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Rentrée 1957. Le plus prestigieux lycée de l’Arkansas ouvre pour la première fois ses portes à des étudiants noirs. Ils sont neuf à tenter l’aventure. Ils sont deux mille cinq cents, prêts à tout pour les en empêcher.

sweet-sixteen-hannelise-heurtierauteur-editeur-pagesLe Sweet sixteen, c’est l’un des rites de passage qui font fureur aux Etats-Unis, comme le fameux bal de promo, il s’agit en fait du 16è anniversaire fêté en grande pompe, le passage de l’adolescence à l’âge adulte.

Dans les états du sud, au beau milieu des années 50, la ségrégation raciale est toujours aussi active, on peut même dire que le ségrégationnisme est roi. Les blancs ont tous les droits, y compris de lyncher un noir sans être le moins du monde inquiété par la police ou la justice.

Aussi lorsque le président Eisenhower décide que les écoles publiques devront désormais être ouvertes simultanément aux blancs et aux noirs, les wasp bon teint et les adeptes du Ku Klux Klan de la ville de Little Rock dans l’Arkansas entendent bien empêcher cette intégration de se faire, et ce par tous les moyens.

Les 9 étudiants noirs triés sur le volet pour intégrer le lycée fréquenté par 2000 blancs vont être l’objet de coups et d’intimidations pendant toute l’année scolaire et devront étudier sous la protection de l’armée mobilisée pour l’occasion.

Si vous avez aimé La couleur des sentiments de Kathryn Stockett, pleuré comme moi devant Le majordome ou 12 years a slave, vous allez aimer Sweet Sixteen.

Annelise Heurtier relate, de manière romancée et un brin édulcorée, mais sur la base de documents historiques réels, la tentative d’intégration des neuf étudiants noirs au lycée central de Little Rock.

Ce roman à deux voix, Grace la blanche et Molly Costello (Melba Pattillo dans la réalité) la noire, toutes deux âgées de seize ans, met en avant les faits, montre l’immense courage qu’il a fallu à ces pionniers de l’intégration qui se rendaient en cours la peur au ventre, subissant des violences verbales et physiques, des menaces, des humiliations, des agressions auxquelles ils ne devaient surtout pas répondre ni se défendre sous peine d’exclusion définitive !

À peine 60 ans plus tard, on a du mal à croire que de tels actes aient pu avoir lieu tant cette théorie de la suprématie de la race blanche apparaît totalement ridicule et lorsque l’on songe que c’est désormais un président noir qui dirige l’Amérique.

Tout cela paraît tellement stupide, démesuré, inimaginable et pourtant les faits sont bien là et ils font froid dans le dos. Molly et ses camarades noirs forcent l’admiration et ont fait preuve d’un courage inouï je le répète pour supporter tout cela et tracer le chemin pour les futurs étudiants afro-américains.

J’ai également beaucoup aimé le procédé du roman à deux voix et le personnage de Grace, la blanche. Issue de la bonne bourgeoise de Little Rock, ses parents ne prônent pas le racisme et la jeune adolescente voue une adoration à sa gouvernante noire.

Star du lycée, c’est un beau brin de fille, obsédée par son apparence et la conquête de la vedette de l’équipe de football. Cette histoire d’intégration l’indiffère et on la sent peu à peu s’éloigner de ses copines racistes et finir par prendre en pitié Molly, elle en paiera d’ailleurs le prix, car les blancs qui faisaient preuve d’empathie envers les noirs risquaient tout autant les représailles des blancs et n’étaient pas à l’abri d’un lynchage.

Sweet Sixteen est un très bon roman à mettre entre toutes les mains dès 12/13 ans. Intelligent, facile à lire et riche d’enseignements sur une période de l’histoire que l’on ne connaît pas forcément.

Un roman en lice pour le prix des Incorruptibles 2014/2015 sélection 3è/2nde.

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