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Posts Tagged ‘sorcière’

Alix Paré, diplômée de l’École du Louvre, est conférencière spécialisée en peinture occidentale des XVIIe, XVIIIe et XXe siècles. Elle a travaillé pendant huit ans au musée du Louvre et au château de Versailles. Elle donne des cours d’histoire de l’art et intervient dans les grandes expositions parisiennes.

Magicienne volant sur un balai ? Hérétique condamnée au bûcher ? Femme fatale détournant les hommes du droit chemin ? Empoisonneuse maîtrisant l’art des poisons ? Oui mais pas que… 

La sorcière, honnie au Moyen Âge, est devenue une icône féministe incarnant pouvoir et indépendance. Elle peuple les œuvres d’art et les cultures populaires du monde entier depuis des millénaires.

Au fil des pages, parcourez les œuvres de Jérôme Bosch, Albrecht Dürer,  Francisco de Goya ou René Magritte. Découvrez des représentations des sorcières de Salem, héroïnes de Shakespeare, ou de Circé, enchanteresse qui transforme les compagnons d’Ulysse en cochons.

Mon automne livresque est décidément riche en sorcières ! Après Sorcières la puissance invaincue des femmes de Mona Chollet, Le loup des ardents de Noémie Adenis et La sorcière de Sealsea de Philippa Gregory, place à Sorcière : de Circé aux sorcières de Salem !

Mais ici point de fiction ou d’essai féministe, Alix Paré nous fait découvrir la place des sorcières dans les oeuvres d’art du Moyen-Age à nos jours et c’est diablement intéressant, vous me pardonnerez le jeu de mots, je n’ai pas pu résister.

Dans cet ouvrage que je pensais picorer mais que j’ai finalement lu d’une traite tant je l’ai trouvé riche et intéressant, l’autrice nous explique les chasses aux sorcières et la figure de la sorcière à travers ses attributs, des chronologies, des cartes, des graphiques, des encadrés variés reprenant des anecdotes, des influences et des mises en contextes très pertinents.

Puis dans une sélection précise d’une quarantaine d’oeuvres incontournables ou inattendues, au cours des six derniers siècles. J’en connaissais quelques-unes seulement, ce fut donc pour moi une découverte de bon nombre d’oeuvres assez surprenantes, souvent d’une grande modernité.

Je ne m’attendais pas du tout à ce genre de livre lorsque je l’ai emprunté à la médiathèque mais je ressors enchantée de ma lecture. Je pensais, à tort donc, découvrir quarante sorcières de la littérature ou de femmes ayant été condamnées pour sorcellerie mais il s’agit en fait de représentations artistiques de sorcières connues ou non, à travers des toiles, dessins, sculptures, vases…Pour chaque œuvre, l’autrice explique la vision de l’artiste et donne le contexte de l’époque.

Comment les sorcières étaient-elles considérées ? Depuis quand ? Pourquoi ? Dans quelles régions ? Avec quels traitements ? Comment cela s’est-il arrêté ? Comment ont-elles inspiré les artistes et la fiction ? Quel lien entre elles et le féminisme ? Autant de questions qui trouvent ici leurs réponses et le fait de s’appuyer sur des oeuvres pour expliquer tout cela est vraiment passionnant, pour peu qu’on aime un tant soit peu l’art bien évidemment.

Un ouvrage réussi tant sur le fond que sur la forme que je vous conseille si cette thématique vous intéresse !

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Philippa Gregory est l’auteure de nombreux succès de librairie, et plusieurs de ses romans historiques ont été adaptés à la télévision. Historienne reconnue de la condition des femmes, elle est diplômée de l’université du Sussex et a soutenu sa thèse de doctorat à l’université d’Édimbourg, dont elle est l’une des administratrices Elle est docteur honoris causa de l’université de Teeside et est chargée de recherches auprès des universités du Sussex et de Cardiff. 

Angleterre, 1648. À la veille du solstice d’été, l’Angleterre est déchirée par une guerre civile entre Charles Ier et le parlement insurgé. Cette lutte fait rage partout dans le royaume, et trouble même l’île de Sealsea, où vit Alinor Reekie.

Descendante d’une famille de guérisseuses et d’accoucheuses, la jeune femme, qui a succédé à sa mère, est tous les jours confrontée à la pauvreté et aux superstitions. Son mari Zachary a fui le domicile conjugal en jurant qu’Alinor est une sorcière et que ses enfants Alys et Rob sont les fruits de ses accouplements avec le diable.

Un soir de pleine lune, elle rencontre James Summer, un noble catholique, qui a pour mission de sauver le roi. Très vite, tous deux tombent amoureux mais leur union est impossible : James est prêtre et Alinor, toujours mariée à Zachary.

Cependant l’ambition et la détermination de la jeune femme la distinguent un peu trop de ses voisins. Depuis que l’étranger vit au domaine de Sir William, leur suzerain, la bonne fortune d’Alinor fait grincer des dents.

C’est l’ère de la chasse aux sorcières et Alinor, une femme sans mari, qui connaît les plantes et qui s’extirpe soudain de la misère grâce à James, s’attire la jalousie de ses rivaux et éveille l’effroi du village…

Philippa Gregory raconte avec brio la condition féminine au XVIIè avec La sorcière de Sealsea. Une époque périlleuse pour toute femme indépendante, surtout en campagne, là où les procès en sorcellerie sont les plus nombreux.

Et lorsque vous êtes une femme seule, porteuse de connaissances et de savoirs, que vous faites montre d’une grande indépendance dans une Angleterre encore fortement ancrée dans les superstitions les plus diverses, vous avez de grandes chances d’être accusée de sorcellerie.

De tout cela il est question dans ce roman fleuve de plus de six cent pages où la trame historique est très présente avec cette guerre civile qui fait rage. Guerre qui ne m’a nullement intéressée voire ennuyée, et qui apporte quelques longueurs à ce récit. Philippa Gregory, qui est historienne, connaît manifestement très bien le sujet et nous abreuve d’un peu trop de détails à mon goût.

Si j’ai beaucoup aimé ce roman, c’est surtout parce qu’il est porté par Alinor, une femme forte et courageuse, en proie aux accusations et dans laquelle tout le monde voit une sorcière et en premier lieu son époux. J’ai eu un vrai coup de coeur pour cette jeune mère de 27 ans dont la vie est misérable.

Elle vit dans une pauvreté extrême et elle ne peut compter que sur son travail d’herboriste et d’accoucheuse pour glaner quelques pennies. Seule pour subvenir aux besoins de sa fille Alys et de son fils Rob, elle va fait preuve d’intelligence et d’une grande détermination pour se sortir de la pauvreté et pour que ses enfants accèdent à une meilleure qualité de vie.

Les villageois sont cependant suspicieux à son encontre car une femme ne peut pas vivre seule. De plus, Alinor est très belle et attise la jalousie des mégères qui craignent que leurs chers maris les délaissent à son profit. Et au fil du roman, elle se met dans des situations de plus en plus délicates jusqu’au point de non retour.

Tout au long de ma lecture, j’ai tremblé pour Alinor, redoutant les commérages, ragots et accusations faciles de Mrs Miller qui pouvaient la mener toute droit à la pendaison ou à l’ordalie.

L’autrice fait preuve d’un réel talent de conteuse et j’ai eu beaucoup de mal à lâcher cette lecture à laquelle j’avais toujours envie de revenir, pressée de retrouver Alinor et redoutant en même temps ce qui pouvait lui arriver.

Ce roman est un portrait captivant et très fort d’une femme qui se bat pour survivre dans un monde hostile. Si vous aimez les romans historiques et que vous vous intéressez à la condition féminine, je vous le recommande chaudement.

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Kaye Umansky vit à Londres. Elle a écrit plusieurs ouvrages en Grande-Bretagne, jamais publiés en France, dont plusieurs sur la thématique de la sorcellerie. Elle est la créatrice de Elsie Ciboulette, illustrée par Ashley King. Ashley King est un illustrateur anglais qui aime le dessin, le café et les gâteaux. Il est diplômé de l’Université de Coventry où il a fini premier de sa promotion en Illustration et Animation. Il illustre Elsie Ciboulette à Flammarion Jeunesse.

Elsie Ciboulette est une fille ordinaire. Elle vit dans un minuscule appartement avec ses parents et ses petits frères, au-dessus de la modeste quincaillerie familiale de Petipont.

Mais la galerie Ciboulette, sombre et poussiéreuse, peine à vivre de ses modestes ventes d’objets banals et bon marché et Elsie a beau faire tout son possible, les clients sont rares.

Magenta Vif est une sorcière rousse, toujours vêtue de rouge. Elle n’a pas de balai ni de rire démoniaque, elle est pourtant crainte de la population. Elle vit dans une mystérieuse tour de la forêt de Crochedoigt et a pour unique compagnon Corbus, un corbeau à la langue bien pendue avec lequel elle ne s’entend guère.

Comme elle doit se rendre chez sa sœur, elle engage Elsie afin de garder la tour en son absence. Elsie, qui va gagner en une semaine, plus que sa famille gagne en une année, accepte et là voilà partie pour la forêt de Crochedoigt.

Entre un corbeau ronchon, des voisins intrigants, la préparation d’un philtre d’amour, Elsie réalise bien vite que les choses peuvent rapidement mal tourner. Alors elle va faire ce qu’elle s’était juré de ne jamais faire : de la magie…

Le mois d’octobre est, il faut bien l’admettre, la période idéale pour lire des romans autour de la magie et de la sorcellerie, c’est ainsi qu’Elsie Ciboulette, apprentie sorcière est entrée dans ma PAL d’octobre.

Ce roman à destination des 8 / 10 ans écrit par Kaye Umanski plaira aux enfants car c’est clairement un récit fait pour eux.

Il a de nombreux atouts : le récit est porté par une héroïne généreuse, gentille et attachante, qu’on a plaisir à suivre de la première à la dernière page. Seule fille de sa fratrie, elle est passionnée de lecture et elle fait tout pour seconder au mieux son père dans la boutique familiale.

En dépit de sa crainte de passer une semaine sans sa famille, elle accepte la proposition de Magenta afin d’améliorer leur quotidien mais aussi dans la perspective de piocher dans la bibliothèque bien fournie de la sorcière.

Elle est efficacement secondée dans son apprentissage de la magie par une galerie de personnages haute en couleurs, à commencer par Corbus, avec qui elle va faire la paire.

A eux d’eux, et avec l’aide de Jean, le facteur, ils vont tenter de fabriquer un filtre d’amour pour Sylphine qui se meurt d’amour pour Hank, le bûcheron à la longue chevelure blonde !

L’univers proposé par l’autrice est très mignon, l’histoire est légère, drôle et bon enfant. De belles valeurs comme l’amitié et la solidarité, toujours utiles à prôner auprès des enfants, sont mises en avant et il est sûr que ce roman plein de magie fera mouche auprès des jeunes lecteurs et lectrices.

Le travail d’édition de Flammarion jeunesse est toujours aussi soigné tout en proposant des prix attractifs, ce qui est à souligner. Les chapitres sont courts, la police de caractère ronde et large facilite la lecture et le roman est abondamment illustré par Ashley King, permettant des pauses et une aération du texte.

Autant de points positifs pour les apprentis magiciens, qu’ils soient bons lecteurs ou moins bons, tous y trouveront leur compte.

Pour conclure, un roman charmant et amusant, à mettre entre les mains des enfants en cette période proche d’Halloween.

Merci aux éditions Flammarion jeunesse pour cette lecture ensorcelante.

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