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Posts Tagged ‘sonatine thriller’

Imaginez qu’avant de pouvoir rentrer chez vous, vous soyez obligé de faire le tour du bâtiment afin de vérifier que tout est normal. Imaginez qu’une fois dans le hall de votre immeuble, vous deviez vérifier six fois que la porte d’entrée est bien fermée. Une, deux, trois, quatre, cinq, six. Et que si vous êtes interrompu en plein rituel, il faille tout recommencer. Imaginez que, arrivé chez vous, vous tourniez la poignée de votre porte six fois dans un sens, puis six fois dans l’autre pour vous assurer d’être en sécurité. Que vous restiez plusieurs minutes derrière la porte, à l’affût du moindre bruit dans la cage d’escalier. Et que, tous ces contrôles effectués, vous commenciez une ronde dans votre appartement. Fenêtres, rideaux, tiroirs, tout doit passer au crible de votre attention. Imaginez aussi que vous ne puissiez faire les courses que les jours pairs et pratiquer un sport les jours impairs, mais à condition que le ciel soit nuageux ou qu’il pleuve.

2003, Lancaster. Cathy est une jeune femme extravertie, multipliant les amants et les sorties arrosées avec ses amis. Lorsqu’elle rencontre le séduisant Lee, elle est convaincue d’avoir trouvé l’homme parfait.

Il est beau, intelligent, attentionné et il n’a pas son pareil pour l’emmener au septième ciel. Pourtant, Cathy ne parvient pas à être parfaitement sereine avec lui. Et lorsqu’elle parle de ses doutes à ses amies, toutes sous le charme, elle ne trouve aucun réconfort.

2007, Londres. Cathy a 28 ans mais paraît dix ans de plus. Paranoïaque, elle souffre de troubles obsessionnels compulsifs qui font de sa vie un enfer. Elle refuse toute relation sociale, n’a plus de petit ami et se contente de sortir de chez elle uniquement pour aller travailler et faire ses courses.

Toutefois, lorsque Stuart, son nouveau voisin, emménage, elle parvient à lier connaissance. Psychologue de profession, il se met en tête d’aider Cathy à se débarrasser de ses TOC…

Comme ton ombre attendait bien sagement dans ma PAL depuis près de 3 ans, c’est une fois de plus grâce à ma copinaute Belette que je l’ai lu et je dois dire que cette lecture m’a tenue en haleine jusqu’au point final et m’a bien bernée.

Dans son premier roman, Elizabeth Haynes décrit de manière particulièrement minutieuse tous les rouages du harcèlement, des violences conjugales et de leurs conséquences sur les victimes.

On suit Cathy à deux époques, à travers des chapitres courts, tantôt celle de sa rencontre avec son bourreau et l’évolution de leur relation, tantôt dans son présent.

L’histoire de Cathy donne à la fois des frissons et la nausée, difficile en effet de rester insensible au calvaire que vit la jeune femme lorsqu’elle rencontre Lee, le harcèlement qu’elle subit ainsi que les violences. Peu à peu, celui qui ressemble trait pour trait à l’homme idéal, coupe la jeune femme de ses amis, la prive de ses sorties, la suit dans le moindre de ses déplacements, vient en cachette dans son appartement…

L’auteure, comme je le disais plus haut, nous immerge au cœur des séquelles de Cathy, victimes de TOCS sévères comme par exemple refaire un nombre infini de fois les mêmes gestes afin d’être sûre que la porte d’entrée de l’immeuble est bien fermée ou de tourner la poignée de la porte de l’appartement six fois dans un sens, puis six fois dans l’autre et lorsqu’elle est interrompue, doit tout reprendre de zéro. On voit combien les traumatismes que l’héroïne a subi ont saccagé sa vie, son obsession à l’idée que Lee la retrouve, l’épie, lui fasse mal à nouveau est palpable à chaque page.

Outre cet aspect, Elizabeth Haynes parvient à mettre le lecteur sous tension et comme les amies de Cathy, on doute d’elle. A-t-elle vraiment subi ce harcèlement ou simule-t-elle ? Stuart est-il bien l’homme qu’il paraît être ou un complice de Lee, chargé d’achever Cathy ?

Le suspense, l’angoisse qui monte crescendo, l’habileté machiavélique du manipulateur et la paranoïa de la victime, tous les ingrédients sont là pour nous montrer et démontrer les mécanismes pervers de cette escalade. Et comment le piège se referme sur les victimes…

Un thriller très réussi, un plaidoyer pour toutes les femmes battues, violées ou harcelées que je vous recommande !

Belette a beaucoup aimé aussi, vous pouvez aller lire son avis ici.

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1348. La peste s’abat sur l’Angleterre. Rites païens, sacrifices rituels et religieux : tous les moyens sont bons pour tenter de conjurer le sort. Dans le pays, en proie à la panique et à l’anarchie, un petit groupe de neuf parias réunis par le plus grand des hasards essaie de gagner le Nord, afin d’échapper à la contagion. Parmi eux, un vendeur de saintes reliques, un magicien, une jeune voyante, un conteur, une domestique, deux musiciens italiens, un peintre et sa femme enceinte. Neuf laissés-pour-compte qui fuient la peste mais aussi un passé trouble. Bientôt, l’un d’eux est retrouvé pendu, puis un autre démembré, un troisième poignardé… Seraient-ils la proie d’un tueur plus impitoyable encore que l’épidémie ? Et si celui-ci se trouvait parmi eux ? Toutes les apparences ne vont pas tarder à s’avérer trompeuses et, avec la mort qui rôde de toutes parts, les survivants devront faire preuve d’une incroyable sagacité, au milieu des secrets et des mensonges, pour trouver le mobile des meurtres et résoudre l’énigme avant qu’il ne soit trop tard.

la-compagnie-des-menteurs-karen-maitlandauteur-éditeur-pagesMon premier pavé de l’été et on peut dire que ce roman n’a pas eu le temps de trainer dans ma PAL puisque je l’ai acheté le mois dernier !! L’histoire commence en 1348 pour se terminer un an plus tard. Au fil des pages, les personnages du roman vont se rencontrer pour former une compagnie. Tous fuient la pestilance à travers toute l’Angleterre. La peste fait rage et pas une cité, pas un village, semblent épargnés par la contagion. Nous faisons tout d’abord connaissance de Camelot, le narrateur, un vieil homme solitaire et borgne dont on ne connait pas le véritable nom puisqu’il est désigné par son métier : il vend des reliques, fausses comme il se doit. Un commerce qui avait le vent en poupe au Moyen-Age et dont j’avais déjà beaucoup entendu parler dans Trafic de reliques d’Ellis Peters avec Frère Cadfael que je vous recommande. Vont bientôt le rejoindre Rodrigo, ménestrel vénitien et son élève Joffre, un adolescent à la beauté ensorcelante, Plaisance, une sage-femme, Zophiel, qui vit de tours de magie et qui ne va avoir de cesse de semer la discorde au sein de la Compagnie, Osmond, un peintre, et Adela, sa compagne, enceinte, Cygnus, un homme cygne conteur de son état et une enfant aux cheveux blancs, l’énigmatique Narigorm, sorte d’oracle qui lit l’avenir dans les runes.

Cette compagnie formée fortuitement est ensuite passée au crible, au gré de ses nombreuses pérégrinations à travers une bonne partie du royaume britannique. Chaque personnage est disséqué, afin que le lecteur découvre au fur et à mesure les secrets et les personnalités réelles de chacun, car tous ont en commun d’avoir un secret, d’où le titre du roman, La compagnie des menteurs, puisqu’ils cachent tous aux autres ce qui peut leur nuire,  faisant d’eux finalement des menteurs. Je trouve d’ailleurs le mot trop fort car au Moyen-Age, une époque où les bûchers étaient prompts à s’allumer pour un rien, être différent de la norme établie par l’Eglise, obligeait à la dissimulation et aux faux-semblants. Ces secrets inavouables nous allons donc les découvrir sans que Karen Maitland ait recours à une enquête policière, ce sont plutôt des scènes, des discussions vues et entendues par Camelot qui nous les révèlent. Ces mystères, qui semblent totalement anodins de nos jours, faisaient courir le risque d’une condamnation par l’Église à leurs auteurs et Karen Maitland, par la voix de son personnage principal Camelot, use malheureusement d’une psychologie totalement anachronique pour les excuser et c’est un peu dommage. Le petit groupe, qui craint la peste, tout comme le reste de la population anglaise, doit trouver chaque jour de quoi se nourrir et s’abriter, deux objectifs difficiles à atteindre car ils subissent un temps épouvantable : des journées d’averses et de boues auxquelles va succéder un froid mordant. La compagnie, comme si ça ne suffisait pas, doit subir aussi la présence d’un loup qui les terrorise chaque nuit, malheureusement pour nous lecteurs, on ne sent à la lecture aucune tension ni angoisse, contrairement aux personnages. Le récit s’éternise aussi par moment car il n’y a pas un rebondissement à chaque page mais, sur fond de peste noire et de mort qui rôde, cela ne m’a pas gêné.

Entre réalité et légendes, superstitions et foi, cruauté et compassion, Karen Maitland nous livre ici un roman médiéval de grande qualité, bien documenté, foisonnant et intéressant, très abouti et qui m’a beaucoup plu, bien que je ne sois pas spécialement attirée par cette époque, ce n’était donc pas gagné d’avance. J’ai été séduite par les menteurs, sauf un, le méchant de l’histoire très antipathique, les autres m’ont beaucoup intéressés et j’ai suivi leurs aventures avec grand plaisir. Je regrette simplement l’étiquette « thriller » car je le répète ce n’en est pas un !

Si vous aimez la période médiévale, vous allez être comblée par La compagnie des menteurs de Karen Maitland, le récit, remarquable, nous plonge vraiment dans l’atmosphère du Moyen-Age. En revanche si vous recherchez un thriller haletant, vous risquez d’être déçues, c’est là mon bémol : étiqueté « thriller historique » jusque sur sa couverture, ce roman n’est en aucun cas un roman policier, encore moins un thriller avec un rythme haletant, mais un bel hommage à la littérature médiévale puisqu’on y retrouve les éléments clés des débuts de la littérature comme les mythes et légendes, les contes, la chevalerie, la magie, etc. Ne vous fiez donc pas, contrairement à moi, à la 4è de couverture :  je m’attendais à une version médiévale des Dix petits nègres, il n’en est rien !

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Lu dans le cadre des challenges La plume au féminin édition 2013, Polars HistoriquesBritish mysteries et God save the livre édition 2013 :

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A la suite d’un accident survenu une vingtaine d’années plus tôt, Christine est aujourd’hui affectée d’un cas très rare d’amnésie : chaque matin, elle se réveille en croyant être une jeune femme célibataire ayant la vie devant elle, avant de découvrir qu’elle a en fait 47 ans et qu’elle est mariée depuis vingt ans. Son dernier espoir réside dans son nouveau médecin, Ed Nash. Celui-ci lui a conseillé de tenir un journal intime afin qu’elle puisse se souvenir de ce qui lui arrive au quotidien et ainsi reconstituer peu à peu son existence. Quand elle commence à constater de curieuses incohérences entre son journal, ce que lui dit son entourage et ses rares souvenirs, Christine est loin de se douter dans quel engrenage elle va basculer. Très vite elle va devoir remettre en question ses rares certitudes afin de faire la vérité sur son passé… et sur son présent.

avant-d-aller-dormir-s-j-watsonauteur-éditeur-pagesVoilà un thriller difficile à lâcher et dont je suis venue à bout en deux jours seulement, tellement je voulais savoir le fin mot de l’histoire. L’idée de départ est excellente : Christine se réveille tous les matins, terrifiée de ne pas reconnaître la chambre dans laquelle elle se réveille ni l’homme à côté duquel elle repose, elle est amnésique depuis 20 ans mais n’en a aucun souvenir bien sûr, d’ailleurs des souvenirs elle n’en a aucun. Elle croit chaque matin se réveiller dans sa chambre de jeune fille et être étudiante, et chaque matin ce sont les mêmes terreurs et déceptions lorsqu’elle découvre sa chambre, Ben son mari et son visage dans le miroir. Elle ne reconnaît rien et la panique s’empare d’elle à chaque fois.

Malgré la description récurrente de chaque matin, où les pensées et les gestes de l’héroïne sont identiques, le récit ne souffre pas de répétitions ou de longueurs et la tension croissante est bien maitrisée, dosée juste ce qu’il faut. Christine est une héroïne très attachante, elle souffre de tout oublier, et lorsque des flashs, des bribes de souvenirs lui reviennent en mémoire, elle ne sait pas si elle s’en est souvenue un jour, si elle s’invente un passé ou si les scènes qu’elle voie ont vraiment eu lieu. Christine souffre d’une forme rare et grave d’amnésie qui lui permet d’avoir une mémoire fonctionnelle durant une journée, le soir elle s’endort, et à son réveil, elle ne se souvient pas de ce qui s’est passé la veille. Je ne sais pas si cette forme d’amnésie existe mais si c’est le cas, c’est absolument terrifiant !

Heureusement pour elle, le docteur Ed Nash lui propose son aide, à condition qu’elle n’en souffle pas un mot à son mari. Ben estime qu’aucun traitement n’ayant réussi, Christine doit être préservée. Nash lui propose de tenir un journal sur lequel elle noterait tous les souvenirs qui lui reviennent en mémoire, qu’elle devra cacher chaque soir dans une boite à chaussures afin que Ben ne puisse tomber dessus, et chaque matin, le neuropsychologue l’appelle sur le portable qui lui a donné pour lui rappeler que son journal est dans la boite et qu’elle doit aller le chercher. Et chaque jour, c’est la même incrédulité de la part de Christine, d’autant que sur la première page, elle lit « ne pas faire confiance à Ben », une phrase qu’elle-même a noté mais ne comprend pas pourquoi.

Et chaque soir, elle note le contenu de sa journée et les souvenirs qu’elle a pu faire resurgir, et chaque matin, elle lit son journal puisqu’elle ne se souvient plus de ce qu’elle a écrit auparavant. A force de lire, de noter ses faits et gestes et ses souvenirs, les pièces du puzzle vont finir par s’emboîter jusqu’au dénouement final. Pourquoi doit-elle se méfier de Ben alors qu’il est si gentil avec elle ? Peut-elle faire confiance au docteur Nash ? Pourquoi sa meilleure amie Claire l’a-t-elle laissé tombé ? Qu’est-il arrivé à son fils Adam ? Autant de questions qui finiront par trouver des réponses au fil de la lecture de son journal intime.

Avant d’aller dormir est un très bon thriller psychologique, intelligent avec une excellente idée de départ et un suspens angoissant qui monte crescendo. Mon seul bémol : une fin trop prévisible, dommage car l’ensemble du récit méritait mieux, je trouve d’ailleurs que c’est souvent le cas avec les romans policiers contemporains et ça me désole ! Je vous le recommande néanmoins car il est prenant et vaut le coup d’être lu !

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Lu dans le cadre du Mois anglais et des challenges A tout prix (prix SNCF du polar 2012) et God save the livre édition 2013 :

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