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Posts Tagged ‘Tatiana de Rosnay’

Franco-anglaise, Tatiana de Rosnay est l’auteur de 12 romans, dont Elle s’appelait Sarah (Éditions Héloïse d’Ormesson, 2007), vendu à 11 millions d’exemplaires à travers le monde. Ses livres sont traduits dans une quarantaine de pays et plusieurs ont été adaptés au cinéma. Bilingue, elle a écrit Les Fleurs de l’ombre simultanément en français et en anglais.

Paris, dans un futur proche. La capitale a connu des attentats, tout comme l’ensemble des capitales européennes, qui ont réduit à néant la tour Eiffel et les rues adjacentes.

Les dérèglements climatiques s’enchaînent et la ville s’apprête à connaître un nouveau pic de chaleur inédit, avoisinant les 50 degrés.

Clarissa Katsek vient de quitter son mari François après une infidélité de trop. Elle ne part qu’avec quelques vêtements et depuis écume les agences immobilières afin de trouver le lieu de ses rêves, sans succès, hélas.

Lorsqu’elle entend parler de CASA, Clarissa tente sa chance. Une résidence pour artistes flambant neuve à deux pas de l’endroit où la tour Eiffel a trôné des décennies durant, voilà qui paraît l’endroit idéal pour écrire son prochain roman. Un appartement ultramoderne, au 8e étage, avec vue sur tout Paris, lui est attribué pour son plus grand bonheur.

Un rêve pour une romancière en quête de tranquillité. Le rêve tourne bientôt au cauchemar car depuis qu’elle a emménagé, Clarissa Katsef éprouve un malaise diffus, le sentiment d’être observée.

Et le doute s’immisce. Qui se cache derrière CASA ? Clarissa a-t-elle raison de se méfier ou cède-t-elle à la paranoïa, victime d’une imagination trop fertile ? Qui se cache derrière son assistant virtuel, Mrs Dalloway ?

Tatiana de Rosnay, le retour ! En 2012 j’avais lu et pas aimé du tout Rose, en 2013 j’avais tenté Le voisin, dont j’étais ressortie mitigée, notamment à cause d’une fin totalement tirée par les cheveux mais Son carnet rouge m’avait plutôt séduite en 2015.

Fidèle à ses thèmes de prédilection : l’empreinte des lieux, le poids des secrets, Tatiana de Rosnay nous propose avec Les fleurs de l’ombre une intrigue prenante pour explorer les menaces qui pèsent sur notre intimité et nous interroge sur l’intelligence artificielle.

Si les thèmes explorés sont intéressants : le deuil, la sécurité liée aux attentats, les changements climatiques, l’intelligence artificielle et l’intrusion dans notre vie personnelle, je ressors assez mitigée de ma lecture.

L’histoire démarre alors que des quartiers entiers de Paris ont été dévastés par des attentats plusieurs années auparavant. La tour Eiffel a été remplacée par un hologramme qui s’illumine le soir, les robots se substituent aux humains, notamment pour le ravitaillement alimentaire et les catastrophes climatiques s’enchaînent.

L’autrice nous dépeint bien son héroïne, sa psychologie, les liens qu’elle entretient avec sa famille et on la voit se débattre entre solitude et dépression, en proie à un malaise crescendo.

Si, au départ, le fait d’emménager dans un endroit tout neuf, réjouit Clarissa, elle qui est sensible à la mémoire des lieux, passionnée par Romain Gary et Virginia Woolf, tout comme l’autrice, elle va peu à peu sombrer dans la paranoïa, persuadée d’être victime d’un complot de la part de CASA.

Le lieu, véritable big Brother, où chaque habitant est filmé en permanence et en tout lieu de l’appartement, toilettes hormis, où mails, appels passent par les assistants virtuels et où tous doivent se conformer à une batterie d’examens de santé quotidien, devient vite oppressant pour Clarissa qui vit mal la fin de son mariage et son célibat tout neuf.

Tout ces aspects sont intéressants même si je n’ai pas trouvé crédible le complot CASA. La thématique de la famille et du deuil sont également bien traités, de façon fine et sensible par l’autrice. Et l’ambiance oppressante est plutôt bien amenée.

Ce que je déplore en revanche c’est le dernier quart du roman que je trouve bâclé, sans parler de cette fin totalement nulle à mes yeux, comme si Tatiana de Rosnay avait choisi de ne pas réellement terminer son histoire.

J’ai vraiment eu l’impression que l’autrice nous laissait face à nos interrogations sans avoir envie de nous donner des réponses, dommage !

Un grand merci aux éditions Robert Laffont pour cette lecture intéressante même si le dénouement n’est pour moi, pas à la hauteur du reste du roman.

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« Avant de s’en aller, elle enlève son alliance et la pose délicatement sur le capot de la voiture, sans un mot. » Le fruit est-il plus savoureux lorsqu’il est défendu ? L’interdit est-il synonyme de plaisir ? De la duperie démasquée à la vengeance machiavélique, Tatiana de Rosnay revisite les amours illégitimes et envisage tous les scénarios – tantôt tragiques, tantôt cocasses – avec une légèreté teintée de sarcasme, jusqu’à une chute toujours croustillante, parfois glaçante.

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Son carnet rouge est un recueil de onze nouvelles : Son carnet rouge (qui donne son titre au recueil), Les SMS, La jeune fille au pair, Le répondeur, Le cheveu, La clé USB, Le mot de passe, Le « Toki-Baby », Le bois, Hotel Room, La brune de la rue Raynouard, dont huit avaient déjà été publiées en 1995 dans un recueil intitulé « Mariés, pères de famille », mais ont été actualisées pour cette nouvelle édition.

Toutes ont pour point commun l’adultère, au sein de couples bourgeois parisiens qui se ressemblent beaucoup. Toutes sont plutôt courtes et précédées d’une citation d’un grand auteur classique.

Tatiana de Rosnay, le retour ! En 2012 j’avais lu et pas aimé du tout Rose, en 2013 j’avais tenté Le voisin, dont j’étais ressortie mitigée, notamment à cause d’une fin totalement tirée parles cheveux et pour tout vous dire je ne pensais pas lire cette auteure de sitôt, mais ça c’était jusqu’au billet de Natiora.

C’est en effet suite à son coup de cœur de que j’ai décidé de réserver ce recueil de nouvelles, en espérant être aussi séduite par cette lecture que celle de Dix rêves de pierre de Blandine Le Callet.

Souvent drôles ou sarcastiques, ces onze nouvelles dissèquent l’adultère commis, la réaction du conjoint trompé et sa décision : rester, partir, se venger ? Onze nouvelles et autant de réactions de mari ou d’épouse bafoué(e)s. Le thème de l’adultère, s’il n’est pas neuf en littérature loin de là, reste intéressant à travailler pour un romancier puisque la production littéraire s’empare souvent de ce thème.

Tatiana de Rosnay nous propose ici un moment de lecture léger, qui ne restera pas gravé dans ma mémoire, mais qui reste à ce jour ma meilleure rencontre avec l’auteure, c’est déjà ça !

L’auteure nous offre une récréation piquante où les faux-semblants, le mensonge et la tromperie côtoient les fins sans appel, parfois glaçantes, parfois drôles, parfois pathétiques.

Des histoires adultérines vieilles comme le monde vite écrites (je l’ai ressenti ainsi), plutôt banales au fond, qui se lisent vite et à mon sens s’oublient aussi vite, à l’exception de la première, Son carnet rouge, et de l’avant-dernière Hotel Room, vraiment très réussies.

Je préfère et de loin le recueil de Blandine Le Callet dont toutes les nouvelles sont vraiment excellentes à ce recueil léger et frivole que j’ai néanmoins lu avec plaisir.

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Un mari souvent absent. Un métier qui ne l’épanouit guère. Un quotidien banal. Colombe Barou est une femme sans histoires. Comment imaginer ce qui l’attend dans le charmant appartement où elle vient d’emménager ? À l’étage supérieur, un inconnu lui a déclaré la guerre. Seule l’épaisseur d’un plancher la sépare désormais de son pire ennemi… Quel prix est-elle prête à payer pour retrouver sommeil et sérénité ?

le-voisin-tatiana-de-rosnayauteur-éditeur-pagesTatiana de Rosnay, le retour ! L’année dernière j’avais lu Rose que je n’avais pas aimé du tout, mais heureusement pour lui, ce roman a connu une seconde vie puisque ma mère (oui elle qui ne lit pourtant que des magazines people) a voulu que je lui donne et elle a aimé. Lorsqu’elle a vu que je venais d’acheter Le voisin, elle a voulu que je l’emmène en vacances pour le lire, elle l’a donc lu avant moi et a aimé même si nous arrivons à la même conclusion, là c’est énorme ma mère peut avoir un jugement littéraire, je tombe des nues !! Ne croyez pas que je me moque mais c’est la première fois que nous partageons une lecture, elle ne lit jamais de romans, et vu qu’elle carbure à Voici, Gala et Points de Vue, je ne pensais pas que ça nous arriverait un jour, comme quoi tout est possible. Elle est maintenant plongée dans L’école des saveurs et m’a même acheté un livre hier (je ne sais pas ce qui lui arrive !) bien qu’elle trouve toujours que je lise trop (no comment). J’arrête là mes digressions familiales qui n’intéressent que moi pour vous parler de ce roman de Tatiana de Rosnay, intéressant mais dont la fin est totalement ratée de mon point de vue. Je ne suis pas encore réconciliée avec l’auteure mais ça progresse, qui sait, le prochain sera peut-être un coup de cœur ?

Colombe Barou est une jeune femme gentille, plutôt timide et effacée, qui ne sait rien refuser à son patron et franchement couarde sur les bords. Elle est mariée depuis 12 ans à Stéphane, un homme fréquemment absent, qui la laisse souvent seule avec ses jumeaux de 11 ans, Oscar et Balthazar. C’est justement lors d’un de ses déplacements que la famille emménage dans un appartement plus grand et mieux placé. Il est clair et silencieux, parfait pour Colombe qui est nègre dans une maison d’édition et qui travaille tous les après-midis chez elle. Une nuit, un bruit strident se fait entendre, mettant fin à la nuit de Colombe. Elle est seule, ses enfants n’entendent rien, mieux, le bruit ne s’entend que dans sa chambre, le reste de l’appartement est silencieux. C’est le début du calvaire de Colombe qui perd peu à peu le sommeil et la raison. Personne ne la croit, personne n’entend le tapage nocturne, fait de bruits ou de chansons des Stones, car il a lieu seulement les nuits où Stéphane est absent. Qui est l’auteur de ce harcèlement qui peu à peu délite la vie jusque là sans histoire de la jeune femme ? Pourquoi elle ? Pourquoi ce harcèlement qui la fait perdre totalement pied, réduisant en miettes son quotidien et son couple ?

J’ai aimé les 3/4 du livre : le point de départ est intéressant et l’auteure sait tisser sa toile et nous attirer habilement dedans. On tourne les pages rapidement avec l’envie de savoir qui est le Docteur Faucleroy, ce voisin malveillant, dont tous les habitants de l’immeuble tressent les louanges. Ce harcèlement dont elle est victime n’apporte cependant pas que des mauvaises choses, il fait naitre des bouleversements dans la vie de Colombe. Plus la jeune femme perd le sommeil, plus sa personnalité change : elle s’affirme, se mue, ose enfin. Elle ouvre les yeux sur sa vie, son mariage, son travail, son quotidien empli de corvées et de bien peu de plaisirs et fait le bilan de son existence. De ce point de vue psychologique, ce roman est intéressant et réussi.

Seulement, j’ai été gênée par les incohérences qui ponctuent le récit : un vacarme qui s’entend seulement dans sa chambre mais qui laisse le reste de l’appartement silencieux, comment est-ce possible ? Pourquoi ne demande-t-elle pas à ses enfants, qui voient leur mère sombrer peu à peu dans la dépression et la folie, devenir l’ombre d’elle-même, d’être témoins du bruit ? Pourquoi, alors qu’elle n’en peut plus, ne va-t-elle pas dormir dans le salon ? Elle ne veut pas le laisser gagner certes mais ce n’est pas très cohérent. Et surtout, la fin, trop précipitée m’a vraiment chagrinée car elle est décevante, totalement tirée par les cheveux et elle laisse beaucoup de questions sans réponses. Pourquoi avoir joué avec Colombe ? On ne saura pas et c’est bien dommage.

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Lu dans le cadre du challenge La plume au féminin édition 2013 :

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Paris sous le Second Empire. Les ambitieux travaux d’Haussmann détruisent des quartiers entiers, générant des milliers d’expropriations douloureuses. Loin du tumulte, Rose Bazelet mène une vie paisible, au rythme de sa lecture du Petit Journal et de ses promenades au Luxembourg. Jusqu’au jour où elle reçoit la fatidique lettre du préfet : sa maison, située sur le tracé du boulevard Saint-Germain, doit être démolie. Liée par une promesse faite à son mari, elle ne peut se résoudre à partir. Contre le baron, contre l’empereur, Rose va se battre pour sauver la demeure familiale qui renferme un secret jalousement gardé…

Je viens de refermer le livre et mon avis est mitigé, à vrai dire, je n’ai pas aimé ni détesté, et ça ne m’arrive jamais, d’habitude j’aime ou je n’aime pas, mais la lecture de Rose me laisse dans le flou.

Roman mièvre, tiède, sans rythme, je n’ai pas réussi à me prendre de sympathie pour Rose ni pour son combat jusqu’au-boutiste. Rose est veuve, inconsolable de la perte de son mari Armand, mort 10 ans plus tôt, de sa belle-mère Maman Odette, décédée 30 ans auparavant, de son fils Baptiste, terrassé par le choléra. Il ne lui reste que sa fille Violette qu’elle n’aime pas. Elle attend la mort et un jour, elle reçoit un courrier de la préfecture de Paris l’expulsant. La capitale est éventrée depuis plusieurs années, adieu les ruelles sombres du Paris médiéval, place aux avenues bien droites, dessinées par le baron Haussmann, et à un Paris moderne, prêt à entrer dans le 20è siècle. Seulement, voilà, Rosa ne veut pas partir, elle vit dans la nostalgie, elle ne veut pas quitter la maison qu’elle habite depuis 40 ans, dans laquelle sont nés ses enfants, dans laquelle sont morts ceux qu’elle aime.

Le point de départ est intéressant, en effet qu’ont ressenti les milliers de parisiens, forcés à l’exode, obligés de quitter maisons et boutiques, impuissants contre les coups de pelle du Second Empire, obligés de plier sous la volonté du Baron Haussmann ? Alors oui les maisons ont certainement une âme, en tout cas elles en ont abrité, et de ce point de départ, j’aurais préféré que l’héroïne de Tatiana de Rosnay se batte, plutôt que de se muer en résistante passive, inerte.

Paris est évidemment l’autre personnage incontournable du roman, ce Paris du Second Empire possède encore de nombreux vestiges du Paris médiéval avec ses ruelles étroites et tarabiscotées. La maison dans laquelle habite Rose a été bâtie elle dans la dernière année du règne de Louis XIV, en 1715, par l’arrière-grand-père de son défunt époux. J’ai eu très envie de compatir au sort de Rose, chassée de sa propre maison, mais malheureusement je n’ai pas réussi, peut-être suis-je passée totalement à côté.

Le récit est pesant, sans souffle et cousu de fil blanc, très vite on devine quel sera le point final du roman. Quant au secret mentionné en 4è de couverture, l’auteur aurait pu s’en passer car il n’apporte rien à l’histoire. En fin de compte, je n’aime pas ce livre et je suis d’autant plus déçue que je l’avais acheté avec gourmandise et que je ne me suis pas régalé à cette lecture.

Ce roman ne m’a pas émue, portée, remuée, il m’a juste ennuyé.


Lu dans le cadre du Challenge Paris et du Challenge La plume au féminin

    

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