qu’elle prend pour toile de fond de ses romans. La romancière alterne la narration entre plusieurs époques, donnant tour à tour la parole à Pauline et à Hilda dans le passé, et à Valentine dans le présent. 

Cette nouvelle grande saga féminine de Karine Lebert entremêle la grande Histoire et les destins, passions et secrets de famille des Schultz, entre la France, l’Allemagne et l’U.R.S.S, avant, pendant et après la seconde guerre mondiale.

Entre passé et présent, souvenirs et mensonges affluent. Commence alors une véritable enquête sur le passé de Pauline qui semble avoir bien des choses à cacher.

L’histoire est très prenante de la première à la dernière page. Merveilleusement écrite et documentée, elle met en scène des couples franco-allemands à une époque où c’était franchement mal vu. Qu’importe, Pauline et Joachim iront jusqu’au bout et cela aura des répercutions importantes pour la famille de Pauline qui en paiera le prix fort.

Au-delà de l’histoire d’amour, Karine Lebert nous parle des maquis et de la résistance, des camps français, antichambre des camps d’extermination allemands. Puis, à la fin de la guerre, on suit en Allemagne Hilda, restée à Baden-Baden pendant la guerre et qui montre le peuple allemand souffrant des bombardements, de la famine, de l’occupation française, américaine et anglaise, etc. Et enfin, l’U.R.S.S où après l’appel de Staline en 1948, des communistes vont faire le choix d’émigrer, pleins d’espoir mais vite rattrapés par la dure réalité qui va les frapper sitôt la frontière franchie.

Et une fois de plus, je ressors enchantée de ma lecture. J’aime les romans historiques lorsqu’ils me permettent de me plonger dans une époque et de m’instruire, et c’est toujours le cas avec ceux de Karine Lebert.

Chacun de ses romans mettent en lumière des thèmes précis et ici elle aborde avec finesse et intelligence, le problème des amours « Franco-Allemands » durant la seconde guerre et le mirage du communisme au sortir de la guerre. 

Les personnages féminins se révèlent forts, volontaires, plein de courage pour faire face aux adversités qu’ils vont rencontrer sur leurs routes. Je les ai trouvés très attachantes, admirative de leur parcours, leur bravoure, leur énergie pour sauver leur famille des horreurs de ce conflit mondial.

Passionnant de bout en bout, le dernier opus de Karine Lebert est une belle ode aux femmes, ne le manquez pas !

Un grand merci aux éditions Presses de la cité pour cette très belle lecture.

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Cristina Caboni est apicultrice en Sardaigne. Depuis Le Parfum des sentiments (Presses de la Cité, 2016), ses romans, traduits dans une dizaine de langues, sont d’énormes succès en Italie et en Allemagne.

La maison aux miroirs, somptueuse villa de Positano, est le seul endroit où Milena se sent chez elle. Elle y a grandi avec son grand-père Michele et en connaît tous les recoins. Mais un jour, sa visite est troublée par une étrange découverte : un squelette retrouvé par des ouvriers dans le jardin de la propriété.

Michele, malade, semble particulièrement bouleversé. Au gré de ses délires surgit un nom : Eva, sa femme, disparue des années plus tôt, abandonnant mari et enfant et dont il est resté sans nouvelles depuis.

Milena va tenter de percer le mystère et plonger dans le temps et dans l’histoire, celle de l’âge d’or du cinéma italien, pour comprendre son passé et embrasser le présent. Et si la vérité se trouvait de l’autre côté du miroir ?

La maison aux miroirs, troisième lecture dans le cadre du #grandprixdeslecteurspocket, signe mes retrouvailles avec la romancière italienne Cristina Caboni que j’avais découverte avec Une vie entre les pages, son précédent roman.

C’est une histoire passionnante, bouleversante, qui m’a émue aux larmes, que nous propose Cristina Caboni et qui nous enchante par ses paysages colorés, la proximité de la mer et son atmosphère chaleureuse.

Un roman qui donne furieusement d’aller voir si le bleu du ciel de Positano est le plus beau du monde, humer ses citronniers, manger des pastas et des pizzas, c’est toute l’Italie qui est dans ce roman !

La plume de l’autrice est fluide et l’histoire rondement menée, au point que j’ai tourné les pages avec une certaine avidité pour venir à bout de ce récit en deux jours seulement.

L’enquête que mène Milena sur les traces d’Eva, sa nonna disparue et surtout l’histoire d’amour contrarié entre ses grands-parents, émouvante et tragique, nous prend et nous fait tellement bien sentir ces émotions de regret, de “et si seulement” qu’on remonterait le temps si on le pouvait, pour donner à leur amour une deuxième chance qu’ils méritent tant.

Le récit fait la part belle aux secrets de famille, aux non-dits et aux mensonges qui entourent la vie de Milena dans cette maison aux miroirs qui nous font passer de l’ombre à la lumière au fil de l’intrigue.

Les personnages, principaux et secondaires, sont attachants : Milena bien sûr que j’ai trouvé très touchante avec ce lien si particulier qui l’unit à son grand-père Michele et qui m’a beaucoup rappelé celui que j’entretenais avec le mien. Rosaria la gouvernante, Federico le chef des carabiniers, Gabriel et Eva, sans oublier Michele, inconsolable de la perte de sa fille et de la disparition de son épouse.

Si vous aimez les secrets de famille, l’Italie, le cinéma des années 50, je ne peux que vous conseiller cette lecture qui m’a emportée jusque sur la côte amalfitaine !

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Née en 1978 à Paris, Marie-Diane Meissirel est franco-américaine. Après des études de sciences politiques et de commerce en France et à Hong Kong. Elle vit désormais à Singapour. Les Accords silencieux est son premier roman paru aux Escales.

New York, juin 1937. Tillie Schultz perpétue la tradition familiale et entre chez Steinway & Sons pour travailler auprès des  » immortels « , ces pianistes de légende comme Rachmaninov et Horowitz.

Grande mélomane, son talent n’égale pas celui des maîtres qu’elle côtoie. Pour vivre sa passion, elle ne peut que se mettre au service de ceux qui possèdent le génie qu’elle n’a pas.

Hong Kong, septembre 2014. Xià, une étudiante chinoise, retrouve le plaisir de jouer grâce à Tillie Fù et à son Steinway. Elle s’autorise, pour la première fois depuis un examen raté, à poser ses doigts sur un clavier et interprète pour Tillie les airs que la vieille dame ne peut plus jouer.

Si soixante-dix ans séparent les deux femmes, elles sont unies par une histoire commune insoupçonnée et par leur amour pour la musique qui projette sur leurs vies une lumineuse beauté.

Autour d’un Steinway qui a traversé le XXe siècle, Marie-Diane Meissirel nous raconte avec Les accords silencieux, les destins de deux femmes que tout sépare, se rencontrent, liés par un ancien secret et l’amour de la musique.

Vous connaissez mon attrait pour les romans à double temporalité, les destins de femmes et les secrets de famille, sur le papier ce roman avait tout pour me plaire. Si vous êtes comme moi, ce roman a de grandes chances de vous attirer, mais si vous n’êtes pas mélomane, il risque aussi, par moments, de vous ennuyer.

Pour tout vous dire, je ne suis pas férue de musique classique même si j’en écoute ponctuellement je n’ai pas une grande culture musicale, je ne joue pas d’un instrument, il y a donc des chapitres entiers qui m’ont paru bien longs d’autant qu’il ne se passe pas forcément grand chose d’autre que la musique.

Je ressors donc un peu mitigée de cette lecture à cause de ce point précis, je ne pensais pas que les pages consacrées à la pratique d’un instrument et à la musique pure seraient aussi nombreuses mais c’est là mon seul bémol.

Néanmoins, ce roman a plus d’un atout : j’ai tout de même été séduite par les personnages de Tillia, Xia, Mei et surtout Shên, seul personnage masculin du récit dont la trajectoire m’a beaucoup émue et touchée. J’ai aussi beaucoup aimé la très jolie plume de Marie-Diane Meissirel qui a un évident talent de conteuse, son récit est construit brillamment et le final m’a réellement plu.

L’aspect historique est aussi très intéressant, notamment la révolution culturelle de Mao et ce qui va advenir des musiciens, professeurs de musique et fabricants d’instruments, accusés d’être des sentimentalistes bourgeois.

Ils vont faire l’objet de procès et d’opprobre publics et beaucoup vont malheureusement être poussés au suicide sous les vivats de la foule. Ne connaissant pas l’histoire de la Chine, j’ai été horrifiée de découvrir ces faits terribles et ces personnes broyées par la machine communiste.

Un premier roman qui vaut donc le détour, je vous invite à le lire si vous êtes sensibles à la musique et j’en profite pour remercier les éditions Les escales pour cette lecture et leur confiance.

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Née en Malaisie, Dinah Jefferies est arrivée en Angleterre à neuf ans. Sa passion pour l’Asie du Sud-Est et l’Extrême-Orient ne s’est jamais démentie, et elle saisit chaque occasion de s’y rendre. Elle a fait pendant un temps partie d’une communauté avec un groupe de rock, et a travaillé dans le domaine de l’art. Après avoir vécu en Italie et en Espagne, elle habite désormais dans le Gloucestershire avec son mari (et un Norfolk Terrier malicieux) et se consacre à l’écriture. 

En 1936, Bella Hatton débarque à Rangoon, en Birmanie, pour embrasser une carrière de chanteuse de cabaret.

Mais depuis la mort de ses parents, Bella est tourmentée par un article de journal qu’elle a découvert, annonçant le départ précipité de sa mère et de son père de Rangoon après la disparition de leur bébé, Elvira, vingt-cinq ans auparavant.

Bella est prête à tout pour découvrir ce qui est arrivé à sa sœur même si elle se confronte vite à des ragots malveillants et à des menaces.

Oliver, un séduisant journaliste américain, promet de lui apporter son aide. Mais dans un pays où les émeutes entre Birmans et Indiens sont fréquentes, Bella devra apprendre à qui elle peut réellement se fier pour accéder à une vérité étouffée depuis des années.

La disparue de Birmanie est le dernier roman de Dinah Jefferies qui s’est fait connaître avec La mariée de Ceylan. Avec ce roman, elle nous propose une histoire ô combien dépaysante qui nous emmène, comme son nom l’indique, en Birmanie, alors sous domination britannique.

Comme vous le savez, j’affectionne tout particulièrement les romans avec des secrets de famille et si vous êtes comme moi, ce roman a tout pour vous plaire. Dinah Jefferies nous propose une histoire avec son lot de rebondissements, un suspens bien distillé et un soupçon d’amour.

Portée à deux voix, Bella en 1936 et Diana, sa mère, deux décennies auparavant, l’histoire a pour point de départ un enlèvement, celui de la soeur aînée de Bella. Les autorités de l’époque voient très vite en Diana la coupable idéale car elle avait du mal à supporter les pleurs de son nouveau-né.

La petite fille de trois semaines disparaît en 1911 et vingt-cinq ans plus tard, sa sœur fera tout pour découvrir la vérité, au grand dam des derniers témoins qui feront tout pour que le mystère reste entier. Car on découvre très vite que l’enquête n’a pas été bien loin et l’affaire vite étouffée.

L’histoire, très prenante, est bien menée avec suffisamment d’action et de rebondissements qui relancent sans cesse notre intérêt pour la quête de Bella. Il y a bien quelques facilités et un dénouement un peu trop attendu mais ça n’a en rien gâché ma lecture.

La plume de Dinah Jefferies est fluide, les pages se tournent toutes seules et on arrive bien vite au bout de ce petit pavé. Le cadre historique est de qualité, l’autrice s’est très bien documentée sur les bouleversements que connait la Birmanie à cette époque et franchement on s’y croirait. D’autant plus, qu’elle nous décrit à merveille les paysages, les plantes, fleurs, odeurs, traditions…

Un roman historique que je vous recommande si ce que je vous en ai dit vous tente !

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Anne Jacobs a publié sous pseudonyme plusieurs romans historiques et sagas exotiques. Sa trilogie La Villa aux étoffes connaît un véritable succès en Allemagne et à l’international.

À Augsburg, près de Munich, en 1913, la jeune Marie est embauchée en cuisine à la Villa aux étoffes, la résidence des Melzer, propriétaires d’une imposante usine de textile.

Alors que la jeune orpheline tente de tailler sa place parmi les serviteurs, les maîtres anticipent le début de la saison des bals hivernaux qui permettra à la belle Katharina, la cadette de la famille, de briller de tous ses feux en société.

Paul, l’héritier principal, se tient loin de ce genre de mondanités, car il préfère de loin sa vie d’étudiant à Munich. Du moins jusqu’à ce qu’il croise Marie…

Si, comme moi, vous aimez les sagas familiales, les ambiances à la Downton Abbey et les secrets de famille, La villa aux étoffes d’Anne Jacobs devrait vous plaire.

Premier tome d’une série qui en compte déjà quatre, ce roman pose les bases et nous présente les différents protagonistes qui interviennent tout au long des quelques six cents pages, tout en nous offrant une intrigue digne d’intérêts.

D’un coté, Les Melzer, les maitres : Johann, propriétaire de l’usine familiale, Alicia son épouse, Elisabeth, Katharina et Paul, leurs enfants. De l’autre, les domestiques qui les servent : Marie en tête.

Avec ce roman fleuve, sans longueurs (un exploit !), Anne Jacobs nous dépeint la bourgeoisie industrielle allemande du début du XXè siècle, juste avant que la première guerre mondiale rebatte les cartes et entraîne la fin de leur monde.

L’autrice a vraiment bien travaillé sa trame historique et nous révèle les règles et les interdits de cette caste mais aussi les enjeux autour de la modernisation des usines.

On plonge aux côtés des Melzer, dans le quotidien et les bals de la belle société mais on découvre aussi l’envers du décor aux côtés des domestiques et de leur dur labeur, levés bien avant les maîtres pour allumer les poêles, préparer le petit déjeuner, enlever les reliefs des repas… et couchés bien après eux.

C’est aussi un roman où l’on aborde la place des femmes lors de la Belle Epoque, dans son acception la plus large : les études et le mariage des jeunes filles, l’importance de la virginité jusqu’au mariage, la course au mariage, , la scolarisation des orphelines ou des filles issues de la classe ouvrière qui sont obligées de travailler afin de payer les études de leurs frères…

Et cerise sur le gâteau, la romance au second plan, est toute mignonne et n’éclipse pas le reste du récit, un bon point pour moi !

Ce premier tome s’est révélé réellement passionnant, je me suis très vite attachée aux différents personnages qui composent ce récit très addictif et je n’ai qu’une hâte, les retrouver dans le second volume à paraître en poche en novembre.

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Aurore Barillon a été architecte d’intérieur avant de se consacrer à l’écriture. Avec Les ombres du loch Fyne, elle signe son premier roman.

À la mort de sa mère, Aileen hérite d’une vaste propriété familiale en Écosse sur les rives du Loch Fyne. La jeune femme ignorait tout de ce manoir et décide de quitter la Suisse où elle réside pour aller y passer quelques jours.

Sur place, elle découvre que sa mère a grandi dans cette propriété familiale dont elle ne lui avait jamais parlé.

Dans des journaux intimes que sa mère lui a confié avant de mourir, Aileen découvre aussi qu’un drame s’est produit dans ce lieu enchanteur soixante-dix ans plus tôt.

Son oncle qu’elle n’a jamais connu s’y est suicidé après avoir été accusé du meurtre de sa fiancée. Et des décennies plus tard, s’il n’y a plus beaucoup de témoins vivants de cette époque, la tragédie hante toujours les habitants.

Les secrets enfouis depuis trop longtemps ne demandent qu’à resurgir. Au risque de tout bouleverser…

Les ombres du Loch Fyne est le premier roman d’Aurélie Barillon qui nous propose ici une histoire pleine de suspens et de secrets de famille qui tient le lecteur en haleine.

Aileen, marquée par le décès de sa mère, va découvrir l’Ecosse et la propriété familiale maternelle dans laquelle elle n’avait jamais mis les pieds.

Hésitant sur le devenir de la propriété, elle va profiter de son séjour pour mener l’enquête afin d’innocenter feu son oncle, accusé d’avoir assassiné celle qu’il devait épouser quelques jours plus tard, et ouvre ainsi la boite de Pandore.

Sur place, elle va se lier avec la famille de métayers qui s’occupe de la propriété et déterrer cette affaire que tous ont préféré oublier.

Aurélie Barillon coche toutes les cases de la saga familiale dans la droite lignée de Lucinda Riley avec des secrets, du suspens, des personnages attachants, une histoire d’amour et un dénouement attendu.

Certes, l’autrice ne sort guère des sentiers battus mais j’ai passé un bon moment avec cette histoire. L’atmosphère est un brin angoissante et l’intrigue plutôt bien ficelée même si j’ai deviné un peu trop facilement le coupable, en fidèle lectrice de thrillers et de polars que je suis mais cela n’a en rien gâchée ma lecture.

L’ajout des carnets intimes de la mère d’Aileen ajoute un charme à ce récit qui, si il est agréable à lire, manque pour moi de profondeurs et de surprises mais c’est aussi un premier roman ne l’oublions pas !

Vous l’aurez compris, une lecture sympathique qui ne me restera pas longtemps en mémoire mais qui m’a fait passer un bon moment et ce n’est déjà pas si mal !

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Eve Chase est le pseudonyme d’une journaliste ayant travaillé pour plusieurs magazines anglais. Son premier roman écrit sous ce nom, Un manoir en Cornouailles (NiL, 2018 ; 10/18, 2019), a été lauréat du prix Saint-Maur en Poche du roman étranger 2019.

Gloucestershire, août 1971. Un bébé est retrouvé dans les bois du manoir de Foxcote. La famille Harrington, endeuillée par une terrible tragédie, recueille avec joie la petite fille et décide de l’élever en secret. Mais ce bonheur familial est très vite ébranlé par la découverte d’un cadavre sur la propriété.

Des années plus tard, Sylvie, confrontée au coma de sa mère Rita, et désireuse d’éclaircir des zones d’ombre de sa vie, est à son tour entraînée dans les bois majestueux et sauvages de Foxcote, là où rien n’est tout à fait ce qu’on croit.

Sylvie découvrira-t-elle la vérité et osera-t-elle la révéler ?

Les filles du manoir de Foxcote est le second roman d’Eve Chase que j’ai découverte avec son premier titre Un manoir en Cornouailles. Onirique et mystérieux, ce récit nous plonge au cœur de sombres secrets de famille qui bouleverseront à jamais les vies de trois femmes.

Vous le savez, j’affectionne les romans à double temporalité, les secrets de famille, un lieu qui tient une place centrale dans le récit, des vies bouleversées à jamais par un drame du passé…

Ce roman coche toutes les cases et autant vous le dire d’emblée, je l’ai ai beaucoup aimé ! Eve Chase tisse formidablement bien sa toile et nous prend dans ses filets de la première à la dernière page. Elle ménage ses effets, distille des indices ici et là, et mène son suspens jusqu’au bout avec un dénouement que je n’avais pas vu venir.

Un roman très bien construit, bien équilibré entre intrigue dans le passé et dans le présent même si j’ai été nettement plus captivée par les évènements de l’été 1971 que par ceux d’aujourd’hui même si j’avoue que l’histoire autour de Sylvie m’a beaucoup intéressée dans les cent dernières pages.

Roman choral, l’autrice donne tour à tour la parole à Rita, Hera et Sylvie qui voient leurs destins bouleversés suite aux évènements de l’été 1971. Que s’est-il donc passé dans cette mystérieuse forêt qui borde le manoir de Foxcote ?

Il nous faudra près de 400 pages pour le découvrir tant Eve Chase mène bien sa barque et nous mène par le bout du nez.

L’atmosphère est envoutante et angoissante, les personnages bien dessinés et ce roman confirme qu’Eve Chase est une digne héritière de Daphné du Maurier sans la dépasser toutefois à mes yeux, l’autrice de Ma cousine Rachel et de Rebecca reste toujours au sommet du genre et cela, c’est incontestable.

Vous l’aurez compris, ce fut une très bonne lecture que je recommande aux amateurs et amatrices du genre, ils et elles passeront un formidable moment en compagnie des trois héroïnes au coeur de ce manoir qui recèle bien des mystères.

Un grand merci aux éditions Nil pour cette belle lecture, j’ai adoré !

Lu dans le cadre du Mois Anglais :

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois et du Pumpkin Automne Challenge :

challenge-un-pave-par-mois

Ann Mah est journaliste et écrivain. Elle vit entre Paris et Washington. Passionnée de voyages et de cuisine elle écrit régulièrement pour de nombreux journaux et magazines américains comme Le New-York Times, Vogue ou Condé Nast.
Elle a remporté le prix des lectrices de Elle aux Etats-Unis pour son essai Mastering the Art of French Eating en 2013.

Pour faire partie des rares experts en vins certifiés au monde, Kate doit réussir le très prestigieux concours de Master of Wine. Sur les conseils de son mentor, elle fait le choix de se rendre en Bourgogne, dans le domaine appartenant à sa famille depuis des générations.

Elle pourra y approfondir ses connaissances sur le vignoble et se rapprocher de son cousin Nico et de sa femme, Heather, qui gèrent l’exploitation. La seule personne que Kate n’a guère envie de retrouver, c’est Jean-Luc, un jeune et talentueux vigneron, son premier amour qu’elle a refusé d’épouser quelques années plus tôt.

Alors qu’elle se lance dans le rangement de l’immense cave avec Heather, elle découvre une chambre secrète contenant un lit de camp, des tracts écrits par la Résistance et une cachette pleine de grands crus.

Intriguée, Kate commence à explorer l’histoire familiale, une quête qui la mènera aux jours les plus sombres de la Seconde Guerre mondiale et à des révélations très inattendues.

Vous commencez à connaître la chanson si vous me lisez régulièrement mais j’aime beaucoup les romans historiques, les secrets de famille et notamment ceux qui sont portés par deux héroïnes à deux époques différentes.

La mémoire des vignes fait indéniablement parti de cette catégorie puisque nous suivons tour à tour Kate de nos jours, une franco-américaine, de retour sur les terres familiales et Hélène-Marie, pendant la seconde guerre mondiale, sa grand-tante dont elle et la jeune génération ignoraient l’existence.

La partie au présent nous immerge dans le monde de la viticulture avec les vignes, les vendanges, le métier de vigneron, les difficultés d’en vivre et de faire côtoyer méthodes ancestrales, tenants de la tradition et marketing. Et le métier d’oenologue qu’exerce Kate. Cette partie est plutôt intéressante, Ann Mah s’est très bien documentée et on apprend une foule de choses à cette lecture lorsque l’on est, comme moi, totalement néophyte sur le sujet.

Les recherches que font Kate et Heather sur Hélène-Marie dont elles découvrent l’existence, sont passionnantes à suivre. Auprès des deux jeunes femmes, on lève le voile sur les secrets honteux de la famille au grand dam du patriarche qui refuse absolument qu’elles remuent le passé.

La partie au passé est très intéressante. Auprès d’Hélène-Marie, on assiste aux réunions de la Résistance, aux arrestations, aux actions de celles et ceux qui avaient décidé de résister à l’Occupant, la faim et le froid qui les étreignent. On voit aussi ceux qui collaborent, qui recourrent au marché noir ou dénoncent les membres de leurs familles lorsqu’ils découvrent qu’ils appartiennent à la Résistance. On suit aussi la vague d’épuration qui va toucher les femmes.

Mais il n’y a pas que des points positifs dans ce roman : il y a tout de même beaucoup de longueurs, des pages entières de dialogues ou de narrations totalement inutiles à l’intrigue et une histoire d’amour qui n’était absolument pas indispensable.

Il y a également pour moi des maladresses au niveau de la narration au passé, l’autrice passe d’extraits du journal intime d’Hélène-Marie à des pages entières de récit comprenant des dialogues : pourquoi avoir mélangé les deux ? J’aurai préféré un réel roman à deux voix que le choix qu’a fait Ann Mah qui apporte du déséquilibre au récit.

Une lecture prenante et agréable malgré tout, idéale à lire en automne !

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