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Posts Tagged ‘thriller historique’

Néron vient tout juste de succéder à l’empereur Claude lorsqu’une série de morts vient endeuiller les meilleures familles de Rome. Toutes les victimes ont en commun d’être des pères de famille et leurs décès semblent venir de la même main. Marcus Tiberius Alexander, vigile et bras droit du préfet, soupçonne les fils aînés d’avoir voulu hériter plus tôt que prévu…

Rome, en l’an 54, sous le règne de Néron. De riches pères de famille, atteints d’un mal étrange, trouvent la mort le soir chez eux dans divers quartiers de la ville. L’homme qui se charge de l’enquête, originaire de Grèce, découvre petit à petit que ces disparitions sont l’œuvre concertée d’un mystérieux groupe de jeunes gens qui suivent toujours le même mode opératoire.

L’enquêteur, Marcus Tiberius Alexander, aidé de son ami médecin Alcibiades, est un vigile gradé des patrouilles dites «les yeux de Rome», chargées de circonscrire les incendies et la délinquance nocturne.

Il est aux prises avec Lucius Cornelius Lupus, un jeune et ambitieux fils de sénateur, dévoré par la passion du jeu. Marcus, d’origine étrangère, met tout en œuvre pour resserrer l’étau sur le second, favorisé par son rang. Mais la vérité qu’il met au jour est terrifiante…

Vous le savez, j’aime beaucoup les polars historiques, et jusqu’à présent je n’en avais jamais lu qui avaient pour cadre la Rome antique. C’est désormais chose faite grâce à Nathalie Cohen qui m’a proposé de lire le premier opus de sa trilogie Modus Operandi La secte du serpent.

L’auteure signe ici son premier roman après un essai remarqué sur la rencontre entre les juifs, les grecs et les romains. Passionnée par l’Antiquité et l’histoire des religions, Nathalie Cohen nous propose ici un polar historique réussi avec une bonne intrigue, du suspens, des fausses pistes et un héros attachant qui cache un lourd secret.

Bien entendu, Nathalie Cohen a une très bonne connaissance de la Rome antique et a su rendre vivant ce monde gréco-romain, disparu depuis des centaines d’années, avec un certain brio.

Sa plume est fluide, dynamique, les dialogues sont souvent truculents et écrits dans un français très moderne, ce qui peut rebuter les puristes qui trouveraient choquants de mettre dans la bouche des personnages ayant vécu il y a deux millénaires des expressions d’aujourd’hui mais ce qui ne m’a pas personnalement gênée.

Ce roman m’a captivée et beaucoup plu, c’est bien simple je l’ai littéralement dévoré, totalement sous le charme de cette histoire palpitante ! J’ai aimé découvrir Rome à cette époque, la vie quotidienne de ses habitants et ses mœurs.

Mais aussi le travail de prévention de cette brigade de « pompiers » avant l’heure, les explications de l’auteure sont passionnantes et j’ai appris une foule de choses lors de cette lecture, ce que je recherche particulièrement avec les romans historiques.

L’enquête sur cette série de morts suspectes nous permet en effet de mieux appréhender la vie romaine, ses habitudes, ses castes, ses classes, ses clans, ses manigances, ses trahisons, ses cultes, ses pratiques funéraires, etc.

Nathalie Cohen est érudite mais jamais sans en faire trop, j’ai appris une foule de choses tout en appréciant l’intrigue policière bien construite. Une très bonne découverte en ce qui me concerne et je ne peux que vous encourager à votre tour de découvrir Marcus et Modus Operandi.

Un grand merci à Nathalie Cohen et aux éditions Denoël pour cette lecture, j’ai adoré, vivement le tome 2 !

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Sur le front de la Somme, la guerre n’en finit plus de finir. Vasseur et Jansen, deux lieutenants français terrorisés par l’imminence d’une dernière grande offensive qu’on annonce terriblement meurtrière, décident de fuir le front. Les voilà déserteurs, et bientôt, pour préserver leur retraite, assassins.
Sous de fausses identités, ils trouvent refuge à l’Arrière, dans une étrange propriété forestière, à l’abri de la guerre et du monde. Là vivent un vieil industriel anobli désormais ruiné par la suspension des activités économiques, et sa fille Mathilde, poitrinaire et somnambule.
Mais François Delestre, dit  » le Chien de sang « , un capitaine de gendarmerie, traqueur de déserteurs, est déjà sur leur piste. Comme les limiers de chasse au flair infaillible, il a la réputation de ne jamais lâcher sa proie…

Août 1918, Pierre Vasseur et Adrien Jansen, deux lieutenants incorporés dès août 1914 et décorés pour leurs faits d’armes, n’en peuvent plus d’attendre la fin de la guerre. A la veille d’un nouvel assaut, les deux soldats décident de fuir le front.

Jansen, l’instituteur, n’est pas rassuré à l’idée de faire équipe avec Vasseur qu’il considère comme un psychopathe, ayant été témoin d’actes violents et cruels perpétrés par son acolyte.

Ils profitent de la nuit pour prendre la poudre d’escampette et parviennent à prendre l’identité de deux médecins tués par des ulhans. Particulièrement chanceux, ils arrivent à trouver refuge dans la propriété d’un vieil industriel au bord de la ruine.

Mais l’Armée a dépêché à leurs trousses un gendarme surnommé Chien de sang, qui a pour tâche de remettre la main sur les déserteurs, il n’a jamais échouer et ne compte pas laisser filer les deux hommes sans qu’ils soient punis par son arme ou le peloton d’exécution…

Comme vous avez du le remarquer, la première guerre mondiale est un sujet qui m’intéresse beaucoup et cette thématique des retournants, autrement dit des déserteurs, a éveillé mon intérêt.

D’un point historique, ce roman est réussi. Michel Moatti arrive fort bien à nous immerger dans l’atmosphère qui règne à l’Arrière pendant le premier conflit mondial. On se rend ainsi parfaitement compte qu’hors des zones de combat, les gens ont assez peu souffert au quotidien de la guerre. Quelques privations bien sûr en terme de nourriture notamment mais c’est à peu près tout.

Vasseur, à l’origine de leur évasion, la justifie sans cesse auprès de son compagnon d’infortune, lui faisant remarquer que pendant qu’eux se faisaient tirer dessus et devaient lutter chaque jour, la peur au ventre, pour leur survie, les civils avaient du bon temps et surtout un certain nombre de petits malins tiraient grandement partie de la guerre en s’adonnant au marché noir et en s’enrichissant.

Le contexte historique est donc parfaitement rendu que ce soit le quotidien à l’arrière que l’horreur des tranchées, l’auteur parsème son récit de détails historiques qui donnent beaucoup de crédibilité au récit.

Du côté du suspens, je suis un peu déçue. Il y a certes beaucoup de tension lors de la fuite des deux déserteurs, truffée de mensonges et de meurtres sanglants et violents, mais lorsque notre duo trouve refuge chez les de Givrais, l’atmosphère angoissante et oppressante retombe comme un soufflet et j’avoue que par moments je me suis un peu ennuyée.

De plus, je m’attendais à une véritable chasse à l’homme menée par le gendarme Delestre pour retrouver les fugitifs et si il mène bien son enquête sur les pas des fuyards, on le voit trop peu pour redonner une vraie tension au récit lorsque celui-ci s’essouffle un peu. Quant au dénouement fantastique, il ne m’a pas convaincue.

Les personnages de Vasseur, le psychopathe, et Jansen, le sensible, m’ont cependant semblé intéressants et forment un duo complexe que j’ai aimé suivre. Dommage que l’auteur ait hésité entre plusieurs genres car d’un point de vue purement historique et psychologique, c’est vraiment bien vu.

A mon sens, Les retournants tient davantage du roman noir relativement réussi que du thriller, d’où sans doute ma petite déception. Une lecture un peu mitigée en ce qui me concerne hélas même si il a des qualités historiques indéniables.

Un grand merci à l’agence Agnès Chalnot et à HC Editions pour cette lecture et pour leur confiance.

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