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Régis Delpeuch a été enseignant durant vingt ans, directeur éditorial adjoint et directeur de la communication de la SEDRAP (Société d’Édition et de Diffusion pour la Recherche et l’Action Pédagogique) avant de se consacrer exclusivement à l’écriture. En 2001, il a créé le salon du livre jeunesse Lecteurs en Herbe. Chez Scrineo, il est l’auteur de la série « Mamie Polar »s (+ de 15 000 exemplaires vendus) et du roman L’enfant d’Oradour.

16 juillet 1942. Sarah Lichtszejn et sa mère Maria sont arrêtées et emmenées au Vel d’Hiv. Contre toute attente, elles arrivent à s’en échapper assez facilement et vont parvenir à se cacher des nazis pendant deux longues années sous une fausse identité grâce à la complicité de leur famille et de leurs amis.

Jusqu’au 24 mai 1944, 7 heures où deux jeunes policiers en civil, tête nue, les arrêtent suite à une lettre de dénonciation. Elles sont d’abord conduites à Drancy où elles vont séjourner quelques semaines avant d’être envoyées dans l’enfer du camp d’Auschwitz-Birkenau…

Vous ne nous séparerez pas raconte l’histoire vraie de Sarah Lichtszejn-Montard, âgée de quatorze ans au début du roman et de sa mère Maria, réfugiée polonaise, échappées du Val d’Hiv et rescapées du camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau.

Sous la plume de Régis Delpeuch, on découvre le récit poignant de ces deux survivantes plongées au coeur de l’enfer nazi. L’histoire, criante de vérité, permettra aux adolescent.e.s, qui abordent la Shoah lors de leur programme d’histoire de 3ème, de se rendre mieux compte du calvaire des juifs pendant la guerre.

Ils pourront facilement s’identifier à Sarah qui, à leur âge, subit la peur, le froid, la faim et qui réussit à ne pas sombrer dans le désespoir et à survivre à la solution finale grâce à sa volonté et sau soutien sans faille de sa mère qui ne va jamais cesser de battre.

Régis Delpeuch connait très bien son sujet, l’histoire est bien traitée et documentée, il a pu rencontrer et interroger son héroïne, toujours vivante et cela ce sent tout au long du récit, l’auteur s’est appliqué au mieux à retranscrire ce que vit Sarah et sa mère. Pendant plus de vingt-cinq ans, cette rescapée de la Shoah a raconté inlassablements dans les collèges et les lycées, ce qu’elle a vécu durant la Seconde Guerre Mondiale.

Bien que connaissant plutôt bien cette période et le drame de la Shoah, j’ai été emportée par cette histoire, émue par ce qu’ont vécu Sarah et Maria et je compte bien faire lire ce roman à mes ados car il montre la réalité tout en n’étant jamais tire-larmes.

Cerise sur le gâteau, il y a un gros dossier documentaire à la fin de l’ouvrage avec des repères datés, des photos, un glossaire, une interview de Sarah Montard… qui permettront aux jeunes lecteurs et aux autres d’approfondir leurs connaissances.

Un ouvrage à mettre entre toutes les mains bien sûr et j’en profite pour remercier les éditions Scrinéo pour l’avoir mis entre les miennes !

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Née à Rio, Luize Valente est passionnée d’histoire. Elle est journaliste et réalisatrice de documentaires. Sonate pour Haya, son premier roman traduit en français, est un best-seller au Brésil.

Lisbonne, 1999. Amalia, une jeune avocate portugaise, ignore tout de sa famille paternelle et n’ose pas questionner son père à ce sujet. Hermann, d’origine allemande, a coupé les ponts avec les siens, honteux de la part qu’ont pu prendre ses ascendants dans le régime nazi.

Quand elle surprend une conversation concernant son arrière-grand-mère allemande, Frida, veuve d’un haut dignitaire du IIIè reich, Amalia décide de partir pour Berlin afin de la rencontrer.

Dépositaire du passé familial, cette femme centenaire lui lègue une partition intitulée Sonate pour Haya en plus de nombreuses révélations, avant de quitter le monde paisiblement.

Amalia comprend alors que son grand-père Friedrich, dont elle ignorait jusqu’alors l’existence et les faces sombres de sa vie, pourrait se trouver quelque part à Rio, toujours en vie.

Décidée à découvrir la vérité, Amalia traverse l’océan pour partir à sa rencontre…

Avec Sonate pour Haya, la journaliste et réalisatrice brésilienne Luize Valente, nous propose une grande saga familiale sur la rédemption.

De Lisbonne à Rio en passant par Berlin, Postdam et le camp de concentration d’Auschwitz, l’autrice nous raconte la quête d’une jeune femme pour découvrir le passé de sa famille et celle de Haya pour laquelle Friedrich a composé une sonate.

Le roman aborde avec grand réalisme l’histoire de la famille Eisen, implantée depuis plus d’un siècle à Berlin. Le grand-père est imprimeur, l’oncle, libraire et le père médecin lorsqu’Hitler arrive au pouvoir.

Ils vont subir, comme des millions de juifs, les lois anti-juives du IIIè reich, les persécutions et tous les évènements qui jalonnent la montée du nazisme. Après la nuit de cristal, ils sont contraints de tout vendre et seront acculés à la ruine, à l’exil, connaitront le ghetto et le camp d’Auschwitz.

Leur trajectoire, semblable à celle des autres juifs allemands, est ici racontée avec précision et justesse par Luize Valente, et cette histoire m’a touchée et bouleversée. On ne tombe jamais dans le pathos ou le misérabilisme mais la force et l’intensité du roman font vraiment mouche.

En alternance, les chapitres nous plongent dans l’histoire de la famille d’Adèle de 1938 à 1945 et au moment où Amalia mène son enquête en 1999. La partie contemporaine ne manque pas d’intérêt mais bien sûr j’ai préféré celle qui se déroule dans le passé, j’ai trouvé ces moments très durs à accepter, émouvants, tellement effrayants que même en sachant toutes les atrocités commises, on a peine à y croire et ça fait froid dans le dos.

Les personnages sont bien travaillés, ils ont une épaisseur, des failles et sont très réalistes que ce soit dans la partie contemporaine et historique.

L’autrice montre également que si une grande majorité des allemands étaient des admirateurs du führer, ne montrant aucune compassion envers leurs collègues et voisins juifs, se réjouissant même de leurs malheurs, elle n’en oublie pas que tous les allemands ne sont pas à mettre dans le même sac, montrant les résistants allemands, les opposants politiques, homosexuels, tsiganes, handicapés, tous ceux que le régime a broyé.

J’ai beaucoup aimé cette histoire très bien documentée, les personnages qui la traversent. La plume de l’autrice est agréable à lire et j’ai littéralement dévoré ce roman, pressée de savoir ce qu’était advenu des membres de la famille Eisen et de Friedrich.

La figure du grand-père de Friedrich, communiste et résistant, en rupture avec sa fille, mariée à un abject admirateur d’Hitler, est très intéressante et rappelle que certains allemands ont lutté contre le régime, ont tenté de protéger leurs amis juifs en leur procurant des papiers ou en leur achetant leurs biens dans le but de les leur rendre, une fois les nazis chassés du pouvoir.

Pour conclure, un roman passionnant et plein de suspens, une histoire sombre mais aussi pleine d’espoir qui montre que la résilience n’est pas un vain mot.

Un grand merci aux éditions Les Escales pour cette lecture bouleversante !

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Après des études de lettres, Catherine Ganz-Muller devient monteuse dans le cinéma. Passionnée de littérature, elle ouvre une librairie à Paris puis se tourne vers le métier de bibliothécaire. Elle a écrit des articles pour des magazines, des nouvelles, des romans pour les adolescents, un roman pour enfant lauréat du prix Chronos 2010, des romans pour adultes.

Cologne, Allemagne, 1934. Poussé à l’exil par les lois anti-juives, le libraire Alexander Mendel est obligé, la mort dans l’âme, de s’exiler en France avec sa famille.

Il confie sa librairie, fondée plusieurs décennies auparavant, à son jeune employé, Hans Schreiber, en qui il a toute confiance et qui lui a promis de garder la librairie pour lui en son absence.

Le jeune homme, orphelin de père suite à la première guerre mondiale, fréquente la librairie depuis son enfance et a trouvé en Alexander, un père de substitution. Pour lui, le régime nazi et son aryanisme sont des aberrations et il les exècre de tout son coeur.

Par fidélité à son mentor et par haine du régime nazi, Hans décide de se battre, malgré les menaces et les bombes, pour que la Librairie bibliothèque, ce lieu d’érudition chaleureuse qui permet “que chacun ait la possibilité d’avoir un livre dans les mains, qu’il soit riche ou pauvre” continue à vivre dans cette période tragique.

Avec Le libraire de Cologne, Catherine Ganz-Muller nous invite à lire le combat d’un libraire allemand de 1934 à 1945. Une histoire inspirée de la réalité, celle de la librairie Lengfeld fondée le 1er juillet 1842, propriété de la famille Ganz, forcée de la vendre à Hans Schmitt en 1934, qui va lutter tout au long de la guerre pour sa sauvegarde.

Le roman, à destination des 14 ans et plus, aborde avec grand réalisme les lois anti-juives du IIIè reich et n’omet rien des persécutions que les juifs subirent ni des évènements qui jalonnent la montée du nazisme.

L’autrice montre également que si une grande majorité des allemands étaient des admirateurs du führer, ne montrant aucune compassion envers leurs collègues et voisins, se réjouissant même de leurs malheurs, elle n’en oublie pas que tous les allemands ne sont pas à mettre dans le même sac.

Certains ont lutté contre le régime, entrant en résistance et le payant bien souvent de leurs vies, c’est ce que va faire Hans Schreiber : il va résister aux nazis, avec les deux autres employés de la librairie qui vont l’aider à tenir la barre mais aussi des voisins et des clients qui vont continuer à fréquenter les lieux, lui permettant de survivre.

La figure centrale du récit c’est bien sûr cette librairie bibliothèque fondée par Mandel dont le but est avant tout la diffusion des livres et non faire commerce à tout prix. Chacun peut passer ses journées dans le coin bibliothèque à lire, c’est ainsi qu’il fait la connaissance du jeune Hans qui va devenir son apprenti, puis son bras droit.

L’autre figure importante, c’est bien sûr Hans, un homme bon, qui reprend le flambeau de son mentor, animé par l’amour des livres mais aussi fidèle à la famille Mendel avec qui il continue de correspondre pendant la totalité de la guerre.

Attaquée par les décrets nazis, bombardée, éventrée, pillée la librairie de Cologne va subsister par la volonté et le courage sans faille d’Hans mais aussi d’alliés inattendus.

J’ai beaucoup aimé cette histoire très bien documentée, les personnages qui la traversent et je trouve que ce roman devrait être étudié en classe de 3è, le nazisme et la seconde guerre mondiale étant au programme, ce livre est parfait pour familiariser les jeunes lecteurs à l’Histoire.

Cerise sur le gâteau : l’auteure a eu la bonne idée d’ajouter en fin d’ouvrage une notice chronologique et des explications sur le vocabulaire de la seconde guerre mondiale afin que les jeunes puissent avoir toutes les informations importantes sous la main.

Pour conclure, un roman passionnant et plein de suspens, une histoire sombre mais aussi pleine d’espoir qui montre aux adolescents que même lorsque règnent la haine et la terreur, la lumière vient des livres, véritables fenêtres de liberté, à préserver à tous prix.

Un grand merci aux éditions Scrinéo pour cette lecture à découvrir absolument !

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Lu dans le cadre du Cold Winter challenge et du challenge 1 pavé par mois  :

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Fille de militaire, Sarah McCoy a déménagé toute son enfance au gré des affectations de son père. Elle a ainsi vécu en Allemagne, où elle a souvent séjourné depuis. Résidant actuellement à El Paso au Texas, elle donne des cours d’écriture à l’université tout en se consacrant à la rédaction de ses romans. Un goût de cannelle et d’espoir (Les Escales, 2014) est son premier ouvrage publié en France. Depuis, ont paru aux éditions Michel Lafon Un parfum d’encre et de liberté (2016), Le Souffle des feuilles et des promesses (2017) et Le Bruissement du papier et des désirs (2019).

Allemagne, 1944. A Garmish, près de Dachau, malgré les restrictions, les pâtisseries fument à la boulangerie Schmidt. Entre ses parents patriotes, sa sœur volontaire au Lebensborn et son prétendant haut placé dans l’armée nazie, la jeune Elsie, 16 ans, vit de cannelle et d’insouciance.

Jusqu’à cette nuit de Noël, où vient toquer à sa porte un petit garçon juif, échappé des camps. Si elle le recueille et le protège, elle met sa famille en danger. Mais si elle refuse, elle le condamne à une mort certaine.

Soixante ans plus tard, au Texas, la journaliste Reba Adams, vit une relation compliquée avec un jeune mexicain, fraîchement naturalisé américain, qui patrouille à El Paso.

Reba cherche des témoignages sur les Noëls allemands et choisit la pâtisserie allemande d’Elsie. La vieille femme va lui raconter le dernier Noël qu’elle a passé en Allemagne…

Un goût de cannelle et d’espoir attendait sagement son tour dans ma PAL depuis quelques années maintenant, échaudée par ma lecture d’un autre roman de Sarah McCoy que je n’avais pas du tout aimé Un parfum d’encre et de liberté.

N’est pas Kate Morton qui veut et Sarah McCoy est loin d’avoir, à mon sens, le talent de la romancière australienne. Si le récit au passé est bien construit, bien documenté, porté par une héroïne terriblement attachante, le récit au présent fut une fois encore d’un ennui mortel, mené par une héroïne aussi fade qu’antipathique.

Avec Elsie, on est plongé dans les six derniers mois de la guerre au cœur même de l’Allemagne nazie, non loin du camp de Dachau. Elle a seize ans et est loin d’être aussi endoctrinée que sa sœur Hazel, volontaire pour donner à son pays, de bons petits aryens, au sein d’un Lebensborn.

Elsie, elle, est passionnée de pâtisserie, elle n’exècre pas les juifs et se voile plutôt la face lorsqu’elle est confrontée à la barbarie nazie, et se rapproche, malgré elle, de militaires nazis, pour faire plaisir à ses parents.

Seulement, lorsqu’elle rencontre Tobias, tout change et la jeune fille va se révéler pleine de courage pour sauver cet enfant innocent.

Lorsque les romanciers s’attaquent à la seconde guerre mondiale, ils prennent pour héros, des collaborateurs, des résistants ou des juifs. Ce qui est intéressant ici, c’est que l’on est dans une zone grise, où les gens ne sont ni bons ni méchants : pas de théoriciens ou d’idéalistes du nazisme mais des officiers SS qui suivent les ordres malgré leur conscience et des personnes ordinaires qui se compromettent par idéal, par intérêt ou par lâcheté.

Sarah McCoy montre aussi que tous les allemands n’étaient pas des nazis : Elsie fuyait les jeunesses hitlériennes et n’a aucune sympathie pour le régime du IIIè reich, l’une de ses voisines venait en aide aux juifs en les cachant puis en les exfiltrant vers la Suisse et sa sœur va finir par ouvrir les yeux sur la réalité des Lebensborns.

Tous ces passages pendant la guerre se révèlent passionnants à suivre, je ne peux pas en dire autant de la partie contemporaine. Je comprends le parallèle qu’a voulu faire l’autrice avec les réfugiés mexicains, fuyant la misère de leur pays, en quête d’un avenir meilleur aux Etats-Unis, impitoyablement pourchassés par les garde-frontières, mais elle s’y prend mal.

Comme je l’ai dit plus haut, Reba est loin d’être sympathique et se révèle très caricaturale. Cette histoire contemporaine est de plus bancale et mal maitrisée et au final, j’ai lu ces passages en diagonale !

Pour conclure, je pense que cette autrice n’est pas faite pour moi car si j’apprécie ses incursions au passé, je fuis ceux au présent et je ressors de cette lecture plutôt déçue qu’enthousiaste.

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Traduit en 18 langues, Un sac de billes, livre d’une exceptionnelle qualité, est un des plus grands succès de librairie de ces dix dernières années.

Paris, XVIIIème arrondissement, 1941. Joseph a dix ans. Il vit au-dessus du salon de coiffure familial avec ses parents et ses frères Maurice, Henri et Albert. Dans le pays occupé par les nazis depuis la reddition du général Pétain, les lois anti-juives obligent tous les juifs à porter l’étoile jaune.

Lorsque Joseph et Maurice arrivent à l’école avec leur étoile sur leurs manteaux, ils sont pris pour cibles par leurs camarades. Pour les deux garçons élevés dans la laïcité et dont les parents ont fui les pogroms russes, c’est l’incompréhension.

Pour leur père, c’est le signe qu’il est grand temps pour eux de fuir Paris et de rejoindre Henri et Albert déjà installés à Menton. Mais partir à quatre, c’est trop dangereux. Il confie à Joseph et Maurice de l’argent, à eux de se débrouiller pour voyager sans encombre jusqu’en zone libre…

Un sac de billes fait partie de ces romans devenus des classiques, plusieurs fois adaptés au cinéma que je n’avais pas encore lu. Il a fallu qu’il soit au programme des lectures estivales de mon Empereur de fils pour que je le découvre enfin !

Ce récit est en fait l’histoire vraie de Joseph Joffo et de sa famille écrite alors qu’il était devenu lui-même père de famille, trente années après les faits. Il rencontra un grand succès et continue de figurer dans les listes des romans les plus vendus.

Je suis rentrée totalement vierge dans ce roman, n’ayant vu aucune adaptation, et j’ai beaucoup aimé ma lecture. Le narrateur en est bien sûr Joseph qui nous raconte la guerre et sa fuite des nazis avec ses yeux d’enfant. Malgré la dureté du sujet, le roman ne tombe jamais dans le pathos, il y a même beaucoup d’humour et c’est ce qui m’a vraiment plu !

Joseph Joffo raconte sa guerre et rend un bel hommage à son père, sans qui sa famille aurait probablement fini dans un camp de concentration mais aussi à ceux qui les ont aidé à fuir les nazis et notamment plusieurs prêtres et un évêque qui ont permis à de nombreux juifs d’échapper aux autorités.

Il n’omet rien des persécutions à l’encontre des juifs mais son témoignage montre aussi la vie dans la zone libre et notamment sur la côte d’Azur gérée par les italiens qui refusèrent de faire la chasse aux juifs. Les deux garçons vont, bon gré mal gré, mener une existence proche de la normale pendant quelques années mais vont aussi se faire quelques frayeurs et nous aussi.

On ne peut, en effet, qu’être en empathie avec Joseph et sa famille et trembler avec eux tout au long du roman. Si j’étais sûre que Joseph avait survécu à la guerre, je ne savais rien de sa famille et j’ai plus d’une fois tremblé devant les adversités auxquelles ils ont tous été confronté.

Je ne peux donc que comprendre que l’on demande à des collégiens de 3è qui abordent la shoah et la seconde guerre mondiale dans leur programme d’histoire, de lire Un sac de billes. Mon fils a découvert tout au long de sa lecture avec une certaine horreur un pan de notre histoire qu’il ne connaissait pas du tout et avec son regard bienveillant, il n’a pas compris comment on n’avait pu en arriver là à l’époque.

J’ai été bien incapable de lui répondre d’ailleurs car j’ai beau lire des romans ou des témoignages sur ces évènements, je ne comprends toujours pas non plus comment des citoyens ont pu dénoncer leurs voisins, leurs amis, que le pouvoir en place a pu aider les nazis à envoyer des millions de juifs vivre l’enfer dans des camps.

Il est donc toujours utile de mettre entre les mains des plus jeunes ce genre de roman pour que plus jamais l’horreur ne se produise à nouveau. Si vous n’avez jamais lu Un sac de billes, je ne peux que vous encourager à le découvrir à votre tour.

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Enfant et fille unique d’Albert Salomon et de Fränze Grunwald, Charlotte Salomon grandit dans une famille aisée de la communauté juive berlinoise, son père étant médecin et professeur à l’université Humboldt de Berlin. Sa mère reste marquée par le suicide de sa sœur et s’enferme au fil des ans dans une profonde dépression jusqu’au jour où en 1926, échappant à la vigilance de son infirmière, elle saute dans le vide.Charlotte ignore tout du suicide de sa mère, on lui dit qu’elle est morte de la grippe. Son père épouse ensuite la chanteuse lyrique Paula Lindberg. Mais avec l’arrivée de Hitler au pouvoir, les premières persécutions commencent et le monde de Charlotte s’effondre…

Ce roman retrace la vie de Charlotte Salomon, artiste peintre morte à vingt-six ans alors qu’elle était enceinte. Après une enfance à Berlin marquée par une tragédie familiale, Charlotte est exclue progressivement par les nazis de toutes les sphères de la société allemande.

Elle vit une passion amoureuse fondatrice, avant de devoir tout quitter pour se réfugier en France avec ses grands-parents, installés en zone libre. Exilée, elle entreprend la composition d’une oeuvre picturale autobiographique d’une modernité fascinante.

Vivant son art comme une urgence, elle s’enferme pendant deux ans pour coucher toute sa vie sur des toiles. Puis, se sachant en danger, elle confie ses dessins à son médecin en lui disant : « C’est toute ma vie. »

Charlotte, c’est le portrait saisissant d’une femme exceptionnelle, évocation d’un destin tragique, Charlotte est aussi le récit d’une quête. Celle d’un écrivain hanté par une artiste et qui part à sa recherche. David Foenkinos le dit lui même, il est obsédé (dans le bon sens du terme) par Charlotte Salomon et n’a qu’une envie avec son roman : faire découvrir cette artiste peintre pour laquelle il voue une admiration sans borne.

De l’auteur, je n’avais lu jusqu’à présent que La délicatesse, un roman agréable à lire mais qui ne m’avait pas laissé un souvenir impérissable, ce ne sera pas le cas de celui-ci que j’ai beaucoup aimé et qui m’a profondément émue.

Je ne connaissais pas Charlotte Salomon avant d’entamer ma lecture et grâce à David Foenkinos, cette erreur est réparée. Dans ce roman à deux voix (je pour l’auteur, elle pour Charlotte) écrit en vers libres, l’auteur se mue en détective en se rendant sur tous les lieux emblématiques de la vie de son héroïne, pour s’imprégner des murs mais aussi découvrir le moindre détail de son existence, essayer de retrouver des témoins qui l’auraient connu.

Il retrace la rencontre de ses parents au cœur de la première guerre mondiale, sa naissance, son enfance, ses amours et les évènements marquants de sa courte vie, jusqu’à sa mort en déportation alors qu’elle était enceinte et âgée de 26 ans seulement.

Il explique à merveille le contexte historique de l’époque, j’ai appris d’ailleurs bon nombre de choses que j’ignorais totalement, mais aussi le contexte familial de Charlotte : sa famille maternelle est marquée par un certain nombre de suicides depuis plusieurs générations, ce qu’elle apprendra très tardivement mais qui la marquera sans aucun doute.

C’est aussi un témoignage d’amour, celui de David Foenkinos pour Charlotte Salomon, le regard de l’auteur est bienveillant, passionné, admiratif, sa plume, sobre et pudique. Alors forcément, l’histoire racontée est triste, j’ai versé quelques larmes, mais elle est forte aussi et me restera longtemps en mémoire.

Un roman bouleversant, sous forme d’un long poème, que je vous conseille vivement et qui me donne envie de continuer d’explorer l’œuvre de David Foenkinos, si vous avez un titre à me suggérer, je suis toute ouïe !!

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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Juillet 1942. Elle s’appelle Esther, elle a vingt ans, elle est juive.
Ses parents ont été arrêtés, elle erre dans les rues de Paris, perdue et terrifiée. Alors qu’elle se repose sur un banc, son regard croise celui d’une femme élégante, plus âgée qu’elle, qui fume de longues cigarettes à la terrasse d’un café.
Esther ne le sait pas encore mais sa rencontre prochaine avec Thérèse Dorval, l’épouse d’un homme cynique et violent qui collabore avec les Allemands, va bouleverser sa vie.
Naissance d’un désir irrésistible, en pleine tragédie. Amour interdit de deux femmes emportées par le feu de la passion.
À Dinard, où elles se réfugient, elles devront, sous la pluie des bombes alliées, décider de leur destin : se séparer pour tenter de survivre ou accepter de mourir par amour.

Juillet 1942. Esther a vingt ans et vit avec ses parents dans un appartement parisien lorsque le jour de son anniversaire, la police française frappe à la porte. Sa mère lui ordonne de se cacher dans l’armoire et de n’en sortir sous aucun prétexte. Ses parents sont aussitôt arrêtés et la jeune fille attend plusieurs heures dans sa cachette avant d’oser s’en extirper.

Elle a faim et décide d’aller acheter des provisions avec la carte de rationnement familial. Sur place, elle prend peur et retourne chez elle. Mais alors qu’elle arrive sur le palier, elle se rend compte que des personnes fouillent l’appartement en vue de l’occuper. Avec quelques francs en poche, elle arpente Paris et tombe sur une femme d’une beauté stupéfiante qui fume une cigarette dans un salon de thé.

Les jours qui suivent, elle se plante devant le salon de thé pour l’admirer, c’est alors que Thérèse Dorval, l’objet de toutes ses attentions, vient à sa rencontre. Elles font connaissance autour d’une tasse de thé et Mme Dorval lui propose de devenir sa bonne. Elle n’ignore pas qu’Esther est juive mais irrésistiblement attirée par sa beauté, elle l’emmène chez elle…

Libre d’aimer raconte l’histoire d’amour entre Esther et Thérèse sous l’Occupation. Un amour interdit, tabou, dans la France de Vichy où les femmes doivent enfanter pour le bien de la patrie. Tout sépare pourtant les deux femmes : leurs origines, leurs conditions sociales, leurs religions…

Esther est juive, issue d’une famille modeste, qui jusqu’à ce que les lois de Vichy l’en empêchent, menait une brillante scolarité au lycée Louis-le-Grand.

Thérèse est issue d’une vieille famille de la noblesse française qui a uni son destin à l’homme qui avait été choisi par son père. Dorval est brutal et Thérèse va vite se rendre compte que seules les femmes l’attirent. Jusqu’à sa rencontre avec Esther, elle mène une vie libre : elle fume, côtoie le milieu interlope, au grand dam de son époux auquel elle se refuse et de ses parents, scandalisés par la vie que mène leur fille d’autant plus que Thérèse va se mettre en tête de divorcer.

Au-delà de l’histoire d’amour pleine de sensualité entre Esther et Thérèse pour lesquelles on se prend très vite d’affection, Olivier Merle revient sur le contexte historique et sociologique dans lequel évoluent ses personnages, celle de la France de Vichy, une France patriarcale où les hommes décident de tout à la place de leurs femmes.

Une France qui exile les juifs vers les camps de la mort, refuse l’homosexualité, le divorce et prône avant tout la fertilité et la famille. Si Esther vit dans la peur permanente d’être reconnue comme une juive, Thérèse a aussi beaucoup à perdre : le simple fait de quitter le domicile conjugal peut l’amener tout droit en prison !

Pour autant, ce contexte historique n’est jamais au premier plan, l’auteur privilégie l’histoire d’amour passionnée et sensuelle entre ses héroïnes et le risque qu’elles encourent si leur homosexualité était révélée. Et il abuse parfois de certaines facilités : les deux jeunes femmes trouvent toujours des solutions comme par enchantement à tous leurs problèmes, ce que j’ai trouvé peu crédible, tout comme j’ai été surprise qu’Esther ne tente à aucun moment de savoir ce qu’étaient devenus ses parents.

Malgré ces petits bémols, j’ai été emportée par l’histoire, tremblant pour Esther et Thérèse, craignant un dénouement dramatique à chaque fois qu’un grain de sable se mettait sur leur route. Un très bon moment de lecture que cette histoire très touchante !

Si vous êtes à la recherche d’une romance qui sort des sentiers battus, Libre d’aimer pourrait vous plaire.

Un grand merci à Babelio et à X.O éditions pour cette lecture romanesque !

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Sous un ciel de plomb, des prisonniers défilent à l’entrée du camp d’Auschwitz. Bientôt, ils ne seront plus que des numéros tatoués sur le bras. C’est Lale, un déporté, qui est chargé de cette sinistre tâche. Il travaille le regard rivé au sol pour éviter de voir la douleur dans les yeux de ceux qu’il marque à jamais.
Un jour, pourtant, il lève les yeux sur Gita et la jeune femme devient sa lumière dans ce monde d’une noirceur infinie. Ils savent d’emblée qu’ils sont faits l’un pour l’autre. Mais dans cette prison où l’on se bat pour un morceau de pain et pour sauver sa vie, il n’y a pas de place pour l’amour.
Ils doivent se contenter de minuscules moments de joie, qui leur font oublier le cauchemar du quotidien. Mais Lale a fait une promesse : un jour, ils seront libres, deux jeunes gens heureux de vivre ensemble. Deux personnes plus fortes que l’horreur du monde.

Avril, 1942. Lale Sokolov débarque de sa Hongrie natale à Auschwitz. Juif non pratiquant, il était jusqu’alors vendeur dans un grand magasin lorsque les SS ont proposé un deal à sa famille : un seul d’entre eux sera déporté à condition qu’un volontaire se désigne.

Célibataire, Lale accepte et c’est sous un soleil de plomb, après plusieurs jours de voyage dans un wagon bondé, qu’il entre dans le camp et voit la devise du lieu : Le travail rend libre. Il ignore où il est mais comprend que si il veut survivre à ses bourreaux nazis, il a intérêt à ne pas montrer ses faiblesses.

Dès son arrivée, il est jugé digne d’être momentanément épargné et atterrît devant le tatoueur, chargé de marquer à vie ceux qui ne sont pas promis dans l’immédiat à la solution finale.

Il fait ainsi la connaissance de Pepan, un français déporté pour son activisme communiste, qui lui propose de devenir son apprenti. Au risque d’être considéré comme un collaborateur, Lale, qui s’est juré de survivre à cet enfer, accepte ce travail.

Quelques semaines plus tard, il tombe amoureux de Gita. Dans l’enfer du camp, ils vont s’aimer et tout faire pour sortir vivants d’Auschwitz…

Heather Morris est une journaliste néo-zélandaise. Dans les années 2000, elle rencontre Lale Sokolov qui lui raconte son histoire. A la fin de sa vie, l’ancien déporté souhaite que sa survie dans le camp d’Auschwitz soit relatée et choisit la plume de Heather Morris pour retranscrire les trois années qu’il y a passé.

L’auteure va mettre une dizaine d’années avant de nous proposer ce témoignage sous forme romancée et elle réussit brillamment à nous relater le quotidien de Lale dans l’enfer de ce camp de concentration sans jamais tomber dans le pathos, une prouesse, car si ce récit est émouvant, il est aussi tout en pudeur et en sensibilité.

Si Heather Morris construit habilement son récit pour faire ressortir l’amour, la solidatiré et l’amitié qui unissait les déportés, il n’empêche qu’elle ne nous épargne rien de leur quotidien : déshumanisés, meurtris dans leur dignité et leur chair, affamés, maltraités, objets d’expériences scientifiques menées par le docteur Mengele, ces déportés ne sont plus qu’un numéro tatoué dans l’antichambre de la mort. Ils ont du mal à comprendre pourquoi ils sont là, espèrent que les alliés viendront les sortir de cet enfer et qu’ils seront un jour à nouveau libres.

Lale, qui est de la race des combattants, comprend qu’il doit travailler pour les SS ou mourir. Il se lie d’amitié avec d’autres prisonniers comme le tatoueur français et les tziganes. L’auteure nous rappelle ainsi que les juifs n’ont pas été les seuls à souffrir de la barbarie nazie mais que les opposants politiques, les handicapés, les homosexuels et les tziganes ont également péri en masse sous le régime hitlérien.

Un livre choc qui ne nous épargne aucune des atrocités, des ignominies, des exactions nazies : hommes, femmes, enfants, vieux ou jeunes, personne ne sera épargné et les survivants seront marqués à jamais par leurs souvenirs des camps. Heureusement dans cet enfer, l’espoir naît avec l’amour qui unit Lale et Gita.

Le tatoueur d’Auschwitz, même si c’est un récit très dur, est un livre que je vous conseille absolument. Bouleversant, il marquera longtemps ma mémoire et je remercie les éditions City pour m’avoir permis de le lire.

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