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Posts Tagged ‘Sophie brocas’

Réunies durant quelques jours à la campagne à l’occasion des funérailles de leur aïeule, quatre générations de femmes partagent leur intimité et leur deuil. L’héroïne, Lia, découvre un secret de famille jalousement gardé pendant soixante ans et met ainsi en péril l’union de son clan. Lettres, carnets, confidences vont redonner la parole à ces femmes qui semblent transmettre leur inaptitude au bonheur conjugal…

Mamie Alice vient de décéder et sa fille Sol, sa petite-fille Agnès et son arrière-petite-fille Lia sont réunies pour l’occasion. Dans cette famille Palin, il n’y a qu’Alice qui a connu le grand amour, veuve depuis plusieurs décennies, le cœur définitivement brisé par l’accident de voiture qui a coûté la vie à son mari Pierre, un héros de la Résistance.

Ses descendantes n’ont pas connu le même bonheur, ont multiplié les maris et les amants, et ont en commun la peur de l’engagement.

En rangeant les affaires d’Alice, Lia, découvre de vieilles lettres et un secret de famille qui va tout remettre en question. La jeune fille âgée de vingt ans va être bouleversée par cette découverte qui va la conduire à s’interroger…

Après mon quasi coup de cœur pour Le baiser, j’ai retrouvé avec plaisir Sophie Brocas à l’occasion de l’un de ses précédents romans : Le cercle des femmes. Vous connaissez mon intérêt pour les secrets de famille, il n’a donc pas fait long feu dans ma PAL.

Sophie Brocas met au cœur de son roman un secret de famille et surtout la psycho généalogie, un sujet qui n’est pas très original mais néanmoins intéressant ici par la manière dont il est traité.

L’autrice montre de la fin de la dernière guerre à nos jours, comment des secrets peuvent impacter sur les vies des générations suivantes.

A travers Marie, Sol et Agnès on suit l’évolution des modes de vie au fil du 20e siècle. De l’amour toujours aux histoires kleenex en passant par les adultères, des familles monoparentales aux recomposées, on assiste à l’évolution de la famille et de la maternité également.

Tout l’enjeu pour Lia sera de rompre le cercle de ce clan de femmes où les hommes sont particulièrement malmenés et décrits de manière trop caricaturale à mon goût, pour bâtir sa vie de femme et choisir sa maternité.

Si la plume de Sophie Brocas est toujours aussi agréable à lire et que cette lecture fut agréable, elle m’a néanmoins moins plu que Le Baiser, le ton est juste, les personnages intéressants mais il ne me marquera pas sur le long terme.

Je vous recommande toutefois Le cercle des femmes si les secrets de famille et la psycho généalogie vous intéressent.

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Camille a toujours exercé son métier d’avocate avec sérieux, mais sans grande passion. Jusqu’au jour où on lui confie une affaire inhabituelle : identifier le propriétaire d’une sculpture de Brancusi, Le Baiser, scellée sur la tombe d’une inconnue au cimetière du Montparnasse. Pour déterminer à qui appartient cette oeuvre, il lui faudra suivre la destinée d’une jeune exilée russe qui a trouvé refuge à Paris en 1910. En rupture avec sa famille, Tania s’est liée à l’avant-garde artistique et a fait la rencontre d’un sculpteur roumain, Constantin Brancusi. Avec lui elle découvre la vie de bohème. Cent ans plus tard, élucider les raisons de sa mort devient pour Camille un combat personnel : rendre sa dignité à une femme libre, injustement mise au ban de la société.

Paris, janvier 1910. La capitale a les pieds dans l’eau et Tatiana, jeune femme de l’aristocratie russe, s’ennuie ferme chez sa tante qui n’aspire pour elle qu’à un beau mariage.

La jeune femme de 23 rêve d’autre chose, de liberté, d’indépendance et d’un peu plus d’égalité pour tous depuis qu’elle a rencontré son oncle Tolstoï et depuis ce dimanche d’octobre 1905 où l’armée du tsar a tiré sur la foule qui manifestait pacifiquement.

A Paris, elle fait la connaissance d’étudiants russes bolchéviks et de Marthe, une couturière. Et bientôt, elle va rencontrer Brancusi, un sculpteur roumain dans les bras duquel elle va découvrir l’ivresse de l’amour.

Paris, de nos jours. Camille Ravani est une brillante avocate spécialisée dans la propriété qui mène une carrière sans lustre au sein d’un prestigieux cabinet américain. Son quotidien est réglé au millimètre et ne varie jamais d’un pouce.

Du lundi au samedi, du soir au matin, Camille est dévouée corps et âme au cabinet. Et le dimanche, elle s’adonne au tricot dans son petit studio.

Un samedi matin, elle est interpellée par l’un de ses voisins, directeur des cimetières de Paris. Au cimetière de Montparnasse, figure Le Baiser. Cette sculpture en pierre orne le tombeau de Tatiana Rachewskaïa depuis 1910.

Les héritiers de la jeune suicidée veulent récupérer la sculpture qui a beaucoup de valeur mais c’est sans compter Camille…

Quel roman passionnant nous propose ici Sophie Brocas avec Le baiser ! J’ai adoré la construction croisée de ce récit qui nous propose tour à tour le journal fictif de Tatiana, jeune aristocrate tentée par les idées révolutionnaires et envoyée de Saint-Pétersbourg à Paris chez une tante conservatrice.

Elle y découvre la liberté, le féminisme et l’amour entre les bras de Brancusi dont elle croira être l’unique muse. Sophie Brocas réinvente ici la jeune anarchiste qui a réellement existé mais dont on ne sait absolument rien si ce n’est qu’elle s’est suicidée.

On ne sait pas non plus comment la sculpture de Brancusi, si moderne, a pu se retrouver sur la sépulture de la défunte, aucune preuve qu’ils se connaissaient, puisque cette sculpture fut une commande.

Parallèlement à ce récit, nous suivons Camille l’avocate qui va explorer avec les arcanes du droit des sépultures pour empêcher à tout prix la sculpture d’être enlevée de la tombe de Tatiana. Le personnage de Camille est fictif mais il y a bel et bien une bataille entre les héritiers de la suicidée qui souhaitent récupérer l’œuvre d’art et l’état français depuis 2006.

Il faut dire qu’après Giacometti, Brancusi est aujourd’hui le sculpteur le plus cher au monde et la sculpture du cimetière de Montparnasse pourrait atteindre 40 ou 50 millions aux enchères !

Sophie Brocas, mêle ici savamment réalité et fiction, s’inspirant directement de l’histoire de la sculpture du cimetière Montparnasse que vous pouvez découvrir ci-dessous avec le portrait de Tatiana.

« Au-delà de la dimension romanesque, je voulais poser une question : une oeuvre d’art peut-elle encore aujourd’hui échapper au marché et être offerte au regard de tous dans un lieu public ? » interroge la romancière.

Avec ce portrait vibrant de deux femmes en quête de justice et d’indépendance, Le Baiser questionne aussi le statut des oeuvres d’art, éternelles propriétés marchandes, qui sont pourtant le patrimoine commun de l’humanité.

Un roman que je vous recommande vivement, j’ai adoré. Merci à Filipa et aux Editions Julliard pour cette lecture passionnante !

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