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Posts Tagged ‘thriller psychologique’

« Où il est question de musique, d’îles, de lacs lointains, de nature dévorante, de piano mortel, de crimes irrésolus et de passions impunies. »

Un lac perdu de l’Ontario, et au milieu, une petite île escarpée où souffle le vent mauvais du soupçon, Lost Lake. Max King, pianiste adulé dans le monde entier, y vit reclus dans son immense propriété depuis l’accident, prisonnier de ses obsessions et de ses cauchemars.

Il y a dix ans, un drame l’a condamné au silence : le feu a ravagé le théâtre où se tenait son festival de musique. Depuis, la moindre note sur le clavier provoque en lui d’effrayantes douleurs.

Pour cet immense artiste, la musique est devenue un bourreau. Mis à part Susan, sa gouvernante, Max King ne voit personne. Ni sa femme Fiona, ni son fils Luke, qui ont quitté l’île, il ne les a plus revu depuis lors.

Sue adorait Luke, elle le surnommait son petit prince. Il a maintenant dix-huit ans et c’est un futur pianiste de génie, comme son père.

La gouvernante convainc l’impresario de Max de faire revenir Luke à Lost Lake, pensant que grâce à lui, son père va retrouver le chemin de la musique. Mais le retour de Luke résonnera comme un cataclysme sur cette terre maudite. Et du silence jaillira bientôt la fureur….

Le silence et la fureur attendait bien sagement dans ma PAL depuis sa parution en mars 2018, il a fallu que ma Belette me propose de l’en sortir pour que je me décide à le lire enfin.

Sur le papier, il avait tout pour me plaire : une île, une promesse de huis clos angoissant, la thématique de la musique… et pourtant, je suis totalement passée à côté de roman que ma binôme a adoré !

Le romancier Nicolas d’Estienne d’Orves signe ce thriller psychologique à quatre mains avec sa mère, la scénariste Nathalie Carter. De ce romancier, j’avais beaucoup aimé La gloire des maudits (un roman historique) et pas du tout Les derniers jours de Paris (thriller aussi), je ne retenterai donc pas cet auteur dans ce registre qui ne me convient pas du tout.

Le rythme du roman est très lent, étiré, ce qui ne me gêne pas forcément dans un thriller psychologique. Les auteurs prennent le temps de planter leur décor, de nous présenter leurs personnages, etc, mais si ces 150 premières pages ne m’ont pas ennuyées, elles ne m’ont pas emballé non plus.

Je n’ai pas aimé les personnages principaux ni les secondaires (fort nombreux), pas plus que l’histoire racontée pendant près de 400 pages mais je ne jette pas la pierre aux auteurs car la promesse qu’ils nous font est tenue.

L’atmosphère est assez glaçante en effet, les chapitres s’enchainent autour des voix de Luke et de Susan la gouvernante qui se révèlent très inquiétants au final et détestables.

Nicolas d’Estienne d’Orves et Nathalie Cartier jouent bien leur partition puisqu’au fur et à mesure de l’intrigue, la tension monte crescendo. Seulement voilà, tout ça ne m’a pas intéressé le moins du monde : la souffrance de Max m’a laissé de marbre, le fameux accident dont l’ombre plane durant tout le récit fait pschitt, je n’ai pas compris certains passages (folie ? surnaturel ?), quant au dénouement je l’ai détesté.

En bref, je passe avec bonheur à la lecture suivante et je vous laisse lire l’avis de Belette qui a un avis diamétralement opposé au mien ici.

Merci à X.O éditions pour cette lecture.

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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Kath, Adam et leur petite Lyla, intelligente mais renfermée, habitent une ancienne ferme isolée en plein milieu de la lande, dans le Devon. Un jour, Kath se réveille aux urgences après avoir été victime d’un grave accident de voiture. Elle n’a aucun souvenir des circonstances l’ayant conduite au drame. De retour chez elle, choquée mais heureuse de retrouver sa famille, elle déchante vite : Lyla dessine d’étranges motifs et répète qu’elle voit un homme sur la lande. Quant à Adam, il paraît en vouloir terriblement à son épouse, pour une raison que cette dernière ne s’explique pas. Autour de la maison, Kath tombe sur des mises en scène macabres…

Près de Princetown, dans le Devon. Kath souffre d’amnésie depuis l’accident de voiture dont elle a été victime le soir du 30 décembre. Alors qu’elle est persuadée d’avoir glissé sur une plaque de verglas, son mari lui apprend qu’elle a, en fait, voulu se suicider.

Pour la jeune femme c’est l’incompréhension, elle aime tellement sa fille Lyla et son mari Adam, qu’il lui est inconcevable d’avoir intenté à sa vie. Pourtant, un témoin l’a bel et bien vu plonger délibérément dans l’eau avec sa voiture.

Alors que le comportement de Lyla devient de plus en plus inquiétant, les stéréotypies liées à son autisme deviennent de plus en plus envahissants, Kath commence à avoir des flash-backs angoissants qui vont la conduire vers un homme qui hante la lande et qui semble la surveiller de près.

Lyla est persuadé que c’est son père qui épie ainsi sa mère et qu’il a voulu la tuer, déguisant cette tentative d’homicide en suicide…

Juste avant de mourir est le troisième roman de S.K Tremayne après Le doute et La menace.

Prêtant sa plume à un drame familial qui interroge le poids de l’hérédité, les liens du couple et le mystère qui entoure les enfants atteints du syndrome d’Asperger, S.K Tremayne revient avec une intrigue mêlant suspens, secrets de famille, magie et folklore.

Visiblement l’auteur s’est beaucoup documenté sur le syndrome d’Asperger et le personnage de Lyla est véritablement attachant. Cette petite fille de 9 ans, boudée par ses camarades de classe parce qu’elle est trop différente d’eux, est touchante et les liens forts qui l’unissent à sa mère sont bouleversants.

Il s’est également bien documenté sur le Devon et le folklore magique de cette région et il parsème le récit de ses connaissances sur la question, ce qui rend l’atmosphère du récit particulière.

L’auteur nous propose un thriller psychologique qui prend son temps, étrange et gothique qui se déroule sur le terrain sombre et brumeux de Dartmoor dans le Devon. L’atmosphère est noire et devient vite claustrophobe, avec des descriptions détaillées de la lande, des légendes et du folklore druidique de la région.

J’ai aimé cet aspect du roman que je trouve très bien fait, le Devon est un personnage à part entière du roman, c’est d’ailleurs l’in des points forts de cet auteur qui nous propose toujours des ambiances réussies.

Mais j’ai eu du mal à m’intéresser à Kath, à la vie de famille qu’elle partage avec Adam et Lyla et à ce qui a pu réellement lui arriver le soir du 30 décembre.

Le talent du roman et celui de son auteur ne sont sans doute pas à remettre en cause car depuis quelques temps je peine vraiment à terminer les thrillers psychologiques que je lis, est-ce parce que c’est le mauvais timing pour moi ou est-ce parce que je me lasse tout simplement de ce genre, je ne saurai le dire mais cela ne m’a pas aidé à apprécier ma lecture.

Reste que l’ambiance lente, très noire et glaçante est réussie, les personnages sont intéressants mais l’intrigue en elle-même n’a pas réussi à me captiver, quant au dénouement final, je l’ai trouvé invraisemblable et tiré par les cheveux.

Je ressors donc mitigée de ma lecture même si Juste avant de mourir reste un honnête thriller psychologique puisque Belette a l’a aimé, vous pouvez retrouver son avis ici.

Merci à Anne et aux Presses de la Cité pour cette lecture.

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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Séparée de son mari et de leur fille, Anna vit recluse dans sa maison de Harlem, abreuvée de merlot, de bêtabloquants et de vieux polars en noir et blanc. Quand elle ne joue pas aux échecs sur internet, elle espionne ses voisins. Surtout la famille Russell – un père, une mère et un adorable ado –, qui vient d’emménager en face. Un soir, Anna est témoin d’un crime. Mais comment convaincre la police quand on doute soi-même de sa raison ?

Dimanche 24 octobre, New York. Anna, pédopsychiatre, est séparée de son mari Ed et de sa fille Olivia et vit seule dans sa maison de Harlem. Depuis dix mois, elle souffre d’agoraphobie sévère et suit un lourd traitement à base de bêtabloquants que lui a prescrit le Dr Fielding, chargé de sa psychothérapie.

Constamment en pyjama, avec une hygiène corporelle douteuse, elle s’abreuve de merlot et de vieux fils noirs à longueur de journée, quand elle ne s’adonne pas à sa passion des échecs sur internet ou joue les psy de service sur un forum pour les agoraphobes.

Anna trompe aussi son ennui en espionnant ses voisins à l’aide de son appareil photo mais aussi en faisant des recherches sur internet. Sa nouvelle cible est la famille Russel qui vient juste d’emménager en face d’elle : le père, la mère et un ado adorable.

Un soir, alors qu’elle les espionne, Anna est témoin du meurtre de la mère de famille et assiste impuissante à sa mort. Elle prévient néanmoins les secours mais lorsque la police arrive, personne ne manque à l’appel chez ses voisins. Elle a tout vu, mais faut-il la croire ?

La femme à la fenêtre est le premier roman de A.J Finn qui fait une entrée retentissante dans le monde du thriller psychologique ! Vendu dans 38 pays, encensé par Val McDermid, Gillian Flinn, Stephen King et Louise Penny, il va être adapté sur grand écran par la Fox.

Véritable page turner, ce roman se referme comme un piège sur son lecteur qui a bien du mal à le lâcher tant que la dernière page n’est pas tournée. Les chapitres, courts, sont bien rythmés, les rebondissements sont nombreux, le suspens monte crescendo, un twist bien vu (que j’avais deviné) et un dénouement inattendu, font que ce thriller bien ficelé, tient en haleine jusqu’au bout.

Outre l’intrigue policière, j’ai beaucoup aimé l’atmosphère de ce roman : l’enfermement physique et psychologique est bien mené tout au long du récit et on ressent formidablement bien tout ce que vit Anna, sa détresse, ses inquiétudes, ses angoisses, son agoraphobie, de ce point de vue je trouve ce thriller vraiment bien fichu.

J’ai également beaucoup aimé toutes les références à Hitchcock (mon réalisateur préféré) et aux vieux films noirs que l’héroïne se met en boucle, et notamment Vertigo, mon film préféré.

La femme à la fenêtre est un thriller psychologique addictif réussi, l’histoire n’est pas forcément innovante ou inoubliable mais elle est suffisamment efficace pour nous happer et nous faire passer un excellent moment. Je vous le conseille si vous aimez ce genre, je pense qu’il vous plaira autant qu’à moi !

Un grand merci à Anne et aux Presses de la cité pour cette lecture palpitante.

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Nora, la petite trentaine, prend le train depuis Londres pour rendre visite à sa sœur dans la campagne. À son arrivée, elle découvre que Rachel a été victime d’un crime barbare. Atomisée par la douleur, Nora est incapable de retourner à sa vie d’avant. Des années auparavant, un événement traumatique a ébranlé sa confiance dans la police ; elle pense être la seule à pouvoir retrouver l’assassin de sa grande sœur. Mais isolée dans ce petit village qui chuchote et épie, isolée – surtout – avec les démons de leur jeunesse sacrifiée, Nora devra souvent se battre avec elle-même pour retrouver la vérité sous la surface brumeuse des souvenirs.

Comme chaque week-end, Nora quitte Londres pour retrouver sa sœur installée dans la campagne anglaise. A son arrivée, un peu plus tardive que d’habitude, elle est surprise de ne pas découvrir sa sœur qui l’attend sur le quai et se rend chez elle.

Là, elle trouve Rachel gisant dans une mare de sang, attachée à son lit. Près d’elle se trouve le corps sans vie de son chien dressé à l’attaque. En état de choc, elle est incapable de retourner à sa vie d’avant et décide de rester afin de mener sa propre enquête.

Totalement à la dérive, elle pense en effet que l’assassin de sa sœur est l’homme qui l’avait attaqué plusieurs années auparavant, une agression demeurée impunie et elle est persuadée qu’il habite dans ce petit village.

Mais connaissait-elle réellement sa sœur ? Cette quête va la mener près de l’abime…

L’assassin de ma soeur est le premier roman de Flynn Berry, couronné du prestigieux prix Edgar du premier roman et optionné par la Paramount pour être adapté.

Je vous avoue que je ressors mitigée de cette lecture même si j’ai été totalement surprise par le dénouement de cette histoire dont je pensais tenir les tenants et aboutissants, au point de le penser cousu de fil blanc, ce qui s’est avéré faux.

Tendu de bout en bout, riche en retournements de situations et fausses pistes, ce roman psychologique est porté par une héroïne que je n’ai pas aimée du tout, c’est là où le bât blesse car on suit ses raisonnements et son enquête sans la lâcher une seconde, de la première à la dernière page, forcément comme j’avais du mal à la supporter, cela m’a posé problème.

C’est bien dommage car l’autrice aborde avec ce récit des thématiques très intéressantes comme le deuil, le poids des traumatismes et la puissance des liens du sang. Le meurtre de Rachel va faire vaciller la vie et la raison de Nora au point de l’amener à harceler l’homme qu’elle croit coupable et détruire son existence.

L’intrigue proposée par Flynn Berry est bien construite et efficace, son dénouement est surprenant, pour autant je n’ai pas réussi à m’impliquer ni à me passionner pour cette histoire au demeurant assez banale. C’est véritablement la personnalité de l’héroïne qui m’a posé problème, je n’ai eu aucune empathie envers elle, c’est sans doute ce que cherchait l’autrice mais cela m’a déstabilisée.

Tout comme le rythme du récit bien trop lent à mon goût. L’autrice prend tellement de temps à mettre en place son intrigue qu’elle a du mal à décoller et il faut vraiment prendre son mal en patience avant de s’intéresser réellement à l’histoire.

Je pense que j’attendais trop de ce roman, d’où ma petite déception même si le dénouement comme je le disais surprenant relève ma note, il ne restera pas dans mes annales.

Un grand merci à Anne et aux Presses de la cité pour leur confiance.

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Un garçon et une fille, dans une voiture lancée à travers la campagne enneigée. Il est absorbé par la route, elle est perturbée par des souvenirs brumeux, ainsi que par d’incessants appels provenant de son propre numéro. Parfois, ils parlent. S’aiment-ils ? Quelques heures plus tard, les voilà attablés face à leurs hôtes, ses parents à lui, dans une ferme reculée. La maison est glaciale, la mère se plaint d’entendre des voix, le couple stocke au sous-sol des peintures inquiétantes. Le fossé entre les deux amants se creuse, sous le poids de tous les non-dits. Et il y aussi cette angoisse, qui a point et ne cesse de grossir, jusqu’à ce que se produise l’innommable…

Quelque part dans la campagne enneigée du Canada. C’est l’hiver. Il fait nuit. Jack et sa petite amie roulent dans un certain silence. La jeune fille se pose beaucoup de questions sur leur relation et se demande si elle ne va pas rompre.

Lui, de son côté, est heureux de montrer la ferme où il a grandi et de présenter celle qui partage sa vie depuis sept semaines à ses parents. Dès leur arrivée, alors qu’elle est transie de froid, il lui fait faire le tour complet du propriétaire.

Elle trouve les lieux sinistres et cela ne va pas s’arranger lorsqu’elle va rencontrer les parents. Elle n’a alors qu’une hâte : en finir avec cette soirée et rentrer enfin chez elle…

Je sens grandir ma peur est le premier roman du canadien Iain Reid couronné par plusieurs prix, qui s’était jusqu’à alors fait connaître pour deux ouvrages de non fiction salués par la critique. Une fois n’est pas coutume ce titre n’a pas eu le temps de croupir dans ma PAL d’autant que les premiers avis tombés étaient dithyrambiques, ce qui a titillé ma curiosité.

Hélas, ce roman si particulier, n’était pas fait pour moi. Je ne dis pas que c’est un mauvais roman car il a des qualités indéniables mais je suis totalement passée à côté alors que j’attendais à aimer ce roman présenté comme distillant une angoisse obsédante, se resserrant tel un noeud coulant jusqu’à la toute dernière page.

Je m’attendais à un thriller psychologique hyper angoissant et pour moi ce ne fut pas le cas. Tout le trajet aller en voiture s’étire, se révèle plat et assez ennuyeux, un certain nombre de passages, notamment les dialogues, sont incompréhensibles et m’ont totalement perdue. Heureusement, l’angoisse démarre dès l’arrivée de nos héros à la ferme, mais on est déjà page 81 sur 208 !

Après, comme je le disais, il a aussi des qualités. Dès lors que l’angoisse s’installe, on commence à douter de tout et de tout le monde. On sent bien qu’il y a une embrouille et que l’auteur veut nous amener dans une certaine direction mais bien sûr, sans savoir laquelle.

On ne la devine qu’en toute fin et pour tout dire elle se révèle plutôt surprenante. Malgré ces points positifs, pour moi le négatif l’emporte : trop d’ennui, pas assez d’angoisse et surtout pas le moindre frisson, pas la moindre asphyxie à la lecture de ce roman.

Pour autant, je ne vous déconseillerai pas cette lecture car elle semble plaire aux autres lecteurs. Je sens grandir ma peur n’était tout simplement pas pour moi et je n’ai jamais vraiment réussi à rentrer dedans. Petite déception donc !

Merci à Anne et aux Editions Presse de la Cité pour leur confiance.

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1993 : Sophie Delalande est folle d’amour pour sa fille, Hortense, presque trois ans, qu’elle élève seule. Son ex-compagnon est un homme violent, auquel elle refuse le droit de visite. Un jour, il fait irruption chez elle et lui enlève Hortense.
2015 : Sophie mène une vie morne, solitaire. Un dimanche pluvieux, elle se fait bousculer par une jeune femme dans la rue. Persuadée qu’il s’agit d’Hortense, elle la suit. Sans rien lui dévoiler, elle sympathise avec elle. La relation qui se noue alors est pleine de mystères. Sophie ne serait-elle pas la proie d’un délire psychotique qui lui fait prendre cette inconnue pour sa fille ? Et cette jeune femme est-elle aussi innocente qu’elle le paraît ?

2015, Sophie Delalande, fonctionnaire au ministère de l’éducation, mène une vie solitaire depuis 22 ans. Depuis ce jour de 1993 où sa fille unique de presque 3 ans, Hortense, a été enlevée par son père sans qu’elle ne puisse rien y faire.

Depuis, malgré les moyens engagés par la police et la justice, et par Sophie elle-même pour retrouver la fillette, nulle trace de l’enfant et de son père, qui se sont, volatilisés.

Au fil des années, Sophie s’est aigrie, s’est coupée de sa famille qu’elle ne voit plus, de ses collègues du ministère qui pourtant s’étaient investis derrière elle à travers un comité de soutien.

Seule trouve grâce à ses yeux Isabelle, qui habite dans le Sud-Ouest et qui prend soin de son mari atteint d’Alzheimer précoce. Un jour en rentrant chez elle rue des Martyrs à Paris, près de Montmartre, elle se fait bousculer par une jolie jeune femme blonde dans laquelle elle reconnaît instantanément sa fille disparue.

Sous le choc, elle décide de la suivre et découvre que l’inconnue travaille comme serveuse à l’hôtel restaurant My Love à deux pas de chez elle. Folle de joie, elle décide d’y aller dîner le soir même afin d’observer la serveuse. Mais la jeune femme qui se fait appeler Emmanuelle, comme la mère de son ex, est-elle réellement Hortense ?

Jacques Expert fait partie de ces auteurs de thrillers régulièrement encensés, ce qui m’avait poussé à lire Adieu en 2013, un roman qui ne m’avait pas convaincue, j’en étais donc restée là.

Et puis, lorsque Hortense est sorti, de nouveau les critiques ont été dithyrambiques, j’ai tout de même attendu un an avant de l’acquérir, profitant d’une occasion et comme Belette l’avait aussi dans sa PAL, ça m’a permis de le sortir assez vite de ma pile à lire et je dois dire que ce roman s’est révélé particulièrement bon!

Comme toujours, Jacques Expert s’est inspiré d’un fait divers pour bâtir son intrigue et contrairement à ma précédente lecture, cette fois-ci j’ai adoré même si je n’adhère par à la fin qu’il a choisie.

Dans ce roman on suit une mère désespérée, à qui on a cruellement arraché sa fille avec laquelle elle vivait une relation particulièrement fusionnelle, depuis que Sylvain, le père de la fillette avait levé les voiles dès l’annonce de sa paternité. Sophie vivait en totale adoration de sa fille et lorsque Sylvain avait reparu cinq mois avant l’enlèvement d’Hortense, elle avait refusé tout rapprochement, estimant que la fille était sa fille à elle et à personne d’autre.

Impossible d’être insensible à cette détresse même si Sophie n’est pas un personnage attachant car elle est une femme très sèche, vieillie prématurément, tombée dans une immense tristesse qu’on peut comprendre vues les circonstances. Cette femme s’abîme dans sa douleur, s’y complaît et préfère rester seule afin de garder pour elle les derniers souvenirs de sa fille. Même moi, en tant que lectrice, je me suis sentie mise à l’écart.

Cette lecture fut totalement addictive et haletante, c’est ce que je demande principalement à un thriller : jouer avec mes nerfs et me mener par le bout du nez, de ce point de vue l’auteur a pour moi tout bon. Cerise sur le gâteau, le suspens est maintenu jusqu’au dernier paragraphe, ce qui fait d’Hortense un excellent thriller.

Difficile en effet de poser le roman une fois qu’on l’a attaqué, on a qu’une envie, le lire jusqu’au point final : les chapitres sont courts imprimant un bon rythme à la lecture et la tension est a son maximum.

Tout au long du récit, l’auteur m’a totalement baladé et balayé mes certitudes ! Parfois, j’étais persuadée qu’Emmanuelle était bel et bien Hortense et à d’autres moments, j’étais sûre de l’inverse, pensant que Sophie délirait et qu’elle faisait un transfert bien normal après le drame qu’elle avait vécu.

Maintenant parlons un peu de ce qui pour moi n’est pas à la hauteur du roman : sa fin ! A mes yeux, elle n’est pas crédible du tout et surtout elle laisse bien trop de questions en suspens, questions que je ne peux pas aborder ici sous peine de vous spoiler totalement le dénouement du récit, ce qui serait vraiment dommage mais je comprends les lecteurs et lectrices déçu(e)s par cette fin car elle m’a déçue aussi.

Je ne pensais pas du tout que ce roman prendrait cette tournure (je ne peux pas vous en dire plus bien sûr !) et cela m’a déplu. J’ai presque trouvé ça trop simple et surtout tiré par les cheveux. L’intrigue est bonne et je pense que la fin aurait pu être tout autre.

Ceci mis à part, je ne peux que vous conseiller Hortense que j’ai adoré lire et une fois n’est pas coutume, Belette est du même avis que moi, je vous encourage à aller lire sa chronique ici.

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A la suite d’un accident survenu une vingtaine d’années plus tôt, Christine est aujourd’hui affectée d’un cas très rare d’amnésie : chaque matin, elle se réveille en croyant être une jeune femme célibataire ayant la vie devant elle, avant de découvrir qu’elle a en fait 47 ans et qu’elle est mariée depuis vingt ans. Son dernier espoir réside dans son nouveau médecin, Ed Nash. Celui-ci lui a conseillé de tenir un journal intime afin qu’elle puisse se souvenir de ce qui lui arrive au quotidien et ainsi reconstituer peu à peu son existence. Quand elle commence à constater de curieuses incohérences entre son journal, ce que lui dit son entourage et ses rares souvenirs, Christine est loin de se douter dans quel engrenage elle va basculer. Très vite elle va devoir remettre en question ses rares certitudes afin de faire la vérité sur son passé… et sur son présent.

avant-d-aller-dormir-s-j-watsonauteur-éditeur-pagesVoilà un thriller difficile à lâcher et dont je suis venue à bout en deux jours seulement, tellement je voulais savoir le fin mot de l’histoire. L’idée de départ est excellente : Christine se réveille tous les matins, terrifiée de ne pas reconnaître la chambre dans laquelle elle se réveille ni l’homme à côté duquel elle repose, elle est amnésique depuis 20 ans mais n’en a aucun souvenir bien sûr, d’ailleurs des souvenirs elle n’en a aucun. Elle croit chaque matin se réveiller dans sa chambre de jeune fille et être étudiante, et chaque matin ce sont les mêmes terreurs et déceptions lorsqu’elle découvre sa chambre, Ben son mari et son visage dans le miroir. Elle ne reconnaît rien et la panique s’empare d’elle à chaque fois.

Malgré la description récurrente de chaque matin, où les pensées et les gestes de l’héroïne sont identiques, le récit ne souffre pas de répétitions ou de longueurs et la tension croissante est bien maitrisée, dosée juste ce qu’il faut. Christine est une héroïne très attachante, elle souffre de tout oublier, et lorsque des flashs, des bribes de souvenirs lui reviennent en mémoire, elle ne sait pas si elle s’en est souvenue un jour, si elle s’invente un passé ou si les scènes qu’elle voie ont vraiment eu lieu. Christine souffre d’une forme rare et grave d’amnésie qui lui permet d’avoir une mémoire fonctionnelle durant une journée, le soir elle s’endort, et à son réveil, elle ne se souvient pas de ce qui s’est passé la veille. Je ne sais pas si cette forme d’amnésie existe mais si c’est le cas, c’est absolument terrifiant !

Heureusement pour elle, le docteur Ed Nash lui propose son aide, à condition qu’elle n’en souffle pas un mot à son mari. Ben estime qu’aucun traitement n’ayant réussi, Christine doit être préservée. Nash lui propose de tenir un journal sur lequel elle noterait tous les souvenirs qui lui reviennent en mémoire, qu’elle devra cacher chaque soir dans une boite à chaussures afin que Ben ne puisse tomber dessus, et chaque matin, le neuropsychologue l’appelle sur le portable qui lui a donné pour lui rappeler que son journal est dans la boite et qu’elle doit aller le chercher. Et chaque jour, c’est la même incrédulité de la part de Christine, d’autant que sur la première page, elle lit « ne pas faire confiance à Ben », une phrase qu’elle-même a noté mais ne comprend pas pourquoi.

Et chaque soir, elle note le contenu de sa journée et les souvenirs qu’elle a pu faire resurgir, et chaque matin, elle lit son journal puisqu’elle ne se souvient plus de ce qu’elle a écrit auparavant. A force de lire, de noter ses faits et gestes et ses souvenirs, les pièces du puzzle vont finir par s’emboîter jusqu’au dénouement final. Pourquoi doit-elle se méfier de Ben alors qu’il est si gentil avec elle ? Peut-elle faire confiance au docteur Nash ? Pourquoi sa meilleure amie Claire l’a-t-elle laissé tombé ? Qu’est-il arrivé à son fils Adam ? Autant de questions qui finiront par trouver des réponses au fil de la lecture de son journal intime.

Avant d’aller dormir est un très bon thriller psychologique, intelligent avec une excellente idée de départ et un suspens angoissant qui monte crescendo. Mon seul bémol : une fin trop prévisible, dommage car l’ensemble du récit méritait mieux, je trouve d’ailleurs que c’est souvent le cas avec les romans policiers contemporains et ça me désole ! Je vous le recommande néanmoins car il est prenant et vaut le coup d’être lu !

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Lu dans le cadre du Mois anglais et des challenges A tout prix (prix SNCF du polar 2012) et God save the livre édition 2013 :

keep-calm-and-read    a-tous-prix   

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